Tag: Alpes

  • L’archéologie ouvre ses portes en grand

    L’archéologie ouvre ses portes en grand

    Le musée de préhistoire de Quinson se prépare aux journées européennes de l’archéologie ce week-end, et mise sur la protection des découvertes, trop souvent négligées et pillées par les randonneurs.

    L’exposition permanente du musée retrace 400 000 années d’occupation humaine, en commençant par le paléolithique, puis le néolithique et l’âge des métaux. On y retrouve notamment des objets en pierre et des matières osseuses trouvés dans la grotte de la Baume Bonne, l’un des sites les plus connus des gorges du Verdon. Des visites y sont d’ailleurs proposées dans le cadre des journées européennes de l’archéologie, ce samedi et ce dimanche, mais sont déjà complètes.

    Le parcours de visite raconte ensuite de manière chronologique le passage à l’économie de production, à la sédentarité, aux villages et aux maisons au néolithique.

    Cette année, la thématique des journées européennes de l’archéologie est l’âge du fer. Des panneaux ludiques prêtés par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont été installés à la fin du parcours de visite de l’exposition permanente à cette occasion. « Cela permet de casser les clichés, d’enrichir les connaissances de manière ludique, et de mettre en avant ces peuples qui n’avaient pas l’écriture, et dont l’histoire a donc souvent été racontée par d’autres, par leurs ennemis, ce qui ne leur rendait pas toujours hommage », se réjouit Chimène Honnorat, médiatrice culturelle et scientifique. Pour les journées européennes de l’archéologie, des espaces vides ont également été mobilisés pour faire deviner aux visiteurs les plantes et les viandes consommées à cette époque, ou encore quel os appartient à quel animal. Des mini métiers à tisser sont aussi installés ce week-end pour que les visiteurs puissent s’essayer à fabriquer un morceau de tissu.

    Depuis 2024, l’exposition temporaire « Sors de ta réserve » est proposée en partenariat avec la réserve naturelle géologique de Haute Provence, à l’occasion de ses 40 ans. L’accent est mis sur la préservation de la géologie. « On se bat pour que les gens marquent leurs découvertes avec des coordonnées GPS et les signalent, pour que les choses soient faites correctement », insiste Ludivine Franceschi, responsable du développement des publics. « Les pillages de fossiles sont monnaie courante. Beaucoup de sites doivent être protégés avec du béton autour. Des fossiles sont arrachés à coups de pioche. Il suffit d’un orage pour que des vestiges soient visibles en surface », regrette-t-elle. « Aux États-Unis, on a le droit de payer pour récupérer des fossiles dans la nature. Les législations sont très différentes d’un pays à l’autre. Cela va prendre du temps pour faire changer les mentalités », avance-t-elle.

    Des archéologues

    en tyrolienne

    Le plésiosaure, grand reptile marin prédateur du Mésozoïque, découvert à Tartonne, est exposé pour la dernière fois au public au musée de Quinson. Il sera ensuite réservé aux chercheurs, pour éviter que les vibrations et les changements de température et d’humidité n’altèrent sa conservation.

    Le musée a été créé pour conserver les découvertes réalisées lors des fouilles de sauvetage du Verdon, au moment des travaux des barrages EDF. Les archéologues ont alors dû faire du rafting et de la tyrolienne pour accéder aux lieux de fouilles.

    L’exposition permanente, inchangée depuis l’inauguration du musée en 2001, doit être totalement refaite dans les prochaines années. Le musée élargira ainsi ses collections avec de nouveaux fonds. « Il faut aller chercher ailleurs pour montrer la diversité. Là, il n’y a que des objets en pierre exposés, alors qu’à l’époque, il y avait beaucoup d’objets en matières osseuses. Ce n’est pas du tout représentatif de cette période », avance Ludivine Franceschi. « Idéalement, il faudrait changer la muséographie tous les dix ans pour faire avec le renouvellement des connaissances et les découvertes », explique-t-elle. Le nouveau parcours de visite devrait être plus interactif, afin que les visiteurs soient plus actifs et impliqués.

    DES RENDEZ-VOUS DANS LA RÉGION

    BOUCHES-DU-RHÔNE

    Saint-Rémy-de-Provence. Le site de Glanum propose un atelier pour découvrir les différentes sous-disciplines de l’archéologie. Le public pourra également manipuler de véritables vestiges pour reconstituer l’histoire du site. Dimanche 14 juin, de 9h45 à 12h30. Tarifs : enfants 6 euros, adultes 12 euros.

    Marseille. Le Palais Longchamp invite le public à se glisser dans la peau d’un archéo-anthropologue pour s’initier aux chantiers de fouilles de sépultures et découvrir les rites funéraires du Paléolithique à l’âge du Bronze. Samedi 13 et dimanche 14 juin. Gratuit.

    VAR

    Giens. Les médiateurs du Parc national de Port-Cros proposent une visite guidée pour explorer le sanctuaire d’Aristée sur la presqu’île de Giens. La visite se poursuit avec une randonnée jusqu’au fort du Pradeau, pour présenter l’histoire de la rade de Hyères. Dimanche 14 juin, de 10h30 à 14h30. Gratuit.

    Toulon. Le Centre archéologique du Var ouvre exceptionnellement ses portes pour une activité consacrée aux vêtements gaulois. Les participants pourront apprendre les techniques de tissage et expérimenter la fabrication textile sur un métier à tisser, inspiré des modèles utilisés à l’époque. Dimanche 14 juin 2026 de 11h à 12h30. Gratuit.

    VAUCLUSE

    Entraigues-sur-la-Sorgue. Le chantier archéologique préventif de la Zac du Plan ouvre exceptionnellement ses portes au public. Les responsables des fouilles du site présenteront les découvertes en cours, les méthodes d’intervention des archéologues et l’histoire du territoire. Samedi 13 juin, à partir de 10h. Gratuit.

    Vaison-la-Romaine. Sur la colline du site antique de Puymin, une visite guidée convie les participants à parcourir les vestiges des anciennes domus, notamment ceux de la Maison à l’Apollon lauré et de la Maison à la Tonnelle, avant de rejoindre le théâtre antique. Samedi 13 et dimanche 14 juin, de 14h à 15h30. Gratuit.

    HAUTES-ALPES

    Saint-Véran. Au départ de l’esplanade Sainte-Luce, une randonnée de 9 km invite le public à découvrir le patrimoine archéologique local aux côtés d’un géologue et d’un guide conférencier. Les participants exploreront notamment l’ancienne mine de cuivre de Clausis, exploitée dès l’âge du Bronze. Samedi 13 juin, de 9h à 17h. Gratuit.

    Gap. Le muséum départemental des Hautes-Alpes propose un voyage dans l’Antiquité à Gap (ex-Vappincum). La troupe Pax Augusta, spécialisée dans la reconstitution, vient y faire revivre la civilisation gallo-romaine et ses coutumes grâce à des installations immersives. Samedi 13 et dimanche 14 juin, de 14h à 17h45. Gratuit.

    ALPES-DE-HAUTES-PROVENCE

    Sisteron. Au Musée gallo-romain, les visiteurs ont 25 minutes pour retrouver un bijou antique en résolvant une série d’énigmes. Pensé comme un escape game, cet atelier aborde les méthodes de la recherche en anthropologie et l’étude du corps humain. Samedi 13 juin, de 10h à 12h et de 14h à 17h30. Gratuit.

    Reillanne. Le prieuré de Carluc propose une conférence animée par un archéologue, suivie d’un apéritif romain antique. Pour l’occasion, la chapelle de Carluc sera exceptionnellement ouverte et le public pourra la visiter. Samedi 13 juin, de 11h30 à 12h. Gratuit.

  • Le Duc de Lesdiguières sort des Archives départementales des Hautes-Alpes

    Le Duc de Lesdiguières sort des Archives départementales des Hautes-Alpes

    François de Bonne, duc de Lesdiguières, est un personnage méconnu du grand public, à l’échelle nationale comme dans les régions qui constituent l’ancienne province du Dauphiné. À l’occasion des 400 ans de sa mort, les Archives départementales lui consacrent l’exposition « Lesdiguières, destin extraordinaire d’un Champsaurin », accessible gratuitement jusqu’en septembre. Commandant des protestants du Champsaur lors des guerres de religions, François de Bonne devient l’un des chefs militaires du roi Henri IV, qui l’envoie reprendre le Dauphiné et Grenoble à la ligue catholique.

    Devenu maréchal de France, il mène plusieurs batailles, sièges et missions diplomatiques dans les guerres du nouveau roi. Fait duc du Champsaur sous Louis XIII, il est nommé connétable de France en 1622, la plus haute figure de commandement de l’armée. Il sera le dernier à ce poste, et décède à 83 ans, en 1626.

    Des documents inédits

    L’exposition aux Archives est volontairement centrée sur ses liens avec les Hautes-Alpes, appelées Haut-Dauphiné en son temps. Bernadette Saudemont, vice-présidente du Département chargée de la Culture, explique que les collections présentent des « documents tout à fait intéressants, voire inédits, comme ces lettres signées par Lesdiguières adressées aux communautés d’habitants, cartes et plans du XVIIe siècle, dessins et relevés de monuments aujourd’hui disparus ».

  • À Manosque, des agriculteurs sensibilisés aux risques

    À Manosque, des agriculteurs sensibilisés aux risques

    Risques chimiques, harcèlement au travail, violences sexistes et sexuelles… Une dizaine de travailleurs du secteur agricole ont assisté à une journée de prévention des risques chimiques et psychosociaux, ce jeudi.

    « 50% des salariés sont en détresse psychologique, tous secteurs confondus, et le secteur agricole est particulièrement touché », avance Caroline Mantero, responsable du service politique travail de la Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP). « C’est un vrai danger qu’on a du mal à appréhender. Cette journée donne des éléments de bonnes pratiques et permet de faire de la prévention avant que le risque naisse », explique-t-elle.

    « Le stress est un phénomène biologique totalement naturel, une réponse du corps pour pouvoir agir et faire face à une situation. Mais le cortisol, l’hormone du stress, devient problématique et peut causer des pathologies si on en sécrète tout le temps », a expliqué Sandrine Mocaer, ingénieure de prévention à la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets).

    Elle a ensuite listé les facteurs de risque pouvant conduire à l’apparition de troubles psychosociaux : l’intensité et la complexité du travail, les exigences émotionnelles, les rapports sociaux, les conflits de valeurs ou encore l’insécurité du travail.

    Caroline Mantero a ensuite donné des exemples de cas de harcèlement au travail reconnus par la Cour de cassation, comme être sollicité pour des dossiers en cours alors qu’on est en arrêt maladie. Elle a rappelé l’obligation de nommer un référent violences sexistes et sexuelles pour les entreprises de plus de 250 salariés, et l’obligation de lancer une enquête en cas de droit d’alerte du CSE concernant une situation de harcèlement moral ou sexuel. Une procédure de recueil des plaintes doit être mise en place, comme par exemple une boîte mail dédiée. Un signalement doit être accusé de réception, des échanges doivent être mis en place et un compte rendu doit être rédigé à chaque étape. Les travailleurs agricoles présents l’ont notamment interrogée sur les délais de prescription en cas de harcèlement au travail.

    La déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité femmes-hommes a ensuite fait un point sur les violences sexistes et sexuelles, rappelant qu’une femme sur deux a déjà été victime d’une forme de violence sexiste ou sexuelle au cours de sa carrière. « Seulement 5% des cas sont portés devant la justice », a-t-elle détaillé.

    Limiter la contamination de produits chimiques

    Les risques chimiques ont ensuite été abordés pendant l’après-midi. « Les produits chimiques, c’est aussi ce qu’on ne fabrique pas volontairement, comme le vin ou les poussières de bois cancérigènes », a précisé Amal Belghazi, chargée de la prévention en agriculture pour la Dreets. Elle a rappelé que la réglementation imposait des pictogrammes et qu’un produit naturel pouvait aussi être un produit chimique dangereux, comme l’amiante ou le pétrole, cancérogènes. « La première cause de maladie professionnelle, c’est les poussières de farine, qui causent des problèmes respiratoires, a-t-elle expliqué. Quand je perce un mur, je peux être exposé à des produits chimiques dangereux. » La voie cutanée est la principale voie d’exposition, mais reste pourtant la moins bien appréhendée.

    Amal Belghazi a insisté sur l’importance de limiter la contamination en veillant à l’hygiène des vêtements de travail, afin d’éviter que les produits phytosanitaires utilisés sur le lieu de travail ne soient ramenés au domicile.

    Des visites médicales post-exposition doivent être organisées pour les salariés exposés aux risques, et les risques particuliers doivent être déclarés, a rappelé Karine Vinci de la DDETSPP 04. Les travailleurs agricoles volontaires ont ensuite participé à un cas pratique : un salarié retrouvé inanimé dans une chambre froide à atmosphère contrôlée.

    Cette journée de prévention est organisée, chaque année, pour les travailleurs agricoles, employeurs ou salariés. L’année dernière, ce sont les risques liés à la chaleur et les logements saisonniers qui avaient été mis à l’honneur. Ces journées sont organisées par la Commission paritaire hygiène, sécurité et des conditions de travail en agriculture (CPHSCT), dont les membres sont désignés par les syndicats.

    En 2024, un quart des maladies professionnelles étaient liées au risque chimique et le nombre de maladies professionnelles des agriculteurs reconnues par la MSA était en hausse de 8%.

  • Vente du Fort-des-Têtes : les opposants aux JO voient rouge

    Vente du Fort-des-Têtes : les opposants aux JO voient rouge

    Les dernières annonces de la Solideo et de la mairie de Briançon ne semblent pas avoir dissipé les inquiétudes, au contraire. Point de cristallisation de cette colère : le projet qui consiste en l’acquisition par la Ville du Fort-des-Têtes, une fortification Vauban du XVIIIe siècle propriété inoccupée de l’armée, pour la somme de 250 000 euros. Le site doit être ensuite revendu à la Solideo, la société de livraison des ouvrages olympiques, qui, après réhabilitation, revendra in fine les bâtiments à des investisseurs privés afin d’en faire des logements en copropriété.

    Un « deal scandaleux », selon Stéphane Faure-Brac, fondateur du collectif local d’alerte sur les Jo 2030 (Caojop) : « Ce que personne ne dit c’est qu’un monument comme celui-là, fait l’objet d’une loi spéciale monument historique, quiconque investit sur le Fort peut défiscaliser énormément. » Pour lui, le projet n’apportera pas une solution de logement pour les Briançonnais, sur un territoire où le logement est rare et très onéreux, mais va plutôt profiter à des acteurs à hauts revenus qui réaliseront des projets immobiliers en défiscalisant leurs investissements.

    La crainte de surcoûts pour le contribuable

    Autre sujet de discorde : les 4,5 km de remparts, actuellement entretenus par l’armée, qui resteront la charge de la municipalité. « Nous, les Briançonnais, on hérite d’un bien inestimable, classé à l’Unesco, et derrière c’est la Solideo tout de suite qui le rachète au même prix, pour être revendu aux promoteurs privés. On appelle ça une captation d’héritage. Plein d’argent public va contribuer à l’entretenir mais on le refile à quelqu’un d’autre qui va faire de l’argent avec ! », dénonce-t-il.

    D’autant que le collectif soupçonne également la Solideo et la Région Paca de sous-estimer le coût de l’opération de réhabilitation du Fort des Têtes et de l’usine de la Schappe. « La réhabilitation du Fort, des remparts et toute la viabilisation nécessaire, puisqu’il n’y a pas de route, d’électricité, d’égouts ou d’eau, plus l’ascenseur valléen, tout ça devait coûter à l’origine 300 millions environ. Là, dans les médias, on nous annonce une réhabilitation à 133 millions, affirme Stéphane Faure-Brac. On redoute qu’il y ait des surcoûts colossaux pour les collectivités. »

    De son côté, au dernier conseil municipal, le maire Arnaud Murgia avait tenu à rassurer quant au bien-fondé du projet, rappelant notamment que le fait d’imposer une part importante de logement en accession sociale serait « une ligne de force », sur laquelle il ne dérogerait pas. En réponse aux critiques sur l’entretien des remparts par la Ville, il avait rappelé que c’était déjà le cas « pour la totalité des autres fortifications sur la commune depuis vingt ans sans que ça n’inquiète personne ». Cela n’a visiblement pas suffi à rassurer les opposants déclarés aux JO 2030.

  • À Sisteron, une crèche fermée après des arrêts maladie à la chaîne et un licenciement

    À Sisteron, une crèche fermée après des arrêts maladie à la chaîne et un licenciement

    La décision est tombée mardi soir : la crèche Les p’tits Babadins sera fermée pendant au moins trois mois, après que l’ensemble de ses salariés se soit mis en arrêt maladie sur fond de « management toxique ». L’une des salariées a elle été licenciée suite à une grève organisée en avril. 15 familles se retrouvent ainsi du jour au lendemain sans aucun mode de garde pour leurs enfants. « La réponse à la grève a été des sanctions, un licenciement et encore plus de toxicité dans le management », affirment les parents des enfants inscrits. « Les salariées sont encore en dépression, elles ne peuvent plus sortir de leur lit, elles pleurent tous les jours », décrit Audrey Marchal, mère d’un enfant gardé aux p’tits Babadins. Le nouveau directeur, arrivé il y a un mois, est lui aussi en arrêt maladie. « Il ne dort pas la nuit à cause du stress, il travaillait 50 heures par semaine », expliquent les parents. « Même les prestataires de musique ne viennent plus car ils n’étaient plus payés. Les prestations de ménage ont cessé. »

    Interrogée par un parent, la directrice d’exploitation a répondu ne « pas être en mesure de s’engager sur une réouverture à la rentrée ». Les parents ont du mal à trouver une solution pour faire garder leurs enfants, alors que les listes d’attente sont longues et que « les trois crèches municipales sont déjà pleines ». « Je m’arrange avec mon mari qui a pris des congés, mais je crains que l’un de nous perde son travail », témoigne une maman. Certains enfants font des terreurs nocturnes depuis la fermeture de la crèche. « Mon fils m’a dit qu’il pouvait se garder tout seul », rapporte Maëlia Paumard. Contactée, la direction n’a pas répondu à nos sollicitations. Le groupe d’opposition de gauche Demain Sisteron ! alertera de la situation au prochain conseil municipal.

  • Des jeunes venus du monde entier animent un petit village des Hautes-Alpes

    Des jeunes venus du monde entier animent un petit village des Hautes-Alpes

    « Je suis venu apporter des crêpes, je me suis dit que les jeunes qui viennent de tous ces pays ne connaissent peut-être pas ! » Au moment d’installer le repas du soir, Philippe, retraité installé depuis cinq ans au Saix, dévoile les plats qu’il a cuisinés et apporté pour l’occasion, sous les exclamations enthousiastes de la vingtaine de jeunes présents.

    Ce mercredi soir, l’association Le Village des Jeunes organisait un repas dans la cour de l’ancienne école, réunissant les volontaires du chantier du hameau du Faï, sur les hauteurs de la commune, et les habitants du village. L’association, créée en 1963, permet à des jeunes du monde entier comme de la région, en lien avec les missions locales et les établissements scolaires, de participer à des chantiers d’insertion.

    « Ce qu’on fait vraiment ici, c’est donner chacun un peu de ce qu’il y a de beau dans nos cultures. C’est intéressant de voir que l’être humain est l’être humain peu importe l’endroit, explique Santiago, 24 ans, colombien diplômé d’ingénierie civile. Ici je peux apprendre tout ce qui a trait à la construction, et je suis heureux de le faire en aidant les communautés autour. » Il reste pour près d’un an, afin de se former à encadrer à son tour des chantiers. De 150 euros pour un projet de deux semaines à la gratuité selon les moyens, les chantiers se veulent accessibles, dans la philosophie de l’éducation populaire. « La seule chose qu’on demande c’est l’envie de s’engager dans des projets qui ont du sens », explique Hélène Baillet co-déléguée régionale de l’association.

    Créer la rencontre avec les habitants

    Les volontaires résident à la ferme du Faï, autrefois abandonnée et maintenant habitée et cultivée grâce aux chantiers successifs que l’association organise en partenariat avec les communes voisines du Saix (126 habitants) et de Saint-Auban-d’Oze (75 habitants). « Ça fait plusieurs années, quand j’étais enfant puis quand je revenais ici pour les vacances, qu’il y avait des rencontres organisées avec le Village des Jeunes, témoigne Rémy 29 ans, infirmier né à Saint-Auban-d’Oze et revenu s’y installer. Je trouve ça chouette, on est quand même dans un petit microcosme, c’est toujours intéressant de voir des personnes qui ne sont pas d’ici. » L’association tient à rester connectée aux territoires où elle est implantée, comme le rappelle Hélène Baillet : « On souhaite créer de l’animation territoriale sur les villages où l’on a des chantiers, des moments d’échanges avec les habitants comme avec ces repas. Et toute personne qui veut participer à un chantier est la bienvenue ! »

  • À Digne, une exigence de reconnaissance pour les AESH

    À Digne, une exigence de reconnaissance pour les AESH

    « Elles sont payées toute leur vie sous le seuil de pauvreté, sous le Smic. C’est un métier indispensable qui ne leur permet pas de vivre », a déploré Gweltaz Broudic, cosecrétaire de la FSU 04. « On accompagne de plus en plus d’élèves qui sont de plus en plus en souffrance, pour un salaire dérisoire d’environ 1 000 ou 1 300 euros », a expliqué Valérie, AESH à l’école des Sièyes à Digne. « On se fait insulter, taper dessus », regrettent-elles avec sa collègue Marielle. Une AESH peut accompagner jusqu’à huit élèves, ce qui laisse seulement deux à trois heures par semaine pour chaque enfant, ont-elles expliqué. Une délégation a été reçue par la DSDEN.

  • Jean-Marie Bernard visite le futur site scolaire à Serres

    Jean-Marie Bernard visite le futur site scolaire à Serres

    Bâti sur le site de l’actuel collège, le but est de redynamiser celui-ci, confronté à une baisse structurelle d’effectifs. « Le collège ne comptait plus qu’une centaine d’élèves. Avant même que le bâtiment n’ait vu le jour, le collège de Serres a retrouvé son attractivité. Il compte aujourd’hui 150 élèves », a affirmé Jean-Marie Bernard. Une première partie du bâtiment sera mise en service à l’automne avec l’installation des collégiens dans la partie « école » de la structure. La totalité du projet doit être livrée fin 2027 ou début 2028.

  • Une nouvelle caserne pour les sapeurs-pompiers à Sisteron

    Une nouvelle caserne pour les sapeurs-pompiers à Sisteron

    « L’aboutissement d’un projet attendu depuis plus de 30 ans » : la nouvelle caserne de pompiers de Sisteron a été inaugurée mardi soir, en présence de nombreux élus.

    « Quand nous avons obtenu la majorité au Département et qu’on m’a confié la gestion du Sdis, la situation financière était compliquée. Le Sdis 04 était le plus endetté de France », s’est rappelé Jean-Claude Castel, président du Sdis, conseiller départemental et maire de Corbières. « Il y avait 17 casernes à reconstruire alors qu’on était en faillite », a-t-il expliqué. La caserne, « idéalement située, à proximité immédiate d’un axe autoroutier », a coûté près de 4 millions d’euros, dont 2,7 financés par le Département, soit 70%, a détaillé sa présidente Eliane Barreille. Le Département a dépensé 3 millions d’euros pour les équipements des pompiers et 7 millions pour leurs casernes, a-t-elle expliqué. Cinq casernes restent encore à financer.

    « Un dernier rempart contre l’isolement »

    La nouvelle sous-préfète de l’arrondissement de Forcalquier, Véronique Simonin, a elle aussi insisté sur l’importance des pompiers, « dernier rempart contre l’isolement, la solitude et la détresse », et sur l’importance de « faire bénéficier les zones rurales d’une offre de secours proche et de qualité ».

    La nouvelle caserne a été nommée du nom de Joseph Volpe, commandant honoraire des sapeurs-pompiers volontaires qui a exercé pendant 47 ans. La légion d’honneur lui a été remise en 2022. Il a également fondé une entreprise d’ambulances. Il s’est montré très ému, entouré de ses fils et petits-fils, eux aussi pompiers.

    La caserne a également été financée par les huit communes « défendues en premier appel » : Sisteron, mais aussi Mison, Entrepierres ou encore Salignac, dont les maires étaient présents pour l’inauguration.

  • Les écoles de Peyruis en grève face à des violences répétées

    Les écoles de Peyruis en grève face à des violences répétées

    Lapidation, gifle, mutilation… Parents d’élèves et enseignants ont dénoncé mardi une escalade des violences au sein de l’école primaire de Peyruis. « Cela fait deux ans qu’on est confrontés à des violences entre élèves et envers le corps enseignant », explique Cécile Pinatel, parent d’élève. Elle décrit « des violences verbales, des insultes aux équipes pédagogiques, des jets de pierre, des étranglements ». La semaine dernière, un nouvel incident, une enseignante giflée par un élève, a fait « déborder le vase ». « L’école ne peut rien faire en termes de sanction, à part priver l’élève de sortie ou l’exclure quelques jours », regrette Cécile Pinatel. « Nos enfants sont spectateurs de toute cette violence, de ces mots qui sont banalisés. »

    « L’école est en souffrance depuis plusieurs années », explique Sylvie Noailles, conseillère municipale de Peyruis déléguée aux affaires scolaires, présente au rassemblement devant la DSDEN. « Cela s’est considérablement dégradé depuis deux ans », constate-t-elle, évoquant des enseignants « usés, qui pleurent, découragés, qui veulent faire autre chose ». « On doit prendre en compte le mal-être de nos enfants. Les enfants violents sont aussi des enfants qui sont en souffrance », avance-t-elle, regrettant le manque d’accès aux soins, notamment en matière de santé mentale, dans ce département rural en pénurie de médecins.

    « Une intensification

    des violences »

    « Des moyens, pas des poings », « Peyruis en colère, stop à la violence à l’école », pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants. Les deux écoles de Peyruis ainsi que le périscolaire étaient en grève mardi. Dans un communiqué diffusé lundi, les parents d’élèves décrivent « une situation devenue ingérable » et une « intensification des violences ». Conséquence : certains enfants « font des cauchemars, ont peur d’aller à l’école, se plaignent de maux de ventre ou de terreurs nocturnes ». Les parents d’élèves demandent à l’Éducation nationale « des mesures concrètes, rapides et adaptées : accompagnement renforcé, postes supplémentaires, soutien aux enseignants, sanctions à la hauteur des préjudices, protection des élèves et des personnels ».

    Une délégation composée de la maire DVG de Peyruis Lila Desjardins, de parents d’élèves et d’enseignants a été reçue par la Dasen (directrice académique des services de l’Éducation nationale) mardi après-midi. « On a eu les paroles, maintenant il nous faut des actes concrets », ont expliqué les parents d’élèves, réclamant un soutien psychologique pour les élèves qui ont vu l’enseignante se faire gifler. « L’enseignante agressée exprime une vive colère et estime que les sanctions sont inefficaces face à la multiplication des profils difficiles », a rapporté Lila Desjardins. Un rendez-vous a été pris par la Dasen et la mairie pour évoquer la situation.