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  • Le numérique, un impact tout sauf neutre pour le débat démocratique

    Le numérique, un impact tout sauf neutre pour le débat démocratique

    Impossible d’y échapper. Que ce soit les réseaux sociaux, la vidéosurveillance ou encore l’accès dématérialisé aux services publics, le numérique a bouleversé notre quotidien. « Un adulte passe en moyenne 32 heures par semaine devant un écran », campe Alexandre Basquin, sénateur PCF du Nord et participant au débat, aux côtés de Pierre-Yves Cadalen (député LFI du Finistère), Thomas Dossus (sénateur écologiste du Rhône) et Patrick Blanès (secrétaire fédéral du PS de Vaucluse). « Les plateformes numériques créent des contenus clivants et émotionnels, le débat est polarisé et une partie de l’espace démocratique est aujourd’hui structurée par des entreprises privées », rappelle, en introduction, Sabrina Royer, animatrice du débat.

    Pendant 1h30, les propos ont fait le procès du numérique, du moins l’usage généralisé qui en est fait sans réel garde-fou. « Sans les réseaux sociaux, on n’aurait pas battu Aulas à Lyon », souligne quand même Thomas Dossus quand Patrick Blanès relève leur « utilité pour structurer certains mouvements ». « Oui, mais par exemple, Facebook a banni toute référence à la Palestine », nuance Alexandre Basquin, rétif aux réseaux sociaux. « Je dois être l’un des seuls parlementaires à ne pas y être car on cherche plus à convaincre à l’extérieur que la personne face à soi, c’est mortifère car il faut être excessif pour être viral », déplore le sénateur nordiste.

    Manière d’aborder les logiques d’algorithmes qui confortent chacun dans ses biais tout en clivant encore plus les contenus. « On zappe d’une info à l’autre, c’est l’économie de l’attention », resitue Patrick Blanès, alarmé aussi par l’irruption de l’intelligence artificielle, « qui pourrait bientôt rendre des décisions de justice ». « Mais ce capitalisme de l’attention doit avoir ses limites et être régulé au niveau européen », plaide Thomas Dossus, pour qui « les grandes plateformes doivent être tenues pour responsables ». Si le sujet n’a pas été abordé, on a vu des récents déferlements de haine et de racisme en ligne sur des pages Facebook de nos confrères. Le tout avec un sentiment d’impunité. Au début du mois, 16 familles ont aussi porté plainte contre TikTok pour abus de faiblesse, accusant le réseau social de pousser des jeunes au suicide.

    Instaurer une vraie régulation publique

    À l’instar des « règles déontologiques pour la presse créées au XIXe siècle », le sénateur écologiste souhaite « un modèle de contrôle public » vis-à-vis des plateformes numériques et « le risque de bulle de désinformation ». Pierre-Yves Cadalen milite, lui, pour la mise en place d’un « pôle public du numérique » pour sortir les médias des « concentrations capitalistiques ». Car derrière les Gafam (acronyme des géants du numérique), « il y a un projet politique de technofascisme, des nouveaux réactionnaires qui veulent abolir la démocratie et supprimer les libertés individuelles », estime le député insoumis. Une idée de pôle public qui ne séduit pas Thomas Dossus, « pas fan car si la gauche peut en faire un outil d’émancipation, je crains que ce ne soit pas le cas si la droite est au pouvoir ».

    Brièvement abordée aussi, l’impact sur la jeunesse, fortement « informée » par les réseaux sociaux, et l’omniprésence dans le cercle scolaire. « Il faut dénumériser nos écoles », conclut Thomas Dossus.

  • Avignon : « Roulant et touristique », le parcours dévoilé

    Avignon : « Roulant et touristique », le parcours dévoilé

    Dans quatre mois, le 27 septembre, se courra
    le premier marathon d’Avignon. Une course, accompagnée d’un semi-marathon, dont les 3 500 dossards se sont arrachés en quelques heures (semi) et jours (marathon) début novembre. Si en fin année dernière, le parcours du semi-marathon avait été dévoilé, les organisateurs ont levé le voile mercredi dernier sur le tracé des 42,195km.

    Un temps de latence pour affiner le parcours mais aussi et surtout laisser passer le temps des élections et que la nouvelle municipalité donne quitus. « Il n’y avait pas d’obstacle, personne n’arrête un marathonien, confie le maire Olivier Galzi (DVD) lors du point presse à l’hôtel de ville. Le projet est sérieux, organisé par des passionnés et s’inscrit dans notre ambition d’avoir de grands événements sportifs qui comptent et font rayonner Avignon. »

    « Nous sommes heureux de voir que le projet est attendu », apprécie Bertrand Delhomme, co-organisateur avec Christophe De Cecco, tous deux déjà à la manœuvre du semi-marathon du Ventoux. Et alors que les inscrits sont sur les rangs depuis 6 mois, Bertrand Delhomme reconnaît l’impatience grandissante des coureurs dans l’attente du parcours. « Il sera roulant et touristique », promet Christophe De Cecco qui, « depuis un an », étudie toutes les options possibles. « On a dû faire des concessions mais on a trouvé un bon compromis », juge-t-il.

    Une seconde édition

    pour fin février

    Comme déjà annoncé, les coureurs s’élanceront depuis la gare centre pour un tour des remparts jusqu’à la porte Saint-Lazare et plusieurs kilomètres dans l’intra muros (rues Carreterie, Guillaume-Puy, place des Corps Saints, passages devant le palais des papes et l’hôtel de ville) avant d’en ressortir vers Saint-Roch pour rejoindre le pont d’Avignon puis ensuite l’île de la Barthelasse. Un gros quart du parcours sera donc urbain puis le reste très nature mais « 100% bitume » dans le poumon vert et fluvial avignonnais. « Il fallait des routes larges, il y aura quelques lignes droites et allers-retours », admet Christophe De Cecco, tout en promettant lors de ces points de rencontres « une ambiance musicale et beaucoup d’encouragements ».

    Si les organisateurs ont, en vain, essayé de se diriger vers l’île de l’Oiselet, « la Barthelasse est une vraie plus-value », estiment-ils. Comme pour le semi marathon -dont les 13 premiers kilomètres seront communs avec le marathon-, l’arrivée sera jugée le long du Rhône sur les allées Marie-Josée-Roig. Quelque 15 nationalités différentes seront représentées ainsi que 90 départements français. Pour l’heure, un tiers des inscrits sont Vauclusiens. La donne pourrait évoluer puisque 500 nouveaux dossards (300 pour le semi et 200 pour le marathon) ont été remis à la vente vendredi.

    Sans attendre la tenue du premier marathon, les organisateurs ont confirmé avoir déjà acté une seconde édition dès fin février 2027. « L’idée est d’en faire l’un des premiers marathons de l’année et concurrencer ceux d’Espagne, tout en positionnant ce rendez-vous dans une période assez creuse pour la ville », fait valoir Christophe De Cecco, déjà « convaincu que cette 2e édition attirera encore plus de monde ». Notons aussi que la course se veut solidaire : mercredi un chèque de 10 580 euros a été remis au fonds de dotation Av’ence, qui finance « des projets améliorant l’accueil, le confort et le bien-être » à l’hôpital d’Avignon.

  • Vaucluse : sur la corde raide, les centres sociaux jouent collectif

    Vaucluse : sur la corde raide, les centres sociaux jouent collectif

    Poser la question, c’est déjà y répondre. Il y a deux ans et demi, la fédération des centres sociaux de Vaucluse avait organisé une table ronde en mode alerte face aux risques de disparition de structures, au nombre de 30 en Vaucluse (centres sociaux et espaces de vie sociale confondus). Est-ce que cela a été suivi d’effets ? Silence gêné et partagé chez Salima Ezzahri et Benoît Leroyer, tous deux co-délégués de la fédération, questionnés au lendemain de l’assemblée générale de la structure, tenue mardi dernier. « On développe la résilience », commente dans une litote Benoît Leroyer.

    Manière polie de dire que la situation globale ne s’est pas améliorée. En juillet dernier par exemple, la fédération s’était émue d’une baisse de dotations de 400 000 euros de la part du conseil départemental. Et « l’environnement socio-économique, l’instabilité politique suite aux municipales » drainent plus d’inconnues que de certitudes. Sans procès d’intention, la fédération attend de voir quelle va être la position de la nouvelle majorité RN à Carpentras, où sont installés 4 centres sociaux. Restrictions budgétaires, précarité croissante des publics et tension permanente des équipes ont été ciblées lors de l’AG par Elsie Guillaume, présidente de la fédération. « Ce qui nous tient, c’est l’intelligence collective, de faire ensemble », a-t-elle prévenu.

    « Le premier réseau social »

    Un message qui a pu être délivré l’été dernier lors de la venue de l’ancienne ministre de la Ville, Juliette Méadel, qui s’était rendue au centre social de la Croix-des-Oiseaux. « Il est indispensable de réfléchir nos alliances et nos partenariats entre structures de l’animation de la vie sociale car nous ne trouverons pas les réponses en étant seuls, campe Salima Ezzahri. Il devient urgent de construire une stratégie pour prévenir les risques de crises. » La fédération veut aussi faire de la pédagogie. « Le centre social est la pierre angulaire sur son territoire et joue un rôle central entre plusieurs acteurs associatifs ou institutionnels. Souvent on nous regarde comme un centre de loisirs où on fait du tricot pour les mamies, mais c’est vraiment plus large que ça, on est des acteurs clés de la cohésion sociale, de l’inclusion et de la démocratie locale », développe la co-déléguée.

    « On accompagne de manière globale les habitants en leur donnant une place première, abonde Benoît Leroyer. Ça nécessite une agilité qui n’est pas connue et, avec les difficultés évoquées, met les équipes en tension. » Les centres sociaux sont quasiment tous situés en quartiers prioritaires. « À part deux, tous sont à moins de 200 mètres d’un point de deal », souligne le co-délégué, entraînant, de fait, des questions de sécurité pour les quelque 420 salariés et 1 400 bénévoles œuvrant à l’année dans ces structures. Pour autant, pas question de lâcher le terrain. « Par rapport à la précarité grandissante, le repli généré par une société en fragmentation, les centres sociaux sont plus que jamais utiles : ce sont encore des lieux où il fait bon vivre, où les gens se croisent, où on réfléchit ensemble, où on est d’accord de ne pas être d’accord, bref le premier réseau social », conclut Benoît Leroyer.

  • À Avignon, des mamans d’élèves victimes de haine raciste

    À Avignon, des mamans d’élèves victimes de haine raciste

    Un nouvel exemple de haine raciste en ligne vient toucher Avignon. En janvier, le nouveau-né Zaïd, premier bébé de l’année dont La Provence s’était fait l’écho, avait subi un torrent abject de commentaires racistes et violents. Cette fois, c’est une publication de Vaucluse Matin qui a servi de défouloir haineux sur la page Facebook du titre.

    L’article, du 12 mai, relate l’alerte de cinq mamans d’élèves déléguées de l’école maternelle des Grands-Cyprès, en colère face à la vétusté de l’établissement. S’ensuivent près de 500 commentaires. Non pour appuyer leur combat, mais pour s’en prendre au voile que portent les mamans sur la photo. « C’était des commentaires comme “avec leur torchon sur la tête”, “mais est-ce qu’on est à la sortie d’une école ou d’une mosquée ?” », confient à Ici Vaucluse Halima, qui « en a pleuré » et Maryam, deux des mamans visées par les messages racistes et islamophobes.

    Vaucluse Matin revient ce jeudi sur l’affaire et a, depuis, retiré la publication en ligne, l’article et la photo restant consultables. Les mamans annoncent le dépôt imminent d’une plainte. « Les gens se cachent derrière des comptes et se croient inatteignables, mais on a fait des captures d’écran, on ne laissera pas passer », assurent-elles. Mardi, elles ont reçu la visite et le soutien du député LFI Raphaël Arnault, qui compte saisir la procureure, et des élus municipaux insoumis, Oukacha Rtili et Khalid El Yousoufi. « Le racisme et l’islamophobie ne sont pas des opinions, ce sont des violences qui fracturent notre société et cherchent à intimider ceux qui prennent la parole », réagit le député. Même tonalité pour le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), pour qui « tous ces actes sont intolérables et doivent faire l’objet d’une enquête rapide et approfondie ».

  • La Fête de La Marseillaise se plie en quatre dans le Vaucluse

    La Fête de La Marseillaise se plie en quatre dans le Vaucluse

    Chaque année à cette période, la fédération du parti communiste de Vaucluse et ses six sections, sont les chevilles ouvrières de la Fête de La Marseillaise. Cette fois-ci elles se plient en quatre peut-être un peu plus, à l’occasion de la 4e édition depuis le retour de notre titre dans le département en septembre 2022. Au moins un millier de personnes est attendu ce dimanche 24 mai dans le traditionnel écrin champêtre du parc des Libertés de l’île de la Barthelasse *, lors d’une journée à la météo pré estivale. « C’est la fête du journal La Marseillaise, organisée par les militants du PCF, qui permet de mettre en avant la qualité du journal qui relaye les luttes sur notre territoire, comme pas plus tard que ce matin [mercredi] où j’ai croisé un journaliste devant l’usine Eurenco (lire page 16) », resitue Julien De Benito, secrétaire départemental du PCF 84. Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise, s’exprimera à midi.

    Un événement bien sûr politique, « mais pensé comme un lieu d’échanges et de débats où se retrouve toute la gauche », précise le responsable politique. Le PCF, mais aussi le PS, LFI, Les Écologistes, Génération.s, l’Après et Debout tiendront un stand. Acmé politique de la journée, le traditionnel débat réunissant plusieurs partis, autour du numérique. À partir de 15h15, Alexandre Basquin (sénateur PCF), Thomas Dossus (sénateur Les Écologistes), Pierre-Yves Cadalen (député LFI) et un représentant socialiste débattront de l’emprise du numérique « qui bouscule nos vies avec l’intelligence artificielle, les grandes plateformes économiques, le traitement de nos données, tout cela sans que cela soit vraiment questionné par la population », décrit Julien De Benito. À 17h, une prise de parole de Delphine Jordan, ex-conseillère départementale de Vaucluse et membre de la commission nationale droits des femmes et féminisme, est prévue.

    Le théâtre à l’affiche

    Outre ce débat politique, la fête se veut un moment convivial et culturel. Un premier débat est programmé (10h30) autour du thème « Le roman noir est-il nécessairement social ? » Un choix savamment sélectionné pour rendre hommage à Roger Martin, écrivain engagé et chroniqueur dans nos colonnes, décédé tragiquement fin janvier dans sa commune de Pernes-les-Fontaines. « Trois de ses amis et auteurs, Philippe Pivion, Antoine Blocier et Philippe Paternolli dialogueront autour de la dimension sociale du roman noir », souligne Julien De Benito.

    Nouveauté cette année au programme, une pièce de théâtre, « Emballage », sera jouée à 14h. « On souhaitait renforcer le côté culturel de la fête, quoi de plus naturel que le théâtre à Avignon ? », livre le secrétaire du PCF 84. Écrite en 1970 par André Benedetto, la pièce a été réactualisée il y a 15 ans et sera interprétée par la compagnie La Parole Rouge. Le spectacle sera encore à l’affiche du Festival Off cette année au théâtre de la Rotonde. Mondialisation, chansons, réflexion et humour en sont le fil rouge. La musique reste partie prenante de la fête : le chanteur lyonnais Reno Bistan est attendu sur scène (16h30) pour un concert autour de la chanson française engagée et ses « chansons écolo-rigolotes ». À l’issue, c’est la Chorale sauvage qui prendra le micro.

    Enfin, plus d’une vingtaine d’associations seront également présentes tout au long de la journée, de même que des jeux pour enfants, exposition sur les 90 ans du Front Populaire, tombola et espaces de restauration/buvette.

    * Parc des Libertés, 4632 route de l’Islon sur l’île de la Barthelasse. Entrée libre de 10h à 20h30.

    ILS Y SERONT

  • À Avignon, le resto de la CCI en redressement judiciaire

    À Avignon, le resto de la CCI en redressement judiciaire

    « On est peut-être plus de 300 aujourd’hui, qu’est-ce qu’on peut souhaiter ? Que l’on soit 300 tous les jours. » En décembre 2024, tout sourire, Gilbert Marcelli, président de la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84), témoigne de son optimisme lors de l’inauguration du Quai des saveurs. Des propos qui, aujourd’hui, prennent une amère saveur : le restaurant, géré par la CCI, a en effet été placé en redressement judiciaire le 7 mai, révèle L’Écho du mardi. Le tribunal des affaires économiques d’Avignon mentionne que le Quai des saveurs s’est déclaré en cessation de paiements le 24 avril.

    Sur place, ce mercredi midi, la directrice d’exploitation Sophie Ledoux, s’est refusée à tout commentaire, confirmant simplement l’information, mais aussi le départ, à la fin du mois, du jeune chef, Saïd Soumaila. Ce dernier, primé aux Worldskills et formé à l’école hôtelière d’Avignon, était l’une des figures de proue du projet. Le second de cuisine, Naël Tamghart, également formé à l’école hôtelière avignonnaise, distingué en septembre dernier aux Worldskills, avait déjà quitté les rangs fin 2025. La structure compte sept salariés, aujourd’hui dans l’expectative.

    Les yeux plus gros que

    le ventre ?

    Précisons que le Quai des saveurs est loin d’avoir baissé le rideau et reste ouvert, du mardi au samedi. Malgré un emplacement idéal, en sortie de gare en face de l’entrée des remparts, une capacité de 60 couverts et une terrasse de 100 m2, le restaurant bistronomique, ayant pour vocation le savoir-faire et les produits locaux, n’a jamais su trouver un public suffisant. La CCI a-t-elle donc eu les yeux plus gros que le ventre pour ce projet dont les travaux ont nécessité 1,3 million d’euros ? La question est criante à l’heure où la CCI a été mise sous tutelle, fin janvier, suite à une crise de gouvernance. Et dont le sujet Quai de saveurs, pourtant initialement largement approuvé en interne, est remonté parmi les griefs de gestion. Le fait que la CCI se positionne pour gérer cet établissement avait fait grincer des dents parmi les restaurateurs locaux ou bien encore la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises).

    D’après L’Echo du mardi, le restaurant affiche un passif d’un million d’euros que la tutelle actuellement en place à la CCI – dans l’attente d’élections du 29 juin au 10 juillet – ne peut éponger. La chambre avait été retenue pour gérer ce restaurant vitrine à la suite d’un appel à projets lancé par la SNCF.

  • Le nouveau sous-préfet prend ses marques

    Le nouveau sous-préfet prend ses marques

    Officier de la marine nationale, administrateur des affaires maritimes, rompu à la régulation de la pêche, Vincent Lelionnais ne débarque pourtant pas en Vaucluse pour veiller à l’état piscicole du Rhône. Depuis une grosse semaine, il a succédé à Sébastien Maggi au poste de sous-préfet chargé de la politique de la ville et secrétaire général adjoint. Entre plusieurs visites protocolaires ou présence, ce mardi soir à l’assemblée générale de la fédération des centres sociaux, ce Breton a rencontré la presse mardi.

    « Je n’étais jusque-là jamais venu dans le Vaucluse », confie le haut fonctionnaire de tout juste 39 ans, qui connaît là sa première expérience préfectorale. S’il est donc issu des affaires maritimes -ces 4 dernières années il était responsable des ressources humaines de l’administration de la mer au sein du ministère de la transition écologique-, Vincent Lelionnais a déjà une expérience dans les missions de la politique de la ville. « Entre 2019 et 2022, j’étais au secrétariat général des affaires régionales dans les Hauts-de-France notamment chargé de la cohésion sociale et de la politique de la ville », livre-t-il.

    En Vaucluse, sa lettre de mission englobe l’habitat indigne, l’insertion, le logement et le pacte local de solidarité. « Avec un focus sur les quartiers prioritaires des 22 communes, un vrai sujet notamment à Avignon dont je méconnaissais l’ampleur », reconnaît-il, même s’il a touché de près cette problématique « dans le Nord ». Encore en phase exploratoire, difficile pour le sous-préfet de détailler des « mesures et dispositifs » à corriger ou amplifier, citant l’enveloppe annuelle de « 4 millions d’euros du programme politique de la ville à destination du tissu associatif ».

  • À Avignon, Faites écho évolue pour mieux accueillir le public familial

    À Avignon, Faites écho évolue pour mieux accueillir le public familial

    Depuis 2023, le Grand Avignon a mis en place, Faites écho, un rendez-vous annuel de sensibilisation autour de l’environnement. Depuis, chaque année, si le lieu reste le même (centre de loisirs de la Barthelasse), l’événement est ajusté dans sa durée ou programmation. Pour la 4e édition, qui se déroule de ce jeudi à samedi, la dernière journée évolue grandement. Là où avant, chacun était libre d’aller et venir en déambulant au gré des animations ou conférences, le Grand Avignon souhaite cette année mieux encadrer et accueillir le public. « Les gens étaient parfois un peu perdus, avec une visite peu structurée, là ils seront pris en main et guidés sur six ou trois ateliers », précise la collectivité.

    L’entrée, toujours gratuite, se fera uniquement sur inscriptions * avec présence à la journée ou demi-journée (10h-17h ou 10h-13h et 14h-17h). Destinée aux 8-25 ans et à leurs accompagnateurs, la journée, par groupes de huit, permettra de découvrir le Rhône en kayak, participer à un escape game sur la biodiversité, explorer l’île de la Barthelasse à vélo, grimper dans les arbres, rencontrer des spécialistes de la faune locale ou encore s’initier aux risques naturels. Mais le Grand Avignon mise aussi sur des ateliers/animations communs pour que les groupes se rencontrent, débattent et trouvent des solutions autour de l’écologie.

    Les jeudis et vendredis restent consacrés aux scolaires. Plus de 120 classes de 12 communes, soit 2 867 élèves sont inscrites. Elles participeront à des ateliers thématiques de 45 minutes avant de déambuler dans la ville reconstituée. Les élèves aborderont des sujets tels que la qualité de l’air, la gestion des déchets, la biodiversité, l’eau, l’énergie, la mobilité ou encore le climat.

  • [Entretien] Benoît Belvalette : « Ne pas être une gauche incantatoire mais utile »

    [Entretien] Benoît Belvalette : « Ne pas être une gauche incantatoire mais utile »

    La Marseillaise : Vous avez d’abord été candidat aux municipales puis avez rejoint la liste de David Fournier avant d’en sortir au second tour avec la fusion LFI. Quel bilan tirez-vous de cette campagne ?

    Benoît Belvalette : On a toujours dit que les municipales n’étaient qu’une étape pour Place publique, pas une fin en soi. On a souhaité porter une nouvelle façon de faire de la politique et apporter cette régénération qui manquait tant à cette ville. D’ailleurs, l’élection d’Olivier Galzi est la démonstration qu’il y avait peut-être besoin d’un renouveau sur cette ville. De mon côté, des contraintes professionnelles m’ont amené à être beaucoup moins présent. Au sein du rassemblement, j’ai eu l’impression que le projet n’était pas forcément une priorité, ou du moins on n’a pas assez affirmé que c’était quelque chose d’essentiel, on aurait aimé peser plus fortement sur les choix stratégiques. Derrière, il planait toujours ce doute d’une alliance avec LFI. Le positionnement de David Fournier n’a pas toujours été très clair, on peut comprendre dans sa stratégie, qu’il fallait aller chercher des électeurs LFI. Mais l’absence de clarté n’a pas aidé. On avait fait un choix clair [vis-à-vis de LFI] et on l’a assumé, on ne regrette pas. Plus largement, avec le recul, je pense que si on s’était réunis avec Joël Peyre (PRG) et Paul Roger Gontard (La Convention) on aurait beaucoup plus pesé. On doit tirer les enseignements de notre incapacité à se mettre d’accord pour les prochaines échéances.

    Quelles sont-elles justement ?

    B.B. : Déjà, on continuera d’être présent dans la vie locale, on sera une vraie force de proposition, une vigie exigeante, pour être utile à Avignon. Le prochain scrutin sera les sénatoriales. On va y participer et aider à ce que la gauche soit bien représentée. On a rencontré Lucien Stanzione [sénateur PS sortant] qu’on devrait soutenir. Mais on se projette avant tout sur la présidentielle avec la candidature, certainement en septembre, de Raphaël Glucksmann. Et ensuite les législatives. Les municipales ont montré que l’alliance ambiguë du PS avec LFI a perturbé la lisibilité du discours. Pour d’autres échéances, Place publique peut porter ce leadership d’une gauche sociale ouverte et humaniste, sans considérer que LFI fasse partie de ce périmètre.

    Quel regard portez-vous sur les débuts d’Olivier Galzi ?

    B.B. : Si on veut être crédible, il faut laisser à cette municipalité le temps d’agir, ça serait malhonnête d’être déjà dans une critique exacerbée. Chaque fois qu’il faudra alerter, nous le ferons. Et chaque fois qu’une décision ira dans le bon sens, on la saluera, parce que c’est ça aussi faire de la politique : ne pas être une gauche qui soit incantatoire, simplement à dénoncer, mais être une gauche objective et utile. Je mets en garde Olivier Galzi : quand on veut faire un travail de fond, la politique mérite mieux qu’une communication à outrance. Il faut de l’humilité et du travail, ne pas considérer qu’on peut avoir toutes les réponses aux problématiques et puisqu’on veut représenter l’ensemble des Avignonnais, il faut entendre toutes les forces politiques qui ont des choses à dire.

  • À Malaucène, l’agglo maintient sa volonté d’exproprier les papeteries

    À Malaucène, l’agglo maintient sa volonté d’exproprier les papeteries

    Depuis plus de deux ans et le rachat en coopérative des anciennes papeteries de Malaucène, le projet de reconversion va d’embûches en embûches. Pour rappel, ce site de 33 hectares est à l’abandon depuis 2009 et la fermeture des papeteries après cinq siècles d’activité. Après des projets contestés et avortés de villas de luxe, des citoyens réunis au sein de la Scic la Fabrique du Ventoux ont racheté le site. Avec la volonté d’y implanter de multiples activités (zone artisanale, tiers lieu, logements, salle de spectacles, gîtes, terrains sportifs).

    Sauf que sur la partie dite haute du site, à la sortie de Malaucène sur la route du Ventoux, la Cove (communauté d’agglomération Ventoux Comtat Venaissin) a un tout autre dessein : l’implantation d’une zone artisanale, ardemment défendue par le maire, Frédéric Tenon. Lors de la mandature précédente, l’agglo avait engagé à marche forcée son projet, lançant concertation publique et dépôt de dossier auprès de l’autorité environnementale. En juillet dernier, la préfecture avait même pris un arrêté pour autoriser l’accès au site aux « agents de la Cove ainsi qu’aux entreprises mandatées par ses soins pour réaliser des études ».

    La Cove augmente son offre d’achat

    Quelques mois plus tôt, François Paillusseau, président de la Fabrique du Ventoux, dénonçait « une logique d’affrontement ». Des procédures judiciaires ont été engagées contre un arrêté municipal interdisant l’accès total aux papeteries ou l’impossibilité de se raccorder à l’eau ou l’électricité. « Il y a un deux poids deux mesures car dans le même temps, une compétition de trial est autorisée par la préfecture ou, pas plus tard que ce lundi, des militaires se sont présentés sur le site pour s’entraîner assurant avoir eu l’autorisation de la mairie », s’exaspère Alexandrine Meynaud, membre du conseil coopératif de la Fabrique du Ventoux, chargée des relations extérieures. Fin avril, un nouvel arrêté préfectoral vient suspendre le fonds de dotation pour la reconversion des papeteries, pour absence « de comptes annuels et de rapports d’activité ». « C’est rien de dramatique, on a entre-temps fourni les documents », démine Alexandrine Meynaud alors que l’État a, en parallèle, accordé 860 000 euros de fonds pour la relance de friche industrielle.

    C’est dans ce contexte que lundi dernier, trois représentants de la Fabrique du Ventoux ont été reçus par Alain Constant, nouveau président (SE) de la Cove, en présence aussi du maire de Malaucène. « Cela faisait deux ans et demi qu’on demandait à être reçus », apprécie Alexandrine Meynaud. Le passé professionnel d’Alain Constant au sein des papeteries a sûrement compté. « J’y ai travaillé pendant 22 ans jusqu’à être responsable des services techniques, confirme-t-il. Mais les souvenirs et mon histoire personnelle, il faut savoir les mettre de côté et raisonner dans l’intérêt général. » Et dans l’esprit de celui qui est aussi maire de Bédoin, cela s’inscrit dans les pas du mandat précédent. « L’approche globale n’est pas la même mais le besoin concernant les artisans est partagé », campe Alain Constant.

    Sauf que les propriétaires militent pour implanter cette zone sur la partie basse. « Les coopérateurs ne sont pas battus pendant dix ans contre des villas de luxe dans le vallon du Groseau pour se retrouver avec une zone artisanale et l’agrandissement des hangars de 40%, martèle Alexandrine Meynaud. On se fonde sur notre victoire à la cour administrative d’appel qui dit que le vallon est un paysage remarquable dans lequel on ne peut rien construire. C’est notre cheval de bataille. On veut bien travailler avec la Cove sur un projet de reconversion du vallon du Groseau dans la mesure où on ne construit pas de nouvelles structures. »

    Lors de la réunion, une nouvelle proposition d’achat à l’amiable a été formulée à 310 000 euros contre 285 000 euros auparavant. « On va étudier l’offre mais on n’agit pas pour de la spéculation immobilière », prévient Alexandrine Meynaud. Mais la Cove reste bien décidée à avancer. « On est partis pour exproprier mais ce n’est pas parce que la procédure est engagée qu’un rapprochement est exclu, assure Alain Constant. On est à l’écoute pour améliorer notre projet qui est réaliste et financé, où la Cove restera propriétaire. » Le président reconnaît « l’ajout d’une construction à la marge, mais il n’y aura pas d’imperméabilisation supplémentaire ». Des géomètres doivent intervenir en juin pour du bornage, une enquête publique pourrait ensuite démarrer avant la fin de l’année.