Tag: Arles

  • Le plan de végétalisation ne suffit pas pour l’opposition arlésienne

    Le plan de végétalisation ne suffit pas pour l’opposition arlésienne

    « Ce n’est pas une somme très importante, mais les petits ruisseaux font les grandes rivières » assure le maire (Horizons) Patrick de Carolis au conseil municipal de jeudi soir, au moment de voter une subvention de 5 000 euros pour le CCAS de la ville du Porge, sinistrée des incendies de Gironde. Le rassemblement national est le seul groupe à ne pas voter pour : « On s’abstient car le montant est trop faible. La solidarité vient pallier aux manquements de l’État » s’explique Rémy Benson (RN).

    Bien qu’en accord, les élus de l’Union pour Arles se demandent aussi quelles conclusions tirer du changement climatique. Pierre Grand questionne : « En 2030, Arles se rapprochera d’une ville du sud de l’Espagne comme Séville. Vous annoncez un plan de végétalisation mais les urbanistes pointent surtout les surfaces sombres et l’absence de courant d’air. Envisagez-vous d’installer ombrières et brumisateurs ? »

    Une étude à prolonger

    « Le cœur de ville très minéral est mal adapté à ces canicules » répond Patrick de Carolis, « Une première étude visant à végétaliser le bâti tel qu’il est et a été conçu existe, mais elle est insuffisante et nous allons la prolonger. Mais dans l’immédiat, c’est la végétalisation d’urgence », indique l’édile. Catherine Balguerie-Raulet, élue de la majorité, abonde : « Nous n’allons pas planter 300 000 arbres tout de suite mais déjà des arbres matures pour rafraîchir. Mais il faut aussi de l’eau, un groupe de travail s’est constitué avec des citoyens depuis l’annonce », indique-t-elle, promettant de tenir l’assemblée informée des travaux.

    L’autre question de Pierre Grand portait sur la préparation aux évènements climatiques graves tels qu’inondations ou crues du Rhône. « Nous sommes prêts et les services des risques majeurs aussi »; affirme l’adjoint Pierre Raviol.

  • Vers un « avis défavorable » des élus arlésiens pour la ligne à très haute tension

    Vers un « avis défavorable » des élus arlésiens pour la ligne à très haute tension

    Une fois de plus, l’avis du conseil municipal d’Arles est sollicité ce jeudi soir à 17h, maison de la Vie associative, quant au projet de ligne à très haute tension entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos-sur-Mer. En l’occurrence, l’avis porte sur la demande de dérogation à la loi Littoral formulée par le gestionnaire de transport d’électricité RTE pour son projet de ligne très haute tension (THT) de 400 000 v.

    Une étape nécessaire avant la mise en compatibilité du Plan local d’urbanisme d’Arles et d’une éventuelle déclaration d’utilité publique du projet. La Ville y voit quelques écueils, parmi lesquels « une implantation (…) en surplomb de deux espaces remarquables du littoral correspondant à la ripisylve du Petit Rhône et au secteur du Petit Gondard », et dans ce secteur « le dossier fait état de contraintes techniques et environnementales importantes », et la « hauteur et la localisation précise des pylônes font encore l’objet d’un travail ». Autant de raisons pour la Ville de prononcer un avis défavorable motivé par « le caractère encore insuffisamment stabilisé » des comparaisons de solutions techniques, de localisation des pylônes, entre autres.

    « Oui » au contournement

    L’issue ne fait que peu de doutes, alors que l’ensemble du conseil municipal s’est déjà exprimé à l’unanimité pour un « non » au projet aérien.

    Cette unité n’est pas la même pour l’autre gros aménagement en débat ce soir, le contournement autoroutier d’Arles, pour lequel le conseil est appelé à approuver le projet de mise en compatibilité du document d’urbanisme, sous réserves.

  • Vers une grève unitaire de défense des services publics

    Vers une grève unitaire de défense des services publics

    « Entre le budget à venir, qui s’annonce encore plus pourri que celui de François Bayrou et les annonces de mardi sur la crise énergétique, qui ne sont qu’une politique des chèques, la colère ne fait que se renforcer ». À la Bourse du travail de Marseille, ce mercredi, Marc Pietrosino, le secrétaire général de l’Union Départementale CGT des Bouches-du-Rhône, ne fait pas de hasard sur la tonalité de la journée de grève et d’action du mardi 29 septembre prochain. « Les retours que nous avons sur cette journée, c’est que la mobilisation s’annonce bien suivie. C’est une journée qui déborde de la fonction publique », développe le syndicaliste.

    Autour de lui, on retrouve les représentants de la large intersyndicale à l’origine de l’appel : FO, Unsa, CFDT, CFE-CGC, FSU et Solidaires. Avec l’objectif d’envoyer un message clair au gouvernement à la veille des débats parlementaires autour du prochain budget de l’État. « Sous l’égide de la dictature de la dette, on fait face à une destruction des services publics et une guerre contre les trois versants de la fonction publique », dénonce René Sale pour l’Union Départementale FO 13.

    Concrètement, le pire est à craindre pour les fonctionnaires. « Pour la énième fois consécutive, le gouvernement parle encore du gel du point d’indice. Et un rapport de la Cour des comptes, paru ce mardi, veut aller plus loin en réduisant la masse salariale », explique Virginie Akliouat, pour la FSU 13, qui s’attend à une « grève massive ». Cette question du gel du point d’indice, base de calcul du salaire des agents de la fonction publique cristallise l’attention : « Depuis 2010, date du gel des salaires, on a perdu 24% de pouvoir d’achat ». François Canu, pour l’UD CGT 13, abonde : « Cela me fait 700 euros de moins par mois pour un agent de catégorie C dans la fonction publique ». Alice Richard, pour Solidaires 13 résume les orientations que combattent les syndicats : « Ce budget fait des économies sur le dos des fonctionnaires et les services publics. Mais cela a des conséquences : un soignant se suicide tous les trois jours ».

    « Tout le monde

    est concerné »

    Et si cette journée de grève fait logiquement le focus sur la fonction publique, l’UD CGT 13 entend élargir la mobilisation à d’autres professions, suivant le slogan « pas de services publics sans industries » et inversement. Guillaume Pascal, secrétaire général de l’UD CFDT 13, insiste : « Tous les travailleurs trinquent directement ou indirectement face aux attaques mais les fonctionnaires sont en prise directe avec l’État ». In fine, il rappelle surtout que « tout le monde est concerné par ce mouvement. Quand les agents publics vont bien, les services publics sont de meilleure qualité ».

    À Marseille, le cortège s’élancera du haut de la canebière à 10h30 en direction de la préfecture. D’autres mobilisations sont aussi prévues dans le département à Miramas, Arles et Martigues.

  • Ligne THT : le territoire arlésien affiche son unité contre la méthode du gestionnaire

    Ligne THT : le territoire arlésien affiche son unité contre la méthode du gestionnaire

    C’est une véritable démonstration de force qu’ont livrée les opposants à la ligne aérienne 400 000 volts samedi soir. Près de 2 500 personnes se sont réunies dans le Théâtre antique d’Arles -la jauge maximale- à l’appel du Collectif THT 13/30, représentant lui-même 36 associations.

    Dans les gradins : des représentants de l’agriculture, du monde culturel, touristique, des défenseurs de l’environnement, des riverains et une centaine d’élus de tous bords venus dénoncer la méthode employée par le gestionnaire RTE pour « passer en force ». Car si l’État veut implanter 145 pylônes entre Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Fos-sur-Mer le plus rapidement possible, à l’échelle locale, le territoire arlésien fait bloc. En témoigne la présence d’une vingtaine de maires, quatre députés, cinq sénateurs, deux parlementaires européens, trois anciennes ministres, d’élus locaux… *

    L’objectif affiché : « S’adresser de manière unie, dans une cohésion inédite, à l’État pour montrer notre attachement à nos patrimoines environnementaux, agricoles, culturels, sociaux », détaille Jean-Laurent Lucchesi, porte-parole du Collectif THT 13/30.

    Pour une approche globale

    Le projet aérien suscite de nombreuses inquiétudes. « Le premier impact est paysager, dans un territoire qui base sa valeur sur la notion d’horizon », poursuit Jean-Laurent Lucchesi, qui note : « 35% du PIB du Pays d’Arles provient du tourisme. » Le monde agricole craint de « perdre ses sept labels qui font sa fierté », alerte Anne Collard, vigneronne, alors que « 80 à 90% des pylônes doivent être plantés sur des exploitations ». Côté biodiversité, les associations pointent le risque de collision des oiseaux, la ligne étant placée « au carrefour de l’une des plus grandes voies migratoires d’Europe », souligne Jean Jalbert, directeur de la Tour du Valat.

    Depuis trois ans, les opposants travaillent à une solution alternative basée sur les technologies « maîtrisées par RTE » qui consisterait à construire une ligne souterraine de 2GW de courant continu entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos, complétée par la suite par une ligne sous-marine de 2GW en provenance de Port-la-Nouvelle (projet Midi-Provence). Les élus ont signé un serment en faveur de celle-ci. « La décarbonation de Fos et la préservation de la Camargue, de la Crau et de la Terre d’Argence (…) doivent être pensés ensemble, dans une approche globale », déclarent-ils, affirmant leur « attachement au dialogue » et appelant à l’examen sans a priori des « différents scenarii ».

    * Notamment le maire d’Arles, Patrick de Carolis (Horizons)
    et le conseiller municipal d’opposition (PCF)
    Nicolas Koukas.

  • Ligne à très haute tension, le fond et la forme

    Ligne à très haute tension, le fond et la forme

    La nécessité de la ligne à très haute tension est indéniable. Il s’agit
    de permettre le développement industriel du territoire tout en assurant sa décarbonation, de garantir la sécurité énergétique de la région et la souveraineté nationale. Son urgence est tout aussi indéniable, au risque d’hypothéquer les projets industriels
    en cours voire le fonctionnement électrique de la région. Nul ne le conteste. Ce qui est contesté en revanche, c’est la méthode pour y parvenir. Une méthode autoritaire finalement représentative de la façon de faire d’Emmanuel Macron. Il arrive, impose, parle souveraineté et réindustrialisation mais refuse de penser long terme et reste toujours obnubilé par la dépense publique qu’il se refuse
    à regarder comme un investissement pour l’avenir.

    Sourd !

    Et reste sourd aux élus locaux au premier rang desquels les maires des territoires concernés mais pas seulement, qui pourtant n’ont de cesse de l’alerter sur les conséquences de la proposition sur la table dont la facture de 400 millions est la seule considérée comme acceptable par Paris. Sourds aux acteurs du terrain qui expliquent que cette ligne va détruire l’activité de petites entreprises qui vivent du tourisme et de l’agriculture. Sourd aux solutions alternatives qu’une société du XXIe siècle est en capacité de trouver, certes plus chères mais en mesure de rassembler tout le monde.

    Qui aurait pu prédire qu’après des décennies d’abandon industriel et de non-investissement dans la transition énergétique la facture serait si élevée ? Pas les sourds !

  • Ligne THT : le projet avance, l’opposition aussi

    Ligne THT : le projet avance, l’opposition aussi

    Alors que l’opposition se cristallise, le projet avance. Après que l’Autorité environnementale (A E) a publié son avis sur le projet de ligne très haute tension (THT) de 400 000 volts qui doit relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à Fos-sur-Mer, RTE en livre sa lecture. Si l’instance indépendante pointe des lacunes dans l’étude d’impact, le gestionnaire du réseau estime que cette « feuille de route » identifie les « points qui restent à étudier », explique Gilles Odone, son délégué Méditerranée, alors que la demande de déclaration d’utilité publique (DUP) est en cours d’instruction. Christophe Berassen, directeur du programme d’électrification Fos-Berre, certifie : « On est encore loin de l’emplacement précis des pylônes, des modalités de réalisation, du détail des mesures d’évitement, de réduction et de compensation… Ces travaux sont devant nous. »

    Dans son avis, l’AE recommande à RTE de consolider « la justification des besoins électriques, de leur calendrier et du choix de la solution », pointant une comparaison insuffisante des « incidences sur l’environnement et la santé humaine des différentes stratégies, notamment des solutions phasées et de celles examinées par la tierce expertise », qui avait été présentée par Marc Petit, professeur de CentraleSupélec, lors de la concertation préalable. Ce dernier avait évoqué une « probabilité non nulle d’un décalage dans le temps de certains projets qui amène à proposer une évolution du réseau électrique en plusieurs étapes », hypothèse de départ de la solution alternative proposée par le Collectif THT 13/30.

    Après l’abandon du projet de giga-usine de photovoltaïque Carbon, la question se pose. « On distingue les demandes de raccordement des besoins électriques », répond Gilles Odone. Selon RTE, Carbon ne représentait que 200 MW des 4 000 MW de besoins identifiés à horizon 2030, répartis entre la sécurisation de l’alimentation de la région et la décarbonation de la zone industrielle de Fos-sur-Mer, où les projets se multiplient. Le gestionnaire se pose en émissaire de « la volonté de l’État clairement affichée de réélectrifier et de réindustrialiser le pays et de se rendre indépendant de toutes les sources d’énergie fossile ».

    RTE assure par ailleurs avoir étudié 14 stratégies avant de retenir le tracé actuel comme étant la meilleure solution. « Quel que soit le choix, il y aura des conséquences, affirme Gilles Odone. Si on fait moins puissant, qui n’en aura pas ? Si c’est plus cher, qui va le payer ? L’ordre de grandeur entre certaines solutions envisagées et celle-là, c’est 3,5 milliards d’euros d’écart. Ça demande des choix forts, mais il ne faut pas demander à RTE de les faire. »

    Tel que présenté actuellement, le coût de ce projet engagé en 2023 s’élève à plus de 400 millions d’euros. S’agissant du calendrier, une enquête publique de trois mois devrait débuter avant la fin de l’année. L’obtention de la DUP est attendue début 2027. RTE envisage le démarrage des travaux en 2028 et une livraison à horizon 2030. C’est ce délai de mise en service qu’avait appelé de ses vœux Emmanuel Macron en mai dernier, lors de la réunion de l’équipe de France de l’électrification, afin de « donner un signal clair et fournir la visibilité aux industriels ».

    Des lignes de distribution déposées

    Sur les mesures de compensation que l’AE demande de préciser, RTE affirme viser la « dette écologique nulle voire positive » avec la promesse, pour un pylône posé, d’en enlever 3 sur le réseau existant du grand Sud-Est d’ici 2035. Des lignes de distribution d’Enedis seront déposées pour apporter une réponse au risque avifaune pointé par l’AE dans son avis : « Les risques de collision et d’effet barrière pour les oiseaux, notamment le Ganga cata, l’Outarde canepetière et l’Alouette calandre, appellent encore des choix d’évitement. » La stratégie proposée par RTE est donc de supprimer ces lignes de tension inférieure, qui présentent plus de risques pour les oiseaux, pour « avoir un bénéfice écologique à mettre en regard avec les impacts potentiels du projet », explique Christophe Berassen. Les études vont être renforcées et proposer des « mesures d’évitement ou de réduction les plus adaptées possibles », ajoute-t-il.

    Quant à l’enfouissement, réclamé par les opposants à l’aérien, ce ne serait pas la solution la plus judicieuse selon le gestionnaire. Une alternative avec un enterrement de 6 km a été étudiée, mais elle « était évaluée à 150 millions d’euros supplémentaires il y a deux ans » et engendrerait « deux ans de retard sur le chantier », justifie Gilles Odone. Dans son rapport, l’AE note pourtant : « Le coût, le délai ou la complexité ne suffisent pas, sans justification au regard des objectifs poursuivis et de la faisabilité, à écarter une solution sensiblement moins dommageable pour les sites Natura 2000. »

    Le patronat presse toujours l’État

    Les représentants des organisations patronales de la région ne cessent de mettre la pression à l’État et aux élus pour accélérer la mise en œuvre de la ligne THT. C’était le sens d’une interpellation commune, également à l’adresse des élus locaux, de la part de l’Union pour les entreprises 13 (UPE), du Medef Sud, de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), le 9 septembre. Ces dernières réclament une déclaration d’utilité publique (DUP) « avant le 1er semestre 2027 ». Une interpellation précédée d’un coup de gueule du président de l’UPE, Jean-Christophe Amarantinis, une semaine avant, toujours pour une accélération du dossier. A.B.

  • À Arles, le PCF donne priorité aux luttes

    À Arles, le PCF donne priorité aux luttes

    Une question simple s’impose à nous : à quoi voulons-nous être utiles ? Aux travailleurs, aux habitants, aux luttes sociales et syndicales, et à tous ceux qui refusent de se résigner ». La nouvelle secrétaire de la section d’Arles du PCF, Margaux Efthimiadi Alpe, donne le ton de la rentrée politique à l’assemblée des communistes réunis place Voltaire samedi midi.

    Une rentrée placée dans la continuité des luttes syndicales de 1936. « Depuis 126 ans, l’Union locale CGT accueille les travailleurs du pays d’Arles à la Bourse du travail. Cent vingt-six ans d’histoire, de luttes, de solidarité et de défense des droits. La décision de justice tranche un litige administratif, elle ne met pas fin au débat politique », retrace la responsable. « Les communistes arlésiens réaffirment leur plein soutien à l’UL CGT d’Arles. Son expulsion nous ramène à la période de Vichy », insiste-t-elle.

    « L’union pour Arles

    ne disparaîtra pas »

    Dans ce contexte, « quelle place donner aux syndicats, au dialogue social et aux corps intermédiaires dans notre démocratie ? » interroge Margaux Efthimiadi Alpe. « Nous avons construit et appris à travailler ensemble avec le Nouveau front populaire, l’Appel et l’Union pour Arles. Tout ceci ne disparaît pas le lendemain des municipales », affirme-t-elle, « notre congrès a décidé de poursuivre cet engagement. Notre devoir est d’être au cœur des luttes au quotidien et tout de suite, sans attendre la présidentielle », conclut-elle.

  • 126 ans de lutte pour l’autonomie syndicale à Arles

    126 ans de lutte pour l’autonomie syndicale à Arles

    La Bourse du travail est un lieu de patrimoine non pas par ancienneté mais parce qu’elle véhicule une mémoire ouvrière et sociale », estime Nicolas Koukas, élu (PCF) à Arles et historien de formation. À l’occasion de la journée du Patrimoine, il revient sur l’« histoire collective » du bâtiment, alors que le maire (Horizons) Patrick de Carolis souhaite en évincer l’Union locale CGT depuis trois ans.

    Car depuis son inauguration en 1901, la question se pose : « Qui contrôle la bourse » pose l’historien. L’essor du monde ouvrier a conduit la municipalité socialiste d’Honoré Nicolas à créer la Bourse du travail, l’édile dira même à la grande fête d’inauguration « Instruisez-vous citoyens, apprenez à raisonner (…) et vous serez libre » retranscrit en substance l’historien, rappelant l’importance de la bibliothèque dans ce lieu. « C’est plus une question de liberté que d’instruction », nuance-t-il.

    « Un lieu démocratique »

    « À l’époque, la mairie veut un employé non syndiqué sur place pour surveiller, tandis que les syndicats souhaitent davantage d’autonomie. C’est l’épisode dit du concierge », indique Nicolas Koukas. En 1904, les relations avec le même Honoré Nicolas se tendent autour de l’indépendance des syndicats vis-à-vis des partis. En 1906, la Ville refuse aux ouvriers grévistes de se réunir à la Bourse. En février 1909, « la Bourse du travail obtient son autonomie et devient la maison des syndicats », détaille l’orateur.

    Une autonomie remise en cause. « Un journal de droite demande en 1920 la fermeture de la Bourse du travail car ‘‘foyer le plus important de toute l’agitation révolutionnaire à Arles’’, cela montre ce que les réactionnaires avaient déjà en eux », estime Nicolas Koukas. Le régime de Vichy ira beaucoup plus loin. « Les syndicats seront interdits et la Bourse du travail fermée » indique le conférencier, « huit cheminots seront arrêtés et trois déportés ».

    À la Libération, la Bourse du travail retrouve sa fonction, « toutes les mobilisations vont s’y succéder : papeteries, Lustucru, hôpital »… liste Nicolas Koukas. « La Bourse du travail est un lieu essentiel à la démocratie », conclut-il.

  • Nouveau rassemblement contre la ligne THT à Arles

    Nouveau rassemblement contre la ligne THT à Arles

    Nous espérons être entre 1 000 et 2 000 », prévient Luc Perrin, porte-parole de l’Association de sauvegarde de la Terre d’Argence (Asta). Pour lui, c’est le « rassemblement de la dernière chance » avant que la situation ne dégénère. Si l’installation d’une zone à défendre est évoquée depuis plusieurs mois, une partie des opposants envisagent en effet des actions de plus en plus violentes si les travaux étaient lancés.

    « L’étape d’après c’est de rentrer dans le juridique sauf que c’est long et pendant que la justice instruit, les travaux auront commencé et ce sera trop tard pour revenir en arrière. Il y a déjà eu des tensions avec les visites des écologues. Il y a eu des plaintes déposées par des agriculteurs sur le comportement des huissiers qui les accompagnaient. La tension monte et des agriculteurs sont en dépression. Nous, on est là pour canaliser parce qu’il faut qu’on reste crédible mais à un moment, on ne pourra pas canaliser tout le monde », prévient Luc Perrin. Agriculteurs, écologistes, acteurs du tourisme et habitants du territoire forment en effet un front uni face à ce projet. En attendant la déclaration d’utilité publique (DUP) qui est instruite depuis mai, ces opposants appellent donc à se rassembler samedi 19 septembre à 18h30 au théâtre antique d’Arles.

    100 élus signataires

    Depuis cet été, ces opposants tentent également de pousser les élus à se mobiliser. Ils leur ont ainsi proposé de signer un serment où ils reconnaissent « la nécessité de décarboner la zone industrielle et portuaire de Fos-sur-Mer » mais que « cette ambition ne peut être dissociée des réalités, des équilibres et des richesses des territoires qui l’entourent ». « L’idée c’est de montrer que cette décision de l’État est antidémocratique puisque, en plus des citoyens, des associations environnementales, du tourisme, des agriculteurs, on a les élus avec nous », précise Luc Perrin qui espère une centaine de signatures. Avant ce rassemblement, Carole Delga a d’ailleurs tenu à réaffirmer son opposition au projet. « Nous ne sommes pas contre la décarbonation de Fos », tient à rappeler Luc Perrin. « On est contre la manière dont c’est fait. RTE (Réseau de Transport d’Électricité), dit que notre projet alternatif coûterait 10 fois plus cher alors que selon les calculs d’experts, c’est 1,5 fois le coût du projet de RTE ».

    Nous espérons être entre 1 000 et 2 000 », prévient Luc Perrin, porte-parole de l’Association de sauvegarde de la Terre d’Argence (Asta). Pour lui, c’est le « rassemblement de la dernière chance » avant que la situation ne dégénère. Si l’installation d’une zone à défendre est évoquée depuis plusieurs mois, une partie des opposants envisagent en effet des actions de plus en plus violentes si les travaux étaient lancés.

    « L’étape d’après c’est de rentrer dans le juridique sauf que c’est long et pendant que la justice instruit, les travaux auront commencé et ce sera trop tard pour revenir en arrière. Il y a déjà eu des tensions avec les visites des écologues. Il y a eu des plaintes déposées par des agriculteurs sur le comportement des huissiers qui les accompagnaient. La tension monte et des agriculteurs sont en dépression. Nous, on est là pour canaliser parce qu’il faut qu’on reste crédible mais à un moment, on ne pourra pas canaliser tout le monde », prévient Luc Perrin. Agriculteurs, écologistes, acteurs du tourisme et habitants du territoire forment en effet un front uni face à ce projet. En attendant la déclaration d’utilité publique (DUP) qui est instruite depuis mai, ces opposants appellent donc à se rassembler samedi 19 septembre à 18h30 au théâtre antique d’Arles.

    100 élus signataires

    Depuis cet été, ces opposants tentent également de pousser les élus à se mobiliser. Ils leur ont ainsi proposé de signer un serment où ils reconnaissent « la nécessité de décarboner la zone industrielle et portuaire de Fos-sur-Mer » mais que « cette ambition ne peut être dissociée des réalités, des équilibres et des richesses des territoires qui l’entourent ». « L’idée c’est de montrer que cette décision de l’État est antidémocratique puisque, en plus des citoyens, des associations environnementales, du tourisme, des agriculteurs, on a les élus avec nous », précise Luc Perrin qui espère une centaine de signatures. Avant ce rassemblement, Carole Delga a d’ailleurs tenu à réaffirmer son opposition au projet. « Nous ne sommes pas contre la décarbonation de Fos », tient à rappeler Luc Perrin. « On est contre la manière dont c’est fait. RTE (Réseau de Transport d’Électricité), dit que notre projet alternatif coûterait 10 fois plus cher alors que selon les calculs d’experts, c’est 1,5 fois le coût du projet de RTE ».

  • La Bourse du travail d’Arles « zone à défendre »

    La Bourse du travail d’Arles « zone à défendre »

    « Ici, c’est notre zone à défendre », lance Sophie Binet au début de la conférence de presse donnée à la Bourse du travail d’Arles, jeudi après midi. La formule n’a rien d’étonnant à l’heure où le maire (Horizons), Patrick de Carolis, a refusé « deux médiations que nous lui avons proposées », rappelle la secrétaire générale de la CGT, dans le conflit qui oppose l’Union locale à l’édile arlésien depuis trois ans.

    Sophie Binet rappelle qu’« en général, les maires qui veulent nous expulser sont d’extrême droite, comme à Carcassonne, Bagnols-sur-Cèze, Tarascon ou Liévin ». D’où son appel à Patrick de Carolis : « Soyez républicain et respectez les libertés syndicales fondamentales, car on ne déloge pas une organisation syndicale en raison de désaccords. » Elle pointe une contradiction : « Nous avons signé des courriers ensemble pour Fibre Excellence. Il ne peut pas nier le rôle d’intérêt général de la CGT, grâce à elle, les ouvriers sont en train de reprendre la main et stopper une pollution du Rhône. »

    Quant au moratoire sur les autres procédures d’expulsion en cours en France, la secrétaire générale de la CGT indique que le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, « va contacter directement Patrick de Carolis car il n’est pas acceptable, m’a-t-il dit, qu’un maire expulse les syndicats sans relogement à la hauteur. Il n’a pas visité la Bourse du travail d’Arles, mais il sait que 400 m² contre deux fois 14 m² est un problème majeur », conclut la responsable.

    Convergence des luttes

    L’Union locale d’Aix a apporté 1 500 euros à l’UL d’Arles ce jeudi, soit un mois d’astreinte administrative, en solidarité. Solidarité exprimée aussi aux Unions locales CGT de Tarascon et Bagnols-sur-Cèze, à proximité. Occupée en permanence, la Bourse du travail d’Arles accueillera samedi à 17h une conférence consacrée à son histoire. Le communiste Nicolas Koukas, qui était présent au titre des élus de l’Union pour Arles, animera cette conférence en qualité d’historien.