Tag: Association

  • [Entretien] « On a des enfants présentant des fragilités psychiques de plus en plus importantes »

    [Entretien] « On a des enfants présentant des fragilités psychiques de plus en plus importantes »

    La Marseillaise : Pouvez-vous présenter votre association ?

    Jérôme Leneveu : Notre association est née en 1936. Son ADN est de protéger les enfants du département du Vaucluse. On a d’abord des maisons d’enfants à caractère social, des centres d’accueil. On en a trois sur le département, dont deux à Montfavet et une sur Mazan avec en tout 300 salariés. On accueille une centaine d’enfants qui sont protégés parce qu’il y a eu effectivement des traumatismes. Après, on a des services qui interviennent avec les deux, l’Aide sociale à l’enfance et les magistrats pour éviter d’aller dans ces établissements, pour essayer de rétablir le lien avec les parents.

    Que va-t-on retrouver pendant cette journée ?

    J.L. : La journée de ce samedi, c’est ni plus ni moins la rencontre entre les enfants qu’on accueille aujourd’hui, avec les anciens jeunes accueillis et les anciens salariés de l’association. Avec un moment très festif autour du cirque que les jeunes ont pu préparer. On a préparé les mouchoirs ! Une journée très festive, très simple, avec beaucoup d’activités, d’animations centrées sur les enfants.

    Comment cette action a-t-elle évolué depuis 1936 ?

    J.L. : Moi, je n’ai que 50 ans, je ne suis pas jeune, je ne suis pas vieux. Mais je vois qu’aujourd’hui, on a des enfants qui ont à la fois besoin de protection, mais qui sont aussi psychologiquement très défaillants. Il y a des évolutions du public. Ce qu’on constate, c’est un rajeunissement de la prise en charge des enfants. La moyenne d’âge diminue. On a des problématiques de prostitution de mineurs. Chose que moi, qui suis dedans depuis 30 ans, je n’avais pas vue avant ces cinq dernières années. Donc, il faut travailler avec ces établissements sanitaires et la justice. Pour la petite anecdote, l’association a été créée par le procureur de la République d’Avignon car les juges faisaient des mesures de placement, mais n’avaient pas d’endroit où placer. Et après-guerre, du coup, on a eu des conseils d’administration qui sont devenus beaucoup plus paritaires avec des personnes de la société civile.

    Comment voyez-vous l’avenir ?

    J.L. : Aujourd’hui, on a une relation qui est très sereine avec le Département. On est dans des projets communs, collaboratifs. Donc l’avenir, ce n’est pas forcément de nous développer à tout prix. C’est plutôt de venir essayer d’améliorer l’accompagnement de ces jeunes en Vaucluse.

  • Du sport inclusif pour sensibiliser au handicap

    Du sport inclusif pour sensibiliser au handicap

    Hand fauteuil, pararugby, volley assis… Ces trois sports adaptés aux personnes blessées ou en situation de handicap seront proposés ce samedi à Château-Arnoux, pour la deuxième édition du challenge Invictus Days, organisé par le club de handball, présidé par Matthias Autrique, également marin pompier. « Vu que j’ai cette affinité avec les armées, je me suis dit que ce serait bien de rassembler des militaires blessés, des civils blessés, des valides, parce que le hand-fauteuil n’est pas réservé qu’aux blessés, pour pouvoir se rendre compte que l’activité sportive, c’est pour tout le monde », explique-t-il. L’idée est également de mettre en avant la reconstruction par le sport et de « changer le regard sur le handicap », ajoute le président du club.

    Des militaires, des gendarmes et des marins-pompiers blessés de Marseille participeront notamment au challenge ce samedi. L’année dernière, pour la première édition, 150 personnes avaient participé. Pendant que les équipes tournent entre les trois sports dans le gymnase, un minichallenge sera proposé aux enfants au boulodrome adjacent de 10h à 12h. L’office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) proposera également une exposition sur les militaires blessés et le sport. Jean-Louis Martinez, un écrivain qui écrit sur les blessés militaires, sera aussi sur place. Le club de volley de Sisteron, qui a une licenciée sélectionnée en équipe de France de volley assis, animera ce sport.

    « L’aboutissement, c’est de créer une équipe de hand fauteuil sur Château », lance Matthias Autrique.

  • Le marché solidaire de Port-de-Bouc devient un filet de sécurité alimentaire

    Le marché solidaire de Port-de-Bouc devient un filet de sécurité alimentaire

    À 10 heures, le petit marché est déjà vide. « Les adhérents sont venus tôt pour être sûrs de repartir avec des légumes », explique Nadia, facilitatrice de lien social au sein du centre social Nelson Mandela. Il faut dire que l’offre est imbattable : disposés sur l’unique étal, des produits issus de l’agriculture biologique attendent les habitants, pour un prix bradé à – 50%.

    Graine de soleil anime cette distribution mensuelle dans le quartier de Tassy. Chaque 1er jeudi du mois, l’association s’installe également aux Amarantes. Hector Lepage, qui a récemment rejoint les rangs de la structure, détaille : « On a une exploitation de 4 hectares à Châteauneuf-les-Martigues. On y accueille 30 à 35 personnes en insertion professionnelle, avec des contrats allant de 6 mois à deux ans, pour les aider à retrouver un emploi par le biais du maraîchage. (…) À côté de ça, on est agrémenté “structure d’aide alimentaire“, donc on peut vendre nos fruits et légumes à un prix solidaire pour permettre une meilleure accessibilité alimentaire aux habitants des quartiers défavorisés ».

    La qualité à un prix accessible

    Le sujet est loin d’être anecdotique. Face à la hausse persistante du coût de la vie, l’alimentation s’impose comme la première variable d’ajustement budgétaire des ménages modestes. La 2e édition du baromètre national réalisé par Ipsos bva pour l’Association nationale des épiceries solidaires (Andès) révèle que 54% des travailleurs pauvres restreignent leur quantité de nourriture. 70% déclarent s’alimenter essentiellement de féculents, tandis que 68% disent ne pas manger pas suffisamment de fruits et légumes frais.

    À Tassy, fléché quartier prioritaire de la politique de la Ville, les travailleurs sociaux voient la précarité grimper en flèche. « Avec l’augmentation de l’essence, du prix de l’énergie, l’inflation… la situation s’empire, affirme Nadia. Nos adhérents ont de petits revenus, on a beaucoup de familles nombreuses, de mamans solos. » Pour tenter d’enrayer cette spirale, Graine de soleil multiplie les marchés solidaires. « On en anime plus de 90 par an, notre production a explosé de 30% en deux ans pour être capable de suivre », témoigne Hector Lepage. « Les habitants demandent à avoir des produits de qualité à un prix accessible. Ils peuvent trouver des légumes moins chers à Lidl mais ils préfèrent avoir du bio et du local. »

    En fin de matinée, un retraité sort de son immeuble et traverse le City stade pour remplir son panier. « Il y a des marchés à Port-de-Bouc, mais ils proposent très peu de bio, confie-t-il. Puis il faut descendre en centre-ville. » D’où l’importance, pour Nadia, de faire de l’ultra proximité.

  • L’impact du Front populaire, de l’Espagne à la Provence

    L’impact du Front populaire, de l’Espagne à la Provence

    La conférence intitulée « Le Front populaire, de l’Espagne à la Provence et Marseille, de 1936 à 1938 » est co-organisée par le Musée et l’association Promemo (Provence, Mémoire et Monde ouvrier), présidée par Gérard Leidet. Les intervenants reviendront sur l’histoire et l’impact des Fronts populaires français et espagnol sur les structures politiques et patronales.

    Plusieurs universitaires participeront à la discussion : Xavier Daumalin, professeur émérite d’histoire contemporaine, Jean Domenichino, historien et maître de conférences HCR (agence des Nations Unies pour les réfugiés), et Isabelle Renaudet, professeure d’histoire contemporaine. Tous sont membres de l’unité de recherche Telemme liée à l’Université d’Aix-Marseille et au CNRS. Lors de cette conférence, il sera question dans un premier temps des structures qui ont permis l’émergence du Front populaire en France, « un événement qui a combiné, de manière originale, un mouvement social d’une ampleur jusqu’alors inégalée, un projet politique qui a rassemblé l’ensemble des forces de gauche du pays, et enfin une expérience gouvernementale inédite », présente Gérard Leidet. Après avoir également évoqué le choc entre ce Front populaire et le patronat marseillais, cette conférence permettra « de faire dialoguer les Fronts populaires français et espagnols ». En interrogeant notamment « le rôle des partis de la gauche espagnole, réformiste comme révolutionnaire, dans la conduite de la politique, avant l’entrée dans la guerre civile en juillet 1936 », ajoute le président de l’association.

    Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.

  • L’association d’entreprises des Chalus fait sa rentrée à Forcalquier

    L’association d’entreprises des Chalus fait sa rentrée à Forcalquier

    Les entreprises de l’association des Chalus ont mis en avant les problématiques qui leur tenaient à cœur lors de leur réunion de rentrée, vendredi. Certains adhérents ont par exemple exprimé leurs craintes concernant le projet d’extension de la zone d’activité, redoutant que des concurrents viennent s’y installer. Thomas Cherbakow, conseiller municipal de Forcalquier et vice-président de la communauté de communes en charge des finances, les a rassurés en affirmant que cela ne serait pas le cas. La directrice de la crèche s’est également inquiétée de la gestion des déchets, expliquant devoir rentrer chez elle avec sa poubelle de couches, faute de place.

    L’association d’entreprises a également décidé de travailler conjointement avec les commerçants du centre-ville pour organiser des animations ensemble. L’association a profité de cette réunion de rentrée pour présenter son nouveau bureau : Jean-Michel Grès, ferronnier et ancien candidat DVG aux municipales, président ; Thomas Evrard, directeur des opérations de la chocolaterie, secrétaire ; et Christine Anterote, gérante du garage Peugeot et ancienne présidente de l’association, trésorière. « L’objectif est de lancer une nouvelle dynamique, après la démission brutale de l’ancienne présidente qui a été suivie d’un gros flottement », explique Thomas Evrard.

    La CCI met à disposition de l’association une chargée de mission parcs d’activités, Yasmina Kara, qui les aide à s’organiser. Le prochain atelier de l’association sera sur le thème de l’autoconsommation collective, en présence d’Enedis.

  • Pour sa 13e édition, le festival Aflam veut « réparer l’image »

    Pour sa 13e édition, le festival Aflam veut « réparer l’image »

    Depuis l’année 2000, l’équipe d’Aflam œuvre à la mise en valeur du travail cinématographique, ancien ou contemporain, issu des mondes arabes. Pour cette 13e édition de leur festival, l’accent est mis sur le travail autour des archives cinématographiques. Des archives souvent menacées ou abîmées, qui doivent être protégées, restaurées et transmises pour permettre à la mémoire des mondes arabes de survivre et d’être diffusée.

    Après avoir reçu de nombreuses candidatures, l’association a sélectionné un total de 52 films. Le public pourra assister, du 10 au 18 octobre, à 34 séances-événements avec notamment des temps d’échanges avec les réalisateurs ou les acteurs des films présentés.

    En dévoilant, la semaine dernière, le programme de cette édition 2026, la présidente de l’association Aflam, Brigitte Curmi, a insisté sur la conviction de l’équipe de mener ce travail sur les archives. Pour Aflam, cette mission est « d’une brûlante actualité face aux tentatives d’effacement de l’art et de l’histoire » qui concernent une grande partie du monde arabe.

    La question de la restauration de l’image, centrale dans cette édition du festival, possède ici un double sens. À la fois un sens propre : la réparation des archives est importante d’un point de vue technique afin de pouvoir construire des récits autour de différents contextes historiques et politiques. Et un sens figuré, puisque l’enjeu de la réparation intervient quant à elle dans la manière dont la construction et la diffusion de ces récits permettent de reconstruire et de transmettre une mémoire – abîmée, effacée ou menacée de disparaître.

    Plus qu’un festival

    de cinéma

    Au-delà des séances de diffusion et des rencontres, le festival organise également des séances et des ateliers de médiation qui permettront aux jeunes de travailler autour de ces thématiques. Aflam poursuit ainsi le travail mené tout au long de l’année. La pratique de la restauration d’archives est aussi à l’honneur pendant le festival avec des portes ouvertes sur les techniques de restauration images et son.

    Si le festival débute le 10 octobre, l’ouverture officielle est prévue le 12 octobre au Mucem avec la diffusion de Petits rêves de Khaled El Hagar. La clôture aura lieu aussi au Mucem, le 18 octobre à 20h, avec la diffusion de Souraya mon amour, en présence du réalisateur Nicolas Khoury et de l’actrice Souraya Baghdadi.

    Programme complet sur aflam.fr

  • David Gehant dans la course pour l’association des maires des Alpes-de-Haute-Provence

    David Gehant dans la course pour l’association des maires des Alpes-de-Haute-Provence

    « Cela fait plus de 10 ans que je m’engage au travers de mes mandats régionaux. Et cette année, j’ai décidé d’aller encore plus loin. Je serai candidat à la présidence de l’association des maires des Alpes-de-Haute-Provence le 8 octobre », a annoncé David Gehant (DVD), maire de Forcalquier et vice-président de la Région, dimanche, devant près de 200 élus et soutiens venus pour sa rentrée politique.

    « C’est une décision que je n’ai pas prise tout seul », mais avec le soutien de la présidente du département, Éliane Barreille (DVD), et de Camille Galtier (DVD), maire de Manosque, a-t-il affirmé. « Toutes les décisions que nous prenons, nous les prenons à trois, pour le bien de ce département », a-t-il lancé.

    L’élection du président de l’association des maires aura lieu le 8 octobre à Forcalquier. « Daniel Spagnou avait choisi et tenait à ce que ce soit à Forcalquier. Il avait déjà en tête de me passer le flambeau. On en discutait régulièrement. Il me présentait comme son successeur », a affirmé David Gehant. « À la Région, j’ai commencé sans connaître personne, simple conseiller régional, et je suis aujourd’hui cinquième vice-président, avec une délégation extrêmement importante. J’ai bon espoir de faire la même chose au niveau national, à l’AMF », a-t-il avancé.

    Galtier et Di Benedetto vice-présidents

    Il espère « faire monter aussi un certain nombre de collègues qui seront avec [lui]. Camille Galtier est déjà membre de la commission des finances au niveau national. Je suis certain que Julien Di Benedetto peut prétendre à occuper un rôle. Donc un jeu collectif, d’équipe, pour qu’on soit plusieurs à Paris ».

    Le maire de Forcalquier a également annoncé la composition de son équipe . S’il est bel et bien élu le 8 octobre, son premier vice-président sera Camille Galtier, et Jean-Louis Chabaud, maire de Barrême et président de l’association des maires ruraux des Alpes-de-Haute-Provence, sera son deuxième vice-président.

    98 maires présents

    Julien Di Benedetto, maire (SE) de Digne, Jean-Pierre Templier, maire (DVD) de Sisteron, Elisabeth Jacques, maire de La Condamine-Châtelard, et Jacques Depieds, maire de Mane, feront également partie de son équipe. Claude Fiaert sera à nouveau secrétaire général. Avec son équipe, David Gehant a expliqué vouloir « être les porte-voix de nos territoires, dans notre département où les parlementaires sont tous dans l’opposition et n’ont donc plus de voix à faire porter ».

    Il s’est réjoui de la présence de nombreux édiles : « 98 maires sont là aujourd’hui sur les 198. La moitié des maires du département se sont déplacés à Lardiers. Je n’ai jamais vu autant de maires un dimanche dans le département. C’est deux fois plus que l’année dernière », s’est réjouit David Gehant.

  • La présidente de la Libre pensée menacée de mort par courrier

    La présidente de la Libre pensée menacée de mort par courrier

    « VIEILLE SALOPE ON VA TE CREVER ». Voici le message, accompagné de multiples croix, reçu par courrier fin août par la présidente de la fédération vauclusienne de la Libre pensée. Une menace de mort qui a aussitôt fait l’objet d’un dépôt de plainte annonce, dans un communiqué ce jeudi, l’association.

    Un courrier qui ne tombe pas du ciel et fait suite à la polémique née lors du 15 août. La Libre pensée, mais aussi la Ligue des droits de l’homme, avaient saisi le préfet pour atteinte à la laïcité suite à la publication sur les réseaux sociaux de messages prosélytes des maires RN d’Orange et Bédarrides à l’occasion de l’Assomption. Depuis, le parti d’extrême droite à coups de communiqué ou réactions des maires de Bédarrides ou Monteux – ce dernier intimant la Libre pensée à « rentrer chez vous et fuir la Provence » – a jeté l’anathème sur ces associations (notre édition du 2 septembre).

    Les associations visées s’étaient déjà défendues avec des mises au point historiques étayées. Mais là, « un nouveau cap est franchi, il est plus que temps que les autorités de l’État prennent la mesure du climat de violence qui se développe dans notre département à l’encontre des défenseurs de la loi de 1905 », dénonce la Libre pensée, espérant que l’auteur du courrier « soit poursuivi sous peine que passent à l’acte ceux qui menacent de mort les défenseurs de la liberté de conscience ».

    Mais la Libre pensée en veut surtout au « silence assourdissant du Préfet, représentant de l’État et du gouvernement, chargé de veiller à l’application des lois qui ne saurait être à géométrie variable ». La préfecture avait répondu à La Marseillaise ne pas vouloir s’exprimer sur le sujet. « Pourquoi aucune réaction aux propos séparatistes et identitaires… ? », questionne l’association.

  • La Fiesta des Suds prête à illuminer l’automne

    La Fiesta des Suds prête à illuminer l’automne

    Comme le rappelle d’emblée Nathalie Solia, « la fabrique de la Fiesta des Suds s’est faite dans un contexte pas forcément favorable, avec des échéances électorales, des problématiques climatiques, l’inquiétude du secteur, le repli sur soi, les conflits mondiaux… ». Selon la directrice de cet événement qui sonne les trois coups de l’automne culturel marseillais, « une ambiance devenue hélas structurelle au milieu de laquelle nous voulons maintenir la lumière de notre étoile, celle du meilleur festival au monde ». Des étoiles, il y en aura toute une constellation, du 8 au 11 octobre sur l’esplanade du J4, à l’instar de Véronique Sanson, tête d’affiche de la soirée inaugurale de la Fiesta des Suds. « Une icône de la chanson », qualifie Frédéric André, programmateur de l’événement, un demi-siècle de carrière dans le rétroviseur et des tubes en pagaille, de Besoin de personne en 1972 à Chanson sur ma drôle de vie en passant par Vancouver ou Bahia.

    « J’ai lu une étude de l’université de Londres selon laquelle, quand on regarde un concert, on ne fait pas que regarder un concert. Les rythmes cardiaques des spectateurs se synchronisent tous ensemble. N’est-ce pas cela la Fiesta ? », s’adresse Frédéric André qui, fidèle à l’ADN du festival, veut aller à rebours de « la culture capitaliste. On essaye toujours de mettre de l’humain, des émotions, tout ce qui n’est pas monétisable ». Parmi les astres musicaux programmés cet automne, Imany. Une évidence au sujet de cette chanteuse « née à Martigues, qui a grandi à Istres, d’origine comorienne. Son nouvel album [Women deserve rage, ndlr] parle d’une relation toxique, qui lui a valu de la colère mais aussi de la guérison qui infuse dedans », développe celui qui a aussi programmé pour cette édition le « dandy rock » Bertrand Belin et Stephan Eicher. L’occasion de découvrir l’éventail musical étonnant de ce guitariste-baroudeur, surtout connu du grand public pour des titres tels que Déjeuner en paix ou Combien de temps dans les années 1990, mais qui vient de sortir son 18e album Poussière d’or. Au menu également, le groupe le plus moustachu et funky d’Aix, Deluxe, ou encore Selah Sue. La soulwoman belge sera accompagnée par The Gallands, duo du batteur virtuose Stéphane Galland et son fils Elvin. « La Fiesta, c’est s’ouvrir à d’autres cultures, aux autres. Ici, le public n’est pas considéré comme des consommateurs mais des citoyens », estime Nathalie Solia.

    Soirées et jours heureux

    Conseiller artistique du festival, Olivier Rey fait quant à lui part de sa volonté de « perpétuer l’héritage de nos pères fondateurs. Dans une société plus fragmentée que jamais, la Fiesta, cet espace de dialogue et parenthèse enchantée automnale, semble plus que jamais essentielle ». Autant d’horizons et de brèches également esquissés sur la « Scène Major » de la Fiesta, où se produiront de 19h à 2h du matin des groupes ouverts aux rythmes mondiaux. Au programme notamment, HabibiSly, franco-syrien qui « mélange disco, électro et musique orientale », le rock d’inspiration sahraoui du trio Sidiaz, ou encore la transe afro-colombienne luxuriante du groupe Ghetto Kumbé. « Le J4, c’est l’entrée du port et de notre ville, là où tout arrive et tout part. Ici, nous accueillons tout le monde dans une Fiesta engagée », résume Nathalie Solia. Illustration supplémentaire avec la désormais traditionnelle Fiesta du dimanche, entièrement gratuite, le 11 octobre. Davantage tournée vers les « familles », une journée de « découvertes, rencontres et musiques », jalonnée par de nombreuses animations telles que des ateliers culinaires, des parties de pétanque et des battles de danse hip-hop. Et des temps forts artistiques comme La Fiesta des jours heureux, comédie musicale de Christina Rosmini autour des « airs populaires des années 1930 », indique la coordinatrice de la journée, Marion Bergé-Lefranc, dans le but de célébrer « les 90 ans du Front populaire ».

  • Le Six-Fours le Brusc FC dépose un nouveau recours devant le tribunal administratif

    Le Six-Fours le Brusc FC dépose un nouveau recours devant le tribunal administratif

    Il est, malgré lui, la principale cible du maire RN Frédéric Boccaletti depuis son arrivée à la mairie de Six-Fours. Le club de foot historique de la ville, le Six-Fours le Brusc FC, fondé en 1958, se trouve dans une situation incongrue. Pensionnaire de Régional 1, le club, qui n’avait « jamais eu le moindre problème sous la précédente mandature », affirme son avocat Me Arnaud Mazille, s’est d’abord vu retirer ses subventions. Une décision appuyée par les sanctions prononcées par la Commission régionale de contrôle des clubs (CRCC) de la Ligue Méditerranée de football, qui avait, en juillet, exclu le club des championnats régionaux, lui octroyant une amende de 350 euros pour mauvaise gestion. Une décision « sévère et parfaitement infondée » selon l’avocat du club, qu’a ensuite infirmée la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) de la Fédération française de football.

    La mairie sous astreinte

    Mais Frédéric Boccaletti n’en a cure. Entre-temps émerge un nouveau club, l’Olympique de Six-Fours le Brusc, « poussé par la mairie », soutient Me Mazille, à qui est octroyé l’ensemble des créneaux des terrains de football, ainsi qu’une subvention de 60 000 euros. « Pour une association qui a deux mois d’existence, c’est inédit », appuie l’avocat. En parallèle, l’édile demande à la DNCG d’annuler sa décision en faveur de l’honni Six-Fours le Brusc FC, et décide de ne donner aucun créneau au club.

    Ce dernier, dont les licenciés sont contraints de s’entraîner sur des parkings et des parcs, a déposé un recours devant le tribunal administratif, qui lui a donné raison, enjoignant la mairie de donner au club l’accès au stade Antoine-Baptiste et à des créneaux sur les terrains municipaux. « La commune avait jusqu’à dimanche mi-journée pour s’exécuter, évidemment elle ne l’a pas fait. Nous avons fait constater cela par huissier, depuis il y a une astreinte de 300 euros par jour de retard qui court », explique Me Mazille. Qui plus est, sur les « 22 heures et demie de créneaux donnés par la mairie, contre 50 heures auparavant, il n’y a que 12 heures qui sont vraiment exploitables. Le reste c’est en pleine journée, entre midi et deux, des moments où personne ne peut venir s’installer », peste ce dernier. Pour cette raison, le club a déposé un nouveau recours qui doit être étudié dans les prochaines semaines. En attendant, l’équipe fanion a pu compter sur le club de Rousset, dans les Bouches-du-Rhône, qui lui a prêté son terrain pour la première journée de championnat, tandis que plusieurs équipes jeunes ont dû déclarer forfait pour leurs premières rencontres.