Tag: Aix-en-Provence

  • La justice saisie pour des conditions de détention dignes

    La justice saisie pour des conditions de détention dignes

    Matelas au sol, surpopulation carcérale, infestation de cafards et de rats, absence d’intimité dans les sanitaires… Ces conditions sont celles des détenus de la maison d’arrêt d’Aix-Luynes relevées par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) en juin 2024 et la bâtonnière d’Aix-en-Provence Monika Mahy-Ma-Somga en février 2025. Une situation qui a poussé l’Observatoire international des prisons, le Syndicat des avocats de France et l’un des détenus à saisir le tribunal administratif contre le garde des Sceaux et la ministre de la Santé.

    « On se trouve face à une situation avec un été caniculaire abominable, et une suroccupation carcérale qui bat des records tous les jours. Donc, l’urgence, c’est maintenant », insiste Me Nicolas Chambardon, représentant les demandeurs, lors d’un référé-liberté étudié en audience ce mardi. Cette procédure permet au juge de prendre en urgence des mesures pour préserver l’exercice d’une liberté fondamentale en cas d’atteinte grave et manifestement illégale à celle-ci par l’administration.

    Les requérants exigent ainsi des mesures précises et exécutables dans de brefs délais. Ils demandent : la réparation des interphones dans les cellules pour permettre aux détenus d’appeler à l’aide, le recensement des lits sur le sol et l’attribution de vrais lits, des interventions contre les nuisibles ou encore la mise en place d’une cloison autour des sanitaires pour l’intimité des personnes incarcérées. Les demandeurs souhaitent également une astreinte si les mesures ne sont pas mises en place.

    Des mesures rapides

    Un moyen d’améliorer au plus vite les conditions de vie des personnes incarcérées. « C’est également améliorer les conditions de travail des surveillants », insiste Monika Mahy-Ma-Somga, l’ex-bâtonnière d’Aix-en-Provence qui a visité la maison d’arrêt en 2025.

    Les injonctions ont toutes été rejetées par les représentants du ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées ainsi que le ministère de la Justice. Ces derniers ont estimé, lors de l’audience, que l’urgence n’est pas qualifiée, puisque la situation est connue et suivie depuis un certain temps. Ils affirment que la plupart des mesures demandées ont été prévues et que la surpopulation carcérale a été réduite depuis l’ouverture de Beaumettes 3, bien qu’à 141%.

    Le juge devrait rendre son avis jeudi 3 septembre. Un autre référé-liberté contre les Baumettes sera entendu le 28 août à 14h au tribunal administratif de Marseille.

    Eva Janus
  • Provence Rugby endosse le costume de favori

    Provence Rugby endosse le costume de favori

    Un plébiscite presque total amenant de nouvelles responsabilités. À quelques encablures du début de la saison de Pro D2 – ce sera ce jeudi soir contre Agen, à Maurice-David -, nos confrères de Midi Olympique ont dévoilé les favoris pour l’exercice à venir. Selon un sondage réalisé auprès des entraîneurs de la division, 14 d’entre eux (sur 16) ont fait de Provence Rugby leur champion 2026-2027. Pour traduire, la plupart des managers de l’antichambre du Top 14 voient les Aixois dominer le championnat comme l’avait fait Vannes l’an passé.

    Ce statut est une première pour les Noirs, mais le président Denis Philippon assume pleinement ce rôle. « Effectivement, on est en train d’endosser le statut de favori. J’ai envie de dire que c’est une continuité de ce qu’on a bâti toutes ces dernières années aussi. Un statut, ça ne se déclare pas, ça se mérite. On le prend avec, non seulement beaucoup de sérieux, de modestie, d’humilité, mais aussi parce que c’est une de nos valeurs : avec ambition. »

    Lundi soir, avant de présenter son effectif au public et aux partenaires, le manager Philippe Saint-André donnait ses clés pour atteindre l’objectif principal, c’est-à-dire la montée. « Le rugby, c’est une remise en question et c’est une humilité. Il va falloir être très humble parce qu’on sait que ce championnat, il est long, il est âpre, il est difficile. Il va falloir qu’on ait un état d’esprit incroyable, une solidarité totale et on aura aussi besoin de notre public », décrit l’ancien international français.

    Un effectif amélioré

    Deux mois et demi après avoir été si proche de valider son accession dans l’élite, Provence Rugby repart de l’avant dès cette semaine. Pour remplir l’objectif annuel, les Provençaux ont réalisé quelques modifications à leur effectif, staff compris. Une dizaine d’arrivées, sur toutes les lignes, dont les expérimentés grenoblois Thibaut Martel et Romain Trouilloud, deux joueurs de Castres, club de Top 14, ou encore le 3e ligne Etonia Waqa. Arrivé des Fijians Drua, le joueur est un monstre physique avec son mètre 96 et ses 98 kilos. Un groupe plus dense, qui doit permettre d’être plus régulier au cours de la saison et de pallier les blessures qui arriveront forcément un moment ou un autre.

    L’encadrement a donc aussi subi un léger lifting. Entraîneur des avants, Sébastien Fouassier garde cette casquette et obtient celle de coach principal. « Certains joueurs ont demandé un référent lorsque j’étais absent donc c’était naturel que Sébastien soit l’entraîneur en chef », rapporte PSA. Jeune retraité, Jules Plisson s’occupe désormais de la technique individuelle, du développement et du jeu au pied des joueurs. Un kiné est passé à temps complet, renforçant aussi le secteur médical.

    Les Aixois pointent en haut de tableau sur un autre classement sorti en ce début de semaine : celui des budgets. Provence Rugby est le numéro 1 cette saison avec 20 millions d’euros pour sa SASP. Brive vient 3 crans en dessous, puis Grenoble, Biarritz, Nevers, Oyonnax et Montauban naviguent entre 12 et 13 millions. Bref, les feux sont au vert à tous les niveaux du côté du stade Maurice-David.

    Modification du règlement et challenge pour les staffs

    Comme chaque année, le rugby modifie légèrement ses règles. En 2026, la Ligue Nationale de Rugby a abaissé le temps pour botter une pénalité, passant de 60 à 45 secondes. Philippe Saint-André lui-même en est à l’origine. Ensuite, l’autre évolution se situe autour de la règle des changements définitifs. En France, il était possible d’en faire 12 par match. Cette marque a été baissée à 8, pour s’aligner avec le rugby international. « Au niveau du coaching et du management des joueurs, ça va changer. Le profil des joueurs va changer puisque celui qui n’est pas capable de jouer 80 minutes a peu de chances d’être titulaire. Je pense que les 3 ou 4 premiers matches, il y aura beaucoup d’essais dans les 20 dernières minutes », explique Saint-André.

  • [C’est l’été] Météo France, l’art de mesurer le climat et la météo

    [C’est l’été] Météo France, l’art de mesurer le climat et la météo

    Cet été, il fait chaud. Beaucoup trop chaud. « Mais c’est tout à fait courant dans le monde dans lequel on va », affirme pourtant, un brin fataliste, Stéphane Roos, directeur adjoint de Météo-France sur la zone sud-est. Car il faut s’y résoudre : « De notre vivant, on ne retrouvera jamais la planète telle qu’elle était. On voit cet été comme exceptionnel par rapport à des références qui, aujourd’hui, n’existent plus. Dans 15-20 ans, il sera tout à fait normal ».

    Cela fait « des dizaines d’années » que l’institution, devenue grande contributrice du GIEC, prévient « d’un réchauffement climatique majeur. On en a la confirmation, et on se rend compte que ça arrive en temps et en heure, même un peu avant. Là, pour l’instant, on est encore dans les scénarios décrits par la TRACC, la trajectoire régionale d’adaptation au changement climatique », appuie Stéphane Roos. Ceux-ci sont utilisés par la France pour produire des politiques d’adaptation et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. En ligne de mire : +3°C à horizon 2100 au niveau mondial, 4°C en France « et peut-être même +0,8°C de plus sur l’arc méditerranéen », met-il en garde.

    Avec tous les changements globaux que cela induit : « Il ne s’agit pas juste de 3°C en plus : 3,6°C, c’est ce qui nous sépare du mammouth laineux. Il y a 120 000 ans et 60 000 ans, plus des deux tiers de l’hémisphère nord étaient recouverts par 1 à 2 km de glace. Ça a mis 20 000 à 30 000 ans pour se réchauffer ». À l’inverse, 3°C supplémentaires auront pour conséquence une sécheresse accrue des sols : « Ces températures jouent sur l’hydrométrie. De plus, même s’il y a presque toujours autant de pluies, au lieu d’être étalées dans le temps et de recharger les nappes, elles sont concentrées sur des épisodes très courts et dévastateurs, et au lieu de rentrer dans le sol, elles ruissellent vers la mer, ce qui limite la recharge des nappes phréatiques. C’est aggravé par l’évapotranspiration : quand les plantes reçoivent des gouttes d’eau, elles les captent et transpirent parce qu’il fait chaud, les rejetant dans l’atmosphère ».

    « D’une logique d’observation à une logique de prévision »

    Pour établir ces prévisions à long terme, il faut regarder derrière. C’est ce que s’attelle à faire, depuis le Moyen-Âge, la climatologie. « Au XVIIe siècle, on a découvert la pression atmosphérique. Petit à petit, on invente les moyens de mesurer la force du vent, le pluviomètre… On s’est mis à noter de manière de plus en plus rigoureuse, et on s’est servi de ces données pour caler les modèles d’évolution climatique : on les utilise pour ajuster les modèles », explique Stéphane Roos.

    Dans le même temps, il faut aussi avoir un œil sur le temps à venir. C’est le sujet de la météorologie, qui trouve ses racines dans un événement historique : le siège de Sébastopol par les troupes franco-anglaises en 1854. Une violente tempête décime la flotte française en Mer Noire. « Napoléon III charge l’équivalent du ministre de l’Enseignement et de la Recherche de l’époque, l’astronome Urbain Le Verrier, qui relevait les paramètres météo heure par heure, d’essayer d’anticiper les tempêtes », raconte Stéphane Roos. Le Verrier recueille les données de ses confrères européens, notamment la pression atmosphérique et sa tendance. Il observe que la tempête suit un minimum dépressionnaire, et qu’on peut, par ce biais, évaluer sa direction. Le Verrier fut ainsi à l’origine de la Veille météorologique mondiale – un réseau européen mis en place dès 1874 pour passer « d’une logique d’observation à une logique de prévision » – et du Service météorologique français en 1854, ancêtre de Météo-France.

    Depuis, l’observation météo a beaucoup progressé : stations automatiques, satellites, radars, supercalculateurs… « La prévision météo est liée à la modélisation physique, c’est-à-dire traduire en expression mathématique ce qui se passe dans l’atmosphère », synthétise Stéphane Roos. Avec une précision parfaite ? « Non. Par exemple, il est très difficile de prévoir la position exacte de la supercellule orageuse dévastatrice qui va donner 60 mm/heure pendant deux heures », reconnaît-il. Il en va de même pour les prévisions saisonnières : « Il s’agit de tendances basées sur des modèles et des éléments macros comme les masses d’air. On passe de prévisions déterministes (le temps qu’il va faire demain), à de la probabilité ».

    L’histoire de l’institution

    Établissement public fondé en 1855, le Service météorologique français, devenu Météo-France en 1993, a pour mission d’observer et prévoir le temps, étudier le climat, faire progresser les savoirs et fournir des données et services voués, notamment, à assurer la sécurité des biens et des personnes.

  • Les très lucratives résidences privées pour étudiants se multiplient

    Les très lucratives résidences privées pour étudiants se multiplient

    À l’entrée de la résidence Studéa de la rue du Pasteur-Heuzé, dans le quartier de Saint-Lazare (3e), Anas le reconnaît d’emblée : « Je cherche ailleurs, mais je n’ai encore rien trouvé. Ceux qui ont des studios préfèrent les louer à de jeunes travailleurs ». Arrivé il y a trois ans, l’étudiant en master d’électronique n’a trouvé que cette place dans la résidence du groupe Nexity, avec un loyer de 534 euros par mois pour 15 m². Face aux cafards et nuisances du quartier, il résume : « La résidence n’est pas bonne, mais on n’a pas les sous ».

    Il n’est pas le seul dans ce cas. Selon l’observatoire territorial du logement étudiant, l’offre des résidences étudiantes privées représente plus de 9 400 places sur le territoire de la métropole Aix-Marseille, avec des qualités d’accueil variables : une étude de l’Agam publiée en décembre dernier alerte sur le désengagement des exploitants lorsqu’elles arrivent en fin de bail, jusqu’à dénoncer un « fonds de pension en recherche de rentabilité court terme » pour la résidence Kley, rue de la République (2e). Désormais, un étudiant sur dix vit dans une de ces résidences : en vingt ans, leur nombre a triplé sur le territoire métropolitain. Elles représentent désormais 40% de l’offre en résidence étudiante, contre moins d’un quart il y a deux décennies.

    Marges confortables

    Deux groupes, Réside Études et Naxity, pèsent à eux seuls pour un tiers de cette offre privée avec plus de 3400 places.

    « Nous avons pour vocation d’aller compléter une offre immobilière tendue dans beaucoup de villes étudiantes, nous nous battons contre les phénomènes d’étudiants qui doivent se loger sur Airbnb ou abandonner leurs études », défend Nahuel Pedroso, le directeur de la filiale étudiante du groupe Nemea, troisième acteur du secteur sur le territoire métropolitain. Avec une offre sur mesure : salles de sport, de travail, services et référents sur place… « Nous nous sommes toujours refusés à faire de la promotion immobilière », précise le porte-parole. Le groupe verse des loyers aux propriétaires investisseurs, que ce soit des investisseurs institutionnels ou comme à Aix des particuliers.

    Dès la publication des premiers résultats de Parcoursup, les demandent affluent, et le taux d’occupation frôle les 100%. De quoi rendre le secteur particulièrement lucratif : les groupes Nexity Studéa (11,3 millions de bénéfices nets) et Néméa (3,2 millions) dégagent un taux de rentabilité commerciale avoisinant les 10%. Malgré un plan de sauvegarde lié à ses résidences senior, Réside études de son côté affiche un résultat de 6 millions d’euros. Alors les projets continuent de fleurir. « Nous ambitionnons d’ouvrir une vingtaine de résidences étudiantes en France sur cinq ans », indique Nahuel Pedroso. Selon une étude de CBRE, malgré 380 millions d’euros investis en France chaque année, ce marché « révèle un potentiel encore sous-exploité ». Le groupe de conseil immobilier pointe certes qu’« une grande partie des logements étudiants échappe aux investisseurs professionnels, compte tenu de l’importance historique du parc public ».

    Reste à savoir si les Crous, aux finances précaires, peuvent encore répondre aux besoins des étudiants.

  • Deux jours de célébrations de la Libération de la ville d’Aix-en-Provence

    Deux jours de célébrations de la Libération de la ville d’Aix-en-Provence

    Le 15 août 1944, l’opération « Dragoon » est lancée. Les alliés débarquent entre Toulon et Cannes, avec l’objectif de libérer Toulon et Marseille puis remonter vers le nord. Le 21 août 1944, après deux ans d’occupation nazie, Aix-en-Provence est libérée par les alliés américains de la 3e Division d’infanterie du général John W. O’Daniel appuyée par les groupes de résistants locaux.

    Pour célébrer l’événement, les quartiers aixois de Pont-de-Béraud, Puyricard, Celony, Luynes et Les Milles organisent des commémorations durant ces deux jours. La première journée d’hommages aux combattants débute à Pont-de-Béraud, et se tiendra le jeudi 20 août à 18h30 devant la Stèle érigée en hommage à la 3e Division U.S.

    Les autres événements commémoratifs auront lieu le lendemain, vendredi 21 août, d’abord à 9h à Puyricard avec un temps de recueillement et dépôt de gerbes au monument aux morts, place des Combattants. S’ensuivra à 9h30, celle de Celony devant la stèle érigée en hommage à la 1ère division française libre (DFL), place Augustine Miretti. Luynes accueillera sur les coups de 11h30 un temps de recueillement et dépôt de gerbes au monument aux morts, espace Decastille. Aux Milles auront lieu un hommage à l’important résistant local, Roger Chaudon à 17h, à la mairie annexe, puis, une cérémonie au monument aux morts à 17h20 et enfin un temps de recueillement à la chapelle du Serre à 18h. La journée se clôturera par une cérémonie au « mémorial des Aixois morts pour la patrie », place Jeanne d’arc à 18h30, et des véhicules militaires d’époque remonteront le cours Mirabeau jusqu’à cette même place, pour un dernier hommage lors de ces célébrations.

  • [Tous dehors] Les rues aixoises transformées en scènes musicales

    [Tous dehors] Les rues aixoises transformées en scènes musicales

    Composez votre propre voyage musical », annonce le conservatoire Darius-Milhaud à l’occasion de la 13e édition du festival Musique dans la rue. Au programme, 47 rendez-vous dans quatre lieux d’exception : la cour Sainte-Catherine, la place d’Albertas, l’église du Saint-Esprit et le jardin du Pavillon de Vendôme. « L’objectif est de proposer un festival accessible, ouvert à tous, même au jeune public, et gratuit. Pour les Aixois comme pour les touristes, le but est de découvrir des lieux emblématiques de la ville et de venir écouter des répertoires très différents », explique Louisiane Toumelin, coordinatrice du festival.

    « On en a pour tous les goûts ! », se félicite-t-elle. Entre concerts et fanfares ambulantes, une large diversité d’artistes et de genres musicaux est proposée, du rock à la musique lyrique, en passant par la bossa nova, le classique et le jazz. Chaque concert dure une trentaine de minutes, afin de pouvoir « voir des choses très diversifiées », précise la coordinatrice. « Le but est de susciter la curiosité du public. Par exemple, on a un concert qui va proposer des reprises de musiques de Gainsbourg, de Rihanna, mais aussi de compositeurs classiques comme Mozart », annonce-t-elle.

    La soirée d’ouverture se déroulera au conservatoire Darius-Milhaud, ce vendredi 21 août de 20h à 21h15, pour une rencontre « placée sous le signe de l’excellence musicale et du dialogue entre les cultures ». Le violoniste franco-syrien aixois Bilal Alnemr jouera aux côtés du Jeune Ensemble de Berlin lors d’un concert symphonique.

    Des musiciens

    à la rencontre du public

    Trois déambulations festives sont prévues les 27, 28 et 29 août. Entre fanfare électrique et jazz créole, Louisiane Toumelin invite le public à « se raccrocher à la déambulation quand elle passera devant les terrasses de cafés ». Après des éditions compliquées dans le contexte du Covid, la coordinatrice du festival insiste : « On est ravis de proposer une belle édition, avec autant de concerts dans des lieux en simultané. Ce qui va être difficile pour le public, c’est de choisir ce qu’il a envie de voir ! »

    Programmation complète
    sur le site de l’office de tourisme.

  • Le camp de GI’s de Calas, une mémoire à faire vivre

    Le camp de GI’s de Calas, une mémoire à faire vivre

    Une véritable ville dans un village. En 1944, après le débarquement de Provence, l’image prend tout son sens à Calas. Alors que le hameau compte 400 habitants, des milliers de soldats américains investissent le plateau de l’Arbois, au « Calas Staging Area ». Sur 750 hectares, ce camp, aujourd’hui à cheval sur Cabriès, Vitrolles et Aix-en-Provence, devient une ville éphémère : baraquements, hôpital, bureaux de poste, terrains de sport ou encore théâtres. Jusqu’en 1947, plus de deux millions de soldats y transitent.

    « Sa proximité avec Marseille, la typologie et l’immensité du plateau en faisaient un lieu bien adapté », explique Sylvie Cenci, adjointe à la culture et au patrimoine de Cabriès. La fonction de cette base arrière est double. « L’accueil des GI’s [les soldats américains, Ndlr.] qui arrivaient du débarquement et repartaient faire la jonction avec l’armée de Normandie. Puis la remise en forme des soldats pour repartir sur le front du Pacifique », détaille l’élue.

    Une partie du site accueille également le camp de prisonniers CCPWE 404, principalement destiné aux soldats allemands. Mais la vie sur place ne se résume pas qu’aux mouvements de troupes. « Il y avait plusieurs théâtres dont un en plein air où Marlène Dietrich et Mickey Rooney sont venus chanter et danser pour les GIs », raconte Sylvie Cenci.

    Une vie américaine qui ne reste pas complètement coupée de celle des habitants de Calas. Les témoignages récoltés depuis évoquent des échanges essentiellement commerciaux. Mais lorsque les soldats repartent, cette ville improvisée disparaît presque aussi vite qu’elle était apparue. « Il reste peu de vestiges, surtout quelques dalles de béton. Tout le reste avait été construit en matériaux faciles à enlever. Une fois partis, les Américains ont enterré énormément de choses », rappelle l’adjointe. Reste parmi les quelques éléments encore présents, une cabine de projection, aujourd’hui totalement dissimulée par la végétation.

    Pour qui ne connaît pas l’histoire du lieu, difficile alors d’imaginer qu’il a accueilli des millions d’hommes et constitué pendant plusieurs années une véritable ville américaine. Le peu de vestiges nourrit pourtant, encore aujourd’hui, les recherches de passionnés. Aixois, Christian Pastore découvre le camp de Calas alors qu’il est enfant, dans les années 1960, lors de promenades régulières sur le plateau de l’Arbois. « Avec ma sœur on jouait souvent au ballon près des dalles en béton et il m’est arrivé de trouver des plaques, les “dog tags”, avec l’identité des soldats américains passés par là », se souvient-il.

    Des décennies plus tard, avec l’arrivée d’Internet, Christian Pastore entreprend de retrouver les familles de ces soldats. Grâce aux noms et matricules inscrits sur les plaques, puis un long travail de généalogie mené en écumant les archives de l’armée américaine, il parvient à leur restituer une dizaine de « dog tags ». « Ça met la chair de poule de savoir que vous redonnez une part de l’identité d’un soldat à sa famille », s’émeut-il. En 2023, il signe Le camp américain, ouvrage consacré à ses recherches sur le site de Calas. Une manière pour le retraité de « faire connaître l’histoire ce camp encore trop peu connu ».

    Préserver les dernières traces

    Le paradoxe est désormais là : alors que le camp a accueilli des millions d’hommes, ses traces sont devenues extrêmement discrètes. Et cette discrétion explique aussi pourquoi son histoire reste encore largement méconnue. « Il n’y a pas encore eu de fouilles archéologiques parce que, pendant très longtemps, ce camp était extrêmement méconnu, pour ne pas dire inconnu », souligne Sylvie Cenci.

    Cette méconnaissance a toutefois laissé le champ libre au pillage. « Des gens ont déterré des médailles, des paquets de clopes, des grenades. Certains arrivaient même avec des mini tractopelles pour sonder le sol », pointe l’élue. Face au risque de voir disparaître les derniers témoins matériels, la question de la valorisation du site devient centrale.

    Avec le consulat américain, les archives d’Aix-en-Provence et le principal propriétaire des terrains, la commune de Cabriès continue de réfléchir à l’avenir du site. L’idée d’un lieu de commémoration existe, mais sa réalisation est complexe : « Quoi que ce soit qu’on puisse imaginer, ça coûterait des millions d’euros et représenterait un travail colossal notamment parce que le foncier a considérablement été morcelé depuis la guerre », constate Sylvie Cenci. Mais « construire quelque chose autour de ce camp est une idée qu’on ne veut pas du tout mettre de côté », conclut-elle.

  • Provence Rugby prend des premiers repères solides face à Nice

    Provence Rugby prend des premiers repères solides face à Nice

    C’était il y a deux mois, quasiment jour pour jour, Provence Rugby manquait l’opportunité de monter en Top 14 à l’issue d’un match frustrant face à Perpignan. Ce 13 août, les Aixois retrouvaient leur antre de Maurice-David pour une première rencontre amicale. Nissa Rugby, fraîchement promu en Pro D2, a fait le déplacement dans les Bouches-du-Rhône et s’est nettement incliné (42-19).

    Trente joueurs étaient sur la feuille de match, ce jeudi soir. L’occasion de découvrir les recrues – elles étaient six au coup d’envoi – et de faire tourner pour permettre à l’effectif de tâter le terrain, à deux semaines de la reprise du championnat. Les Niçois n’ont pas vu le jour en première période avec cinq essais concédés, deux cartons jaunes et presque aucun ballon dans les 22 mètres provençaux. Un calvaire, sous une forte chaleur (35-0 à la pause).

    Philippe Saint-André a ensuite fait jouer dix Espoirs en fin de partie, les innombrables changements ont rendu la seconde mi-temps plus terne mais le manager était heureux de ce premier rendez-vous.

    Sous les yeux de Victor Wembanyama

    « La première mi-temps a été sérieuse, avec 2 ou 3 pénalités concédées. On a été impliqués. On a l’impression d’être mieux en place qu’à la même époque, la saison dernière. » Transfuge de Grenoble, Thibaut Martel a aussi aimé le fait que les joueurs « se trouvaient bien sur le terrain, avec déjà des automatismes. » La partie s’est déroulée sous le regard de la star du basket français et mondial, Victor Wembanyama, qui va s’entraîner toute la semaine auprès des rugbymen de Provence.

  • [C’est l’été] Les Nocturnes d’Aix attirent les jeunes

    [C’est l’été] Les Nocturnes d’Aix attirent les jeunes

    Jusqu’au 21 août, les mercredis, jeudis et vendredis de chaque semaine, les Nocturnes d’Aix proposent de nombreuses activités sportives pour plus d’un millier d’enfants. En plus de la Ville, des associations comme Fête le mur, créée par Yannick Noah, sont coorganisatrices de l’événement.

    BMX, football, rugby, tennis, boxe, escalade font partie des sports initiés durant ces soirées.

    L’accès aux Nocturnes est prévu de 18h à 21h30 au stade Maurice-David, au gymnase Yvan-Gros et
    à la salle 300.

  • Police et gendarmerie sur le pied de guerre tout l’été

    Police et gendarmerie sur le pied de guerre tout l’été

    Avec 50 TGV et 10 000 voyageurs par jour pendant la période estivale, la deuxième gare des Bouches-du-Rhône, Aix-TGV, fait le plein. L’occasion pour la préfète de police, Corinne Simon, de déployer ses agents, histoire de rappeler que, comme le reste de l’année, c’est impunité zéro. « Même pendant les vacances, les forces de l’ordre sont présentes, on opère des contrôles aléatoires » prévient-elle, à la recherche de consommateurs de stupéfiants mais aussi de chauffeurs VTC illégaux, sans oublier la routine, les défauts de permis, d’assurance…

    En 25 minutes ce lundi 10 août, une amende forfaitaire délictuelle (AFD) est dressée pour consommation de résine de cannabis, une voiture électrique embarquée à la fourrière, faute de plaques réglementaires et d’assurance, précise la commissaire centrale d’Aix-en-Provence, Sandrine Destampes. Sur le quai, la jeune malinoise de l’équipage cynophile, Spirale, a marqué sur le sac d’un jeune homme. Fausse alerte, c’est du CBD. Un autre essaie de justifier les 700 euros en liquide qu’il transporte. Il finira au poste. « C’est aussi l’occasion de tomber sur des gens recherchés pour d’autres affaires » complète la commissaire.

    Saisie de poids

    Le bilan : 37 personnes, 7 trains et 18 voitures contrôlées pour une AFD, une mise à disposition, une fausse carte d’identité belge, une personne en situation irrégulière… Et 56 PV pour stationnement gênant à ceux qui ont voulu éviter les parkings payants.

    Côté gendarmerie, c’est une table recouverte de têtes de cannabis et de résine à l’odeur puissante, qui attend la préfète. Une « belle affaire » bouclée en 5 mois, se félicite-t-elle aux côtés du colonel Scherer, commandant en second du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône. Une saisie de 15 kg, d’une valeur de 130 000 euros, expliquent les enquêteurs de la brigade de recherche. Entre Jouques et Peyrolles, quatre personnes, interpellées, sont en détention provisoire. « On a affaire à une délinquance jeune et armée » commentent-ils, avec des sortes de « petites PME », la production étant identifiée par des flocages et des « goodies » selon les quartiers et la provenance.

    Et puis il y a le flair. Tel celui des deux gendarmes qui repèrent sur une aire d’autoroute trois personnes en train de décharger un semi-remorque mercredi à 8h du matin. Ils trouveront 366 cartouches de cigarettes, soit 20 000 euros sur le marché noir, et 15 000 euros dans un sac sur le siège passager. « Nous ne contrôlons pas que la vitesse », précise le colonel Scherer, « mais nous essayons plutôt d’analyser un flux ». Voilà les délinquants prévenus…