Tag: Associations

  • Narcotrafic : le Sénat bloque la protection des lanceurs d’alerte

    Narcotrafic : le Sénat bloque la protection des lanceurs d’alerte

    Retoquée. Le Sénat s’est finalement opposé ce jeudi 7 mai à une proposition de loi sur la protection des lanceurs d’alerte contre le narcotrafic. Une initiative écologiste dans le cadre d’une niche parlementaire du groupe, après l’assassinat en novembre de Mehdi Kessaci, frère du militant écologiste et anti-drogue Amine Kessaci, aujourd’hui adjoint au maire de Marseille.

    Portée par Sandra Regol (EELV) à l’Assemblée nationale, le texte avait été adopté le 12 février à l’unanimité. Il propose d’étendre la protection aux membres de la famille de ceux qui dénoncent les réseaux criminels, à leurs proches mais aussi aux associations et collectifs, en inscrivant le numéro de téléphone de la personne menacée sur une liste prioritaire, en mettant en place des patrouilles autour de son domicile ou en lui confiant un dispositif d’alerte discrète de la police.

    Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a rappelé l’opposition du gouvernement à des dispositions qui entretiennent « la confusion entre protection administrative et judiciaire ». Il a aussi alerté sur les risques de « saturation des services de police et gendarmerie » estimant que « l’objectif de ce texte est déjà satisfait ».

    « Une réalité de peurs

    et de silence »

    Pour Guy Benarroche, sénateur écologiste, il s’agit pourtant d’un « sujet éminemment essentiel », considérant que l’accompagnement de ces lanceurs d’alerte relève du « devoir de l’État ». Jérémy Bacchi (PCF) est lui aussi monté au créneau. « Derrière ce texte, il y a une réalité que personne ne peut nier, celles des hommes et des femmes qui dans nos quartiers, dans nos villes s’engagent contre la criminalité organisée », pose-t-il. Reconnaissant que la proposition n’est « pas parfaite », elle pose aussi « des questions légitimes » estime-t-il, « dont la réponse ne peut être le déni ». « Dans les Bouches-du-Rhône, nous connaissons cette réalité faite de peurs et de silence », témoigne-t-il, précisant avoir accueilli à sa permanence quatre familles « dont la dernière en date a dû déménager 400 km de Marseille parce que le jeune frère de 14 ans avait refusé de s’engager dans les réseaux ».

    Conscient que le texte ne passerait pas confiait-il à nos confrères de FranceInfo, Amine Kessaci, dont la mère était présente au moment du vote à l’Assemblée nationale, a appelé le gouvernement à se doter de « tous les moyens nécessaires » pour lutter contre des réseaux devenus puissants et violents.

  • La paix, fil conducteur de la cérémonie du 8-Mai à Marseille

    La paix, fil conducteur de la cérémonie du 8-Mai à Marseille

    Représentants de l’État, des collectivités locales, des armées, des forces de police et de secours, élus, mais aussi cadets des marins-pompiers, collégiens ou jeunes de l’Epide (établissement public d’insertion) se sont retrouvés Porte d’Aix à Marseille, ce vendredi 8 mai, pour commémorer la capitulation de l’Allemagne nazie. Un moment solennel avec un maître-mot : la paix, à l’heure où la situation internationale se tend inexorablement et où les opinions se radicalisent dangereusement.

    À la tribune, Sirine, jeune élève de l’école de porte-drapeau de la Ville de Marseille, donne lecture des inquiétudes de l’Union française des associations de combattants et victimes de guerre. « Le 8 mai 1945 portait un espoir de paix. Or, nous assistons aujourd’hui à la résurgence de fléaux qui nous ont menés aux abominations de la Seconde Guerre mondiale. Au mépris des enseignements du passé, fanatisme religieux, terrorisme, réveil du nationalisme, retour des empires et retour de la guerre aux quatre coins du monde nous rappellent que la paix et la liberté ne sont jamais définitivement acquises », alerte-t-elle, avant d’appeler « à poursuivre le combat ».

    La jeunesse en relais

    Relayant le message de Catherine Vautrin, ministre des Armées, et d’Alice Rufo, secrétaire d’État auprès du ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, le préfet de région, Jacques Witkowski, ne dit pas autre chose. « N’oublions jamais : avant d’être une défaite des armes, la défaite de 1940 fut d’abord une défaite de l’esprit », pose-t-il. Et de citer Marc Bloch, « historien combattant de 14, volontaire à nouveau en 39 et fusillé en juin 1944, [qui] avait porté sur les responsables de la débâcle ce constat implacable : ils avaient estimé trop tôt naturel d’être battus ». Le préfet appelle ainsi à « résister au déni du droit et de la justice ».

    Vient ensuite, « alors que nous célébrons les 400 ans de la Marine nationale », un hommage à l’amiral Muselier, grand-père de Renaud, président (Ren.) de la Région. L’Amiral, « rallié dès 1940 à la France libre et qui lui donna son emblème : la croix de Lorraine ». Ceux qui ont débarqué sur les plages de Provence ne sont pas oubliés. Des « soldats venus d’Afrique, d’Asie et du Pacifique : tirailleurs, goumiers, spahis de la 1ère armée française menée par le général de Lattre de Tassigny, jusqu’à Berlin », rappelle le préfet de région.

    À l’issue de la cérémonie, Benoît Payan (DVG) maire de Marseille, insiste : « La paix n’est pas un acquis, c’est quelque chose qui s’entretient. » Inquiet de voir « qu’autour de nous, tout est en train de s’écrouler », il martèle : « Ce que nous pensions être des acquis étaient en réalité des conquêtes », avant de s’en prendre « aux politiques de ce pays qui ne mesurent pas leur responsabilité quand ils disent “voilà ce qu’il faudrait faire”, “voilà quel pays il faudrait attaquer”, “voilà quelle armée il faudrait arrêter” ». Comme autant de raisons de passer le flambeau à la jeunesse, car « les anciens partent ».

  • Les calanques marseillaises lentement dépolluées

    Les calanques marseillaises lentement dépolluées

    Titanesque, le chantier de dépollution des calanques, entre le Mont Rose et Callelongue, a connu sa première phase, du 1er septembre au 31 mars dernier. Pour mémoire, l’État avait été contraint par une décision de justice, en décembre 2024, de le mener à bien d’ici juin 2038, suite au recours de trois associations, celle de Santé littoral sud (ASLS), Union calanques littoral et la Fédération d’action régionale pour l’environnement Sud. Avant que ne démarre la seconde phase, les principaux acteurs de l’opération ont tiré un premier bilan sur les sites de l’Escalette et de Samena, ce mercredi 6 mai.

    Le but : traiter les rejets industriels déposés par l’industrie au fil des XIXe et XXe siècles. Des scories contenant des taux élevés de cadmium, de mercure, d’arsenic ou de plomb, comme le relevait en 2005 une étude de l’Institut de veille sanitaire. « Sept dépôts sur vingt devaient être traités, trois n’ont pas été terminés », indique Louise Walther, directrice de l’environnement à la préfecture. En cause : la mauvaise météo, des contraintes réglementaires avec la nécessité d’employer des corps de métiers très spécialisés pour des finitions « léchées » en plein site classé, explique-t-elle. Se sont ajoutés d’autres paramètres : respecter des espèces protégées, prendre en compte les habitants et la fréquentation touristique. Bref, « un chantier très atypique dans un site très contraint », résume-t-elle.

    Des surprises au menu

    Les maîtres d’ouvrage ont également eu quelques surprises, notamment sur les tonnages, « 44% de plus » que prévu, précise Louise Walther. Soit 3 500 tonnes au lieu des 2 500 prévues initialement.

    Concrètement, à Samena, des restanques ont été créées, « il a fallu creuser le calcaire », explique Mélody Gros, cheffe de projet sites pollués à l’Ademe. Seuls deux des trois dépôts ont été traités. L’année prochaine, il faudra « retirer la membrane qui ne supporte pas les UV » pour faire du définitif avec l’habillage paysager, ajoute-t-elle.

    Le port de l’Escalette n’est pas achevé non plus. Reste, là encore, la végétalisation, des parements de pierre à réaliser, mais les scories sont confinées, assure Melody Gros. À la calanque des Trous, un mur et un enrochement ont vu le jour, mais « on s’est arrêté là, car l’insertion paysagère demande de prendre beaucoup de temps », complète-t-elle.

    Financièrement, ces couacs n’ont rien ajouté aux 14,9 millions d’euros de budget. « On avait prévu des marges », assure la responsable de l’Ademe.

    Pour la seconde phase, prévue du 1er septembre au 31 mars, il reste à traiter seize dépôts. Soit 6 000 tonnes de scories à enlever sur neuf zones géographiques distinctes. Le gros morceau sera le belvédère de Callelongue, qui « va demander du temps, 7 mois de travaux à lui seul », prévient Mélody Gros, avec à la clé, pour les riverains, de « grosses perturbations de circulation et de stationnement ».

    Un mal pour un bien. « On s’est bagarrés pendant plusieurs années pour ces travaux, on ne va pas se priver du plaisir de voir que ça se fait », commente Rolland Dadena, président d’ASLS, qui souligne aussi « le dialogue » instauré avec la mise en place d’un comité de suivi en 2024. Mais, pour lui, il faudrait aller plus loin en dépolluant aussi le site de Legré-Mante.

    En termes de santé, s’il n’y a « pas eu d’alerte particulière », les services de l’État restent vigilants. Il y a deux voies d’exposition rappelle Cécile Morciano, responsable du service santé environnement à la délégation des Bouches-du-Rhône de l’ARS : « L’ingestion de la terre et de sable contaminés par les enfants et la consommation d’oursins et de moules. » Après un historique mené sur 10 ans, « aucun signal sanitaire sur ce secteur ne nous a été remonté », insiste-t-elle. Si le confinement des scories supprime le risque, la qualité de l’air restera sous surveillance durant le chantier et 7 mois après. Mais la pêche aux moules n’est pas pour demain, « les sédiments côtiers restent », reconnaît Cécile Morciano.

  • Solimut ouvre ses portes aux associations de solidarité

    Solimut ouvre ses portes aux associations de solidarité

    « Ce tiers-lieu a rempli sa mission avant même son ouverture », affirme Nadia Nasri, présidente du comité d’animation mutualiste de Solimut Marignane. La mutuelle inaugurait, mardi soir, un nouveau tiers-lieu installé au deuxième étage de l’agence sise place du 11 novembre, à Marignane.

    Le but d’une telle initiative ? « Permettre aux associations et acteurs locaux du domaine social et de la santé de bénéficier d’un espace », selon Nadia Nasri, lors de la visite du lieu. Trois bureaux, une cuisine et une salle de réunion sont ainsi mis à disposition gratuitement par la mutuelle. Et les partenaires de Solimut n’ont pas attendu l’inauguration.

    Le projet a vu le jour il y a 5 ans avec les ateliers créatifs du Secours populaire. « Nous nous réunissons tous les lundis après-midi, entre femmes, à 10 ou 15 personnes à chaque fois », indique Myriam Garrassin, responsable du secteur santé du Secours populaire français des Bouches-du-Rhône. « C’est à la sortie du Covid qu’on voulait travailler la prévention à la santé. On a proposé de façonner des objets créatifs pour faciliter la parole, les personnes étant souvent malades ou seniors », développe la militante.

    « Porter un projet

    de société à plusieurs »

    Le lieu a quelque chose de symbolique. « C’est ici que je venais quand j’étais petite pour me faire charcuter les dents », plaisante Zaira Ghalmi, de l’Association des initiatives renouveau, lors de la visite. « J’étais dans une famille de 11 enfants. On venait ici car ce n’était pas cher contrairement au privé, et ils prenaient la mutuelle de mon papa », raconte-t-elle.

    Le centre dentaire a aujourd’hui laissé place à une autre initiative solidaire. « Chacun peut recevoir ses adhérents et développer des services à la population. La rénovation du local avec l’Addap13 a permis d’ouvrir deux chantiers d’insertion. Cela reflète les valeurs de notre mutuelle », selon Nadia Nasri.

    Des valeurs chevillées au corps. « Nous sommes une mutuelle engagée et solidaire, avant tout actrice de la santé », souligne Hélène Gaufichon, secrétaire générale de Solimut, estimant qu’« ouvrir notre agence sous forme de tiers-lieu permet d’avoir accès aux conseillers et à d’autres services » dans le même temps. « Nous souhaitons l’émancipation individuelle et collective, sans discrimination. Cet espace est une belle illustration de nos actions pour le vivre-ensemble », développe-t-elle.

    C’est aussi un carrefour d’engagement. « Quand on porte un projet de santé et de société, le mieux est de le faire à plusieurs », insiste la militante mutualiste. Plus de dix ans après sa création, l’ambition reste la même d’après Hélène Gaufichon : « Agir pour la transformation de la société avec tous les acteurs du mouvement social », dans la continuité de l’œuvre des mutuelles ouvrières à la racine de Solimut.

  • Les associations marseillaises s’unissent contre l’embargo sur Cuba

    Les associations marseillaises s’unissent contre l’embargo sur Cuba

    Installés entre les quelques bouquins de la librairie l’île aux mots (2e), les représentants de six associations marseillaises se sont réunis pour présenter leur plan d’action en soutien à Cuba. « Grâce à la mobilisation de médecins et infirmiers des 4e et 5e, nous avons commencé à collecter du matériel médical à envoyer mi-juin en direction de l’île. Il y a aussi des appareils d’échographie, des fauteuils roulants et même des déambulateurs, mais ce n’est pas suffisant. Afin de remplir le container, il nous faut davantage de fonds », insiste Jean-José Mesguen, représentant de l’association France Amérique Latine Marseille.

    Pour financer le projet, les collectifs appellent les citoyens à se mobiliser. à Toulouse, deux containers ont pu être financés dernièrement grâce au soutien des habitants.

    Plusieurs événements organisés

    C’est dans ce cadre qu’ils organisent une soirée le jeudi 28 mai. « Un concert du trio cubain Ahinamo suivi d’un buffet caribéen et d’une tombola », précise Nicole Giraudi, présidente de l’association France Cuba Marseille 13. D’autres événements sont prévus dans le mois de mai pour réunir les fonds nécessaires. Parmi eux, les films d’Alain Sabathier La Camargue et La Cinega de Zapata seront projetés dans une salle du PCF à Marseille, le 15 mai.

    Des actions que Nicole Giraudi estime « essentielles ». Avant de préciser : « Aujourd’hui, se payer une boîte de Doliprane à 10 euros, c’est impossible avec un salaire cubain, cela doit changer », déplore-t-elle. L’envoi de matériel médical n’est pas le seul dispositif mis en place par les organisations. « Nous avons mené une campagne lors du cortège du
    1
    er-Mai pour financer 1 000 panneaux solaires en direction de Cuba », ajoute Mireille Faure, membre du secrétariat du Secours populaire.

    Des installations qui pourraient faciliter l’accès au gaz, mais aussi aux transports et aux hôpitaux. « Lors de la mobilisation du 1er-Mai, nous avons réussi à récolter 1 000 euros. Nous avons l’attention des syndicats et brigades des énergéticiens qui nous aideront dans l’acheminement de ces panneaux photovoltaïques », se réjouit la membre du Secours populaire, qui s’inquiète malgré tout : « Un panneau solaire coûte 8 000 euros. Il faut les trouver… »

    « Le travail collectif

    sans soutien est difficile »

    « Les pouvoirs publics français doivent reconnaître leur dette envers Cuba, à savoir l’envoi de médecins durant la pandémie de Covid et la participation des Cubains durant la Première Guerre mondiale », souligne Jean-José Mesguen, représentant de l’association France Amérique Latine Marseille.

    Entre les entraves financières des États-Unis sur l’acheminement de l’aide humanitaire et l’absence de mobilisation des élus en Europe visés par la pétition portée par France Amérique Latine Marseille, les associations ne se sentent pas entendues par les pouvoirs publics. « Le travail collectif sans soutien est difficile », ajoute Nicole Giraudi, représentante de France Cuba Marseille 13.

    Les associations ont également rapporté les blocages de l’acheminement de l’aide humanitaire depuis le port de Marseille. Par conséquent, le conteneur financé par le Secours populaire devrait prendre le départ, à la mi-juin, depuis un port espagnol et non pas depuis Marseille.

    « La CMA CGM a subi des restrictions de la part de Donald Trump. On réalise à quel point les États-Unis contrôlent tout, jusqu’à ce qui part de nos ports, et ce n’est pas normal, il faut se mobiliser », estime Bernard Eynaud de la Ligue des droits de l’homme.

  • Une nouvelle présidence pour Terres de résistance

    Une nouvelle présidence pour Terres de résistance

    Il y a des moments importants dans la vie d’une association, à l’heure de transmettre le flambeau des responsabilités. Particulièrement pour l’organisatrice d’un festival emblématique de la vie martégale qu’est Terres de résistance.

    Après vingt ans de présidence, Christian Scognamiglio a laissé place à Jeanine Incorvaïa, militante associative de toujours, lors de l’assemblée générale de l’association samedi matin. « Je suis honorée de la confiance témoignée par mes camarades » a réagi cette dernière à l’issue de la réunion. « C’est une fonction complexe pour laquelle je vais m’atteler au mieux à mettre en œuvre les événements des Amis de la fête », affirme-t-elle, optimiste.

    « Une autre manière

    de lutter dans la joie »

    Le festival Terres de résistance n’est pas une simple fête dans les yeux de la nouvelle présidente. « C’est une manière comme une autre de lutter contre l’obscurantisme, pour les idées progressistes, redonner du sens au collectif dans la joie, la fraternité et la bonne humeur ». Le slogan « Lutte et fête » imprimé sur les t-shirt des bénévoles résume le propos. L’édition 2025 avait fait la part belle aux questions industrielles lors du débat du dimanche, inaugurant en même temps un nouveau village des associations.

    « Se renouveler en mettant toute l’asso en mouvement autour des nouvelles idées est le plus gros travail » reconnaît Christian Scognamiglio, après 30 ans d’adhésion dont une vingtaine de présidence discontinue. « C’est plus simple quand on renouvelle aussi le bureau. Jeanine va donner une nouvelle impulsion » souligne-t-il, au regard des cinq membres du bureau nouvellement élu.

    Terres de résistance est annoncé du 4 au 6 septembre 2026 au jardin du Prieuré.

  • Le Défenseur des droits, pilier face à la discrimination

    Le Défenseur des droits, pilier face à la discrimination

    Devant quelques dizaines de personnes ce mardi 28 avril dans les locaux de la Scierie à Avignon, Mathilde Le Goff, chargée de mission au pôle régional Paca-Corse du Défenseur des droits, et Miguel Couralet, l’un des six délégués territoriaux du Défenseur des droits, ont exposé leurs actions en Vaucluse en matière de lutte contre les discriminations.

    Réuni à l’occasion d’une journée organisée par la Ligue de l’enseignement de Vaucluse, un parterre de responsables et membres d’associations locales a écouté les différents leviers d’action de l’organisation. « Le climat politique étant ce qu’il est, il y a de quoi ne pas baisser les bras. En tant qu’assos d’éducation populaire, vous savez ce que c’est », glisse ainsi en ouverture Christiane Siréta, présidente de la structure en Vaucluse.

    Les membres de l’institution expliquent ensuite leur fonctionnement. Les différents délégués peuvent être saisis pour diverses raisons et « on tente toujours de régler les situations à l’amiable. Sinon, on fait remonter le dossier à Paris, où des moyens juridiques sont souvent déployés », explique Miguel Couralet.

    900 saisines

    Chaque année en Vaucluse, environ 900 saisines sont ainsi effectuées pour discrimination, que ce soit sur l’âge, la religion, le sexe, l’origine et bien d’autres facteurs.

    Le délégué territorial se permet ainsi d’exposer quelques cas locaux et comment la situation a été gérée. Comme lorsqu’un mécanicien, qui postulait pour un poste de mécano-expert dans un garage avignonnais, n’a pas été recruté malgré ses compétences car il était trop âgé. « Je me suis rendu sur place et le responsable de la structure s’est platement excusé et s’est engagé à verser 3 000 euros en guise de dédommagement », explique Miguel Couralet. Mais d’autres cas sont bien plus complexes. Comme lorsqu’un responsable d’une salle de sport a refusé l’entrée d’une jeune femme voilée. « Lorsque je suis allé voir le patron, il est entré dans une colère noire et a dit qu’il faisait ce qu’il voulait chez lui. Le dossier n’a finalement pas abouti alors qu’on demandait juste un remboursement », explique-t-il.

    La structure travaille également en collaboration avec la Mission locale. « Ce n’est pas assez connu. Il faut que les associations locales s’en rapprochent pour que les victimes de discriminations puissent s’en rapprocher », clame Christiane Siréta.

    Contact possible sur défenseurdesdroits.fr/84-vaucluse

  • Région Occitanie : « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

    Région Occitanie : « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

    Trente mille habitants rencontrés lors de 330 manifestations, 5 000 questionnaires remplis qui ont donné lieu à 1 500 propositions. Voilà en quelques chiffres le bilan 2025 de la première édition de l’opération « La Région à vos côtés ».

    Décriée par l’opposition (droite, RN) pour son coût (310 000 euros) et son côté communication, la seconde tournée vient de débuter. Jusqu’à mi-juillet, les élus d’Occitanie vont aller à la rencontre* des habitants sur les marchés, dans les gares, les parkings de supermarché, les universités, les salons ou dans des événements spéciaux tels que la fête de la transhumance. L’objectif est triple : leur expliquer ce que fait concrètement la Région Occitanie qui fête ses 10 ans, recueillir leurs doléances et tordre de cou à certaines idées reçues propagées notamment par l’extrême droite.

    « Nous reprenons le chemin du terrain », synthétise la présidente Carole Delga (PS). Une initiative « unique en France » d’autant plus « nécessaire » au vu du « désamour » qui grandit entre élus et citoyens. Paradoxalement, ces derniers seraient demandeurs de contact direct. « L’an passé, ils ne nous fuyaient pas et venaient nous questionner quel que soit leur âge », se souvient l’écologiste Zina Bourguet.

    20 spécialistes recrutés dans les hôpitaux

    Cet exercice de « démocratie participative » a permis de « conforter certaines de nos intuitions devenues des certitudes », résume Christian Assaf (PS). Par exemple le fait que les transports, le pouvoir d’achat ou la santé sont les priorités des habitants. Mieux sonder leurs attentes a permis d’ajouter 20 spécialistes dans 12 hôpitaux aux 150 médecins recrutés par la Région dans les maisons de santé. Plutôt agréablement surpris de la démarche, les sondés ont aussi fait part de leurs mécontentements. « Souvent les trains en retard et la paperasse administrative », observe Carole Delga. Cela a permis à la Région de développer l’application Fairtiq pour avoir tous les tarifs des trains ou d’instaurer le TER à un euro pour les clubs sportifs.

    Aller à la rencontre des citoyens permet aussi de « démonter les contrevérités de l’extrême droite qui réécrit l’Histoire », insiste Carole Delga, attachée à la décentralisation. Et de rappeler, ajoute Jérôme Monamy (PCF), que « le RN vote contre le TER à un euro » ou que la première mesure du nouveau maire RN de Carcassonne est un « arrêté anti-pauvres ».

    * Premières dates : marché de Lodève (25 avril), gare Saint-Roch à Montpellier (28 avril), marché de Méjannes-le-Clap (27 avril)
    et du Vigan (5 mai).

  • À Marseille, des bureaux transformés temporairement en tiers-lieu

    À Marseille, des bureaux transformés temporairement en tiers-lieu

    Au 148 rue Sainte, à quelques pas de l’abbaye Saint-Victor l’association Yes we camp transforme temporairement les anciens bureaux de l’entreprise maritime Bourbon en tiers-lieu. Alors que les 4 200m2 de ce bâtiment devaient être vacants, le temps d’obtenir les autorisations pour être transformé en logements, l’association a décidé d’en faire « Rivage », lieu d’accueil pour associations et artistes. Un nouvel espace que Yes we camp inaugure ce vendredi soir.

    C’est également ici que le projet Gr1 a déménagé. Un lieu ressource solidaire pour jeunes exilés à Marseille, organisé en partenariat avec Médecins sans frontières, Just, la Ligue de l’enseignement, le Secours catholique et l’Armée du salut. 500m2 en rez-de-jardin sont ainsi devenu un espace d’accueil pour ces jeunes.

  • À Toulon, 48h pour cultiver une ville plus durable

    À Toulon, 48h pour cultiver une ville plus durable

    Rendre les villes plus vertes, un effort auquel chacun peut participer, des collectivités aux habitants en passant par les associations et les commerçants : c’est l’objectif des 48h de l’agriculture urbaine, qui font étape à Toulon et dans cinq communes du département (La Valette-du-Var, Six-Fours-les-Plages, La Farlède, Le Val, Le Castellet) de vendredi à dimanche.

    Festival organisé depuis 2016 par l’Association française d’agriculture urbaine professionnelle (AFAUP), il se veut « l’événement vitrine de l’agriculture urbaine en France et en Europe ». Il défend trois objectifs : promouvoir l’agriculture urbaine et sa diversité auprès du grand public, encourager la création d’espaces cultivés en milieu urbain, et créer du lien social et favoriser les rencontres pour faire émerger de nouvelles initiatives. L’an dernier, 35 villes françaises y ont participé, avec plus de 1 000 activités participatives gratuites (ateliers, visites, projections-débats, conférences et tables rondes, banquets populaires, concerts…) pour débutants et passionnés.

    Marché des producteurs, atelier séchoir solaire…

    À Toulon, c’est au Collectif varois pour l’agriculture urbaine (CVAU) que l’on doit l’organisation de l’événement, avec un programme qui fait la part belle aux acteurs locaux du domaine. Les réjouissances débuteront vendredi, avec un premier atelier, place Vincent Raspail, qui consistera à fabriquer des jardinières à partir de palettes récupérées auprès des halles de Toulon. Celles-ci seront ensuite remplies à partir de compost, puis disposées sur les terrasses des halles. Une activité préliminaire à la soirée d’ouverture qui se tiendra dès 18h30 au Domaine d’Orves, à La Valette-du-Var, et sera le théâtre d’une conférence dédiée aux jardins nourriciers.

    Les animations se poursuivront samedi et dimanche. Des dizaines de producteurs locaux proposeront un marché de saison samedi, dès 8h, rue Paul Lendrin. Vous pourrez aussi découvrir l’agroécologie au jardin du Chemin ver.s.t, au Castellet, vous essayer à la fabrication d’un séchoir solaire au domaine de la Pierre Blanche, dans la même commune, ou pour les débutants, apprendre les bases du jardinage au jardin partagé de la Florane, à Toulon.

    Programme complet à retrouver sur les48h.com