Tag: Aubagne

  • [Grand entretien] Vladimir Cosma : « La culture marseillaise ne m’a jamais quitté »

    [Grand entretien] Vladimir Cosma : « La culture marseillaise ne m’a jamais quitté »

    La Marseillaise : Dans la région, le grand public a surtout gardé en mémoire vos compositions pour l’adaptation de « La gloire de mon père » et du « Château de ma mère » par Yves Robert, en 1990. Cela a-t-il été votre porte d’entrée vers la culture marseillaise et provençale ?

    Vladimir Cosma : J’ai commencé à connaître la région lorsque Roger Luccioni m’a invité dans le festival de jazz qu’il avait créé [le Marseille jazz des cinq continents, Ndlr.]. Et quelque temps avant, à travers ces films d’Yves Robert, d’après Marcel Pagnol. Ils m’ont largement ouvert la porte de la culture marseillaise et cela ne m’a jamais quitté. D’ailleurs, une partie de mon répertoire en découle et vient de là.

    Pour ces deux films, vous êtes allé à rebours des clichés autour de la culture provençale. Loin d’utiliser fifres et tambourins, vous avez plutôt livré une musique aux accents méditerranéens. Pourquoi ?

    V.C. : Je ne voulais surtout pas faire une musique telle que vous l’avez décrite. Je ne voulais pas d’une couleur trop folklorique. Pour éviter cela, je me suis plongé dans la musique de la jeunesse de Marcel Pagnol, dans les années 1930. Les inspirations folkloriques étaient alors plutôt espagnoles, il y avait aussi la habanera… C’est plutôt ceci qui m’a donné l’idée, par la suite, d’employer de réelles cigales que j’ai samplées [fait d’échantillonner un extrait sonore déjà existant pour le réutiliser ensuite dans un autre contexte]. J’ai par exemple gardé le battement de ces cigales avec lesquelles j’ai rythmé la habanera de La gloire de mon père.

    À vos yeux, Marseille, c’est davantage la Méditerranée que la Provence ?

    V.C. : Mes liens personnels avec Marseille viennent surtout par la connaissance de l’œuvre de Marcel Pagnol, qui m’est venue grâce aux films d’Yves Robert. Par le passé, j’ai d’ailleurs eu l’occasion de rencontrer Marcel Pagnol. Il m’a même écrit une lettre dans laquelle il me faisait part de son goût pour des musiques que j’avais faites, comme celle de Michel Strogoff [adaptation en feuilleton du roman éponyme de Jules Verne], et qu’il aimerait bien, un jour, que je fasse de la musique sur ses propres œuvres.

    Comment décririez-vous votre rapport à la mandoline ?

    V.C. : J’ai découvert cet instrument assez tôt, car il est similaire au violon. La seule différence est que, sur la mandoline, on pince les cordes et il n’y a pas d’archet. Le son vient donc du pincement des cordes. On joue en quelque sorte ce qu’on appelle un violon pizzicato. Car le problème de la mandoline, c’est la durée du son. Et pour prolonger la durée de la note, il faut utiliser le trémolo [répétition rapide d’une même note].

    Vincent Beer-Demander, le directeur du Mandol’in Marseille festival, écrit à votre sujet : « Ses mélodies si populaires, qui appartiennent à la mémoire collective, nous font parfois oublier le grand compositeur classique qu’il est »…

    V.C. : Je ne me considère pas, par exemple, comme un compositeur de musiques de films. Je ne fais pas une musique spécifique par rapport à un film, je ne fais pas de musique descriptive. Même les musiques qui semblent le plus descriptives possibles, comme Le grand blond avec une chaussure noire ou La boom, ne décrivent en fait rien. C’est de la musique pure. Si on les écoute sans penser à l’image du film, elles ne dictent pas une action spécifique. Mais elles accompagnent l’image et lui apportent un surplus de beauté et d’émotion.

    L’idée, c’est de laisser libre cours
    à l’interprétation de chacun
     ?

    V.C. : Oui. Je ne vois d’ailleurs toujours pas le rapport que font les gens entre la musique du Grand blond avec une chaussure noire, réalisée avec une flûte de Pan roumaine avec une inspiration plutôt folklorique, avec le sujet du film et les aventures de ce héros. C’est surtout une musique qui a du caractère, un style, mais qui n’est pas dictée par l’image. Je n’ai jamais aimé les musiques descriptives. J’estime même que des musiques de Bach ou n’importe quel autre prélude ou fugue, ne vous décrivent ni l’aspect religieux, ni d’autres cotés qu’on veut bien leur attribuer.

    La musique est surtout un sentiment pour vous ?

    V.C. : Oui, la musique dégage des sentiments. Mais elle ne délivre ni un sens, ni une histoire…

    Des sentiments perpétués par des musiciens de tous âges qui joueront une partie de votre répertoire pendant le festival. D’autant plus que le Conservatoire d’Aubagne sera bientôt officiellement rebaptisé de votre nom…

    V.C. : Je suis très flatté de voir mon nom accolé à celui de Pagnol, un auteur que j’apprécie énormément et qui m’a beaucoup inspiré dans ma musique. Je suis très content de tout cela. Et cela me touche beaucoup de savoir que de jeunes musiciens jouent encore ma musique.

    Mandol’in Marseille festival, du 30 juin au 6 juillet. Programme complet sur le site mandolinmarseillefestival.com

  • Jean-Pierre Squillari plaide pour une meilleure gestion des feux

    Jean-Pierre Squillari plaide pour une meilleure gestion des feux

    Les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône ont été sollicités pour 23 départs de feux, ce jeudi 11 juin. C’est dans ce contexte que Jean-Pierre Squillari, maire d’Aubagne (DVG) et ancien lieutenant-colonel des sapeurs-pompiers, alerte sur les « failles » du système de lutte contre les incendies.

    Le bilan de l’été 2025 est là pour rappeler l’ampleur du risque : 481 feux traités entre juin et août dans les Bouches-du-Rhône, 1 095 hectares brûlés, et un incendie aux Pennes-Mirabeau qui avait atteint les quartiers nord de Marseille, en juillet.

    Pour l’élu, ce dernier exemple illustre précisément les défaillances du système. « Le pompier sur place avait demandé des avions, l’état-major de zone l’a refusé. Et le feu est arrivé dans Marseille. C’est très grave », dénonce-t-il. Jean-Pierre Squillari va plus loin : « Ça veut dire que la personne dans son bureau pense mieux juger la situation que la personne sur le terrain. » Une critique directe de la chaîne de décision, qu’il juge déconnectée des réalités du terrain.

    S’adapter au calendrier

    En attendant les deux nouveaux Canadair commandés par l’État (lire notre édition du 5/06) « qui n’arriveront pas avant 2032 », le maire juge le dispositif actuel « insuffisant », plaidant pour des véhicules prépositionnés sur des points stratégiques et un débroussaillement rigoureux autour des habitations, « fait dans les règles », insiste-t-il.

    Car pour Jean-Pierre Squillari, la prévention prime sur la réaction : « Il faut s’adapter en fonction de la météo et des risques, et pas en fonction d’un calendrier », martèle-t-il. Selon lui, le risque ne s’arrête pas à l’été. « En 1973, j’ai participé à l’extinction d’un feu de 3 200 hectares dans le Var, le 4 décembre. L’hiver, les végétaux sont secs, sans sève, et s’il n’y a pas de pluies, mais par contre beaucoup de vents, il y a un risque sévère d’incendies. »

    De plus, l’élu relève une bataille budgétaire qu’il juge récurrente au sein du ministère de l’Intérieur, où les crédits sont partagés entre plusieurs corps. « La plupart reviennent presque toujours à la police. Je regrette que la profession de pompiers ne monte pas au créneau », déplore-t-il.

    Carmen Vollenweider

  • Forte mobilisation contre le « plan d’efficience » à l’hôpital d’Aubagne

    Forte mobilisation contre le « plan d’efficience » à l’hôpital d’Aubagne

    Ou plutôt un énième plan d’austérité avec « la suppression de 50 équivalents temps pleins », s’insurgent-ils. En un mot : « inacceptable ».

  • Nouveau rassemblement pour défendre la gratuité des transports

    Nouveau rassemblement pour défendre la gratuité des transports

    « C’est la suite logique de notre première réunion. On veut continuer à appuyer nos élus et faire la lumière sur cette question de la gratuité », souligne Maurice Marsiglia, président de l’Association se déplacer en liberté (Asdel), qui appelle au rassemblement samedi, à partir de 10h au Pôle d’échanges d’Aubagne.

    L’objectif : défendre le maintien de la gratuité des transports en commun dans les 12 communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile*, en place depuis 2009 et menacée par le budget de la Métropole, en déficit de 123 millions d’euros. En effet, après que les élus de la collectivité ont refusé de voter leur budget, jugé unanimement « intenable », sa gestion a été déléguée à la préfecture qui a, dans la foulée, saisi la Cour régionale des comptes (CRC) pour son élaboration (lire page 2 à 4). Une situation qui inquiète les défenseurs de la gratuité, l’institution portant un regard critique sur le système. « La gratuité (..) entraîne, pour les réseaux importants et étendus, des effets négatifs sur le plan financier, tout en ne s’accompagnant que d’un report modal des automobilistes très limité », lit-on dans un de ses rapports, rendu public en septembre 2025.

    « Un bien commun »

    Mais, pour l’Asdel, comme pour de nombreux élus et citoyens locaux, un retour en arrière est inenvisageable. L’association avait d’ailleurs déjà appelé à la mobilisation à la fin du mois de mai, lors d’une réunion publique qui avait rassemblé 450 personnes. L’occasion, pour Maurice Marsiglia et ses soutiens, de revenir sur l’impact financier du système : « La gratuité correspond à un déficit de 2 millions d’euros par an, et représente 0,04% du budget total de la Métropole, ce qui est totalement anodin sur une dette de 123 millions d’euros », avait-il alors défendu. Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne, avait lui aussi rappelé son attachement à cet acquis social vieux de 17 ans : « La gratuité est notre bien commun. Elle fait partie de notre paysage et de notre fierté. On ne parle pas d’une utopie mais d’un acquis qui passera bientôt l’âge adulte. » Au-delà du bouclier financier qu’elle peut constituer pour les ménages, la gratuité est aussi défendue pour ses impacts positifs sur la santé publique et l’environnement.

    *Aubagne, Auriol, Belcodène, Cadolive, Cuges-les-Pins, La Bouilladisse, La Destrousse, La Penne-sur-Huveaune, Peypin, Roquevaire, Saint-Savournin et Saint-Zacharie.

  • La mairie d’Aubagne veut fédérer pour le nouvel hôpital

    La mairie d’Aubagne veut fédérer pour le nouvel hôpital

    Lancé au lendemain de la crise du Covid, dans le cadre d’un plan d’investissements prévu par le gouvernement à la suite du Ségur de la Santé, le projet de construction d’un nouvel hôpital à Aubagne n’avance pas assez vite d’après la nouvelle municipalité. Censé s’implanter dans la zone des Gargues, dont le foncier n’a toujours pas été acquis, l’établissement doit, en théorie, être livré en 2032. De quoi pousser la mairie à réclamer un coup d’accélérateur.

    Vendredi, à l’occasion du conseil municipal, les élus se sont donc prononcés à la faveur d’un vœu en quatre points. À commencer par la création d’un « front territorial commun », aux côtés des 19 communes directement impactées par la construction de l’hôpital. L’objectif : faire bloc, « au-delà des étiquettes partisanes », pour « exiger le maintien des enveloppes budgétaires » auprès des collectivités territoriales impliquées dans le financement du projet. La Ville invite également lesdites communes à envisager une participation financière à l’achat du foncier, pour l’instant prévu à l’unique charge d’Aubagne.

    La Région Sud, la Métropole Aix-Marseille et le Département des Bouches-du-Rhône sont également interpellés et invités à « confirm[er] et accélér[er] leurs engagements financiers respectifs afin de sécuriser l’enveloppe globale du projet ». Leur mobilisation est aussi nécessaire à la réalisation des infrastructures de transport (Val’Tram, BHNS) et de voirie, « indispensables à la desserte et à la sécurité du site des Gargues ». « La faisabilité et le succès de cet hôpital dépendent de son accessibilité », a en ce sens souligné Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne.

    Dans l’attente du préfet

    Le vœu appelle également à la signature « dans les meilleurs délais » de la Déclaration d’utilité publique (DUP) par le préfet des Bouches-du-Rhône, une procédure administrative permettant de réaliser une opération d’aménagement sur des terrains privés en les expropriant, précisément pour cause d’utilité publique. Un document ici nécessaire pour entamer les négociations avec les actuels propriétaires. « Il faut qu’on ait suffisamment avancé au deuxième semestre de l’année sur les acquisitions foncières pour que l’État accepte, dans la foulée, de lancer les concours d’architectes, détaille une source proche de la municipalité. Et ces concours d’architectes, si on veut que l’hôpital soit livré en 2032, il faut les lancer en 2027. » Pour coordonner efficacement toutes ces instances, Mohammed Salem, ancien président de la commission médicale de l’hôpital d’Aubagne, a été nommé délégué spécial auprès du maire. Une nomination fortement critiquée, au passage, par Gérard Gazay, l’ancien maire (LR) d’Aubagne. D’ailleurs, son groupe n’a pas pris part au vote de ce vœu.

    Un comité de pilotage, en présence de toutes les institutions impliquées, doit avoir lieu le 26 juin.

  • Ce qui va changer dès août pour Aubagne en « Ligue 3 »

    Ce qui va changer dès août pour Aubagne en « Ligue 3 »

    La Ligue 3 professionnelle verra le jour en août. Elle s’inscrit dans une feuille de route clairement définie : bâtir un championnat financièrement pérenne, plus attractif autour d’un « produit » mieux valorisé, et davantage ancré dans les territoires en renforçant l’intégration des clubs au sein de leur écosystème local. L’objectif est également d’en faire une compétition plus innovante, à travers l’évolution du format, de l’arbitrage et des règlements sportifs et financiers.

    Système de play-offs

    Sur le plan sportif, la future Ligue 3 s’inspirera du modèle de la Pro D2 en rugby. Le championnat réunira 18 clubs, qui s’affronteront en matches aller-retour sur 34 journées. Les deux premiers du classement accéderont directement à la Ligue 2, tandis que les équipes classées de la 3e à la 6e place disputeront des play-offs pour décrocher une place en barrage. Le vainqueur de ces phases finales affrontera ensuite le 16e de Ligue 2 lors d’une double confrontation aller-retour, avec un billet supplémentaire pour l’échelon supérieur à la clé. À l’autre extrémité du classement, les trois derniers seront relégués. Cette réforme s’accompagne également d’une refonte de la pyramide des compétitions nationales. À partir de la saison 2026-2027, l’actuel National 2 prendra l’appellation de N1, tandis que le N3 deviendra le N2.

    Un nouveau diffuseur

    Côté diffusion, les 309 rencontres de Ligue 3 – saison régulière et play-offs compris – seront retransmises en intégralité et en exclusivité sur Ligue 1+ au cours des trois prochaines saisons. Une évolution majeure pour les supporters, puisque les matches du championnat quitteront la gratuité de FFFtv pour intégrer une offre payante. La programmation s’articulera autour de deux créneaux. Chaque journée débutera le jeudi à 20h45 avec l’affiche principale, diffusée en prime time dans une case dédiée, sans concurrence avec la Ligue 1 ou la Ligue 2. Les huit autres rencontres se joueront le samedi à 15h et seront proposées à la fois sur des canaux individuels et dans le cadre d’un multiplex. Un horaire choisi pour concilier visibilité télévisuelle et affluence dans les stades.

    Aides doublées

    Le budget consacré à la Ligue 3 atteindra 12,3 millions d’euros, contre 5,8 millions en 2025-2026, dont 70% seront directement redistribués aux clubs. L’ensemble des 18 équipes bénéficiera désormais d’un montant d’aides uniformisé, dans un cadre harmonisé reposant sur un statut professionnel fédéral commun. Le plafond d’aide par club pourra atteindre 450 000 euros, contre 180 000 euros en 2022-2023 et 300 000 euros cette saison. Cette enveloppe intègre une nouvelle politique d’aide aux déplacements, fixée à 50 000 euros pour chaque club.

    Recours vidéo inédit

    Véritable laboratoire d’innovations dans plusieurs domaines, notamment l’arbitrage, la nouvelle Ligue 3 accueillera la première expérimentation en France du « Football Video Support ». Ce dispositif d’assistance vidéo, plus léger que la VAR utilisée en Ligue 1, offrira aux entraîneurs la possibilité de disposer de deux challenges par match pour demander un recours à la vidéo sur une action relevant du protocole VAR. Sa mise en place s’accompagnera de l’intégration d’un quatrième arbitre, contribuant à la professionnalisation du championnat.

    Sans synthétique

    La Ligue 3 imposera, dès la saison 2027-2028, l’utilisation de pelouses en gazon naturel ou hybride. Les terrains synthétiques seront progressivement retirés du championnat, même si des dérogations temporaires pourront être accordées à certains clubs.

  • La Tunisie se rattrape avec brio au tournoi Maurice-Revello

    La Tunisie se rattrape avec brio au tournoi Maurice-Revello

    Dans le groupe B samedi, le Japon est venu difficilement à bout du Canada et remonte ainsi à la troisième place. De leurs côtés, le Portugal et la Côte d’Ivoire, en tête de leur poule, se sont quittés sur un score nul et vierge. La journée de dimanche était consacrée au groupe A, où le duel entre République démocratique du Congo et Colombie n’a pas trouvé de vainqueur (2-2). Après une lourde défaite contre l’Arabie Saoudite, la Tunisie s’est bien rattrapée en s’imposant face à la Chine (3-0).

  • L’aire des gens du voyage d’Aubagne fête ses 35 ans d’accueil

    L’aire des gens du voyage d’Aubagne fête ses 35 ans d’accueil

    Nichée au creux du vallon sur la route de La Ciotat, l’aire affiche complet en toute saison. Comme toutes celles de la métropole. Mais jeudi, ce sont les invités qui étaient en nombre. Partenaires sociaux, salariés de la Varappe et LVD Environnement, ouvriers du chantier d’insertion Evolio qui entretiennent les collines et résidents se sont retrouvés autour d’un repas partagé, d’une exposition sur l’histoire de l’aire et d’un concert.

    « Un succès. Mais pas autant que celui du jour de son inauguration, en 1990 quand 150 caravanes venues de Campagne Rousse ont débarqué », rappelle Kheira Miloud, responsable du site, qui le dynamise avec des jardins. La demande était forte. Et elle le reste tout autant aujourd’hui. « C’est le même problème qu’avec le logement social, on manque de places, de foncier », regrette Benjamin Vives, directeur de la Varappe, qui note une augmentation et une diversité des besoins. « Au-delà des gens du voyage, il y a des travailleurs pauvres, des gens temporairement sans solution de logement, des personnes en très grande précarité qu’on aide et accompagne pour leur accès aux soins, aux droits. »

    L’aire est une des rares qui accueille également un petit centre social avec des activités régulières, une permanence d’assistantes sociales, de la CAF, un service de domiciliation et d’aide à l’insertion par l’emploi. « 80% des résidents qui séjournent ici sont en emploi, chez Salad2fruits, la Fermière, la Maison Corsiglia ou la Ressourcerie, on en a même un qui travaille à Berre… », précise Kheira. Par ailleurs, ni en zone Seveso, ni à proximité d’une décharge, ni entre une autoroute et une voie ferrée, ni même sous des pylônes haute tension, ou tout à la fois, l’aire est très prisée. « Sa contrainte est d’être en zone inondable, à côté du Merlançon, on ne peut pas agrandir, relève la gestionnaire, mais les aires de petite taille sont plus gérables. » Plus qu’une série d’emplacements pour caravanes, c’est « un lieu de vie qui a ses hauts et ses bas, comme dans toutes les familles », résume Benjamin Vives « heureux » des travaux de rénovation des locaux associatifs et des sanitaires réalisés il y a deux ans.

    Nécessité et choix de vie

    Quarante personnes y vivent actuellement, dont un bébé de deux ans et un nouveau-né à venir. Si les places sont attribuées pour trois mois, des dérogations « pour scolarisation, raison de santé » sont accordées. Patriarche de 64 ans, Jean-Marie Demestre, rémouleur, assure y vivre « depuis toujours, comme mon père. Parfois on bouge un peu, à Saint-Menet, mais comme je suis handicapé, j’ai une dérogation ». Il se dit satisfait du changement : « Des fleurs et des douches neuves. On a besoin de peu pour vivre. »

    Jacques et Pauline Dubois ont pour leur part « retrouvé la vie en caravane qu’on a connue avec nos parents, après avoir quitté la cité la Marie à Marseille à cause du deal, de soucis de voisinage ». Ils sont sur l’aire depuis quatre ans avec leurs deux filles et souhaiteraient « rester, par choix de vie ». Comme Ian Hunt, Canadien, chanteur du groupe B4Gman qui joue pour les invités et résident de l’aire depuis 7 mois « arrivé par nécessité ». Il a adopté le nomadisme, « par goût de la liberté ». il avoue : « C’est ma plus belle expérience en 10 ans. »

    La ville de La Ciotat n’a toujours pas d’aire d’accueil malgré ses obligations

    La course de lenteur dans laquelle s’est lancée la ville de La Ciotat se poursuit encore. Un « terrain » très ex-entré, situé aux abords de la route de Marseille avait bien été sélectionné dans les années 2000 pour répondre aux exigences légales, mais d’études en expertises, celui-ci s’est avéré « impossible » à aménager plus d’une décennie plus tard. Ce qui n’a jamais empêché à la commune de faire appel aux forces de l’ordre pour déloger les caravanes garées sur les parkings, aires de stationnement et autres terrains non équipés. Le préfet des Bouches-du-Rhône vient de remettre un coup de pression aux élus en leur demandant de choisir cette année, un terrain pour une future implantation. Tout reste à faire. S.F.

  • Un mois de débats, musique et fête au Cercle de l’Harmonie à Aubagne

    Un mois de débats, musique et fête au Cercle de l’Harmonie à Aubagne

    C’est avec un café-philo autour de la thématique « Qualité ou quantité ? Est-ce que tout est mesurable ? » que le Cercle de l’Harmonie, tiers-lieu culturel et intergénérationnel, débute sa programmation d’un mois de juin particulièrement dense.

    « Le deal : venez avec vos certitudes, repartez avec des questions (et des nouveaux copains) », appâte l’association pour inviter à participer à cet atelier animé par Bertrand Rahard et Bahia Ako, jeudi 4 juin à 18h. Le but est de montrer que la philosophie est faite pour tout le monde sans pré-requis.

    S’ensuivront tout au long du mois : tournoi de pétanque, théâtre, improvisation, rencontres et concerts. Parmi les rendez-vous proposés, une soirée de jeux coopératifs se tiendra le vendredi 5 juin à 19h, tandis que des distributions de paniers de produits frais et éthiques seront organisées tous les mardis du mois.

    Le mois s’achèvera avec une ambiance festive à l’occasion de la fête de la musique. Le 21 juin aura lieu une soirée en plein air avec les groupes Los del Faro et Glory up, avant une session jam. Une programmation éclectique qui témoigne de la volonté du Cercle de l’Harmonie de faire vivre un lieu de rencontres, d’échanges et de culture au cœur d’Aubagne.

    Détails sur le site lecercledelharmonieaubagne.com

  • Aubagne : la mare du parc Jean-Moulin est restaurée

    Aubagne : la mare du parc Jean-Moulin est restaurée

    Une étape importante pour cet espace vert prisé des habitants, qui retrouve désormais « toute sa splendeur pour le bien-être de sa biodiversité », selon le communiqué de la Ville sur ses réseaux sociaux. Après plusieurs opérations de vidange et de nettoyage, cette mare emblématique a bénéficié d’une remise en eau complète. Ces travaux visent à préserver l’écosystème local et à améliorer les conditions de vie de la faune et de la flore. « Les travaux de nettoyage sont terminés », souligne la municipalité, qui met en avant une programmation festive à venir.