Tag: Associations

  • Le RN les jette en pâture, la LDH et la Libre pensée répliquent

    Le RN les jette en pâture, la LDH et la Libre pensée répliquent

    La polémique n’en finit plus. Lors du 15 août, jour férié consacré à l’Assomption, les maires RN d’Orange et Bédarrides se sont livrés à des messages trop prosélytes aux yeux de la Ligue des droits de l’homme et de la Libre pensée (notre édition du 27 août). Les deux associations ont alors saisi le préfet, intimant au respect de la loi de 1905 sur la laïcité. Préfecture qui, contactée, « ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet ». Un sujet dans lequel l’extrême droite s’est engouffrée où, plutôt que de s’interroger sur le respect de loi, a préféré jeter en pâture les associations avec un tombereau « de réactions outrancières dans des termes parfois inacceptables », déplore la LDH.

    Ainsi, pêle-mêle, les associations seraient « de gauche et christianophobes » pour Guillaume Taddio, maire de Bédarrides, son confrère RN de Monteux, Patrice de Camaret, intime carrément la Libre pensée à « retournez chez vous et fuyez notre Provence », revendiquant de « chanter les Noël du Père Saboly, le “minuit chrétien“ ». Pour le RN vauclusien, « la Libre pensée est un groupuscule d’extrême gauche, compagnon de route de la France insoumise ».

    L’histoire œcuménique

    de la Provence

    Dans deux étoffés communiqués distincts, la LDH et la Libre pensée se livrent à une mise au point. « La LDH n’est ni antireligieuse, ni “christianophobe“, répond-elle. Un maire peut adresser des vœux aux communautés religieuses, à condition de respecter la neutralité entre les cultes et de leur accorder une égale considération. Ce qui pose question, c’est de faire d’un héritage religieux particulier le marqueur de l’identité d’une commune. » Et de faire remarquer à l’édile de Monteux que l’histoire de la Provence « ne se résume pas à la tradition chrétienne ». C’est « aussi celle des communautés juives du Comtat Venaissin, de l’histoire protestante dans plusieurs territoires provençaux et des liens anciens avec le monde musulman, dès le Moyen Âge », expose la LDH en concluant que « la Provence appartient à tous : son histoire est plurielle, ses traditions sont diverses et nul ne peut en revendiquer l’exclusivité ».

    Tonalité plus vive à la Libre pensée, dénonçant des « propos pitoyables » du RN qui avait tancé son « indignation à géométrie variable » car l’association n’avait rien dit quand la Ville de Cavaillon avait prêté un terrain à une association musulmane. « Loi et jurisprudence sur la mise à disposition de salles et terrains municipaux aux associations religieuses ou autres, aux partis et syndicats », répond la Libre pensée qui, comme la LDH, met en avant l’histoire œcuménique du pays et s’alarme d’une « inquiétante prétention à juger qui fait partie de l’histoire de France, à ne voir l’histoire qu’aux prismes étroits de ses convictions religieuses et politiques ».

  • Olivier Galzi juge efficace l’arrêté polémique… attaqué en justice

    Olivier Galzi juge efficace l’arrêté polémique… attaqué en justice

    Situation financière locale, où 6 millions d’euros sont à trouver pour équilibrer le budget supplémentaire, rentrée scolaire ou actualité politique nationale , Olivier Galzi a reçu la presse ce vendredi matin pour évoquer plusieurs dossiers. Dont celui qui a égayé le mois d’août à Avignon, la mise en place de l’arrêté réglementant l’occupation de l’espace public. Une décision qualifiée d’anti mendicité ou d’anti pauvres par ses détracteurs, aussi bien l’opposition de gauche que des associations comme la Ligue des droits de l’homme ou la fédération des acteurs de la solidarité (FAS).

    Hasard du calendrier, au moment même où le maire (DVD) défendait son arrêté, un recours était enregistré à 10h au greffe du tribunal administratif de Nîmes. Comme pressenti (notre édition du 19 août), la fédération des acteurs sociaux Paca a saisi la justice avec un double recours : l’un dit référé suspension, une procédure dite d’urgence qui doit être traitée sous un mois, et l’autre sur le fond qui risque d’être vite caduc vu qu’il sera étudié sous plusieurs mois, bien après la fin de l’arrêté qui court jusqu’au 31 octobre. « C’est en soi un motif rapide d’étude, l’urgence se justifie », estime Philippe Ramon, avocat de la FAS Paca. Le second recours, similaire, a été déposé par la Ligue des droits de l’homme, première à s’être indignée notant que « la pauvreté n’est pas un trouble à l’ordre public ».

    Philippe Ramon estime avoir « beaucoup d’arguments » pour faire tomber l’arrêté, comme la FAS l’a fait à Nevers (Nièvre). « L’étendue géographie et temporaire sont importantes », estime l’avocat. Il relève que la notion de « périodes de forte affluence » mentionnée dans l’arrêté est trop vague. Idem, le texte ne met « aucune exception prévue pour les activités d’associations qui aident ces gens-là et ne pourraient plus aller à leur rencontre ». « Cela va être un débat intéressant », prédit Philippe Ramon qui attend aussi de la Ville la production précise des troubles qui ont motivé l’arrêté.

    En attendant, Olivier Galzi défend bec et ongles sa décision. 74 amendes ont été dressées. « On est moins ennuyé quand on remonte la rue de la République, qui ne peut plus être un squat à ciel ouvert », assure le maire sans dire que l’ensemble des marginaux ont disparu. Selon lui, citant une étude du SIAO (service qui gère la précarité), la grande majorité des personnes visées par cet arrêté ne sont pas des grands précaires.

    Pas d’amalgame entre pauvreté et délinquance

    Sur 257 bénéficiaires des aides de grande précarité, 48 vivent à la rue. Donc pour Olivier Galzi, les marginaux visés par l’arrêté ne sont pas les plus vulnérables. « Ils sont dans une forme de précarité, d’addiction, de problème psychiatrique, mais ce ne sont pas les grands précaires, se défend-il face au procès anti pauvres. On a décidé avec le préfet de rétablir un ciblage qui correspond à la population que l’on souhaite aider et mieux orienter les grands précaires. » Cet arrêté « n’attaque pas la pauvreté mais des comportements, quel mépris pour ceux qui sont fragilisés, que de considérer que parce qu’on est dans une situation économique difficile, on va avoir ce genre de comportement », raille Olivier Galzi. À voir sous peu l’appréciation qu’en aura la justice.

  • Des publications religieuses de maires RN font polémique

    Des publications religieuses de maires RN font polémique

    Lors des jours fériés, bon nombre de responsables d’exécutifs s’en font l’écho sur les réseaux sociaux. Même lorsque ces jours sont liés à des fêtes religieuses. Le 15 août, jour de l’Assomption, plusieurs maires vauclusiens en ont fait mention. Comme le maire RN de Morières, Grégoire Souque, voire celui (DVG) de Bollène, Anthony Zilio. Mais de manière assez neutre, adressant une sorte de pensée républicaine aux catholiques.

    En revanche, les maires RN d’Orange et de Bédarrides ont développé un message plus prosélyte aux yeux de la Ligue des droits de l’Homme et de la Libre pensée. Les deux associations ont adressé un courrier au préfet *. La Libre pensée demande à Thierry Suquet de bien « vouloir rappeler » à Jean-Dominique Artaud (Orange) et Guillaume Taddio (Bédarrides) « leur obligation de respecter la loi de 1905 et, en conséquence, de retirer le message qu’ils ont publié ». « La République ne reconnaissant aucun culte, elle n’en privilégie donc aucun de quelque manière que ce soit », rappelle La libre pensée.

    Le maire d’Orange parle ainsi d’un « héritage chrétien qui a profondément façonné la France » évoquant « nos processions, nos églises, nos fêtes et nos traditions », quand le maire de Bédarrides souligne une « une fête qui occupe une place particulière dans notre patrimoine et nos traditions ». « Ces formulations peuvent donner le sentiment que ces deux maires associent l’identité de la commune à une référence religieuse particulière », juge la LDH rappelant qu’une « collectivité territoriale s’adresse à l’ensemble de ses administrés, quelles que soient leurs convictions religieuses ou philosophiques : sa communication doit respecter les exigences de neutralité qui s’attachent à l’action publique ».

    Une « polémique » qui « emmerde » Guillaume Taddio. Sur Ici Vaucluse, le maire s’érige contre « une conception de la laïcité qui consiste à effacer notre histoire et notre tradition ». Et de remettre en cause la neutralité de la LDH se demandant si elle agirait de la sorte s’il « faisait le même genre de post avec l’Aïd », accusant la LDH d’être « de gauche et christianophobe » et finissant par dire qu’il ne publiera rien sur les fêtes juives ou musulmanes car pas liées à l’histoire de France. La LDH réclame « une égale considération des religions ».

    * Sollicitée, « la préfecture
    ne souhaite pas s’exprimer
    sur ce sujet
     ».

  • Mama Stock : 9 ans de fête et de militantisme culturel

    Mama Stock : 9 ans de fête et de militantisme culturel

    « Né dans les jardins et autour d’une équipe de copains » comme le rappelle Patrick Simonetti, bénévole historique et aujourd’hui responsable bénévole, en 9 ans Mama Stock a grandi sans perdre son ADN.

    Pour Julien Fortier, codirecteur de projet, cette neuvième édition reflète toujours cette volonté de culture pour tous. La programmation mêlera ainsi rap, rock, musiques berbères, Balkans, dub et sound system. Sophie les Bas Bleus, Dizzy Sounds, Anzul Project, ShazaLaKazoo, La Cercleuse, Melan et Soom T se succéderont sur la scène principale. La scène dub, elle, réunira les collectifs Assoya, South Attack et Salvatge Sound.

    Mama Stock ne se limite pas aux concerts : marché artisanal, espace Kidz, live painting, expositions, friperie solidaire à prix libre investiront le site. C’est aussi un grand village associatif. Avec cette édition qui soutient particulièrement l’antenne Hérault de SOS Méditerranée France pour sensibiliser le public au sauvetage en mer. « C’est une manière de rappeler que la fête peut être consciente. » Autre nouveauté cette année : le 28 août à 14h15, une projection de Tous au Larzac sera proposée en partenariat avec le What a Trip! Festival.

    Une aventure portée par les bénévoles

    Cette diversité repose sur une forte mobilisation bénévole. Environ 138 personnes sont engagées cette année, dont 85 à 90% de nouveaux venus. « Nous avons une équipe de copains qui arrive à faire un truc géant », souligne Patrick Simonetti. Or le festival étant autofinancé à plus de 90 %, ce modèle devient toutefois plus difficile à maintenir. « L’ensemble des charges a augmenté avec le coût de la vie et c’est inenvisageable de tout répercuter sur les festivaliers », explique Julien Fortier. La gratuité impose donc de « bricoler » et de s’accrocher au sens du projet. « Maintenir le projet selon ses modalités actuelles s’avère être, année après année, un acte toujours plus militant ».

    Amélia Siapo

  • À Marseille, les douanes font don de lingettes

    À Marseille, les douanes font don de lingettes

    Un contrôle renforcé coordonné par la division portuaire des douanes de Marseille-Fos, mobilisant le Centre de ciblage maritime de Marseille (CCMM), et la brigade scanner mobile de Fos-sur-Mer et la brigade de surveillance extérieure (BSE) de Port-Saint-Louis-du-Rhône, avait permis le 3 mars dernier d’identifier à l’intérieur de deux conteneurs en provenance des Émirats arabes unis à destination de l’Italie, 26 tonnes de cigarettes, soit 136 450 cartouches, la plus importante saisie de tabac jamais réalisée par la direction des douanes de Marseille, cachées derrière plusieurs rangées de lingettes pour bébé. Après contrôle de leur conformité, la Croix-Rouge, le Secours Populaire et les Restos du Cœur vont se partager ce précieux chargement remis par
    le directeur des douanes de Marseille, Michael Lachaux, en présence de sept agents
    de la brigade à l’origine
    de l’affaire.

  • Rentrée offensive et festive avec Terres de résistance

    Rentrée offensive et festive avec Terres de résistance

    C’est la Fête de l’Huma locale. « À notre échelle, avec les moyens du bord et beaucoup d’humilité », précise Jeanine Incorvaia, présidente des Amis de la fête, qui organise Terres de résistance. Cette année, pour sa 24e édition, le festival aura lieu du 3 au 6 septembre au jardin du Prieuré. L’occasion de se rassembler pour une rentrée aussi festive qu’offensive, de « parler des combats en cours ».

    « Il n’y a pas que l’élection présidentielle, il y a aussi pas mal de sujets sur lesquels nous réfléchissons, en tant que communistes, d’autant plus à l’issue du congrès ce week-end et du congrès départemental avant les vacances, affirme Jeanine Incorvaia. Ce qui nous anime, c’est la cavalcade désordonnée et décomplexée du libéralisme mondial qui met les peuples et la planète à genoux. »

    Des débats et des concerts

    Samedi, rendez-vous au village des associations, avec une vingtaine de structures présentes. « Ce village des associations permet de montrer toutes les facettes qui peuvent s’inscrire dans la résistance », souligne Francis Fournier, l’un des organisateurs du festival. La section locale des Arméniens animera un débat, le Secours Populaire organisera des ateliers autour des congés payés tandis que la librairie l’Argonaute, les éditions Alifbata et Yann Madé parleront féminisme. Le lendemain, le grand reporter pour L’Humanité Pierre Barbancey animera un débat sur la situation au Moyen-Orient, avant le traditionnel meeting de la section locale communiste. Jeanine Incorvaia souligne : « Même si on est sérieux dans notre discours, on aime faire la fête ». Et pour ça, des concerts ponctueront les journées, entre Bazil, la fanfare Tahar Tag’l, Duo K’Alamité, un tribute Bob Marley avec Axetone ou encore Massilia Reggae Club.

  • Une demi rentrée pour Enzo, autiste non verbal

    Une demi rentrée pour Enzo, autiste non verbal

    « Cette année, Enzo va pouvoir aller à l’institut médico-éducatif (IME), mais une journée seulement ». C’est la maigre victoire qu’a obtenue Magali Orengo pour son fils de 16 ans, autiste sévère et non verbal, après deux ans d’attente et de bataille administrative.

    Enzo était pourtant scolarisé dans un IME depuis ses 6 ans lorsqu’ils habitaient à Arles. Mais, en 2023, sa mère doit déménager, à Peyrolles-en-Provence, pour se rapprocher de son père dont la santé se dégrade. « À partir de 2021, j’ai commencé à préparer le déménagement, à contacter des IME pour Enzo, explique la mère de famille. Il est sur les listes d’attente depuis 2022 ou 2023 suivant les instituts. »

    Ce n’est pourtant que cette année que son adolescent fera sa rentrée dans l’un de ces centres. Mais ce ne sera qu’un jour. « Ils ne pourront pas le prendre plus parce qu’ils n’ont que 10 places pour autistes à l’IME, et la liste d’attente sur cette unité est énorme », se désole la quarantenaire.

    Manque de socialisation

    Le manque de scolarisation impacte fortement Enzo. « Il a régressé au niveau de l’autonomie. Pour l’habillage ou le déshabillage par exemple. Avant il pouvait remonter son pantalon et sa protection tout seul, maintenant il ne fait plus rien, explique-t-elle. Et il manque de socialisation avec d’autres enfants ». Elle regrette également qu’il ne puisse pas être mieux accompagné par des professionnels « parce qu’avec moi, il y a beaucoup d’affects », insiste-t-elle.

    Car depuis leur déménagement, c’est Magali qui s’occupe presque à plein temps d’Enzo. Elle a dû arrêter son activité d’accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) pour rester avec lui. « Il n’a aucune autonomie : il n’a aucune conscience des dangers, je dois toujours lui tenir la main quand on sort », raconte sa mère qui a donc pris un congé présence parentale.

    Depuis l’année dernière, l’adolescent est pris en charge par des éducateurs spécialisés deux fois par semaine. Financées par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), ces deux journées par semaine permettent à l’adolescent de faire des sorties que sa mère n’aurait pu lui offrir. Elles ne permettent cependant pas à sa mère de reprendre son activité mais lui offrent un peu de répit : « parce que quand je suis avec lui je dois être en ultravigilance ».

    Magali espère tout de même pouvoir trouver une place pour son fils dans l’unité adulte, quand Enzo sera majeur. « J’ai plus d’espoir pour l’IME. J’ai donc déjà fait les demandes pour les unités adulte, confie-t-elle. Et on m’a dit que j’avais bien fait de le faire aussi tôt ».

    Trois ans d’attente

    en moyenne

    Un parcours du combattant qu’elle n’est pas la seule à devoir traverser. Cette année encore, l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei) a lancé sa campagne #jaipasécole mais tout peut changer, pour mettre en lumière tous ces enfants laissés sans solution de scolarisation.

    Bien que l’association note une amélioration, encore des milliers d’enfants se retrouvent sans place adaptée à leur handicap pour la rentrée 2026-2027. Et quand ils le sont, c’est majoritairement moins de douze heures par semaine. La campagne révèle également que « le délai d’attente pour accéder à un accompagnement adapté, s’élève désormais à trois ans », laissant ces minots et leurs parents sans solution.

    La scolarisation est pourtant garantie par la Convention internationale des droits des enfants, dont l’article 23 stipule le droit des enfants handicapés à avoir accès à une éducation qui réponde à leurs besoins particuliers. Une convention signée et ratifiée en 1990 par l’État français.

  • Marseille commémore la liberté le 30 août

    Marseille commémore la liberté le 30 août

    Le rendez-vous est donné place du Colonel Eddon, le dimanche 30 août à partir de 9h devant la réplique du char Jeanne-d’Arc détruit au combat le 25 août 1944. Associations, dignitaires et autorités se réuniront pour rendre les honneurs aux courageux libérateurs de Marseille et à leur diversité. Ce char symbolise les sacrifices des régiments de tirailleurs algériens, des tabors marocains et des forces de la Résistance. Ces combattants souvent anonymes morts pour la France en 1944.

    La Libération de Marseille est initiée par une insurrection de la Résistance, et grâce aux efforts conjugués des soldats alliés arrivant aux abords de Marseille, sept jours de terribles combats permettront de libérer la ville des Allemands. Les soldats survivants poursuivront ensuite par le Jura puis l’Alsace, contribuant ainsi à la libération du pays.

    La Ville de Marseille rend hommage chaque année à ses libérateurs sans qui rien n’aurait été possible. Et rappelle que « commémorer c’est se souvenir mais c’est aussi et surtout rappeler l’histoire. Le 28 août 1944, Marseille était libérée ! Marseillaises, Marseillais, Françaises, Français, souvenons-nous !» Et de conclure : « Nous sommes libres parce qu’ils étaient là, épris de cette liberté si chèrement acquise. Cette dette de sang nous oblige à commémorer aujourd’hui ces valeureux tombés pour Marseille. Ce devoir de mémoire s’impose à nous plus que jamais. Ce passé nous parle ».

    Cérémonie de recueillement devant le Char Jeanne d’Arc – place du Colonel Eddon, (7e) – Le 30 août à partir de 9h.

  • Arc Fleuve Vivant veut documenter la sécheresse

    Arc Fleuve Vivant veut documenter la sécheresse

    Témoignez. Photographiez. Transmettez. » Alors que la hausse des températures fait des ravages. L’association Arc Fleuve Vivant appelle les Aixois à lui rapporter ce qu’ils observent et vivent* : « Cours d’eau affaiblis ou asséchés, végétation en souffrance, arbres fragilisés, sols desséchés, espaces agricoles touchés, forêts sous tension, mais aussi conséquences sur la vie quotidienne, la santé, les activités et les paysages. »

    Le but de cet observatoire citoyen : « Constituer une mémoire collective et territoriale de cet épisode climatique. » Un des membres fondateurs de l’association, Stéphane Salord, précise : « La sécheresse et la canicule que nous vivons actuellement en Provence et ailleurs sont exceptionnelles. Elles marquent profondément notre histoire climatique, humaine, sociale et environnementale, et sûrement énergétique, économique et agricole. »

    Contribuer

    au débat public

    Pour l’associatif, l’observatoire rend « plus visibles les réalités vécues localement ». Cette initiative entend aussi « contribuer au débat public sur l’adaptation du pays d’Aix aux épisodes de chaleur et de sécheresse ». L’occasion également de « rappeler la nécessité de réponses collectives » comme la « préservation de l’eau et des milieux naturels, protection des arbres et des sols, évolution des pratiques d’aménagement et renforcement de la solidarité face aux vulnérabilités climatiques ».

    Ces témoignages doivent s’accompagner d’un court texte précisant, lorsque cela est possible, le lieu, la date et la nature de l’observation précise l’association. Au-delà des habitants du Pays d’Aix, associations, collectifs, agriculteurs, promeneurs, naturalistes, riverains et acteurs locaux sont invités à participer.

    * À arcfleuvevivant@gmail.com

  • Le grand retour des expulsions sans solution pour les Roms

    Le grand retour des expulsions sans solution pour les Roms

    Un terrain à la Valentine dans le 11e arrondissement, un autre dans le 15e, une caserne dans le 3e à l’abandon depuis des lustres et squattée à plusieurs reprises. Seule certitude sur ces sites occupés depuis des années par des familles originaires de Roumanie, les expulsions sont pendantes. Et « le concours de la force publique est accordé », précise maître Adam Borie, avocat au barreau de Marseille. Quant aux dates ?

    Sollicitée à plusieurs reprises, la préfecture ne répond pas. De quoi laisser l’angoisse s’installer. D’autant plus que la rentrée scolaire approche et que sur chacun des sites, de nombreux enfants sont scolarisés. La Ville, propriétaire du site, motive quant à elle la demande d’évacuation par : « Un danger sur un bâtiment qui reste occupé, une activité de ferraille et des conditions d’occupation qui présentent un danger pour eux comme pour les riverains, le non-respect des installations d’accès à l’eau, à l’électricité et à l’hygiène en dépit d’un grand travail d’accompagnement pour sécuriser le site. » Pour autant, elle avait porté « une exigence de relogement », qui incombe à l’État.

    « Les expulsions produisent une rupture dans le parcours de soins des personnes malades, le suivi des femmes enceintes et l’accompagnement social », ajoute Laurent Sapin, à l’origine de la conférence de presse. Car il se dégage un scénario trop couru pour être ignoré, dans ces injonctions à quitter le terrain. À l’écoute, le père Paul Daniel, qui a officié à la Belle de Mai, se souvient avoir ouvert les portes de la paroisse à des familles expulsées, un soir d’octobre 2012, par un fort mistral, « des enfants, des personnes âgées, des malades, épuisés par la marche », traquées par les CRS pour les empêcher de s’installer dans une nouvelle friche.

    Des droits à défendre

    Elena, qui vit à Marseille depuis 15 ans, « représente une association de soutien aux familles roms » et témoigne : « On en a marre de changer d’endroit à chaque fois que la police vient nous déloger. À chaque fois, c’est justifié par la question de la sécurité. Mais il n’y a jamais de solution durable. » Elle argumente et interroge : « Quand dans les bidonvilles ont été évacués, des logements ont été construits pour reloger. Pourquoi les autorités ne choisissent pas le dialogue plutôt que l’expulsion qui coûte plus cher. Évacuer un terrain, c’est 4 000 euros. » Et répond à son tour : « On nous demande pourquoi on vit en groupe. C’est pour se protéger des violences. » Car les cas n’ont pas manqué, d’attaques violentes, de tentatives d’incendie.

    « Oui, il y a des nuisances qui peuvent excéder les voisins », reconnaît Framboise Robert, responsable de l’association culturelle Arte Cavhalo. Rare signataire à connaître la situation de très près pour avoir travaillé plus de 16 ans avec les enfants des squats. « Mais si on nous laissait le temps d’organiser des activités avec des aides, bien encadrées, bien gérées, avec un budget au lieu de couper les subventions des associations, ça pourrait bien se passer. » À Gardanne ou à Lyon, des expériences d’accompagnement ont fait leurs preuves. « Ici, les projets sur les friches Euromed n’ont fait que repousser les squats, de Bougainville à Gèze, à la Belle de Mai », regrette-t-elle.

    « Nous devons faire entendre notre voix » ont convenu les familles. « Nous sommes ici pour dire que ces familles ne sont pas seules », a rappelé Laurent Sapin avec à ses côtés une militante de Front commun et Imram Trocmé, élu LFI des 4-5. Une représentante d’Un centre-ville pour tous et du Collectif d’habitants organisés du 3e (CGO3) propose « d’agir ensemble, de créer des liens ». Le premier pas se fera sur le plan judiciaire. Sans toit, ces familles ne sont pas sans droits. Maître Adam Borie annonce : « Ces familles n’étaient pas représentées lors de l’ordonnance. Elles ont droit au débat devant un juge. Nous allons saisir le Juge de l’exécution. » De quoi gagner un délai.