Tag: Alpes

  • Une sécurité sociale alimentaire pour le Buëch

    Une sécurité sociale alimentaire pour le Buëch

    Aujourd’hui, en France, dans les Hautes-Alpes et dans le Buëch, une part de plus en plus importante de la population est en précarité alimentaire. » C’est le constat de départ que pose Gérard Hanus, président de l’association les Chemins solidaires qui gère l’épicerie de Laragne-Montéglin, un lieu d’entraide et d’accès à une alimentation de qualité. Avec plusieurs partenaires, il est à la baguette d’un projet de création d’une sécurité sociale alimentaire sur le territoire.

    « D’un côté, nous avons toujours plus de gens qui se restreignent en quantité et en qualité de repas, et de l’autre, des producteurs engagés dans la production alimentaire de qualité et locale, qui peinent à avoir un revenu correct face à la concurrence de l’agroalimentaire », explique Gérard Hanus. Le but de son projet est donc de soutenir un système alimentaire qui va vers plus de qualité, de bio, de local et qui soit moins difficile d’accès pour la population.

    La sécurité sociale alimentaire, déjà expérimentée depuis plusieurs années dans certains territoires, repose sur les mêmes piliers que la Sécurité sociale. « Chacun cotise selon ses moyens et reçoit la même allocation, explique Gérard Hanus. Ensuite, on dépense cette allocation dans les lieux conventionnés par la caisse, choisis démocratiquement. Le support peut différer selon les expérimentations, de cartes papiers, des applis numériques, une carte de crédit… » Tout le monde a ainsi accès à une alimentation de qualité, même les plus précaires, et l’initiative crée par là même un marché pour les producteurs locaux, souvent inaccessibles par le prix ou le manque de circuit de consommation.

    L’aide alimentaire débordée

    D’après les données publiques, 16% des Français vivent aujourd’hui en situation de précarité alimentaire et plus de cinq millions ont recours à l’aide alimentaire. « Les circuits d’aide alimentaire étaient à l’origine prévus pour répondre à situation exceptionnelle et marginale. Ils doivent désormais répondre à un problème généralisé », rappelle le président de l’épicerie solidaire. « La précarité est structurelle désormais, avec des mères de famille monoparentale qui cumulent des emplois à temps partiel, des retraités aux petites retraites, des étudiants précaires… » L’objectif à terme est de créer une septième branche de la Sécu, au même titre que la santé, la famille, la retraite, etc.

    Au total, quatre projets sont à l’étude dans les Hautes-Alpes : dans le Buëch, sur la zone d’Embrun et Serre-Ponçon, dans le Champsaur-Valgaudemar, et enfin le Briançonnais, avec différents partenaires locaux. L’Union départementale de l’économie sociale et solidaire des Hautes-Alpes (Udess), fait le lien entre ces différents projets locaux. Du côté du Buëch, l’initiative repose sur la coopération des Chemins solidaires, du parc régional des Baronnies provençales, de la MJC de Laragne-Montéglin, de la Croix Rouge locale et de l’Adear, l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural. Les réunions s’enchaînent depuis plus d’un an et se poursuivront sur l’année. Avec l’objectif, selon Gérard Hanus : « Qu’en 2027, on passe à la mise en pratique concrète. »

  • À Saint-Auban, la CGT veut préserver le site

    À Saint-Auban, la CGT veut préserver le site

    Les élus CGT du site de Saint-Auban, réunissant Kem One et Arkema, s’inquiètent de l’avenir de la plateforme et de ses travailleurs au vu des difficultés économiques importantes rencontrées par Kem One. Les deux entreprises, qui forment un bassin industriel primordial dans le département, sont interdépendantes et partagent de nombreuses ressources en commun. « Si on venait à tomber, toute notre plateforme à Saint-Auban tomberait », avance la CGT du site de Kem One.

    « On est dans une situation critique depuis plusieurs mois. Kem One perd de l’argent chaque mois et la trésorerie est fortement impactée », alerte Fabrice Daumas, délégué syndical CGT à Saint-Auban et élu au CSE. Avec la grève organisée ce mardi 31 mars, ils espèrent « alerter le gouvernement, la préfecture, le ministère de l’Industrie et les médias ».

    « Apollo nous a plongés dans la difficulté depuis qu’ils nous ont endettés pour racheter l’entreprise en 2021. Ce système financier n’est pas adapté à l’industrie chimique », déplore le délégué syndical. C’est pour cela que la CGT exige un investisseur industriel pour la reprise de Kem One. « Les emplois ne sont pas remplacés, les projets sont en standby, on n’a pas l’argent pour aller voir nos clients. C’est une spirale négative qui se met en place. »

    « Kem One a toute sa place dans l’industrie française et mondiale, on vend du PVC dans le monde entier », rappelle le syndicaliste. La CGT est particulièrement inquiète de la somme d’argent importante, « plusieurs millions d’euros », qui sera nécessaire pour mettre le site aux normes environnementales européennes d’ici la fin de l’année. « On n’a pas l’argent pour », s’inquiète Fabrice Daumas. « L’idée est de contraindre Apollo à mettre cet argent avant de s’en aller, ou alors qu’il y ait des engagements forts du futur repreneur », résume Sylvain Moretti, secrétaire général de l’union départementale CGT.

    Le maire de Château-Arnoux-Saint-Auban, Philippe Bertrand, ancien syndicaliste à Kem One, a apporté son soutien aux travailleurs mobilisés et compte rencontrer la direction « pour faire en sorte que Kem One redevienne Kem One ».

    Rencontre en préfecture vendredi 3 avril à 14h30.

  • À Sanofi, des salaires erronés depuis trois mois

    À Sanofi, des salaires erronés depuis trois mois

    Des salaires de seulement quelques centaines d’euros, pas de salaire ou même des salaires négatifs. Depuis le 1er janvier, de nombreux salariés du groupe Sanofi subissent des erreurs et d’importantes coupes dans leur paie. Sur le site de Sisteron, la CGT constate « jusqu’à 25 ou 30% d’écart de salaire ». Certains salariés ont dû abandonner leur projet immobilier, leur crédit, ou ont fini à l’hôpital ou en arrêt maladie à cause du stress généré par ces dysfonctionnements.

    Ces erreurs importantes sont dues à l’externalisation pratiquée par le groupe Sanofi, qui a mandaté le prestataire américain ADP (Automatic Data Processing) pour gérer les salaires de ses travailleurs. « C’est la catastrophe, depuis trois mois, les erreurs s’accumulent et il n’y a pas de régularisation derrière », déplore Ludovic Veyret, délégué syndical CGT sur le site de Sisteron. Tous les mois, les salariés doivent passer des heures à éplucher et tenter de déchiffrer leur fiche de paie en quête des erreurs de salaire, de plus en plus complexes à comprendre. « On n’a pas les compétences pour vérifier nos fiches de paie, on demande des mesures, un cabinet de comptable sur site et une régularisation des salaires manquants dans les plus brefs délais », insiste le délégué syndical.

    Un droit d’alerte

    Parfois, des heures de travail ou des périodes de congé ne sont pas prises en compte dans le calcul des salaires. La CGT du site a déclenché un droit d’alerte « pour atteinte aux droits des salariés ». « Normalement, l’employeur est obligé de mener une enquête dans les plus brefs délais pour savoir quelle mesure il peut mettre en place pour faire cesser cette atteinte aux droits des salariés », explique Ludovic Veyret. Mais dans ce cas-là, « Sanofi nous a répondu qu’ils ne souhaitaient pas poursuivre la procédure. On leur a écrit que c’était un manquement au Code du travail et à leurs obligations », selon la CGT. Le syndicat compte saisir les prud’hommes, réclamer des dommages et intérêts pour compenser le préjudice subi et déposer un référé au tribunal, ainsi qu’un « droit d’alerte collectif ».

    « Aujourd’hui, on est coincés. C’est aberrant d’en être à ce point-là. On se demande comment on va trouver des nouvelles molécules si on n’arrive même pas à payer les salariés », lance Ludovic Veyret. « Il y a une perte de confiance totale », résume le syndicaliste. La CGT du site de Sisteron est plutôt réticente à appeler à la grève, qui causerait une perte de salaire supplémentaire, mais reste déterminée à faire entendre la voix des travailleurs de Sanofi et pense organiser une manifestation dans la semaine à venir. « Se mettre en grève, c’est perdre de l’argent pour réclamer son dû », regrette Ludovic Veyret.

    « Je ne comprends pas que l’entreprise, le directeur du site, ne puissent pas prendre de mesures. On fait quand même un bénéfice de 9 milliards d’euros à l’année. Sanofi a les moyens de prendre un cabinet de comptable s’ils n’ont pas les ressources en interne pour vérifier et régulariser les salaires », lance le délégué. 2 400 salariés pourraient être concernés. Mais la CGT estime qu’ils sont plus nombreux à être touchés.

    Contactée par La Marseillaise, la direction n’a pu être jointe. « Dès l’identification de ces situations, un dispositif de suivi renforcé a été activé avec ADP » et « les cas individuels font l’objet d’un traitement prioritaire », assure cependant à l’AFP Sanofi, qui précise qu’« une phase de stabilisation d’environ quatre mois est en cours afin de garantir la fiabilité durable du processus de paie ».

    Selon le syndicat, des salariés en arrêt maladie ou en préretraite n’ont touché aucun salaire pendant deux mois, sur le site de Sisteron. Lorsque les travailleurs rencontrent ces problèmes de salaires, les représentants du personnel tentent de se tourner vers le service RH, mais « il n’y a plus personne sur site, seulement la DRH et un CDD ».

    « Une perte
    de confiance totale »

    Ludovic Veyret, syndicaliste

  • Lila Desjardins, première femme maire de Peyruis

    Lila Desjardins, première femme maire de Peyruis

    Être la première femme à occuper ces fonctions, qui plus est une femme issue de l’immigration, me remplit de fierté et montre avec force à quel point Peyruis est une commune tolérante, juste et accueillante, qui rassemble plutôt qu’elle ne divise, comme certains voudraient le faire croire », a déclaré Lila Desjardins en regardant en direction des deux nouveaux élus RN du conseil municipal. La nouvelle maire a également tenu à s’adresser à sa petite-fille, présente lors du conseil d’installation : « Je veux lui dire que, si naître fille est plus simple aujourd’hui, le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas terminé. Le chemin est encore long. Je lui souhaite de devenir elle aussi cheffe de son village, mais elle a beaucoup plus d’ambition que moi, puisque son village, c’est Lyon ».

    Seule candidate au poste de maire, Lila Desjardins a été élue par 18 voix contre cinq bulletins blancs, équivalents aux cinq sièges de l’opposition.

    « Opposition constructive »

    L’ancien maire, Patrick Vivos, qu’elle a largement battu dimanche dernier, a pris la parole pour lui souhaiter « beaucoup de courage » et promettre une « opposition constructive ». Les deux nouveaux élus RN n’ont eux pas demandé la parole.

    L D.

    Les adjoints

    Premier adjoint, Joël Mercadier, directeur d’ASA. 2e adjointe, Chantal Michel, cadre de la fonction territoriale. 3e adjoint, Frédéric Julien, agent territorial. 4e adjointe, Françoise Crest, professeure de français. 5e adjoint, Hafid Essaidi, retraité. 6e adjointe, Floriane Idini, agent immobilier.Les délégations seront attribuées lors du prochain conseil municipal qui se tiendra le 14 avril.

  • Julien Di Benedetto élu maire de Digne à l’unanimité

    Julien Di Benedetto élu maire de Digne à l’unanimité

    Patricia Granet-Brunello, maire sortante (DVG) de Digne-les-Bains, a remis avec émotion son écharpe de maire à son successeur, Julien Di Benedetto, samedi matin. « Cette victoire est belle, c’est celle de la jeunesse », a-t-elle lancé avant d’évoquer « le défi » de l’hôpital. Elle a aussi rendu « hommage » à son ex-premier adjoint, Francis Kuhn, qui s’était désisté au second tour de l’élection municipale après le soutien de la maire sortante à Julien Di Benedetto plutôt qu’à lui au soir du premier tour. « Cher Julien, je sais que tu sauras porter cette responsabilité avec sérieux et dignité », a-t-elle dit à son jeune successeur.

    Seul candidat en lice pour le fauteuil de maire, Julien Di Benedetto a été élu à l’unanimité par les 33 votants du conseil municipal. « C’est un honneur », « cette confiance m’honore et m’oblige », a réagi le nouveau maire. Il a affirmé vouloir « répondre rapidement aux besoins de la ville », insistant notamment sur la sécurité, la tranquillité, le renforcement de la police municipale, le centre ancien, le conservatoire en piteux état et l’hôpital.

    Des liens avec la Région

    « Désormais, nous pourrons compter sur l’aide de la Région qui regarde avec attention ce qui se passe à Digne. Comptez sur moi pour rattraper la dette due à notre ville », a-t-il assuré. Le candidat s’était montré proche de figures locales de la majorité régionale, notamment du maire DVD de Forcalquier David Gehant qui l’avait soutenu pendant sa campagne. « La tache est immense et le défi colossal, mais les Dignois ont clairement indiqué ce qu’ils voulaient au cours de cette élection municipale qui était la plus importante depuis plus de 30 ans ». Le nouveau maire a salué sa famille, présente dans la salle, et plus particulièrement son grand-père, « arrivé en France il y a 74 ans » depuis l’Italie, qui avait du mal à essuyer toutes ses larmes au premier rang dans l’assistance.

    Le conseil municipal d’installation s’est tenu sans Gilles Chalvet et sept de ses colistiers qui ont annoncé leur démission et ont été remplacés par d’autres élus de leur liste. Leur nouveau chef de file, Pascal Rovere, a brièvement pris la parole pour féliciter la liste élue et promettre d’être une force d’opposition « du centre, responsable, constructive et vigilante ». Les neuf adjoints ont ensuite été élus, parmi lesquels le benjamin du conseil municipal, Mathys Legay, 20 ans, et le communiste Gérard Esmiol. Ils ont été élus à 32 voix, le 33e bulletin ayant été déclaré nul.

    Les adjoints

    1 – Alexis Audiffred (finances)

    2 – Marie-Pierre Rinaldi (culture)

    3 – Emmanuel Couronnel (jeunesse, action sociale)

    4 – Patricia Sarracanie (éducation et bien-être animal)

    5 – Jacques Dayan (urbanisme, cadre de vie et travaux)

    6 – Myriam Sereno (centre-ville, attractivité, commerces et événementiel)

    7 – Mathys Legay (sport)

    8 – Valérie Dompnier (santé, égalité femmes/hommes, handicap, accessibilité)

    9 – Gérard Esmiol (vie des quartiers et devoir de mémoire)

  • Soirée de soutien à SOS Méditerranée, « un acte de résistance »

    Soirée de soutien à SOS Méditerranée, « un acte de résistance »

    Un acte de résistance face à la banalisation de la violence. » Samedi soir, Pierre Micheletti, médecin et
    administrateur de SOS Méditerranée, et Jean-Luc Pesle, médecin responsable de la mission frontière transalpine pour Médecins du Monde, sont intervenus aux côtés d’artistes et de militants pour une soirée de soutien à l’association de sauvetage en mer au tiers lieu la Maison commune, à Château-Arnoux-Saint-Auban. La soirée a commencé par la lecture musicale de textes d’un roman de Pierre Micheletti. Chantal Lemarchand, l’une des trois fondatrices de la maison d’édition Langage Pluriel, organisatrice de la soirée, a lu l’histoire de Younis Ibrahim Jama, inspirée du fiasco humanitaire de l’Arche de Zoé. Un enfant rescapé du Darfour, dont la mère a été tuée par des soldats, est arraché à son père et adopté par un couple français. La lecture était accompagnée par le musicien Olivier Vauquelin à la contrebasse.

    « Inflation du besoin d’assistance »

    Le médecin administrateur de SOS Méditerranée a ensuite déploré la « multiplication par cinq du nombre de personnes en besoin d’aide humanitaire ces dix dernières années, et par deux des personnes déplacées de force ». Il a insisté sur le besoin de « faire en sorte qu’elles n’aient pas à fuir leur pays », et rappelé une citation de la poétesse Warsan Shire : « Personne ne pousse ses enfants sur un bateau, à moins que l’eau ne soit plus sûre que la terre ferme. » Selon lui, « l’UE développe des stratégies d’épuisement », « tolère des blocages des humanitaires et pénalise les secours ». Il a notamment rappelé que des garde-côtes libyens avaient tiré sur l’Ocean Viking en 2025, engendrant une immobilisation de trois mois.

    Jean-Luc Pesle a lui aussi déploré la « militarisation », « les pressions, intimidations, obstacles aux soins, le harcèlement » et la « criminalisation des actions de solidarité ». Le refuge solidaire que son équipe a ouvert à Briançon a largement dépassé sa capacité d’accueil. Les deux humanitaires ont par ailleurs constaté une évolution du public secouru et accueilli : il y a plus de femmes, enceintes ou encore victimes de violences sexuelles, de familles et d’enfants.

    La soirée de soutien s’est terminée par un repas solidaire et par un concert a cappella de Lison David et Juliette Delhommeau.

  • Arnaud Murgia reprend son écharpe à Briançon

    Arnaud Murgia reprend son écharpe à Briançon

    L’heureux (ré)élu a reçu l’écharpe tricolore des mains du doyen du conseil municipal et 2e adjoint au maire, André Martin, Sa majorité sera composée de 25 conseillers municipaux issus de sa liste. La liste de gauche citoyenne de Luc Marchello sera représentée par six conseillers et la liste sans étiquette de Richard Nussbaum par deux conseillers.

  • Le quatrième mandat de Roger Didier officiellement lancé à Gap

    Le quatrième mandat de Roger Didier officiellement lancé à Gap

    Devant un public venu en nombre, la nouvelle mandature du maire sortant a été officiellement proclamée. Un groupe de dix conseillers de gauche siégera dans l’opposition.

    Ce vendredi soir à 18h30, à l’Hôtel de ville de Gap, les votes des 43 conseillers municipaux se sont déroulés sous la présidence du doyen du conseil municipal, Claude Boutron, adjoint de l’équipe municipale sortante. Deux candidatures ont été proposées : celle de Roger Didier, maire sortant, et celle d’Elie Cordier. C’est le premier qui a été réinvesti comme attendu, avec les 32 voix des adjoints qui forment sa majorité. Elie Cordier a lui récolté 10 votes.

    Après la victoire de la liste au second tour, le 22 mars dernier, avec 47,52%, Roger Didier dispose donc d’une confortable majorité de 31 conseillers municipaux à ses côtés. Candidat malheureux au second tour avec 46,86% des voix, Elie Cordier siégera dans le groupe d’opposition de la liste de d’union de la gauche « Agir ensemble pour Gap », qui sera composée de dix conseillers, dont Charlotte Kuentz, tête de liste du mouvement citoyen Ambitions pour Gap. À noter la présence de la tête de liste du Rassemblement National, Raphaël Leroux, qui siégera également dans l’opposition, seul, ayant été crédité de 5,62 % des votes.

    Roger Didier a nommé onze adjoints qui ont reçu les votes de la majorité de l’assemblée présente. Roger Didier a donc été élu pour une nouvelle mandature, la quatrième depuis son arrivée à la tête de la ville de Gap, en 2007. S’il a été applaudi par ses conseillers municipaux, des huées ont retenti parmi la cinquantaine de personnes venues assister à ce conseil municipal d’inauguration.

    Fin de séance tendue

    Roger Didier a déploré une campagne qui a « quitté le terrain du débat démocratique pour s’aventurer des attaques personnelles » à son encontre et tenu à rappeler qu’il n’était pas « un décideur solitaire. » S’il confesse avoir « un caractère » il a affirmé que celui-ci serait « mis au service des Gapençais ».

    Elie Cordier, chef de file de l’opposition de gauche a lui tenu à témoigner ses « félicitations républicaines » mais a rappelé « ne pas avoir déposé de recours » malgré des « irrégularités durant la campagne » et des « fausses informations diffusées » contre son équipe. Le chef de file de l’opposition a demandé au maire de faire preuve d’« une réelle volonté d’écoute » envers les élus de l’opposition. Une prise de parole qui a été qualifiée de « tissus de mensonges » par Roger Didier, qui a clos la séance sur ces entrefaites.

    À noter qu’en marge de ce premier conseil municipal une délégation du groupe local insoumis a interpellé les élus pour leur demander rendre les séances accessibles aux personnes à mobilité réduite.

    Les adjoints

    Onze adjoints ont été nommés par Roger Didier et élus par le conseil municipal :

    1 – Jean-Pierre Martin

    2 – Catherine Asso

    3 – Olivier Pauchon

    4 – Françoise Bernerd

    5 – Vincenzino Medili

    6 – Zoubida Eyraud-Yaagoub

    7 – Gil Silvestri

    8 – Delphine Rolland

    9 – Pierre Philip

    10 – Céline Zarb

    11 – Alain Blanc

  • Le bourreau de Laëtitia jugé pour viols et torture en mai à Digne-les-Bains

    Le bourreau de Laëtitia jugé pour viols et torture en mai à Digne-les-Bains

    C’est une affaire sordide, que les médias comparent à celle de Mazan, qui sera jugée par la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence du 18 au 22 mai 2026. Il est reproché à Guillaume B., responsable d’agence bancaire à Manosque, d’avoir violé, torturé et livré à des dizaines d’inconnus sa compagne Laëtitia pendant des années à Manosque, La Seyne-sur-Mer et Grasse. Il est également poursuivi pour détention d’armes sans autorisation. La mère de famille de 42 ans avait décrit le calvaire qu’elle a vécu à France Info : « C’étaient des coups de poing, des entailles dans le dos au cutter ou avec un couteau. Il me frappait aussi avec une planche à découper. J’étais souvent à sang. Il me brûlait aussi avec sa cigarette. »

    En plus de la violence physique, Laëtitia décrivait une emprise psychologique à nos confrères.

    Violence et emprise

    « Il me menaçait de me faire perdre la garde de mes enfants, d’envoyer à mes parents des images intimes et dégradantes de moi. Il décidait de mon heure de lever, de mon heure de coucher. Il décidait de mes vêtements, de ma coiffure, de mon maquillage. Il choisissait les appels et les mails auxquels je pouvais répondre. C’est lui qui décidait si je pouvais aller ou non chercher mes enfants à l’école. Même pour acheter une baguette de pain ou aller aux toilettes, je devais demander son autorisation. » Laëtitia dit aujourd’hui être « incontinente » et « handicapée » à cause des sévices subis. C’est une de ses amies qui avait alerté les forces de l’ordre en 2022. Guillaume B. avait alors été placé en garde à vue, puis en détention provisoire après l’ouverture d’une enquête.

  • À Digne, profs, élèves et syndicats sont unis

    À Digne, profs, élèves et syndicats sont unis

    « éducation au rabais = démocratie en danger », « laissez nos profs en paix », « laissez-nous nos options et nos spé »… De nombreux élèves se sont mobilisés aux côtés de leurs professeurs, jeudi, devant leurs établissements, puis devant la DSDEN (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale), à Digne-les-Bains. Ils s’inquiètent des suppressions de classes, d’heures de cours, de postes d’enseignants et d’options ou de spécialités, dans le département.

    Devant le lycée Alexandra-David-Néel de Digne-les-Bains, particulièrement mobilisé car largement touché par ces coupes budgétaires, Alexandra, 17 ans, craint que la suppression de sa spécialité audiovisuel. « C’est la grande spécificité de notre lycée, les options et les spés artistiques. C’est pas possible de les supprimer ! », déplore-t-elle, en train de préparer des pancartes pour la manifestation, sur fond musical. « Ils veulent augmenter les effectifs de classes à 35 élèves, surtout pour les sections STMG (sciences et technologies du management et de la gestion), alors que, pour avoir une classe qui est déjà à 35, c’est horrible ! »

    « Éducation négligée, lycées énervés »

    Elena, 15 ans, est venue devant son lycée pour soutenir ses professeurs. « Notre classe est menacée, on a déjà du mal à se concentrer avec 25 élèves, et c’est compliqué pour les professeurs de nous aider chacun à notre tour. Alors 35, ça risque d’être énorme », craint-elle. Sur les pancartes préparées par les lycéens et leurs enseignants devant l’établissement, on peut lire : « 35 élèves pour 30m2, on appelle ça un élevage intensif », « éducation négligée, lycéens énervés », « le nouveau budget gros flop »… « On aurait décroché depuis longtemps si on était 35 », affirment Anaé et Alexia, 17 ans, en classe de STMG, dont les effectifs vont augmenter.

    À l’intérieur du lycée, les nombreux professeurs mobilisés se réunissent avant de prendre la route vers la DSDEN en fin de matinée. « Jusqu’à maintenant, on avait 9 heures d’option EPS, on a même eu jusqu’à 12 heures. Et là, on nous supprime 3 heures. Cela veut dire qu’un groupe va sauter alors qu’on a 79 inscrits. Il y en a forcément qui vont rester sur le carreau et arrêter l’option », regrette Aline Marteau, professeure d’EPS au lycée Alexandra-David-Néel. « On a un collègue qui vient faire un complément de service. Ce collègue risque de sauter », ajoute-t-elle.

    « On doit faire des compromis pour que l’édifice ne s’écroule pas », constate Julie Ruffe Raimon, professeure d’arts plastiques. « Mais là, ça s’écroule », lui répond Aline Marteau. Le convoi d’Alexandra David-Néel a rejoint plusieurs autres établissements mobilisés devant la DSDEN. « C’est un département qui se soulève », lance Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU 04, rappelant qu’il manque « 44 classes supplémentaires pour être dans la moyenne européenne » dans le département : « Pour l’instant, on est les derniers d’Europe. Cette année, ils attaquent l’éducation prioritaire. Le collège Jean-Giono à Manosque perd deux classes. »