Tag: Alpes

  • [Entretien] Chantal Eyméoud : « Les JO sont une opportunité unique pour les Hautes-Alpes »

    [Entretien] Chantal Eyméoud : « Les JO sont une opportunité unique pour les Hautes-Alpes »

    La Marseillaise : Vous avez
    été confortablement reconduite à la tête d’Embrun et de la communauté de communes
    de Serre-Ponçon. Qu’est-ce qui, dans votre bilan et vos propositions, a selon vous convaincu les électeurs
     ?

    Chantal Eymeoud : Nous avons obtenu 74% des voix, ce qui est, pour un cinquième mandat que je briguais, une véritable reconnaissance de la part des Embrunaises et des Embrunais, à mon égard et à l’égard de la liste que je conduisais. On est honorés et fiers aussi de ce beau résultat, surtout quand le dégagisme était un peu le leitmotiv de la liste que nous avions en face. Depuis 2001, je suis réélue au premier tour systématiquement et je pense que le lien de simplicité et de réactivité avec les concitoyens que je pratique à Embrun, depuis le début, a fait beaucoup. Ensuite, vient la trajectoire que nous avons engagée depuis plusieurs années avec la mise en valeur des bâtiments culturels et cultuels, la politique du logement et la construction de logements pour tous, y compris social, et la lutte contre la vacance des logements. Et il y a tout le volet autour de la protection de l’environnement, du développement des voies douces, notamment du vélo, des sentiers pédestres, entre la ville et les quartiers.

    On a également mis en place une navette gratuite qui passe dans tous les quartiers, plusieurs fois par jour, qui récupère nos habitants et les amène dans le centre-ville, de façon à leur éviter d’utiliser leur véhicule quand ils en ont. On a également poursuivi la mise en place d’une politique d’animation pour toutes les générations et pour tous les goûts, qui est essentiellement gratuite aussi. Ça participe aussi au bien vivre ensemble, faire en sorte que nos habitants puissent se rencontrer le plus souvent possible. J’ai par ailleurs considérablement renouvelé mon équipe municipale. La plus jeune a 20 ans, j’ai quatre jeunes de moins de 30 ans, et sept ou huit entre 30 et 40.

    L’arrivée des JO en 2030 est
    un moment historique pour le département. En tant que vice-présidente de Région, entendez-vous aussi les craintes liées à leur impact environnemental
    et aux surcoûts pour
    les collectivités ?

    C.E. : Je pense qu’il faut tout écouter et, ensuite, avoir la capacité à répondre aux inquiétudes. Concernant les Jeux olympiques, c’est, pour un département comme celui des Hautes-Alpes, une opportunité absolument unique en matière d’aménagement du territoire. Plus jamais on aura la possibilité d’injecter autant d’argent public, notamment de l’État et de la Région, un peu du Département, pour réaménager les routes, les calibrer à la hauteur de la fréquentation que l’on a en période touristique. C’est une opportunité historique aussi de pouvoir améliorer la voie ferrée, le cadencement des trains et d’avoir le maintien du train de nuit, puisque des millions d’euros vont être injectés pour la rénovation de la voie ferrée. Plus jamais on aura cette possibilité. Par ailleurs, c’est une chance de traduire concrètement les engagements politiques pris par la Région en matière de respect de l’environnement. D’ailleurs, l’État, le CIO et le Cojop nous imposent des normes assez strictes de respect de l’environnement : pas de destruction de forêt, utilisation des équipements déjà existants et réutilisation de ceux qui seront créés… Tout est fait dans une logique d’économie, de façon à ce que la question de l’héritage de l’événement ne soit pas négligée. Personne ne peut imaginer qu’on investisse des millions d’euros pour un mois seulement. De plus, la transition écologique est une réalité que l’on ne peut nier. Les Jeux sont aussi une opportunité pour penser la montagne de demain et lui permettre de négocier un virage vers la transition qu’on aurait eu, de toute façon, parce qu’on ne peut pas échapper à cette remise en question.

    Plusieurs communes restent sans arrêt de train ni guichet, malgré l’apport des JO, au grand dam des maires et des habitants. La Région compte-t-elle agir ?

    C.E. : Bien sûr. Je suis en contact avec tous les maires des Hautes-Alpes et j’entends leurs attentes, leur volonté que leurs communes ne soient pas oubliées des Jeux. Ça ne peut pas être les Jeux d’un seul secteur du territoire. Pour la réouverture de guichets dans certaines gares, moi, je dis « pourquoi pas ? » Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, attendons, mais il faut l’envisager. Jean-Pierre Serrus, vice-président en charge des transports, est aujourd’hui même à Savines-le-Lac. Il rencontre le maire pour discuter de l’éventuelle ouverture de la gare de Savines qui, si elle devait être rouverte, serait couplée avec l’ouverture de la gare de la Bâtie-Neuve et d’autres dans le département. Il faut avoir une analyse globale. On ne peut pas s’engager directement en disant « oui, oui, on va le faire ». Il faut que ça corresponde à une réalité de la fréquentation du train et des arrêts dans ces gares et ne pas vouloir le faire à tout prix, parce que ça coûte. L’argent public est rare. Mais, si effectivement il y a, et il peut y avoir, un sujet, il faut être en capacité de l’anticiper et donc démarrer les échanges aujourd’hui avec les élus concernés.

    Quelle a été votre réaction à l’annonce de la candidature de Renaud Muselier aux élections sénatoriales, et au fait que François de Canson, maire (divers droite) de La Londe-les-Maures (Var), soit pressenti pour lui succéder à la tête de la Région ? Avez-vous, vous-même, envisagé cette fonction ?

    C.E. : Renaud Muselier a fait ce choix, on le respecte, et pour le reste, François de Canson s’est positionné. C’est un élu qui travaille, un maire vraiment au boulot aujourd’hui, qui est président de son intercommunalité, qui connaît bien le terrain, connaît bien la région. Je pense que les choses se dirigent dans ce sens. D’autres conseillers régionaux avec lesquels on est en contact ont une approche qui pourrait être similaire. Personnellement, Renaud Muselier ne m’a pas sollicité. Son choix s’est porté sur François de Canson, dont acte.

  • JO-2030 : décision attendue en fin de semaine pour le pôle niçois

    JO-2030 : décision attendue en fin de semaine pour le pôle niçois

    « On est sur un fil, mais le fil est toujours tendu et on n’est pas tombés du fil. On a la semaine », a déclaré Renaud Muselier, lundi soir, à l’issue d’une réunion entre les différentes parties prenantes de l’organisation des Jeux olympiques d’hiver prévus pour se dérouler dans les Alpes françaises.

    Vendredi, le dossier semblait pourtant dans l’impasse, Renaud Muselier et Éric Ciotti, le nouveau maire de Nice, s’accusant mutuellement de tout bloquer.

    Nice doit théoriquement accueillir le patinage artistique, le hockey sur glace, le short-track et le curling ainsi qu’un village olympique et un centre des médias. De son côté, le Comité d’organisation (Cojop) a indiqué que « les parties prenantes ont convenu d’un commun accord de poursuivre l’examen technique des hypothèses en matière d’implantation et de financement permettant d’accueillir à Nice les épreuves de glace, dans le strict respect des enveloppes budgétaires. Une nouvelle réunion du groupe de travail se tiendra dans le courant de la semaine », selon un communiqué. « Je me réjouis de ces avancées positives », a déclaré Éric Ciotti à l’AFP.

    « Ligne rouge »

    « Tout est OK, sauf le hockey », a répété Renaud Muselier. Car pour Éric Ciotti, le projet de couvrir temporairement le stade de football de l’Allianz Riviera pour accueillir le tournoi de hockey, ce qui priverait l’OGC Nice de son stade pendant plusieurs mois, reste « une ligne rouge absolue ».

    « Tout le monde a un peu travaillé ce week-end et les options alternatives de M. Ciotti ont été présentées. M. Cadot a dit qu’il fallait les étudier et on a jusqu’à la fin de la semaine », a déclaré Renaud Muselier. Michel Cadot, ex-préfet d’Île-de-France et ancien délégué interministériel aux JO-2024, assure une mission « par intérim » au Cojop dans l’attente de la désignation d’un nouveau directeur général, après le départ en février de Cyril Linette suite à des « désaccords insurmontables » avec le président Edgar Grospiron.

    « Tout le monde veut Nice. Il y a un fort attachement au pôle niçois, qui avait beaucoup séduit le CIO », a aussi rappelé le président de la Région Paca, qui a ajouté qu’Éric Ciotti « a eu le président de la République à ce sujet ».

    Le Comité d’organisation a par ailleurs indiqué qu’un nouveau directeur général serait désigné le 11 mai. Selon Renaud Muselier, « il y a deux noms qui ressortent assez clairement ».

  • À Forcalquier, un militant controversé jugé en appel pour violences

    À Forcalquier, un militant controversé jugé en appel pour violences

    Antivax, créateur d’une « zone de défense active de la culture », condamné pour violences conjugales… Le Forcalquiéren Merlin Longuet, déjà connu pour de nombreuses actions militantes et déjà condamné pour plusieurs faits de violences, sera à nouveau jugé en appel, à Aix-en-Provence mardi. Présumé innocent, il est poursuivi pour des faits de violences sur un autre militant, Guillaume D., survenus à Forcalquier en juin 2023.

    « Guillaume D. a été froidement frappé, au sol, seul, par plusieurs personnes, dont l’une était vraisemblablement armée », décrit le procès-verbal du jugement en première instance, en novembre 2024. « Guillaume D. a été passé à tabac au motif qu’il a été présent dans un lieu où Merlin Longuet avait décidé qu’il n’était pas le bienvenu. Merlin Longuet utilise une rhétorique laissant penser qu’il a pu se considérer comme dépositaire d’une violence légitime qu’il s’est senti en droit d’exercer, en groupe, contre un individu ayant enfreint les règles qu’il avait fixées sur ce qu’il considère comme son territoire », est-il par ailleurs précisé.

    Au moment des faits, Guillaume D. s’était récemment installé sur un terrain à Forcalquier, près de la communauté autogérée Longo Maï, avec laquelle Merlin Longuet était alors en conflit. « Merlin m’a fait toute une cérémonie, disant que ses hommes avaient des doutes sur moi et qu’il fallait que je fasse preuve d’allégeance à son groupe », se rappelle celui qui a quitté le département suite à cette agression. « Lui, il considérait que Forcalquier, c’était son fief. Il avait le droit d’entrée ou pas sur la commune. Du coup, les gens qui ne voulaient pas obéir à ses ordres n’avaient rien à faire sur Forcalquier. »

    L’ex-compagne de Merlin Longuet a tenu à apporter son témoignage, versé au dossier de l’affaire. « Merlin n’a aucune pitié pour personne », « des coups portés injustement, il y en a eu un paquet », « il faut se vouer au collectif et faire ce que Merlin dit », « il faudrait être kamikaze pour aller porter le premier coup sur Merlin, d’autant plus s’il est entouré de ses hommes de main », affirme-t-elle dans son attestation de témoin. « Si, par malheur, tu as le courage de t’opposer, tu passes illico au rang de banni, voir d’ennemi juré, avec tout le collectif à dos, prêt à te détruire par tous les moyens », ajoute-t-elle.

    Plusieurs personnes connaissant le collectif évoquent même un fonctionnement sectaire. Merlin Longuet avait été condamné à 24 mois de prison, dont 12 avec sursis, pour des violences commises sur cette ex-compagne.

    Dérives conspirationnistes

    Selon le dossier, Merlin Longuet prônait la désobéissance et était à la tête du Café des libertés, à Forcalquier. Son mouvement est connu pour des dérives conspirationnistes et notamment antivax. Il a également été proche du mouvement des gilets jaunes.

    Contacté, le cabinet de son ancien avocat, Me Emmanuel Ludot, indique ne plus assurer sa défense. Merlin Longuet reconnaît avoir porté trois coups à Guillaume D., mais affirme que ce dernier aurait frappé en premier. Il avait d’ailleurs déposé plainte contre Guillaume D., se considérant comme victime.

    En première instance, Guillaume D. avait été condamné à une amende de 1 000 euros, tandis que Merlin Longuet avait écopé de huit mois d’emprisonnement à domicile sous surveillance électronique. Guilaume D. nie avoir porté des coups, mais n’a pas fait appel.

    Audience à la cour d’appel
    d’Aix-en-Provence mardi à 14h

  • La Poste de Gap réduit ses horaires au Carré Pro, les usagers protestent

    La Poste de Gap réduit ses horaires au Carré Pro, les usagers protestent

    Depuis près d’un mois, la direction du Carré Pro de La Poste de Gap a supprimé une heure de service sur la pause méridienne, entre 12h30 et 13h30. Depuis, le personnel reçoit des courriers de plainte de la part de clients habituels, en particulier des professionnels, pour qui la perte de ce créneau horaire nuit à leur activité.

    « Je suis venue un jour, comme souvent, livrer mes colis entre midi et deux. Et là je découvre que c’est fermé. Or c’était pratique parce que c’était un moment plus calme, où le guichet et plus accessible », rapporte Anne-Marie, gérante de la boutique de chaussettes Coccinelles à Gap, qui envoie régulièrement des commandes via ce service. « C’est dérangeant parce que ça n’aide vraiment pas à la fluidité des entreprises », estime-t-elle.

    Le créneau compris entre 12h et 14h était particulièrement apprécié des commerçants, comme Frédéric Morgan, gérant d’Optimum, une entreprise de support en publicité visuelle : « Ça me permettait de faire des opérations d’envois et retraits en dehors des horaires d’ouverture de notre commerce. Et je soutiens également, en particulier, les salariés à l’accueil du Carré Pro […]. J’ai pu constater qu’en rouvrant à 14h, ils faisaient face à une grande affluence, source de tensions. »

    « Nous restons

    un service public »

    Après plusieurs semaines de réception de courriers, la CGT Fapt des Hautes-Alpes a publié ce lundi un communiqué dénonçant une « décision mise en œuvre sans information préalable des usagers concernés, ni mise à jour des horaires en ligne, provoquant incompréhensions et déplacements inutiles ». Le syndicat dit avoir reçu entre vingt et trente courriers, principalement de professionnels, « exprimant leur incompréhension et leurs difficultés face à ces changements », et affirme que ces horaires ajoutent aux salariés des « contraintes supplémentaires dans des journées de travail déjà chargées ».

    « On nous a dit clairement que maintenir cet horaire, ce n’était pas rentable, rapporte Gilles Garcia, salarié syndiqué de La Poste. Mais nous, nous considérons que même si La Poste est devenue une entreprise privée, on rend toujours une mission de service public, surtout dans un territoire où ces services disparaissent comme neige au soleil. » Dans son communiqué, la CGT Fapt 05 dénonce par ailleurs une évolution qui « s’inscrit dans une dynamique plus large de réduction des services postaux sur le territoire, notamment pour les professionnels. À Tallard, Chorges ou encore Saint-Bonnet, les usagers entreprises doivent désormais réaliser eux-mêmes certaines opérations d’affranchissement. » Le syndicat estime que c’est en creux « la question du service public postal qui est posée ». Un service qui « ne peut pas être piloté uniquement par des logiques de rentabilité ».

    Contactée, la direction explique que sa décision « repose sur une analyse de la fréquentation, qui ne justifiait pas une ouverture en continu sur ce créneau ». Elle précise que l’espace pro reste toutefois « largement accessible », étant ouvert 8h30 par jour du lundi au vendredi et 4 heures le samedi matin. La direction assure également avoir informé les clients trois semaines avant l’entrée en vigueur des nouveaux horaires, « par voie d’affichage en salle et en direct par les chargés de clientèle ».

  • Les habitants d’un ancien camping sont dans l’illégalité

    Les habitants d’un ancien camping sont dans l’illégalité

    « On travaille pendant 40 ans pour s’acheter un chez soi pour la retraite et on se retrouve dans une habitation illégale, menacés d’expulsion. J’en ai fait une grosse dépression. » à Montlaux, au pied de la montagne de Lure, une cinquantaine de personnes se retrouvent en situation irrégulière depuis que le Conseil d’état a annulé, en 1995, l’autorisation d’urbanisme accordée à un promoteur qui avait repris l’ancien camping. Beaucoup d’entre elles n’ont découvert le caractère illégal de leur logement qu’après leur emménagement.

    « Onze jours après avoir acheté, on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de compteur, se rappelle Céline T., habitante et présidente de l’association syndicale libre. On ne nous avait pas dit que c’était des maisons irrégulières. On a bu les paroles de la notaire. »

    En raison de cette situation, les habitants, souvent précaires, se retrouvent sans abonnement ni facture d’électricité à leur nom. Ils disposent d’un compteur commun et doivent payer le tarif entreprise, beaucoup plus onéreux. « On est réduits à choisir entre manger ou payer nos charges. Avec nos retraites, c’est ingérable, résume Céline T. Quand il y a eu la flambée des prix de l’énergie, on a eu 10 000 euros de redressement. Si on habite dans des habitations légères de loisirs, c’est parce qu’on n’est pas riches. Pour la plupart, on est des retraités moyens. On a tous du mal à payer. » Du fait de l’irrégularité de leur situation, les résidents ne peuvent pas non plus bénéficier d’aides. « Si j’avais su, je n’aurais pas signé », lance Thierry, le mari de Céline T.

    Ils se disent par ailleurs très exposés aux risques et craignent de nouveaux départs d’incendie en cas de surchauffe. « Si vous allumez votre four, vous ne pouvez pas allumer votre lave-linge, il y a tout qui saute ou qui brûle », explique Céline T. Sa voisine, Véronique C., s’est retrouvée sans électricité pendant 19 jours, alors qu’un répartiteur avait brûlé. Cette dernière a même obtenu une autorisation d’extension pour agrandir son petit mobile home, alors même que son habitation est considérée comme illégale. « Si on doit être mis à la porte, j’habiterai dans la partie légale ! », lance-t-elle.

    Des travailleurs

    dans des caravanes

    Parmi les habitants, certains travaillent, mais doivent se contenter de vivre dans une caravane mal isolée et finissent le mois dans le rouge avec les charges exorbitantes à régler.

    L’ancien camping avait été racheté par un promoteur « véreux » dans les années 1980. Il y avait alors implanté des chalets, mobile homes et caravanes. Mais la commune avait attaqué l’arrêté préfectoral autorisant ces implantations et le Conseil d’État lui avait donné raison, sept ans plus tard. Entre-temps, les lots avaient été vendus en toute légalité et l’arrêté du Conseil d’État ordonnant la remise en état du terrain n’a jamais été appliqué.

    L’ancien camping compte 48 lots et 34 propriétaires. Une vingtaine de personnes ont leur résidence principale dans 14 de ces habitations, et environ 25 personnes les utilisent comme résidence secondaire. De plus en plus d’habitants viennent y vivre à l’année, en raison des prix peu élevés à l’achat.

    La situation est en cours de régularisation. Les habitants et la maire de Montlaux, Camille Feller (DVG), espèrent une résolution du problème d’ici un an. Les résidents se disent soutenus par la municipalité et les services de l’état.

  • Un projet photovoltaïque contesté dans une forêt des Hautes-Alpes

    Un projet photovoltaïque contesté dans une forêt des Hautes-Alpes

    Au pied des premiers reliefs du Dévoluy, entre la rivière du Rif de l’Arc et la D994, s’est développé un petit bois d’une vingtaine d’hectares, composé de résineux de taille modeste. À l’ombre des pins sylvestres grandit toutefois un peuplement de feuillus encore jeunes. « C’est ce qu’on appelle une forêt pionnière. Les pins ont poussé sur le dépôt de la rivière, mais d’ici trente ans, ils seront remplacés par les saules, cornouillers, chênes et érables », détaille Nick Nguyen, de l’association Sérigons Terres Vivantes, qui lutte contre l’arrivée d’un complexe photovoltaïque sur le site.

    Le projet, étudié depuis 2016 et approuvé par la préfecture en janvier dernier, conduirait à raser sept hectares de cet espace naturel où vivent plusieurs espèces protégées, comme le grand rhinolophe (une chauve-souris), ou la salamandre tachetée. Or l’association déplore qu’Ecoter, le bureau d’étude chargé de l’étude d’impact, ait selon elle minimisé la présence de cette biodiversité. « Les relevés ne mentionnent pas la présence d’espèces protégées comme la salamandre, explique Nick Nguyen. De plus, les relevés pour mesurer la présence d’oiseaux migrateurs ont été faits en juin, alors que la période recommandée, c’est en avril-mai ou en septembre. »

    Valorem défend un projet adapté au territoire

    Les militants affirment aussi que l’étude sous-estime l’aggravation du ruissellement et des inondations que causerait l’artificialisation du sol, menaçant le village et la zone artisanale voisine. Ils regrettent enfin la disparition annoncée d’une forêt encore en devenir, appréciée des riverains, utilisée comme espace de loisirs par les enfants et comme lieu d’activités pour des associations locales. Aussi, depuis 2019, les bénévoles ont organisé plusieurs manifestations, conférences et projections… En 2020, la pétition lancée contre le projet a récolté 5 300 signatures. « Nous ne sommes pas contre le photovoltaïque, bien contraire, mais pourquoi détruire un environnement naturel plutôt que de l’installer sur des sols déjà artificialisés ? », conteste Nick Nguyen. Son association a proposé d’implanter le futur projet de l’autre côté de la D994, à cheval sur la station d’épuration communale et la carrière de la Sablière du Buëch.

    De son côté, Valorem, société porteuse du projet, estime que cette idée conduirait à empiéter sur une zone protégée Natura 2000. « Nous travaillons avec un bureau d’étude indépendant, reconnu dans son domaine, et avons choisi un terrain adapté, en accord avec l’Office national des forêts, affirme Bertrand Maljournal, responsable de l’agence d’Aix-en-Provence. On a diminué la taille du projet et créé un corridor de passage pour la faune. Tout a été fait pour permettre que les espèces restent sur le site. » Il ajoute qu’en compensation, l’entreprise créera une réserve biologique de 167 hectares au bois de Loubet, à 15 km de là. Pour Camille Girard, chargé de communication, ces projets sont une nécessité de souveraineté énergétique : « La France dépend encore à 60% d’énergies fossiles pour lesquelles elle dépense 60 milliards par an en importation. On ne peut pas parler de souveraineté, déplorer le prix de l’essence et ne pas regarder les efforts à faire pour installer plus d’énergie électrique », affirme-t-il.

    Le projet a toutefois reçu, en novembre, un avis défavorable du commissaire enquêteur chargé d’en évaluer l’impact. L’association France nature environnement a déposé un recours devant le tribunal administratif de Marseille. La décision est attendue à la fin du mois.

  • Le chemin des Alpilles réaménagé

    Le chemin des Alpilles réaménagé

    Limiter les phénomènes d’accumulation d’eau lors des épisodes pluvieux, adapter la chaussée au passage des poids lourds fréquentant quotidiennement la zone d’activité ou encore sécuriser la circulation des riverains, piétons et cyclistes entre l’avenue du Colonel-Noël et la voie douce… Voici les principaux objectifs qui ont conduit Provence Alpes Agglomération, gestionnaire de la zone d’activité des Sièyes à réaliser ces travaux d’aménagement pour un coût global de 323 000 euros (HT).

    Les travaux comprenaient : la réalisation de deux voies de circulation d’un gabarit de 2,25 mètres de large, adaptées aux véhicules jusqu’à 40 tonnes, un giratoire de retournement pour les poids lourds, une voie sécurisée dédiée aux piétons et cyclistes et un réseau d’eaux pluviales, accompagné d’un bassin de rétention pour éviter les inondations de la chaussée.

    Démarré en octobre, le chantier s’est achevé début juin, « il a nécessité la prise en compte de plusieurs contraintes majeures », commente le gestionnaire, avec notamment « l’évacuation de vestiges de l’ancienne activité industrielle du site, le déplacement de réseaux (électricité et fibre optique) sans interruption de service et bien évidemment » et « le maintien de la desserte des entreprises de la zone d’activité pendant la durée des travaux ».

    À noter que « des plantations d’arbustes d’essences locales sont également prévues cet automne pour verdir le site », stipule Provence Alpes Agglomération qui a financé les travaux avec le soutien du Département des Alpes-de-Haute-Provence à hauteur de 20 000 euros. « Des travaux qui contribuent à renforcer l’attractivité de la zone d’activité économique du territoire », conclut-elle.

  • Le pôle glace de Nice des JO 2030 délocalisé ?

    Le pôle glace de Nice des JO 2030 délocalisé ?

    Nouveau coup de chaud pour les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030. Les discussions entre la Ville de Nice, la Région et les instances olympiques pataugent dans une soupe digne d’un bas de piste de fin de saison à Pra-Loup. Déjà plombé par les démissions et les retards, la possible délocalisation des épreuves de hockey, patinage, short-track et curling fait désordre.

    Depuis l’élection d’Éric Ciotti (UDR) à la mairie de Nice, les équilibres du projet ont été fragilisés. Si un cadre de travail commun a pu être posé lors d’une réunion technique le 1er avril, une seconde rencontre, organisée vendredi, a mis en lumière un blocage majeur autour l’Allianz Riviera, le stade de l’OGC Nice, dont le président, Jean-Pierre Rivère, figurait sur la liste de Ciotti.

    Présentation ce lundi

    Si la Région note que des convergences ont été trouvées sur le village olympique et le complexe omnisports de Nikaïa, la couverture et l’immobilisation pour trois mois minimum du stade, appelé à accueillir les épreuves de hockey, n’a pas obtenu l’accord de la nouvelle municipalité. L’alternative proposée entraînerait un surcoût de 45 millions, jugé incompatible avec la trajectoire budgétaire des Jeux et porteur d’un « risque majeur d’impasse procédurale et de dérive calendaire ».

    Face à cette impasse, un ultimatum a été fixé à ce lundi. Une présentation technique détaillée doit être soumise à l’ensemble des parties prenantes du comité d’organisation, avec l’objectif d’acter une décision. En filigrane, plane la menace d’une remise en cause pure et simple du pôle niçois. La ville de Lyon s’est déjà portée candidate.

    Initiateur de la candidature alpine, Renaud Muselier(Ren.) ne cache plus son inquiétude. « Après m’être battu pour garantir la parité des épreuves et des médailles avec nos partenaires du nord, je constate que les blocages actuels exposent directement le pôle niçois », alerte le président de la Région Sud, qui appelait vendredi à sortir du blocage.

    Il en va de la crédibilité d’un projet sommé de sortir de l’ornière politique, alors la carte définitive des sites est attendue pour fin juin par le Comité international olympique.

  • Le député marseillais Hendrik Davi au chevet des Alpins

    Le député marseillais Hendrik Davi au chevet des Alpins

    Hendrik Davi, député de l’Après (Alliance pour une République écologique et sociale), parti prônant l’union de la gauche, est venu spécialement de Paris ce vendredi pour une petite tournée gapençaise à l’invitation du responsable local du mouvement, Laurent Eyraud-Chaume. Il a rencontré une dizaine de sympathisants et de curieux, venus échanger avec lui devant l’hôpital de Gap. Membre de la commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale, le député de Marseille est le chef de file du groupe écologiste sur les travaux liés au financement de la Sécurité sociale.

    Soucieux dit-il « de partir des problématiques de terrain pour les faire remonter à l’échelle nationale », le député a donc participé à une discussion collective dont le thème était centré autour du système de santé public, de sa crise et de comment le (re) créer, en France et dans les Alpes du Sud. « C’est une question importante à Gap, même si ce n’est pas un désert médical à proprement parler puisque le territoire est très bien doté en professionnels de santé, a-t-il expliqué en préambule, mais ils sont très inégalement répartis sur un territoire enclavé où les temps de déplacements sont très fortement rallongés. »

    Préserver les centres

    de santé en milieu rural

    Parmi les problématiques rencontrées sur le territoire, Jean-Claude Eyraud, président de l’Union départementale de l’économie sociale et solidaire (Udess) 05, a évoqué les centres de santé, souvent l’unique accès au soin dans les communes rurales. « De nombreux centres sont menacés, notamment celui des Alpes-de-Haute-Provence car ils sont déficitaires, a-t-il expliqué. Ancien responsable d’un centre, il explique que ceux-ci sont déficitaires « parce qu’on y reçoit tout le monde, même ceux qui n’ont pas de droit ouvert et qu’on pratique des tarifs bas et qu’on rend des services de soin qui ne sont pas rentables mais essentiels ». Selon lui, sans démarche volontaire de l’État, « on va perdre ces lieux indispensables pour le soin sur les territoires ruraux ». Jean-Claude Eyraud a aussi évoqué la crise des urgences dans les Alpes-de-Haute-Provence, régulièrement fermées la nuit et qui ne sont plus accessible que via un appel obligatoire au 15, « une situation catastrophique qui amène beaucoup de personnes précaires ou isolées à renoncer aux soins », selon lui.

    Face à ce constat, quelles solutions ? Le député de Marseille Hendrik Davi en a cité plusieurs, parmi lesquelles, l’instauration de centres de santé communautaires non lucratifs, où sont regroupés des soignants mais aussi des professionnels du social et financés par une dotation globale, échappant ainsi à la logique de rentabilité. « C’est ce que nous avons implanté dans la cité Kalliste, à Marseille, raconte-t-il. Au début, tout le monde nous a ri au nez. Là où il y a régulièrement des épisodes de violence et de dégradation, personne n’a jamais touché au centre de santé, car c’est là que tout le monde est soigné, pris en charge, ça marche du tonnerre. »

    Face à ces services publics en souffrance, Hendrik David, a aussi appelé à ne pas trop « parler d’achever la bête », au risque d’en précipiter la mort, mais à aussi mettre en lumière ce qui fonctionne pour le préserver et l’améliorer, et notamment la Sécurité sociale, qui reste « un système exceptionnel pour répondre aux besoins des populations et pour sécuriser les parcours de vie ». Après une série de rencontres ce vendredi autour de l’union de la gauche et de la démocratie participative, le député sera samedi à 10h30 à la Nouvelle librairie de Gap pour discuter de son dernier livre, Sciences En résistance – Pour une recherche libre et Émancipatrice.

  • Jean-Michel Grès : « L’idée, c’est de trouver un consensus tous ensemble »

    Jean-Michel Grès : « L’idée, c’est de trouver un consensus tous ensemble »

    La Marseillaise : Qu’avez-vous pensé du conseil communautaire Pays de Forcalquier – montagne de Lure de mardi ?

    Jean-Michel Grès : La breaking news, c’était l’abandon de la piscine couverte, projet pharaonique du programme de David Gehant (maire réélu et président de la communauté de communes). Un gros budget de 2,5 millions d’euros est prévu pour l’école de musique. Il y a une grosse attente, les gens y viennent de partout, ils sont à l’étroit. Mais le terrain n’a toujours pas été acheté. Les deux projets phares sont donc mis en balance. C’est pas ce qu’il avait promis. C’était de l’esbroufe.

    La situation de la montagne de Lure a également été évoquée ?

    J.-M.G. : C’est une station où il n’y a plus de neige. Il y a eu cette année la première neige depuis cinq ans. Avant le réchauffement climatique, il neigeait tous les hivers. Les installations de la station de ski ont été démontées il y a une quinzaine d’années. Un projet de montagne en quatre saisons a été initié en 2020. David Gehant a raison, la montagne de Lure se suffit à elle-même, c’est un beau lieu de nature sauvage, préservé, avec des chamois, des loups.

    Considérez-vous être dans l’opposition ?

    J.-M.G. : On n’est pas vraiment dans l’opposition. On se considère comme une minorité. L’idée, c’est de travailler en concertation et de trouver un consensus tous ensemble. C’est ce qu’on voulait faire en tant que majorité, il n’y a pas de raison qu’on ne le fasse pas en tant que minorité. Le conseil des maires rééquilibre la gouvernance. C’était clairement un de nos éléments de programme. On ne peut être que d’accord, si David Gehant utilise nos arguments. On pourrait dire “attendez, ça on l’a dit avant vous”, mais c’est pas l’idée non plus.

    Trouvez-vous que David Gehant fait des propositions qui vont dans le sens de votre programme ?

    J.-M.G. : Oui, je pense, il a clairement fait une campagne de centre gauche. Il n’a pas eu tort. Ses propositions rejoignent les convictions centre gauche, socialistes de certains électeurs. S’il se tient bien droit dans l’arc républicain, cela ne posera aucun souci de travailler avec lui.

    Quels sont vos objectifs pour ce mandat ?

    J.-M.G. : D’arriver à ce que les idées sur lesquelles on est d’accord puissent vraiment être réalisées. D’arriver à faire des propositions sur des éléments passés sous silence. Par exemple, dans le programme de David Gehant, il n’y a aucune allusion aux personnes en situation de handicap. On sera vigilants sur différents projets d’aménagement, qu’on reste le plus possible dans le cadre des préoccupations écologiques. On ne s’opposera pas bec et ongles. On fera des contre budgets. On veut avoir un fonctionnement municipal apaisé.

    Pensez-vous que David Gehant aurait sa place en tant que président de la Région ?

    J.-M.G. : S’il est vraiment capable de faire barrage au RN, oui. Il y a une nuance entre l’ennemi mortel et l’ami imparfait. S’il reste dans l’arc républicain, au moins on peut discuter avec lui. Si on se retrouve avec une présidence RN, on va tous souffrir. On a un ennemi commun.

    Vous pensez donc qu’il y a du potentiel pour travailler ensemble ?

    J-M.G. : C’est ce qu’il dit. Il tend la main : jouons ce jeu. On verra jusqu’où il est prêt à aller. Par exemple, on a les moyens d’arrêter l’augmentation de la taxe d’habitation. Le budget festivités municipal est quand même passé de 80 000 euros en 2019 à 400 000 euros en 2025. Il y a des moyens d’économiser.