Deuxième festival culturel après Le Festival d’Avignon, celui qu’on surnomme « l’énorme petit festival » arrive au terme de sa programmation ce week-end. Présent dans différents lieux emblématiques de la ville, le Parcours de l’Art, imagine de nouvelles façons d’habiter le monde et composer des sociétés basées sur des valeurs de partage, d’ouverture et de sensibilité. À travers leurs œuvres, leurs performances ou leur parole, les artistes veulent créer un espace de partage et de réflexion sur des enjeux contemporains. Entièrement gratuit, cet événement automnal se veut inclusif et engagé, où chacun pourra venir y confronter sa pensée.
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Des jeunes de la PJJ se donnent la réplique à Avignon
La scène de la FabricA d’Avignon est presque prête, les décors sont prêts et les derniers tests techniques sont en train d’être faits à une heure du lever de rideau de la pièce « Traverser la nuit ». Sauf que celle-ci ne sera pas jouée par des acteurs professionnels du théâtre, mais par des jeunes sous main de justice de toute la région et leurs éducateurs, devant leurs familles, mais aussi devant des juges et des représentants de l’État.
Le projet est porté par la Protection judiciaire de la jeunesse avec le Festival d’Avignon et la compagnie Primesautier Théâtre. Il est monté de toutes pièces en cinq jours par les adolescents, leurs éducateurs, avec les metteurs en scène et les équipes techniques professionnelles du site. Tous sont logés au sein même de la FabricA, qui sert aussi de résidence aux troupes de théâtre pendant toute l’année. « C’est vraiment extraordinaire », s’exclame avec des étoiles dans les yeux Julia*, mineure, quelques minutes avant de monter sur scène. « C’est trop bien d’être aussi entourés d’adultes ! Ça m’a fait changer la vision que j’avais sur les éducateurs », ajoute-t-elle, précisant que « la pression monte un peu ». À quelques mètres, John* et Maya* sont, eux, éducateurs et montent également sur scène d’ici quelques minutes. « J’ai vu le projet en tant que spectateur il y a deux ans et ça me semblait hyper intéressant. On a tout partagé pendant quelques jours, c’était un vrai microcosme. C’est vraiment hyper impressionnant. Et on voit que la Gen Z, si à l’aise sur les réseaux, est quand même plus dans l’appréhension en face-à-face », ricane le premier. « Je n’ai jamais fait de théâtre et c’est une super expérience de vivre ça », ajoute la deuxième.
Un nouveau dispositif a aussi été testé pour faciliter l’apprentissage des textes, avec des casques audio pour « libérer les jeunes de la lecture », confie une metteuse en scène.
Sixième éditionLe thème de cette sixième édition, le rapport à l’intelligence artificielle, n’est évidemment pas choisi au hasard. « Ce sont des sujets de société qui appellent à réflexion », rappelle Adam Costerg Dia, référente laïcité et citoyenneté de la Direction territoriale de la PJJ Alpes-Vaucluse. « C’est un gros dossier qui nous touche tous les jours. Et on voit les accords, les réflexions. On s’immerge vraiment dans une création », confie de son côté Julie Minck, comédienne et metteuse en scène qui a accompagné les néo-acteurs toute la semaine.
Un projet qui est voué à se pérenniser au vu de son succès auprès des jeunes. « On veut continuer et toucher de nouveaux jeunes. Ça permet de faire découvrir ou redécouvrir le théâtre autrement », confie Juliette Marmisse, chargée des relations avec le public au Festival d’Avignon. D’autant que cela crée des relations et « on en revoit toujours l’été au Festival et certains sont même agents d’accueil ou de billetterie », ajoute Juliette Marmisse. Et peut-être bientôt sur les planches.
*Prénoms modifiés
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Une appli d’alerte pour les commerces d’Avignon
Sur un grand écran, ce jeudi 22 octobre, dans le bureau du maire d’Avignon, s’affiche une carte du centre-ville : divers points bleus représentent les commerces de la ville. Une démonstration de l’application intitulée « Mon Avignon Alerte » avec laquelle, en quelques clics, les commerçants inscrits pourront, dès ce samedi, déclencher une alerte « en cas de danger imminent », explique le maire (DVD), Olivier Galzi.
L’outil permettra ainsi aux propriétaires et gérants de magasins d’être informés en temps réel d’éventuelles dégradations. Pour rappel, le week-end dernier, six commerces ont été dégradés et pillés. « Il faut d’abord appeler le 17 évidemment. Mais cela permet d’être un complément et d’informer ses voisins. On génère un périmètre et ceux qui reçoivent une alerte seront conscients du danger imminent et pourront fermer leurs grilles », précise Olivier Galzi. Un logiciel développé par son adjoint délégué à la transformation digitale et au système d’information, Matteo Boso. « J’ai travaillé jour et nuit en urgence. On doit pouvoir être réactif », assure celui qui est programmateur de métier. Il est aussi possible de transmettre photos et vidéos dans la même interface.
Couvre-feu ce week-endDurant les prochaines 48 heures, la mission des équipes municipales sera d’enregistrer les 2 000 commerçants dans le système. Il devrait être reconduit pour d’autres manifestations, mais pas à plein temps tout au long de l’année… Son fonctionnement nécessite en effet la supervision d’une personne maîtrisant parfaitement l’outil, en l’occurrence Matteo Boso.
Dans le même temps, la municipalité indique s’être entretenue avec la préfecture pour d’autres mesures. Elle affirme que les manifestations seront interdites en centre-ville de la Cité des Papes. La Ville annonce également la mise en place d’un couvre-feu visant les mineurs non accompagnés les samedi 24 et dimanche 25 octobre, dans le centre-ville d’Avignon ainsi qu’aux niveaux des centres commerciaux. Une boutique de Mistral Sud avait notamment été pillée, le 17 octobre.
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La région placée sous une chape de plomb
La décision du préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, est tombée telle un couperet en fin d’après-midi, ce jeudi 22 octobre : les manifestations sont temporairement interdites ce samedi, dans le département, pour « prévenir des troubles à l’ordre public ». Au regard des « événements survenus le week-end dernier à Marseille », marqués par « de nombreux pillages, dégradations et actes de vandalisme », justifie le représentant de l’État, et « pour des raisons de sécurité et de disponibilité des forces de sécurité intérieures », cette mesure s’applique à toutes les manifestations déclarées ou non, « y compris celles portant sur d’autres sujets que le pouvoir d’achat ».
Quand le chef de l’État, Emmanuel Macron, annonçait dans la matinée l’interdiction des mobilisations non organisée par des syndicats. La veille, le préfet du Var avait pris une décision similaire pour Toulon, tout en maintenant concert et match de rugby.
Le couvre-feu pris pour certaines zones de Marseille, le centre-ville et des zones commerciales de Grand Littoral ou de la Valentine, Plan-de-Campagne à Cabries et la zone des Paluds à Aubagne, est élargi pour les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi aux majeurs, dès samedi 23h.
Pas de transportsLes horaires sont modifiés : le couvre-feu démarrera une heure plus tard pour être effectif de 23h à 5h. À Marseille, le périmètre est étendu aux bâtiments publics et institutionnels. Métro, tramway, bus… Tous les transports en commun sont interrompus de samedi 5h à dimanche 5h sur toute l’agglomération marseillaise, en direction des zones commerciales de Plan-de-Campagne, Vitrolles, Aubagne, Miramas, mais aussi entre Aix-en-Provence et Marseille, entre Aix-en-Provence et Salon-de-Provence et entre Marseille et Salon-de-Provence.
Pour les commerçants, des « mesures de sécurité passives » ont été définies en lien avec la Chambre de commerce et d’industrie et la Ville de Marseille, sans que ces dernières soient détaillées. Les agents municipaux ayant aidé depuis le 17 octobre à poser des panneaux de bois pour protéger les ouvertures des magasins dont les vitrines ont été détruites. Des arrêtés interdisent aussi « le port d’équipements de protection individuelle » de type casques, gants ou lunettes. Le transport de carburant est prohibé comme la vente, le port et le transport d’armes par destination.
En mettant sous l’éteignoir tout un territoire, l’État a franchi un cap dont d’aucuns pointent déjà l’inconstitutionnalité. Pire, à jouer les pompiers pyromanes, il prend le risque d’attiser une colère déjà enracinée…
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Aveu de faiblesse
Interdiction de manifester dans les Bouches-du-Rhône, à Toulon et Avignon, couvre-feux étendus aux majeurs ce week-end, interruption des transports en commun… Dans quelle société vit-on ? La question mérite d’être posée tant le glissement en cours est grave depuis le 17 octobre.
Le procureur Nicolas Bessone estimait, hier, qu’entre « 1 800 et 3 000 personnes » ont saccagé Marseille ce jour-là. La République est-elle prête à capituler devant cela ? Il serait donc impossible de garantir la sécurité et la sérénité des cortèges de lycéens mobilisés et de manifestants contre la vie chère ?
En plus de les nier dans leurs revendications, le gouvernement entend donc les priver de leur capacité d’exprimer leur colère.
Ce déni de démocratie est particulièrement inquiétant. Il témoigne d’un exécutif à la dérive, minoritaire à l’Assemblée nationale, refusant toute inflexion de sa politique.
Une interdiction contestée en justice par un référé liberté
En prenant ces mesures, le gouvernement croit faire une démonstration de force.
Il fait en réalité un terrible aveu de faiblesse. Faiblesse face aux casseurs, aux pillards. Incapacité à garantir la liberté de manifester. Incapacité à assurer la sécurité et la tranquillité républicaines.
Plusieurs organisations syndicales ou politiques ont annoncé leur intention de contester cette interdiction de manifester par un référé liberté.
Puisse la justice, elle, ne pas être faible.
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Des digues renforcées pour protéger l’île Piot à Avignon
Sous le pont Édouard-Daladier, les rayons de soleil détonent avec les nombreux branchages qui flottent dans le Rhône en arrière-plan, illustration que les crues du fleuve peuvent être très puissantes. Mais désormais, l’île Piot est mieux protégée de ces débordements grâce aux travaux de confortement des digues la protégeant, inaugurés ce mercredi 21 octobre.
« Il y a des rubans qui ont plus de sens que les autres », lâche ainsi Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon et président du Grand Avignon, en coupant la bande tricolore. Dans toutes les têtes, et dans tous les discours, les crues de 2002 et 2003, pendant lesquelles l’île a été submergée pendant plusieurs jours. C’est justement à la suite de celles-ci que des études avaient été lancées par la ville d’Avignon pour mieux protéger les 5 500 habitants du site.
23 ans plus tard, 1 200 m de murs verticaux, 130 m d’enrochements, 6,5 m de protections amovibles et 405 m de rehaussement de voies ont été réalisés. Le tout pour un coût total de 3,4 millions d’euros, financés par le Grand Avignon (268 952 euros), l’État (1 340 000 euros), la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (1 005 000 euros), le Département de Vaucluse (335 000 euros), la Ville d’Avignon (330 000 euros) et la Compagnie nationale du Rhône (CNR) (176 048 euros). « Au moment où l’actualité est assez tragique, il faut faire en sorte de protéger au mieux la population et leurs biens », pointe Thierry Lagneau, président par intérim du département de Vaucluse.
100 000 habitantsLe secteur sud de l’île a été priorisé car « plus urbanisé », confirme Camille Riotte, ingénieure en charge de la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations (Gemapi). « Il manque maintenant la partie nord dont les études se poursuivent. Et qui, je l’espère, aboutiront d’ici la fin du mandat », lance de son côté le premier édile de la Cité des Papes. Pour rappel, plus de 100 000 habitants du Grand Avignon vivent en zone inondable et 150 communes vauclusiennes sont menacées par ce risque naturel.
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![[Entretien] Georges Linarès, président d’Avignon université : « L’argent mis dans les universités est un investissement »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/10/529b846f71d469dc8393f46d0d0f41c8.jpg)
[Entretien] Georges Linarès, président d’Avignon université : « L’argent mis dans les universités est un investissement »
La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur le mouvement étudiant de ces dernières semaines ?
Georges Linarès : Ce sont toujours des situations compliquées parce qu’il y a à la fois des revendications, non seulement qu’on comprend, mais aussi qu’on porte depuis quelques années – et qu’on ne porte pas seul. Pour garantir des conditions d’études qui sont correctes d’une part, et d’autre part pour assurer de bonnes conditions de travail aux chercheurs pour pouvoir innover et produire de la science.
Que répondez-vous concernant
les demandes plus locales,
comme les heures d’ouverture
de la bibliothèque ou l’exonération des frais d’études pour les étudiants étrangers ?G.L. : Ouvrir la bibliothèque jusqu’à tard le soir et le week-end n’est pas la bonne solution. Ce sont des espaces qui sont très grands et qui coûtent très cher à chauffer ou à rafraîchir Et cela obligerait à ouvrir tout le campus et donc à sécuriser l’ensemble. Ce qui représente une facture à plus de 400 000 euros par an. Mais le besoin des étudiants est cependant bien identifié : le travail à la maison accentue les inégalités et nous devons limiter l’impact des inégalités sociales sur la réussite académique. Une salle d’une centaine de places hors campus va être ouverte jusqu’à 22 heures et le samedi pour y remédier.
Cette année, on ne peut exonérer que 30% des étudiants extracommunautaires. On peut penser ce qu’on veut de cette loi mais la loi est la loi, il y a une règle et il ne m’appartient pas de décider de respecter ou pas la loi. Mon avis personnel est que c’est une erreur de limiter l’exonération à 30% des étudiants extracommunautaires. Parce que faire venir des étudiants en France, c’est contribuer à la place de la France dans le monde mais c’est aussi drainer du potentiel intellectuel vers la France.
Qu’attendez-vous du gouvernement ?
G.L. : Il faut savoir de quel type d’université le pays a besoin. Je crois que la massification de l’enseignement supérieur, c’est-à-dire l’ouverture très large de l’enseignement supérieur, est une bonne chose pour le pays. Ce sont des perspectives qu’on ouvre à notre jeunesse. Ce sont des choix de société qui doivent se traduire budgétairement. L’argent qui est mis dans les universités, ce n’est pas une dépense, c’est un investissement pour l’avenir.



