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  • Le refus de poignée de main Galzi-Arnault, tout sauf anodin

    Le refus de poignée de main Galzi-Arnault, tout sauf anodin

    La scène se passe dans l’entre-deux-tours des municipales sur le marché de la Rocade. Olivier Galzi (DVD) y croise Mathilde Louvain (LFI). « Vous ne me serrez pas la main ? Vous n’êtes pas républicaine ? Pas de haine et pas de violence en politique », lance alors le futur maire à la candidate qui lui serre la main. Ce qui pourrait être une simple anecdote de campagne prend un écho particulier aujourd’hui. Car lors des cérémonies du 8-Mai, le premier magistrat a refusé la poignée de main avec Raphaël Arnault, député (LFI).

    Un geste polémique, les deux protagonistes ayant tour à tour livré leur analyse de la situation. « La République n’est pas un protocole, elle est un cadre exigeant, qui suppose que la légitimité s’inscrive non seulement dans les urnes, mais aussi dans une certaine idée du rapport à la violence et au débat », se justifie Olivier Galzi qui, quelques jours plus tôt lors de la dissolution confirmée de la Jeune garde, avait réaffirmé son appel à la démission du député. « Dans le Vaucluse, l’installation durable du RN n’a pas seulement renforcé ce parti, elle a contaminé une partie de la droite locale, désormais tétanisée à l’idée de lui déplaire », déplore Raphaël Arnault.

    Arroseur arrosé ou affront

    Illustration, Thierry d’Aigremont, délégué du RN 84, a, lundi, adressé ses « félicitations » à Olivier Galzi pour ce « geste de fermeté face à ce député-délinquant qui fait honte au Vaucluse ». Même Alice Cordier, du collectif identitaire Nemesis, au lourd passif avec Raphaël Arnault, s’est réjouie de la scène. Il y a un mois dans nos colonnes, le député LFI n’était pourtant pas opposé à rencontrer le nouveau maire. « Je m’autorise à discuter avec lui car il n’est pas RN même si la frontière est fine », nous confiait-il. Si, à l’instar du conseiller régional (DVD) Michel Bissière, on moque « l’arroseur arrosé » puisque Raphaël Arnault à l’Assemblée nationale avait refusé de serrer la main à un député RN, d’autres, soutiens à gauche, voient dans l’attitude d’Olivier Galzi « un affront aux administrés de sa circonscription qui ont voté pour Raphaël Arnault ».

    « Je voudrais dire à ceux qui n’ont pas voté pour nous, que nous aurons à leur égard la même attention », promettait Olivier Galzi dans son discours d’installation de maire. « En continuant à taper fort sur LFI, il reste clivant et organise le débat uniquement autour de lui ou LFI », analyse un observateur expérimenté de la vie politique. « J’ai fait la démonstration qu’il existe un chemin qui va permettre de construire avec toutes les sensibilités tout en évitant des positions extrêmes », estime Olivier Galzi, interrogé jeudi dernier. Une stratégie payante lors de la campagne qui peut encore fonctionner tant que le maire a le vent en poupe. « Mais attention quand ça ira mal, ce sera compliqué d’aller chercher des soutiens », prévient cette même source. Au risque alors que le dicton « jeu de main, jeu de vilain » ne fasse encore plus sens.

  • Les sénatoriales avancent à grand train

    Les sénatoriales avancent à grand train

    Alors que les formations politiques digèrent à peine la fin des municipales, un nouveau scrutin est en préparation : les sénatoriales du 27 septembre, où le Vaucluse est amené à renouveler ses trois sénateurs. Une élection loin de passionner comme les municipales, puisque seuls de grands électeurs (parlementaires, élus régionaux, départementaux, municipaux) sont amenés à désigner leurs représentants au Palais du Luxembourg. Dans le département, ils seront quelque 1 300 à devoir se prononcer. Le 5 juin, les conseils municipaux se réuniront pour finaliser la liste des grands électeurs.

    En 2020, la droite avait aisément glané deux sénateurs, Jean-Baptiste Blanc (LR) et Alain Milon (LR), qui avaient mené deux listes respectives arrivées en tête. Le 3e siège revenant à Lucien Stanzione, 1er secrétaire fédéral du PS, à la tête d’une liste d’union de la gauche. Loin derrière, l’extrême droite, divisée entre le RN et le clan Bompard, avait présenté deux listes, celle du RN recueillant 157 voix, quand il faut entre 280 et 300 voix pour espérer décrocher un siège.

    Sortant le mieux élu, Jean-Baptiste Blanc sera de la partie. Il a officialisé sa candidature dans une lettre aux élus jeudi dernier, dans laquelle il vante son bilan, autour de la loi ZAN (artificialisation des sols) ou ses 117 propositions de loi. « Je pense que mon travail mérite d’être poursuivi, j’ai été un vrai pont pragmatique entre Paris et le Vaucluse », estime le parlementaire, qui a déjà rencontré quelques-uns des 50 nouveaux maires vauclusiens. Seconde de sa liste en 2020, la présidente LR du Département, Dominique Santoni pourrait de nouveau être candidate mais reste, pour l’heure, en observatrice des configurations éventuelles. Âgé de 78 ans, Alain Milon devait initialement passer la main mais, selon Vaucluse Matin, une nouvelle candidature n’est pas à exclure. « Je suis pour une liste d’union la plus totale car sinon, plus il y a de listes, plus on favorise le RN », analyse Jean-Baptiste Blanc. La droite est sortie confortée (Apt, Cavaillon, Vaison…) voire renforcée des municipales (Avignon). Avec l’élection d’Olivier Galzi (DVD) à la tête de la ville-centre, la droite peut espérer 80 grands électeurs de plus.

    Olivier Galzi pousse

    sa compagne

    Sauf que le premier magistrat entend peser dans l’élection « d’une manière ou d’une autre », se contente-t-il de répondre, sans préciser s’il compte pousser une liste autonome ou s’allier avec la droite. Interrogé jeudi dernier, Olivier Galzi avait des atours macronistes d’il y a dix ans. « Notre large mouvement sans étiquette et transpartisan s’est levé pour faire bouger les lignes, nous devons peser dans les échéances qui arriveront », plaide Olivier Galzi. Si lui-même ne sera pas candidat, sa compagne et adjointe au maire, Anaïs Hausmann, pourrait l’être. Questionné, le maire préfère éluder dans un sourire. Toujours est-il que jeudi dernier, c’est Anaïs Hausmann qui a représenté la Ville lors de l’assemblée générale des maires de Vaucluse. Une présence remarquée où l’élue a engagé bon nombre d’échanges. Une rencontre Blanc-Galzi est prévue le 22 mai. Ex-présidente de Renaissance 84, Malika Di Fraja vient aussi de se déclarer candidate à l’investiture.

    À gauche, « le contexte est moins favorable », sait bien Lucien Stanzione, au moment d’aborder sa seconde campagne, marquée par les pertes d’Avignon et de Carpentras. Le sénateur PS compte bien rempiler et miser sur le soutien des partenaires de gauche. « J’ai fait un tour pour le moment informel, mais cela va s’accélérer avec l’idée de présenter ma liste début juillet », projette-t-il. Côté PCF, si rien n’a été validé du côté des instances, « on considère que Lucien a fait le travail et si la gauche a une chance de conserver un siège, il doit lui revenir », estime Julien De Benito, secrétaire du PCF 84. Une liste a priori sans insoumis, qui pourraient présenter leurs propres 5 candidats. « Toutes les élections nous intéressent mais aucune décision ne sera prise tant que des chefs de file ne seront pas désignés, d’ici à la fin du mois », temporise-t-on chez LFI.

    Quoi qu’il en soit, Lucien Stanzione espère convaincre au-delà du simple sérail de la gauche. « Il y a 6 ans je démarrais comme candidat, là je pense que mon bilan et travail, sur l’agriculture par exemple, peut être reconnu au-delà des étiquettes », projette-t-il. Et ce « alors que le danger RN tape à la porte ». L’extrême droite rêve de glaner son premier sénateur vauclusien – Thierry D’Aigrement, délégué du RN 84 est pressenti –, elle qui a déjà 4 députés sur 5. La probabilité existe mais elle est loin d’être assurée, l’étiage actuel de grands électeurs RN serait autour de 200.

  • À Avignon, le lycée Mistral ne veut pas de classes à 35 élèves

    À Avignon, le lycée Mistral ne veut pas de classes à 35 élèves

    Bis repetita. Après un premier rassemblement fin mars, dès l’annonce de prévisions de moyens « en baisse drastique » pour la rentrée, professeurs et élèves du lycée Mistral ont remis le couvert ce jeudi midi. Et ce, quelques heures avant une audience des représentants syndicaux avec le rectorat.

    « C’est inimaginable d’avoir une rentrée avec ce qui est prévu », prévient Stéphane Geslin, délégué FO et professeur d’histoire-géographie. À savoir 120 heures de moins de dotation horaire globale [DHG], ce qui se traduirait par une perte de classe en seconde, mais aussi « la fin de certains demi-groupes pour des cours de travaux pratiques », précise Stéphane Geslin.

    Avec une moyenne actuelle de 31 à 32 élèves par classe, les syndicats redoutent de monter à 35. « Depuis trois ans, on perd des moyens, mais là, c’est la douche froide avec des coups de rabot encore plus francs », s’alarme Sylvain Bartet, délégué FSU. Selon lui, « même au regard de leur calcul de la DHG, avec la baisse démographique, cela va bien au-delà : on devrait être à moins 80 heures et pas 120 ».

    Idéalement, les professeurs aimeraient ne pas dépasser 25 élèves par classe pour un encadrement optimum, « surtout en seconde, pour un meilleur accompagnement car, en 12 ans ici, c’est la première année où on doit gérer autant de débordements et conseils de discipline », constate Stéphane Geslin.

    « Le gouvernement fait des économies sur l’éducation, la santé, pour dépenser beaucoup ailleurs comme sur les armées, cela obère l’avenir de la jeunesse », dénonce celui qui a aussi été candidat aux dernières municipales (Parti des travailleurs). En fonction des conclusions de l’audience de ce jeudi avec le rectorat, les enseignants se disent prêts à se mobiliser une nouvelle fois. Fin mars, à Carpentras, une opération « lycée mort » avait également eu lieu devant la mairie pour protester contre la baisse des moyens dans les établissements Victor-Hugo et Jean-Henri-Fabre.

  • Olivier Galzi dresse son premier bilan

    Olivier Galzi dresse son premier bilan

    Installé 1er magistrat depuis le 29 mars, puis élu à la tête du Grand Avignon il y a un mois, Olivier Galzi a souhaité livrer un état des lieux du démarrage de son mandat. Tour d’horizon.

    Réorganisation interne

    Le nouveau locataire de l’hôtel de ville prend plaisir à faire visiter à la dizaine de journalistes la transformation matérielle des bureaux du maire et de ses proches collaborateurs. « Avant, chacun était dans son coin en silos, l’information circulait mal », expose-t-il dans l’ancien bureau de la secrétaire du maire, où son cabinet est désormais réuni en mode open space. « Mes adjoints sont aussi à côté en coworking », poursuit-il. Côté cabinet, deux directeurs sont en cours de recrutement, à la Ville et au Grand Avignon. « On a fait appel à un cabinet spécialisé, ce ne sera pas du copinage, mais des personnes que je n’ai jamais connues », clame Olivier Galzi. Arrivé comme directeur de cabinet, Christophe Madalle a finalement récupéré le poste de directeur général des services.

    Audit des finances

    et « étonnements »

    Procédure courante lors d’un changement de majorité, la commande d’un audit des finances. « La situation n’est pas aussi saine qu’il n’y paraissait », ménage-t-il d’abord, alors que les résultats sont attendus mi-juin et pourraient être débattus le 29 juin en conseil municipal. Mais Olivier Galzi ne résiste pas à distiller des exemples « totalement dysfonctionnels » qui ont pris « une ampleur industrielle en 2025 », citant des « factures impayées » ou la « recrudescence de recrutements depuis janvier, on en a bloqué 52 ».

    Autant de « rapports d’étonnements, parfois d’énervement voire d’écœurement qui ne me réconcilient pas avec la politique ». Le maire reprend la marotte abandonnée d’Anne-Sophie Rigault (RN) qui, lors du mandat précédent, a longtemps agité la menace d’une mise sous tutelle, démentie par la majorité d’alors. « On s’est posé la question, mais on ne va pas le faire, les décisions seraient trop drastiques », assure-t-il, redisant ne pas vouloir augmenter les impôts. Manière de préparer les esprits au fait qu’il ne pourra pas tenir toutes ses promesses de campagne ? « C’est une question que j’aurais posée si j’étais encore à votre place, mais je ne la poserai plus : une réalité s’impose, je ne ferai pas l’autruche sur le mur budgétaire, je le dis avant, je ne cherche pas des excuses, mais des solutions. »

    Triptyque de priorités

    Seule bonne surprise qui trouve grâce aux yeux du maire, « le personnel municipal » [2 100 agents], chez qui « une espèce de chape s’est levée », se targue-t-il. Des moyens humains déjà rencontrés, comme ceux du service propreté (notre édition du 18 avril) « qui ont été remobilisés ». Une première opération quartier propre est prévue le 27 mai. Côté sécurité et mobilités, divers éléments ont déjà été évoqués (rencontres avec le préfet, la police municipale, le Sdis) avec réouverture du dossier LEO, dont un comité de pilotage est prévu en préfecture de Région le 28 mai. La refonte du plan Faubourgs va s’opérer en douceur avec, le 20 mai, de premiers ajustements de sens de circulation. « Je fais tellement de choses, je travaille matin, midi et soir, nuit et jour semaine week-end », se gargarise Olivier Galzi. Des effets de manche ? « Le matin, j’ai une “to do list” comme autant de gouttes d’eau, mais peut-être qu’à la fin du mandat, le fond de cuve du territoire sera rempli, ce n’est pas de l’éparpillement, mais si je ne lance pas tous les fronts aujourd’hui, avec les temps nécessaires derrière, ce sera autant de reports pour les résultats. »

    Et l’opposition ?

    Lors de son installation, Olivier Galzi a « tendu la main » à l’opposition, assurant « porter le même égard » à tous les électeurs, même « à ceux qui n’ont pas voté pour nous ». Mais dès le conseil municipal suivant, l’opposition n’a pas eu voix au chapitre dans les commissions (notre édition du 21 avril). « Ce qui est proposé, c’est un blocage systématique, j’aurais la main tendue quand il s’agira de faire avancer les débats. » Et de faire un parallèle avec 2018 où lors de son premier mandat, Cécile Helle avait « exclu des commissions et ostracisé » deux adjoints après des divergences. « Je m’inscris dans ses pas », ironise-t-il. Sauf qu’à l’époque, les élus mis au ban venaient de la majorité, pas de la minorité d’emblée.

  • Tensions avec le RN à l’interco : le préfet en appelle à la raison

    Tensions avec le RN à l’interco : le préfet en appelle à la raison

    C’est un psychodrame, pour l’heure en deux actes, qui est en train de se dérouler depuis plus d’un mois à la Communauté d’agglomération Ventoux-Comtat Venaissin (CoVe). Avec, à la baguette, l’extrême droite qui s’estime lésée. « Ils veulent nos sous, mais pas nos gueules », résume vulgairement le toujours député-maire de Carpentras, Hervé de Lépinau. Fin avril, avec sa collègue maire RN d’Aubignan, nouvellement élue également, Marie Thomas de Maleville, ils ont préféré boycotter la séance du conseil communautaire. Rappelons que le 31 mars, les 60 élus avaient choisi (37 voix sur 59 votants) Alain Constant, maire de Bédoin, comme président, face à Bertrand de la Chesnais (extrême droite). Dans la foulée, Hervé de Lépinau avait été battu comme 1er vice-président, quittant ensuite avec fracas la séance.

    Une politique de la chaise vide, ajoutée à la menace persistante de vouloir sortir de la CoVe pour rejoindre les Sorgues du Comtat, et ses cinq communes, présidée par Stéphane Garcia, adjoint à Sorgues qui, comme Olivier Galzi au Grand Avignon, a accordé des vice-présidences aux deux maires RN de l’interco, Patrice de Camaret (Monteux) et Guillaume Taddio (Bédarrides). « Il faut que tous ces gens qui se connaissent bien se parlent », réagit le préfet, questionné la semaine dernière sur le sujet. Thierry Suquet appelle donc à la raison sur ces « crispations à Carpentras » et assure ne pas avoir été saisi, à ce stade, d’une quelconque demande de sortie de l’intercommunalité. Une procédure très complexe qui doit recevoir l’assentiment d’au moins 2/3 des populations concernées, chaque commune des deux intercos devant également délibérer, soit 30 au total. « Comme dans un divorce, il faut se mettre d’accord à la fois sur les conditions de départ et d’accueil », prévient le préfet.

    « Un refus du compromis et de la concertation »

    Le RN continue de se poser en victime et de jouer les Cassandre. « On ne construit pas un territoire en excluant », se lamente Marie Thomas de Maleville. Beaucoup, à l’inverse, relèvent que l’extrême droite s’est mise toute seule dans une démarche d’auto-exclusion. Ainsi, quelques jours après le boycott du conseil communautaire, les 23 autres maires de la CoVe ont adressé une lettre ouverte aux habitants « face à l’attitude contestataire des maires de Carpentras et d’Aubignan ». La majorité de l’intercommunalité rappelle avoir « multiplié les propositions pour intégrer les élus de Carpentras et d’Aubignan dans le bureau exécutif, toutes nos propositions ont été rejetées ». Et de pointer du doigt la « posture » du RN : « Cette politique de la chaise vide ne peut que traduire un refus du compromis et de la concertation, pourtant indispensables au bon fonctionnement de notre collectivité territoriale. »

    Les 23 maires ne croient pas non plus au départ de la CoVe, « une pure illusion », laissant entendre que le préfet ne validera rien sans unanimité.

  • Cinq ans après, un nouvel hommage à Éric Masson

    Cinq ans après, un nouvel hommage à Éric Masson

    Le 5 mai 2021, Éric Masson, brigadier de police de 36 ans, était tué lors d’une opération de contrôle sur un point de deal, rue Râteau, dans le centre-ville d’Avignon. Depuis, chaque année, sa mémoire est honorée. Cinq ans après, une cérémonie était donc organisée, ce mardi en fin de matinée, sur le parvis du commissariat d’Avignon, où travaillait ce père de deux petites filles.

    L’une d’entre elles était présente, aux côtés de sa veuve et de son père, lui aussi ex-policier. Une cérémonie sans discours, avec passage en revue des troupes et Marseillaise a cappella, mais pas sans émotion. « On n’oublie jamais nos morts, son décès a marqué la police nationale, on accompagne sa famille et ses collègues », confie Virginie Brunner, directrice générale adjointe de la police nationale, qui avait le déplacement depuis Paris. Éric Masson figure parmi les 8 « victimes du devoir » recensées à Avignon. « C’est important de garder sa mémoire, cela rappelle que les policiers risquent leur vie », souligne le préfet Thierry Suquet, qui a déposé une gerbe.

    Comme Cécile Helle avant lui, Olivier Galzi était aussi de la cérémonie. « C’est très symbolique que mon premier dépôt de gerbe se fasse à sa mémoire », note le nouveau maire (DVD) qui s’est dit « triste et inquiet » lorsque le drame est survenu en 2021, d’autant que lors de l’assassinat d’Éric Masson, « son épouse travaillait chez Edeis quand j’en étais le vice-président ». « Sa mort est le symbole d’une police dédiée à la sécurité de notre ville, mais aussi celui d’un narcotrafic qui a commencé à gangrener notre ville », estime Olivier Galzi alors que, ce lundi soir, un mineur de 17 ans a été abattu à Monclar sur fond présumé de trafic de drogue (lire page suivante).

    Il y a cinq ans, Éric Masson, pensant intervenir pour une bagarre, était tombé sur une transaction de drogue. Au moment du contrôle, Ilias Akoudad avait alors tiré par deux fois mortellement sur le policier. En mars 2024, il avait été reconnu coupable de meurtre sur une personne dépositaire de l’ordre public, et condamné à 30 ans de prison dont 20 ans avec sûreté. L’an dernier, la Ville d’Avignon avait inauguré un square à la mémoire du policier, rue Râteau. Sa mémoire est également honorée cette année puisque les promotions d’écoles de gardien de la paix portent son nom. En juin prochain, le nouveau bateau de l’unité nautique de la police de Marseille sera également baptisé du nom d’Éric-Masson.

  • Fermeture des épiceries de nuit : un arrêté peut en chasser un autre

    Fermeture des épiceries de nuit : un arrêté peut en chasser un autre

    Il faut reconnaître à Olivier Galzi un certain talent dans l’art de communiquer, voire mettre en scène son action politique. Déjà, pendant la campagne, ses pastilles vidéos faisaient mouche sur les réseaux sociaux. Élu maire (DVD) il y a un peu plus d’un mois, l’ex-journaliste TV reste très actif en la matière. Jeudi dernier, c’est directement via la page Facebook de la Ville qu’il annonce la « fermeture l’été des épiceries de nuit à 22h et non plus 23h30 ». Le tout en vidéo dans son bureau de maire, stylo en main pour parapher ledit arrêté.

    Dans le détail, l’arrêté s’applique du 1er mai au 31 octobre et impose aux « établissements de vente de produits à emporter (exceptés les restaurants et brasseries) et les épiceries de nuit d’être fermés entre 22h et 6h ». Une mesure en réalité déjà en cours depuis le 1er novembre et qui s’achevait le 30 avril. Au simple visionnage de la vidéo, on pourrait donc croire qu’Olivier Galzi instaure une mesure inédite, d’ailleurs largement appréciée à la lecture des multiples commentaires de la vidéo. La nouveauté réside dans le fait que, cette fois, la fermeture à 22h va s’appliquer durant la saison estivale, là où, auparavant, les épiceries pouvaient accueillir des clients jusqu’à 23h30, voire 2h pendant les trois semaines du Festival.

    Les deux arrêtés, celui en cours et son précédent, sont quasiment similaires dans leurs contenus et secteurs concernés. Le nouveau ajoute le boulevard Capdevilla (derrière la préfecture) dans son champ de restriction, quand l’intra intra muros Est, Avignon sud/Monclar, Ouest Lyon/Morières, Montfavet et Pierre-Semard demeurent. Les motivations autour de troubles à l’ordre public justifiant l’arrêté signé par Olivier Galzi sont quasi identiques à celui paraphé en octobre dernier par Catherine Gay, ex-adjointe à la sécurité de Cécile Helle. Il est fait mention que « l’activité génère un va-et-vient incessant, une consommation à proximité du commerce ou la présence permanente de personnes sur la voie publique, créent des nuisances sonores portant atteinte à la salubrité et à la tranquillité publique ».

    Rien, en revanche, sur les activités interlopes de certaines épiceries de nuit, comme la vente illégale de tabac, le trafic de drogues ou de bonbonnes de protoxyde d’azote. Des agissements illégaux dans le viseur des autorités préfectorales qui, depuis plus d’un an, multiplient les fermetures administratives. « Avignon sera une des villes les plus restrictives en la matière », se targue Olivier Galzi, bien que des arrêtés similaires aient été pris à Carpentras, Nîmes ou Marseille. « La grande nouveauté, c’est d’envoyer le signal qu’on respecte la liberté de consommer, on peut avoir besoin d’un commerce de proximité pour dépanner, mais à partir de 22h, la problématique n’est plus la même, on sait que certaines officines à ouverture tardive font partie de la panoplie du narcotrafic », expose le maire.

    « On s’y attendait, mais c’est une catastrophe »

    La forme de l’annonce a suscité quelques railleries à gauche, comme de l’écologiste et ancienne élue Christine Lagrange ou du secrétaire départemental du PCF, Julien de Benito, tous deux y voyant « un parallèle avec Donald Trump signant ses décrets d’un geste impérial ». « Sur un sujet aussi grave et structurant, tout ce qu’on trouve à dire, c’est que je n’aurais pas dû faire une vidéo, c’est le niveau zéro de la politique, ils ne sont pas en phase avec les administrés », réplique Olivier Galzi.

    Toutefois, sur le fond, Julien De Benito ou la Ligue des droits de l’Homme s’interrogent sur la légalité d’un tel arrêté. « Je sais que des avocats regardent, j’espère avoir une rencontre avec la mairie qui ne se rend pas compte des conséquences », réagit Maëlys, gérante d’une épicerie de la rue Thiers. Si elle reconnaît que certaines autres enseignes font dans l’illégalité, elle déplore une décision « qui pénalise tout le monde, surtout les gens honnêtes qui payent des charges ou prennent la carte bleue ». « On s’y attendait, mais c’est une catastrophe, j’espère que ce sera assoupli au moins pendant le festival où on reçoit beaucoup de touristes, si on ferme comme les autres supermarchés, il n’y a plus aucun intérêt à travailler », conclut la gérante.

  • Grand Avignon : indemnités des élus et garde rapprochée en débat

    Grand Avignon : indemnités des élus et garde rapprochée en débat

    Outre la désignation de certains élus dans les commissions et organismes satellites (notre édition du 30 avril), deux autres points ont animé la séance du conseil communautaire de mercredi, au Grand Avignon. Comme à chaque nouvelle mandature, les indemnités des élus sont fixées. Contrairement au conseil municipal d’Avignon, ce n’est pas leur montant qui a fait réagir, mais l’absence de transparence.

    « Pour plus de clarté, il aurait été intéressant de donner des chiffres et pas des indices de la fonction publique, les personnes extérieures ne comprennent pas », regrette Mouloud Rezouali (Les Écologistes). « Les sommes sont dans les annexes, à isopérimètre de ce qu’il se faisait avant », réplique le président Olivier Galzi (DVD), sans donner le montant. Des annexes qui accordent 5 960 euros bruts au président, 300 euros de moins que maire d’Avignon, un cumul qui ne peut toutefois pas dépasser 8 897,93 euros nets. Les vice-présidents perçoivent 2 170 euros bruts, les autres conseillers 220 euros.

    Second point qui a fait réagir la gauche, la constitution du cabinet d’Olivier Galzi avec 4 collaborateurs contre 3 précédemment. Annick Dubois (PS) s’en est émue, interrogeant sur « le coût pour la collectivité » alors qu’en interne les compétences des agents sont déjà « précieuses ». « La loi nous autorise 5 collaborateurs, ce n’est pas un choix de défiance, mais des sujets structurants méritent un pilotage politique comme la LEO », justifie Olivier Galzi. Si Romain Lautier, son directeur de campagne, a été nommé chef de cabinet, le recrutement d’un directeur de cabinet est en cours. Tout comme en mairie où Christophe Madalle, venu pour ce poste, a depuis été nommé directeur général des services. F.C.

  • Avignon-Monfavet : en grève, les facteurs croulent sous les plis qui s’entassent

    Avignon-Monfavet : en grève, les facteurs croulent sous les plis qui s’entassent

    Les pleurs comme élément déclencheur. « Lundi dernier [27 avril], une collègue de 20 ans est rentrée en pleurs de sa tournée car elle n’a pas réussi à la terminer avec 5 secteurs et 170 colis, c’est infaisable », déplore Bruno Verdi, secrétaire départemental SUD PTT 84. Cet épisode a entraîné d’abord un débrayage des agents d’Avignon-Montfavet puis une journée de grève, ce lundi, qui a concerné la moitié des 50 facteurs du secteur. « Ce n’est pas acceptable d’être en pleurs à son travail, le problème ce n’est pas elle, mais l’organisation, 5 secteurs c’est en gros la moitié de l’intra-muros, la norme acceptable c’est 100 colis », illustre le responsable syndical.

    Depuis un an et la mise en œuvre d’une réorganisation interne, « les dysfonctionnements s’aggravent », alerte le syndicat, déjà mobilisé pour les mêmes raisons il y a 3 mois (notre édition du 4 février) ou début juillet. « Malgré des préavis de grève déposés sur une période de plus de trois mois, la direction est restée sourde aux revendications, refusant d’ouvrir de véritables négociations », regrette Bruno Verdi alors que, ce samedi, seuls des « cadres de La Poste sans mandat nous ont reçus et que ce lundi le directeur a décliné une rencontre ». Ce mardi, une enquête du CSE (comité social et économique) sur la sécurité et santé au travail doit être menée.

    « C’est difficile d’ignorer les mécontentements »

    « Le manque de personnel, l’allongement des tournées et la surcharge d’activité entraînent une hausse des heures supplémentaires depuis plusieurs mois », décrit Bruno Verdi. Et, en bout de chaîne, pour les habitants des « dizaines de milliers de plis, ainsi que la presse, restent en souffrance ». « C’est difficile d’ignorer les mécontentements, il n’y a qu’à regarder les réseaux sociaux, il y a une baisse indéniable du courrier mais les colis et publicité augmentent, pointe Bruno Verdi. Cela pose la question de notre obligation légale de service public. » SUD PTT réclame le renfort pérenne de 10 agents.

    Contactée, la direction de La Poste botte en touche concernant la possibilité d’une rencontre et reste généraliste : « En matière de dialogue social, un travail est mené au quotidien avec les équipes. Des groupes de travail associant les agents sont régulièrement organisés afin d’améliorer en continu l’organisation et les conditions de travail. » Pas non plus de recrutement en vue, la direction « souligne que les équipes et l’organisation de l’établissement sont dimensionnées en adéquation avec le niveau d’activité » et ce après « neuf recrutements en CDI réalisés depuis l’an dernier ». « À ce jour, aucun poste n’est vacant sur le site. Les périodes de forte activité sont par ailleurs anticipées et donnent lieu, chaque fois que nécessaire, à la mise en place de renforts adaptés », assure La Poste. Un nouveau préavis de grève devrait être rapidement déposé par le syndicat.

  • Les agriculteurs doivent apprendre à passer la main

    Les agriculteurs doivent apprendre à passer la main

    On est loin des palmarès de l’immobilier, chers chaque année aux hebdomadaires nationaux, mais, également une fois par an, la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural) donne les tendances foncières du secteur agricole. L’organisme, qui vise notamment à réguler le marché des terres agricoles, a livré lundi dernier au lycée Pétrarque d’Avignon, les tendances du secteur.

    En Vaucluse en 2025, le marché foncier agricole est resté stable en terme de surface échangée (4 435ha), mais le nombre de transactions a progressé de 7% (3 327). La Safer a acquis elle même 397 terrains (moins 2%) mais pour une superficie globale en hausse de 25%. « Le Vaucluse n’est pas le territoire le plus spéculatif de la région, même si en basse vallée de la Durance, autour de Cheval-Blanc, Pertuis, Mérindol, il y a de plus en plus de pression de non agriculteurs », brosse Fabrice Triep Capdeville, directeur de la Safer 84, qui précise que sur les 397 acquisitions en 2025 par la Safer, seulement 48 l’ont été par préemption, le reste se faisant à l’amiable. Toutefois, le marché foncier traduit aussi les difficultés de la profession, avec un recul des rétrocessions d’exploitations. « Historiquement, le Vaucluse est une terre de transmission familiale mais on constate une difficulté dans le renouvellement des générations, les tensions sur le marché viticole font que les jeunes qui pourraient reprendre l’exploitation familiale ne reviennent pas », note Fabrice Triep Capdeville. Le nombre global de candidats à l’installation a baissé de 30%. D’où, dans la foulée de la présentation de ces chiffres, la tenue d’une table ronde sur l’anticipation et l’accompagnement des transmissions.

    « Il y a du foncier et de la place pour tout le monde »

    « Il y a du foncier et de la place pour tout le monde, campe Thomas Escoffier, vice-président de la chambre d’agriculture de Vaucluse et référent installation. Depuis le Covid, on accompagne beaucoup plus de monde en reconversion professionnelle, hors du cadre de reprise familiale ». La Safer avait invité les acteurs d’une transaction de 6 ha réussie à Pertuis entre un couple d’agriculteurs à la retraite et un autre jeune couple, déjà familier de l’agriculture. « On a eu énormément de chance, toutes les planètes étaient alignées », admet Jean-Baptiste Vachette, l’acquéreur. « Tôt, on a su que nos enfants ne voulaient pas reprendre donc on a contacté la chambre d’agriculture », décrit Agnès Maynard, agricultrice retraitée. Qui souligne un aspect important et méconnu : bien souvent la vente de son exploitation implique aussi un déménagement puisque bon nombre d’agriculteurs vivent sur place. « On a su vite qu’on ne pouvait pas rester vivre sur place sinon on aurait continué à travailler », sourit-elle.

    Cet aspect peut également compliquer la transmission entre d’un côté les terres agricoles et de l’autre les surfaces bâties. Pourtant, insiste Jordan Charransol, président des Jeunes agriculteurs, « il est primordial d’habiter sur son exploitation car ceux qui habitent loin ont du mal à structurer leur vie sociale et familiale quand on travaille déjà 70 heures par semaine ». Celui qui est aussi viticulteur et maraîcher à Valréas ajoute « que la présence sur place dissuade des vols », que ce soit dans les cultures, le matériel ou le gasoil…

    Un des leviers évoqué pour réussir une transmission pourrait être l’apprentissage, « peu présent dans notre région à l’inverse du Nord », note Jordan Charransol. « Le salarié peut acheter des parts progressivement, il connaît son exploitation, les débouchés, c’est un moyen plus facile d’installer un jeune hors du cadre familial », plaide-t-il en appelant à faire la promotion de ce système dans les lycées agricoles. Et de manière plus générale, « il y a un enjeu pédagogique à donner envie de faire ce métier, la caricature de l’agriculteur, un grand monsieur mal rasé et mal peigné n’est plus valable », conclut Jordan Charransol.