Tag: Avignon

  • L’Italie (re)prend possession de la Cité des Papes pour dix jours

    L’Italie (re)prend possession de la Cité des Papes pour dix jours

    Une 10e édition de la semaine italienne d’Avignon qui respire encore la « Dolce Vita ». De ce mercredi 7 octobre jusqu’au dimanche 18 octobre, la Cité des Papes retrouve à travers une ribambelle d’événements l’accent de nos voisins.

    « Une histoire qui prend tout son sens dans une ville dont les liens avec l’Italie plongent profondément dans le passé », explique la municipalité dans un communiqué de presse. Toute la ville sera ainsi investie, de la place du Palais des Papes aux musées en passant par l’Opéra. Les liens historiques entre Cité des Papes et pays à la botte seront notamment rappelés.

    En premier lieu avec la visite « La petite Italie dans la cité des Papes », proposée les 8 et 10 octobre afin de remonter le fil « d’une présence italienne ancienne, depuis l’installation de la papauté au XIVe siècle jusqu’aux migrations de la fin du XIXe et du début du XXe siècle ». Mais aussi une exposition au musée Angladon, une programmation spéciale au cinéma Le Vox sur les grands noms italiens du grand écran ou encore un concert le 17 octobre à la collégiale Saint-Didier.

    Un village italien au cœur de la ville

    Une relation valorisée également à travers le patrimoine, le spectacle vivant, la gastronomie ou encore l’artisanat. Avec dans un premier temps le traditionnel « Villaggio Italiano » ou village italien. Un marché à ciel ouvert sur la place du Palais des Papes où l’on va retrouver une vingtaine d’artisans et producteurs venus directement de l’autre côté des Alpes. Charcuteries, fromages, pâtisseries, truffes, olives, pâtes fraîches, objets en verre de Murano, masques vénitiens, céramiques… La liste de ce que l’on y retrouve est longue. Le tout en musique au rythme des Pasta Divas, quatuor acoustique qui revisite les grandes chansons italiennes.

    « Car c’est peut-être cela, au fond, la Semaine italienne : une invitation à franchir les Alpes sans quitter Avignon et, le temps de quelques jours, à donner à notre ville un sublime air d’Italie », lance le maire d’Avignon (DVD), Olivier Galzi.

    Programme détaillé sur : avignon.fr

  • Le bâti scolaire vétuste fait monter la chaleur à Avignon

    Le bâti scolaire vétuste fait monter la chaleur à Avignon

    Si les vestes et les pulls étaient de mise à 8h devant le lycée Mistral, où plus de 200 jeunes s’étaient mobilisés, ils sont vite tombés lorsque la température a grimpé dès 10h, atteignant près de 25 degrés. « Dans les classes, il fait encore 30 degrés alors qu’on est en octobre », regrette Bruno, un élève de première de l’établissement.

    Plus de 2 000 personnes ont défilé à Avignon, en début d’après-midi, à l’appel de l’Union étudiante, qui s’est jointe au mouvement lycéen. Le matin, un cortège de quelques centaines de lycéens avait déjà déambulé en Cité des Papes. Parmi les revendications figure notamment la demande d’une dotation exceptionnelle pour la rénovation et l’adaptation énergétique des établissements scolaires. Une revendication d’autant plus forte qu’Avignon fait partie, avec d’autres villes vauclusiennes comme Orange et Cavaillon, des communes françaises les plus vulnérables au réchauffement climatique, selon un classement publié par nos confrères du Parisien.

    Une problématique remontée par les lycéens d’Aubanel, Philippe-de-Girard et Mistral. « Il fait très chaud quand approche l’été et très froid l’hiver. On le ressent bien plus dans le Sud et pendant les examens. Ceux qui choisissent les dates sont dans des bureaux climatisés à Paris. Passer des épreuves là-dedans, c’est inacceptable », pointe Jeanne Couadry, en terminale au lycée Mistral. « On nous assure que des travaux sont lancés. Mais on ne voit rien et on souffre toujours autant », ajoute Zyed, en première à Philippe-de-Girard, fermé depuis jeudi dernier suite aux mobilisations.

    Investissements

    Partie du lycée Mistral, la manifestation s’est ensuite arrêtée devant le lycée Aubanel, à quelques centaines de mètres de là, dans le centre-ville. Le cortège réunissait, une nouvelle fois, syndicats, enseignants, étudiants et parents d’élèves partageant les mêmes revendications. « Il faut investir massivement pour accueillir des élèves dans des conditions dignes. On passe de 12 degrés en hiver à 40 en été. En attendant, il faut que les chefs d’établissement prennent leurs responsabilités et ne laissent pas les cours se dérouler quand on atteint ces extrêmes », pointe Mélanie Saïsse, cosecrétaire CGT Éduc’action 84.

    Sandrine, elle, est professeure à Aubanel, mais aussi parent d’élève. Elle évoque « des locaux vétustes », avec par exemple « des fenêtres qui ne s’ouvrent plus » et où il « fait extrêmement chaud ». « C’est hyper minéral ici. J’ai une collègue en SCT qui essaie de sensibiliser avec des projets de végétalisation, mais elle est un peu seule ». Même constat au lycée Philippe-de-Girard. « Des travaux ont commencé, mais seulement sur un bâtiment dont le toit s’est écroulé il y a 14 ans. On n’a qu’une salle climatisée. Il faut vite une rénovation urgente et complète, les petits travaux, ce n’est plus possible », lui embraye Jérôme, prof de physique au lycée extra-muros. Adam, étudiant en master de médiation culturelle à Avignon, note la même problématique, avec « des cours de trois heures où il est impossible de se concentrer tellement on transpire ». Aucune personne n’a été interpellée à Avignon et seulement deux sur tout le Vaucluse.

  • Avignon : les travaux de la passe à poisson de Bonpas avancent

    Avignon : les travaux de la passe à poisson de Bonpas avancent

    Si un premier chantier concernait les anguilles, le nouveau dispositif, va « permettre à davantage d’espèces de remonter la rivière », précise EDF. Comme l’alose feinte de Méditerranée ou les cyprinidés d’eaux vives. La structure permet aux poissons de passer à l’aide de rampes qui ralentissent le courant, plus adapté à leur nage. Le chantier avait démarré en juillet 2025, mais avec un calendrier très contraint par « le régime hydraulique de la Durance et les risques de crue ». Les travaux se feront donc « sur plusieurs étés successifs ». Le coût total est de 10 millions d’euros.

  • En tournée pour la cause cubaine, Aleida Guevara fait étape à Avignon

    En tournée pour la cause cubaine, Aleida Guevara fait étape à Avignon

    Après Béziers puis Montpellier et avant deux rendez-vous à Marseille ce jeudi 8 octobre à 18h30 aux Rotatives de La Marseillaise et vendredi 9 à 14h30 à l’Union départementale de la CGT, Aleida Guevara, fille du « Che », sera à Avignon, ce mercredi 7 octobre. Elle interviendra lors d’une conférence-débat autour de Cuba de 18h15 à 20h30 dans la salle Camille Claudel du centre hospitalier de Montfavet.

    Médecin comme son père, elle se rend en Cité des Papes dans le cadre du projet « Semillas de Solidaridad » (graines de solidarité en français) afin d’évoquer la situation sanitaire très difficile que connaît Cuba depuis plusieurs années. Une problématique qui s’est encore dégradée depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en 2025.

    « Le peuple cubain est en très grande difficulté car plus rien ne passe et ils n’ont aucun moyen de s’approvisionner. Que ce soit en pétrole ou en alimentation à cause d’une véritable barrière mise en place par les Américains. Même si on veut les aider et envoyer des produits de première nécessité, on est bloqués par tout ça », précise Nicole Rives, présidente de l’association France Cuba Vaucluse.

    Invisibilisés

    Un événement pour permettre, donc, de visibiliser la cause du peuple de la plus grande île des Caraïbes. « C’est tellement difficile d’avoir des retours sur la situation cubaine. C’est une situation quasi invisibilisée par les médias », poursuit la présidente associative. Une venue qui est aussi l’occasion d’envisager des évolutions dans les relations de chacun avec Cuba. L’association organisatrice évoque par exemple la possibilité d’ouvrir des « perspectives concrètes ». Tel que « des échanges universitaires » ou encore un « soutien institutionnel à la levée du blocus ».

    Le choix du lieu est aussi à noter. Aleida Guevara était en effet déjà venue au Centre Hospitalier de Montfavet. C’était en l’an 2000. Vingt-six ans plus tard, la situation s’est encore dégradée sous la pression des États-Unis qui ont annoncé, fin septembre, encore durcir les sanctions.

    Informations supplémentaires
    et inscription au 06.75.47.56.53 ou au 04.90.38.23.03

  • Au Département de Vaucluse, la gauche tente de reprendre la main

    Au Département de Vaucluse, la gauche tente de reprendre la main

    Pour l’heure, aucune date n’a été fixée pour trouver un successeur à Dominique Santoni. Élue il y a dix jours sénatrice, la présidente LR du Département de Vaucluse a un mois pour démissionner. La nouvelle parlementaire attend déjà mercredi, date butoir pour déposer un recours éventuel sur les sénatoriales, avant de quitter la présidence. Dominique Santoni présidera d’ailleurs, ce vendredi, une traditionnelle séance plénière d’octobre. Elle devrait céder son fauteuil a priori dans la première quinzaine de novembre, lors d’une séance dédiée.

    D’ici là, « ça va s’agiter », glisse un élu départemental. La droite, majoritaire d’une courte tête, s’est réunie dès le lendemain des sénatoriales pour s’entendre sur un successeur. Sans surprise et sauf gros revirement d’ici là, Christian Mounier, actuel vice-président en charge de l’eau et de l’agriculture, est pressenti pour achever le mandat sur 18 mois. En face, l’extrême droite (6 RN, 2 Ligue du sud) n’est pas en capacité de disputer la gagne (les élus avaient voté blanc en 2021 lors de l’élection à la présidence). À l’inverse de la gauche, qui avait vu la présidence lui échapper de peu, suite au revirement du binôme de Bollène et son maire, Anthony Zilio, appui final de Dominique Santoni, élue avec 14 voix contre 12 pour Jean-François Lovisolo.

    Anthony Zilio de nouveau au centre du jeu

    Depuis, la présidente a toujours su préserver sa majorité baroque. Avec des votes fluctuants au gré des dossiers, comme il y a quatre ans, lors de l’absorption du bailleur social public Vallis habitat par Grand delta habitat, soutenue par Jean-François Lovisolo et rejetée par Anthony Zilio… Mais l’élection d’un nouveau président a déjà eu un mérite : se faire réunir toutes les composantes dites de gauche de l’hémicycle. En présentiel ou en visio – pour Anthony Zilio – une quinzaine d’élus, issus des quatre groupes, s’est rassemblée, ce lundi en fin de matinée, au Département. Une première depuis cinq ans. « C’est très bien de se réunir dans ce cadre aussi large », commente Jean-François Lovisolo, qui préside le groupe Territoires de progrès (4 élus). Retenu, le maire de La Tour-d’Aigues n’était pas présent, mais s’était entretenu en amont avec Sophie Rigaut (PS), présidente du groupe Pour un Vaucluse solidaire et écologique (6 élus) et instigatrice de la réunion.

    « Cela a été très constructif dans l’intérêt de la collectivité, l’idée était de se parler et on continuera à le faire », synthétise brièvement Sophie Rigaut. L’heure n’était évidemment pas aux grandes annonces ce lundi. Si on temporise à gauche sur la possibilité de présenter un candidat, l’inconnue réside surtout dans son identité. Jean-François Lovisolo botte en touche : « En 2021, il y a eu fait majoritaire, je ne vois pas ce qui a changé en 2026 dans l’équilibre politique du Département. » Anthony Zilio pourrait-il opérer une nouvelle bascule et viser la présidence avec le soutien du reste de la gauche prête à pardonner l’épisode de 2021 ? Contacté, le maire de Bollène n’a pas donné suite. « On a tout intérêt à maintenir un esprit de concorde en vue de 2028 [date des prochaines départementales] », juge Rémy Blanc (PCF).

    La réunion de ce lundi, peu importe l’issue sur la présidence dans un mois, a d’ores et déjà permis à la gauche de poser des jalons pour 2028. Élection où le RN visera bien plus que ses 4 cantons actuels sur les 17 de Vaucluse.

  • [Entretien] Stéphane Le Nallio : « Le Vaucluse a des secteurs d’emplois porteurs »

    [Entretien] Stéphane Le Nallio : « Le Vaucluse a des secteurs d’emplois porteurs »

    Après quatre années dans les Alpes-Maritimes, Stéphane Le Nallio a pris, le 1er juillet, la direction de France travail dans le département, qui affiche le taux de chômage le plus élevé de la région. Il entend être au plus près des besoins des entreprises et des demandeurs d’emploi pour inverser la tendance.

    La Marseillaise : Vous avez pris vos fonctions il y a trois mois, quel est votre regard sur ce premier trimestre ?

    Stéphane Le Nallio : J’ai pu faire le tour du territoire où nous comptons 8 agences et 450 collaborateurs. Cela m’a permis cet été de découvrir le Vaucluse, que je ne connaissais pas. J’ai pu mieux appréhender aussi le contexte socio-économique, les difficultés. On est un département avec le taux de chômage le plus important de la région Paca, à 10,7% [soit 62 000 demandeurs d’emploi], contre 8 à 8,5% en moyenne dans la région. On a 30% de seniors, 13,5% de jeunes et 12% de bénéficiaires du RSA. Et malgré tout, je découvre des secteurs porteurs et marquants : l’industrie, l’agroalimentaire, l’agriculture, même si on a l’impression que ce ne sont pas des postes pérennes, le transport et la logistique. Donc tout l’enjeu, c’est d’arriver à travailler les besoins des entreprises et, en même temps, mettre en relation et travailler la qualification des demandeurs d’emploi pour faire se rencontrer ces deux mondes. Je n’ai pas encore rencontré ces entreprises, ce sera en novembre. Là, j’ai vu bien sûr les différents représentants de l’État, comme le préfet ou la direction du travail, puis les responsables économiques type CCI, Medef, CPME.

    Ce taux de chômage élevé est plutôt structurel. Quelle est votre méthode pour changer la donne ?

    S.L.-N. : Effectivement, cela ne date pas d’hier. En Vaucluse, si je fais une analyse, on est un peu coincé entre le gros bassin marseillais, qui attire beaucoup de population et propose beaucoup d’emplois, et toute la zone de la vallée du Rhône avec les industries du nucléaire. L’enjeu, c’est comment on fait rentrer en mouvement les populations qui sont dans le Vaucluse pour pouvoir répondre aux besoins des entreprises vauclusiennes mais aussi penser à des questions de mobilité pour les Bouches-du-Rhône ou pour la Drôme. Chaque année, nous travaillons avec les collègues des territoires voisins en disant comment on peut faire bénéficier nos populations de ces emplois. Le Vaucluse a une forte représentation agricole, on a à peu près 10% de notre demande d’emploi inscrite dans les métiers agricoles.

    Sur la question agricole, certains employeurs ne font plus appel
    à France Travail, peu satisfaits,
    et optent pour des travailleurs détachés. Pourquoi
     ?

    S.L.-N. : Nous avons un vivier localement, avec 5 000 travailleurs agricoles inscrits, qui sont tout à fait compétents dans ces métiers-là. Cette année, on a encore fait une opération viticulture, où on a pu proposer plus de 400 vendangeurs aux 38 domaines qui nous ont fait confiance. Il faut peut-être que chacun change son regard, travailler sur la marque employeur, sur la valorisation des conditions de travail pour que derrière, nous aussi, cela nous permette d’attirer les demandeurs d’emploi inscrits, dans le monde agricole et qui parfois nous disent, « oui, mais moi, je ne veux plus y aller ».

    Comment expliquer le delta entre
    ce taux de chômage et des secteurs en tension qui peinent à recruter
     ?

    S.L.-N. : Toute la difficulté est de faire se rencontrer les besoins des entreprises, qui parfois sont exigeants et pointus, je pense notamment dans l’agroalimentaire, avec les qualifications des demandeurs d’emploi. Pour cela, nous avons des outils, comme la préparation opérationnelle à l’emploi : on prend une personne avec ses compétences, ses capacités. En face, il y a le besoin de l’entreprise et on met un cursus de formation avec des tutorats en entreprise. Il y a aussi tout l’accompagnement, peut-être un petit peu moins connu du grand public, qui est réalisé par 65 conseillers en agence, dédiés justement à accompagner les entreprises sur les conditions de travail, leur fiche de poste. Ils ont pour objectif de recueillir les besoins des entreprises, d’aller les prospecter et ensuite de les mettre en relation avec les conseillers qui, eux, accompagnent les demandeurs d’emploi, et faire en sorte que ça matche.

    Avez-vous, dans votre feuille de route, des objectifs précis de baisse du taux de chômage ?

    S.L.-N. : Non, nous n’avons pas d’objectifs chiffrés. Notre mission, c’est bien évidemment de réduire les tensions sur le marché du travail. L’objectif, c’est d’accompagner au mieux les demandeurs d’emploi dans leur parcours, dans l’accès à une qualification, dans la connaissance des métiers, la réorientation. Aujourd’hui, on sort du schéma historique où les gens rentraient dans une entreprise et y restaient des dizaines d’années. Maintenant, pour les jeunes qui rentrent sur le marché du travail, on sait très bien que qu’ils ne vont pas pouvoir garder le même emploi pendant 40 ans. Pour cela, plusieurs rendez-vous sont organisés comme des semaines sectorielles, à l’instar de celle du commerce qui démarre ce lundi. Il y a les événements classiques comme les forums, job dating ou visites d’entreprises. Mais il y a aussi au quotidien, dans chacune des 8 agences, des événements, où on accueille une agence d’intérim, un employeur qui a des besoins en termes de recrutement ou qui va venir parler de son secteur d’activité. L’agence, aujourd’hui, ce n’est pas juste un lieu où on reçoit les chercheurs d’emploi, c’est vraiment un lieu de vie et un lieu de rencontre entre les candidats et les opportunités du territoire.

    Quid des allocataires du RSA ?

    Le Département a engagé une forte politique de « remise au travail », avec aussi beaucoup de radiations
    et de suspensions. Quel est votre point de vue
     ?

    S.L.-N. : Nous avons une convention avec le Conseil départemental pour accompagner une partie des bénéficiaires du RSA. Des postes spécifiques de conseillers promotion entreprise ont été créés, qui ont pour objectif d’aller prospecter les entreprises qui ont des besoins, et de leur proposer directement un vivier de candidats bénéficiaires du RSA. Je trouve que ça fonctionne plutôt bien, on est dans la redynamisation, c’est un modèle qui n’existe pas là d’où je venais. Les bénéficiaires du RSA ne sont pas des gens qui veulent juste bénéficier du système, mais sont aussi en difficulté sociale. Et quand on arrive à redynamiser ces personnes, par de l’accès à la qualification et de l’emploi direct, on a des résultats probants.

  • À Avignon, une manifestation encadrée

    À Avignon, une manifestation encadrée

    Au milieu de la manifestation de lycéens à Avignon ce vendredi 2 octobre, quelques personnes détonnaient par leurs gilets jaunes sur les épaules. Ce sont des parents d’élèves venus pour « soutenir et encadrer les jeunes », explique Sabine, dont la fille est scolarisée à Avignon et qui a pris un jour de congé pour l’occasion.

    Lors de la longue déambulation d’un peu moins de 200 élèves, qui sont partis du lycée Mistral avant d’aller successivement devant l’Hôtel de Ville et les lycées Aubanel, Saint-Joseph et Louis-Pasteur, ils ont notamment calmé les ardeurs de certains, aidés par les médiateurs sociaux de la ville. « On est là pour dire qu’on est derrière eux et qu’on partage leurs revendications » indique Sabine. Le lycée Philipe-de-Girard était lui fermé, théâtre de heurts ces derniers jours. Le préfet avait interdit les rassemblements aux abords de l’établissement ce vendredi 2 octobre. La préfecture de Vaucluse fait état ce vendredi de 32 interpellations. La veille, le parquet annonçait 60 interpellations, dont 51 mineurs ce jeudi. 22 personnes ont été déférées au parquet jeudi.

    Huile sur le feu

    Nino, en terminale au lycée Mistral, se réjouit de cette présence. Et assure qu’il restera mobilisé « tant qu’il n’y a pas d’annonces concrètes » car « on est tous épuisés par la situation ». Une assemblée générale est prévue ce lundi et une mobilisation ce mardi 6 octobre. « Cette explosion n’arrive pas comme ça. Les dernières annonces du gouvernement, c’est de la provocation, donc on est aux côtés de la jeunesse » confie Marie-Antoinette Mosca pour FO collèges lycées. Dans un communiqué, la CGT Éduc’action 84 demande comme réponse politique de « l’écoute, du dialogue et de la prise en compte des revendications exprimées ».

  • Une farandole festive à Avignon après avoir chassé Charles Maurras

    Une farandole festive à Avignon après avoir chassé Charles Maurras

    Sur la place Pie d’Avignon, alors que la nuit tombe et que les lampadaires s’allument ce vendredi 2 octobre en début de soirée, des chants en provençal transpercent le brouhaha des bars. Une centaine de personnes célèbrent la déprogrammation de la lecture d’un texte de l’auteur d’extrême droite Charles Maurras, qui était initialement prévue au même moment à la bibliothèque municipale Ceccano, à quelques centaines de mètres.

    L’association organisatrice de la Semaine provençale avait décidé, mardi 29 septembre, de déprogrammer la lecture, après une demande du maire (DVD) Olivier Galzi, qui s’est dit « favorable au retrait » de l’auteur, « compte tenu de son profil ».

    Pour l’occasion, un événement a été organisé afin de célébrer « la langue d’oc, sa riche histoire et l’immense héritage humaniste et millénaire de sa poésie sans frontières », pousse un collectif constitué de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) Avignon Orange Carpentras, la librairie Youpi !, le Mrap et la CGT Spectacle. Plusieurs prises de parole se sont succédé, entrecoupées de chansons jouées par La Conf du pouet. « Cette mobilisation a payé. Mais si nous sommes réunis, c’est aussi parce que le combat ne s’arrête pas là », lance Fabienne Haloui, présidente de la LDH.

    Grâce à la mobilisation

    Comme la LDH le rappelle, le retrait de la lecture « a été rendu possible grâce à la mobilisation de nombreux citoyens, universitaires et des organisations ». Très rapidement après l’annonce du programme, la librairie avignonnaise Youpi ! avait alerté sur la présence d’un texte de l’auteur antisémite et pétainiste. Par la suite, la LDH, la Libre Pensée 84, Place Publique 84 ou encore La France insoumise Vaucluse étaient montés au créneau afin de réclamer son retrait. « Je suis plongé dans un abîme de perplexité qu’on en vienne à banaliser des auteurs d’extrême droite en 2026 », abonde Guillaume Gourgues, Avignonnais et maître de conférences en science politique à Lyon.

  • À Avignon, la colère face au mutisme

    À Avignon, la colère face au mutisme

    C’est en fin de journée que le préfet du Vaucluse a pris plusieurs arrêtés dont un interdisant les rassemblements aux abords du lycée Philippe de Girard à Avignon où des affrontements ont eu lieu entre jeunes et forces de l’ordre. Dans une vidéo, largement partagée, du vidéaste indépendant Adrien Arbl, on aperçoit des policiers charger violemment un jeune et lui asséner un coup de pied au visage alors qu’il est au sol avant de le laisser repartir.

    Un collectif de personnels de l’établissement a tenu à s’exprimer après les événements matinaux. Ils regrettent des « messages et actes de violences » qui « nuisent profondément à la cause du mouvement, que nous soutenons ». En dénonçant également « tout débordement et violence à l’encontre des lycéens ». Ils rappellent qu’eux aussi ont alerté sur « les conditions délétères dans lesquelles nous devons faire travailler et progresser les élèves ».

    La mobilisation avait démarré devant lycée Théodore-Aubanel où les choses ont commencé à dégénérer après un feu et une explosion à quelques mètres du portail. Des face-à-face qui ont continué dans les rues adjacentes, où insultes et tirs de mortiers ont fusé en direction des forces de l’ordre, qui ont chargé les jeunes à diverses reprises. « Ils devraient nous protéger et nous laisser nous exprimer car c’est vraiment de mauvaises conditions pour travailler », regrette Clélia*, élève de première. Dans la journée, les rues situées autour de l’établissement, dans le centre-ville d’Avignon, étaient plongées dans un nuage de fumée. Face à quelques dizaines de jeunes, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et procédé à plusieurs charges. 49 personnes ont été interpellées en Vaucluse, selon la préfecture. Qui ajoute que trois policiers et un gendarme ont été blessés et annonce 2 160 manifestants en Vaucluse.

    Ce mouvement lycéen est également soutenu par les syndicats FO et CGT. En Vaucluse, des lycées à Orange, Carpentras, L’Isle-sur-la-Sorgue ou Bollène ont aussi été bloqués.

    RÉACTIONS

    Olivier Galzi, président (DVD) du Grand Avignon

    « Manifester est un droit. Casser n’en est pas un. Car ces dégradations ont un coût pour la collectivité : plus de 9 000 euros à l’heure actuelle et dans l’attente du bilan définitif… Nous ne laisserons rien passer et nous avons déposé plainte. »

    Raphaël Arnault, député (LFI) du Vaucluse

    « Et dans le même temps [le Premier ministre] annonce qu’ils vont faire payer aux étudiants leur inscription en BTS et en classe prépa, geler les APL, geler la prime d’activité… La crise c’est eux ! ».