Tag: Alpes

  • L’Étoile ferroviaire pose ses propositions

    L’Étoile ferroviaire pose ses propositions

    Ce samedi 25 avril, la gare de Veynes-Dévoluy était animée, mais pas par des passagers. Le collectif l’Etoile ferroviaire de Veynes, qui plaide pour le retour d’une offre de train à hauteur des besoins locaux, y a réuni plusieurs dizaines de personnes, élus, militants et citoyens autour de quatre ateliers de réflexion. Les propositions seront transmises à la SNCF dans le cadre de sa concertation publique « Performance Ferroviaire des Alpes du Sud » lancée jusqu’au 29 mai.

    Un service pensé pour

    les besoins des habitants

    En premier lieu, les travaux de modernisation pour réduire le temps de trajet entre Marseille et Briançon de 4h30 à 3h40 en vue des JO 2030 ont été jugés louables mais insuffisants s’ils ne prennent pas en compte les besoins réels locaux. « Le train express, ce sera pour qui ? questionne Nicole Tagand, porte-parole du collectif. On comprend qu’il y a un enjeu pour aller de Marseille à Briançon pour les Jeux, mais dans la vraie vie, ce n’est pas ce qui correspond le plus aux besoins des gens. » Les personnes mobilisées ont réclamé des horaires adaptés à la vie des habitants. « On aimerait être à Briançon avant 9h, notamment pour les lycéens ou les jeunes en sport étude qui rentrent le week-end et qui pourraient repartir le lundi matin, explique Nicole Tagand. À l’inverse, le premier train partant de Briançon arrive à Marseille à 12h50 et repart à 16h40… Si on a un rendez-vous médical à passer, ça fait court. » Les participants ont aussi émis la volonté de remettre la gare de Veynes au cœur des correspondances entre Grenoble, Valence, Marseille et Briançon. « Il faut penser la cohérence globale du réseau, car l’ouverture à la concurrence dans trois ans amène le risque que chaque opérateur ne s’intéresse qu’à sa ligne », signale Nicole Tagand. Enfin, le collectif a de nouveau demandé le « retour de l’humain dans les gares », et notamment d’un guichet en gare de Veynes, supprimé en 2023.

  • Un bus médical itinérant dans les vallées enclavées des Hautes-Alpes

    Un bus médical itinérant dans les vallées enclavées des Hautes-Alpes

    « Ça nous sauve la mise », reconnaît Philippe Milesi, assis sur un banc à l’ombre du bus médical, qui a fait escale devant la mairie de Barret-sur-Méouge, ce mardi matin d’avril. Il est venu avec son épouse, Lydia. Les deux Vauclusiens d’origine attendent leur tour pour une visite médicale, qu’ils n’ont « pas faite depuis deux ans », depuis qu’ils sont installés à 3 km de là. « Ici, les médecins sont surchargés et ne prennent aucun nouveau patient, il faut aller jusqu’à Séderon, dans la Drôme, déplore Philippe Milesi. Et, pour voir un spécialiste, jusqu’à Gap ou Sisteron. Pour nous, ce bus est rassurant, ça permet d’avoir un vrai suivi, avec un personnel qui nous connaît ».

    Le dispositif, mis en place par l’Agence régionale de santé (ARS), est déployé chaque mois dans le sud du département, autour du Buëch-Dévoluy, et dans le nord, sur plusieurs communes du Briançonnais et du Pays des Écrins. À l’intérieur, un médecin généraliste et une assistante médicale accueillent les patients. À ce poste à temps complet, Marie Leydet apprécie de pouvoir assurer un suivi dans la durée. « Après une carrière hospitalière, ça fait du bien d’avoir enfin du temps pour s’occuper des patients, explique cette infirmière de formation. Il y a tout un travail de suivi, de coordination. Si besoin, je prends contact avec une assistante sociale ou rendez-vous chez un spécialiste pour ceux qui ne peuvent le faire eux-mêmes ».

    Une solution temporaire aux déserts médicaux

    À ses côtés, une douzaine de médecins généralistes se relaient au fil du mois. Ce jour-là, c’est Simon Bottero, médecin généraliste installé à Barcelonnette, qui assure les consultations. « Le médicobus s’adresse aux personnes qui n’ont pas de médecin traitant, car celui-ci est parti à la retraite ou qu’ils n’en ont pas trouvé en arrivant, explique-t-il. Mais nous rendons aussi service au tout-venant, comme des touristes de passage ».

    Le jeune médecin a été sollicité pour rejoindre le médicobus après avoir participé, durant ses études, à un dispositif similaire en Lozère : « Beaucoup de gens finissent par renoncer au soin à force d’essuyer des refus et c’est ce que l’on veut empêcher. On est saturés par la demande. Il y a un problème arithmétique : on n’a pas assez de médecins pour les besoins actuels ».

    S’il présente des avantages face à la problématique des déserts médicaux en zone rurale, ce dispositif ne peut toutefois enrayer un problème structurel. « C’est temporaire, en attendant d’avoir des structures plus pérennes, adaptées aux besoins qui évoluent, analyse Simon Bottero. Ce n’est hélas pas une solution miracle ».

    Les matins de 9h à 12h30. Contact au 04.92.25.58.52 ou sur la page Doctolib du Médicobus

  • Les fermes des Alpes s’ouvrent aux visiteurs

    Les fermes des Alpes s’ouvrent aux visiteurs

    Ici, le jeu, ce sera de trouver Charlie », annonce Aurélie. Devant elle, une trentaine de chèvres s’agitent dans leur enclos. Parmi elles, une brebis corse, à la laine sombre si longue qu’elle traîne au sol, se cache dans le coin. C’est Charlie, l’intruse que les visiteurs devront débusquer.

    Le temps d’un week-end, Aurélie et Amandine Chaix, éleveuses du Gaec de la Roche à Jarjayes, ont prévu toute une série d’activités pour les visiteurs. Elles participent pour la première fois à « De ferme en ferme », samedi 25 et dimanche 26 avril. « Il faut finir de tout préparer, on est un peu stressées, pour nous, c’est une grande première », confesse Aurélie, qui ne sait pas encore combien de personnes franchiront le seuil de la ferme. Les deux sœurs ont créé un parcours « petit paysan », destiné aux enfants.

    Au programme : parcours d’obstacles, slalom de tracteurs à roulettes et rencontre avec les animaux (lapins, chevaux, poules, vaches et chèvres). Le tout ponctué par une initiation à la traite et une démonstration de la transformation du fromage. « Le but est qu’ils voient comment c’est fait de A à Z, c’est quand même beau à voir », explique Aurélie, qui prépare des panneaux explicatifs disposés au fil du parcours.

    Le Gaec de la Roche est une ferme familiale depuis quatre générations. Aurélie et Amandine ont repris l’élevage caprin et bovin depuis 2015. Lait, fromage et saucisson de chèvres sont les principaux produits de la ferme et seront proposés à la vente aux visiteurs.

    Pour les deux sœurs, qui vendent leurs produits trois jours par semaine sur les marchés de Gap, Jarjayes et Espinasses, « De Ferme en Ferme » est l’occasion de créer du circuit court. « On souhaite faire de la vente directe avec les consommateurs plutôt que passer par la commercialisation. Mais, entre le marché à 6h du matin, les trois enfants à s’occuper, la traite et la transformation du fromage, c’est compliqué de dégager du temps », explique Aurélie. L’exploitation familiale est presque autonome, le foin et l’orge pour les bêtes sont produits sur place. « Nos grands-parents faisaient du lait et du maraîchage, c’est surtout ma grand-mère qui m’a transmis la passion. C’est une fierté de pouvoir montrer cet héritage », raconte Aurélie.

    Aller à la rencontre

    des producteurs locaux

    Organisés dans différents départements depuis 30 ans, les week-ends « De ferme en ferme » permettent au public de visiter des exploitations agricoles gratuitement. Et, pour la troisième année consécutive, les Hautes-Alpes participent. « La première année, on a voulu commencer petit avec deux territoires, le Buech et le Champsaur, et un petit objectif de dix fermes sur le circuit. Finalement, on a eu 18 fermes intéressées et 4 800 visites. Ça a hyper bien marché, retrace Coline Bourru, chargée de mission pour Agribio 05, association qui fédère les producteurs bio des Hautes-Alpes et qui coordonne l’événement.

    « On peut avoir une ferme à côté de chez soi et ne pas oser venir, avoir peur de déranger, rappelle Coline Bourru. L’idée est d’ouvrir ses portes pendant un week-end, montrer ce que signifie travailler sur une ferme avec des agriculteurs passionnés qui ont envie de partager leur expérience. Et une fois que vous savez où les trouver et à quels horaires, vous pouvez revenir les voir. » L’an passé, l’événement avait attiré plus de 5 000 visiteurs.

  • Le bus santé itinérant inauguré pour pallier les déserts médicaux dans les Alpes

    Le bus santé itinérant inauguré pour pallier les déserts médicaux dans les Alpes

    Sillonner les routes du Haut-Verdon à la rencontre des habitants isolés : tel est l’objectif du bus santé inauguré vendredi à Castellane. « Nos territoires ruraux ont un grand besoin de santé auquel le médicobus répondra », a insisté le maire du village. Nathalie Blanc, la directrice de la CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé), à l’origine du projet, a expliqué avoir voulu apporter « une réponse concrète aux enjeux de santé du territoire » et « garantir un accès équitable aux soins des territoires ruraux où les inégalités d’accès sont une réalité quotidienne ».

    « L’évidence s’est imposée : aller vers les patients plutôt que d’attendre qu’ils viennent », a-t-elle conclu, espérant que le modèle inspire d’autres territoires.

    La première vice-présidente de l’intercommunalité a salué un choix « profondément politique de ne laisser personne au bord du chemin ». « Garantir l’accès aux soins n’est pas une option, mais une responsabilité collective », a-t-elle lancé, rappelant que certains renoncent aux soins faute de proximité. « L’offre de soins doit s’adapter au territoire, et non l’inverse ».

    « Aller vers est une solution »

    Jean-Charles Borghini, représentant le président de la Région, a qualifié le bus de « projet exemplaire » : « Il reste encore beaucoup à faire, mais aujourd’hui, nous franchissons une véritable étape. » « Face aux fragilités, aller vers est une solution, plutôt que d’attendre que les patients viennent aux soins », a avancé la préfète du département, Isabelle Tomatis. « L’accès aux soins ne doit jamais dépendre du lieu de résidence », a-t-elle martelé.

    Lancé début mars, le bus santé dessert des villages isolés du Haut Verdon, d’Allos à Rougon, trois jours par semaine.

  • De jeunes dignois s’initient à un chantier éducatif

    De jeunes dignois s’initient à un chantier éducatif

    Découvrir le monde du travail, financer un voyage en Corée du Sud, mettre de l’argent de côté… Nombreuses sont les raisons qui ont poussé Manon, Tim et Evan à participer au chantier éducatif du plan d’eau des Ferréols. Pendant cinq jours, ils ont repeint les sanitaires et la buvette du plan d’eau. « C’est une première expérience pour eux, avec un contrat de travail, qui leur permet d’être confrontés au monde du travail et d’apprendre à se lever tôt, à respecter l’encadrement et les impératifs liés au chantier », explique Damien Scano, président de l’association ADSEA 04 (Association Départementale de Sauvegarde de l’Enfant à l’Adulte), à l’origine du projet, en partenariat avec la Ville de Digne et le Département.

    « Les jeunes étaient demandeurs de participer à des chantiers. Pour eux, c’est un temps fort qui leur permet de discuter, de créer des liens de confiance et parfois même de se faire des amis », se réjouit Sonia Hinschberger, éducatrice spécialisée qui accompagne les jeunes au cours du chantier éducatif.

    « Inclusion et dynamisme »

    Le partenariat « historique » entre la Ville et l’association ADSEA remonte à 1998. « On est très heureux de pouvoir être initiateurs de projets comme celui-ci, pour l’inclusion et le dynamisme », avance Mathys Legay, adjoint au maire présent pour le dernier jour du chantier. La Ville paie les salaires des jeunes et fournit le matériel nécessaire pour le chantier, pour un coût de 3 000 euros, dont 700 euros de matériel. Deux éducatrices de l’association encadrent les trois jeunes.

    « C’est le premier chantier de la saison, mais on réfléchit aux prochains. Il devrait y en avoir un autre en été et un en automne », précise Caroline Deries, responsable du service jeunesse à la Ville de Digne.

    « Ce chantier nous a appris la patience, on a beaucoup progressé depuis le début. On va plus vite et on est plus efficace », se réjouit Manon, 20 ans, qui a pour projet de travailler dans l’animation. Evan, 18 ans, compte mettre l’argent récolté de côté ; tandis que Tim, 16 ans, va l’utiliser pour financer son séjour en Corée du Sud. « Je connais les éducatrices depuis longtemps, je vais souvent les voir pour être aidée pour des papiers, pour mes CV », relate Manon, jogging taché de peinture blanche. « Ce serait bien qu’il y ait plus de chantiers comme celui-ci. J’ai progressé sur le fait de tenir toute la semaine », ajoute-t-elle. Le chantier a permis aux jeunes de réfléchir à leur orientation professionnelle, alors qu’Evan sort du lycée et que Manon cherche à travailler en centre aéré.

  • Les Alpes-de-Haute-Provence s’engagent à simplifier les finances

    Les Alpes-de-Haute-Provence s’engagent à simplifier les finances

    Améliorer l’efficacité des procédures, sécuriser et « simplifier la chaîne de la dépense », moderniser les moyens d’encaissement… Tels sont les objectifs de la convention signée jeudi entre le Département des Alpes-de-Haute-Provence et les Finances publiques. La DGFIP (Direction générale des finances publiques) « va engager un plan de réduction drastique du chèque. Le chèque est coûteux pour vous, pour nous. Le traitement d’un chèque, c’est minimum 2 euros. Il est chronophage, sans effet instantané sur la trésorerie, et source de pertes, voire même de fraudes », a annoncé le directeur départemental des Finances publiques, Stéphane Durand.

    Il a insisté sur l’importance du conseiller aux décideurs locaux, « interlocuteur incontournable des présidents, des maires, de leurs équipes ». Il a annoncé la suppression de « tous les contrôles a priori du comptable sur les mandats de marché émis par le conseil départemental pour se recentrer sur les contrôles a posteriori de façon très ciblée afin de s’assurer que la qualité de la chaîne de travail côté conseil départemental est bien pérenne ».

    Au département, « on a amélioré tous les ans notre niveau de performance », a affirmé Eliane Barreille. « Nous sommes passés d’un délai de mandatement de 27 jours à 19 jours », s’est-elle félicitée. Une amélioration qui vient selon d’elle de « la réorganisation mise en place il y a trois ans ». « L’union fait la force, et on voit bien que les choses avancent parce que nous travaillons en partenariat », a insisté la présidente du département. « Dans les Bouches-du-Rhône, quand je vois les déficits qui sont annoncés, je me dis que nous sommes pas trop mal », a-t-elle lancé. La présidente a tout de même admis que « dans deux ou trois ans, on aura un déficit ».

  • [Entretien] Joël Bonnafoux : « Les JO sont une opportunité, mais il ne faut pas faire n’importe quoi »

    [Entretien] Joël Bonnafoux : « Les JO sont une opportunité, mais il ne faut pas faire n’importe quoi »

    La Marseillaise : Vous avez été réélu pour la quatrième fois. Qu’avez-vous mis en place pour gagner cette confiance sur le long terme ?

    Joël Bonnafoux : Ça fait deux élections où je n’ai pas d’adversaire. Je suis élu à La Bâtie depuis 1983 ; j’ai d’abord été conseiller, puis adjoint, puis maire. Et ça fait trois mandats que je suis maire, j’attaque le quatrième. On a eu 55% de participation avec une seule liste. Il y a des endroits où, même avec plusieurs listes, ils n’ont pas 50%. On est satisfaits. En sachant que moi, sur La Bâtie, quand j’ai été élu la première fois, on était 800 habitants. À l’heure actuelle, on est 2 900. Pour ce qui est du cadre de vie de nos concitoyens depuis que je suis en place, j’ai obtenu qu’il y ait un collège à La Bâtie et l’agrandissement des écoles. On a fait aussi plusieurs équipements sportifs, la crèche, le centre de loisirs, la médiathèque et, dernièrement, la maison médicale avec la communauté de communes, dont je suis président aussi. Pour ce nouveau mandat, on réfléchit à repenser la mairie, où on est un peu à l’étroit maintenant. On va refaire le stade aussi, parce qu’on a un stade en stabilisé, en gravier ; on va en faire un en synthétique et refaire les deux courts de tennis qu’on avait supprimés aussi. Après, on va être sur la végétalisation dans le village ancien pour respirer un peu plus, végétaliser des places de parking dans le village et faire plus d’espaces verts.

    Plusieurs de vos pairs au département ont exprimé des inquiétudes quant à l’avancement des travaux liés aux JO à venir. Les partagez-vous ?

    J. B. : Du côté du département, il y a un axe majeur : c’est le rond-point qui va être aménagé à Montgardin. On est à la fois sur une nationale et une départementale. Mais c’est le département qui a la maîtrise d’œuvre, pas l’État. C’est un projet qui va être réalisé dans les deux ou trois ans. Pour ceux gérés par l’État, je vois que les mois avancent et qu’on n’a pas trop de décisions qui sont prises. Nous, le département, on agit quand c’est dans nos compétences, mais après, on se doit de tirer un peu l’oreille de l’État sur certains retards. Je pense à l’intervention de Michel Cannat, à la dernière séance du conseil, à propos du pont de Savines-le-Lac, qui ne supporte pas un certain tonnage, ce qui pose quand même problème en vue des chantiers à venir.

    Ces Jeux représentent un bel événement, mais ils suscitent aussi une certaine appréhension chez les élus chargés de les organiser ?

    J. B. : Je pense que les JO, c’est une opportunité, mais il ne faut pas faire n’importe quoi non plus. En sachant qu’il y a quand même bagarre avec les Alpes du Nord. On a obtenu quelque chose dans le Sud pour une fois, et les Alpes du Nord auraient bien voulu tout récupérer. Je ne sais pas du tout où on en est à l’heure actuelle au sujet de certaines décisions, ce qui va être fait par rapport à la patinoire à Nice. J’ai peur que tout soit remis en question et aille finalement sur Lyon. Et puis, à Nice, le changement de la municipalité ajoute de l’incertitude, sans compter les changements à venir à la Région aussi… Tout ça, c’est un peu inquiétant pour les prises de décision à venir, ça peut remettre des choses en question.

    Il y a aussi des craintes que les Jeux laissent d’importantes charges financières aux collectivités locales ?

    J. B. : Ça, il faut l’entendre aussi. Il ne faut pas qu’on fasse n’importe quoi non plus, c’est clair. Ce sont des financements d’État ; il y a une petite participation du Département, d’accord, mais il ne faut pas que ce soit le Département qui en subisse les conséquences, comme ça avait été le cas pour Grenoble après les Jeux de 1968. Après, quand ça amène des aménagements, comme à Montgardin, c’est bien aussi.

    Concernant les Jeux, vous faites partie des élus qui alertent sur le fait que, malgré la modernisation des voies ferrées, certaines communes ne bénéficieront pas du retour du train.

    J. B. : C’est difficile d’être entendu à ce niveau. Le train, on demandait simplement des arrêts, on ne demandait pas l’ouverture de la gare, qui est en piteux état. On voudrait l’acquérir, d’ailleurs, mais la SNCF ne souhaite pas vendre pour l’instant. Moi, j’ai les lycéens qui vont sur Embrun et qui prennent le train à Chorges le matin, donc je ne vois pas où est l’économie. C’est une compétence de la Région. Il y a six ans, on nous avait promis des trains pendulaires entre Embrun et Gap, mais il n’y a toujours rien. Il y a des promesses électorales… Mais celui qui a les données là-dessus, c’est le vice-président de Région chargé des transports.

    En tant qu’élu de longue date sur le territoire, comment avez-vous accueilli l’annonce de la candidature du président de Région, Renaud Muselier, aux élections sénatoriales ?

    J. B : J’ai trouvé cela regrettable, finalement. Parce que, pour moi, c’était quelqu’un de dialogue. Malgré le fait qu’on ne partageait pas toujours les mêmes opinions politiques, c’était quelqu’un qui était à l’écoute, abordable. Il y a le côté humain de la personne et ça, j’apprécie beaucoup. Je n’ai pas forcément les mêmes orientations politiques que lui, mais on pouvait passer outre et discuter.

  • Viol, barbarie, proxénétisme : un procès de l’horreur à Digne

    Viol, barbarie, proxénétisme : un procès de l’horreur à Digne

    « Chantage à la rupture », « domination », prostitution forcée… Le procureur de la République de Digne-les-Bains, Antoine Pesme, a détaillé, jeudi, les raisons pour lesquelles l’ex-conjoint de Laëtita a été mis en examen. Il sera jugé en mai pour torture, acte de barbarie, viol, proxénétisme « au préjudice d’une personne particulièrement vulnérable » et détention d’arme.

    Le responsable d’une agence bancaire manosquine est soupçonné d’avoir violé, torturé et livré sa compagne Laëtitia à des dizaines d’inconnus, de 2015 à 2022, à Manosque, La Seyne-sur-Mer et Grasse. Au cours de l’enquête, Laëtitia « a décrit des viols et des violences extrêmes commis depuis 2015 dans le cadre d’une relation de couple marquée par des pratiques sadomasochistes au départ consenties », relate le procureur. « À plusieurs reprises, depuis 2015, lorsqu’elle lui avait demandé d’arrêter en raison de la douleur ressentie, il avait, selon elle, poursuivi ses gestes, commettant des violences lorsqu’elle s’opposait à ses demandes », indique le magistrat.

    « Leurs jeux sexuels avaient rapidement dépassé les limites qu’elle pouvait accepter, le mis en examen se livrant alors à un chantage à la rupture et exerçant une domination sur elle. Elle a indiqué qu’il lui avait ordonné d’avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes, pendant lesquelles il écoutait via son téléphone portable », décrit Antoine Pesme.

    Forcée à se prostituer

    En plus des violences conjugales multiples, il est reproché à l’accusé d’avoir forcé son ex-compagne à se prostituer et d’avoir récupéré les fonds récoltés de par cette activité illicite. « Elle avait dû se prostituer à la demande du mis en examen, lequel décidait des pratiques et des tarifs et récupérait la moitié puis la totalité des gains », avance le procureur de Digne-les-Bains. Le responsable d’agence bancaire reconnaît l’existence de relations sadomasochistes avec sa compagne, « mais a affirmé que celles-ci étaient consenties, décrivant la prostitution, l’échangisme ou les pratiques zoophiles comme des jeux ».

    « L’intensité et la répétition des violences décrites par la partie civile, mises en relation avec les conclusions de l’expertise médicale et l’exploitation d’enregistrements sonores et vidéos, a conduit le magistrat instructeur à renvoyer le mis en examen devant la cour d’assises », conclut Antoine Pesme.

    L’accusé sera défendu par les avocats Me Charlotte Barriol et Me Arnaud Lucien, du barreau de Toulon, tandis que son ex-compagne sera assistée par Me Philippe-Henry Honeger, avocat au barreau de Paris.

    La mère de famille de 42 ans avait décrit le calvaire qu’elle a vécu à France Info : « C’étaient des coups de poing, des entailles dans le dos au cutter ou avec un couteau. Il me frappait avec une planche à découper. J’étais souvent à sang. Il me brûlait aussi avec sa cigarette. »

    Procès du 18 au 22 mai, devant la cour d’assises de Digne-les-Bains.

  • Un collectif lutte contre les centrales photovoltaïques dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Un collectif lutte contre les centrales photovoltaïques dans les Alpes-de-Haute-Provence

    S’opposer physiquement à la déforestation et à la construction de centrales solaires sur la montagne de Lure : c’est la méthode qu’a choisie le collectif Elzéard Lure en Résistance, créé en opposition à la centrale de Cruis. « Quand j’ai appris qu’il y allait avoir une centrale solaire industrielle juste en face de chez moi, je n’en ai pas cru mes oreilles de me dire qu’ils allaient défricher 17 hectares de forêt pour mettre une usine d’électricité », se rappelle Sylvie Bitterlin, co-fondatrice du collectif.

    « Je suis venue ici pour vivre dans la nature, entourée d’un monde vivant. Progressivement, je me suis aperçue à quel point cet environnement était dégradé. On est en train de détruire petit à petit ce lieu emblématique de la montagne de Lure », déplore la militante. « On a constaté que cela ne se passait pas qu’à Cruis, mais que, sur toute la montagne de Lure, il y avait déjà 15 centrales photovoltaïques qui avaient été construites, qui n’avaient pas attiré notre attention puisqu’elles sont cachées dans les forêts. » Selon le collectif, 15 autres projets de centrales sont envisagés sur la montagne.

    À Cruis, quand le défrichage a commencé, en 2022, les militants s’y sont opposés physiquement. « On s’est interposés physiquement face aux bûcherons pour les empêcher de couper des arbres. Mais on n’était pas assez nombreux pour les arrêter, et, en quatre jours, toute la forêt était partie », regrette Sylvie Bitterlin, également conseillère municipale à Montlaux (DVG). « Ils sont revenus en 2023 pour les travaux de terrassement, on était là pendant plusieurs mois, tous les jours, on bloquait les machines. L’entreprise a ensuite embauché des vigiles, des milices qui ont commencé à violenter les militants », affirme la co-fondatrice.

    « Quel écolo fait ça ? »

    « Détruire des espèces protégées par centaines, des habitats d’espèces protégées, alors qu’on sait que c’est la première cause de l’effondrement de la biodiversité, quel écolo fait ça ? Quand est-ce qu’on peut se revendiquer écolo alors même qu’on détruit la biodiversité ? », lance Pierrot Pantel, le juriste qui accompagne le collectif et l’aide à repérer les irrégularités et à déposer des plaintes. « On a lancé une démarche demandant à la préfecture un démantèlement de la centrale et une remise en état à Boralex [l’entreprise qui a construit la centrale de Cruis, Ndlr]. Et, si elle refuse, on attaquera ce refus pour que ce soit un tribunal qui impose à la préfète d’ordonner à Boralex de tout remettre en état », affirme le juriste.

    Contacté, Boralex assure « donner une seconde vie à des parcelles détruites par un incendie survenu en 2004 » et « minimiser les impacts sur l’environnement ». Le projet a été réduit de 75 à 17 hectares, affirme l’entreprise.

  • Les délégations des élus sisteronais dévoilées

    Les délégations des élus sisteronais dévoilées

    Sports, vie associative, écoles, travaux… Les délégations des adjoints et des conseillers municipaux de la majorité, à Sisteron, ont été annoncées par la mairie, mercredi. Le premier adjoint Sylvain Jaffre sera ainsi en charge des sports et de la vie associative, tandis que la deuxième adjointe Stéphanie Sebani s’occupera des écoles, de la cuisine centrale et des garderies.

    Le troisième adjoint, Franck Perard, est désormais délégué aux travaux, à l’eau, l’assainissement, l’aménagement du territoire, la propreté urbaine et la coordination des services techniques. Nicole Peloux, quatrième adjointe, sera elle en charge de la culture, du patrimoine et des forêts. L’urbanisme, le logement, l’environnement et l’économie verte seront gérés par le cinquième adjoint, Jean-Louis Clément.

    Tous les conseillers

    de la majorité délégués

    La sixième adjointe, Djamila Girard Belhaoues, s’occupera des finances et du foncier, tandis que Christian Gallo sera délégué à la sécurité publique locale, aux pompiers et aux commissions d’appels d’offres. La huitième adjointe a, elle, été chargée des affaires sociales, de la santé, des personnes âgées et de la protection animale.

    Le maire de Sisteron, Jean-Pierre Templier (DVD), a également donné des délégations aux treize conseillers municipaux de sa majorité : démocratie locale, transports, grands événements, outils numériques, tourisme, commerces, prévention des violences intrafamiliales, promotion de l’égalité homme femme, affaires militaires, devoir de mémoire, petite enfance, agriculture, handicap ou encore artisanat.

    Jean-Pierre Templier a pris la suite de l’historique maire de Sisteron depuis 1983, Daniel Spagnou (DVD), en mars.