Tag: Avignon

  • L’art contemporain, l’hôte du week-end à Avignon

    L’art contemporain, l’hôte du week-end à Avignon

    Deuxième festival culturel après Le Festival d’Avignon, celui qu’on surnomme « l’énorme petit festival » arrive au terme de sa programmation ce week-end. Présent dans différents lieux emblématiques de la ville, le Parcours de l’Art, imagine de nouvelles façons d’habiter le monde et composer des sociétés basées sur des valeurs de partage, d’ouverture et de sensibilité. À travers leurs œuvres, leurs performances ou leur parole, les artistes veulent créer un espace de partage et de réflexion sur des enjeux contemporains. Entièrement gratuit, cet événement automnal se veut inclusif et engagé, où chacun pourra venir y confronter sa pensée.

    Samedi de 11h30 à 17h

    Dimanche de 10h30 à 17h30

    Détails du programme : www.parcoursdelart.com

  • Des jeunes de la PJJ se donnent la réplique à Avignon

    Des jeunes de la PJJ se donnent la réplique à Avignon

    La scène de la FabricA d’Avignon est presque prête, les décors sont prêts et les derniers tests techniques sont en train d’être faits à une heure du lever de rideau de la pièce « Traverser la nuit ». Sauf que celle-ci ne sera pas jouée par des acteurs professionnels du théâtre, mais par des jeunes sous main de justice de toute la région et leurs éducateurs, devant leurs familles, mais aussi devant des juges et des représentants de l’État.

    Le projet est porté par la Protection judiciaire de la jeunesse avec le Festival d’Avignon et la compagnie Primesautier Théâtre. Il est monté de toutes pièces en cinq jours par les adolescents, leurs éducateurs, avec les metteurs en scène et les équipes techniques professionnelles du site. Tous sont logés au sein même de la FabricA, qui sert aussi de résidence aux troupes de théâtre pendant toute l’année. « C’est vraiment extraordinaire », s’exclame avec des étoiles dans les yeux Julia*, mineure, quelques minutes avant de monter sur scène. « C’est trop bien d’être aussi entourés d’adultes ! Ça m’a fait changer la vision que j’avais sur les éducateurs », ajoute-t-elle, précisant que « la pression monte un peu ». À quelques mètres, John* et Maya* sont, eux, éducateurs et montent également sur scène d’ici quelques minutes. « J’ai vu le projet en tant que spectateur il y a deux ans et ça me semblait hyper intéressant. On a tout partagé pendant quelques jours, c’était un vrai microcosme. C’est vraiment hyper impressionnant. Et on voit que la Gen Z, si à l’aise sur les réseaux, est quand même plus dans l’appréhension en face-à-face », ricane le premier. « Je n’ai jamais fait de théâtre et c’est une super expérience de vivre ça », ajoute la deuxième.

    Un nouveau dispositif a aussi été testé pour faciliter l’apprentissage des textes, avec des casques audio pour « libérer les jeunes de la lecture », confie une metteuse en scène.

    Sixième édition

    Le thème de cette sixième édition, le rapport à l’intelligence artificielle, n’est évidemment pas choisi au hasard. « Ce sont des sujets de société qui appellent à réflexion », rappelle Adam Costerg Dia, référente laïcité et citoyenneté de la Direction territoriale de la PJJ Alpes-Vaucluse. « C’est un gros dossier qui nous touche tous les jours. Et on voit les accords, les réflexions. On s’immerge vraiment dans une création », confie de son côté Julie Minck, comédienne et metteuse en scène qui a accompagné les néo-acteurs toute la semaine.

    Un projet qui est voué à se pérenniser au vu de son succès auprès des jeunes. « On veut continuer et toucher de nouveaux jeunes. Ça permet de faire découvrir ou redécouvrir le théâtre autrement », confie Juliette Marmisse, chargée des relations avec le public au Festival d’Avignon. D’autant que cela crée des relations et « on en revoit toujours l’été au Festival et certains sont même agents d’accueil ou de billetterie », ajoute Juliette Marmisse. Et peut-être bientôt sur les planches.

    *Prénoms modifiés

  • À Avignon, les syndicats seront dans la rue ce samedi

    À Avignon, les syndicats seront dans la rue ce samedi

    Dans un communiqué de presse émis ce vendredi 23 octobre, la CGT de Vaucluse « appelle ses militants à participer aux manifestations du samedi 24 octobre à Avignon et à la grève le 5 novembre », et à se mobiliser à 10 heures devant la préfecture de Vaucluse ce samedi 24 octobre.

    Tout en condamnant les propos du président, rappelant qu’« aucun texte ne réserve le droit de déclarer une manifestation aux seuls syndicats », elle estime qu’« en réservant de facto la possibilité de manifester aux organisations syndicales, le pouvoir tente de transformer ces dernières en auxiliaires de police. » Rôle qu’elle refuse. « Le gouvernement, plutôt que de répondre, choisit la répression et tente aujourd’hui de criminaliser toute contestation qui ne passe pas par les canaux qu’il contrôle » poursuit le syndicat.

    De son côté, Force Ouvrière Enseignement a bien déposé une demande de rassemblement pour ce samedi à 10 heures. « On est révoltés par ce gouvernement qui touche au droit et à la liberté de manifester. Après les intimidations du gouvernement, on a décidé de déclarer. Il faut qu’il réponde aux revendications », confie Tanguy Langlet, secrétaire départemental de Force Ouvrière Enseignement. Une réponse de la préfecture est attendue en début d’après-midi.

    Pour rappel, le préfet de Vaucluse a décidé d’interdire les regroupements dans le centre-ville d’Avignon et sur le pourtour des remparts ainsi que sur le pont Daladier, les 24 et 25 octobre. Un couvre-feu a également été mis en place pour les mineurs non accompagnés d’une personne majeure de 18 h à 6 h du matin, samedi 24 et dimanche 25 octobre, dans le centre d’Avignon et de Cavaillon ainsi que dans les zones commerciales Mistral 7, Capsud et Aushopping Avignon Nord. La mobilisation de 180 policiers nationaux et de 80 gendarmes est annoncée.

  • Une appli d’alerte pour les commerces d’Avignon

    Une appli d’alerte pour les commerces d’Avignon

    Sur un grand écran, ce jeudi 22 octobre, dans le bureau du maire d’Avignon, s’affiche une carte du centre-ville : divers points bleus représentent les commerces de la ville. Une démonstration de l’application intitulée « Mon Avignon Alerte » avec laquelle, en quelques clics, les commerçants inscrits pourront, dès ce samedi, déclencher une alerte « en cas de danger imminent », explique le maire (DVD), Olivier Galzi.

    L’outil permettra ainsi aux propriétaires et gérants de magasins d’être informés en temps réel d’éventuelles dégradations. Pour rappel, le week-end dernier, six commerces ont été dégradés et pillés. « Il faut d’abord appeler le 17 évidemment. Mais cela permet d’être un complément et d’informer ses voisins. On génère un périmètre et ceux qui reçoivent une alerte seront conscients du danger imminent et pourront fermer leurs grilles », précise Olivier Galzi. Un logiciel développé par son adjoint délégué à la transformation digitale et au système d’information, Matteo Boso. « J’ai travaillé jour et nuit en urgence. On doit pouvoir être réactif », assure celui qui est programmateur de métier. Il est aussi possible de transmettre photos et vidéos dans la même interface.

    Couvre-feu ce week-end

    Durant les prochaines 48 heures, la mission des équipes municipales sera d’enregistrer les 2 000 commerçants dans le système. Il devrait être reconduit pour d’autres manifestations, mais pas à plein temps tout au long de l’année… Son fonctionnement nécessite en effet la supervision d’une personne maîtrisant parfaitement l’outil, en l’occurrence Matteo Boso.

    Dans le même temps, la municipalité indique s’être entretenue avec la préfecture pour d’autres mesures. Elle affirme que les manifestations seront interdites en centre-ville de la Cité des Papes. La Ville annonce également la mise en place d’un couvre-feu visant les mineurs non accompagnés les samedi 24 et dimanche 25 octobre, dans le centre-ville d’Avignon ainsi qu’aux niveaux des centres commerciaux. Une boutique de Mistral Sud avait notamment été pillée, le 17 octobre.

  • La région placée sous une chape de plomb

    La région placée sous une chape de plomb

    La décision du préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, est tombée telle un couperet en fin d’après-midi, ce jeudi 22 octobre : les manifestations sont temporairement interdites ce samedi, dans le département, pour « prévenir des troubles à l’ordre public ». Au regard des « événements survenus le week-end dernier à Marseille », marqués par « de nombreux pillages, dégradations et actes de vandalisme », justifie le représentant de l’État, et « pour des raisons de sécurité et de disponibilité des forces de sécurité intérieures », cette mesure s’applique à toutes les manifestations déclarées ou non, « y compris celles portant sur d’autres sujets que le pouvoir d’achat ».

    Quand le chef de l’État, Emmanuel Macron, annonçait dans la matinée l’interdiction des mobilisations non organisée par des syndicats. La veille, le préfet du Var avait pris une décision similaire pour Toulon, tout en maintenant concert et match de rugby.

    Le couvre-feu pris pour certaines zones de Marseille, le centre-ville et des zones commerciales de Grand Littoral ou de la Valentine, Plan-de-Campagne à Cabries et la zone des Paluds à Aubagne, est élargi pour les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi aux majeurs, dès samedi 23h.

    Pas de transports

    Les horaires sont modifiés : le couvre-feu démarrera une heure plus tard pour être effectif de 23h à 5h. À Marseille, le périmètre est étendu aux bâtiments publics et institutionnels. Métro, tramway, bus… Tous les transports en commun sont interrompus de samedi 5h à dimanche 5h sur toute l’agglomération marseillaise, en direction des zones commerciales de Plan-de-Campagne, Vitrolles, Aubagne, Miramas, mais aussi entre Aix-en-Provence et Marseille, entre Aix-en-Provence et Salon-de-Provence et entre Marseille et Salon-de-Provence.

    Pour les commerçants, des « mesures de sécurité passives » ont été définies en lien avec la Chambre de commerce et d’industrie et la Ville de Marseille, sans que ces dernières soient détaillées. Les agents municipaux ayant aidé depuis le 17 octobre à poser des panneaux de bois pour protéger les ouvertures des magasins dont les vitrines ont été détruites. Des arrêtés interdisent aussi « le port d’équipements de protection individuelle » de type casques, gants ou lunettes. Le transport de carburant est prohibé comme la vente, le port et le transport d’armes par destination.

    En mettant sous l’éteignoir tout un territoire, l’État a franchi un cap dont d’aucuns pointent déjà l’inconstitutionnalité. Pire, à jouer les pompiers pyromanes, il prend le risque d’attiser une colère déjà enracinée…

  • Aveu de faiblesse

    Aveu de faiblesse

    Interdiction de manifester dans les Bouches-du-Rhône, à Toulon et Avignon, couvre-feux étendus aux majeurs ce week-end, interruption des transports en commun… Dans quelle société vit-on ? La question mérite d’être posée tant le glissement en cours est grave depuis le 17 octobre.

    Le procureur Nicolas Bessone estimait, hier, qu’entre « 1 800 et 3 000 personnes » ont saccagé Marseille ce jour-là. La République est-elle prête à capituler devant cela ? Il serait donc impossible de garantir la sécurité et la sérénité des cortèges de lycéens mobilisés et de manifestants contre la vie chère ?

    En plus de les nier dans leurs revendications, le gouvernement entend donc les priver de leur capacité d’exprimer leur colère.

    Ce déni de démocratie est particulièrement inquiétant. Il témoigne d’un exécutif à la dérive, minoritaire à l’Assemblée nationale, refusant toute inflexion de sa politique.

    Une interdiction contestée en justice par un référé liberté

    En prenant ces mesures, le gouvernement croit faire une démonstration de force.

    Il fait en réalité un terrible aveu de faiblesse. Faiblesse face aux casseurs, aux pillards. Incapacité à garantir la liberté de manifester. Incapacité à assurer la sécurité et la tranquillité républicaines.

    Plusieurs organisations syndicales ou politiques ont annoncé leur intention de contester cette interdiction de manifester par un référé liberté.

    Puisse la justice, elle, ne pas être faible.

  • Des digues renforcées pour protéger l’île Piot à Avignon

    Des digues renforcées pour protéger l’île Piot à Avignon

    Sous le pont Édouard-Daladier, les rayons de soleil détonent avec les nombreux branchages qui flottent dans le Rhône en arrière-plan, illustration que les crues du fleuve peuvent être très puissantes. Mais désormais, l’île Piot est mieux protégée de ces débordements grâce aux travaux de confortement des digues la protégeant, inaugurés ce mercredi 21 octobre.

    « Il y a des rubans qui ont plus de sens que les autres », lâche ainsi Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon et président du Grand Avignon, en coupant la bande tricolore. Dans toutes les têtes, et dans tous les discours, les crues de 2002 et 2003, pendant lesquelles l’île a été submergée pendant plusieurs jours. C’est justement à la suite de celles-ci que des études avaient été lancées par la ville d’Avignon pour mieux protéger les 5 500 habitants du site.

    23 ans plus tard, 1 200 m de murs verticaux, 130 m d’enrochements, 6,5 m de protections amovibles et 405 m de rehaussement de voies ont été réalisés. Le tout pour un coût total de 3,4 millions d’euros, financés par le Grand Avignon (268 952 euros), l’État (1 340 000 euros), la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (1 005 000 euros), le Département de Vaucluse (335 000 euros), la Ville d’Avignon (330 000 euros) et la Compagnie nationale du Rhône (CNR) (176 048 euros). « Au moment où l’actualité est assez tragique, il faut faire en sorte de protéger au mieux la population et leurs biens », pointe Thierry Lagneau, président par intérim du département de Vaucluse.

    100 000 habitants

    Le secteur sud de l’île a été priorisé car « plus urbanisé », confirme Camille Riotte, ingénieure en charge de la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations (Gemapi). « Il manque maintenant la partie nord dont les études se poursuivent. Et qui, je l’espère, aboutiront d’ici la fin du mandat », lance de son côté le premier édile de la Cité des Papes. Pour rappel, plus de 100 000 habitants du Grand Avignon vivent en zone inondable et 150 communes vauclusiennes sont menacées par ce risque naturel.

  • À Avignon, une élève convoquée pour une pancarte

    À Avignon, une élève convoquée pour une pancarte

    Une quarantaine de personnes se sont rassemblées à l’appel de la CGT ce mercredi 21 octobre devant le tribunal d’Avignon afin de soutenir Sam*, une lycéenne de 15 ans qui y était convoquée. Elle avait été interpellée en marge d’une mobilisation lycéenne et étudiante le 13 octobre pour « outrage envers l’institution policière », en raison d’une pancarte verte et rose portant l’inscription « Acab » (All Cops Are Bastards, soit « Tous les flics sont des bâtards »).

    Il lui a été proposé de signer un avertissement pénal probatoire et d’effectuer un stage de citoyenneté, ce que sa défense a refusé. « Nous avons refusé de principe cette procédure, cet avertissement pénal probatoire. Cela ne constitue pas un outrage. Elle a le droit de s’exprimer. Ma cliente n’a proféré aucune insulte directement, ni été violente », assure son avocate, Me Véronique Marcel.

    Cette dernière insiste en assurant que le message « Acab » « n’est absolument pas une insulte dirigée envers les policiers, mais une expression contre les forces répressives ». Tout en soulignant que sa cliente a pleinement coopéré. Il revient désormais au procureur de décider si la lycéenne sera convoquée devant un juge des enfants.

    Lors de sa garde à vue, Sam assure également avoir « été intimidée et violentée avec deux claques au visage » et annonce qu’elle porte plainte. « Pour moi, c’est un coup de pression pour ne pas que je retourne dans les rues et manifester », estime Sam, à la sortie du tribunal.

    « Fougue »

    « Si, globalement, je prends un peu de recul, j’ai l’impression qu’on est effectivement là-dedans. Il n’y a vraiment aucune base juridique et factuelle à cette poursuite. Puisqu’on est dans l’exercice de nos droits fondamentaux, à savoir la liberté de manifester et la liberté de critiquer les mesures gouvernementales qui ne nous plaisent pas », lui embraye Me Marcel.

    Devant le palais de justice, une cinquantaine de personnes étaient rassemblées en soutien à la jeune fille. Sous les drapeaux de la CGT, Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT Vaucluse, a réaffirmé son soutien à la lycéenne. Plusieurs de ses camarades de classe avaient également fait le déplacement.

    « On ne fait pas d’elle un exemple. Mais j’ai moi-même apporté mon témoignage. Cette attitude intolérable nous concerne tous », confie Laurence de Villèle Elle rappelle que « les lycéens portent des revendications avec fougue, ce qu’il ne faut absolument pas leur reprocher, car ils font beaucoup de bien aux mouvements sociaux ».

    *Le prénom a été modifié.

  • À Avignon, les nouveaux horaires de la bibliothèque Pierre-Boule ne font pas l’unanimité

    À Avignon, les nouveaux horaires de la bibliothèque Pierre-Boule ne font pas l’unanimité

    Peu de personnes ont bravé la pluie, ce mardi 20 octobre à 9 heures, pour la réouverture de la bibliothèque Pierre-Boulle, dans le quartier Reine-Jeanne à Avignon, après plusieurs mois de fermeture.

    L’équipement va désormais rouvrir un jour et demi par semaine, à savoir le mardi matin de 9h à midi et le mercredi de 10h à midi, puis de 13h à 18h. « Une bonne chose car ça manquait d’un lieu comme ça cet été », confie sur place Mathieu, étudiant en droit.

    Les horaires ne sont cependant pas forcément au goût de tout le monde. C’est le cas de Sanaa Tahiri, habitante du quartier, qui avait lancé une pétition pour une réouverture du lieu : « On ne se réjouit pas pour autant car ce n’est même pas la moitié de ce que l’on avait. » Elle explique le manque de fréquentation lors de cette réouverture par la météo, mais aussi par les horaires : « C’est les vacances, les enfants ne se réveillent pas à 8h pour aller à la bibliothèque. Et pendant le reste de l’année, ils auront école donc ils ne pourront pas y aller. »

    Sanaa Tahiri s’interroge également sur le choix de fermer cette bibliothèqueplutôt qu’une autre. « Cela bloque l’accès à la culture dans un quartier prioritaire de la ville. Fermer cette bibliothèque et pas les autres, on ne l’a pas digéré. Cet été, c’était très compliqué d’aller dans une autre bibliothèque, comme au Puzzle ou Renaud Barrault, en pleine canicule. Les économies ne doivent pas être faites au détriment de nos enfants », poursuit-elle. Des ateliers ont été annulés. Avec d’autres habitants du quartier, Sanaa Tahiri plaide pour un retour aux horaires précédents qui allaient au-delà de 16h30 : « Beaucoup de mamans disent qu’elles amenaient leurs enfants à la sortie de l’école pour faire leurs devoirs et rentrer à la maison après. C’est l’après-midi que commencent les activités ».

    Stable et durable

    Dans un communiqué diffusé il y a une douzaine de jours, la municipalité d’Avignon rappelait que la fermeture était due à des postes qui n’étaient plus pourvus et que le fonctionnement était possible « grâce à la mobilisation constante des agents des autres bibliothèques municipales ». Et que face à la situation, « la Ville fait le choix de privilégier une organisation pérenne du service public plutôt que de multiplier les fermetures ponctuelles et imprévisibles ». Une démarche pour « permettre de concilier les attentes des habitants, les moyens humains disponibles et la continuité de l’offre culturelle dans tous les quartiers ». La municipalité assurait avoir comme objectif de « retrouver rapidement, pour Pierre-Boulle comme pour l’ensemble du réseau, des conditions d’ouverture durables, adaptées aux besoins des Avignonnaises et des Avignonnais ».

    Corinne Moulin, conseillère municipale déléguée aux bibliothèques, assure de son côté partager « l’attachement des habitants à cette bibliothèque de proximité ».

  • [Entretien] Georges Linarès, président d’Avignon université : « L’argent mis dans les universités est un investissement »

    [Entretien] Georges Linarès, président d’Avignon université : « L’argent mis dans les universités est un investissement »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur le mouvement étudiant de ces dernières semaines ?

    Georges Linarès : Ce sont toujours des situations compliquées parce qu’il y a à la fois des revendications, non seulement qu’on comprend, mais aussi qu’on porte depuis quelques années – et qu’on ne porte pas seul. Pour garantir des conditions d’études qui sont correctes d’une part, et d’autre part pour assurer de bonnes conditions de travail aux chercheurs pour pouvoir innover et produire de la science.

    Que répondez-vous concernant
    les demandes plus locales,
    comme les heures d’ouverture
    de la bibliothèque ou l’exonération des frais d’études pour les étudiants étrangers
     ?

    G.L. : Ouvrir la bibliothèque jusqu’à tard le soir et le week-end n’est pas la bonne solution. Ce sont des espaces qui sont très grands et qui coûtent très cher à chauffer ou à rafraîchir Et cela obligerait à ouvrir tout le campus et donc à sécuriser l’ensemble. Ce qui représente une facture à plus de 400 000 euros par an. Mais le besoin des étudiants est cependant bien identifié : le travail à la maison accentue les inégalités et nous devons limiter l’impact des inégalités sociales sur la réussite académique. Une salle d’une centaine de places hors campus va être ouverte jusqu’à 22 heures et le samedi pour y remédier.

    Cette année, on ne peut exonérer que 30% des étudiants extracommunautaires. On peut penser ce qu’on veut de cette loi mais la loi est la loi, il y a une règle et il ne m’appartient pas de décider de respecter ou pas la loi. Mon avis personnel est que c’est une erreur de limiter l’exonération à 30% des étudiants extracommunautaires. Parce que faire venir des étudiants en France, c’est contribuer à la place de la France dans le monde mais c’est aussi drainer du potentiel intellectuel vers la France.

    Qu’attendez-vous du gouvernement ?

    G.L. : Il faut savoir de quel type d’université le pays a besoin. Je crois que la massification de l’enseignement supérieur, c’est-à-dire l’ouverture très large de l’enseignement supérieur, est une bonne chose pour le pays. Ce sont des perspectives qu’on ouvre à notre jeunesse. Ce sont des choix de société qui doivent se traduire budgétairement. L’argent qui est mis dans les universités, ce n’est pas une dépense, c’est un investissement pour l’avenir.