Tag: Aix-en-Provence

  • À Aix, les robes noires aussi en colère

    À Aix, les robes noires aussi en colère

    « On nous présente cette réforme comme une modernisation. En réalité, c’est une justice plus rapide, toujours plus de rendements, de statistiques, toujours moins de garanties. Or, la justice n’est pas une usine », a notamment dénoncé Me Xavier Pietra, bâtonnier du barreau d’Aix-en-Provence.

  • Les finances de la Métropole s’invitent au conseil municipal d’Aix

    Les finances de la Métropole s’invitent au conseil municipal d’Aix

    C’était un sujet équivalent à l’éléphant dans la pièce. La situation budgétaire de la Métropole est de nouveau intervenue en conseil municipal, tenu ce lundi 29 juin, en salle des États de Provence. La question a été lancée par Marc Pena (PS), à la tête du groupe Aix Avenir. « Autrefois vous dénonciez une monstropole. Aujourd’hui, vous nous dites que vous êtes vice-présidente d’une nécropole », adresse-t-il au maire, Sophie Joissains (UDI), vice-présidente de la Métropole. « La Métropole représente des compétences, importantes, elle est un acteur essentiel de notre territoire. Je vous demanderais ce que vous appelez aujourd’hui une nécropole ? »

    Non sans rappeler, les causes et conséquences de ce trou financier « de 123 millions d’euros », voire « selon d’autres calculs » 144 millions d’euros, estime Marc Pena. « Vous êtes dans l’exécutif, je voudrais savoir ce que vous pensez de la situation. Vous pensez que la Métropole telle qu’elle est aujourd’hui ne peut plus fonctionner ? Elle a été mal née, mal construite, ça chacun le sait, et est-ce que donc, les réflexions iraient jusqu’à des changements exceptionnels extrêmement importants sur le territoire ? À ce moment-là, on n’entrerait pas seulement dans une crise, mais une rupture et une révolution par rapport à ce qui existe aujourd’hui. »

    À ce stade, deux options. D’un côté, la Chambre régionale des comptes recommande de réduire fortement la dotation de solidarité communautaire (DSC), à hauteur d’environ 53 millions d’euros, ce qui représenterait près de 1,4 million d’euros pour Aix. De l’autre, le préfet privilégie des économies sur les attributions de compensation (AC), également pour un montant d’environ 53 millions, dont l’impact pour Aix est estimé à 5 millions d’euros par la majorité.

    Positions réaffirmées

    S’ajoute à cela « le budget annexe des transports qui raye les finances métropolitaines. (….) Ce budget a une capacité d’investissement importante qui a été abondée du reste par l’État à hauteur de milliards, cela pousse à l’investissement, sauf qu’il n’y a pas de recette en place, analysait de son côté Sophie Joissains. Notre territoire ayant besoin de se moderniser en matière de transport, nous sommes face à un écueil majeur et qui ne pourrait, si l’on reste dans cette disposition, que se creuser dans les années à venir. Aujourd’hui, la prévision pour 2027 serait de 245 millions d’euros de dette. »

    De ces débats découlent plusieurs propositions. Du point de vue du maire, adopter un modèle de transports métropolitains à l’image de celui du Grand Paris (syndicat mixte) pourrait être une option. Comme cette piste de partition métropolitaine, que « l’on regarde avec des yeux de Chimère » pour « travailler plus facilement aux intérêts de nos territoires », dressait Sophie Joissains. « Ce sera aux maires de s’exprimer, par rapport aux observations. Mais rien ne pourra se faire sans l’aide de l’état », rappelait le maire.

    Côté oppositions, le RN appelle à « regarder très sérieusement quelles économies on pourrait faire », lançait Jean-Louis Geiger. Agnès Daures, pour le groupe Aix Avenir (DVG), appelle à « aller chercher l’argent là où il est », estimant que « personne ne veut parler de taxe foncière sur les résidences secondaires ». « Aujourd’hui, la France entière est appelée à faire des économies », rappelait Sophie Joissains. Mais l’augmentation de l’impôt, « j’y suis fondamentalement opposée. »

    EN BREF

    Attributions financières aux associations

    Au total, 19 000 euros seront répartis entre neuf associations de la Ville d’Aix. Sur cette enveloppe, 7 000 euros seront partagés entre quatre centres sociaux de la ville dans le cadre de l’appel à projets « Ouverture estivale des centres sociaux 2026 ». 5 500 euros sont notamment attribués au fonctionnement de trois autres associations, dont l’Apers, « service d’aide aux victimes et d’activité judiciaire », qui reçoit une subvention de 3 500 euros.

    L’affaire des arbres vandalisés suit son cours

    Pour Hervé Guerrera (POC) c’est un « commando » qui aurait dégradé les arbres du cours Mirabeau. Fin mai, trois individus ont été filmés par les caméras de la Ville abîmant les arbres longeant cet axe principal. Marc Féraud, conseiller municipal aux espaces verts, précise que « la Ville a déposé plainte et s’est constitué partie civile. Il y en a 12 bien déchiquetés et 17 un peu moins. On a réparé les blessures de façon propre (…), tous les deux jours, c’est surveillé, ça s’est arrêté ». Mireille Lazare, adjointe à la sécurité, réfute le terme de « commando ». « Nous avons identifié trois jeunes, sur le cours Mirabeau, en train de discuter. À un moment, l’un d’entre eux a pelé l’arbre de façon verticale. Ces trois personnes n’ont pas été identifiées pour le moment. L’affaire suit son cours », conclut Mireille Lazare.

    Plusieurs mesures pour la canicule

    La majorité a détaillé les dispositifs mis en place. Parmi eux, le lancement du « plan canicule pour les personnes sans-abri », ainsi que les maraudes régulières des Restos du Cœur, du Secours populaire, du CCAS et de la Croix-Rouge. La halte de jour de la cité Germain-Nouveau reste ouverte et propose des douches gratuites, comme celles proposées par la Croix-Rouge. La Ville maintient un centre d’appels destiné aux seniors isolés. Détails sur le site de la Ville.

  • À Aix, des ateliers pour adapter le logement des seniors

    À Aix, des ateliers pour adapter le logement des seniors

    Ils sont moins d’une dizaine à avoir bravé la canicule pour aller jusqu’au centre socioculturel la Rose des Vents. Organisé par le pôle infos seniors du CCAS, animé par le Creedat 13, association spécialisée dans l’adaptation et le réaménagement de logements, tenait un deuxième atelier permettant aux plus âgés, ou aidants, de réfléchir à des alternatives pour qu’un senior reste plus longtemps chez soi. Proposer d’autres options que l’Ehpad, ou l’emménagement chez un proche. « L’idée de la société en ce moment, c’est de favoriser le maintient à domicile le plus possible, rappelle Aline Baccon, responsable coordination du pôle infos seniors du CCAS. Il y a tout un panel de dispositifs qui permettent de rester à son domicile le plus longtemps possible. C’est un coût, mais il y a quand même beaucoup d’aides (….) ». Déjà le 17 juin dernier, le même atelier était organisé, au centre socioculturel La Provence.

    Des rencontres régulières

    Et sera réitéré dans les mois à venir. « On essaie d’en faire plusieurs par an sur différentes thématiques, poursuit Aline Baccon. L’intérêt de ces rencontres, c’est de faire de la prévention, d’anticiper et faire en sorte que les gens aient l’information au plus tôt pour éviter des situations dégradées, éviter les chutes, les risques… Mais aussi faire en sorte que les gens ne se disent pas que (rester chez soi) n’est pas une option, faute de moyens ». Au cours de l’atelier, Lucille Besson Papin, ergothérapeute au sein de la Creedat 13, animatrice de la rencontre pour la journée, expose les chiffres. Chez les personnes âgées, les chutes représentent 130 000 hospitalisations par an. 70% d’entre elles ont lieu au domicile, et 10 000 d’entre elles par an sont une cause de décès. « La population en France est vieillissante, vit de plus en plus longtemps, il y a donc de nouveaux besoins chez les seniors. Ici, on vient faire de la prévention pour lutter contre les risques de chute, d’aggravation des problématiques de santé, dans le but qu’on puisse intervenir avant même qu’il y ai des soucis au sein du logement des bénéficiaires », déroule Lucille Besson Papin. Parmi le petit groupe présent, les raisons de venues varient. « J’ai des amis qui ont eu des problèmes de santé, ça peut leur être utile », résume Réjane. « De mon côté, j’ai fait plusieurs chutes sur le dos, j’ai besoin de pouvoir aller mieux au quotidien. Il faut que je puisse adapter mon logement par rapport à cette pathologie. C’est une kinésithérapeute qui m’a envoyée ici », explique de son côté Marie-Laure. D’autres ateliers sont à venir, dans les centres sociaux.

  • Camp des Milles : Alain Chouraqui passe la main

    Camp des Milles : Alain Chouraqui passe la main

    C’est une page symbolique de 44 années d’engagement qui se tourne, pour le site-mémorial du Camp des Milles. Lors du dernier conseil d’administration de la Fondation, son président et fondateur Alain Chouraqui a annoncé qu’il souhaitait se retirer de ses fonctions, « à un moment et dans des conditions qui permettent d’assurer dans la durée la continuité de l’institution et de ses missions fondamentales, patrimoniales, éducatives et citoyennes », explique-t-il par communiqué.

    Directeur de recherche émérite au CNRS, il avait repris le flambeau de Denise Toros-Marter, Louis Monguilan et de son père Sydney Chouraqui pour transformer l’ancienne briqueterie, le seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact, en site-mémorial. Après plus de trente ans d’engagement, celui-ci avait ouvert ses portes le 10 septembre 2012. « Il est du devoir d’un dirigeant -en particulier au sein d’une organisation reconnue d’utilité publique- de préparer sa succession pour assurer au mieux l’efficacité de ses missions dans la durée,
    explique aujourd’hui Alain Chouraqui. Il est important aussi qu’une institution puisse vivre et se développer en tant que telle sans confusion trop longue avec celui ou celle qui l’a créée, la dirige ou la représente. L’inverse pourrait la fragiliser à terme. »

    Son successeur devrait être désigné pendant la deuxième quinzaine de juillet. Dans un entretien accordé à La Provence, il plaide pour passer la main
    à l’actuel trésorier de la Fondation, l’ancien préfet Claude Kupfer, fils et frère de déportés. Lui-même restera impliqué, en tant que titulaire de la Chaire Unesco qu’il dirige mais aussi en tant que président d’honneur.

    1,2 million de personnes sensibilisées

    Le chercheur émérite en effet, au-delà de la conservation et de la valorisation du site, y a développé un « volet réflexif et citoyen » pour comprendre comment l’on passe de l’antisémitisme ou du racisme au crime de masse, et comment y résister. En 2015 fut créée ainsi une chaire de l’Unesco sur l’éducation et la citoyenneté, en lien avec Aix-Marseille Université et regroupant des universités d’une vingtaine de pays. De quoi donner un rayonnement international à une Fondation très largement reconnue et respectée. Au total, plus de 1,2 million de personnes ont été sensibilisées dans et hors les murs du site-mémorial, son Petit manuel de survie démocratique diffusé à 250 000 exemplaires. Reste un combat, l’inscription du Camp des Milles au patrimoine mondial de l’Unesco, dont la longue démarche a été lancée le 28 avril dernier.

  • Alain Chouraqui passe la main au Camp des Milles

    Alain Chouraqui passe la main au Camp des Milles

    C’est une page symbolique de quarante-quatre années d’engagement qui se tourne, pour le site mémorial du Camp des Milles. Lors du dernier conseil d’administration de la Fondation, son président et fondateur Alain Chouraqui a annoncé qu’il souhaitait se retirer de ses fonctions, « à un moment et dans des conditions qui permettent d’assurer dans la durée la continuité de l’institution et de ses missions fondamentales, patrimoniales, éducatives et citoyennes », explique-t-il par communiqué.

    Directeur de recherche émérite au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), il avait repris le flambeau de Denise Toros-Marter, Louis Monguilan et de son père Sydney Chouraqui pour transformer l’ancienne briqueterie, le seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact, en site mémorial. Après plus de trente ans d’engagement, celui-ci avait ouvert ses portes le 10 septembre 2012. « Il est du devoir d’un dirigeant — en particulier au sein d’une organisation reconnue d’utilité publique — de préparer sa succession pour assurer au mieux l’efficacité de ses missions dans la durée, explique aujourd’hui Alain Chouraqui. Il est important aussi qu’une institution puisse vivre et se développer en tant que telle sans confusion trop longue avec celui ou celle qui l’a créée, la dirige ou la représente. L’inverse pourrait la fragiliser à terme.»

    Son successeur devrait être désigné pendant la deuxième quinzaine de juillet. Dans un entretien accordé à La Provence, il plaide pour passer la main à l’actuel trésorier de la Fondation, l’ancien préfet Claude Kupfer, fils et frère de déportés. Lui-même restera impliqué, en tant que titulaire de la Chaire Unesco qu’il dirige mais aussi en tant que président d’honneur.

    1,2 million de personnes sensibilisées

    Le chercheur émérite en effet, au-delà de la conservation et de la valorisation du site, y a développé un «volet réflexif et citoyen» pour comprendre comment l’on passe de l’antisémitisme ou du racisme au crime de masse, et comment y résister. En 2015 fut créée ainsi une chaire de l’Unesco sur l’éducation et la citoyenneté, en lien avec Aix-Marseille Université et regroupant des universités d’une vingtaine de pays. De quoi donner un rayonnement international à une fondation très largement reconnue et respectée. Au total, plus de 1,2 million de personnes ont été sensibilisées dans et hors les murs du site mémorial, son Petit manuel de survie démocratique diffusé à 250 000 exemplaires. Reste un combat, l’inscription du Camp des Milles au patrimoine mondial de l’Unesco, dont la longue démarche a été lancée le 28 avril dernier.

  • Aix-en-Provence, une nouvelle plaque en l’hommage de Pascal Fieschi

    Aix-en-Provence, une nouvelle plaque en l’hommage de Pascal Fieschi

    Rue Pascal Fieschi, conseiller municipal, résistant déporté politique à Dachau, militant de la Paix » : telle est désormais l’inscription figurant sur la plaque de la rue Pascal-Fieschi. Cette nouvelle dénomination rend hommage à cette figure historique du communisme aixois, ancien responsable du PCF à Aix-en-Provence et dans le bassin minier de Gardanne, engagé dans la Résistance dès 1941. La voie, située dans le quartier du Pont-de-l’Arc, avait été inaugurée une première fois en 1989. Mais sans les descriptifs associés à cette figure de la résistance locale et les fonctions qu’il a occupées, au fil des années. Sans qu’elle ne mentionne, non plus, l’arrestation pour ses idées, sa déportation… « Là, elle a du sens cette plaque aujourd’hui (…) Je suis content que la municipalité prenne en compte cette démarche-là. Elle honore un militant, un combattant, mais pas que », souligne Antoine de Genarro, pour le Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, aux manœuvres pour que cette nouvelle plaque voit le jour. La démarche avait été lancée en 2024 par l’association, auprès de la majorité de Sophie Joissains, maire UDI d’Aix-en-Provence. Ce vendredi, la nouvelle plaque a donc été inaugurée par les militants communistes, l’épouse de Pascal Fieschi, Danielle Bleitrach et par des élus municipaux, dont Éric Chevalier, premier adjoint.

    Dépasser les idées

    En 1942, dans une France gangrenée par le nazisme, Fieschi est arrêté pour ses idées avec d’autres militants après la chute d’une partie de la direction du PCF, à Marseille. Il est ensuite condamné, en juillet 1943, à cinq de prison, puis incarcéré pour une partie de sa peine à la centrale d’Eysses, ou il mena le bataillon résistant de la prison, pour laquelle il fut condamné à mort. Peine à laquelle il échappe, étant envoyé à Dachau. Libéré en 1945, Fieschi revient à Aix après la Libération. « Il reprit aussitôt ses activités syndicales et surtout politiques au PCF dont il devint, pendant de longues années, le leader local incontesté », rappelait Antoine de Genarro. Fieschi avait aussi tissé une alliance avec « les gaullistes », en temps de montée du fascisme. « Aujourd’hui, on a des fascistes qui sont aux portes du pouvoir. Une des raisons qui constitue cette menace est la porosité évidente entre une partie de la droite qui s’extrémise et les fascistes à proprement dit. Dans ce contexte, qu’une municipalité de droite accepte et coorganise un hommage à celui qui fut un résistant communiste, c’est la victoire de ceux qui (…) s’accordent pour penser que la République n’est pas discutable », estime David Tessier, conseiller municipal PCF. « Monsieur l’adjoint, vous avez su, par cette célébration, montrer votre haute conception de la politique loin des petitesses partisanes quand il s’agit d’honorer ceux qui servent la France mais aussi celle de votre ville, celle de Pascal Fieschi », estimait de son côté Danielle Bleitrach, qui a tenu un long hommage sur le parcours militant et résistant de son époux, des dangers du fascisme et de la méfiance envers le politique qui réémergent aujourd’hui. Eric Chevalier, qui espère qu’ « avoir une plaque qui donne la signification de ce qu’était cette personne pourra amener les écoles à conduire une recherche sur ce qu’est un militant syndicaliste, politique, un élu ». Et de rappeler que « ne pas partager les mêmes idées c’est une chose, mais l’important est d’avoir une rigueur dans les idées que l’on défend ».

  • Le personnel du lycée Ampère de Marseille devant le rectorat

    Le personnel du lycée Ampère de Marseille devant le rectorat

    Jeudi, le personnel du lycée, à l’appel de la CGT éduc13, s’est mobilisé devant le rectorat, estimant, malgré les préconisations de l’instance, qu’« il appartient au recteur de décider des mesures à prendre ». Pour la CGT, en lutte depuis 2 ans, « seul un départ de l’ensemble de l’équipe de direction permettra d’apaiser les tensions avec les personnels ».

  • Le plan Horizon 2035 alarme les hospitaliers aixois

    Le plan Horizon 2035 alarme les hospitaliers aixois

    Alors que se tenait le conseil de surveillance du Centre hospitalier d’Aix-en-Provence-Pertuis (Chapp), où siègent notamment son directeur, Francis Saint-Hubert, et la maire, Sophie Joissains, une cinquantaine de personnels hospitaliers se sont engouffrés dans la séance pour exprimer leur inquiétude.

    Le 16 juin, lors du comité social et économique (CSE), le plan « Horizon 2035 » a été présenté aux organisations syndicales. Son contenu a immédiatement conduit les syndicats FO et CGT à coorganiser une action coup de poing. Ce jeudi, en début d’après-midi, représentants syndicaux et personnels étaient rassemblés sur le parvis des locaux administratifs – où élus et officiels se réunissaient – pour crier leur opposition à ce projet.

    Porté par la direction de l’hôpital, Horizon 2035 propose une « transition technologique, environnementale, sociétale et performative » de l’établissement, selon le Chapp, soit un plan qui « construit l’hôpital des dix prochaines années ».

    Pour les syndicats et les membres du personnel présents ce jour-là, cette stratégie n’est pas recevable. « Le directeur est arrivé il y a deux ans : il a ouvert les vannes (financières), on s’est demandé ce qu’il s’est passé parce que les directives gouvernementales ne changeaient pas (…). Au bout d’un an, il a dit : “on ferme les vannes”. Maintenant, on nous présente un projet qui nous demande de faire mieux, avec moins », dénonce Pascale Michaelis, pour la CGT. Elle poursuit : « Depuis des années, il manque du matériel, des médicaments, on n’arrive pas à faire des soins dans l’état où on est. Comment on va faire ? »

    « Pas de suppression

    de poste »

    Toujours au sein du syndicat CGT, on estime « qu’on ne peut pas programmer un projet d’établissement sur une boule de cristal. Les gouvernements se succèdent avec, comme objectif, de mettre à mal les hôpitaux publics. » De façon unanime, le syndicat FO et le syndicat CGT demandent que ce projet Horizon 2035 soit abandonné. « Mais aussi l’ouverture de négociations, la mise en place d’un véritable calendrier de mise en stage des personnels contractuels, le recrutement des personnels nécessaires… Il y en a ras le bol qu’on soit précarisés, qu’on tire toujours sur la corde ! », s’indigne René Salle, pour FO, qui a longuement témoigné des conditions de travail des hospitaliers, devant les élus. Les deux syndicats veulent aussi l’assurance d’un « maintien de tous les postes », possible conséquence, selon eux, de ce plan Horizon 2035.

    De son côté Francis Saint-Hubert assure que « oui, nous devons être mieux organisés. Non, nous n’allons pas supprimer de postes pour construire quoi que ce soit, parce qu’il ne s’agit pas de construire des murs et ne pas avoir de personnel dedans. » Le directeur de l’hôpital, en amont du conseil de surveillance, a d’ailleurs réexpliqué les fondements du plan Horizon 2035 qu’il porte. « Dans ce projet, il y a plusieurs volets. Un volet stratégique, un volet qualité, un volet sécurité, déroule Francis Saint-Hubert. Le cœur de ce projet, c’est le projet médico-soignant. Qu’allons-nous offrir comme service en médecine, chirurgie, obstétrique ? Comment développer l’ambulatoire ? (….) Ça nécessite qu’on réorganise nos services, qu’on travaille différemment, ça nécessite des investissements, de nouveaux équipements, qu’on revoit l’articulation de nos bâtiments, les flux, les organisations des entrées et des sorties (…). »

    Concernant le manque de visibilité financière dénoncé par les syndicats, il précise : « Régulièrement, le gouvernement accorde des crédits pour financer les investissements des hôpitaux. Si nous n’avons pas de projet, que nous ne sommes pas prêts, nous ne pouvons pas émarger sur ces crédits-là. »

    Avant les prises de paroles des syndicats devant le conseil de surveillance, le maire a assuré aux soignants qu’au « regard de ce qu’il se passe en France en ce moment, nous comprenons votre inquiétude. Nous croyons en notre projet d’établissement. Mais pour ma part, je n’accepterais jamais de suppression de poste. »

  • Nile Rodgers, légende vivante funky à Aix

    Nile Rodgers, légende vivante funky à Aix

    On l’écoute parfois même sans s’en rendre compte tant il se cache derrière un nombre de hits incommensurables. Le sceau d’un musicien qui collectionne les tubes et laisse durablement sa trace à travers les époques. We are family de Sister Sledge, Upside down de Diana Ross, Let’s dance de David Bowie, Like a virgin de Madonna, Get lucky des Daft Punk… un inventaire à la Prévert et une galaxie disco-funk au centre de laquelle trône Nile Rodgers, qui se produit vendredi 26 juin à l’Arena du Pays d’Aix dans le cadre du mini festival Rock en Aix. Une « légende vivante du groove » aux « 500 millions d’albums vendus » à travers le globe, ne s’y trompent pas les organisateurs de la manifestation.

    « Hitmaker »

    Producteur, auteur-compositeur mais avant tout guitariste hors pair, Nile Rodgers sera en concert à Aix aux côtés de son groupe de toujours, Chic. Chic, comme Le freak, c’est chic, ou encore Good times, ces morceaux ayant dès la fin des années 1970 imprimé la mémoire collective, des simples auditeurs comme des musiciens professionnels qui les ont samplés ou repris à leur sauce à l’infini. Comme son surnom l’indique, mais aussi le montant de ses droits à la Sacem, un « Hitmaker » que même les nouvelles générations ne sont pas près de finir à écouter.

    P.A.

    Places à partir de 61 euros. www.arenaaix.com

  • Vers un front culturel contre l’extrême droite

    Vers un front culturel contre l’extrême droite

    À l’échelle nationale, le mouvement est encore jeune. La Cracs, la coalition des résistances artistiques, culturelles et scientifiques s’est montée en mai 2026, après publication de sa tribune dans le journal Libération, le même mois. Un peu partout en France, des comités locaux émergent, Aix-en-Provence et Marseille inclus. « L’objet de cette association, c’est de rentrer de plain-pied dans la bataille culturelle qu’aujourd’hui, l’extrême droite est en train de gagner », résume simplement Dany Bruet, coordinateur du comité d’Aix. En se réunissant sous cette coalition, artistes intellectuels et scientifiques veulent dépasser ce « fatalisme ». « Autant l’année dernière a été difficile, tout le monde était dans le déni, voire découragé, là on sent qu’il y a des énergies qui émergent de partout », constate Dany Bruet. À une échelle locale, plusieurs mobilisations sont déjà en train de s’organiser. À l’approche, entre autres, d’une programmation de la Dame de Pierre, notamment prévue en septembre au Dôme de Marseille. Pour rappel, sa programmation à Aix, en novembre, avait été dénoncée par les syndicats et associations d’artistes ainsi que les partis de gauche locaux pour sa proximité avec le projet Périclès du milliardaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin. Même scénario pour la Nuit du bien commun, programmée au 6MIC, en octobre dernier, devant lequel s’était tenue une large mobilisation. Pour la Cracs, d’autres projets sont à prévoir. Un stand lui est d’ores et déjà réservé à la Fête de l’Humanité. « L’objet de notre action ne sera pas de brailler devant les entrées, mais d’informer et de faire de la pédagogie auprès du public qui ne sait pas, qui n’est pas au courant que certains des projets sont financés par l’extrême droite, du projet politique qu’il y a derrière », déroule Danny Bruet, qui précise que ce projet d’association « va au-delà de la présidentielle, on est face à un problème de société ». Si les idées et plusieurs actions sont déjà en place, le statut de l’association est toujours en cours de création. Et veut continuer à fédérer des membres, à l’échelle locale comme nationale. « C’est un projet qui demande beaucoup de temps, beaucoup de pugnacité et de cohérence, précise Catherine Lecoq, artiste et membre de la CGT des Spectacles, en charge de la coordination du comité marseillais. Il y a énormément de choses qui se font en ce moment. Ce qui est intéressant est de réussir à coaliser tout ça, avoir une réelle force de frappe concernant notre liberté d’action et nos possibilités réelles, en dehors des financements de ces milliardaires d’extrême droite. Il faut qu’on fasse en sorte que les gens soient sur le coup (…) ça peut prendre une belle ampleur, devenir une réflexion pour un monde meilleur. Ce peut être un adage vaste et optimiste mais il faut construire quelque chose de différent, être plus solidaires, réfléchi, de trouver des outils de réflexion pour que nos secteurs ne soient pas sabordés d’ici peu ou ne puissent plus raconter le monde comme ils doivent le faire. » Eva Bonnet-Gonnet