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  • À Arles, de Carolis visé par trois plaintes

    À Arles, de Carolis visé par trois plaintes

    En pleine campagne électorale, l’affaire fait couler de l’encre. Le maire sortant d’Arles Patrick de Carolis (Horizons) est visé par des plaintes de Sofiane Boualem et Romain Djefaflia, respectivement président et vice-président de l’Athlétic Club arlésien (ACA), pour des faits de harcèlement moral et de harcèlement au travail.

    Les deux dirigeants, par ailleurs agents territoriaux et élus syndicaux CGT au sein de la communauté d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM), l’accusent de pressions et de chantage pour les évincer du bureau de la première association sportive de la ville, alors qu’ils y ont été réélus le 19 décembre 2025.

    Dès ce jour-là, alors que Romain Djefaflia quitte ses fonctions de président et présente Sofiane Boualem pour lui succéder lors de l’assemblée générale, le versement d’un acompte de subvention de 67 500 euros, voté la veille en conseil municipal, aurait été conditionné à leur exclusion. Auprès de La Provence, Patrick de Carolis justifie cette suspension par une gestion du club entachée « de nombreuses irrégularités ». Sofiane Boualem affirme travailler à un « démenti officiel avec un commissaire aux comptes ».

    Une autre plainte pour corruption

    Christophe Fouiller, entrepreneur bien connu de la vie arlésienne qui possède notamment le Grand café Malarte, aurait subi lui aussi des pressions. En juillet 2025, le commerçant, qui fait partie du comité de direction de l’ACA et est l’un des financeurs de l’association, souhaite acheter les murs et l’immeuble de son principal établissement mais se heurte au droit de préemption de la mairie.

    Dans un enregistrement réalisé par Sofiane Boualem au Café de la Fontaine, à Maussane, le 27 décembre 2025 – retranscris par un cabinet d’huissiers eyguierien – Patrick Chauvin aurait confirmé la thèse des deux dirigeants : « Le maire (…) a dit : écoute, si Christophe prend la présidence du club, alors je serais prêt à discuter pour enlever la préemption. » « Oui, mais c’est vrai ça », aurait répondu l’ancien premier adjoint d’Hervé Schiavetti, désormais colistier de Patrick de Carolis.

    Christophe Fouiller a porté plainte le 10 mars dernier au tribunal de Tarascon contre le maire sortant pour des faits de corruption, pour avoir « proposé le retrait d’une décision de préemption sur l’immeuble, sis 14 boulevard des Lices, en contrepartie du départ de Romain Djefaflia et Sofiane Boualem du bureau de l’ACA ».

    La plainte, que nous avons pu consulter, pointe également des propos qui pourraient révéler un délit de détournement de fonds publics, puisqu’un passage d’un second enregistrement, daté du 30 janvier, évoque un dédommagement avec l’argent public de la Ville.

    Patrick de Carolis n’a pas donné suite à nos sollicitations. Auprès de nos confrères de La Provence, il nie tout lien avéré avec sa personne et dénonce « une grossière machination politique », annonçant lui-même porter plainte pour dénonciation calomnieuse.

  • Ces assos vauclusiennes qui rejettent l’extrême droite

    Ces assos vauclusiennes qui rejettent l’extrême droite

    Il faut arrêter de dire qu’on n’a jamais essayé alors qu’on voit que, localement, il y a plein de cas qui montrent que les municipalités d’extrême droite sont contre les associations », lance en ouverture d’une rencontre ce jeudi 12 mars avec des associations locales Thomas Renaux, représentant de VoxPublic. Cette structure basée à Paris accompagne les organisations qui le souhaitent dans leur démarche et vient de produire un bilan des gestions municipales des villes gérées par le Rassemblement national.

    Devant une trentaine de personnes sont évoquées les grandes lignes de ce rapport. Et comme La Marseillaise l’évoquait également dans notre dossier publié dans notre édition du 13 février, les associations sont les premières à pâtir d’une prise de pouvoir du parti de Jordan Bardella. « On constate des attaques très très fortes contre le tissu associatif et le secteur culturel. Et même des mairies qui arrêtent de mettre à disposition des locaux, ce qui a donc un très fort impact local », insiste Thomas Renaux. Dans le document, que nous avons pu consulter, VoxPublic pointe par exemple la suppression de la cantine et de la garderie gratuites au Pontet au début du mandat de Joris Hébrard. Ou encore le départ forcé de la compagnie Okkio de locaux mis à disposition par la mairie de Morières suite à une prise de position contre l’extrême droite. « Une note complète pour vraiment éclairer sur ce qu’est le Rassemblement national au niveau local », poursuit Thomas Renaux.

    Une gestion qui « a évolué depuis quelques années », pointe un responsable associatif. « Le Rassemblement national n’a pas la même politique que le Front national. C’est beaucoup plus insidieux », poursuit Nicolas*, membre d’une structure organisant des événements musicaux à travers la région. Il regrette que « cela nous engage à danser avec le diable, car c’est le diable qui mène la danse » et qu’il « faudra être très vigilant ». « On met des événements en suspens, car il est hors de question de travailler avec des collectivités de ce bord-là », poursuit-il, pointant notamment les listes déclarées à Carpentras.

    25 listes d’extrême droite

    Et il faut dire que le département de Vaucluse n’est pas en reste. Les villes du Pontet, de Morières-lès-Avignon et de Camaret-sur-Aigues sont sous pavillon RN. « Et on pourrait ajouter quelques villes de par leur proximité et leurs discours », glisse Philippe Jaffré, militant local. Il a comptabilisé 25 listes d’extrême droite en Vaucluse, contre 19 il y a 6 ans. « Et certaines intercommunalités risquent de glisser par la suite, ce qui serait catastrophique », ajoute Philippe Jaffré, citant le Grand Avignon, les Sorgues du Comtat ou la Cove.

    D’autres s’inquiètent également des sénatoriales à venir et de la présence de personnes proches ou passées par le parti d’extrême droite sur des listes qui ne sont pas étiquetées de ce bord-là. « On en voit plusieurs se mettre en position favorable pour être dans un conseil et être des grands électeurs pour le Sénat. C’est une vision développée par le RN. Ils ont ciblé 700 communes. Mais au-delà, ils placent des pions partout pour faire en sorte de faire basculer des agglos et autres », pointe, inquiet, Nicolas*. « La nouveauté, c’est qu’ils ont pu former des cadres. Et ceux-ci sont placés parfois en sous-marin », ajoute Philippe Jaffré.

    *Prénom modifié

  • [ Elections Municipales ] Les 15 bonnes raisons de voter ce dimanche 15 mars

    [ Elections Municipales ] Les 15 bonnes raisons de voter ce dimanche 15 mars

    15 bonnes raisons d’aller voter ce 15 mars pour le premier tour des élections municipales. De la défense des services publics à la gestion du bâti scolaire en passant par une politique de soutien aux structures associatives et sportives… Les maires ont un impact direct sur le quotidien des administrés avec bien des leviers à leur disposition. Tour d’horizon des enjeux pour ce scrutin qui concerne le premier échelon de la démocratie.

    1.

    Au cœur de la campagne des municipales à Marseille il y a six ans après les effondrements de la rue d’Aubagne, le logement se trouve au croisement de l’action municipale et métropolitaine. De la planification des constructions à la lutte contre le mal logement grâce aux permis de louer instruits par la Métropole ou les arrêtés de mise en sécurité et travaux d’office conduits par les communes, en passant par la signature des permis de construire, la régulation des locations saisonnières ou la conduite de la rénovation urbaine, l’action publique prend de nouvelles formes. Après la mise en place de véritables services municipaux dédiés, la tâche reste immense face à la crise du secteur pour assurer le droit au logement, et à vivre dans un logement digne grâce à la mise en place d’un gendarme municipal du logement proposée à gauche. Y compris pour le parc public, où la différence de traitement entre le bailleur municipal Marseille Habitat et métropolitain Provence Métropole Logement démontre l’importance du choix dans les urnes.

    2.

    Six ans après la pandémie de Covid, la santé occupe une place de plus en plus importante au cœur des politiques municipales. Conséquence, aussi, des reculs de la Sécurité sociale et de la désertification médicale. Ainsi le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux s’est battu pendant des années pour redonner des moyens au centre hospitalier qu’il préside. De nombreuses mairies doivent se battre pour attirer les médecins. La liste de gauche Demain Sisteron propose d’avoir des médecins salariés sans dépassements d’honoraires par exemple. Et de nombreux programmes défendent l’installation de centres de santé. Et s’ajoutent encore les nécessaires politiques de prévention.

    3.

    Pour renforcer le pouvoir d’achat de leurs administrés, les communes disposent de plusieurs leviers directs. Elles peuvent agir sur les tarifs du quotidien en gelant ou en modulant les prix des cantines, des crèches, des activités périscolaires ou des équipements sportifs et culturels. À Avignon, la remunicipalisation de la restauration scolaire orchestrée par la maire sortante (PS), Cécile Helle, a permis une baisse des tarifs : plus de 50% des élèves paient moins d’un euro. Les villes peuvent aussi distribuer des aides en nature, comme des kits de rentrée scolaire lancés en 2023 à Marseille par le Printemps marseillais. La maîtrise du foncier ou la production de logements sociaux permet également de limiter la hausse des loyers. La gestion en régie de services comme l’eau ou l’énergie peut garantir des tarifs stables et protéger les ménages des hausses. Enfin, les mutuelles municipales, proposant des tarifs plus attractifs, sont une autre manière de redonner du pouvoir d’achat.

    4.

    Loin de la dépolitisation affichée dans ce scrutin de proximité, les municipales permettent d’exprimer des visions différentes du service public. Au moment où ferment centres des impôts, bureaux de poste, caisses d’assurance-maladie, des collectivités se sont engagées pour défendre leur maintien comme à Martigues, ou pour assurer l’accès aux droits comme à Marseille avec la mise en place d’un territoire zéro non-recours aux droits. Le service public se décline dans les structures sportives et culturelles, les écoles, les crèches, la sécurité, mais aussi à travers l’accès à l’administration municipale, que ce soit par la dématérialisation des démarches ou surtout l’ouverture de bureaux de proximité. Se pose, enfin, la question d’agents en nombre suffisants et suffisamment formés et rémunérés, sans contrat précaire, pour assurer ce service public.

    5.

    La gestion du bâti des écoles publiques primaires et maternelles relève directement des mairies puisque propriétaires des bâtiments. Elles ont en charge les travaux, la restauration scolaire et sont organisatrices des activités périscolaires… D’où l’importance de la présence de mesures pour la rénovation dans les programmes. Le plan « Marseille en grand » et son pan de rénovation des écoles conduit par le Printemps Marseillais symbolisent la volonté d’action sur le sujet. Même principe pour l’adaptation des bâtiments au changement climatique avec des propositions comme la végétalisation des espaces que l’on retrouve dans le programme de Magali Brunel pour la liste d’union de la gauche à Toulon. Cette dernière propose aussi une « carte scolaire inter-quartiers ». Bien loin de l’uniforme obligatoire proposé par la liste de l’extrême droite à Marseille. Même principe pour la restauration scolaire où certaines listes rivalisent d’idées pour améliorer la qualité des repas des minots : municipalisation du service pour les insoumis marseillais, « cap sur le 100 % bio et local » pour Marc Pena à Aix…

    6.

    Avec près de 900 000 visiteurs dans les musées marseillais en 2025, un record, le pari de l’adjoint à la culture Jean-Marc Coppola (PCF) avec la gratuité des musées est réussi. Preuve que l’action municipale a une incidence directe sur l’offre culturelle locale, outre le soutien via des subventions et autres accompagnements aux acteurs du milieu. Quand le cinéma de Sisteron ferme, la liste d’union de la gauche propose qu’il passe « sous gestion d’intérêt public ». À Avignon, le candidat PS, David Fournier propose justement de « soutenir la culture d’excellence accessible à tous avec la gratuité des musées, le théâtre hors les murs ». La liste insoumise à Marseille vise la création d’une « Maison municipale de la création »… De quoi favoriser, ou pas, l’accès à la culture.

    7.

    Premier échelon de la démocratie locale, les mairies sont, en théorie, les lieux où les citoyens sont les plus proches des décisions. Encore faut-il qu’elles proposent des dispositifs pour qu’ils se fassent entendre tout au long du mandat. De Magali Brunel à Toulon en passant par Marc Pena à Aix, la gauche table sur le duo « plus de concertation et d’association des citoyens aux décisions ». Le Printemps Marseillais peut se targuer de la mise en place des budgets participatifs mais aussi de « l’Assemblée Citoyenne du Futur » durant ce mandat. Quand l’insoumis Sébastien Delogu veut placer le curseur encore plus haut avec une mise en place de « comités populaires » dans moult strates de la politique municipale : comité populaire pour le budget, pour la commande publique…

    8.

    Pour améliorer la sécurité de leurs administrés, les communes disposent de leviers concrets, même si la police nationale reste compétente sur le judiciaire. La police municipale est revendiquée par la quasi-totalité des candidats dans des rôles et proportions différents. Sa présence, à pied, à vélo, à cheval, en voiture ou en bateau, comme c’est désormais le cas à Marseille, permet de prévenir les incivilités, d’apaiser l’espace public et de renforcer le sentiment de tranquillité. Les communes ont aussi la capacité de déployer des dispositifs de vidéoprotection, moins consensuels sur l’échiquier politique, certains à l’extrême droite y voyant faussement la solution miracle quand d’autres à l’inverse la rejettent totalement. À cela s’ajoutent les actions de prévention via les médiateurs de rue, les éducateurs, ou les conseils locaux de sécurité, au contact des habitants. Enfin, avec son pouvoir de police, le maire peut prendre des arrêtés encadrant l’alcoolisation sur la voie publique, les rodéos urbains ou les nuisances nocturnes.

    9.

    Les communes disposent de plusieurs leviers pour soutenir la vie associative, pilier de la cohésion locale malmenée par l’austérité budgétaire imposée par l’État. Le premier est financier : les municipalités attribuent des subventions de fonctionnement ou de projet, permettant aux structures culturelles, sportives ou sociales de déployer leurs activités. Derrière ce levier, le premier enjeu est leur indépendance. Les villes peuvent également mettre à leur disposition salles, gymnases, stades ou bureaux. Les communes apportent aussi une aide logistique dans l’organisation d’événements sur l’espace public. Certaines créent une Maison des associations pour accompagner les bénévoles, proposent des formations et centralisent les démarches. Le soutien se traduit enfin à travers des forums, des appels à projets ou des conventions d’objectifs.

    10.

    Les communes jouent un rôle central dans la politique sportive locale, avec des prérogatives qui en font les premiers acteurs du sport de proximité. Elles ont d’abord la responsabilité de construire, gérer et entretenir la majorité des équipements sportifs du quotidien : gymnases, stades, piscines, city-stades… À Marseille, l’état des piscines abandonné depuis des décennies constitue un frein à l’apprentissage de la natation. Les communes fixent aussi les conditions d’accès, les horaires et les tarifs, pouvant décider de la gratuité ou de tarifications sociales pour favoriser l’accès au sport. Elles soutiennent directement les clubs amateurs associatifs à travers leurs subventions, la mise à disposition de locaux et de matériel. Elles pilotent des activités périscolaires et l’accueil des scolaires dans leurs équipements municipaux.

    11.

    Compétence métropolitaine, les transports en commun du quotidien occupent une place nécessaire dans les programmes. D’autant plus dans les métropoles de la région qui ont un train de retard dans le développement des modes lourds, que ce soit à Toulon ou Marseille, tandis que les retards et la saturation des bus font partie du quotidien dans les quartiers populaires. Ainsi à Toulon la candidate de la gauche Magali Brunel (PS) met sur la table le retour du tramway dans le Port du Levant, d’Ollioules à La Garde. À Marseille, chaque liste y va aussi de ses propositions de tracé au nord, à l’est comme au sud, tant sont nombreux les quartiers qui restent enclavés. Les propositions pour étendre la gratuité d’usage des transports en commun montent également, à Toulon comme à Marseille où droite comme gauche proposent de l’étendre aux moins de 26 ans. Enfin, la question de la voirie reste présente dans le débat public, pour proposer plus de pistes cyclables ou encore trancher sur l’avenir du Boulevard urbain sud à Marseille.

    12.

    Sujet particulièrement sensible à Marseille, la gestion de la propreté, et donc des services de collecte des déchets, est au cœur des débats. Compétence également métropolitaine puisque gérée par la Métropole Aix-Marseille-Provence dans les Bouches-du-Rhône, plusieurs listes dans différentes communes réclament de « récupérer la compétence du ramassage des ordures et des encombrants » comme la maire sortante et candidate à sa succession sur Aix, Sophie Joissains (UDI). Même principe à Martigues où Gaby Charroux a plusieurs fois critiqué la collecte métropolitaine. À Marseille, Benoît Payan table sur un retour en force des cantonniers, tout en laissant la compétence à la Métropole mais en récupérant sa gouvernance… De quoi poser en grand la question de l’enjeu métropolitain liée à ces élections municipales.

    13.

    Les municipalités disposent de leviers décisifs pour agir sur l’environnement : elles maîtrisent l’urbanisme via le PLU, choisissent où l’on construit, combien d’espaces verts sont protégés et comment la ville s’adapte au climat. Elles gèrent la végétalisation, les parcs, les arbres urbains, la lutte contre les îlots de chaleur ou la perméabilisation des sols. Elles agissent aussi sur la mobilité – stationnement, cheminements piétons, réseaux cyclables – et sur la performance énergétique de leurs bâtiments publics. À Marseille, la bataille que se livrent la municipalité de Marseille et la Métropole autour de la poursuite du boulevard urbain sud, est une illustration des clivages droite – gauche. À Avignon, la Ville a déployé un Plan Climat local, une « Charte de l’Arbre » et des opérations de végétalisation participative pour renforcer la biodiversité et impliquer les habitants. Partout, les mairies sont ainsi en première ligne pour adapter les territoires au changement climatique, protéger les ressources et améliorer durablement la qualité de vie.

    14.

    Si l’emploi n’est pas une compétence directe d’une commune, elle dispose de leviers pour agir. D’une part, les maires peuvent soutenir directement, ou pas, les installations d’entreprises sur son territoire ou l’arrivée d’infrastructures nécessaires pour leur développement. C’est tout le débat qui se joue sur la réindustrialisation de l’Étang de Berre dans les Bouches-du-Rhône. D’autre part, les communes peuvent très concrètement jouer sur l’écosystème économique avec des aides aux commerces de proximité, dialogue ou partenariat avec les chambres consulaires ou encore les investissements…

    15.

    Dès le début de sa campagne, le Printemps marseillais avait alerté sur la menace. Le sud-est de la France est en effet en première ligne face aux ambitions de l’extrême droite. À Toulon, malgré la gestion calamiteuse du FN au pouvoir après 1995, la députée Laure Lavelette menace très sérieusement une droite divisée et affaiblie après la peine d’inéligibilité de l’ex-maire Hubert Falco.

    À Marseille, Franck Allisio est donné au coude-à-coude dans les sondages avec le maire (DVG) sortant Benoît Payan, avec un RN qui risque d’être nourri par les reports de voix d’une droite qui dégringole à chaque enquête d’opinion entre affaires et sortie de route fâcheuse.

    Dans les villes moyennes, l’extrême droite nourrit des ambitions autour de l’étang de Berre, pour conserver ses municipalités à Rognac ou Marignane voire s’imposer à Martigues, dans le nord ouest des Bouches-du-Rhône, de Tarascon à Sénas, ainsi que sur le littoral varois où Cogolin et Fréjus sont déjà dans ses mains. Restent aussi les petites communes de Vaucluse, dont cinq sont déjà à l’extrême droite, sans compter Orange et l’inénarrable dynastie des Bompard. Derrière ces conquêtes, des modes de gestion souvent autoritaires qui nourrissent les affaires judiciaires, et des choix qui poussent à diviser la population. Le président du RN Jordan Bardella n’a pas donné d’objectif chiffré de conquêtes, mais il a déjà annoncé qu’elles serviraient de marchepied pour la présidentielle de 2027. Alors derrière ce vote des municipales, c’est un choix de civilisation pour le pays entier qui se dessine.

    Garantir le droit au logement
    Défendre une santé de proximité
    Agir sur le pouvoir d’achat
    Se battre pour les services publics
    Bien gérer les écoles publiques
    Garantir l’accès à la culture
    Favoriser la démocratie locale
    Tranquilliser l’espace public
    Soutenir le monde associatif
    Avoir du sport pour tous
    Développer les transports
    Vivre dans une ville propre
    Protéger l’environnement
    Défendre l’emploi
    Repousser la vague brune
  • À Aix, quatre candidats répondent aux associations

    À Aix, quatre candidats répondent aux associations

    Elles sont une vingtaine d’associations humanistes à avoir sondé les candidats sur la place de la solidarité dans leur programme. Après s’être mobilisées place de l’Hôtel de Ville, il y a deux semaines, puis avoir envoyé un questionnaire détaillé aux têtes de chacune des listes, quatre candidats, ont finalement été reçus par les associations. Philippe Klein (Hor.), Marc Pena (PS), Julie Boronad (LFI) et Mounir Ben Ammar (Rev.) se sont expliqués sur leurs projets et propositions sur le thème de la « solidarité ».

    « Globalement, on a été frappé par le sérieux de toutes les propositions, il y a un écart minimal entre les différents candidats. On se pose évidemment la question de comment ces choses vont être faites, passer dans la pratique : un budget est un budget », rapport Ian Noble, pour le Collectif Agir. Actuellement, « il n’y a pas de volonté politique d’aller dans le même sens que les associations humanitaires et de défense des droits. Ce n’est pas dit en tout cas, ce n’est pas une politique affichée », estime Laure Magrove, pour l’association Aix Solidarité. « La réalité est qu’il y a des militants de la solidarité engagés dans l’action associative dans les trois listes de gauche, rapporte Guy Laudren, pour La Cimade. C’est une chose souhaitable d’avoir une passerelle l’action de la politique publique et l’action associative humanitaire et pour la défense des droits. Je pense que notre action a été entendue. » Les associations interrogées et rencontrées s’accordent sur un enjeu : celui de recréer une Maison des Associations, supprimée il y a une dizaine d’années. Parmi les réponses écrites de trois candidats, celle de Marc Pena, Mounir Ben Ammar et Julie Boronad, que nous avons pu consulter, chacun des candidats s’engage pour son retour. Entre autres nombreuses mesures listées chez chacun des candidats.

  • À Avignon, des associations toujours inquiètes

    À Avignon, des associations toujours inquiètes

    Avignon, ville où s’est tenu le procès des « viols de Mazan », est-elle irréprochable en matière de droits des femmes ? Des projets, il y en a eu. Comme l’annonce qui avait fait grand bruit fin 2022 de la création de cinq logements pour les femmes victimes de violence. Mais celui-ci est tombé à l’eau par la suite. L’association Rhéso, qui devait gérer le projet, avait été placée en redressement judiciaire et les logements ont finalement servi à une autre structure. En dehors de ça, les projets n’ont pas réellement fleuri, tout en sachant que le tissu associatif est bien fourni localement en la matière. Tissu dont on peut imaginer qu’il s’est étoffé suite au procès ultra médiatisé où Gisèle Pelicot est devenue une figure de la libération de la parole. Mais ce n’est pas vraiment le cas d’après les associations qui constituent le collectif Droit des femmes 84. « On n’a pas vu de gros changements. Cela fait même plusieurs mois que l’on entend que le maintien des subventions va être difficile », glisse Karine Malaval, militante du mouvement Le Nid.

    Bouton d’alerte et lutte contre

    les discriminations

    « Depuis 2014, la cause des femmes est une priorité pour la majorité municipale : la toute première mesure prise par Cécile Helle a été, dès son arrivée, de nommer une conseillère municipale, déléguée aux droits des femmes et à la lutte contre les discriminations » pose la municipalité en place, une nomination « qui permet une action continue en direction du public féminin. »

    Dans les programmes des candidats à la mairie, le sujet est abordé à différents degrés. L’insoumise Mathilde Louvain dédie tout un pan à « combattre le patriarcat sous toutes ses formes ». Du côté de David Fournier (PS), on évoque le renforcement de structures d’aide et une lutte « contre toutes les formes de discrimination », sans réellement évoquer la question des femmes en tant que telle. Olivier Galzi (DVD) soumet l’idée d’une application avec un « bouton d’alerte » pour les personnes âgées et les femmes, sans plus. Pas de mention particulière dans celui de Stephan Fiori (DVD). Toutefois, l’association les Resi-liantes, membre du collectif Droit des femmes 84, assure que le dernier nommé s’est rapproché d’elle pour s’informer sur la question. Tout comme Mathilde Louvain. Cette même association a d’ailleurs fait circuler un questionnaire sur la question, auquel ont répondu Stephan Fiori, Mathilde Louvain et David Fournier. « Et les réponses nous conviennent. Mais on verra si ce sera le cas après les élections », glisse Sabah Boutahar, membre de l’association.

  • Les femmes d’une seule voix pour leurs droits le 8 mars à Avignon

    Les femmes d’une seule voix pour leurs droits le 8 mars à Avignon

    « On va parler d’une seule voix féministe et antiraciste. C’est ça le plus important », glisse, en ouverture d’une conférence de présentation de la manifestation du dimanche 8 mars à Avignon, Karine Malabal, militante du mouvement Le Nid et membre du Collectif Droits des Femmes 84. Une manifestation qui partira à 15h symboliquement du tribunal d’Avignon, théâtre du procès Pelicot, en direction de la place de l’Horloge.

    Un mouvement de convergence des luttes qui se cristallise dans un slogan fort, choisi par la multitude d’associations vauclusiennes constituant le collectif : « Nos corps ne sont pas un champ de bataille. » Une référence, d’une part, aux violences sexuelles. « Quand on regarde les chiffres de 2025, il y a eu 132 000 victimes de violences sexuelles, dont 76 000 mineurs. Le corps est vu par les hommes comme un champ de bataille, dans le sens où c’est quelque chose qu’ils veulent s’approprier », précise Nellie Bertrand, militante au collectif Nous Toutes, à la chorale Chant des Déferlantes et au pôle LGBT d’Avignon.

    Mais ce slogan renvoie aussi aux violences faites au corps à travers les conditions de travail. D’où un appel à la grève générale des femmes ce jour-là. « Nous sommes en première ligne quand on voit, par exemple, les infirmières à domicile, avec des travails difficiles, des horaires hachés et des déplacements très mal payés », insiste Karine Malabal.

    L’événement se veut également festif. Une batucada animera le cortège, avec un arrêt musical sur la place Pie. Et pour celles et ceux que le bruit pourrait gêner, un cortège calme est également prévu à l’écart.

    Peu d’évolution

    Ce que constatent les représentantes associatives, c’est également le manque d’évolution malgré le retentissement énorme du procès des viols de Mazan. « On attendait de grands changements sociétaux, mais ils ne sont jamais arrivés », regrette Malika Bakhti de la LDH. « Il n’y a pas eu de gros changements », confirme Karine Malabal, qui constate même « une baisse des subventions ».

    Les luttes convergent avec d’autres combats. « On a toutes et tous des valeurs communes. On ne s’estimait pas légitimes dans la lutte féministe, mais on s’est rendu compte que l’on doit être tous ensemble, car on subit tous des agressions. Si on est autocentrés, on ne peut pas s’en sortir », confie Sabah Boutahar, membre de l’association Résilientes. De son côté, Nellie Bertrand rappelle les deux tags de groupuscules d’extrême droite inscrits sur les locaux du Pôle LGBT de la Cité des Papes ces derniers mois. « Depuis six ans, les réflexions aux relents racistes vont crescendo », témoigne Zem-Zem, bénévole pour Ubuntu Sorores.

  • Josef Schovanec anime une formation autour de l’autisme à Aubagne

    Josef Schovanec anime une formation autour de l’autisme à Aubagne

    « L’étrangeté est une manière différente d’être, non une pathologie qui se guérit avec des comprimés », écrit Josef Schovanec. Cet autiste de haut niveau (on n’emploie plus le terme Asperger) est docteur en philosophie et sciences sociales, écrivain, voyageur. Josef Schovanec est une figure emblématique dans le champ de l’autisme en France.

    À l’initiative de l’association aubagnaise À travers les yeux de Lucas (Atyl), en partenariat avec Exister (Peypin) et TSA2I (Roquevaire), Josef Schovanec interviendra à la salle du Bras d’Or dans le cadre d’une formation*.

    Retours d’expérience

    Cette formation portera sur « la compréhension des mécanismes sensoriels chez les personnes autistes, les stratégies d’accompagnement adaptées aux troubles alimentaires », et proposera des conseils pratiques ainsi que des témoignages. Laure Del Pino, présidente de l’association Atyl, a suivi cette formation qui lui a beaucoup apporté, dit-elle, pour « mieux comprendre » son fils autiste et s’adapter.

    * Inscriptions au 06.13.91.08.86 ou par mail :assoatyl@gmail.com

  • À Aix, le front associatif veut peser dans le débat municipal

    À Aix, le front associatif veut peser dans le débat municipal

    Entre les stands du marché aux fleurs et les militants en pleine distribution de tracts politique, une vingtaine d’associations enfilent leurs dossards. La Cimade, le Secours populaire français, ATD Quart-Monde, la Ligue des droits de l’Homme… Elles sont vingt, engagées dans l’humanitaire et la défense des droits humains, à se mobiliser ce samedi pour demander aux candidats d’intégrer des mesures de solidarité à leur programme et les interpeller sur la place accordée à ce sujet dans leur campagne.

    L’action double un courrier déjà envoyé aux cinq candidats en lice pour les municipales des 15 et 22 mars à Aix-en-Provence. « On les invite à nous faire part de la place de la solidarité dans leur programme de façon concrète, sur un certain nombre de questions que l’on envisage de leur poser, par écrit, mais aussi au travers d’un débat qu’on les invite à organiser », précise Guy Laudren, en charge de l’antenne locale de la Cimade. Deux candidats auraient déjà répondu « favorablement » selon les associations : Mounir Ben Ammar (Rev) et Marc Pena (Aix Avenir). L’initiative part d’un constat : « Rapidement, sur des valeurs communes, on a trouvé une quinzaine de revendications partagées, basées sur ce que l’on considère comme insuffisant de la part de la municipalité en place. Que ce soit la question du logement, du travail collaboratif avec les associations, on a de grosses difficultés avec la dématérialisation et la municipalité à un rôle à tenir. Les associations de protection des femmes ont aussi besoin d’être aidées… », énumère Guy Laudren.

    « Beaucoup à faire »

    L’initiative est assez nouvelle pour ces associations mobilisées. « Je n’ai pas le souvenir qu’on se soit organisé comme cela pour les précédentes municipales, mais il se trouve qu’on travaille ensemble et qu’on a eu envie de faire quelque chose en commun », souligne Martine Herbomez pour ATD Quart-Monde. Pour cette militante, la priorité, pour le prochain mandat, est celle du logement : « Sur cette question, on ne fait pas suffisamment à Aix, alors qu’on a probablement les moyens (…) C’est un choix que font les municipalités, qui sont obligées de réaliser 20% de logement social, mais préfèrent, pour beaucoup, payer une amende. » Pour la militante d’ADT Quart Monde, « il y a beaucoup à faire sur la précarité ». Chaque association a sa requête. « Nous avons deux propositions : recréer la Maison des associations, et un rendez-vous annuel pour faire le point sur ces questions – là », propose Dominique Bruandet, pour le Collectif Agir.

    « On existe, on est là, nos besoins sont multiples. Une aide financière et matérielle est nécessaire pour exercer pleinement notre activité », insiste Didier Blachère, pour le Secours Populaire Aixois.

    « Si on considère qu’Aix-en-Provence est une ville riche et qui se gentrifie, la réalité est qu’il y a une grande précarité avec une population étudiante qui souffre », dépeint Chantal Soubias, bénévole dans la même association. À suivre, donc…

  • Les Oursinades s’ancrent au bord de l’étang de l’Olivier ce week-end

    Les Oursinades s’ancrent au bord de l’étang de l’Olivier ce week-end

    C’est une institution qui fait son retour sur les rives de l’étang de l’Olivier. Ces samedi 28 février et dimanche 1er mars, les oursinades reviennent de 11h à 17h, toujours à hauteur du mini-port au bout de l’esplanade Charles-de-Gaulle, avec une capacité de 700 places assises, le long de grandes tablées conviviales.

    « C’est un rendez-vous attendu et populaire, toute la population istréenne vient, et puis ça marque l’arrivée du printemps, c’est synonyme du retour des beaux jours dans l’esprit des gens », affirme Jérémy Sierra, conseiller municipal en charge des événements de la Ville d’Istres. Chaque jour, environ 1 500 personnes viennent « se retrouver, discuter en plein air et partager de bons mets ».

    Sur place, les visiteurs trouveront une dizaine de stands de restauration avec oursins, plateaux de coquillages, marmite du pêcheur, moules frites, burgers de la mer ou à la viande, gambas à la plancha et autres calamars, ainsi que les panisses de l’Estaque ou encore les sardines en beignets. « Quatre associations seront également présentes : le Gipreb, l’Esperen, l’Amicale des plaisanciers de l’étang de Berre et l’Association des plaisanciers du Port des Heures Claires », détaille Jérémy Sierra.

    Des animations musicales sont également prévues avec Patrick David et Vanessa Smiled, qui chanteront de la variété française et internationale samedi, et Stud, dans le même style, dimanche. Les rameurs de l’Olivier feront des démonstrations et proposeront des ateliers découverte tous les matins.

  • [Tribune] Les centres sociaux : un rempart contre les idées d’extrême droite

    [Tribune] Les centres sociaux : un rempart contre les idées d’extrême droite

    En tant qu’acteurs de l’éducation populaire, les centres sociaux ne sont pas et ne peuvent pas rester neutres face aux idées d’extrême droite. Si notre rôle n’est pas de défendre, de nous opposer à tel ou tel parti politique ou aux personnes qui les incarnent, nous nous devons d’affirmer notre opposition aux idées et au courant d’extrême droite et d’alerter sur les conséquences réelles pour les centres sociaux et leurs publics.

    Pour les habitant·es

    L’extrême droite, par ses propositions, aggraverait l’exclusion des plus vulnérables et accroîtrait les inégalités dans les territoires déjà fragilisés.

    Son approche sociale vise à briser les systèmes de solidarité et à rompre le principe d’égalité des droits, en excluant davantage celles et ceux déjà discriminé·es en raison de leur origine, de leur religion, de leur genre ou de leur orientation sexuelle.

    En outre, sa politique économique profiterait avant tout aux plus riches, tandis que sa gestion des questions environnementales exacerberait les effets du dérèglement climatique, dont les plus précaires sont les premières victimes.

    Pour les centres sociaux,

    Plusieurs exemples, tant en France qu’en Europe, montrent que l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir conduit à une remise en question du rôle des associations et en particulier des centres sociaux.

    Outre le dénigrement public de leurs actions et projets, ces structures ont fréquemment fait face à une réduction drastique, voire une suppression totale, de leurs subventions.

    Dans un tel contexte, les centres sociaux pourraient se voir contraints de supprimer ou de modifier certaines de leurs actions. Et de plus pouvoir offrir un accueil inconditionnel, en raison de la « préférence nationale » imposée par l’extrême droite.

    Notre projet de société : justice sociale, solidarité, dignité humaine, démocratie

    Face à la menace, le réseau des Bouches-du-Rhône que nous représentons, réaffirme que les centres sociaux sont des lieux où peut se construire un avenir désirable, fondé sur l’émancipation, la coopération et la justice sociale ; les solidarités et engagements des habitant·es déjà à l’œuvre en sont la preuve concrète.

    Les centres sociaux permettent de proposer d’autres récits, d’autres imaginaires que ceux de la peur, du repli sur soi, de l’autorité et de la haine.

    Choisir la solidarité plutôt que le repli sur soi !

    Par l’Union des centres sociaux, associations de développement local des Bouches-du-Rhône