Tag: Avignon

  • À Avignon, des « violences policières » dénoncées

    À Avignon, des « violences policières » dénoncées

    Dans les locaux de l’association Le Hérisson à Avignon, lieu d’autodéfense juridique populaire à Avignon, une vingtaine de personnes ont évoqué des faits qu’elles qualifient de « violences policières » lors de cette rencontre organisée par la LDH.

    « Le but est de recenser les différents cas afin d’apporter une riposte juridique et de faire cesser les comportements inadaptés », explique Véronique Marcel, avocate au barreau d’Avignon. Elle confie elle-même défendre une mineure de 15 ans poursuivie pour outrage : « Elle avait une pancarte avec écrit “ACAB” pendant une manifestation et a été placée en garde à vue. Il y a des choses qui ne vont pas. »

    Enseignante matraquée

    Une dizaine de personnes ont ainsi rapporté différents faits. Sandrine, professeure des écoles, montre les photos d’un bleu longiligne sur sa jambe. « Ce samedi, j’ai vu des policiers s’acharner sur un jeune. Quand j’ai dit d’arrêter et après avoir refusé de reculer, l’un d’entre eux m’a donné des coups de matraque », affirme-t-elle. D’autres faits ont été rapportés lors des tentatives de blocus de l’Université, la semaine dernière. Marie confie avoir été « plaquée contre le mur pour un contrôle d’identité ». Christèle Lagier, enseignante-chercheuse, dénonce une « vraie volonté de couper l’herbe sous les pieds », avec un « rapport de force très net », tout en pointant des intimidations.

    Un nouveau rendez-vous est fixé ce samedi à 14h, toujours dans les locaux du Hérisson. « On prendra du temps pour chacun afin de donner des conseils juridiques plus précis », explique Me Véronique Marcel.

    Témoignages à envoyer à
    faire-collectif@herisson-asso.org

  • [#DisMoiPourquoi] le cerveau aime tellement le sucre ?

    [#DisMoiPourquoi] le cerveau aime tellement le sucre ?

    Hugo, 11 ans, en CM2 à l’école Louis-Gros d’Avignon

    Notre corps a besoin d’énergie pour fonctionner. Respirer, marcher, jouer, apprendre à l’école… et même faire un gros câlin à ses parents : tout cela demande de l’énergie ! Mais d’où vient cette énergie ? Des aliments que nous mangeons ! Parmi les nutriments présents dans notre alimentation, il y a les glucides, une grande famille de molécules qui comprend notamment les sucres. Une fois digérés, certains glucides sont transformés en glucose, une source d’énergie très importante pour notre organisme. Et notre cerveau, lui, adore le glucose ! Au cours de l’évolution, notre cerveau a donc appris à apprécier le goût sucré. Cela nous encourageait à rechercher des aliments riches en énergie, ce qui était particulièrement utile lorsque la nourriture était difficile à trouver. Alors, le sucre est-il mauvais ? Pas forcément ! Les sucres font partie de notre alimentation et notre organisme sait les utiliser pour produire de l’énergie. Le problème apparaît surtout lorsque nous en consommons trop souvent ou en trop grande quantité. Aujourd’hui, le sucre est très présent dans notre environnement : boissons sucrées, biscuits, chocolat, céréales, desserts et nombreux produits transformés. Le sucre n’est donc pas notre ennemi : l’important est de ne pas en abuser ! »

    Donato VAIRO. Assistant ingénieur en biologie au Centre du recherche en cardiovasculaire et nutrition de Marseille (INRAE)

  • Les pompiers de Vaucluse dotés de panneaux solaires

    Les pompiers de Vaucluse dotés de panneaux solaires

    Elle est déjà opérationnelle depuis l’an dernier avec des panneaux sur les toits de l’état-major et du gymnase, pour une superficie de 1 000m2. Une nouvelle étape a été franchie avec la mise en service de panneaux situés sur le parking du centre de secours, soit 1 300m2 de panneaux photovoltaïques. Le Sdis note que « depuis l’installation de la centrale photovoltaïque en toiture, 36% d’économies sur les factures d’électricité du site ont été réalisées, représentant une économie de 91 500 euros. Grâce à ces dispositifs, le Sdis produira un surplus d’énergie, qui sera ensuite valorisé et revendu au Conseil départemental à tarif préférentiel grâce à la mise en œuvre d’une boucle d’autoconsommation collective.

  • Le marathon d’Avignon va revenir en mars

    Le marathon d’Avignon va revenir en mars

    C’était dans l’air du temps, et c’est officiel depuis samedi.

    Après une première édition qui a séduit les amateurs et attiré du beau monde dans les rues de la cité papale, le marathon d’Avignon aura un successeur. Avec un nouveau positionnement dans le calendrier, puisque la course aura lieu le dimanche 14 mars 2027.

    L’ouverture des inscriptions est imminente puisqu’annoncée pour « avant la fin du mois d’octobre », sur le site et plateforme unique de Finishers. De 3 500 participants au marathon et semi le 27 septembre dernier, l’organisation double presque la jauge et prévoit de mettre en vente 3 000 dossards pour le marathon et autant pour le semi.

    L’ambition des organisateurs est de faire de cette course un rendez-vous sportif majeur du sud de la France, rassemblant coureurs, habitants, bénévoles, entreprises et associations autour d’une course alliant performance et découverte patrimoniale. Pour son acte I, l’épreuve avait fait le plein. Voici les chiffres clefs de cette édition inaugurale, qui s’est courue le 27 septembre dernier :

    – 1 728 coureurs ont été classés sur le marathon (1 308 hommes, 420 femmes).

    – 1 729 l’ont été sur le semi-marathon (942 hommes, 787 femmes).

    – Plus de 3 450 finishers.

    – 393 coureurs et coureuses (342 sur le semi, 51 sur le marathon) ont trouvé un nouveau propriétaire grâce à la plateforme de revente mise en place avec Finishers.

    Au-delà de la performance sportive, le marathon avait avant tout une dimension solidaire. En effet, 1 euro a été reversé pour chaque dossard. Une opération qui a permis de collecter 10 500 euros au profit du Fonds AV’ENCE, dédié aux hôpitaux d’Avignon et soutenu par Charlotte de Turckheim.

  • À Avignon, les policiers municipaux bientôt équipés de tasers et de caméras

    À Avignon, les policiers municipaux bientôt équipés de tasers et de caméras

    Depuis plus de trois mois, Olivier Galzi (DVD) serine que les caisses de la Ville sont vides, accusant l’ancienne majorité de gauche d’avoir laissé un « champ de ruines ». Encore actuellement, des moyens humains sont insuffisants pour ouvrir convenablement les bibliothèques ou les piscines. Mais évidemment, il reste quelques euros à investir, répondant à des choix politiques. « On n’a pas d’argent, mais on peut quand même faire avancer les dossiers sur les trois promesses phares de notre programme », assurait le maire fin août. Notamment sur le volet sécurité, où trois renforts de policiers municipaux en brigade de nuit sont arrivés.

    Mais ce n’est pas tout. À la mi-janvier, la police municipale devrait voir arriver un imposant renfort de matériel : des Taser et des caméras piétons. La Ville vient en effet de lancer un marché, qui court jusqu’au 12 novembre, pour faire l’acquisition, dans un premier temps de 30 pistolets à impulsion électrique (PIE) et 90 caméras piétons. Pas vraiment une surprise, la mesure étant dans le programme du candidat Galzi. « Les policiers gardent leurs armes actuelles, mais le taser sera un complément pour pouvoir avoir une riposte graduée dans les situations sensibles », proposait-il fin janvier. « C’est la suite logique des promesses faites par le candidat », nous répond la Ville, pour qui cet investissement répond à un besoin de « protéger nos agents et réduire leurs risques de blessures graves d’autant qu’il y a la volonté qu’ils soient désormais sur le terrain et non plus dans des bureaux », poursuit la municipalité.

    Batteries, cartouches…

    la facture grimpe

    Le marché, consulté par La Marseillaise, table sur une durée de 4 ans. La municipalité souhaite se doter de tasers 10, soit ce qu’il se fait de mieux actuellement sur le marché. Ils sont d’ailleurs directement reliés à la caméra piéton qui se déclenche lors de son usage et ne doivent servir qu’en cas de légitime défense… « Ces PIE doivent être équipés de systèmes de contrôle permettant d’assurer la traçabilité et la vérification de leur utilisation, et chaque usage donne lieu à un enregistrement visuel et sonore », lit-on dans le marché. « L’utilisation de l’arme est soumise à une mise en garde orale préalable, suivie d’un pointage au faisceau laser vert », précise aussi la commande municipale. Une arme qui ne doit viser ni la tête ni le cou et qui est « interdite à l’encontre des enfants et des femmes enceintes ainsi qu’à l’encontre du conducteur de tout véhicule terrestre en mouvement ».

    L’onde électrique de 50 000 volts est d’une durée maximale de 5 secondes et peut être coupée avant. « Tu vois ce qui se passe, tu es conscient, mais tu es déconnecté, tu ne ressens plus rien, comme une micro-anesthésie », nous glisse un policier municipal, pas en fonction à Avignon, et qui a servi de cobaye lors de sa formation au taser. Une mise en situation qui n’est plus obligatoire lors des formations d’usages. L’autre partie du marché concerne les caméras piétons. La Ville avait fait l’acquisition de quelques unes il y a près de 10 ans mais désormais obsolètes. « Seules quelques caméras sont encore opérationnelles. L’autonomie insuffisante des batteries ainsi que l’impossibilité d’exploiter les vidéos depuis plusieurs sites sont deux points faibles du parc actuel », est-il indiqué dans le marché.

    Si, ni le marché, ni la Ville, n’évoquent la question financière, il s’agit d’un lourd investissement qui avoisinerait les 200 000 euros selon nos estimations. Car au prix d’un taser, autour de 3 000 euros, et de 1 000 euros la caméra, tout un tas d’équipements supplémentaires et obligatoires font grimper la facture : batteries, socles de recharge, étuis, combinaisons d’entraînement, cartouches, licence d’utilisation. Chaque agent formé doit aussi annuellement tirer une cartouche réelle (d’un coût d’environ 220 euros) et deux d’entraînements (35 euros la cartouche). À ce prix-là, pas sûr que la centaine de policiers municipaux soient tous habilités à se servir d’un taser.

  • Le calme avant la colère à Avignon avec une forte mobilisation

    Le calme avant la colère à Avignon avec une forte mobilisation

    Entre les 3 000 manifestants qui ont défilé dans les rues d’Avignon ce samedi 17 octobre, beaucoup de gilets rouges et jaunes et surtout beaucoup de colère.

    Une très longue journée de manifestation passée à plusieurs reprises devant la préfecture de Vaucluse, la place de l’Horloge, du Palais des Papes. « Je n’ai jamais vu autant de monde sur la rue de la République », s’écrie Marcel, infirmier venu de Cavaillon, en voyant la file interminable débouler devant l’Hôtel de Ville. Il est venu avec sa compagne « car on est pris à la gorge entre l’essence et les impôts », confie-t-il. « Je suis venue pour mon fils étudiant car la vie est bien trop chère pour qu’il puisse grandir sereinement », pousse Laure Mauriconi, assistante maternelle, pancarte « Maman solidaire » dans les mains. Le programme de la journée était chargé avec des nombreux cortèges, une mobilisation devant l’hôtel Mercure où se tenait une séance d’autographes de Sarah Knafo (Reconquête) ou encore une tentative de blocage du pont Daladier et des routes alentour.

    La CGT était finalement présente, ayant appelé à se mobiliser en interne seulement. Notamment à la suite du mouvement des lycéens et étudiants de ces dernières semaines. Mais pas uniquement. « C’est évidemment dans la continuité de notre soutien aux jeunes. Mais si on prend l’exemple de l’essence, moi qui suis professeure titulaire remplaçante, mon essence est remboursée mais l’indemnité kilométrique ne monte pas comme le prix de l’essence », illustre Mélanie Saïsse, co-secrétaire CGT Educ’Action.

    Tensions en fin de journée

    Des formations politiques étaient également présentes. « On voit que ça écrase de partout, les gens n’en peuvent plus tout simplement », confie Oukacha Rtili, conseiller municipal (LFI) à Avignon, tout en tractant pour le meeting de lancement de campagne du parti le soir même en cité des Papes. « On soutient les étudiants mais aussi le camarade de la CGT blessé ce jeudi avec la répression policière. Aucun droit n’est acquis et il faut être présents », confie Pascal Clemençon, secrétaire fédéral contre l’extrême droite du PS de Vaucluse, drapeau de son parti en main.

    Il y a aussi eu des tensions avec les forces de l’ordre dans l’après-midi, qui ont procédé à plusieurs interpellations. Des affrontements qui se sont déroulés jusqu’au début de la nuit autour de la préfecture et dans la rue de la République. « On s’est nous-mêmes fait charger et certaines arrestations n’étaient vraiment pas nécessaires », confie une syndicaliste de la CGT.

    « La vie est bien trop chère pour que mon fils puisse grandir sereinement »

  • La seconde édition du marathon d’Avignon aura lieu le 14 mars

    La seconde édition du marathon d’Avignon aura lieu le 14 mars

    C’est officiel depuis ce samedi matin : la seconde édition du marathon d’Avignon se courra le dimanche 14 mars 2027. Annonce faite par l’organisation qui avait déjà affiché sa volonté d’une seconde cuvée, positionnée cette fois en ouverture de saison.

    L’ouverture des inscriptions est imminente puisque annoncée pour « avant la fin du mois d’octobre », sur le site et plateforme unique de Finishers. De 3 500 participants au marathon et semi le 27 septembre dernier, l’organisation double presque la jauge et prévoit de mettre en vente 3 000 dossards pour le marathon et autant pour le semi.

  • Dominique Santoni laisse « un Département qui est debout »

    Dominique Santoni laisse « un Département qui est debout »

    Lundi matin, je ne serai plus présidente », officialise, ce vendredi, Dominique Santoni (LR), devant la presse. Élue sénatrice le 27 septembre, elle vient donc de remettre sa démission après plus de 5 ans passés à la tête du Département. L’occasion de balayer, une dernière fois, dans ce format, l’actualité.

    Sa succession

    « Il n’y aura pas beaucoup de suspense », glisse-t-elle, préférant attendre la semaine prochaine pour dévoiler le candidat qui sera porté par la majorité. Christian Mounier, vice-président délégué à l’agriculture et l’eau, est dans les starting-blocks. Pas de date encore pour la plénière spéciale chargée d’installer un nouveau président mais on se dirige vers début novembre.

    En attendant, c’est Thierry Lagneau, 1er vice-président, qui assurera l’intérim. « L’idée est de rester dans la stabilité et continuité », pose Dominique Santoni, qui reste élue au Département et se chargera du budget et de l’enfance. A-t-elle l’assurance que sa « majorité relative » actuelle se maintienne ? Alors qu’on prête des intentions de candidature à Anthony Zilio (DVC), maire de Bollène, qui avait fait pencher l’élection en faveur de Dominique Santoni. « On l’a beaucoup aidé, soutenu, j’étais encore la semaine dernière à Bollène, je ne vois pas très bien comment il changerait d’avis », estime-t-elle.

    Son bilan

    « Je laisse un Département qui est debout », se targue la présidente. Surtout sur le volet financier, au regard d’autres conseils départementaux, comme la Gironde qui n’arrive pas à équilibrer son budget. « Un résultat d’équipe où on a réalisé 95% de ce que l’on a promis », défend-elle. Postule-t-elle à nouveau pour briguer le canton d’Apt en 2028 ? « On peut le dire, oui. » Citant comme éléments de « fierté », le chantier de Bonpas ou le recrutement de médecins, Dominique Santoni n’a qu’un regret : « Ne pas avoir assez communiqué et expliqué sur ce que nous faisions. »

    La protection

    de l’enfance

    Questionnée par La Marseillaise sur la protection de l’enfance, compétence phare des Départements, Dominique Santoni avoue que c’était un « domaine que je connaissais peu, mais qui m’a transformée ». Alors que les besoins sont criants et qu’un foyer vient de fermer (notre édition de mardi), la présidente souhaite garder cette casquette. « Je continuerai à animer le groupe de l’aide sociale à l’enfance, c’est un sujet sur lequel on peut toujours faire plus », assure-t-elle. La collectivité est en mesure d’ouvrir d’ici à la fin de l’année 4 places d’une unité intégrée expérimentale « pour accueillir les enfants les plus difficiles qui sont agressés et agresseurs ».

    Son rôle au Sénat

    « Je n’y suis pas partie parce que j’ai peur [de perdre aux Départementales de 2028], au contraire, mon camp est mieux armé qu’en 2021 », revendique-t-elle. Au sein de la commission des affaires sociales, elle veut parler « insertion, travail, aide sociale à l’enfance, le Sénat est une fenêtre pour débloquer des choses sur les territoires ».

    La présidentielle

    Plutôt désabusée par l’offre actuelle, Dominique Santoni ne se prononce pas. Si les idées de son chef de parti Bruno Retailleau ne lui déplaisent pas, le profil ne l’emballe pas non plus. « J’attends une femme ou un homme providentiel qui me transcende, amène de la passion », projette-t-elle, jugeant qu’une victoire du RN « n’est pas inéluctable ».

  • Après les violences, la CGT demande des comptes

    Après les violences, la CGT demande des comptes

    La blessure de Daniel Sudreau, secrétaire CGT de l’Université d’Avignon, ce jeudi 15 octobre, après avoir été bousculé par un policier lors d’une tentative de blocage de l’établissement par les étudiants, ne passe pas pour le syndicat. Plus de 150 personnes se sont rassemblées « contre les violences policières » devant la préfecture, ce vendredi 16 octobre, en début de soirée.

    « Quand on s’en prend à un militant de la CGT, c’est parce qu’il défend les libertés. Et c’est là toute la CGT qu’on attaque », lance énergiquement au micro Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT Vaucluse. Sorti de l’hôpital quelques heures après l’incident, Daniel Sudreau, présent au rassemblement, rassure en confirmant qu’il va bien, avec trois points de suture derrière le crâne et deux jours d’arrêt de travail.

    Celui qui est technicien audiovisuel de l’établissement depuis 26 ans estime que l’action du policier était « inutile et gratuite », vu qu’il ne faisait pas partie de la chaîne humaine qui protégeait les étudiants. « Il faut être vigilant car exercer son droit de manifester devient compliqué », regrette-t-il. Mais pense surtout « aux petits jeunes qui se font ratatiner », pointant « que ce n’est pas normal que des lycéens soient réprimés de cette façon ».

    La CGT note en effet « d’autres cas de violences policières ». Au micro, Laurence de Villèle évoque « une jeune lycéenne de 15 ans qui a été interpellée et violentée au commissariat ». Ou encore « un jeune qui a été frappé par des policiers à l’intérieur même de son établissement avec pour conséquence des côtes cassées et une épaule déboîtée », au lycée Val-de-Durance, à Pertuis.

    « Depuis quand répond-on aux revendications de lycéens et d’étudiants par des matraques, par des gaz lacrymogènes et par des interpellations ? Depuis quand considère-t-on les adolescents qui défendent leur avenir comme une menace pour l’ordre public ? », interroge la responsable syndicale, qui demande que la lumière soit faite sur les responsabilités de chacun et les ordres donnés. Avant de s’adresser à la fois au préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, ainsi qu’au Premier ministre, Sébastien Lecornu, et au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez : « Vous avez la responsabilité de garantir les libertés publiques et la sécurité de toutes et tous, y compris celles des jeunes qui manifestent. Or, que constatons-nous ? Des déploiements policiers massifs devant les établissements scolaires, des violences dénoncées à répétition, des jeunes blessés et un militant syndical brutalisé. »

    La préfecture de Vaucluse, sollicitée par La Marseillaise, n’a pas répondu. À nos confrères de La Provence, le syndicat Un1té Police Vaucluse assure que, concernant les événements de ce jeudi 15 octobre, les sommations ont bien été exécutées et qu’aucune faute n’a été constatée.

    Permanence juridique

    Des actions également dénoncées par la Ligue des droits de l’Homme de Vaucluse et la section Avignon-Le Pontet-Morières du PCF. « Ces faits sont d’une extrême gravité et ne peuvent rester sans suite. Une université ne doit pas devenir un champ de bataille », clame la LDH. Tout en rappelant que « la liberté de manifester est un droit fondamental et que l’usage de la force doit respecter les principes de nécessité et de proportionnalité ». Une permanence juridique est organisée ce lundi 19 octobre à 15h30 au Hérisson, 8 avenue de la Croix-Rouge, à Avignon. La LDH « invite toutes les victimes et tous les témoins de violences policières » à venir témoigner en présence d’un avocat. L’organisation demande aux personnes concernées d’apporter leurs documents, tels que des photos, vidéos ou certificats médicaux. Le tout afin de faire une saisine du procureur de la République. La section locale communiste assure, elle, qu’elle « refuse les violences policières et apporte son soutien indéfectible aux jeunes ou plus anciens victimes de ces comportements ».

  • La Mission locale soutient aussi les jeunes dans leurs droits

    La Mission locale soutient aussi les jeunes dans leurs droits

    En pleine mobilisation lycéenne et étudiante, le Défenseur des droits a annoncé avoir reçu 28 saisines au niveau national quant à de possibles cas de manquements déontologiques des forces de l’ordre. L’institution chargée de défendre les droits et libertés individuelles agit là parmi l’un de ses cinq champs de compétence. Si, pour l’heure, aucune saisie n’émane du département, cela ne signifie pas que les six délégués vauclusiens du Défenseur des droits se tournent les pouces puisque l’an dernier ils ont reçu au total 909 saisines, en hausse de 15% sur un an.

    Un rapport de février dernier, note qu’un jeune (15-26 ans) sur 3 s’estime victime de discriminations dans son accès aux droits. Au sein de la Mission locale du Grand Avignon, depuis déjà trois ans, on s’escrime à réduire cette donnée : une convention a été nouée avec le Défenseur des droits, partenariat triennal renouvelé ce jeudi au siège de la Mission locale. « C’est une alliance très rare, qui n’existe qu’ici dans toute la région, rappelle Laurence Hudry, cheffe du pôle régional du Défenseur des droits. C’est une belle réussite, on essaye de faire en sorte que les jeunes s’emparent de leurs droits en leur offrant un espace pour les écouter. »

    Concrètement, Miguel Couralet, un des six délégués bénévoles, tient une permanence deux fois par mois au sein de la Mission locale. Quelque 120 cas ont été traités. « L’accès n’est pas réservé qu’aux jeunes inscrits à la Mission locale, précise-t-il. On intervient pour des soucis administratifs qui nécessitent seulement de délivrer la bonne information mais aussi dans d’autres cas de blocages, comme des titres de séjour avec la préfecture, ou discriminations qui se soldent à 90% à l’amiable. »

    Au secours d’un jeune floué de 17 000 euros

    Un cas assez saisissant a été réglé au mois d’août. Il y a plusieurs années, six jeunes de la Mission locale avaient été floués par un escroc qui leur avait promis un travail, fait signer un contrat sauf que le jour J, aucune entreprise n’existait à l’adresse indiquée. Mais le margoulin en a profité pour usurper l’identité de certains et créer d’autres sociétés. Résultat, un jeune s’est trouvé avec 17 000 euros de dettes à l’Urssaf. L’intervention de Miguel Couralet a permis de rétablir la situation. « Une grosse affaire résolue », salue William Bouquet, président de la Mission locale et maire (DVG) d’Entraigues.

    Perçu au départ en interne « comme l’avocat bénévole dévoué », reconnaît Isabelle Gineste, directrice de la Mission locale, Miguel Couralet a « permis aux conseillers de monter en compétence en les formant sur les conditions d’accès aux droits par les jeunes afin de faciliter les orientations ». La Mission locale organise d’ailleurs, le 22 octobre, son 1er forum de lutte contre les discriminations en présence de Miguel Couralet.