Tag: Associations

  • [Dossier extrême droite] En Vaucluse, le soutien aux associations au service du clientélisme électoral

    [Dossier extrême droite] En Vaucluse, le soutien aux associations au service du clientélisme électoral

    On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, dit l’adage. Exemple à Camaret-sur-Aigues, 4 500 habitants, une commune du nord Vaucluse dirigée depuis 2014 par le frontiste Philippe de Beauregard. Depuis 2019, la ville subventionne à hauteur de 1 200 euros € par an Le Cèdre et l’Olivier, une association jumelée avec Ras Balbeek, un village chrétien du Liban. Au-delà de son caractère confessionnel et communautariste, pourtant fustigé par le RN, la structure créée en 2018 a la particularité d’avoir été fondée et d’être présidée par Isabelle Latard, qui est conseillère municipale déléguée à la petite enfance.

    Même mélange des genres à Bédarrides, 5 500 habitants, quelques kilomètres plus au sud. Alors que les subventions aux associations ont chuté de 35 % depuis la victoire de Jean Bérard en 2020, avec le soutien du RN, une seule association s’en sort : l’Avenir Sportif de Bédarrides-Chateauneuf-du-Pape Rugby (SBCPR). Le principal club de la ville, qui évolue en National 2, le quatrième échelon national, a vu sa part dans le total des subventions passer de 46,86% en 2019 à 61,81% en 2024. Résultat, d’autres associations de la commune ne peuvent pas se développer ou simplement conduire leurs activités faute de financement.

    Cette curiosité locale a d’ailleurs interpellé la chambre régionale des comptes. Dans son rapport de gestion publié en juillet 2025, elle consacre un chapitre au SBCPR. Avantages en nature non comptabilisés, versement de subventions malgré des dossiers incomplets, le club bénéficie selon le document d’un traitement de faveur de la part de la majorité de Jean Bérard. Mieux, un membre de son conseil d’administration fait partie de la poignée de conseillers municipaux chargés d’étudier les demandes de subventions au sein de la « réunion d’arbitrage » qui a remplacé la « commission municipale des associations, des festivités et de la culture » depuis 2020. Alerte des magistrats financiers : « L’absence de participation de l’élu aux débats et aux votes lors de la séance du conseil municipal fixant la subvention de l’association ne saurait suffire à écarter le risque de conflit d’intérêts, qui ne peut être dissipé en l’absence d’adoption de procès-verbaux de la réunion d’arbitrage. »

    Contactées, ces mairies n’ont pas souhaité répondre à nos questions.

    Retrouvez l’intégralité de cette enquête collective réalisée par La Marseillaise, Le Poing, l’Arlésienne, le Collectif de journalistes indépendants Presse-Papiers, Jean-François Poupelin et Raphael da Silva grâce au soutien financier du Fonds pour une presse libre :

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    À Fréjus, le social s’efface le sport encaisse

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  • [Dossier extrême droite] À Fréjus, le social s’efface le sport encaisse

    [Dossier extrême droite] À Fréjus, le social s’efface le sport encaisse

    Maire de Fréjus depuis 2014, David Rachline briguera un nouveau mandat, mais pas sous l’étiquette du Rassemblement national. Début décembre, il a démissionné de son poste de vice-président du parti lepéniste après s’être vu refuser son investiture. Proche de Marine Le Pen, le sénateur du Var a un temps incarné la réussite locale du parti d’extrême droite et sa ville une vitrine de sa « normalisation ». Une image fissurée par les affaires judiciaires : le parquet de Draguignan a fait appel de sa relaxe fin janvier pour prise illégale d’intérêts, et il reste poursuivi pour favoritisme. Le procès est attendu à l’automne.

    Au-delà de ces affaires, l’analyse des subventions à Fréjus souligne une profonde réorientation des politiques publiques lors de ses deux mandats. Alors que la dette de la commune (153 millions en 2024, deux fois plus que la moyenne des villes de même taille) a explosé, l’enveloppe des aides aux associations a reculé de 4,2 %, passant entre 2012 et 2024 de 4,33 millions à 4,15 millions d’euros.

    Une baisse en apparence modérée qui cache un bouleversement plus net : laminé, le secteur social a vu ses financements s’effondrer de 92% (de 1,79 million à 138 000 euros) tandis que ceux destinés au sport ont bondi de 60 % (2,83 millions en 2024). Trois associations sportives figurent dans le top 3 des associations les plus subventionnées par la ville.

    Intervention

    de David Rachline

    La première d’entre elles, l’Association multisports et loisirs de Fréjus (AMSLF), a vu sa dotation progresser de 29 % sur la période. Un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) y a pointé des dysfonctionnements significatifs dans la gouvernance sur fond de « liens étroits » avec la mairie ainsi qu’une situation financière préoccupante. « De tels postulats résultent plus d’opinions personnelles voir, là encore, de jugement de valeur et ne semblent pas corroborées par des éléments factuels », explique l’AMSLF dans sa réponse officielle aux magistrats financiers.

    Un compte rendu de réunion en mairie, obtenu par ces derniers, fait pourtant état d’une intervention de David Rachline dans la gouvernance de l’association.

    Créé en 2019, le club de pétanque de Fréjus est lui entré dans le top 5 des 63 associations sportives les plus aidées. Selon les données compilées des comptes administratifs, la subvention du Fréjus International Pétanque est passée de 50 000 euros (2019) à 75 000 euros en 2024. Le club accueille parmi les meilleurs joueurs mondiaux et organise un Mondial baptisé « Laurent Barbero – Ville de Fréjus ».

    Ici, ce nom renvoie à une autre réalité locale. Laurent Barbero est le grand-père d’Alexandre Barbero, entrepreneur du BTP, dirigeant notamment de RBTP / Holding Delta Investissements, implantée à Fréjus et dans le Var. Un nom qui apparaît dans des procédures judiciaires en cours visant la mairie dans le cadre de l’enquête du Parquet national financier ouverte pour favoritisme, recel de favoritisme et corruption active et passive d’élus. Sollicitée, la mairie de Fréjus n’a pas répondu à nos questions.

    Retrouvez l’intégralité de cette enquête collective réalisée par La Marseillaise, Le Poing, l’Arlésienne, le Collectif de journalistes indépendants Presse-Papiers, Jean-François Poupelin et Raphael da Silva grâce au soutien financier du Fonds pour une presse libre :

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  • À Aubagne, un groupe sonde les candidats sur le logement

    À Aubagne, un groupe sonde les candidats sur le logement

    « Nous voulons interpeller les candidats sur la place qu’ils font à ce sujet majeur, désormais première source de dépenses des Français », écrit, dans sa lettre ouverte envoyée la semaine dernière, le groupe logement solidarité Aubagne. Le courrier a été adressé aux candidats Gérard Gazay (LR), maire sortant, Mohammed Salem (SE), Giovanni Schipani (SE), Jean-Pierre Squillari (gauche, citoyens et écologistes), et Elodie Malek (LFI). À Aubagne, ville de 47 529 habitants, les problématiques de logement sont bien identifiées par ce groupe, créé il y a deux ans. Ce jour-là, autour de la table, figurent Roland Bourglan, référent à Aubagne de la Fondation pour le logement (anciennement Abbé Pierre), Christine Vandrame, Carmen Heuman, Cristel Migliaccio.

    « Le besoin local est immense »

    Et la situation est plutôt effrayante. Si la ville se trouve dans les clous du taux de logement social voulu par la loi, avec 27,4% et 5 500 logements sociaux selon le groupe ; 60% des demandes à Aubagne le sont « pour du logement très social, pour un public en grande précarité, dont les revenus sont en deçà de 13 000 euros par an », éclaire Roland Bourglan. Par ailleurs, 72% des Aubagnais sont éligibles au logement social. « Le besoin local est immense : 10 000 demandes de logement en cours à Aubagne, dont un peu plus de 3 000 concernent le logement social », cite Christine Vandrame. Aussi la lettre interroge : « Quel type d’offre de logements sociaux avez-vous l’intention de favoriser, en direction de quelle population ? » L’autre problématique majeure est celle du logement indigne. « Aubagne compterait le chiffre record de 21% de logements privés potentiellement indignes, soit environ 2 700 logements sur la ville », expose la lettre. Dans « logement indigne », on trouve le péril (danger pour la vie), et l’insalubrité (danger pour la santé). D’où la question aux candidats : « Quelles sont vos préconisations ? » Reste « le scandale des familles sans solutions de logement », épingle le groupe. Ils seraient 40 à 60 dans la ville, qui dorment dans la rue, dans des voitures ou des abris de fortune. Ouvrir une pension de famille serait une solution pour héberger, de façon pérenne, des personnes qui ne peuvent pas vivre seules. Gérard Gazay tout comme le candidat Jean-Pierre Squillari en souhaitent une. Le groupe voudrait savoir où elle serait localisée. Encore faudra-t-il se pencher sur le cas des personnes en situation de mal logement extrême.

  • Neuf tonnes récoltées pour Martigues Solidaire

    Neuf tonnes récoltées pour Martigues Solidaire

    Près de neuf tonnes
    de produits alimentaires et d’hygiène ont été récoltées selon les organisateurs, jusqu’à la dernière minute même samedi dernier avant le concert. « C’est bien parti, avec une super dynamique », relève Valérie Fernandez, du service
    de la vie associative de la Ville.
    Les denrées ont été distribuées
    au Secours populaire, catholique,
    à la Croix Rouge, aux Restos du cœur, à Partage et aux équipes Saint-Vincent.

  • [Entretien] Julien Talpin : « Traiter autrement les associations »

    [Entretien] Julien Talpin : « Traiter autrement les associations »

    La Marseillaise : Les associations marseillaises sont-elles aujourd’hui menacées ?

    Julien Talpin : De ce que je sais, on a encore peu de cas d’entraves aux libertés associatives à Marseille pour l’instant. Par contre, on sait qu’à l’échelle de la région Paca, il y a des difficultés, notamment émanant du conseil régional. Une charte des valeurs républicaines a été votée par la Région et impose aux associations de la signer pour bénéficier de financements. Cette charte impose des obligations pas vraiment légales ; il y a des recours actuellement. Il y est par exemple prohibé l’utilisation de l’écriture inclusive. L’association « Kourtrajmé » s’est vue refuser ses subventions parce qu’elle l’utilisait.

    Quel constat fait votre enquête sur le monde associatif ?

    J.T. : Une association sur dix déclare avoir connu des sanctions institutionnelles pour des prises de position qui auraient déplu aux pouvoirs publics. Cela peut être des coupes de subventions, des refus de locaux, des procès, des amendes etc… Cela concerne des dizaines de milliers de structures associatives. Un quart des associations déclarent des formes d’autocensure et ne font plus certaines actions pour éviter des sanctions. C’est le cas dans l’éducation populaire. On ne va pas organiser telle conférence sur le conflit Israélo-palestinien, on ne va pas faire tel débat sur la laïcité, où on ne va pas signer telle pétition pour éviter les problèmes. Cela pose un problème démocratique parce que, précisément, la mission de l’éducation populaire, c’est de mettre en débat les sujets qui animent la société et les déconstruire. C’est un travail de conscientisation qui est en partie tué dans l’œuf par ce contexte défavorable.

    Comment en est-on arrivé là ?

    J.T. : On observe une dérive : on a de plus en plus recours aux associations pour assurer des missions de service public, car l’État se décharge sur le monde associatif, et applique aux associations des règles réservées aux institutions publiques. Il y a un flou, alors que le cadre légal permet aux associations de ne pas être neutres. C’est important que les pouvoirs publics respectent le droit.

    Quelles solutions proposez-vous pour lutter contre ce « tournant autoritaire » ?

    J.T. : Le problème n’est pas uniquement lié à l’austérité. La question est : comment on attribue le financement ? Il y a un fonctionnement discrétionnaire en France, inscrit dans le droit : le maire, le préfet, le président du conseil régional ou départemental décident de manière unilatérale. On plaide pour un fonctionnement pluraliste. Si les décisions d’attribution des financements étaient décidées de manière plus collective, par exemple aussi par des élus d’opposition ou des citoyens tirés au sort, ça dépersonnaliserait la relation. Du coup on jugerait la contribution à l’intérêt général des associations et pas si on est d’accord ou non avec leurs idées.

    Est-ce que la fragilisation du tissu associatif que vous évoquez empêche en partie les revendications « populaires » de s’exprimer de manière organisée ?

    J.T. : Les formes de désorganisation de l’expression des colères et leur dimension spontanée, comme les Gilets jaunes ou les émeutes après la mort de Nahel, ne sortent pas de nulle part. C’est en partie parce que les formes d’expression collective comme les associations et les syndicats sont fragilisés par leur relation avec le pouvoir public. Si on veut pacifier la société et permettre que les attentes et colères de la population soient entendues par l’État, cela s’organise. Il faut traiter autrement les corps intermédiaires.

  • « La Marseillaise » à la conquête des Alpes !

    « La Marseillaise » à la conquête des Alpes !

    Au commencement, il y avait une poignée de lecteurs qui nourrissaient un projet un peu fou : créer les conditions de l’arrivée de notre journal dans les Alpes au nom du pluralisme, des valeurs de la Résistance dont il est porteur et de la nécessité de donner la parole aux sans-voix.

    Il y avait – il faut bien le reconnaître – une petite pointe de jalousie : pourquoi les Vauclusiens, avaient-ils eu droit depuis septembre 2022 au retour de La Marseillaise et pas les Alpins ? Notre journal n’est en effet pas tout à fait un inconnu dans les départements de montagnes. Cela fait une dizaine d’années qu’il est absent des Alpes-de-Haute-Provence et bien plus encore dans les Hautes-Alpes.

    En cause : les difficultés successives que notre titre a dû surmonter tout au long de son histoire.

    Mais le petit groupe de lecteurs opiniâtres n’en démord pas : le contexte a changé, La Marseillaise progresse, elle a gagné en qualité, les Jeux olympiques arrivent…

    Côté direction, la prudence est de mise. Si la détermination à faire exister La Marseillaise est en acier, les finances sont en porcelaine. Le message est clair : aide-toi, le journal t’aidera.

    Têtes dures

    Les voilà prêts à frapper à toutes les portes, en commençant par les organisations avec lesquelles notre journal est historiquement lié. La fédération communiste des Alpes-de-Haute-Provence organise en novembre 2024 un débat sur l’exigence de pluralisme de la presse à Digne, salle de l’Ermitage. L’UD CGT 04 inscrit la question à l’ordre du jour de son congrès prévu en mai 2025.

    Quelques mois auparavant, mars 2025, la poignée de têtes dures décide de se constituer en comité départemental des Amis de La Marseillaise avec la bénédiction de Serge Baroni, président de l’association.

    Frédérique Laîné en prend les rênes. Avec la foi du charbonnier, elle remue ciel et terre. Dès la première réunion, une quarantaine répondent présent et adhèrent au comité. Puis la machine s’emballe et gagne le 05.

    Les Amis de La Marseillaise des Alpes participent à la diffusion de « l’appel qui sème l’espoir » lancé par notre titre et plusieurs associations de protection du vivant pour promouvoir la biodiversité à l’occasion de l’arrivée du printemps. Le texte est imprimé sur une Une de La Marseillaise ensemencée. Une première dans la presse : il suffit de couvrir votre journal avec un peu de terre, d’arroser et des fleurs des champs en sortent.

    Dans les Alpes, l’opération revêt un sens supplémentaire : il s’agit de semer les graines d’une possible arrivée du journal. Le bouche à oreille s’amplifie en marge des manifestations syndicales et sur les marchés. De plus en plus de citoyens commencent à y croire.

    Pour forcer le destin, les Amis de La Marseillaise décident d’une date : le 2 novembre 2025, aux Mées, se tiendra un repas populaire de soutien au journal avec un débat portant sur les médias et la démocratie. La salle est pleine à craquer : de simples citoyens, des responsables associatifs, politiques, syndicaux, culturels, et des maires de tous horizons. Plus de 3 500 euros de dons versés et des idées pour aller plus loin.

    En janvier 2026, c’est décidé, le comité de surveillance du groupe La Marseillaise donne le feu vert.

    Tout au long de ce week-end et de la semaine qui suit, les Amis de La Marseillaise seront sur les marchés des deux départements pour diffuser leur journal. À la Une il est désormais écrit « Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse &… Alpes ! »

    Le défi ne fait que commencer.

    « verbatim »

  • Au Rove, Paul Sabatino mise sur l’expérience et la proximité

    Au Rove, Paul Sabatino mise sur l’expérience et la proximité

    Pas de « promesses irréalistes » mais « un discours de sincérité ». Le gymnase du Rove affichait complet pour la présentation de la liste de Paul Sabatino. Dans une salle pleine et ambiancée par Jean-Marc Sichi, habillé en « M. Loyal », le maire sortant a d’abord salué « l’âme du Rove » et rendu hommage à son prédécesseur Georges Rosso, disparu l’an dernier. L’occasion de rappeler le bilan de l’équipe sortante, la requalification de la traversée du village, les parkings, la rénovation des équipements scolaires et sportifs, l’extension de la vidéoprotection, et le futur dojo. Avec ses 5 328 habitants et 87% de terres classés, le Rove demeure « un village à taille humaine ».

    Un cadre qu’il entend préserver avec une équipe rajeunie et diversifiée, faite d’élus expérimentés et de nouveaux visages issus de tous les quartiers, unis dans « la conviction que la commune mérite une équipe soudée, compétente et sincère ». La liste « Continuons ! » s’inscrit dans cette ligne. « Continuer, c’est consolider. Renforcer. Adapter. C’est avancer, s’inscrire dans un sillon profond sans jamais perdre de vue l’essentiel : l’intérêt communal et général », insiste-t-il.

    « Le maire de tous »

    Quinze élus sortants vont poursuivre l’aventure, souligne-t-il, saluant leur fidélité et leur sens du service public. Parmi eux : Michel Bartoli « amené à prendre plus de responsabilités », Marie-Claude Bonnet, Christiane Cadière, ancienne DGS ou Viviane Rosso, très applaudie et « la plus expérimentée » de l’équipe. Les profils des quinze entrants sont variés (actifs, retraités, acteurs associatifs ou professionnels engagés) pour « croiser les regards et préparer l’avenir ». On pense à Ilhem Delmas Zeghadi, chercheuse arrivée il y a peu comme Laurent Rivoire, aux enfants du Rove François Caballero, Chantal Gouiran, Sylvie Raha ou Jean-Marie Giordano, et à ces figures Noël Kouici, « homme de combat et personnalité du port » ou André Secci, enfant de Niolon et mythique dirigeant de l’USPEG. Lisa Voyatzis, parent d’élève, est la benjamine de la liste.

    Dans un contexte financier « sain », avec une dette maîtrisée et des comptes équilibrés, Paul Sabatino s’est engagé à ne pas augmenter la fiscalité communale. La méthode reposera sur la concertation, le renforcement des services publics au service de la jeunesse, du cadre de vie, de la tranquillité publique et du soutien aux associations. « Le 15 mars, le choix sera clair : celui de l’expérience, de la proximité et du vivre-ensemble », conclut Paul Sabatino, prêt à rester « le maire de tous ».

  • Des solutions financières pour fuir les violences conjugales

    Des solutions financières pour fuir les violences conjugales

    « L’emprise économique est un vrai sujet dans les cas de violences conjugales », rappelle Clara Agnello, coordinatrice de projet chez Une voix pour elles. Face à cette problématique, le Crédit municipal de Marseille a décidé de s’emparer du sujet en rencontrant, ce jeudi à Marseille, de nombreuses associations d’accompagnement d’aide aux victimes de violences conjugales.

    Avec 90% de clients qui sont des clientes, « cette démarche est en cohérence avec notre public, explique Christelle Gerlier, directrice générale déléguée du Crédit municipal de Marseille. Et on sait qu’avec notre structure on peut répondre aux problèmes financiers que connaissent certaines femmes victimes de violences ». En effet, 20% des femmes victimes de violence ayant appelé le 3919 sont en situation de dépendance économique.

    Le Crédit municipal de Marseille, créé il y a plus de 300 ans, permet aux personnes exclues du système bancaire, d’avoir accès aux crédits. Les outils de l’établissement bancaire, comme les microcrédits accompagnés, le prêt sur gages ou encore le placement de petites sommes, peuvent donc être des solutions face à cette violence économique.

    « Une aide dans l’urgence »

    Le prêt sur gage a particulièrement interpellé Nada Baher, directrice adjointe du planning familial 13. Autorisé seulement dans les crédits municipaux en France, ce type de prêt permet à n’importe qui, sous réserve d’avoir une pièce d’identité et un justificatif de domicile, d’échanger un objet contre une somme d’argent. « C’est vrai que beaucoup de personnes peuvent avoir un objet de valeur. C’est donc quelque chose qui peut débloquer de l’argent rapidement et être une aide dans l’urgence. » Pour l’association Les Louves d’accompagnement de victimes, c’est plutôt le microcrédit accompagné qui a intéressé. Ils pourraient couvrir les frais juridiques que ces femmes doivent engager lors de divorce ou de dépôt de plainte.

    Des outils qui restent toutefois à affiner selon les besoins des associations. « Le but, ce n’est pas de réfléchir seuls à des solutions, mais avec les professionnels de terrain pour répondre au mieux aux différentes problématiques de ces femmes », explique Christelle Gerlier. Pour la directrice du centre d’information sur le droit des femmes et de la famille, Marielle Vallon, il reste par exemple « des interrogations sur la façon de sécuriser les demandes de papiers administratifs, pour que le conjoint ne soit pas au courant. Nous avons des choses réciproques à s’apprendre ». Des projets à coconstruire, entre réalité du terrain et moyens du Crédit municipal.

  • Une grande collecte pour prôner la solidarité et l’intelligence collective à Martigues

    Une grande collecte pour prôner la solidarité et l’intelligence collective à Martigues

    Les piles de cartons prennent de la hauteur. Dans le hall de la Halle de Martigues, les bénévoles s’affairent pour organiser et répartir les denrées alimentaires et les produits d’hygiène récoltés lors de l’opération Martigues solidaire, qui se poursuit jusqu’au concert de Chimène Badi ce vendredi 6 février.

    « Il y a six palettes, pour les six organisations partenaires », pointe Valérie Fernandez-Campazzo, responsable du service de la vie associative : le Secours populaire, la Croix rouge, les Restos du cœur, les « mastodontes », et les Équipes Saint-Vincent, Partage et le Secours catholique. « Cette action, c’est collecter ensemble, mais c’est aussi fonctionner ensemble, et le challenge de la Ville c’est de coordonner tout ça ! »

    La coopération

    L’agente municipale pense que 2026 ne sera pas l’année de tous les records comme 2025, où sept tonnes de dons avaient bénéficié aux associations. Mais pour elle, ce qui compte, c’est aussi la dynamique que l’événement crée. « C’est un énorme collectif de partenariats polymorphes, avec 39 points de collecte répartis entre les grandes, moyennes et petites surfaces de la commune, les lieux associatifs, les collèges, les lycées, les centres sociaux et espaces publics. » Sans compter les entreprises, qui s’y mettent aussi, à l’instar de Petroineos.

    Colette, dite « Coco », des Équipes Saint-Vincent, affirme : « Non seulement les dons récoltés représentent un mois ou deux de fournitures pour accompagner nos 300 familles bénéficiaires, mais en plus ça stimule notre engagement bénévole, notre implication. » Après huit éditions de Martigues solidaire, des amitiés se sont nouées et des coopérations inter-asso se sont engagées. À la fin de chaque opération, les organisations redistribuent les denrées à la hauteur des besoins et des capacités de stockage de chacune. « C’est de l’intelligence collective », glisse Valérie Fernandez-Campazzo.

    Les échanges se poursuivent ensuite tout au long de l’année. « On essaye de se rencontrer pour trouver un consensus et harmoniser nos pratiques de sorte, notamment, à ce que l’été il n’y ait pas de manque pour aider et que les personnes en difficulté ne se retrouvent pas démunies », confie Colette.

  • Des délais de renouvellement de titre de séjour à rallonge à la préfecture

    Des délais de renouvellement de titre de séjour à rallonge à la préfecture

    « La situation n’a jamais été aussi catastrophique », s’alarme Nicole Malfait, bénévole depuis deux ans à la Cimade. Vendredi dernier, l’association de soutien aux personnes en exil a posté une lettre ouverte pour la préfecture, dénonçant des « dysfonctionnements dans le renouvellement des titres de séjour [entraînant] la rupture de la continuité du droit au séjour ».

    Alors que certaines personnes ont entamé leur démarche de renouvellement il y a plusieurs mois, nombreux n’ont toujours pas reçu leur carte de séjour. C’est le cas de Maria*, qui habite en France depuis 2005. « ça fait 10 mois que je n’ai pas de nouvelles. Pourtant j’ai fait mes empreintes en préfecture le 24 juillet », explique-t-elle. Une première pour cette Algérienne : « D’habitude, après les empreintes, j’ai ma carte en deux mois. » Une attente qui met sa santé en danger, puisqu’étant diabétique, elle est suivie par l’hôpital Européen qui lui demande régulièrement de lui transmettre une carte de séjour à jour.

    Il y a deux semaines, elle se tourne donc vers la Cimade pour l’aider dans ses démarches. Et Maria n’est pas seule. D’après les bénévoles de la Cimade, la situation s’est dégradée depuis le mois de septembre, où plusieurs dizaines de personnes ont demandé le soutien de l’association pour le renouvellement de leurs papiers. Depuis le début de l’année 2026, le tribunal administratif de Marseille a déjà condamné six fois l’État pour des dysfonctionnements dans le renouvellement de titres de séjour.

    Les concernés sont généralement sur le territoire français depuis de nombreuses années mais se retrouvent donc dans l’illégalité, en l’absence de documents à jour. Certains perdent leur emploi, leurs aides de la CAF ou leur sécurité sociale, alors qu’ils s’acquittaient d’impôts en France. Une situation mise en lumière dans notre édition du 22 janvier, relatant la suspension de trois salariés d’une blanchisserie à cause des délais de renouvellement. Des lenteurs administratives qui entraînent certains dans des situations de stress. Pour Maria, c’est l’incompréhension : « Je suis dans la loi mais depuis, je suis super angoissée et je ne dors plus la nuit. Je ne peux même pas aller rendre visite à ma mère qui est malade en Algérie », se désole-t-elle.

    « Un problème d’envergure différente »

    Ces difficultés s’additionnent à des problématiques liées à la dématérialisation des demandes depuis 2 ans. « Mais c’est un problème distinct, insiste Nicole Malfait, bénévole à la Cimade. Car même les personnes qui se débrouillent avec la dématérialisation et font leur demande en temps et en lieu n’ont pas leurs documents renouvelés. C’est donc un problème d’envergure différente. » Face à cet état de fait, qui n’est pas limité à la préfecture des Bouches-du-Rhône, le collectif « Bouge ta pref », porté par des associations de différents départements français, dont la Cimade, s’organise pour accélérer ces démarches.

    Contactée par La Marseillaise, la préfecture des Bouches-du-Rhône affirme ne pas avoir reçu la lettre, mais reconnaît des lenteurs dans le traitement des dossiers à cause d’une augmentation du nombre de ces démarches. Consciente des problématiques que cela peut engendrer, elle assure tout mettre en œuvre pour répondre aux demandes.

    *Le prénom a été modifié