Tag: Association

  • Le 5, rue des frères Perez à Marseille, un ex « hôtel social » à vau-l’eau

    Le 5, rue des frères Perez à Marseille, un ex « hôtel social » à vau-l’eau

    Depuis quatre mois, une famille vit dans une chambre d’hôtel relogée en urgence à la suite de menaces. Le couple dénonce depuis plusieurs années l’indignité de leur logement suite à des fuites actives d’eaux qui ont entrainé des interventions des marins-pompiers, des fissurations des murs, des infestations de souris et de punaises, des courts-circuits et des surtensions qui détruisent l’électroménager, une ventilation insuffisante, un manque d’entretien générale des parties communes, une dégradation importante de la cage d’escaliers.

    La veille, le 5 février 2026, trois inconnus s’étaient présentés à leur domicile pour une expulsion sauvage. « Tu as jusqu’à lundi pour quitter les lieux sinon on met le feu à ton appartement et on te tue avec ta famille » consigne le dépôt de plainte. Le matin même, une audience s’était tenue devant le tribunal de proximité avec leur bailleur pour dénoncer l’indignité du logement.

    Après avoir déjà connu la difficile copropriété du Gyptis, la famille emménage en février 2014 dans un studio au 4e étage du 5 rue des frères Perez (3e) un immeuble ancien et dégradé en contrebas de la tour Bel Horizon, cette copropriété privée de grande hauteur dont un réseau de drogue a investi des parties communes. Le 5, rue Pérez compte 24 studios issus de division d’appartements sur 5 étages dont une grande partie sont à présent squattés. A noter que depuis janvier 2025, le « permis de louer » s’applique dans le secteur Hoche-Versailles.

    « Depuis trois ans, les problèmes se sont aggravés. J’avais monté un dossier à l’ADIL et porté plainte contre l’ancien propriétaire qui a fait ensuite des travaux mais de camouflage » raconte Djamila, la mère. « Le 6 février au soir, deux types armés et un troisième qui se tenait en bas sont venus frapper à la porte. Je vais te butter, je sais où ta fille va à l’école. Je leur ai répondu que je n’avais pas peur. Les policiers qui sont venus m’ont répondu « on n’est pas payé pour vous protéger ». La mère qui milite à la France insoumise, obtient l’intervention des députés LFI Sébastien Delogu et Manuel Bompard. La préfecture le trouve un refuge d’urgence. « On était en danger. C’est trop de peur. J’avais préparé de quoi partir rapidement. Mais même à l’hôtel, on n’est pas tranquille. Un gars en trottinette est venu il y a trois semaines à la laverie me menacer. On n’est pas en Colombie pourtant… »

    Leur immeuble appartenait jusqu’en juillet dernier à Louis Dalbert, 89 ans, qui l’a revendu à la société I.A 2022 dirigée par le marchand de biens Chouki Hedhiri pour la somme de 326 000 euros. Les baux et quittance de loyer étaient tamponnés par une obscure association dénommée « Un abri pour tous » que gérait l’octogénaire. Un montage singulier qui explique que huit locataires soient titulaires de baux de sous-location de six mois à un an pour un loyer mensuel, charges comprises, de 450 euros, que trois studios sans loués sans bail, le restant étant squatté.

    Suite à cette vente, la SPLA-IN a visité l’immeuble et repéré des « désordres extrêmement importants » dans cet immeuble aux « logements très dégradés » et procédé à un signalement immédiat à la Ville, laquelle a déclenché des visites les 10, 15 octobre et 20 novembre et engagé une procédure contradictoire avant mise en sécurité, faute de travaux. Le document a été un temps affiché à la porte de l’immeuble.

    La semaine dernière, la situation s’est accélérée. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un commando d’une quinzaine d’individus cagoulés aurait fait irruption à 1h50 du matin dans l’immeuble, terrorisant les occupants, brisant les serrures pour les pousser au départ. « Ils étaient très nombreux. Ils ont cassé les serrures des logements. Mon appart est squatté alors qu’on a encore le bail. Ils ont frappé une personne » raconte Djamila sur la foi de contact gardé sur place. Une patrouille de policiers aurait alors interpellé 4 individus dont un jeune de 18 ans, les autres prenant la fuite vers la tour Bel Horizon Trois interventions policières ont eu lieu dans l’immeuble vendredi et dimanche pour des tentatives de squat. Contactés, ni le propriétaire, ni le syndic D’Agostino n’ont donné suite à nos requêtes.

    David Coquille

  • Solange Mercier : « Je me suis dit ces jeunes-là, on va les transformer en seigneurs »

    Solange Mercier : « Je me suis dit ces jeunes-là, on va les transformer en seigneurs »

    La Marseillaise : Qu’est‑ce qui a poussé l’enseignante à s’engager totalement au service de cette cause ?

    Solange Mercier : Je suis, entre guillemets, tombée dans le handicap de façon, on va dire, complètement inattendue, parce que le handicap, je ne connaissais pas. Je n’étais pas forcément sensibilisée, parce que quand on n’est pas touché personnellement, on le regarde, mais bon, c’est une vie parallèle, on va dire.

    Ma fille Solène, qui a aujourd’hui 20 ans, est née porteuse de trisomie 21, avec de multiples handicaps associés. Et dans ces cas‑là, le monde ordinaire reste assez hermétique.

    Vous avez fondé une des premières Unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis) en lycée ?

    S.M. : Oui, lorsque je suis revenue à Toulon, la directrice du lycée Marie-France, où j’enseignais, m’a dit : « Tu connais tout ce qui est handicap, est-ce que tu veux bien monter une Ulis lycée ? »

    Donc, je me suis vraiment formée et j’ai ouvert l’une des premières Ulis lycées. C’était passionnant parce qu’en fait, en tant que pédagogue, on se rend compte qu’on ne sait pas faire. C’est une remise en cause incroyable. Et du coup, ça nous oblige à déconstruire tout ce que l’on sait, et à essayer de trouver des clés. Je l’ai portée pendant des années. Puis, j’ai passé le flambeau.

    C’est à ce moment que « Quoi 2 neuf ? » voit le jour…

    S.M. : Quand vous avez un enfant qui est porteur de handicap, vous pensez à son avenir et vous vous dites : qu’est‑ce qui se passe ? Qu’est-ce qu’on fait ?

    Je me suis dit qu’elle avait eu la chance, via la loi 2005, d’avoir été intégrée à l’école malgré tous ces handicaps lourds, elle a appris à lire, à écrire… Et il me paraissait du coup inconcevable de ne pas poursuivre ce chemin.

    Je suis donc allée voir mon ancien chef d’établissement de l’époque, en lui expliquant que je désirerais ouvrir une association pour des jeunes comme Solène. Et comme je connais ce lycée en long, en large et en travers, et ses recoins, j’avais repéré un petit local qui servait à quelques profs qui corrigeaient leur copie tranquillement. Et ça a commencé comme ça.

    Quel est le concept de ce type d’accueil ?

    S.M. : On met le jeune au cœur du système. On part du principe que ce n’est pas au jeune à s’adapter au système. C’est-à-dire qu’on n’impose rien.

    Nous, on est ouverts lundi, mardi, jeudi et vendredi et les jeunes peuvent venir un, deux jours, quatre jours. Ou même tous les quinze jours. C’est eux qui construisent leur projet.

    Nous permettons à ces jeunes de 20 à 35 ans de continuer à acquérir des connaissances et des compétences. Mais aussi de s’émerveiller et de croire en eux.

    On est là également pour les aider à trouver des alternatives.

    Dans le monde du travail également ?

    S.M : Oui, et il y a plein de belles expériences mais ce n’est pas toujours facile. J’avais par exemple formé un jeune au service. Il était à Hippopotamus et le gars qui l’avait pris en charge, il y croyait.

    Jimmy arrivait, il portait l’eau et le pain aux tables et vérifiait s’il ne manquait rien. Un jour, deux mecs s’assoient. Jimmy arrive, ils le regardent et disent « Tu dégages ». Le directeur est allé à la table et leur a dit : « Ce monsieur, qui s’appelle Jimmy, fait partie du service. Si ça ne vous convient pas, vous partez messieurs. » Ils sont partis. Ça prouve qu’il y a encore beaucoup, beaucoup de chemin à faire.

    Mais là, je parle des jeunes qui peuvent s’intégrer facilement. Mais il reste tous les autres dont le monde ordinaire leur reste fermé. Donc je me suis dit ces jeunes-là, on va les transformer en seigneurs. Parce que si on revient bien en arrière, les seigneurs qu’est-ce qu’ils faisaient, eux ? Ils lisaient, ils se cultivaient. Ils faisaient du sport. Et ils vivaient. Ils ne se préoccupaient pas des injonctions de la société qui pèsent sur nos épaules.

    Reste à changer les regards ?

    S.M. : Cette année, un jeune au lycée a eu une altercation avec un autre et lui a lancé : « Va te faire foutre toi et ton fauteuil roulant ! » Pour qu’il prenne conscience de ce qu’il avait dit, la CPE l’a envoyé passer un peu de temps avec nous. À la fin de la journée il m’a demandé s’il pouvait revenir et m’a dit : « Vous voyez madame, je croyais qu’ils n’avaient pas d’âme, et en fait, je me suis régalé. » Je ne sais pas ce qu’il mettait derrière ces mots mais il pensait certainement qu’ils n’avaient pas vraiment une existence réelle avec des envies, des rêves. On l’a éclairé, il les voit aujourd’hui comme des personnes et respecte maintenant leur altérité, leur différence. Ça encourage à continuer.

  • L’association Surfrider a ramassé des kilos de déchets

    L’association Surfrider a ramassé des kilos de déchets

    Quand on aime la nature, plus que quiconque, on tient à la préserver. Surfrider, association fondée en 1990 par des surfeurs amoureux de l’océan, en a fait son credo. Engagée dans la lutte contre la pollution par les déchets (particulièrement plastiques), la préservation des écosystèmes aquatiques, et la gestion des risques côtiers face au changement climatique, elle s’emploie à travers différents moyens d’action (science participative, lobbying, art, éducation, etc.), mais aussi la participation citoyenne.

    Projet Retrace ! : une collecte à but scientifique

    C’est à ce titre que Surfrider a lancé le projet « Retrace ! », qui vise à fédérer des acteurs locaux (associations, structures éducatives, citoyens, etc.) autour de campagnes de ramassage de déchets. Derrière l’objectif de dépollution d’espaces naturels, celui de retracer la provenance des déchets, analysés et catégorisés puis intégrés dans une base de données, les transformant ainsi en informations stratégiques pour comprendre les mécanismes des pollutions et les localiser. Cela, pour pouvoir « alimenter nos plaidoyers politiques et exiger des actions concrètes pour préserver nos océans », soutient l’association.

    Samedi, environ 120 personnes ont ainsi participé à deux collectes organisées au mont Faron (en partenariat avec l’association des Chercheurs en herbe) et à la plage de la Gorguette à Sanary. Des dizaines de kilos de déchets ont été ramassés. Certains (mégots, canettes, bouchons) seront par ailleurs recyclés et revalorisés par des associations partenaires. De nouvelles actions se tiendront bientôt dans le département, notamment le 2 mai à la Seyne et le 30 mai près de l’Eygoutier, dans le quartier de la Rode à Toulon.

  • Les sauveteurs font visiter leur nouveau canot aux Nauticales

    Les sauveteurs font visiter leur nouveau canot aux Nauticales

    Entre les voiliers et les bateaux à moteur gris ou blancs, l’orange éclatant du bateau de la Société nationale des sauveteurs en mer (SNSM) se démarque dans le nouveau port de La Ciotat. À l’occasion du salon des Nauticales, du 14 au 19 avril, la SNSM de La Ciotat a amarré son nouveau canot de sauvetage pour le faire découvrir aux curieux.

    Sur le pont, quelques bénévoles, en gilet orange attendent que des badauds montent pour leur faire visiter l’embarcation. Parmi eux, Eric Delort, bénévole depuis tout juste deux ans, explique avec le sourire le fonctionnement de ce nouveau canot « tout récent et monté en France », insiste-t-il. Sur le pont, il présente l’écope qui permet de remonter les personnes dans l’eau, ainsi que les câbles qui servent à tracter les embarcations en difficulté.

    Après le poste de navigation, et de secourisme, c’est la salle des machines que les bénévoles font découvrir en descendant dans la cale du bateau. En bas, des vivres et de quoi s’allonger pour pouvoir tenir plusieurs jours : « Parce qu’on sait quand on part mais on ne sait jamais vraiment pour combien de temps », précise Eric Delort.

    Créée en 1967, la SNSM est une association de sauvetage, composée de secouristes bénévoles, qui intervient sur le littoral et en haute mer. « Si on est missionné par la préfecture, on peut intervenir jusqu’à 50 miles nautiques [92,6 kilomètres], explique Philippe Bisson, président de la station SNSM de La Ciotat. Quand l’alarme est donnée, on a 15 minutes pour être prêt à partir en mer. »

    Composée de 35 bénévoles, c’est principalement l’été que la station ciotadenne est active. « 80% de nos sauvetages ont lieu de mai à septembre », précise Philippe Bisson. Et les volontaires viennent d’horizons différents.

    Des sauveteurs bénévoles

    « Je prends toutes les bonnes volontés, à condition de pouvoir être au canot en 15 minutes. Mais s’ils n’ont jamais navigué, on les forme, insiste le président. Dans un premier temps, les gens passent trois mois, reconnaissent un petit peu la station, les gens. Puis il y a deux, trois formations obligatoires régionales et nationales comme une de premiers secours.»

    En face du bateau, les secouristes vendent des tee-shirts, des affiches et des sacs à l’effigie de l’association. « Le but c’est de renflouer un peu les caisses de l’association, car 70% du financement de la SNSM sont des dons. »

  • Déjà 31 affaires traitées en six mois par la cellule anticorruption du parquet de Marseille

    Déjà 31 affaires traitées en six mois par la cellule anticorruption du parquet de Marseille

    « La cellule anticorruption a vocation à regrouper les dossiers de corruption et d’atteinte à la probité pour avoir une vision transversale et panoramique, assurer un traitement centralisé pour mettre en œuvre des stratégies face à l’infiltration et la pénétration du crime organisé », pose solidement le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessonne, qui a dévoilé hier les premiers résultats de cette « COC » créée il y a six mois, le 1er octobre 2025.

    « Détecter et poursuivre » sont les pivots de cette cellule qui traite tous les corps de métier impactés par un phénomène corruptif en expansion : agents pénitentiaires, policiers, militaires, gendarmes, auxiliaires de justice, avocats, notaires, opérateurs privés à des postes stratégiques, dockers, agents de sécurité, élus, agents publics « jusqu’aux personnels des services judiciaires car nous ne sommes pas épargnés », se désole le procureur dont la cellule a lancé plusieurs enquêtes flash pour des levées de doute rapides. Si les signalements abondent chaque semaine, il n’y a pas toujours au bout des infractions. « On imagine le pire et on trouve de l’incompétence, une erreur de bonne foi, du je-m’en-foutisme, l’absence de tout repère professionnel », observe aussi le procureur.

    « On est très fortement impactés à Marseille »

    « Jusqu’alors on s’arrêtait à l’écume des choses, la face émergée de l’iceberg, que sont les violations de secrets, les consultations de fichiers, les remises illicites d’objets, l’objectif de cette cellule est d‘aller au-delà. » La montée en puissance a été rapide. Partant d’un portefeuille de 17 dossiers récupérés dans différents services, la cellule est montée à 31 dossiers. Le stock actuel est de 28 dossiers, trois dossiers ayant été clôturés : un classement sans suite, une condamnation d’un policier syndicaliste marseillais corrompu (La Marseillaise du 3 avril) et un transfert à la Jirs.

    « On est très fortement impacté par le phénomène à Marseille », reconnaît le procureur qui passe en revue les cas : un élu dont il ne dira rien, deux auxiliaires de justice, six agents des services judiciaires, neuf affaires impliquant des agents pénitentiaires et treize affaires concernant des policiers. Les infractions vont du détournement de fichiers à la corruption passive, de la participation à association de malfaiteurs à la violation du secret professionnel ou de l’instruction. Deux dossiers vont bientôt toucher la barre de la 6e chambre correctionnelle.

    Cartographie des risques

    Une problématique généralisée se dégage sur des recrutements rapides sans enquête sérieuse de moralité, mais surtout la consultation de fichiers avec détournement de données. « C’est un vrai sujet qui impose des réflexions au niveau de l’administration centrale sur la traçabilité, les contrôles aléatoires surtout dans une société totalement numérisée. L’inspection des services judiciaires et l’Agence française anticorruption sont venues la semaine dernière cartographier les risques et les points de fragilités. On attend un retour de cet audit sur les failles de sécurité », explique Nicolas Bessone.

    Cette cellule a pour mérite de redresser des pratiques. Le président du tribunal judiciaire s’est emparé du sujet de l’accès des agents du tribunal aux différents fichiers d’État. La directrice de greffe a procédé à un audit et une remise à plat des droits d’accès des agents, droits qui finissaient par rester ouverts après des mutations internes.

    « Désormais chaque agent du tribunal qui ouvre son ordinateur voit une fenêtre s’ouvrir l’avertissant qu’il traite des données sensibles qui ne doivent faire l’objet d‘aucunes compromissions et dont on pourra vérifier l’utilisation irrégulière », observe le procureur. « La multiplication en quelques années des applicatifs et des fichiers a amélioré le fonctionnement des services mais il a aussi banalisé l’importance des fichiers », note Jean-Yves Lourgouilloux, le vice-procureur chargé de la grande délinquance économique et financière.

  • À Aix, un ciné-débat proposé sur le thème des addictions

    À Aix, un ciné-débat proposé sur le thème des addictions

    Le projet s’est construit durant les vacances de février. Pendant cette période, six adolescents âgés de 15 à 18 ans ont participé à trente-cinq heures d’ateliers, au cours desquels est né, sous leur entière direction, un projet audiovisuel alternant micros-trottoirs et diverses productions. Le travail a été réalisé dans le cadre d’une Action citoyenne bénévole (ACB).

    « Ce sont eux qui ont choisi le thème, relate Marie-Julie Peltier, directrice adjointe de l’association Anonymal. Il y a quatre addictions qui ont été choisies pour construire le projet : la puff, le jeu vidéo, les paris sportifs et le narcotrafic, qui n’est pas une addiction en soi, mais une ouverture sera faite sur ce sujet. »

    Valoriser un travail

    Sous la forme d’un plateau débat interactif avec le public « mêlant diffusion des productions réalisées par les jeunes et échanges avec le public », le groupe restituera son travail ce mercredi après-midi, dès 15h30, en salle Méziane du centre social Albert-Camus (cité Corsy, rue des Vignes). La séquence est ouverte à tous. « Ce moment permettra de valoriser leur engagement, leur créativité et leur capacité à s’exprimer sur des enjeux de société qui les concernent directement », indique l’association Anonymal. Si les jeunes animeront eux-mêmes les échanges, le projet a été construit en partenariat avec l’association marseillaise Melting Pot et l’association Project Toi, qui « donne la parole à la jeunesse ».

    Au cours de l’été dernier, un projet similaire a été réalisé sur le thème « Sports de combat vs bagarres », encadré par des éducateurs de l’Addap13 et en partenariat avec le centre social la Provence.

  • [Entretien] Nadia Mateu : « La solidarité avec Cuba doit aller au-delà du symbole »

    [Entretien] Nadia Mateu : « La solidarité avec Cuba doit aller au-delà du symbole »

    La Marseillaise : Le blocus imposé par les USA à Cuba a 64 ans et malgré d’immenses difficultés, Cuba a résisté. Qu’est-ce qui a changé avec l’arrivée de Trump ?

    Nadia Mateu : Il a remis Cuba sur la liste des États soutenant le terrorisme et fait voter des lois extraterritoriales illégitimes qui durcissent le blocus en empêchant les pays et les entreprises de tous les pays de commercer avec Cuba et notamment de lui livrer du pétrole. Avec la menace de pénalités importantes.

    De très nombreuses résolutions de l’ONU ont pourtant demandé la levée du blocus.

    N.M. : Depuis 33 ans, l’ONU vote cette levée, à l’exception de deux pays : les USA et Israël. L’Ukraine les a rejoints en 2025 mais on comprend que comme pour les sept pays qui se sont abstenus, c’est en raison de l’emprise des États-Unis.

    Avez-vous des témoignages précis des conséquences de cette politique sur la population ?

    N.M. : Des Français qui ont participé à des brigades à Cuba – c’est une aide à des travaux agricoles, ou divers, mais surtout une possibilité de rencontre avec des Cubains – viennent d’en revenir. Ils disent que c’est très dur. Des coupures d’une heure ou deux d’électricité existaient, maintenant c’est passé à 18 heures, voire des journées entières. Et donc des ruptures de la chaîne du froid, plus aucun moyen de locomotion, pénurie de médicaments, plus rien dans les magasins… Dans les campagnes ils en reviennent à la charrue et aux bœufs, beaucoup d’enfants ne peuvent plus aller à l’école. Il y a des milliers de personnes qui attendent de se faire opérer, des femmes enceintes qui se demandent ce qu’il se passera s’il y a complication…

    Cuba reçoit malgré tout des aides, même insuffisantes ?

    N.M. : Oui la Chine envoie des panneaux photovoltaïques, le Mexique est en train de faire des collectes. Et les flottilles internationales qui apportent de la nourriture et des médicaments partent beaucoup du Mexique.

    France Cuba aide également ?

    N.M. : Nous avons essayé d’envoyer de l’argent mais on est bloqués par les banques [puisque les USA empêchent Cuba de participer au système financier international, Ndlr], donc on remplit des containers. L’un est parti en décembre, un autre doit partir avant l’été. Ils contiennent du petit matériel médical (seringues, pansements, attelles… et même des lunettes) et du matériel plus important (lits médicalisés, fauteuils roulants, béquilles), mais aussi des vélos, de l’argent pour acheter de la nourriture. Et surtout on essaie d’informer, de briser le silence.

    Malgré tout Cuba envoie toujours des médecins à l’étranger ?

    N.M. : Oui dans les pays qui en ont besoin. 22 000 médecins mais aussi des brigades médicales dans plus de 160 pays. En Calabre par exemple il y a eu des pressions énormes sur le gouvernement italien pour qu’ils expulsent les médecins cubains. La Région de Calabre a refusé.

    Que peut-on faire pour aider ?

    N.M. : On peut participer aux collectes** de France Cuba, de Solidarité cuba et Cuba coopération qui sont sur Montpellier mais il faut aussi interpeller nos élus pour qu’ils interpellent à leur tour l’État français. Qui a voté la fin du blocus. Point. Or la solidarité avec Cuba doit aller au-delà du symbole. Elle doit être concrète et efficace. Les 10, 11 et 12 avril, il y a un appel national à faire de ce week-end un moment de solidarité. Le 12 nous tenons notre assemblée générale à Béziers. Le 11 il y aura un rassemblement de soutien à Béziers*. Il y a besoin de beaucoup de monde parce que malgré toutes ces contraintes, les Cubains gardent la tête haute. La stratégie de Trump, c’est d’asphyxier ce pays et que les Cubains se révoltent. Les copains revenus de Cuba disent que la population n’en peut plus mais qu’elle ne remet pas en question le système, par contre elle veut manger et vivre.

    Entretien réalisé par Annie Menras

    * 11h sur le parvis du théâtre à Béziers.

    ** Dons financiers 06.38.83.53.20 France Cuba Hérault .

  • À la découverte du rugby fauteuil à la Duranne

    À la découverte du rugby fauteuil à la Duranne

    L’association Aix’Tra Sports a proposé, le week-end dernier, une initiation au rugby fauteuil, dans le cadre de son pôle inclusion santé. L’activité s’est déroulée à la Duranne, sur le complexe sportif Henri-Michel. Une dizaine de participants ont pu tester ce sport en intérieur, inscrit au programme des Jeux paralympiques. Une discipline « dynamique, qui demande à la fois de la coordination, de la stratégie et un vrai esprit d’équipe », d’après Boris Bernard, directeur de l’association.

    Ouverture prochaine

    à différents sports

    Ce moment découverte allait au-delà du sportif, incitant à se mettre à la place de la personne handicapée, comme le rappelle Boris Bernard. « Cette séance avait surtout pour objectif de sensibiliser à l’inclusion. En se mettant en situation, les participants prennent conscience des adaptations possibles et changent leur regard sur le handicap. »

    Le directeur a souligné « l’ambiance conviviale et motivante » autour du rendez-vous, ainsi que « la bonne humeur » des participants. Cet événement en appelle d’autres puisque Aix’Tra Sports a annoncé, par la même occasion, la création d’un pôle handisport.

    En plus du rugby, le handball fauteuil, l’ultimate fauteuil, le basket fauteuil et le biathlon fauteuil seront proposés aux adhérents dès la saison prochaine. Le para-escalade pourrait être l’autre discipline intégrée à cette section, pour toucher un large panel de personnes.

    Pour plus d’informations, contactez l’association : contact@aixtrasports.com

  • À Aix, une délégation de parents d’élèves reçue au rectorat

    À Aix, une délégation de parents d’élèves reçue au rectorat

    Après une vague de mobilisations avant-hier, une délégation du Mouvement départemental des parents d’élèves des Bouches-du-Rhône (MPE13) a été reçue au rectorat, à Aix-en-Provence, ce mercredi (voir notre édition du 8 avril). « On espère sauver quelques écoles et quelques établissements du secondaire de cette baisse drastique de moyens, résume Letizia Vignone, administratrice MPE13. On va essayer de défendre un maximum d’enfants et de familles qui sont impactés par la baisse de dotations globales horaires (DGH). » En d’autres termes, empêcher des fermetures de postes prévus dans plusieurs écoles, « récupérer des heures de DGH pour les collèges et lycées », atténuer des fermetures d’options pour les groupes dédoublés, des CPE supplémentaires dans certains établissements, mais aussi demander « plus de moyens » pour les AESH et AED qui, selon le MPE13, ne sont pas remplacés, ou peu nombreux. « Dernière étape, ce sera la préfecture, avant l’envoi la signature, vendredi, de l’arrêté budgétaire à Paris, décidé par le Dasen et le Rectorat sur les fermetures de classes et l’adjudication du budget pour le secondaire », poursuit Letizia Vignone. « Pour l’instant ce ne sont que des propositions et c’est pour ça que nous avons une marge de négociation. On nous parle de démographie qui baisse, mais cela ne justifie pas les dotations », poursuit Julie de César, parent adhérent du MPE13. À l’issue de la rencontre, la délégation rapporte avoir eu un « échange très constructif. On garde espoir. La DGH actuelle reste provisoire. Pendant deux heures, nous avons pu échanger sur les particularités de plusieurs établissements. La décision sur ce reliquat de DGH se fera d’ici le début des vacances [d’été] ». Sollicité, le rectorat n’a pas pu nous répondre avant notre bouclage.

  • Deux ans après son décès, la lutte contre l’amiante continue

    Deux ans après son décès, la lutte contre l’amiante continue

    Il y a deux ans, Marie Josée de la Cruz, professeur d’école à Marseille, nous quittait après cinq années d’une lutte acharnée contre un cancer de l’amiante. Le lien avec l’école de la Savine, où elle a exercé pendant 14 ans, ne faisait aucun doute : le Dossier Technique Amiante (DTA) et le délabrement des locaux témoignaient de la dangerosité des lieux lorsqu’elle y travaillait.

    Dès l’annonce de sa maladie, sa priorité fut les autres : ses collègues, les personnels et, par-dessus tout, les enfants. C’est avec cette volonté qu’elle a co-fondé l’association AVALÉ 13 (Association des Victimes de l’Amiante dans les Locaux de l’Éducation du 13). Elle s’est battue contre la maladie, mais aussi contre l’inconséquence des pouvoirs publics qui laissent, aujourd’hui encore, des vies exposées au danger. Après de très longues et fastidieuses démarches, elle a gagné sa bataille pour sa reconnaissance en tant que victime du travail, mais elle est partie sans un mot de condoléances de l’éducation nationale (qui doit protéger ses agents) ni de la Ville (pourtant propriétaire donc responsable des locaux).

    Aujourd’hui nous n’oublions pas. Nous réclamons toujours l’accès aux Dossiers Techniques Amiante qui permettent de savoir où, et dans quel état, se trouvent les matériaux amiantés qui envahissent encore tant d’établissements scolaires.

    Nous attendons toujours la sécurisation réelle des bâtiments avec le retrait des matériaux amiantés, partout où ils se trouvent, alors que ce matériau est interdit depuis bientôt 30 ans.

    Nous attendons toujours qu’une véritable politique de prévention soit faite auprès de tous les agents afin qu’à l’avenir plus aucun ne risque sa vie au travail. Nous attendons toujours une révision des seuils de tolérance d’empoussièrement : 5 fibres d’amiante tolérées par litre d’air est un seuil inacceptable quand une seule fibre peut tuer. Il est inacceptable que ce « seuil de tolérance » serve d’excuse à l’inaction.

    Pour Marie Josée de la Cruz, pour les personnels et pour les enfants : nous ne lâcherons rien. Plus que jamais, son combat reste vivant.