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  • À Avignon, Amine Kessaci appelle à voter David Fournier

    À Avignon, Amine Kessaci appelle à voter David Fournier

    Vous êtes un héros, Monsieur, je ne pensais pas vous voir ici », salue, la voix tremblante, un ado de 17 ans à destination d’Amine Kessaci. En ce début d’après-midi de vendredi, sur la place de l’Horloge, le militant antinarcotrafic, candidat aux municipales à Marseille en 3e position sur la liste de Benoît Payan (DVG), est là en appui de David Fournier (PS) et sa liste de rassemblement de plusieurs partis, dont les Ecologistes où Amine Kessaci milite. Même à Avignon, sa popularité dépasse celle du candidat local. « Tu es un exemple, ton aura, ton combat sont un modèle d’engagement », ne manque pas de souligner David Fournier, qui s’était rendu, mi-novembre à Marseille, à l’hommage rendu à Mehdi, petit-frère d’Amine Kessaci, froidement abattu dans un crime considéré comme d’intimidation.

    « Je n’ai pas peur, personne ne m’empêchera d’aller tracter », assure avec force et charisme Amine Kessaci, suivi de près par un impressionnant dispositif de sécurité. En aparté, il confie qu’il est plus facile pour lui de faire campagne hors de Marseille et défendre ses idées au niveau national par le biais de son association Conscience ou le projet qu’il porte avec l’association des maires de France. « On souhaite créer un dispositif très concret de dépaysement, qui permettra entre maires de s’entraider pour sortir des jeunes des réseaux de narcotrafic en les envoyant dans d’autres villes avec un emploi et un logement », illustre-t-il. En attendant, Amine Kessaci vient dire « toute sa confiance à David pour porter la dignité dans les quartiers populaires, pour réparer ce qui a été cassé, réapporter du service public, travailler avec la police municipale, qu’il ne faut pas désarmer », glisse-t-il, dans une allusion à certaines prises de position de la France insoumise.

    Un appel au vote utile

    dès le 1er tour

    David Fournier se pose en garant d’une approche globale sur la sécurité, défendant la proximité en misant sur des postes mutualisés entre police nationale et municipale, comme celui en travaux sur la Rocade (lire page 16), sans oublier les attentions portées aux enfants (petit-déjeuner dans les écoles, bas tarifs dans les cantines) ou à la jeunesse et leurs familles (sécurité sociale de l’alimentation, mutuelle communale pour le logement et les véhicules). Juste avant de conclure la séquence, Amine Kessaci insiste sur le vote utile. « Face à la droite et son extrême, la désunion n’est pas la solution, je dis à tous les électeurs de gauche, la seule liste en capacité de gagner, c’est celle de David dès le 1er tour, quand on se dit antifasciste, il faut aussi parfois accepter de se retirer », prévient-il.

  • À Avignon, l’Après pense au présent et au coup d’après

    À Avignon, l’Après pense au présent et au coup d’après

    C’est au théâtre du Rouge-Gorge que Raquel Garrido et Alexis Corbière ont conclu, ce jeudi, leur après-midi avignonnais sur une note culturelle. La porte-parole nationale de l’Après (Alliance pour la République écologique et sociale) et le député de Seine-Saint-Denis sont venus soutenir la « liste d’union » de David Fournier (PS). Mais dans une culture précédente, ils auraient certainement été en appui de Mathilde Louvain (LFI). Oui mais voilà, ces deux anciennes figures de la France insoumise ont pris leurs distances avec le parti fondé par Jean-Luc Mélenchon.

    « Je ne connaissais pas David, je fonctionne à l’intuition, c’est une belle personne, cela s’est vu dans sa capacité à fédérer », flatte Raquel Garrido à destination du candidat, qui a investi trois militants de l’Après sur sa liste (Marie-Anne Bertrand, Jean-Luc Fauche et Méliades Bey). « Le courant est très rapidement passé entre nous, c’était évident de travailler ensemble », salue David Fournier. L’un des fondements de l’Après réside dans l’union à gauche et met en place une primaire en vue de la présidentielle.

    Mettre LFI « à moins de 10% »

    L’heure est d’abord aux municipales. « Il faut encourager l’union et décourager les esprits solitaires que LFI a mis en œuvre. Les électeurs de gauche, et particulier ceux qui croient au programme de l’avenir en commun, doivent sanctionner cette stratégie et mettre les listes LFI à moins de 10% de façon à envoyer un message à la direction insoumise vers l’union, que la conduite récente de Jean-Luc Mélenchon rend difficile », estime Raquel Garrido. Et laisse ensuite à l’appréciation locale de jauger un éventuel rapprochement au second tour.

    Alexis Corbière se pose en défenseur de l’esprit « joyeux et efficace » du Nouveau front populaire, qui lors des législatives de 2024, avait permis de placer la gauche en tête et damner le pion au RN. « Si David gagne, c’est l’union et pas que le PS », insiste le parlementaire. Qui voit dans les municipales, le coup d’après de la présidentielle. « C’est le moment d’arrêter la division, la lecture des municipales doit être éclairante pour la suite. Dans beaucoup de villes, les listes d’unions seront devant et cela fera passer un message pour la présidentielle », prédit Alexis Corbière.

  • À Apt, Céline Celce mise sur une écoute maximale pour convaincre

    À Apt, Céline Celce mise sur une écoute maximale pour convaincre

    Il est un peu plus de midi, ce jeudi. À deux pas de l’Hôtel de ville d’Apt, devant son local de campagne, Céline Celce finalise le parcours du jour pour un porte-à-porte minutieusement préparé, rue par rue. « On ne part pas pour du boîtage mais vraiment pour du tractage », insiste la candidate (Génération.s) de l’union de la gauche pour « Apt renouveau ». Bien sûr, si après un coup sonnette sans effet, un tract finira dans la boîte aux lettres – sans d’ailleurs jamais retirer ceux des candidats adverses – Céline Celce met un point d’honneur à dialoguer.

    « On consulte la population depuis un an et on la consultera surtout encore après les élections, on est les seuls à proposer des commissions municipales avec l’intégration des citoyens, des élus référents de quartier », développe l’actuelle élue d’opposition. Une place pour le budget participatif est prévue dans le programme, « on le demande chaque année par amendement au conseil municipal et c’est refusé », souligne-t-elle. À ses côtés, son colistier Thomas Viens abonde : « Les gens nous disent vouloir se sentir impliqués dans les décisions, il n’y a pas de volet démocratie non plus dans le programme de Jean Aillaud ». Ce dernier, actuel premier adjoint, conduit la liste DVD, après le renoncement de la maire Véronique Arnaud-Deloy (LR) de se représenter. Dominique Santoni, présidente LR, du Département figure en 2e position sur la liste.

    Dès la première porte, une jeune fille ouvre. « Je ne vote pas à Apt mais mes parents suivent de près la campagne », glisse-t-elle. Preuve dans la seconde, son papa, Vincent, arrive. Directeur d’école, il a « un quart d’heure pour manger » mais prendra largement le temps de discuter avec la candidate « qu’il a reconnue ».

    L’accès à la santé fait parler

    Il est beaucoup question d’accès aux soins avec la perspective de la fermeture du centre médical des Druides, où Céline Celce prévoit de racheter les murs puis de les louer aux médecins. « J’ai fait plusieurs réunions publiques, mon cœur penche d’un côté mais je regarde les programmes plus que les étiquettes politiques », confie-t-il. Céline Celce et Thomas Viens ont le sentiment que les habitants ont envie de changement. « Il y a des mécontentements, ce n’est pas normal que la capitale de Luberon ait perdu 2 000 habitants en 10 ans, il n’y a plus de tribunal, de maternité et maintenant plus de bloc opératoire à l’hôpital, liste Céline Celce. Mais il faut faire de notre enclavement une force en misant sur la proximité, créer des emplois non délocalisables car notre avantage c’est qu’on ne se fera jamais englober par une autre ville et on ne deviendra jamais une cité-dortoir. » La suite de la déambulation permet d’évoquer pêle-mêle, « le taux de pauvreté de 27% dans la ville », des « rencontres avec les chefs d’entreprise qui ne m’ont jamais fermé la porte », ou, côté commerces, « la création d’une rue de l’artisanat et relancer le dispositif zéro rideau de fer avec des fresques » sur les devantures closes.

    Après quelques polis refus, un homme entame une discussion. Aptésien depuis 6 ans, « plutôt de gauche », il évoque les risques d’inondation du Calavon et de ses dangereux méandres pouvant altérer la sécurité de murs. « J’entends beaucoup parler de sécurité, de caméras, moi je suis plutôt pour plus de présence humaine », expose-t-il. « Les caméras sont là, on ne va pas les enlever, on souhaite une police municipale qui prévient autant qu’elle intervient », juge Céline Celce. Dans dix jours, outre Jean Aillaud, elle se mesurera à une liste d’extrême droite, incarnée par Patrick Bonnet, et une autre portée par Christophe Carminati – DVG aux yeux de la préfecture bien que ce dernier se revendique au centre -. À noter que Céline Celce et Christophe Carminati ont été élus en 2020 sur la même liste de Dominique Thévenieau (DIVC). « Il refuse toutes discussions depuis un an, ma porte reste toujours ouverte », assure la candidate au sujet d’un éventuel rapprochement au second tour.

  • Vaucluse : royalistes, ou « à bas les rouges » dans les parages

    Vaucluse : royalistes, ou « à bas les rouges » dans les parages

    Comment faire l’impasse sur l’inénarrable cas orangeois ? Ancien maire de la cité des Princes entre 1995 et novembre 2021, Jacques Bompard (Ligue du sud), 83 ans, brigue un 6e mandat dans dix jours. Il postule après avoir purgé une peine d’inéligibilité – raccourcie – pour prise illégale d’intérêts. Jacques Bompard compte donc reprendre la main à son fils maire, Yann, lui aussi condamné pour emploi fictif fin janvier et déclaré inéligible. Une sanction qui frappe également la députée RN Marie-France Lorho, conseillère municipale sortante, qui ne peut figurer sur les listes.

    Mais au-delà de ces cas médiatiques, d’autres profils, pas forcément condamnables judiciairement, éclairent sur le côté très réactionnaire du parti. À Morières, après avoir été directeur de cabinet du maire RN Grégoire Souque, Joris Varjabédian est cette fois candidat sur la liste [en 2020, il l’était aussi mais à… Marseille dans les 11-12, sur la liste de Stéphane Ravier]. Un homme à la forte conviction royaliste, le collectif No Pasaran épinglant ses publications à la gloire de Louis XVI. En véritable nostalgique de l’ancien Régime, chaque 21 janvier, il regrette la décapitation de l’ancien roi. « Depuis, la France continue de purger sa peine pour l’assassinat de ce monarque innocent », écrit-il en 2019. Contacté, il assume son opinion : « Je n’ai strictement rien à me reprocher. Si déplorer la décapitation d’un homme relève du fascisme, je laisse ces admirateurs de Robespierre à leurs délires », réagit Joris Verjabédian renvoyant No Pasaran à son soutien à la Jeune garde. « Plutôt que de décréter de véritables fatwas contre ceux qui ne pensent pas comme eux, ces gens-là feraient donc mieux de balayer devant leur porte et de faire profil bas », pique-t-il.

    Dans la ville centre d’Avignon, certains profils interrogent aussi. Comme celui de Clément Gautier. S’il n’est pas candidat sur la liste RN d’Anne-Sophie Rigault, il la soutient ardemment. « Avignon mérite la droite. Sus aux gauchistes », écrit-il sur son profil Facebook toujours actif, au sujet d’une réunion publique d’Anne Sophie Rigault mi-février. Un style trivial pour ce membre influent de l’Action française, dont il dirige l’une des éditions. Après la mort du militant identitaire Quentin Deranque, il relaie une réaction de l’Action française, estimant que « l’heure est à la réaction française et populaire contre l’engeance gauchiste, par tous les moyens, même légaux ». Et conclut « à bas les rouges ».

    Une colistière veut prendre les armes

    Caroline Lopez est, elle, en revanche candidate (25e position). « Employée de pharmacie, artiste peintre, défenseure des animaux », présentait Anne-Sophie Rigault, vendredi soir lors d’un meeting dévoilant sa liste. Elle aurait pu ajouter : appel à la sédition par la violence. Dans des publications sur Facebook, supprimées depuis, elle enjoint à défendre la France par les armes ou relaie des pseudo-blagues racistes. Rappelons qu’elle a été candidate FN aux départementales 2015 sur le canton de Pernes, accédant au second tour.

  • À Vedène, un candidat PCF agressé par un militant RN

    À Vedène, un candidat PCF agressé par un militant RN

    À chaque campagne, c’est souvent le jeu du chat et de la souris entre militants, à celui qui collera le plus pour son candidat. Ce dimanche à Vedène, ce jeu a pris une tournure bien plus violente. Militant PCF et candidat sur la liste de l’actuelle élue (PCF) d’opposition Fabienne Vera, Thierry Ménard accuse un militant RN de l’avoir menacé de mort. « En début d’après-midi, dans le quartier Orsan, après avoir collé six affiches du parti sur le candidat RN, je vois arriver une voiture grise qui me bloque la route au stop après avoir pris à contresens un rond-point », témoigne Thierry Ménard.

    Là, devant plusieurs passants ou automobilistes également bloqués, le militant RN « s’approche à 5 cm de moi et me menace par trois fois en me disant si tu continues à coller sur nos affiches, tu es mort », s’indigne le colistier, ensuite bousculé au moment de sortir son portable, tombé au sol. Dans la foulée, il ira porter plainte à la gendarmerie de Saint-Saturnin, où est mentionné le type de véhicule et sa plaque d’immatriculation. « Cela prouve la corrélation entre le fond d’un parti politique et son attitude sur le terrain », déplore Thierry Ménard, pas prêt à se laisser intimider.

    « C’est vraiment décevant d’en arriver là, je donne pour consigne de respecter l’affichage libre et de rester diplomate », réagit Fabienne Vera, qui reconnaît ne « pas vouloir laisser l’espace public » saturé par l’extrême droite. Contacté, le candidat RN Geoffrey Fallami a préféré écourter l’appel, promettant « peut-être » de nous rappeler. On attend toujours.

  • À Avignon, passage en revue des colistiers des différents candidats

    À Avignon, passage en revue des colistiers des différents candidats

    Dans moins de deux semaines, les Avignonnais auront le choix entre six bulletins de vote dans l’isoloir. Si la candidature de Stéphane Geslin est une surprise (lire ci-dessous), Stéphan Fiori avait jusque-ici été le seul candidat à présenter officiellement sa liste (notre édition du 12/02), très pro-business avec des proches, qu’ils soient amis ou collaborateurs. Zoom sur les quatre autres candidats.

    Mathilde Louvain (LFI)

    « Loin des caricatures, d’une moyenne d’âge de 49 ans, notre liste se compose notamment de 4 étudiants, 5 retraités, 6 professionnels du secteur culturel, 7 de la santé, environ 10 cadres, 12 professionnels de l’éducation et 9 issues d’horizons divers », résume dans un communiqué la liste insoumise. Mais pas que. Soutiens, le PCF et Génération.s sont représentés. Comme attendu, Julien De Benito adjoint au maire et secrétaire du PCF 84 n’est pas candidat. Rémy Blanc, conseiller départemental (PCF), est 2e de liste, Anne-Catherine Lepage, autre élue actuelle (PCF) est 11e. Adjointe aux sports représentant Avignon collectif, Zinèbe Haddaoui est numéro 3. Autre adjoint, Éric Deshayes (G.s) figure en 8e position. Suspendue des Écologistes, l’ex-cheffe de file, Sabah Badji est 5e. Pas de Raphaël Arnault sur la liste, mais son collaborateur vauclusien, Lounes Djoumer est 26e. Parmi les autres colistiers, on note la présence de militants syndicaux (Emmanuel Loubier, CGT hôpital de Montfavet) ou associatifs comme Aurélie Créa du pôle LGBT ou de Rosmerta, Guy Chenevier et leur avocate Véronique Marcel.

    David Fournier (PS)

    Soutenu par plusieurs partis de gauche, le candidat PS a dû mesurer les différents équilibres politiques. C’est une socialiste, secrétaire de section à Avignon, qui est pourtant numéro 2, Marilyne Croyet. Sans surprise, la liste compte un total de 17 élus actuels, dont les 4 écologistes, aujourd’hui divisés dans l’opposition (Mouloud Rezouali 3e ; Christine Lagrange 8e ; Annie Rosenblatt 28e ; Jean-Pierre Cervantès 35e) mais aussi le conseiller départemental Samir Allel (15e). Le premier adjoint Claude Nahoum (5e), les adjoints et conseillers départementaux Fabrice Tocabens (11e) et Laurence Lefèvre (12e) sont là tout comme les élus Marie-Anne Bertrand (l’Après, 14e), Christian Rocci (19e), Lilou Quenesson (20e) ou, plus loin, Claude Tummino (39e). Benoît Belvalette (Place publique, 9e) et l’ex-insoumis Farid Faryssy (7e) figurent en bonne position. La sœur de ce dernier, Yasmine Faryssy (34e) est aussi candidate. Les nouveaux visages figurent principalement au-delà de la 20e place.

    Olivier Galzi (DVD)

    L’ex-journaliste TV présentera officiellement ses colistiers jeudi soir. Mais on trouve en 2e de liste une commerçante, Corinne Chatriot. Un ex-adjoint au commerce de Cécile Helle sous le premier mandat, Florian Borba Da Costa, figure en 15e position. D’anciens des mandats de Marie-Josée Roig sont investis comme Christian Paly, Isabelle Altayrac ou Valérie Wagner. Comme annoncé, l’ex-entraîneur de foot, Claude Le Roy, candidat en 2001 avec Elisabeth Guigou (PS) change de banc et sera candidat (37e). Pas en revanche de Christian Perramond (LR) et référent d’Avignon passion, le mouvement lancé par Julien Aubert, qui a rejoint ensuite Olivier Galzi. Le candidat a aussi investi sa compagne, Anaïs Hausmann (15e).

    Anne-Sophie Rigault (RN)

    Déjà tête de liste en 2020, la conseillère régionale a conservé près d’elle Murielle Magdeleine. Actuel élu, Paul Ruat est relégué à la 20e place quand Arnaud Renouard, autre élu n’est plus sur la liste. En juin lors d’un conseil municipal, il s’était ému que la Ville débaptise une rue au nom d’un médecin eugéniste proche du régime nazi. Nous reviendrons dans une prochaine édition sur d’autres profils de la liste.

  • À Avignon, le parti des travailleurs plaide pour une « municipalité de lutte »

    À Avignon, le parti des travailleurs plaide pour une « municipalité de lutte »

    Cela a été la surprise de la matinée, vendredi en préfecture : une 6e liste en lice à Avignon, portée par Stéphane Geslin du parti des travailleurs. « C’est un combat de longue haleine, on a diffusé sur les marchés, on a fait du porte-à-porte, on n’était pas cachés mais on n’a pas communiqué dans la mesure où on n’était pas sûr d’aboutir », justifie ce professeur d’histoire-géographie au lycée Mistral.

    Déjà candidat en 2014 (1,41%) et aux législatives de 2022 (0,81%), Stéphane Geslin n’avance pas de réel programme local mais plaide « pour une municipalité de lutte pour aider la population à obtenir ce dont elle a besoin ». À savoir, des services publics, « en rupture avec la politique d’austérité menée par Emmanuel Macron, dont le corollaire est le manque d’argent pour les collectivités », dresse le candidat. S’il reconnaît à la maire sortante Cécile Helle (PS) d’avoir remunicipalisé la restauration scolaire, il aspire à plus, « comme la régie publique de l’eau ou le retour de la gratuité du parking de l’hôpital ». « On ne peut pas accepter le non-remplacement de fonctionnaires, il en manque à la voirie, aux musées… », liste Stéphane Geslin. Quid des policiers municipaux ? « On n’est pas des grands partisans du développement de l’appareil de répression, la première des sécurités, c’est le terrain social et avec la création d’emplois », conclut-il.

  • À Avignon, la ville-centre sera-t-elle majoritaire ?

    À Avignon, la ville-centre sera-t-elle majoritaire ?

    Avec près de 200 000 habitants, la communauté d’agglomération du Grand Avignon est de loin la plus importante de Vaucluse, très loin devant la communauté de communes Sud Ventoux et ses 10 000 habitants. Avec 16 communes, dont 7 du Gard, le Grand Avignon est le pôle majeur du département malgré sa position géographique enclavée entre Rhône et Durance. Pour autant, à l’instar de Marseille dans la Métropole, la ville-centre d’Avignon n’a pas les pleins pouvoirs.

    Car, depuis 2014 et l’élection de Cécile Helle (PS), Avignon a été mis en minorité, bien que la maire ait été candidate à chaque fois à la présidence, battue par Jean-Marc Roubaud (UMP, maire de Villeneuve) puis Joël Guin (DVD, maire de Vedène). Un état de fait que Cécile Helle a longtemps regretté, se voyant priver de champs d’action complets pour sa commune dans le domaine des transports, de la rénovation urbaine ou encore de la gestion de l’eau.

    Dire que le débat pour la présidence du Grand Avignon agite les candidats serait mentir. Une intention que l’on prête à Pascale Bories, maire LR de Villeneuve, qui n’a pas confirmé, ni démenti. À Avignon, hormis Olivier Galzi (DVD), personne n’a assumé pleinement vouloir être à la fois maire et président du Grand Avignon. À gauche, à l’inverse, Mathilde Louvain (LFI) et David Fournier (PS) ne comptent pas cumuler, mais entendent avoir la majorité. « Je rencontre plusieurs maires », a ainsi confié David Fournier, jeudi dernier, lorsque le sujet d’une gestion publique de l’eau a été évoqué. Un dossier que les futurs élus communautaires auront rapidement à trancher, puisque l’actuelle délégation de service public arrive à terme fin 2028.

    Pour l’heure, les candidats avignonnais restent mystérieux quant à leur stratégie pour convaincre les 15 autres futurs maires de rallier Avignon sans écraser les autres. David Fournier mise sur un petit dénominateur commun comme socle de base d’une discussion pour ensuite édifier la pyramide. Rappelons que la majorité avignonnaise compte pour environ un tiers des élus totaux du Grand Avignon. Il faut donc, là aussi, négocier des alliances pour ce 3e tour des municipales qui se tient généralement en avril, deux semaines après les élections.

  • À Avignon, six listes se disputent la succession de Cécile Helle

    À Avignon, six listes se disputent la succession de Cécile Helle

    Quel est le point commun entre Stéphane Geslin (parti des travailleurs) et Anne-Sophie Rigault (RN) ? Outre le fait qu’ils soient classés aux extrêmes de l’échiquier politique, ce sont les seuls parmi les 6 candidats à la mairie à avoir déjà été têtes de liste. Pour le premier, dont la candidature était complètement hors des radars jusque-là, c’était en 2014 (1,41%). Pour la seconde, c’était il y a six ans, déjà en cheffe de file de l’extrême droite (2e, avec 30,06%).

    Ils seront donc six candidats à briguer la succession de Cécile Helle (PS), qui ne se représente pas après deux mandats. Comme révélé vendredi matin, le nom de Stéphane Geslin est apparu lors du tirage au sort à la préfecture. Ce professeur du lycée Mistral, qui avait mené campagne aussi aux législatives de 2022 (0,81%), ne s’était absolument pas fait connaître de la sphère médiatique et publique. Il conduira la « liste ouvrière et jeune pour la défense des intérêts de la population et des services publics ».

    Quelle stratégie à gauche au 2nd tour ?

    Pour les autres prétendants, le casting était déjà bien ancré. À gauche, David Fournier s’inscrit dans la poursuite du travail de Cécile Helle, dont il a fini par avoir le soutien. L’actuel adjoint (PS) mènera la liste Ensemble et solidaires, rassemblant autour de lui de nombreux élus sortants et partis de gauche (Les Écologistes, Génération écologie, l’Après, PRG, parti animaliste, Place publique). Il entend disputer le leadership à gauche à Mathilde Louvain (LFI, la Nouvelle Avignon populaire), soutenue aussi par le PCF et Génération.s, venus de la majorité sortante, et le mouvement citoyen Avignon collectif. De leur éventuelle entente le soir du premier tour dépendra en grande partie la victoire de la gauche. Pour l’heure, cette épineuse question n’a pas été tranchée et divise au sein des deux camps respectifs.

    En face, Olivier Galzi (Le bon sens pour Avignon), qui se revendique sans étiquette, mais avec le soutien officiel (UDI, Horizons) ou voilé de partis de droite et macronistes, sera le représentant de la droite. L’ex-journaliste TV a officialisé sa candidature à l’automne et a bénéficié du champ laissé libre par Julien Aubert (LR), qui a renoncé à la mi-novembre. Disruptif, il essaye de reprendre les codes du macronisme et joue une partition ancrée sur la sécurité-propreté-mobilités. Dans ce sillon divers droite, il est concurrencé par Stéphan Fiori (Entreprendre pour Avignon). Ce chef d’entreprise, éphémère LR, n’a aucun encarté avec lui sur sa liste très pro business. Enfin Anne-Sophie Rigault (RN, Avignon en avant) tentera de sortir du rôle de l’éternelle opposante en conseil municipal.

  • À Avignon, regain de tension entre Galzi et la majorité sortante

    À Avignon, regain de tension entre Galzi et la majorité sortante

    C’est le propre de chaque campagne : dérouler son programme tout en critiquant le cas échéant celui des autres, voire le bilan des sortants. À deux semaines du premier tour, la situation se crispe de plus en plus entre les équipes d’Olivier Galzi (DVD) et de David Fournier (PS), issu comme nombre de ses colistiers de la majorité sortante. D’autant que le scrutin s’annonce indécis, les deux étant donnés au coude-à-coude au premier tour dans un sondage paru la semaine dernière.

    Depuis son entrée en campagne, Olivier Galzi se pose en releveur d’une Avignon sur le déclin face à une majorité qui aurait échoué sur la sécurité, les transports, la propreté ou le commerce. Fin orateur, l’ex-journaliste TV appuie régulièrement son propos d’informations indiscrètes qui émaneraient de sources municipales, laissant infuser l’idée que la Ville dysfonctionne. Dans le camp d’en face, on répond amateurisme, populisme voire mensonges. En novembre déjà, Olivier Galzi se faisait reprendre par l’adjoint aux commerces Claude Tummino sur une proposition de campagne. La semaine dernière, c’est Jean-Marc Bluy, adjoint au logement, qui répondait vertement sur l’attribution de logements sociaux.

    Un cap supplémentaire a été franchi ce jeudi. La municipalité s’est fendue d’un communiqué de presse au sujet de la vidéosurveillance. Un outil pour lequel Olivier Galzi promet des caméras intelligentes et d’en déployer 100 nouvelles. Ce qui a piqué la Ville, c’est surtout une vidéo du candidat qui dénonce « 60 caméras » inopérantes. « Il est temps de rétablir la vérité ! », énonce la municipalité. Sans jamais citer le candidat DVD, la Ville assure que « contrairement à ce qui a été affirmé à l’occasion d’une polémique stérile, la caméra située à l’angle des rues Thiers et d’Amphoux fonctionne et a toujours été opérationnelle ». Selon elle, seules six caméras sont hors service sur un total sur les 200 sites équipes.

    « Avignon n’est pas un lieu de one man show »

    La Ville reconnaît que « les caméras peuvent faire l’objet de pannes ou de détérioration mais elles sont systématiquement réparées ». « Nous sommes donc loin des caricatures avancées par certaines personnes », conclut la municipalité. Ce vendredi, Olivier Galzi n’en démord pas : « Selon nos informations, recoupées et vérifiées, le taux de caméras en panne était encore jusqu’à récemment de 15%, soit près de 30 caméras dysfonctionnelles en permanence », maintient le candidat dans un communiqué, estimant que « le système de vidéoprotection n’a pas été une priorité ».

    Au-delà de cette querelle de chiffres, mercredi Olivier Galzi avait également accusé David Fournier de censure électorale (notre édition de vendredi), l’actuel adjoint étant élu à l’administration municipale. « Buzz électoraliste », avait répondu David Fournier, qui, à plusieurs reprises, soulignait qu’Olivier Galzi était tout récemment inscrit sur les listes électorales. « Il ne s’intéresse aux Avignonnais que pour une fonction et trouver une issue pour son inactivité », piquait David Fournier en meeting avec Olivier Faure. « Avignon n’est pas un lieu de one man show », fustigeait de son côté le 1er secrétaire du PS qui ne perdait pas de vue que « l’extrême droite » restait le principal danger.