Tag: Association

  • [Entretien] Maurice Marsiglia : « Il existe des tas de solutions »

    [Entretien] Maurice Marsiglia : « Il existe des tas de solutions »

    La Marseillaise : Quel est votre sentiment à l’annonce de cette décision ?

    Maurice Marsiglia : Très étonné. Pas par la finalité mais par le timing. On savait que la gratuité n’était pas acquise et on continuait à se battre pour son maintien et son extension. Mais on pensait avoir plus de temps. Le président de la Métropole avait signé un courrier au Premier ministre pour une augmentation du versement de mobilité. On le croyait dans une autre optique.

    Comment est perçue la gratuité ? On sent une colère mais aussi du fatalisme.

    M.M. : C’est quelque chose de très positif que tout le monde a intégré et on sent une opposition totale à sa remise en cause, ce qui nous laisse un espoir dans la bagarre qu’on va mener. Après, ce fatalisme est peut-être inhérent à notre société qui n’a plus obtenu de victoire sociale depuis longtemps. Donc on va informer le public et construire des mobilisations importantes. N’oublions pas qu’on a réuni jusqu’à 600 personnes alors qu’il n’y avait que des bruits. La seule question, c’est vers qui les orienter ?

    Un tarif social est mis sur la table ?

    M.M. : La SDL est contre. 30 à 40 % des gens qui pourraient bénéficier de cette tarification ne la demanderaient pas. Il faut oser dire, je suis pauvre. Et puis ça ne règle pas les problèmes de billetterie, de contrôleurs… Au final les économies qu’on peut faire avec la gratuité sont perdues.

    Quelles solutions vous avancez ?

    M.M. : Depuis des années on se bat pour l’augmentation du versement en mobilité : Au même niveau que la région parisienne, ce serait 220 millions. Une autre solution serait de récupérer les délégations de services publics qui arrivent à terme, en régie publique. Car les sociétés qui gèrent les DSP versent des dividendes à leur actionnaire et cet argent pourrait servir aux transports. Il existe des tas de solutions pour maintenir cet accès libre et l’étendre partout.

  • [Entretien] Kamar-Eddine Ben Abdallah : « C’était très difficile de devenir un sans-papiers »

    [Entretien] Kamar-Eddine Ben Abdallah : « C’était très difficile de devenir un sans-papiers »

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

    Kamar-Eddine Ben Abdallah : Je viens des Comores. Après des études en Guinée, je suis retourné au pays avec cette ambition d’être un grand politicien, avec des objectifs, des principes concrets, moi qui ai lu Mandela, qui ai suivi les histoires de Patrice Lumumba, Thomas Sankara, des révolutionnaires progressistes. Je me suis nourri de ces principes. Je me suis engagé dans le syndicalisme et la politique. Je suis allé jusqu’au bout, on s’est disputés jusqu’à aller aux élections, mais il y avait un climat insupportable au village. J’ai été recruté pour enseigner dans un collège, où j’ai eu une formation syndicale et j’ai été élu délégué des professeurs. Le syndicat CTTC (Confédération des Travailleuses et Travailleurs des Comores) m’a proposé un poste de président du comité des jeunes syndicalistes, qui venait d’être créé. Je voulais réaliser des projets concrets pour le développement du pays.

    Comment avez-vous vécu
    votre arrivée en France en 2017
     ?

    K.-E.B. : Quand j’ai entendu ce que vivaient les Comoriens, les étrangers, les Arabes, les Africains en France, dans la rue, partout, je me suis dit qu’il fallait défendre cette cause. Moi qui étais président au syndicat, professeur de français, c’était très difficile d’arriver en France et de devenir un sans-papiers, d’être comme un enfant parce que je ne sors pas, je suis clandestin. En 2019, je me suis installé dans le 3e arrondissement de Marseille, où j’ai eu ma petite case, un studio de 18 m2. C’est là où j’ai commencé à m’intégrer petit à petit. Pendant le Covid, un collectif d’entraide a été monté. Ils ont frappé à ma porte, deux jeunes femmes m’ont donné un colis alimentaire. J’étais ému, ce geste m’a beaucoup plu. On m’a tendu la main, j’ai voulu réciproquer. Moi aussi, j’avais envie de manifester ma gentillesse, d’être reconnaissant. Je leur ai demandé de les rejoindre et de faire comme elles. Elles ont dit « avec plaisir », et depuis, j’ai intégré ce collectif d’entraide entre habitants du 3e arrondissement. Je les aide à faire de la traduction quand il y a besoin. J’ai bénéficié d’ateliers d’une compagnie de théâtre, et j’ai eu l’idée d’écrire une pièce pour parler de ma vie et des injustices, des problèmes existant ici. Mon metteur en scène m’a demandé de trouver un titre, et on a choisi ensemble Moi, sans papiers, dans le canapé.

  • La municipalité de La Seyne a-t elle des griefs envers la Résistance ?

    La municipalité de La Seyne a-t elle des griefs envers la Résistance ?

    L’Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance (Anacr) a été privée de parole pour la cérémonie du 26 août commémorant de la libération de La Seyne.

    « Et ce n’était qu’un début », s’indigne Louis Vaisse, en expliquant que lors de la réunion du comité de coordination des anciens combattants de La Seyne, le 7 septembre, l’élu délégué par la municipalité a indiqué qu’elle ne serait plus autorisée à intervenir officiellement lors de cet hommage. Et qu’elle devrait se contenter de lire le message national lors de la cérémonie du 27 mai, Journée nationale de la Résistance depuis 2013. « Ce qui, aux dires du représentant municipal, est déjà bien suffisant ! », rapporte le militant.

    Plus grave encore, le comité local qui emmène une centaine de collégiens sur les lieux de mémoire à Signes où ont eu lieu des massacres de Résistants, en sollicitant les communes de La Seyne et Six-Fours pour le prêt d’un bus, s’est vu opposer un refus tout aussi catégorique de l’élu de l’ex-cité des Chantiers. Ce dernier déclarant : « Cela vous arrange bien que cela soit à Signes. Pourquoi n’allez-vous pas dans le haut Var ? » Pour mémoire, Signes fait également partie des communes tombées dans les bras du Rassemblement national. Le parti à la flamme, héritier de celui créé avec Jean-Marie Le Pen par d’anciens membres de la Waffen SS craignant peut-être que soit rappelé que leurs aînés n’étaient pas vraiment du bon côté de l’Histoire.

    Alors que la sortie pédagogique vise à faire vivre le devoir de mémoire en évoquant deux mouvements de résistance, un réseau de renseignement, et d’expliquer ce qu’est une nécropole nationale. Mais aussi leur faire découvrir, in situ, le lieu où s’est effectuée la jonction entre une partie de l’armée du général de Lattre de Tassigny et les résistants lors de la bataille de Toulon.

    Mais pas question d’en rester là, promet Louis Vaisse.« Nous allons donc réitérer nos demandes chaque année. Et nous serons à Signes, en espérant trouver une solution pour y emmener les élèves, comme chaque année sous les municipalités précédentes », conclut le comité local.

  • Maurras enflamme la Semaine provençale d’Avignon

    Maurras enflamme la Semaine provençale d’Avignon

    Pour la 11e édition de la Semaine provençale, l’association qui l’organise, l’Oustau de la Cultura Prouvançalo, aura connu des préparations moins agitées. La programmation de la lecture d’un texte de Charles Maurras, auteur d’extrême droite nationaliste, xénophobe et antisémite du XXe siècle, lors d’une conférence organisée ce vendredi 2 octobre à la bibliothèque municipale Ceccano d’Avignon a mis le feu aux poudres. Une lecture qui sera « contextualisée », assure-t-on du côté de la municipalité, co-organisatrice.

    « Le but n’est pas de le mettre en évidence ni de le porter aux nues », affirme Bernard Deschamps, membre de l’association qui a participé à la programmation. La lecture de quelques lignes d’un « texte de jeunesse » qui aurait été écrit en provençal en 1890 « en quelque sorte pour l’office de tourisme de Martigues » à l’occasion d’une exposition autour d’Henri Bosco, servirait simplement à rappeler le rôle qu’a tenu Charles Maurras au sein du Félibrige, organe de promotion et de la sauvegarde de la langue d’oc « dans lequel il a mis la panique et dont on veut informer les gens », poursuit-il. Et assure « qu’il y a de tout » dans ces lectures, citant en exemple trois textes d’André Chamson « qui fut un grand résistant et académicien ».

    Tandis que la section locale de la France insoumise avait déjà exprimé son incompréhension à propos de cette programmation, la Ligue des droits de l’Homme s’est également empressée de lancer un appel à « l’ensemble de la société civile, les intellectuels, les universitaires et les écrivains à se mobiliser fermement pour faire barrage à la légitimation publique d’une pensée haineuse, antisémite et antirépublicaine ».

    Expos et concerts

    Une polémique que les organisateurs tentent de faire oublier avec une programmation fournie pour la dizaine de jours de l’événement. Avec tout d’abord une inauguration musicale le samedi 26 septembre entre la place Pie et le Palais du Roure avec estrassaires et distributions de programmes. Puis un concert d’orgues le soir à la métropole de Notre-Dame des Doms. Ou encore une initiation aux histoires et contes de Vaucluse le mercredi 30 septembre à 15h30 à la bibliothèque municipale du Puzzle. Où seront présentées les légendes de la Tarasque, le Drac ou la Coulobre de Fontaine-de-Vaucluse. L’occasion également de faire des initiations aux plus jeunes, notamment avec les écoles de Montfavet.

    Un événement qui est appelé à se développer sous la nouvelle municipalité, assure Eric Peytié, adjoint au maire d’Avignon délégué à Montfavet et à la culture provençale. « Nous avons envisagé plusieurs manifestations afin de mettre la culture provençale à sa place à Avignon », explique-t-il. En évoquant la création d’un autre week-end annuel « pour la faire rayonner encore plus ».

  • Un baromètre citoyen pour premier bilan d’Olivier Galzi

    Un baromètre citoyen pour premier bilan d’Olivier Galzi

    Après avoir lancé, début juillet, le mouvement-laboratoire d’idées « Voix d’avenir, voix d’Avignon », Julien Paudoie a entamé sa première phase concrète. Le président de l’association, par ailleurs référent Renaissance à Avignon, a initié un baromètre citoyen en ligne * qui se veut une consultation sur les six premiers mois de la nouvelle municipalité Galzi (DVD).

    Ouvert depuis début septembre et jusqu’à mi-octobre, le baromètre a dépassé les 500 réponses. Quelque 25 questions sont posées sur la propreté, la sécurité, le commerce, les mobilités mais aussi les finances ou la relance de la LEO. « Tous les quartiers sont représentés mais avec une dominance de l’intra-muros, il ressort des choses positives et d’autres moins », décrit Julien Paudoie, qui ne souhaite pas dévoiler en détail le contenu, ni livrer son avis sur les six mois « pour que les gens continuent à s’exprimer en toute franchise et garder un positionnement pour faire avancer Avignon ».

    Un baromètre qu’il compte mettre un peu en sommeil suite au décès soudain de Michel Adam, adjoint à la propreté, une des thématiques fortes du baromètre. La démarche s’inscrit dans un temps long et « de fond pour construire des propositions et pourquoi pas organiser des débats contradictoires sur la LEO ou les rythmes scolaires », projette Julien Paudoie. « On voit beaucoup d’avis sur les réseaux sociaux, mais ce qui s’y exprime ne constitue pas nécessairement le reflet de ce que pense l’ensemble des habitants », juge-t-il. D’où l’idée de ce baromètre « pour prendre la température et avoir un outil qui rassemble tous les avis ».

  • Face à une baisse de moyens, l’Atelier de la langue française appelle aux dons

    Face à une baisse de moyens, l’Atelier de la langue française appelle aux dons

    Parmi les structures impactées par le non-vote du budget de la Métropole, l’Atelier de la langue française. Sur le territoire, l’association, montée il y a treize ans par une équipe de six étudiants, est notamment connue pour l’organisation du prestigieux Festival de l’éloquence, tenu aux alentours du mois de mai. L’annonce, pour elle, est abrupte : plus aucune subvention de la part de la Métropole cette année 2026, soit une coupe de 110 000 euros, au total, pour l’Atelier. Précisément, moins 80 000 euros versés par la Métropole et, par « rebond », moins 30 000 euros normalement versés par la Ville. Les équipes de l’Atelier s’attendent aussi à ce qu’aucune subvention ne leur soit versée pour l’année 2027. « Pour assumer une telle baisse alors qu’on est en fin d’année, c’est très compliqué. On freine tout. On va passer une partie des équipes en chômage partiel, on se débrouille comme on peut pour que ça ne coule pas mais on n’est pas magiciens », se désole Gislain Prades, secrétaire général de l’Atelier de la langue française. L’association est aussi contrainte de déménager, dans les mois à venir et de réduire ses déplacements. Pour poursuivre leurs diverses missions sociales, qui s’étendent au-delà du festival, l’Atelier de la langue française lance également un appel aux dons. Pour ce faire, un lien est accessible via le site de l’Atelier.

  • À Briançon, MapeMonde toujours sans subvention de l’État

    À Briançon, MapeMonde toujours sans subvention de l’État

    Entre deux portes, au premier étage du centre social de Briançon, deux bénévoles discutent des complications administratives rencontrées par les personnes qu’elles accompagnent. À quelques mètres de là, une quinzaine d’adultes suivent un cours de français. Nichée au bout du couloir, une porte est grande ouverte : celle du bureau de la MapeMonde. « On a pour but de favoriser l’accès à l’intégration des personnes étrangères », explique Océane, salariée. Cours de théâtre, sport, cuisine, leçons de français hebdomadaires et aide juridique : une trentaine de bénévoles, et deux salariées accompagnent près de 280 personnes par an, issues de 55 nationalités différentes.

    Coline est chargée des permanences juridiques et dénonce un processus d’obtention de titres de séjours ou de naturalisation toujours plus défaillant. Les procédures sont par exemple très souvent dématérialisées, alors que la plupart des personnes n’ont pas d’ordinateur, et parfois même pas internet sur leur téléphone. « Il y a de plus en plus d’exigence, par exemple en ce qui concerne l’examen de langue française, mais de moins en moins de moyens », complète Océane.

    Financée principalement par des dons et des fondations, MapeMonde a fait cette année une demande de subvention à la préfecture en partenariat avec France Terre d’Asile, qui assure des missions similaires à Gap. Cette dernière a pu recevoir des financements, contrairement à la MapeMonde. « C’est un choix politique, estime Océane, un traitement différencié entre le sud et le nord du département. »

    Agathe Di Lenardo

  • La place des femmes en débat au centre Velten

    La place des femmes en débat au centre Velten

    Le collectif Forum Femmes Méditerranée, né en 1993 suite à la première Rencontre internationale des femmes de la Méditerranée, œuvre au quotidien pour le droit des femmes et lutte contre toutes les formes de violences.

    « Nous menons ce combat à l’échelle internationale, nationale, mais aussi par du concret, sur le terrain », lance Esther Fouchier, présidente de l’association, lors du débat organisé vendredi.

    Hommage à Yvette Roudy

    Pendant cette discussion, il a été question du rapport produit en 2025 par l’association, intitulé Femmes de Méditerranée : Entre résistances et stratégies de pouvoirs. La présidente, ainsi que Martine Levy et Françoise Morvan, membres du conseil d’administration, ont pu présenter un résumé de ce qui se veut être un bilan de l’évolution de la condition des femmes méditerranéennes, trente ans après la conférence euroméditerranéenne de Barcelone de 1995.

    Toutes les trois constatent encore des inégalités importantes et persistantes, notamment au sujet de la propriété, de l’héritage et des droits sexuels et reproductifs. « Dans le Pacte pour la Méditerranée, un seul mot cite les femmes au détour d’une énumération. Et quand on ne nomme pas, on invisibilise », rappelle Esther Fouchier.

    La présidente a conclu cette discussion avec un hommage à Yvette Roudy, première femme ministre du Droit des femmes. « Elle a fait passer le féminisme du militantisme à la politique publique », scande Martine Levy, en rappelant les importantes conquêtes sociales de l’ancienne ministre.

    Une autre journée d’animations est prévue le 26 septembre au centre social Romain-Rolland de 13h30 à 19h.

  • Dix places en résidence d’habitat inclusif à la Garde pour des personnes en situation de handicap

    Dix places en résidence d’habitat inclusif à la Garde pour des personnes en situation de handicap

    Solution destinée aux personnes en situation de handicap et/ou âgées, l’habitat inclusif permet à chacun de vivre chez soi en gardant son autonomie, tout en partageant une partie de son quotidien avec ses voisins. Pour autant, le résident y reste maître de ses choix : l’aspect collectif se veut complémentaire, afin de partager, s’entraider et co-construire des projets. Le tout sous l’égide d’un animateur présent pour faciliter le quotidien, avec la possibilité de faire appel à des praticiens de santé et prestataires d’aide à domicile.

    Un nouvel appel à projet lancé

    C’est le principe de la résidence « Choisir d’habiter ensemble à la Garde » et ses dix logements ouverts en juin 2025, pérennisant les anciens appartements de préparation et d’entraînement à l’autonomie (APEA) de La Garde. Elle a été inaugurée vendredi par les collectivités et APF France Handicap, association dédiée à l’inclusion, qui en est gestionnaire. Le projet, financé par le département via le dispositif d’aide à la vie partagée (AVP) – d’un montant maximum de 7 500 euros par an et par habitant, versé aux porteurs de projets pour en financer l’animation et la coordination – fait partie des « 21 habitats ouverts dans 18 communes, bénéficiant à 163 Varois, avec plus de 250.000 euros investis dans sept lieux de vie » précise le président du département, Jean-Louis Masson.

    Une orientation qui va se poursuivre puisqu’un nouvel appel à manifestation d’intérêt pour financer plus de 100 AVP supplémentaires vient d’être lancé, avec l’objectif d’atteindre les 450 et 3 millions d’euros par an à l’horizon 2029-2030.

  • [Entretien] Michel Dolot : « La culture de la paix, outil de cohérence entre toutes les luttes »

    [Entretien] Michel Dolot : « La culture de la paix, outil de cohérence entre toutes les luttes »

    Créée en 1948, l’association du Mouvement de la paix s’inscrit pleinement dans la dynamique de la Journée internationale de la paix, en promouvant la culture de la paix et en appelant à un cessez-le-feu général.

    La Marseillaise : En
    quoi consiste la Journée internationale de la paix qui
    a lieu ce lundi 21 septembre
     ?

    Michel Dolot : Premièrement, cette journée est bien une journée internationale et non mondiale, c’est-à-dire qu’elle est le résultat d’une décision prise par l’ONU. Cette résolution fait du 21 septembre un jour de promotion de la paix, qui a pour objectif de libérer les êtres humains de la peur de la guerre et permettre à tous de vivre dignement. Concrètement, il est demandé un cessez-le-feu général et la promotion de la culture de paix à travers le monde.

    Est-ce que, cette année, votre action prend une résonance différente avec un climat
    de violence omniprésent ?

    M.D. : Pour cette année, nous avons souhaité donner un rayonnement particulier à notre action dans les Bouches-du-Rhône en essayant d’imposer la question de la paix dans le débat politique, en vue des élections qui arrivent en 2027. On a donc écrit un courrier aux 127 maires du département, en leur demandant de marquer cette journée. Certaines mairies la célébraient déjà, mais elles restaient minoritaires. La lettre a permis à plusieurs autres municipalités de rejoindre le mouvement. Dans les guerres qui dictent le monde actuel, les puissances se battent contre les puissances, maintenant la planète s’invite dans ce débat et on ne négocie pas avec la planète.

    Quelle place prend la lutte
    pour la paix dans les Bouches-
    du-Rhône
     ?

    M.D. : À Istres, la base aérienne abrite des armes nucléaires. Donc en cas de guerre avec une autre puissance, elle devient une cible et les habitants du département seraient en première ligne. En cas d’explosion sur la base à Istres l’espérance de vie est d’environ vingt minutes. Donc il y a de quoi s’inquiéter de cette théorie de la dissuasion et de sa pertinence.

    Quelles actions sont prévues dans le cadre de cette journée ?

    M.D. : Nous avons donné rendez-vous, pour le début de la manifestation, à 18h en bas de la Canebière. Nous remonterons ensuite tous ensemble jusqu’aux Réformés, où se tiendra notre meeting. Plusieurs de nos partenaires tels que la CGT, FSU, d’autres responsables du Mouvement de la paix et autres prendront la parole. Nous distribuerons également des papillons en papier avec écrit « stop la guerre » ou encore « cultivons la paix ». D’autres actions sont prévues au cours de la semaine dans le reste du département.

    En tant que Journée internationale, elle devrait être célébrée dans le monde entier, mais il est difficile d’en faire la mesure. Les États ont tous signé, mais ne font pas grand-chose pour la mettre en œuvre, ils s’appuient généralement sur la société civile pour qu’elle fasse vivre cet événement.

    Avez-vous des attentes particulières vis-à-vis
    de ces manifestations ?

    M.D. : Pour dire vrai ce ne sont pas des attentes mais des espoirs. La culture de la paix est proposée comme un outil de cohérence entre toutes les luttes contre la domination, qui forme un cercle qui mène à la guerre. Il faut donc s’attaquer à toutes les formes de domination, que ce soit par le féminisme, la lutte pour avoir un toit au-dessus de sa tête… Il faut rompre ce cercle de violence. Et rappelez-vous qu’il y aura un 21 septembre l’année prochaine aussi.

    LES RENDEZ-VOUS

    Salon-de-Provence

    Rassemblement, lundi 21 septembre à 19h devant la mairie.

    Port-de-Bouc

    Rassemblement le mercredi 23 septembre à la pyramide de la paix, à 14h pour une exposition de dessins d’enfants, puis à 18h pour un meeting.

    Martigues

    Journée de clôture de nombreuses festivités dédiées au sujet en début de semaine le mercredi 23 septembre au jardin de Ferrières de 13h30 à 18h.