Tag: Alpes

  • À Peyruis, la victoire à portée de main pour la candidate de gauche Lila Desjardins

    À Peyruis, la victoire à portée de main pour la candidate de gauche Lila Desjardins

    Elle était seulement à 26 voix d’être élue maire dès le premier tour. À Peyruis, la candidate Lila Desjardins est proche du but, ayant devancé de loin ses deux adversaires, le maire sortant DVG Patrick Vivos (26%) et la candidate RN Aurélie Abeille (25%). « C’est l’aboutissement d’un travail acharné depuis un an. On a pris le temps de comprendre le fonctionnement d’une mairie, les financements, les compétences, les subventions qu’on pouvait obtenir pour nos projets », se réjouit Lila Desjardins.

    Les investissements et les subventions, c’est ce sur quoi elle mise pour la commune. « En cinq ans, il n’y a eu que deux demandes de subventions au Département pour Peyruis », déplore-t-elle. Selon elle, c’est bien pour cela que le village meurt et est déserté. « Je suis capable de faire le pied de grue devant la porte d’un président de Département pour obtenir des subventions », affirme Lila Desjardins, déterminée comme jamais.

    Une plainte déposée

    Elle promet des commerces, un bar, un nouveau groupe scolaire et un café au centre du village. Si Lila Desjardins se réjouit de son score au premier tour, la campagne n’a pour autant pas été de tout repos. Les invectives ont fusé sur les réseaux sociaux, si bien que la candidate a déposé plainte pour insultes et diffamation.

    Dans son projet pour la commune, Lila Desjardins insiste sur les écoles, « qui devraient être rasées tellement elles sont dans un état lamentable ». Si le maire sortant mise sur une rénovation, elle veut déplacer les écoles. Elle dit connaître le sujet, puisqu’une grande partie de ses colistiers ont des enfants scolarisés à Peyruis. La moyenne d’âge de sa liste est de 38 ans.

    Elle se dit « confiante », « sereine » pour le second tour dimanche, qui sera donc une triangulaire

    Issue de la gauche, Lila Desjardins mène une liste sans étiquette. Elle siège au Département en binôme avec René Villard, ancien maire communiste de Château-Arnoux-Saint-Auban, battu à quatre voix près dimanche.

  • À Digne-les-Bains, Julien Di Benedetto a le champ libre

    À Digne-les-Bains, Julien Di Benedetto a le champ libre

    Le plus à droite des candidats à la mairie de Digne-les-Bains, Jean-Luc Brochier, qui avait récolté 13% des votes, a d’abord annoncé se retirer du second tour pour « faire barrage à la gauche » et à la liste arrivée en tête avec 40% des votes menée par Julien Di Benedetto (SE). Le seul candidat assumant son ancrage à droite avait rassemblé sur sa liste des militants de Reconquête et du RN.

    La maire lâche son premier adjoint

    Francis Kuhn, premier adjoint à la maire sortante qui a amassé 17% des votes, a ensuite lui aussi annoncé se retirer suite à la « véritable trahison » de la maire DVG, qui a contre toute attente soutenu dimanche soir Julien Di Benedetto au lieu de son premier adjoint « pour faire barrage à la droite ». « Je ne veux ni de Chalvet, ni du RN », a-t-elle expliqué à La Marseillaise, appelant à un vote stratégique « vu la tournure des événements », se décrivant comme « une frondeuse du FN ». Selon elle, son premier adjoint « a subi le départ des socialistes » qui ont quitté sa liste à cause de la présence de cadres des Républicains.

    Restent donc en lice Gilles Chalvet qui a fait un score de 22%, et Julien Di Benedetto qui regroupe colistiers de gauche et de droite, mais a été estampillé DVG par la préfecture. « On ne s’attendait pas à faire un tel score », s’est réjoui ce dernier, qui a appris dans la presse lundi le soutien de la maire sortante. Le candidat Benoît de Souza, proche de la droite, avait été éliminé dès le premier tour avec 6% des suffrages exprimés. Reste à voir si les électeurs de Jean-Luc Brochier, Francis Kuhn et Benoît de Souza se reportent vers Julien Di Benedetto ou Gilles Chalvet.

  • Transfert forcé des demandeurs d’asile

    Transfert forcé des demandeurs d’asile

    Ils ont fui la guerre, les conflits armés, la persécution, la torture, la prison, ont été placés dans un centre d’accueil de Sisteron, et vont devoir encore déménager sous la contrainte. 51 demandeurs d’asile vont être transférés au centre d’accueil de Digne-les-Bains, celui de Sisteron devant fermer ses portes entre avril et juin. Pour l’association qui leur vient en aide, Solidarité Réfugiés Sisteron, il n’y a pas de doute : « C’est une question d’argent et d’économies. » À Digne-les-Bains, ils seront hébergés dans un centre où se trouvent déjà plus de 130 autres demandeurs d’asile, dans des chambres partagées, dans un ancien hôpital, avec des conditions bien moins confortables.

    « L’impression

    d’être un objet »

    Les deux anciens travailleurs sociaux du centre d’accueil n’avaient déjà pas été remplacés à leur départ, laissant un avenir incertain pour le site, sur lequel il ne reste plus qu’une seule travailleuse sociale pour les 51 demandeurs d’asile. « On est consternés. On a travaillé pour les intégrer. Trois familles ont des enfants scolarisés à Sisteron », regrette André Bach, le président de l’association Solidarité Réfugiés Sisteron. Une famille rwandaise vient notamment d’arriver dans le centre de Sisteron il y a à peine trois semaines, et va déjà devoir repartir. D’autres viennent d’Afghanistan, de Syrie, du Bangladesh, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria ou encore du Soudan.

    « Cela les affecte tous. Certains sont déjà dans une situation très instable. D’autres sont là depuis un moment et ont pris leurs marques », déplore Michèle Giamarchi, qui leur donne des cours de français. « Ils ont déjà l’angoisse liée à leur statut, et on les fait déménager, changer d’intervenant social. » La première chose dont ils se sont inquiétés quand ils ont appris leur transfert, c’est les cours de français. À Digne, ils n’auront qu’un seul cours par semaine, alors qu’ils en ont actuellement cinq, grâce à l’association Solidarité Réfugiés Sisteron. « Il y en a un qui m’a dit “j’ai l’impression d’être un objet” », relate Michèle Giamarchi.

    Ce centre d’accueil avait été ouvert au moment du démantèlement de la jungle de Calais. Deux cars remplis de demandeurs d’asile étaient alors arrivés à Sisteron.

  • Manosque reste à droite avec Galtier, réélu dès le 1er tour

    Manosque reste à droite avec Galtier, réélu dès le 1er tour

    On espérait une victoire, mais pas forcément au premier tour. » Même le maire DVD de Manosque, Camille Galtier, réélu dès le premier tour à 68%, ne s’attendait pas à une telle victoire. « On rêve toujours de gagner au premier tour, c’est le rêve de tout élu. » Des éclats de joie et des fumigènes rouges ont célébré la nouvelle à l’annonce des résultats à l’hôtel de ville de Manosque. Fabrice Durnerin, le candidat RN-UDR, affichait une mine dépitée au premier rang devant l’écran d’affichage, pendant que des dizaines de Manosquins se réjouissaient des résultats. Camille Galtier s’est félicité d’être « le maire le mieux réélu de l’histoire de Manosque ». Il a tout de même salué Patrick Rousset, la tête de la liste d’union de la gauche, le Regain Manosquin, pour qui il a « beaucoup de respect » et qui avait selon lui le meilleur programme parmi ses trois adversaires.

    « On avait parié sur une politique plus sociale, plus axée sur les services publics. C’est raté », a déploré Patrick Rousset, insistant plus particulièrement sur la santé. « J’ai été profondément affecté par plusieurs problèmes de santé de nos concitoyens », a-t-il expliqué, évoquant notamment les urgences régulièrement fermées et le centre de santé Oxance menacé de fermeture. « L’hôpital de Manosque n’est pas en capacité de répondre aux urgences primordiales », a-t-il regretté. Il est notamment très critique de la décision du maire réélu de Manosque Camille Galtier de démissionner du conseil d’administration de l’hôpital en juillet 2024.

    « On n’est pas résolus. Des luttes, on en a perdues », a affirmé Patrick Rousset, déterminé à continuer le combat. Il veut notamment plus de démocratie et de participation pour la ville de Manosque. « Le collectif décidera si on se représente en 2032 », a-t-il ajouté.

    Faire barrage

    Plus tôt dans la soirée, avant l’annonce des résultats définitifs, le Regain Manosquin se disait prêt à discuter avec l’autre candidat DVG Sébastien Aubert d’une potentielle fusion des deux listes pour un deuxième tour, qui ne se tiendra donc pas, pour faire barrage à la droite et à l’extrême droite. La liste d’union de la gauche était très inquiète d’une potentielle victoire du candidat RN-UDR.

    Le maire réélu de Manosque Camille Galtier avait quitté le parti Les Républicains en décembre 2022 suite à l’élection d’Éric Ciotti à la présidence du parti. « Une rouste, une humiliation », ont lancé ses colistiers à l’annonce des résultats. « On a rassemblé tous les Manosquins », a conclu Camille Galtier.

  • Appel aux dons du foyer pour femmes

    Appel aux dons du foyer pour femmes

    Rénovation énergétique, transformation des chambres en studios équipés, plus d’autonomie pour les femmes hébergées… Tels sont les projets de l’association Habitat et Humanisme, qui appelle aux dons pour pouvoir réhabiliter son foyer d’accueil d’urgence pour les femmes et enfants victimes de violences. La rénovation est déjà financée à hauteur de 75%, et l’association compte sur les dons des particuliers et des mécènes pour les 25% restants. Elle appelle également les collectivités locales et notamment le Département à se mobiliser pour lui venir en aide. Les travaux sont prévus « pour le second semestre » et devraient coûter « 600 000 euros », explique Michel Mané, secrétaire d’Habitat et Humanisme Alpes Provence. Les objectifs sont d’améliorer l’accueil, l’accompagnement et la sécurité des femmes et enfants hébergés.

    Plus de dignité

    Dix-neuf femmes et enfants sont actuellement hébergés dans ce foyer d’urgence, qui les accueille pour quelques nuits ou quelques mois, selon leurs besoins. Le nom de la campagne de financement participatif, Digne avec elles, joue sur la polysémie du mot Digne, avec la ville de Digne-les-Bains et la dignité qu’elle permettrait d’apporter aux bénéficiaires.

    L’association Habitat et Humanisme a pour projet de permettre aux personnes les plus précaires de se loger avec des loyers sociaux, adaptés à leurs moyens.

  • [Digne-les-Bains] Une prépa publique pour accéder aux écoles d’Art

    [Digne-les-Bains] Une prépa publique pour accéder aux écoles d’Art

    Si je n’avais pas eu cette prépa publique, je n’aurais pas eu les moyens de payer une prépa privée, impossible ! ». À Digne-les-Bains, l’école d’art IDBL propose une classe préparatoire publique qui aide les étudiants à préparer les concours des grandes écoles d’art. Entre 50% et 80% de ses élèves sont boursiers. Elle fait partie des 24 classes préparatoires publiques d’art en France, alors qu’une prépa privée coûte entre 7 000 et 8 000 euros l’année. Elle est gérée par Provence Alpes Agglomération. À la création de l’école, « c’était une initiative privée, puis la Ville de Digne a décidé politiquement d’investir dans ce service public », explique la directrice d’IDBL, Émeline Eudes. L’agglomération, formée en 2017, a ensuite récupéré la gestion de l’école.

    Peu de chances de réussir sans prépa

    « Un jeune qui sort du bac a très peu de chances de réussir les concours des écoles supérieures artistiques tout seul, sans prépa », précise la directrice. Beaucoup de jeunes se tournent d’ailleurs vers sa prépa après avoir échoué les concours une première fois. De nombreuses disciplines y sont enseignées : photo, vidéo, histoire de l’art, dessin, peinture, gravure, graphisme, céramique ou encore scénographie. « Il y a un tel flux vers le privé qu’on n’arrive plus à remplir les formations publiques. Les étudiants et les parents se disent que ça coûte tellement peu cher que c’est forcément moins bien que le privé », regrette Émeline Eudes. Pourtant, la prépa de Digne affiche un taux de réussite de 100%, selon sa directrice, grâce à un accompagnement personnalisé qui permet aux étudiants d’être orientés vers l’école qui leur correspond le mieux et qui a le plus de chances de les prendre. « Cela montre qu’on n’a pas besoin de faire une prépa privée pour réussir », témoigne Lucie Jeandot, étudiante de 18 ans. « Quand on dit qu’on étudie dans une prépa à Digne, les gens sont surpris qu’il y en ait une ici », ajoute sa camarade, Estelle Chaminas, elle aussi âgée de 18 ans.

    Journée spéciale ce samedi de 10h à 17h avec des témoignages d’anciens élèves à 11h et 14h. Portes ouvertes toute la semaine jusqu’à vendredi.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, l’extrême droite en embuscade

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, l’extrême droite en embuscade

    Tête de liste ayant soutenu Éric Zemmour, colistière déléguée départementale de Reconquête, candidats RN… Si le parti à la flamme n’a investi que quelques têtes de listes dans le département, les soutiens et adhérents d’extrême droite sont très nombreux dans les listes. Le RN mise tout sur Oraison et Peyruis, où le parti a investi des candidats il y a déjà plusieurs mois. Mais un candidat RN-UDR de dernière minute est venu se rajouter à Manosque, ville la plus peuplée du département, au dernier jour de dépôt des candidatures. Sur sa liste, des sympathisants du parti d’extrême droite zemmouriste Reconquête et du mouvement Identité Libertés de Marion Maréchal. Un autre candidat RN n’a pas obtenu l’investiture du parti à Gréoux-les-Bains.

    À Corbières-en-Provence, le maire sortant, seul candidat à sa réélection, avait soutenu et parrainé Éric Zemmour pour la présidentielle en 2021. Il avait fait de même avec Marine Le Pen en 2017. Encore aujourd’hui, le candidat se vante d’être « le plus à droite » de son canton… déjà très à droite. À Barrême, la déléguée départementale de Reconquête est deuxième sur la liste de Jean Tripodi.

    Aucune liste de gauche

    à Digne

    Digne-les-Bains, traditionnellement ancrée à gauche, ne compte cette fois-ci aucune liste de gauche, mais quatre listes plus ou moins liées à la droite, dont une a des liens établis avec l’extrême droite, celle de Jean-Luc Brochier, qui réunit des colistiers RN et Reconquête. Une cinquième liste, menée par Julien Di Benedetto, mélange colistiers de droite et de gauche.

    À Barcelonnette, une liste citoyenne se présente face au maire sortant, ancien premier adjoint de Sophie Vaginay (UDR) qui avait pris sa suite à son élection en tant que députée. À Sisteron, le maire DVD Daniel Spagnou, au pouvoir depuis 1983, ne se représente pas. Une liste d’union de la gauche, Demain Sisteron, espère prendre sa suite. Les soutiens sont venus nombreux pour leur meeting le 6 mars. À Château-Arnoux-Saint-Auban et aux Mées, dernier bastion communiste du département, les maires sortants espèrent être réélus. Le candidat qui se présente face à René Villard a perdu le soutien du PS la semaine dernière en raison de la composition de sa liste. Il s’était affiché avec des personnalités proches de la droite et de l’extrême droite. Le candidat avait également revendiqué dans les colonnes de La Provence le soutien des sections locales de LR et du RN. Le Regain Manosquin (union de la gauche) et Forcalquier en commun (liste citoyenne de gauche) espèrent détrôner les maires sortants DVD de leurs communes.

  • [Entretien] « Il faut investir à Peyruis ou la commune meurt »

    [Entretien] « Il faut investir à Peyruis ou la commune meurt »

    La Marseillaise : Comment vous sentez-vous à trois jours du premier tour ? Êtes-vous confiante ou inquiète ?

    Lila Desjardins : C’est toujours difficile de le dire, mais je suis assez confiante. On a eu d’excellents retours tout au long de cette campagne. Il faut dire qu’on a fait le job, on s’est efforcés de faire une communication de qualité. On a distribué la présentation de la liste en décembre. Mi-février, on a fait un point d’étape sur les projets avancés. Début mars, on a distribué notre programme de huit pages.

    Comment s’est déroulée votre dernière réunion publique jeudi soir ?

    L.D. : J’ai présenté ma liste en développant les compétences que chacun va apporter à la commune, en partant de leur vécu et de leur expérience. Ensuite, j’ai détaillé une étude de la population. On a étudié les chiffres de l’Insee pour savoir qui était la population de Peyruis aujourd’hui, en termes d’âge, de profession, de catégorie socioprofessionnelle, d’habitat… Pour pouvoir construire et bien cibler notre programme, on pensait que c’était indispensable. Après, on a donné les résultats de notre consultation qu’on avait faite en ligne. On a eu 220 répondants, soit 10% des votants. On a présenté quelques axes prioritaires : les écoles, les équipements… Contrairement à ce que dit le RN, « 75% des gens se sentent en insécurité », nous on a complètement l’inverse. 80% des gens nous disent qu’ils sont en sécurité à Peyruis.

    Que répondez-vous aux habitants qui ont peur que vous augmentiez leurs impôts ?

    L.D. : On entend beaucoup « vous avez beaucoup de projets, vous allez augmenter nos impôts ». On veut rassurer les gens et leur dire qu’effectivement, le maire actuel a fait baisser la dette, c’est son grand leitmotiv, mais si on ne fait rien, on ne s’endette pas. La dette baisse automatiquement quand on n’investit pas. Une commune qui n’investit pas est une commune qui s’appauvrit et qui meurt. En passant par l’emprunt et le maximum de subventions, on n’augmentera pas les impôts. Certes, la dette par habitant va augmenter, mais ça c’est normal.

    Quelle est votre mesure phare ?

    L.D. : On insiste sur la santé et comment anticiper le départ des médecins si jamais ils devaient partir. L’idée est d’accompagner à l’installation et d’aller chercher des jeunes médecins dans les facultés de médecine, recevoir les internes et voir s’ils veulent s’installer ici.

  • Une maison devenue « refuge » pour 340 femmes en un an

    Une maison devenue « refuge » pour 340 femmes en un an

    En un an, cette maison est devenue exactement ce que nous avions rêvé qu’elle soit : un refuge, un repère, un tremplin. » Les différents acteurs qui ont participé à la création de la maison des femmes de Manosque, le CIDFF, la mairie, l’hôpital, la Région et le Département, se sont félicités de son bilan pour son premier anniversaire jeudi. « Un grand merci aux femmes qui franchissent la porte de cette maison. Leur confiance nous rappelle chaque jour pourquoi elle existe », a déclaré Laetitia Serena-Bidalot, directrice du CIDFF 04 (centre d’information sur les droits des femmes et des familles).

    « Ce lieu a été placé sous l’égide de Simone-Veil. Porter son nom pour une maison des femmes et de l’égalité n’est pas qu’un symbole. C’est une boussole », a lancé Lila Desjardins, présidente du CIDFF 04. « En ouvrant nos portes il y a un an, nous lui avons fait une promesse : celle de ne jamais reculer, de ne jamais détourner les regards face aux violences, aux inégalités et au silence qui étouffent encore trop de parcours de vie », a-t-elle ajouté.

    En un an, la maison des femmes a accompagné « plus de 340 femmes, dont 65% de victimes de violences conjugales, intrafamiliales, sexistes ou sexuelles », s’est réjouie la directrice sortante du CIDFF. Dans ce lieu d’accueil, d’écoute, d’entraide et de relaxation, les femmes peuvent « fuir les violences, venir chercher un conseil juridique, un soutien psychologique ou simplement briser l’isolement et trouver un espace bienveillant », a rappelé Lila Desjardins.

    « Nommer ce qui fait mal »

    « Il faut un courage immense pour demander de l’aide, nommer ce qui fait mal et oser revendiquer ses droits. À chacune d’entre vous, votre résilience force mon admiration », a salué la présidente du CIDFF 04 en s’adressant aux femmes accompagnées par la maison Simone-Veil.

    Le président du groupement hospitalier territorial, regroupant notamment les hôpitaux de Digne-les-Bains et de Manosque, a rappelé que la maison des femmes avait ouvert ses portes « avec une conviction simple mais essentielle : aucune femme ne doit rester seule face aux violences ». « Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les distances et l’isolement rendent l’accès aux dispositifs plus difficile », a regretté Gilles Duffour. En un an, 153 patientes âgées de 15 à 79 ans ont été accueillies pour des consultations médicales au sein de la maison Simone-Veil. Elles ont pu y rencontrer une assistante sociale, une psychologue ou encore une sage-femme.

    Hausse des violences

    Le maire sortant de Manosque Camille Galtier s’est réjoui d’avoir apporté avec cette maison des femmes « un nouveau service public à la population ». Il a fait le vœu de pouvoir la fermer, espérant que « les violences, les inégalités et les discriminations disparaissent ». Il a regretté que « les violences intrafamiliales et les violences faites aux femmes et aux enfants dans le cadre familial » aient « augmenté » dans la ville de Manosque.

    « Protéger une femme, c’est aussi très souvent protéger un enfant. Une mère sécurisée, c’est un enfant que l’on préserve de l’ombre des violences », a rappelé Stéphanie Colombero, vice-présidente du conseil départemental en charge des affaires sociales et des solidarités.

    La directricedu CIDFF 04 s’est vue remettre la médaille de la ville par le maire sortant, « symbolisant son engagement pour la maison Simone-Veil ».