Tag: Arles

  • Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    C’est une phase de chasse aux trésors du Rhône un peu particulière qui se termine, ce week-end. Les rives arlésiennes du fleuve sont passées au peigne fin des plongeurs de l’opération Fouilles du Rhône 2025, depuis le 25 août et jusqu’à ce 3 octobre. Cette mission archéologique est conduite par le Musée départemental Arles antique et un consortium scientifique comptant l’Université d’Aix-Marseille et le CNRS, avec une équipe d’une quinzaine de spécialistes en plongée, en céramique ou encore en topographie.

    La cible principale des chercheurs est l’épave « Arles Rhône 15 », une chaloupe du Ier siècle de 4,70 m de longueur, découverte en 2009. Lors d’un point presse, le 30 septembre, le responsable de l’archéologie subaquatique du musée, David Djaoui, détaille l’opération : « une prospection de 900 m2 autour de l’épave pour inventorier des trouvailles, parmi lesquelles des amphores datant de 100 après JC, à l’âge d’or d’Arles. » Et plus encore, avec la découverte d’un « madrier de 15 m », un morceau de bois qui « signe l’assemblage d’un bateau », selon l’archéologue.

    Des conditions difficiles

    La mission revêt quelques difficultés, particulièrement pour les plongeurs, comme l’explique Sabrina Marlier, du Musée Arles antique. « Les conditions de travail sont dures. Le courant est fort, la visibilité faible et on fait des otites à répétition », indique l’archéologue, pour qui « le dérèglement climatique ne facilite pas la prévision des sorties en raison du temps ». S’il pleut en amont du Rhône, les alluvions viennent logiquement troubler l’eau plus qu’elle ne l’est déjà.

    Les objets présents dans l’eau aussi posent question, relève Louise Contant, du Musée national de la marine. « Les strates historiques se mélangent et il est surprenant d’observer des objets historiques à côté de canettes de boisson », ironise la cheffe des collections, quand il n’y a pas de verre brisé pouvant blesser les plongeurs. Entre 7 et 14 m de fond au maximum, les poubelles côtoient les trésors, ironiquement.

  • À Arles, les manifestants exigent l’égalité fiscale

    À Arles, les manifestants exigent l’égalité fiscale

    Dans les rues pavées étroites d’Arles, les drapeaux créent un ruban coloré. Après la rencontre de l’intersyndicale avec le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, le 24 septembre, les organisations, qui attendaient « des pistes sur une copie initiale » du budget 2026, une « rupture avec les mesures présentées en juillet » et un « engagement sur ce qui pourrait être des mesures sociales et fiscales » ont appelé à battre une nouvelle fois le pavé, ce 2 octobre, rappellent les représentants des syndicats.

    Les exigences sont connues : « La mise en place de dispositifs qui taxent les gros patrimoines et les très hauts revenus et contraignent le versement des dividendes pour une meilleure répartition des richesses, la conditionnalité sociale et environnementale des 211 milliards d’euros d’aides publiques versées aux entreprises privées, des moyens budgétaires à la hauteur pour les services publics, des investissements dans une transition écologique juste et la réindustrialisation de notre pays avec des mesures pour lutter contre les licenciements. »

    Dans le cortège, fort de 500 manifestants selon les organisateurs, 350 selon la Préfecture de police, Laurie porte un carton sur lequel elle a résumé une proposition de budget : « Taxer les riches pour financer les services publics. » La Salonaise, enseignante en maternelle à Miramas, déplore une inégalité sociale « monstrueuse ». « On est dans une forme d’autisme gouvernemental où les Français approuvent la taxe Zucman de la même manière que l’Assemblée nationale l’a votée [avant d’être rejetée par le Sénat, Ndlr.], et on n’est pas entendus, dénonce-t-elle. Je ne comprends pas comment on peut encore parler de légitimité et de démocratie. On braque le projecteur toujours du même côté, on court après la fraude à la CAF, ce genre de choses qui représentent des sommes infimes, alors que les aides publiques de l’État au privé, sans contrepartie, coûtent et nuisent beaucoup plus au bien commun. »

  • La réinsertion des femmes par la cuisine à l’honneur

    La réinsertion des femmes par la cuisine à l’honneur

    C’est le troisième grand festin que l’on organise, mais le premier de cette ampleur » s’enthousiasme Florence Armitano, responsable nationale du réseau Des étoiles et des femmes. Après le Pays basque et Arles, c’est à Marseille qu’aura lieu, ce vendredi, le grand banquet pour l’anniversaire du programme de réinsertion féminine par la cuisine, Des étoiles et des femmes. Sur la place Bargemon, des chefs des 14 villes où le programme est développé prépareront le repas avec des femmes qui ont bénéficié de l’initiative.

    Un programme lancé par l’association Festin à Marseille et qui fête ses 10 ans. « L’idée est d’accompagner des femmes qui sont éloignées de l’emploi pour qu’elles passent des diplômes en cuisine et qu’elles retrouvent un emploi », explique la responsable du réseau. Le suivi de ces femmes passe par une aide pour trouver des solutions de garde d’enfants, une aide au logement ou un accompagnement contre la précarité alimentaire si elles en ont besoin. « On leur propose aussi des stages dans des restaurants étoilés ou bistronomiques pour briser le plafond de verre », ajoute Florence Armitano. Depuis sa création, plus de mille femmes ont suivi le programme et trois quarts auraient retrouvé un travail d’après la responsable.

    Ce vendredi, certaines seront présentes sur la place Bargemon, avec des chefs de toute la France, pour préparer des repas aux participants du banquet. Des personnalités locales, comme des danseurs de (La)Horde ou l’autrice de Marseille Trop Puissante Margaux Mazellier, prêteront main-forte et pourront échanger avec les participants. Une exposition photos et un dj set sont également prévus.

    35 euros, réservation sur helloasso.com

  • À Arles, « le PCF a construit un pré-programme »

    À Arles, « le PCF a construit un pré-programme »

    La Marseillaise : Des citoyens ont lancé l’Appel d’Arles pour présenter une candidature unique à gauche en vue des municipales. Où en est-on du travail mené pour établir un programme commun ?

    Jean-Frédéric Déjean : La semaine prochaine, on va se revoir pour affiner notre méthode et définir rapidement une tête de liste, avoir un accord politique sur la constitution d’une liste qui intègre toutes les formations progressistes mais aussi des citoyens, des personnalités du monde associatif ou du monde syndical et construire un programme commun qui allie propositions citoyennes issues du travail mené par l’Appel d’Arles et propositions des partis. Au sein de la section du PCF, ça fait des mois qu’on travaille à construire un pré-programme qu’on souhaite mettre à disposition pour échanger. C’est pas quelque chose qui se veut définitif, il n’y a pas de ligne rouge. Pour les municipales de mars il y a un enjeu : qu’on mette un terme à cette crise démocratique dans notre ville, que ce soit dans le respect des élus d’opposition, ou dans celui des syndicats et des associations.

    Quelles sont vos propositions les plus emblématiques ?

    J.-F.D. : Celle qu’on portait déjà en 2020, c’est la gratuité des transports. On a aussi axé notre travail sur le fait d’avoir une démarche pour être au plus proche des habitants. On constate quand même qu’il y a une fracture entre la mairie, les services municipaux et les quartiers et villages éloignés du centre-ville. On propose de créer une direction spécialement dédiée à cette question pour renforcer ce lien. On a aussi tout un panel de propositions sur les services publics de proximité. On préconise de développer des régies publiques là où c’est possible, notamment à l’échelle de l’intercommunalité avec la gestion de l’eau qui mérite d’être une compétence non plus déléguée mais entièrement dans le giron public. On souhaite aussi travailler à la mise en place d’une gratuité pour les premiers mètres cubes consommés. Je crois aussi qu’il est important dans cette période rythmée par les guerres et les conflits de porter un message et une culture de paix. Pour les écoles, on préconise de sanctuariser a minima un budget annuel d’investissement de 2 millions d’euros, soit deux fois plus qu’actuellement, parce qu’il y a une véritable urgence.

    Avez-vous détaillé le financement de ces mesures ?

    J.-F.D. : Concernant le budget, nous souhaitons réaliser un audit financier de la ville dès notre arrivée à la municipalité pour voir ce qu’il est possible ou pas de réaliser. Il y a un phasage de toutes ces mesures-là qui devra être réalisé en lien avec les citoyens.

  • Béatrice Helg trace ses « géométries du silence »

    Béatrice Helg trace ses « géométries du silence »

    Dans les travées du musée Réattu, un cliché affiche un drap blanc qui semble léviter face à un mur de béton grisonnant. Le fantôme de l’Opéra ? Que nenni. Plutôt un Esprit froissé capturé par Béatrice Helg, figure de la photographie mise en scène, courant qui a fait florès dans les années 1980 et qui atteste d’un contrôle total de l’auteur sur le sujet qu’il a préalablement imaginé. Avec Géométries du silence, exposition accrochée dans le cadre de la séquence « Arles associé » des Rencontres de la photographie d’Arles, le musée Réattu affiche ainsi « la plus vaste monographie jamais consacrée au travail » de cette artiste suisse « influencée par l’avant-garde russe et le constructivisme », situe le Musée.

    « Écriture de lumière »

    Certaines de ses œuvres symboliques, et parfois inédites, sont issues de séries aux titres évocateurs : Théâtres de la lumière, Crépuscule, Éclat ou encore Cosmos, qu’elle a réalisées lors des trois dernières décennies. Une amulette qui s’appesantit sur une main, des jeux de contrastes qui émergent vers le ciel… en déambulant, les rétines se familiarisent à ses formes étranges. « La photographie est une écriture de lumière. Elle me permet d’explorer l’invisible, l’insoupçonné, l’espace du dedans », écrit-elle. « Cette écriture me donne la possibilité d’exprimer des sentiments, de transmettre des sensations, des pensées que je ne saurais évoquer par une photo de la réalité ou par des mots. »

    www.museereattu.arles.fr

  • Le débat sur la ligne haute tension prend de la hauteur

    Le débat sur la ligne haute tension prend de la hauteur

    Le collectif Stop THT 13/30 n’a pas dit son dernier mot. Un mois et demi après la fin du débat public global de zone sur l’avenir industriel du territoire, l’alliance de 32 associations du monde agricole, écologique et citoyen d’Arles et de Camargue remet le sujet sur la table lors d’une conférence donnée dans le cadre du festival Agir pour le vivant.

    La protection de la biodiversité est la préoccupation première de ces militants. Telle que présentée par RTE dans son fuseau de moindre impact, la ligne aérienne de 400 000 volts devant alimenter la zone industrialo-portuaire traverserait quatre zones Natura 2000 dont trois zones humides d’importance internationale, la réserve de biosphère de Camargue, la réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau et une partie du Parc naturel régional de Camargue.

    « En Camargue et en Crau, la ligne aérienne serait présente sur plus de 50km, écrit le collectif dans une lettre ouverte. Elle aurait un impact majeur sur l’avifaune en raison de son emplacement stratégique dans une zone clé pour la migration des oiseaux ainsi qu’un site majeur de reproduction et d’hivernage, accueillant 400 espèces d’oiseaux soit 75% des espèces nationales. »

    Une solution alternative

    Début décembre, 74 organisations représentant 36 pays, ont lancé une alerte rouge pour prévenir les autorités nationales et européennes des risques environnementaux et socio-économiques de l’infrastructure. « À la dernière réunion de la conférence des parties de la convention de Ramsar, auquel participait la Tour du Valat, le secrétariat a demandé des explications à l’État français, affirme l’avocat Sébastien Mabile. Nous avons également saisi le comité permanent de la convention de Berne qui assure la protection du patrimoine naturel des habitats et des espèces sur tout le continent européen, et nous allons saisir la Commission européenne pour lui demander de faire pression sur l’État français. » Trois plaintes pour destruction d’espèces ont également été déposées, et une action en justice est envisagée.

    Jean-Luc Moya, porte-parole du collectif Stop THT 13/30, rappelle néanmoins : « On n’est pas que dans l’opposition, on a constitué une solution alternative en allant chercher des compétences en urbanisme, en naturalisme, en ingénierie. » Celle-ci consisterait en l’enfouissement de la ligne « sur des terrains 100% publics » mais coûterait bien plus cher que l’option aérienne de RTE, c’est-à-dire 1,2 milliard contre 300 millions d’euros, sans compter le délai de 2028, imposé par l’implantation des nouvelles industries, qui ne pourrait pas être respecté. Jean-Laurent Lucchesi, un autre membre de l’alliance, affirme : « On est pour la réindustrialisation, mais pas au risque de mettre en péril les autres enjeux agricoles, environnementaux et patrimoniaux. » À l’État de trouver un compromis.