Tag: Alpes-de-Haute-Provence

  • Sisteron reste « commune touristique » pour cinq ans

    Sisteron reste « commune touristique » pour cinq ans

    Sisteron, « commune touristique » pour cinq années supplémentaires. La ville de 7 000 habitants, nichée au cœur des Alpes-de-Haute-Provence, garde le statut obtenu en 2024. En effet, vendredi 3 juillet, l’arrêté préfectoral permettant à la commune de jouir du nom de « commune touristique » a été renouvelé.

    Une réussite dont se sont félicité le maire, Jean-Pierre Templier (DVD) et son conseiller délégué au tourisme Alain Angelvin. « C’est la reconnaissance de l’attractivité de Sisteron et du travail accompli par tous les acteurs du tourisme », affirme le maire dans un communiqué. Et de souligner le travail de « l’office de tourisme Sisteron Alpes Provençales et les services de la Ville » avant de poursuivre : « Cela nous encourage à poursuivre nos efforts ! »

    Ce renouvellement confirme aussi « le caractère touristique majeur de Sisteron mais aussi la solide réputation de la commune bénéficiant d’une forte notoriété internationale et qui fait aussi partie des 100 plus beaux détours de France, label très prisé et reconnu », apprécient les élus.

    Surnommée la perle de Haute-Provence, la ville a dû remplir plusieurs critères afin d’obtenir cette dénomination dont celui d’avoir un office de tourisme classé. Dans celui de Sisteron, on peut apercevoir un vestige archéologique : les fondations d’un ancien bâtiment. La commune doit également offrir une capacité d’hébergement adaptée à une population non permanente, et organisatrice des animations touristiques régulièrement.

    Une étape

    Pour autant, cette reconnaissance n’est qu’une étape, certes stratégique, vers le renouvellement du classement en station de tourisme obtenu en novembre 2014 et qui en cours d’instruction. Ce classement permet de bénéficier de droits et avantages spécifiques (urbanisme, fiscalité, promotion…) et de renforcer l’attractivité économique et l’image de la Ville.

  • La CGT Santé alerte sur un « management agressif »

    La CGT Santé alerte sur un « management agressif »

    Je n’ai plus l’impression de travailler dans un hôpital, j’ai l’impression de travailler dans une prison », a écrit, il y a quelques jours, une infirmière à Cédric Volait, représentant de la CGT Santé des Alpes. Selon lui, depuis le mois de janvier, les conditions de travail ne cessent de se dégrader au sein des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux du département. « Les salariés nous alertent d’un management agressif et répressif. Ce n’était pas trop le cas, mais là, ce type de gestion monte en puissance. De nombreux salariés ont l’impression qu’il y a une volonté de les faire partir », regrette Cédric Volait, aussi coordinateur régional Paca de la CGT Santé.

    Une augmentation

    des conseils de discipline

    Le délégué syndical dit observer une hausse des conseils de discipline au sein des établissements pour des raisons qui, selon lui, ne sont pas valables. Surprise par son directeur, une aide-soignante a été convoquée pour s’être assoupie lors de sa garde de nuit, affirme-t-il. « Écœurée », elle a démissionné. « Ce qui se réglait avec un avertissement verbal prend aujourd’hui des proportions démesurées. C’est très brutal », estime Cédric Volait.

    Certains entretiens disciplinaires conduisant à une mise à pied conservatoire des salariés. « On souhaite revenir à un management bienveillant. Ça commence par mettre en place les moyens nécessaires », poursuit-il. Une délégation a rencontré le directeur de l’ARS, le 2 juillet. Ce dernier, selon Cédric Volait, aurait dit « entendre les retours du terrain » et demander aux équipes « d’améliorer le dialogue social ». Le syndicat réfléchit à une mobilisation en septembre.

  • Lyhanna : le fonctionnement de la justice décortiqué

    Lyhanna : le fonctionnement de la justice décortiqué

    « Le drame de l’affaire Lyhanna nous a bousculés dans notre façon de faire et d’appréhender les violences sexistes et sexuelles. Nous avons vu la mobilisation de la population devant le tribunal et avons voulu répondre à ces questions sur comment on fonctionne et prend des décisions », a expliqué en introduction de la réunion publique le président du tribunal, Timothée de Montgolfier. Une quinzaine d’habitants s’étaient déplacés pour questionner les chefs de juridiction sur les rouages de la justice et les potentielles erreurs qui ont conduit à la mort de Lyhanna.

    « Pour Lyhanna, il n’y avait pas d’instruction. Le temps de latence très préjudiciable a permis au présumé innocent d’éventuellement commettre de nouveaux faits », a détaillé le président du tribunal. Selon lui, trois éléments ont participé au drame : le temps judiciaire, long, « d’éventuelles erreurs humaines » et le manque de moyens donnés à la justice pour traiter les affaires. « Il y a peut-être eu des fautes, des responsabilités individuelles du parquetier », a-t-il présumé. « Mais il y a aussi le fait que le parquet est saisi en permanence d’énormément de plaintes qu’il faut traiter, et dans cette masse importante, certaines ne sont pas traitées en temps et en heure », a-t-il reconnu. « Quand tout devient urgent, rien n’est urgent. »

    « Il y a un problème de moyens et d’outils pertinents pour assurer le suivi des procédures. On a des outils obsolètes. C’est à nous de mettre en place les bons circuits, on n’a pas de logiciel pour assurer le suivi de ces enquêtes », a abondé le procureur Antoine Pesme. Il faut cependant « nécessairement prioriser ce type de dossiers d’infractions sexuelles sur mineurs », a-t-il affirmé, rappelant que le ministre de la Justice en avait fait une priorité nationale.

    « Se méfier de l’effet d’annonce »

    Le président du tribunal a également rappelé que des juges pouvaient être révoqués s’ils commettaient des fautes particulièrement graves. Il a estimé le nombre de révocations à « une ou deux par an ». « On est une institution surveillée, et on doit rendre compte de notre activité tous les ans », a-t-il insisté. Concernant l’affaire Lyhanna, « pour l’instant, le garde des Sceaux a ordonné une enquête administrative pour identifier d’éventuelles fautes. Il pourra saisir le Conseil National de la Magistrature pour envisager des sanctions ». Il faut cependant « se méfier de l’effet d’annonce, prendre le temps pour comprendre. On ne peut pas juger dans l’immédiateté, sinon on se trompe », a tempéré Timothée de Montgolfier.

    Interrogé sur le milieu carcéral, le président du tribunal a regretté le fait que « la prison est criminogène, elle rend les gens encore plus dangereux à la sortie, on n’a pas trouvé de solution meilleure que d’écarter la personne de la société ».

  • L’incendiaire de la maison de famille d’Emile condamné

    L’incendiaire de la maison de famille d’Emile condamné

    Acte malveillant prémédité, moyen de se faire justice soi-même, ou de relancer l’enquête ? Plusieurs explications à l’acte de Roland Woudstra se sont confrontées mardi lors de l’audience à l’issue de laquelle ce Marseillais de 78 ans a été condamné à deux ans de prison. En mai, il avait provoqué plusieurs départs de feu aux alentours de la maison secondaire des grands-parents du petit Emile, disparu en 2023 au Vernet. Il avait interrogé des habitants, se présentant comme un journaliste néerlandais, pour obtenir des informations sur l’affaire et la localisation de la maison.

    Pendant l’audience, le prévenu a affirmé avoir agi pour « provoquer un déclic au niveau de l’enquête » sur la mort du petit Emile et la « relancer ». Il a nié toute volonté « de vengeance ou de punition », alors que les avocats des grands-parents l’accusaient d’avoir voulu nuire à la famille. Une lettre écrite depuis sa cellule le 13 juin est cependant venue contredire ses déclarations devant la cour. Il y écrit avoir eu « une brutale envie de faire justice moi-même en brûlant la maison de la famille Vedovini que je pense coupable ».

    « Initiative de justicier »

    L’avocat de la grand-mère d’Emile, Me Julien Pinelli, a avancé que cet « emballement » était « lié à la confusion des accusations portées du fait des réseaux sociaux où on lit les pires horreurs sur ceux dont le seul tort est d’être en deuil de leur petit-fils. Celui qui a porté la suspicion sur eux en paye le poids moral ».

    « Mes enfants avaient déjà peur de monter au Vernet avant cet incendie, mais là c’est pire », a confié aux enquêteurs la grand-mère du petit Emile.

    Le président a lu des expertises psychiatriques décrivant « un comportement inadéquat, une initiative de justicier sans preuves, en méconnaissant la gravité potentielle de l’incendie », ainsi qu’un « aveuglement de la passion, un excès de confiance, une recherche de loi personnelle, pensant avoir perçu ce que l’enquête n’avait pas su démontrer, voulant provoquer un mouvement ».

    L’avocat du prévenu a décrit un homme « endeuillé, isolé, fragilisé » par la mort récente de sa femme et de son fils. Il a plaidé l’altération de son discernement, expliquant qu’il serait en train d’être placé sous tutelle. « J’aurais dû laisser la justice faire son enquête », a reconnu l’homme mardi.

    « On a le droit de penser que la justice fait mal son travail, mais pas de jeter en pâture des gens, ajouter au sang d’Emile, aux larmes de la famille, des cendres à la maison familiale. Votre peine aura nécessairement vocation à envoyer un message, que cette famille retrouve la paix », a lancé le procureur au moment de ses réquisitions.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, un festival pour lutter contre les discriminations

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, un festival pour lutter contre les discriminations

    Concert de rap, documentaire sur le racisme, atelier pour sensibiliser les adolescents aux discriminations… Une programmation riche et variée est prévue pour le festival d’éducation populaire Regarde sous tes fenêtres, qui se tiendra aux alentours de la place Pechiney de jeudi à samedi. « C’est important pour nous que ce festival se déroule dans l’espace public et qu’il soit gratuit, accessible à toutes et tous », explique Julie Vuoso, fondatrice et programmatrice du festival.

    Jeudi, le festival commencera avec un apéro d’ouverture, suivi d’un spectacle jeune public, d’un repas de soutien au festival à prix libre, puis d’une soirée de projection de films. Ce sera d’abord un documentaire sur le racisme dans la cité minière qui sera projeté, réalisé spécialement pour le festival par Maya Perusin Mysorekar, artiste en résidence à Château-Arnoux-Saint-Auban. « Le festival est né de l’histoire de la cité ouvrière. à Saint-Auban, tout a été construit par l’usine et pour l’usine. Le passé industriel de la ville fait qu’il y a eu beaucoup d’immigration depuis toujours. Le festival permet de faire de ce passé migratoire une richesse », avance Chloé Droulin, coordinatrice de la Maison commune, qui coorganise chaque année le festival avec la MJC. « En 2006, il y a eu la délocalisation de l’usine, et un abandon de l’espace commun de Saint-Auban. On a voulu proposer un événement dans la rue pour faire revenir la vie collective », explique Julie Vuoso. « Il y avait très peu de commerces, donc l’idée est aussi d’animer la vie locale. C’est un choix, par exemple, de ne pas proposer de nourriture pour le festival, mais que ce soit pour les commerçants, et que l’événement serve à tout le monde sur la cité, que les gens qui travaillent toute l’année puissent s’y retrouver », avancent les deux organisatrices.

    « Un espace inclusif »

    « L’idée du festival, c’est aussi de créer dans notre programmation un espace inclusif où tout le monde est représenté, de ne pas faire une programmation où il n’y a que des personnes blanches, des hommes », ajoute la programmatrice.

    Le film Pédale Rurale, qui raconte l’organisation de la première Pride à la campagne, sera ensuite projeté. « L’idée a toujours été de proposer une programmation pluridisciplinaire, avec de la danse, du théâtre, de la musique, des films », explique Julie Vuoso. Vendredi, Myriam Soulanges proposera « un récit chorégraphique qui interroge les héritages de la domination patriarcale et de l’histoire coloniale guadeloupéenne ».

    Le festival est financé par la mairie, le Département, la Drac et la Dilcra. Le théâtre Durance prête son matériel, essentiel pour mener à bien le projet. Des mineurs étrangers non accompagnés viennent également de Digne pour prêter main forte à titre bénévole.

    Programme : rstf.fr/programme.html

  • Brebis et bénévoles marseillais font renaître la transhumance

    Brebis et bénévoles marseillais font renaître la transhumance

    « On voulait viser grand dans le cadre de l’année internationale du pastoralisme » : Maïté Kaczmarek fait partie de la dizaine de membres de l’association des Moutons marseillais, qui ont décidé de partir avec les brebis pour une transhumance de 36 jours, de Marseille à Méolans-Revel. « L’idée est de créer du lien avec le territoire et ses habitants. C’est un troupeau urbain qui fait de l’écopâturage à Marseille, ce sont des brebis très proches de l’homme, c’est un super troupeau pour la médiation », explique-t-elle. Cela a été prouvé à Meyreuil, où de petits écoliers ont attendu l’arrivée du troupeau pendant deux heures et ont été enchantés de pouvoir caresser les brebis. « On invite les gens à participer, on accueille de nouvelles personnes en cours de route », détaille la salariée de l’association.

    Le nombre de personnes touchées sur leur parcours est déjà estimé à 800. « Cela permet de créer du lien et de ramener de la vie. Les premiers jours, des personnes de quatre communes voisines se sont retrouvées à bloquer les routes pour nous laisser passer », racontent les bénévoles, qui constatent un véritable élan de solidarité et de générosité sur leur route. « Les habitants nous accueillent à bras ouverts, nous ramènent de l’eau, de la nourriture, l’apéro… C’est salvateur dans un contexte politique où on essaye de diviser les gens. »

    Les bénévoles et salariés de l’association espèrent ainsi promouvoir le pastoralisme et la transhumance, inscrite au patrimoine culturel de l’Unesco. « Ce sont des traditions anciennes ancrées dans le territoire et la région », avance Maïté. « Les brebis sont heureuses de partir le matin, il faut les canaliser tellement elles se régalent. Elles ont plein de choses variées à manger », se réjouissent les bénévoles.

    Les participants à cette transhumance ont quitté Marseille le 8 juin pour parcourir 300 km à travers les Alpes du Sud. Ils empruntent l’historique route des transhumances, La Routo. « On se lève tous les matins vers 4 heures, mais plus il fait chaud, plus on avance l’heure de départ, précise Maïté. Pour sortir de Marseille, il a fallu ruser pour éviter les routes dangereuses. » Sur leur route, ils dorment chez des maraîchers « pour soutenir l’agriculture locale », ou encore en plein air, comme sur le massif de l’Etoile. Ils dorment toujours autour des brebis pour veiller sur elles. « Là où on sait que le loup peut venir, on forme un cercle autour d’elles avec nos tentes », explique Maïté.

    « On est le seul petit troupeau urbain en France à parcourir un si long parcours. Les transhumances se font de plus en plus rares. Certains nous disent qu’ils n’avaient plus vu passer de troupeau depuis 40 ans ! », lance la salariée de l’association.

    « Les temps sont durs

    pour les associations »

    « On espérait des subventions de la Région, de la Métropole et du Département, mais c’est mal parti. Les temps sont durs pour les associations et les subventions, regrette-t-elle. Les choses se calent au fur et à mesure du fait du défaut de financement. Il faudrait que l’on soit plus nombreux pour faire plus de haltes pédagogiques et se relayer. » Les voyageurs cherchent encore à remplir leur cagnotte participative, « lancée du fait de l’absence de financement », et une voiture automatique pour transporter leur matériel.

    à Marseille, le « métier » de ces brebis est d’entretenir les espaces verts d’Ehpad, d’écoles ou encore d’entreprises. « Ce sont des débroussailleurs vivants qui protègent la biodiversité et nourrissent le sol », expliquent les membres de l’association. Jeudi, les propriétaires des chambres d’hôtes de Valensole étaient d’ailleurs enchantés de les accueillir, alors qu’ils cherchaient justement des brebis pour débroussailler leur terrain.

  • [Grand Entretien] Christian Philibert: « Une enquête sur les traces des maquisards »

    [Grand Entretien] Christian Philibert: « Une enquête sur les traces des maquisards »

    La Marseillaise : Comment avez-vous eu l’idée de ce documentaire sur
    le maquis Vallier
     ?

    Christian Philibert : 10 ans plus tôt, pour le 70e anniversaire du débarquement de Provence, j’avais tourné un documentaire qui s’appelait Provence août 1944, l’autre débarquement, qui était le premier documentaire consacré au débarquement de Provence. Ce film a beaucoup tourné et a permis de populariser cette page d’histoire oubliée, enterrée par le débarquement de Normandie. Je voyais arriver le 80e anniversaire, et je m’étais donné comme mission de récidiver. Plusieurs amis m’ont conseillé de lire le Cahier Rouge du Maquis, le journal de bord du maquis du Haut-Var. Pendant six mois, il a été envoyé dans le maquis pour prendre en main des jeunes qui fuyaient le STO (Service du travail obligatoire), et lui, il devait en faire des soldats en vue du débarquement de Méditerranée qui devait arriver. À la demande de De Gaulle, il fallait que les Français participent à leur propre libération. C’était important qu’on ne soit pas juste assistés. Ce journal de bord est un document unique dans l’histoire des maquis français. Et moi, ça m’intéressait de changer le point de vue, de ne pas raconter l’histoire du débarquement, que j’avais déjà fait, et dans lequel la partie de la résistance n’avait pas été trop développée. À l’époque, quand j’avais fait ce film, j’avais trouvé ce sujet intéressant, des maquis totalement ignorés par le cinéma. Moi, je suis toujours le cinéaste des causes perdues, des choses que personne ne veut raconter. Et puis les maquis, ça s’est passé dans les collines de chez nous. Les collines, c’est des endroits où je me sens bien, où j’aime bien travailler. Et donc, très vite est venue l’idée d’adapter ce Cahier Rouge du maquis au cinéma. Je ne savais pas trop comment l’aborder, parce qu’il n’y avait plus d’images d’archives consacrées à ce maquis, et plus de gens à interviewer, de témoins, ils étaient tous morts. L’idée, c’était de chercher autre chose, une autre manière de raconter ça. À la lecture du Cahier Rouge, ce qui m’avait sauté aux yeux, c’était la jeunesse de ces maquisards, qui avaient entre 16 et 20 ans. Ils ne voulaient pas partir en Allemagne travailler pour les Allemands. Je suis très soucieux de la transmission de l’histoire, comment arriver à intéresser les jeunes à l’histoire. Et je me suis dit, vu que c’est une histoire de jeunes, quoi de plus logique que de le faire avec des jeunes pour des jeunes.

    Comment avez-vous eu le projet
    de mêler cinéma et théâtre
    pour ce documentaire ?

    C.P. : Je me suis dit qu’on allait réunir des jeunes passionnés d’histoire, et mener une enquête sur les traces des maquisards, marcher sur leurs pas, là où ils sont allés, là où ils se sont cachés, là où ils se sont battus, là où ils sont morts, aller voir des descendants de maquisards, des historiens, des musées. Et à travers cette enquête, raconter l’histoire. C’est là où intervient Philippe Chuyen, un ami de longue date qui s’intéresse depuis longtemps à ce cahier rouge, il voulait l’adapter. Cela lui a donné envie de relancer cette idée de pièce de théâtre. C’est devenu évident : ces jeunes, on n’allait pas simplement les engager dans une enquête historique, on allait surtout les engager pour monter une pièce de théâtre. Et dans le cadre de cette pièce, on allait mener l’enquête historique que je voulais faire, mise au profit de la création théâtrale.

    Donc l’idée, c’était de produire une pièce de théâtre mise en scène par Philippe Chuyen, dans laquelle, 80 ans plus tard, jour pour jour, on lui confie la responsabilité de monter une pièce de théâtre avec des jeunes qui ne sont pas des comédiens et d’en faire des comédiens. Donc les deux histoires de la création théâtrale et celle du maquis se racontent en parallèle. La création théâtrale devient même une sorte de métaphore du maquis. Le but, c’était que ces deux histoires se croisent le plus souvent possible. Elles n’ont fait que ça. C’est ça qui donne au film sa force, son originalité. La prise de risque qui a été prise, c’est qu’on a recruté des jeunes qui n’étaient pas des acteurs professionnels. Le pari, c’était, sur une période de six mois, de les engager dans cette création théâtrale et de les amener jusqu’à la scène devant le public. C’était loin d’être gagné d’avance. Le film raconte bien cette difficulté de tenir les jeunes et de les amener à porter cette histoire de la même façon qu’à l’époque, il fallait aussi tenir les jeunes dans le maquis.

    Où avez-vous trouvé ces jeunes ?

    C.P. : On a sollicité des missions locales. Cela donnait un côté social au projet. J’avais vraiment l’intention de trouver des jeunes sans formation, un peu comme dans un casting sauvage, d’essayer de trouver des gens qui pouvaient représenter des profils de maquisards qui pouvaient monter au maquis à l’époque. Au départ, Philippe avait rejeté cette idée très vite, il avait dit, « moi, c’est du théâtre, c’est pas du cinéma, c’est une chose sérieuse, il me faut des jeunes qui sont capables de porter le texte, de l’apprendre, d’être là tous les jours ».

    Comment avez-vous financé
    ce projet
     ?

    C.P. : Cela aurait pu capoter à cause des politiques qui nous avaient fait des promesses de financement et qui ne les tenaient pas. À un moment, on était au bord du gouffre, on a dit on arrête, on a failli arrêter. L’argent ne tombait pas. Comme je filmais tout, tous ces problèmes étaient enregistrés. Il valait mieux qu’ils tiennent leurs promesses.

  • Une solution de compostage au plus près des habitants

    Une solution de compostage au plus près des habitants

    C’est à la nouvelle aire de compostage du parc du Colombier que la ville a lancé le dispositif ce vendredi 3 juillet. « 70 % des déchets présents dans nos poubelles pourraient être triés ou recyclés, mais finissent enfouis », souligne Vincent Allevard, vice-président de l’agglomération, délégué à la gestion des déchets. Les biodéchets, composés majoritairement d’épluchures et de restes alimentaires, représentent un quart des ordures ménagères résiduelles. En les traitant sur place, l’objectif est de réduire le volume des poubelles et de transformer, chaque année, plus de 26 tonnes de matières organiques en engrais naturel. Cette matière gratuite sera principalement destinée à l’entretien des espaces verts de la ville.

    Une solution collective

    à l’échelle locale

    « Les habitants sont globalement satisfaits d’avoir une solution de proximité, il y a une vraie demande à ce sujet », explique Vincent Allevard après avoir échangé avec les futurs bénéficiaires lors de l’inauguration. L’accessibilité des sites est pensée pour faciliter le compostage des habitants qui ne bénéficient pas toujours de jardins individuels. Les neuf sites, répartis du parc du Colombier à la place du Docteur Joubert, visent à desservir environ 450 foyers, soit près de 1 000 habitants.

    Financé par l’État, l’Ademe et la Région Sud, le projet s’accompagne d’un « kit habitant » gratuit. Chaque foyer inscrit aura ainsi à disposition un
    « bio-seau » pour le transport des déchets, un sac de tri et un guide de compostage. Les inscriptions sont ouvertes dès aujourd’hui en mairie ou lors de permanences de l’agglomération qui se tiendront jusqu’au 7 juillet.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, des créations de classes insuffisantes pour la FSU

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, des créations de classes insuffisantes pour la FSU

    Les syndicats Snes-FSU et Snep-FSU des Alpes-de-Haute-Provence étaient à la Direction de services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) de Digne-les-bains, ce mardi. En cause ? La suite du mouvement de contestation de la baisse des moyens dans les collèges et lycées. « Au mois de mars, nous avions fait une opération collèges morts, aujourd’hui, on avait une réunion pour savoir ce qu’il s’était passé depuis », relate Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU et enseignant à Forcalquier. Une réunion avec des annonces plus ou moins positives : « Ils ont annoncé la création de cinq classes dans les collèges, mais en ont supprimé une autre. »

    « Rentrée catastrophique »

    Dans le détail, selon le syndicaliste, les collèges de Sainte-Tulle, Château-Arnoux-Saint-Auban, Forcalquier auront une classe en plus, et deux pour celui de Gassendi à Digne. Tandis que la suppression de classe concerne le collège Le Mont d’Or. Mais pas de quoi sauter au plafond : « Ils en avaient tellement supprimé au départ que ça reste une rentrée catastrophique pour nous. » Snes-Fsu et Snep-FSU décomptent à la fin « trois en classe en moins » pour la prochaine rentrée. « Cela fait des années que notre ministère publie le fait que nous sommes les derniers en Europe pour les effectifs par classe. La moyenne européenne est de 21 élèves, dans notre département, il manque donc 40 classes pour qu’on soit dans cette moyenne », dénonce Lionel Lasfargues. Plus globalement, il pointe des calculs arrangeant pour l’administration : « Ils prévoient 35 élèves en moins pour la rentrée prochaine, mais ils suppriment trois classes ! »

  • Préfecture et Sdis mettent les bouchées doubles contre les feux

    Préfecture et Sdis mettent les bouchées doubles contre les feux

    « Notre département compte 470 000 hectares de forêt, soit un taux de boisement de 60%. Cette richesse est vulnérable. L’année 2025 a marqué une aggravation sensible du risque avec 196 incendies recensés, contre 120 en 2024. Et depuis le 1er janvier 2026, dix feux ont déjà été déclarés, sans compter ceux de ce week-end », a rappelé, lundi, la directrice de cabinet de la préfète, Fabienne Monmarson, avant de présenter le dispositif de prévention et de lutte contre les feux de forêt aux côtés du Sdis. « Notre climat devient plus sec et chaud chaque année », a complété Jean-Claude Castel, président du Sdis 04.

    « Les premières patrouilles ont été mises en œuvre dès ce matin, compte tenu du niveau de danger et de l’analyse qui a été faite hier soir », a annoncé le colonel Sylvain Besson, directeur départemental du Sdis. Il estime que « deux feux sur trois pourraient être évités » dans le département, entre « jets de mégots et travaux réalisés dans de mauvaises conditions ».

    Les pompiers ont ensuite mis en œuvre une démonstration d’intervention sur un feu en temps réel, à Cruis, sur la montagne de Lure, particulièrement sujette aux incendies. Ce sont les patrouilles de l’ONF qui sont les premières à intervenir sur le terrain, avant de passer le relais aux pompiers, qui ont des véhicules avec une capacité de stockage d’eau plus importante et des tuyaux beaucoup plus longs. Des renforts aériens peuvent également être demandés. Pendant ce temps-là, au poste de commandement, un tableau recense les victimes et les personnes confinées identifiées.

    Des drones équipés d’intelligence artificielle et de caméras thermiques permettent d’identifier des départs de feu et des points chauds résiduels parfois invisibles à l’œil nu, car enfouis à 20 ou 30 centimètres sous terre. Les pompiers peuvent donner des instructions très précises aux drones, comme trouver un véhicule d’une couleur bien précise, comptabiliser les piétons ou les voitures de manière automatique. Le drone mesure l’intensité et la température du feu en temps réel. Il envoie les coordonnées GPS précises du feu aux patrouilles, ce qui peut leur faire gagner 20 ou 30 minutes dans des secteurs difficiles d’accès. « L’usage de drones permet aujourd’hui d’envisager des solutions techniques pour détecter encore plus rapidement ces départs de feu », résume le colonel Besson. Ces dispositifs de la société toulousaine Menaps, surnommés Fire Eagle, seront expérimentés dans le département cet été.

    Les gendarmes interviennent ensuite sur place pour investiguer et trouver la cause du départ de feu. Ils cherchent à identifier le sens de propagation et cherchent des traces d’hydrocarbures. Ils grattent le sol et inspectent tout sur leur passage : végétation, insectes, escargots ou encore tissus imbibés d’hydrocarbures.

    Les pompiers de Manosque ont par ailleurs fait l’acquisition, il y a quinze jours, d’un véhicule « nouvelle génération avec près de 10 tonnes de charge pour la lutte » contre le feu.

    « Neuf feux sur dix d’origine humaine »

    « Neuf feux sur dix sont d’origine humaine, dont la moitié est liée à l’imprudence. Plus préoccupant encore, la malveillance est en forte progression et a représenté 16% des départs de feu en 2025. Les investigations de la gendarmerie, notamment par l’exploitation des indices et de la vidéoprotection à Forcalquier et à Riez, ont permis d’identifier et d’interpeller des auteurs. Tout acte de mise en feu volontaire sera recherché, identifié et poursuivi », a martelé Fabienne Monmarson.

    « Débroussailler dans un rayon de 50 mètres autour des habitations situées à proximité des massifs n’est pas qu’une obligation réglementaire. C’est le geste vital pour protéger sa famille et ses voisins », a rappelé la sous-préfète.

    Dans le département, ce sont les zones autour de Manosque et de Valensole qui sont les plus à risque.