Tag: Association

  • Des Provençaux distingués après une reconversion réussie

    Des Provençaux distingués après une reconversion réussie

    L’association paritaire Transition Pro (ex-Fongecif) accompagne les salariés dans leur projet de reconversion professionnelle à travers plusieurs leviers. Parmi ces derniers, le projet de transition professionnelle (PTP) permet à certains salariés de suivre une formation gratuitement.

    Pour avoir accès à ces financements, les salariés doivent former un dossier, qui une fois soumis à un agent, sera évalué selon sa faisabilité. Plusieurs critères détermineront alors l’attribution ou non du dispositif. Transition Pro accompagne aussi bien les salariés dans l’élaboration de leur dossier que dans le suivi de leur parcours, une fois le projet validé.

    En 2025, en région Paca, 1 532 dossiers PTP ont été présentés, indique l’association. Parmi eux, 1 062 ont été acceptés, ce qui représente un montant total de financement de plus de 28,7 millions d’euros. Au-delà de ce dispositif, ce sont plus de 3 800 personnes qui ont été suivies par l’agence en Paca, en 2025.

    Cinq des salariés accompagnés par Transition Pro Paca ont donc été récompensés, ce lundi, pour l’originalité et l’aspect inspirant de leur parcours. Les lauréats ont entre 34 et 60 ans, et ont chacun bénéficié du PTP.

    D’équipier magasin

    à éleveur ovin

    Parmi les parcours mis en avant lors de la cérémonie, Jérémie Isnard s’est imposé dans la catégorie « changer le monde à son échelle / impact positif ». Ancien équipier magasin chez Auchan, il a entamé une reconversion vers le monde de l’agriculture, en obtenant son Brevet professionnel responsable d’exploitation agricole, après avoir mûri son projet pendant près de cinq ans. « Quitter mon emploi et passer une année sans ressource, ça paraissait compliqué, mais j’ai eu la chance d’être bien entouré et soutenu », confie l’éleveur d’ovins. « Pendant le confinement, j’ai eu envie de voir autre chose. Je voulais travailler avec les animaux, dans un meilleur cadre de vie et reprendre l’exploitation familiale. Je suis aujourd’hui très satisfait que le projet ait abouti et que mon entreprise agricole existe. Il correspond d’avantage à mes aspirations et donne du sens à mon quotidien », témoigne-t-il.

    Sandrine Peire été récompensée dans la catégorie « Il n’y a pas d’âge ». À près de 60 ans, l’ancienne employée polyvalente est retournée à l’école et est devenue aide-soignante. « Je suis très fière d’avoir osé changer de trajectoire, cela en valait largement la peine », affirme-t-elle, tout en reconnaissant le travail et l’investissement nécessaire pour entamer une reconversion à cet âge.

    Hervé Proksch, président de Transition Pro Paca, a insisté sur le mode de gestion paritaire de la structure. Elle est gérée de manière égalitaire par les salariés et les employeurs. « Les salariés et les employeurs travaillent ensemble pour le même but, dans la même direction », précise le président.

    « En révélant des talents et en récompensant cinq nouveaux bénéficiaires, les Trophées de la reconversion démontrent l’impact concret de la reconversion sur les territoires, mais aussi l’impact sur la vie des personnes accompagnées », complète Hervé Proksch, pour qui cette cérémonie est également une occasion de faire connaître l’association et ses actions.

  • Un maire français frappé par des colons lors d’un voyage en Cisjordanie

    Un maire français frappé par des colons lors d’un voyage en Cisjordanie

    Maire communiste d’Aulnoye-Aymeries, dans le nord de la France, Bernard Baudoux a été agressé samedi alors qu’il était à Taybeh, un village de Cisjordanie. Il était sur place depuis mercredi, au sein d’une délégation de l’association L’Aulne et l’Olivier. Le séjour avait notamment permis de rencontrer des jeunes de l’école de Taybeh, une visite à Bethléem et à Ramallah, ainsi que l’officialisation du jumelage entre Aulnoye-Aymeries et Taybeh, samedi matin. « Un séjour profondément empreint d’humanité », témoigne le maire sur son compte Facebook avant d’ajouter : « C’est dans cet esprit que nous avons participé, quelques heures plus tard, à une récolte d’olives sur les terres de Taybeh. C’est alors que tout a basculé. »

    Ce déplacement a également intégré une mission de diplomates européens – français, belge et polonais – en visite en Cisjordanie occupée qui était présente à Taybeh samedi matin. « Trois véhicules sont arrivés. Plusieurs individus cagoulés, armés notamment de barres de fer, en sont descendus et se sont avancés vers nous avec une extrême agressivité, visant particulièrement les Français présents. J’ai immédiatement revêtu mon écharpe tricolore, symbole de la République française et du mandat que vous m’avez confié. Cela ne les a pas arrêtés », rapporte encore Bernard Baudoux avant d’ajouter : « J’ai été frappé à coups de barre de fer et de pied, avant d’être projeté au sol. Nous avons finalement réussi à rejoindre nos véhicules pour nous mettre à l’abri. »

    Si le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a « condamné fermement ces graves actes de violence », il les a imputés à des « émeutiers israéliens » sachant que des colons israéliens multiplient actuellement les attaques pour empêcher la récolte annuelle des olives. Il a également reproché aux consulats européens concernés de ne pas avoir coordonné la visite avec l’armée israélienne. Quant au Premier ministre Benjamin Netanyahu, son bureau a dénoncé une campagne de « diffamation » contre Israël et ses colons.

    Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a appelé les autorités israéliennes à « arrêter impérativement les responsables de ces actes révoltants » et à les « traduire en justice ». La Belgique, dont le consul général se trouvait aussi sur place, a condamné « avec la plus grande fermeté » cette attaque « perpétrée par des colons masqués ». La police israélienne a annoncé avoir ouvert une enquête et dit s’efforcer de « localiser les victimes, recueillir des témoignages et identifier les suspects, afin de les traduire en justice ».

  • Des hébergements pour les femmes victimes de violences

    Des hébergements pour les femmes victimes de violences

    Le CIDFF 04 (Centre d’information sur les droits des femmes et des familles) compte se doter, pour la première fois, d’un lieu d’hébergement pour les femmes victimes de violences et leurs enfants, à Digne. « L’idée, c’est d’avoir un refuge où elles peuvent se poser, travailler leur situation, sécuriser le volet social, mettre en place l’accès aux droits, travailler la situation des enfants, et se projeter, en fonction de leur situation professionnelle, vers l’après, avec un hébergement plus pérenne », explique Wided Halaoua, directrice du CIDFF 04.

    L’idée est de réaménager un bâtiment appartenant au bailleur social H2P, situé près du centre-ville de Digne, « de le réhabiliter, parce qu’il est un peu vieillissant, et d’en faire des locaux plus accueillants et plus confortables. La Cepac a la volonté d’apporter un standing plus élevé pour les femmes victimes de violences et leurs enfants, pour qu’elles aient un environnement agréable dans lequel vivre », avance la directrice. Un ascenseur doit notamment être installé. « Actuellement, le logement est occupé par une autre association qui va déménager. H2P attend un engagement définitif de l’État sur le projet, puisqu’on ne peut pas se lancer dans les travaux et réhabiliter complètement le logement si derrière, on n’a pas l’assurance que l’État financera des places d’hébergement pour le CIDFF », précise Wided Halaoua.

    Éloigner du danger

    « L’idée, c’est qu’il y ait des salariés dédiés pour le bâtiment, un temps d’accompagnement social et un temps de psychologue, et possiblement un veilleur de nuit », explique la directrice du CIDFF 04. Un psychologue et un travailleur social devront notamment être recrutés par l’association pour ce projet.

    La Caisse d’Épargne financera le bâti, et Solidarité Femmes 13 aidera le CIDFF « dans tout ce qui sera aménagement des locaux. Ils vont nous accompagner sur la recherche de financement liée spécifiquement à ça », indique Wided Halaoua. Une fois le bâtiment livré, la gestion courante sera financée par le CIDFF.

    L’association Solidarité Femmes 13 « porte toute l’ingénierie du projet, et nous fait bénéficier de leur expertise, puisqu’ils gèrent actuellement de l’hébergement pour les femmes victimes de violences, contrairement à nous », avance la directrice. Le projet prévoit 19 places d’hébergement et 11 logements, du studio au T2, selon elle.

    Des femmes d’autres départements pourront être orientées vers ce lieu d’hébergement à Digne « pour éloigner de manière plus efficace la personne ». De la même manière, des femmes du département des Alpes-de-Haute-Provence « à plus fort risque de représailles pourraient être orientées hors département » pour mieux les protéger et les éloigner du danger.

    Le besoin d’hébergement est d’autant plus important dans le département rural, « où les gens sont excentrés » et ont plus de mal à accéder aux services publics, avance Wided Halaoua.

  • À Gap, le Murmure des carillons sensibilise au deuil périnatal

    À Gap, le Murmure des carillons sensibilise au deuil périnatal

    En soirée, une marche a été proposée au centre-ville, terminant à la place Desmichels, parée de rose et de bleu, les couleurs du deuil périnatal.

    Agathe Di Lenardo.

  • [Entretien] Pierre Sube, Banque alimentaire : « Il faut donner plus avec moins de subventions »

    [Entretien] Pierre Sube, Banque alimentaire : « Il faut donner plus avec moins de subventions »

    La Marseillaise : De combien de bénévoles avez-vous besoin pour la collecte ?

    Pierre Sube : Rien que nous, à notre petit niveau, il faut qu’on ait entre 500 et 600 bénévoles sur les deux jours pour collecter. C’est très lourd à mettre en place. Sur deux jours, on ramasse habituellement entre 42 et 45 tonnes de marchandises. C’est entre 12 et 15% de nos besoins annuels qu’on collecte sur ces deux jours. Après, il faut les ramener ici, il faut les trier. Cela demande encore une semaine de travail.

    Est-il de plus en plus difficile
    de trouver des bénévoles
     ?

    P.S. : Depuis un an ou deux, ce n’est pas simple. L’an dernier, par exemple, il y a deux ou trois magasins qu’on n’a pas pu collecter parce qu’on n’avait pas assez de bénévoles. Chaque année, on se demande si on continue à faire les collectes, parce qu’il faut des bénévoles, du carburant, des véhicules… Il faut voir ce qu’on récolte et ce que ça nous coûte pour le récolter.

    Recevez-vous des subventions
    de l’État et de l’Europe
     ?

    P.S. : Heureusement oui, des donations en produits ou en subventions. Par contre, depuis deux ans, les subventions européennes et nationales sont en chute libre de l’ordre de 40 à 60%. C’est énorme, donc là on fait appel le plus possible, mais ce n’est pas facile non plus, à des mécènes privés pour les produits qui nous manquent.

    Savez-vous quel pourcentage
    de votre budget représentent
    les subventions européennes
    et de l’État
     ?

    P.S. : C’est quasiment tout notre budget. Si on n’a pas de subventions, on est morts. S’il n’y a pas d’aides du département, de l’État et de l’Europe, il n’y a aucune banque alimentaire ni aucun resto du cœur qui peut fonctionner, en France comme ailleurs. On fonctionne grâce aux subventions et à la générosité des entreprises privées ou publiques.

    Y a-t-il de plus en plus
    de bénéficiaires, de personnes
    qui sont dans le besoin
     ?

    P.S. : La précarité augmente depuis deux, trois ans, c’est certain. D’où l’exercice très compliqué auquel on est confronté : il faut qu’on arrive à donner plus avec moins de dons et moins de subventions. Donc ça devient très, très compliqué. D’où l’importance de la collecte annuelle qui a lieu les 6 et 7 novembre, qui est vitale pour nous chaque année, mais cette année encore plus compte tenu du contexte.

  • [Entretien] Claude Rémy : « Au Bois Noir, il ne faut pas replanter n’importe quoi »

    [Entretien] Claude Rémy : « Au Bois Noir, il ne faut pas replanter n’importe quoi »

    La Marseillaise : En quoi l’incendie du Bois de France de 2003 et l’incendie du Bois Noir de cet été sont comparables ?

    Claude Rémy : Dans les deux cas, il s’agit bien sûr d’incendies de montagne. Avec une végétation globale au niveau de la forêt : on a dans les deux cas beaucoup de résineux avec du pin sylvestre. Les altitudes sont semblables, mais l’orientation est un peu différente. Au niveau du Bois Noir, on a des terrains plus escarpés, donc avec plus de risques de chute de blocs et d’érosion. C’est peut-être ce qui peut limiter un peu la régénération, si on a des très fortes pluies qui peuvent raviner le sol.

    Quelques semaines après l’incendie, la végétation a-t-elle déjà commencé à revenir au Bois Noir ?

    C.R. : Pas énormément, mais il y a quelques plantes qui commencent à repousser. Et ça correspond à ce qu’on avait vu au Bois de France : des plantes bisannuelles, c’est-à-dire qui mettent deux ans pour fleurir ont démarré à pousser à l’automne. Il y a quelques lézards qui reviennent également… Mais tout va dépendre de l’impact de l’incendie au sol. Vous avez des zones qui sont où le sol est davantage brûlé. Là, ça aura plus de mal à partir.

    Combien de temps cela va-t-il prendre ?

    C.R. : Longtemps ! Au Bois de France, la biodiversité est revenue progressivement, très lentement, avec d’abord les plantes, qui ont attiré les insectes, qui à leur tour ont favorisé la pollinisation.

    Faut-il laisser la forêt se régénérer naturellement ou faut-il replanter ?

    C.R. : Certains îlots n’ont pas brûlé, et ils vont jouer un rôle important dans la régénération de la forêt. Il faut les préserver. De même pour les arbres complètement calcinés : ils peuvent servir de perchoir pour des oiseaux, qui eux transportent les graines. Mais la question fait débat. Le mieux serait une régénération naturelle, car on a déjà les espèces adaptées au climat et au sol, ce qui permet d’avoir des arbres plus résistants et ensuite un retour d’une forêt en bon équilibre avec le milieu. Mais l’inconvénient, c’est que cela prend beaucoup de temps, des dizaines d’années. Et dans le cas du Bois Noir, où il y a des risques naturels importants de chutes de blocs et glissements de terrain, il vaut peut-être mieux replanter pour aller plus vite. Mais il ne faut pas faire n’importe quoi. Il faut des essences adaptées au sol et au climat, et ne pas faire des reboisements monospécifiques. Car dans la forêt, on parle souvent de l’arbre, mais c’est en réalité un espace complexe où les êtres vivants dépendent les uns des autres. L’idéal, ce serait que différentes instances aux spécialités diverses discutent ensemble pour établir la meilleure stratégie.

    Entretien réalisé par Agathe Di Lenardo

  • À Aubagne, la détention provisoire requise contre le collégien

    À Aubagne, la détention provisoire requise contre le collégien

    La garde à vue du mineur a pris fin mercredi, en milieu de matinée. Ce dossier est supervisé par le Parquet national antiterroriste (Pnat). Celui-ci a ouvert, mercredi, une information judiciaire pour les chefs suivants : tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, en l’espèce ayant visé des enseignants ou des membres des personnels de collège ; association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes contre les personnes ; port et transport sans motif légitime d’armes, munitions ou de leurs éléments de catégorie C et D.

    Le placement en détention provisoire du mineur a été requis. Les investigations vont se poursuivre « sous la direction de trois juges d’instruction antiterroristes du tribunal judiciaire de Paris co-saisis ».

    Préméditation

    Dans un communiqué, le Pnat éclaire le parcours du collégien au sein de l’établissement, ainsi que l’arme qu’il a utilisée, « un fusil de chasse à canons superposés de marque Integra, modèle Slug, calibre 12 » avec « 14 munitions dont quatre percutées et un couteau pliable ».

    D’après le parquet, le jeune a pénétré lundi dans son collège, vers 9h20, « intégralement vêtu de noir et ganté ». Il a blessé par balles le proviseur et une enseignante. Puis, à l’étage, il a tiré au sol « devant une enseignante ». Dans une autre classe, il tirait « au-dessus » d’une professeure, « sans la blesser ». L’attaque a pris fin grâce à l’intervention du conseiller principal d’éducation.

    L’adolescent « reconnaît la matérialité des faits » et admet « avoir mûri son projet depuis plusieurs mois ». Il conteste « avoir voulu tuer des personnes ciblées ». Il explique que son acte aurait été motivé par « une volonté de vengeance en raison d’un harcèlement par ses professeurs et ses camarades », version qui « n’apparaît pas corroborée » à ce stade de l’enquête, selon le Pnat.

    Sur le profil, le jeune n’avait aucun antécédent judiciaire. L’examen psychologique réalisé « ne concluait pas à l’existence d’une pathologie psychique ». Il reconnaît avoir été « influencé » par la mouvance numérique True Crime Community, réseau virtuel dont les membres sont fascinés par les tueries de masse et leurs auteurs. Mais il conteste « avoir inscrit son action au nom de la True Crime Community ».

    Le parquet a donné des nouvelles des blessés. Le proviseur, lourdement touché, est toujours hospitalisé. Son ITT est fixée à 45 jours. La professeure est sortie de l’hôpital avec un ITT de 10 jours. L’établissement n’a toujours pas rouvert pour les élèves. Leur retour se fera progressivement à partir de jeudi, pour des temps d’échanges et d’écoute. Les cours reprendront après les vacances de la Toussaint.

    Le CPE distingué ?

    Alors que l’assaillant poursuivait son périple après avoir tiré plusieurs balles dans l’enceinte de l’établissement, c’est le CPE qui a réussi à désarmer et immobiliser l’élève de 14 ans, pendant qu’il descendait les escaliers. « Un acte héroïque », sans lequel « il aurait pu avoir beaucoup plus de victimes », d’après des élèves du collège. « Il y a une médaille de la ville qui est décernée, à qui le mérite. Je pense qu’il a de bonnes chances de l’avoir », confiait mardi le maire. Jean-Pierre Squillari (DVG), qui précise malgré tout que le CPE « n’aimerait pas qu’on le considère comme un héros ». S.V.

  • Des kilos de plastique aux abords du lac de Serre-Ponçon

    Des kilos de plastique aux abords du lac de Serre-Ponçon

    « Avant, je ne me préoccupais pas du plastique que je voyais en me baladant », se souvient Jean-Paul Coulomb, bénévole à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Écrins-Embrunais. Mais il y a dix ans, alors qu’il venait observer les oiseaux dans la zone humide du Liou, lieu riche en biodiversité le long du lac de Serre-Ponçon, il trouve « un champ de déchets » et décide de les enlever. Depuis, le retraité organise régulièrement des ramassages, mobilisant parfois des dizaines de personnes. Avec à leur actif plus de 110 000 litres de déchets plastiques extraits du lac, depuis janvier 2017 : « De quoi ériger une colonne de 1 mètre carré de base et 110 mètres de haut, soit deux fois la hauteur de la cathédrale de Notre Dame de la Garde à Marseille, statue de la Bonne Mère comprise ! ».

    Depuis la zone du Liou, lieu de passage pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs, « on se prend le vent plein pot », explique le retraité. Le lac ramène donc régulièrement des déchets plastiques, accrochés sur les centaines de bouts de bois portés par le courant. « Les vents et les courants les concentrent pour l’essentiel en amont du pont de Savines-le-Lac mais aussi, plus loin en aval en rive droite, jusqu’à l’anse du Riou Bourdou, sans oublier l’arrivée de l’Ubaye », explique la LPO. Il suffit de marcher quelques mètres à peine sur la berge et de fouiller le sol du bout de la chaussure pour observer des dizaines de morceaux de plastique en tout genre. « La plupart ne proviennent pas d’incivilités », note le bénévole. Pour comprendre la provenance de ces déchets, il faut plutôt se tourner vers d’anciennes décharges communales, implantées à proximité immédiate des cours d’eau dans les vallées. Quand des orages violents éclatent, les torrents emportent ces déchets, dont certains ont plusieurs décennies. « Une fois, j’ai trouvé une bouteille de lait dont l’année de péremption était 1978 », lance Jean-Paul Coulomb. Avec les années, il a l’œil : un instant lui suffit pour reconnaître l’origine d’un bout de plastique. Ici, un briquet, là une capsule de bouteille de gaz. Plus curieux, des dizaines de petits cylindres transparents sont visibles. « Il s’agit de biomédias, utilisés pour ceux-là par la station d’épuration d’Abriès, à plusieurs kilomètres d’ici, qui a fuité en avril 2025 ».

    Macro et microplastiques

    Au-delà de la pollution visuelle, c’est surtout les risques pour la santé humaine qui inquiètent les bénévoles de la LPO. « Les impacts sur le paysage et le tourisme, on s’en fiche presque. Ces macroplastiques se dégradent en microplastiques, explique Jean-Paul Coulomb. On en retrouve partout dans l’organisme humain. » Face à cette « bombe à retardement », les bénévoles regrettent que la puissance publique ne s’implique pas d’avantage.

    Agathe Di Lenardo

  • En danger, le secteur des solidarités se mobilise

    En danger, le secteur des solidarités se mobilise

    En Occitanie, plus de 230 organisations privées à but non lucratif travaillent sur le handicap, l’exclusion, le grand âge ou l’enfance. Elles s’estiment aujourd’hui à bout de souffle. Faute de moyens, ces associations, mutuelles ou fondations ont de moins en moins la capacité de répondre aux besoins croissants de leurs bénéficiaires.

    L’organisation qui les représente, l’Uniopss*, et son antenne régionale, l’Uriopss Occitanie, ont préparé une grande campagne de sensibilisation intitulée « Et si nous arrêtions vraiment ? ». L’objectif est de faire réagir l’opinion sur les conséquences qu’occasionnerait la disparition de ces structures. Du 12 au 17 octobre, elles sont appelées à ouvrir leurs portes au grand public, à s’exprimer sur les réseaux sociaux et à s’adresser aux décideurs politiques.

    L’Uriopss Occitanie compte sur cette mobilisation pour interpeller les parlementaires de la région, qui débattent actuellement du budget. L’organisation professionnelle demande une hausse des crédits publics afin d’accompagner l’évolution démographique et notamment le vieillissement de la population. « Le minimum serait que les moyens suivent le niveau de l’inflation », avance son directeur Guillaume Fritschy. Au niveau national, le président de l’Uniopss, Daniel Goldberg, espère provoquer un sursaut chez les candidats à la présidentielle. « Nous voulons poser une question très simple à toute la société : et si nous arrêtions vraiment, que deviendrait notre cohésion sociale ? Qui ferait ce que nous faisons aujourd’hui ? », questionne-t-il dans un communiqué.

    Le scénario d’une disparition relève de moins en moins de la science-fiction. Le secteur associatif est confronté à un effet de ciseau. Les crédits publics, dont il dépend largement, connaissent une érosion. En 2025, la moitié des associations ont fait état d’une perte de financements publics, selon l’Uriopss. En face, les dépenses s’accroissent. À la faveur de l’ancienneté, une partie des salaires augmentent. Les employeurs de l’économie sociale et solidaire doivent également assumer la fin de l’exonération de la taxe d’apprentissage. L’inflation aggrave le tout.

    Contre-attaque

    Les associations sont d’autant plus fragilisées qu’elles sont mises en concurrence avec des opérateurs à but lucratif, par exemple dans le cas des crèches. Leur modèle économique n’est pas adapté aux lois du marché. Car, comme le rappelle le directeur de l’Uriopss Occitanie, elles ne peuvent pas jouer sur les prix. Pire, leur vocation d’intérêt général est invisibilisée. « Les pouvoirs publics vont considérer les associations par leurs prestations et beaucoup moins pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire des espaces de construction citoyenne », pointe Guillaume Fritschy.

    L’Uriopss Occitanie entend aussi riposter à la suite de la parution, le 20 septembre, de la Une du Journal du dimanche titrée « 60 milliards engloutis par les associations ». L’organisation professionnelle estime que le secteur a été injustement mis en cause par l’hebdomadaire, propriété du milliardaire Vincent Bolloré. « Les associations n’engloutissent rien », clarifie Guillaume Fritschy. « Leurs financements sont réinjectés dans le service rendu aux personnes les plus vulnérables. »

    *Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux

  • À La Seyne, les Amis du Laborieux sont prêts à reprendre les rênes

    À La Seyne, les Amis du Laborieux sont prêts à reprendre les rênes

    C’est un article paru récemment chez notre confrère Var Matin qui a mis le feu aux poudres. Le président de l’association Les Amis du Laborieux laissant entendre une probable dissolution de la structure. Remontés, les adhérents ont donc à leur tour pris la plume pour affirmer leur volonté à poursuivre l’activité de sauvegarde d’un des vestiges qui témoigne de la grandeur industrielle passée de l’ex-Cité des Chantiers : la restauration de ce remorqueur labellisé « Bateau d’intérêt patrimonial » (BIP).

    Construit entre 1946 et 1947 par les apprentis des Forges et Chantiers de la Méditerranée, ce « pousseur » a acheminé des tonnes de pièces et transporté les ouvriers dans la rade jusqu’à la fermeture des chantiers navals, en 1989.

    Laissé à l’abandon pendant 32 ans près du fort Balaguier, le bateau avait déjà subi les ravages de la rouille avant la création des Amis du Laborieux, en 2021. Depuis, des milliers d’heures de travail ont été consacrées à sa réhabilitation par les bénévoles, parmi lesquels d’anciens salariés des Chantiers, avec l’aide d’élèves du lycée Langevin (classe de ferronnerie et de menuiserie) et du CFA.

    C’est pourquoi les propos de Marc Lefèbvre, président-fondateur de l’association, créent tant de remous.

    En s’adressant directement à lui, les adhérents lui renouvellent leur estime et lui reconnaissent le droit de vouloir s’arrêter. Mais tiennent aussitôt à préciser : « Nous sommes nombreux à vouloir continuer et sommes prêts à assumer les responsabilités qui en découlent. »

    Ils lui demandent donc de convoquer le plus rapidement possible une assemblée générale, pour accepter officiellement sa démission et élire un nouveau conseil d’administration. Sans quoi, préviennent-ils, ils prendront eux-mêmes l’initiative.