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  • La préfecture confirme la forte hausse des expulsions locatives en Vaucluse

    La préfecture confirme la forte hausse des expulsions locatives en Vaucluse

    Il y a deux semaines, la confédération nationale du logement en Vaucluse (CNL 84) avait organisé un rassemblement devant la préfecture contre les expulsions locatives. L’association déplorait ne pas avoir de chiffre précis concernant le nombre de personnes sorties de leur logement par le concours de la force publique, ni d’ailleurs d’avoir eu une réponse de la préfecture à sa demande d’audience.

    « Je ne reçois pas la CNL qui demande zéro expulsion, ça ne marche pas, ce n’est pas possible quand le juge décide que vous devez quitter le logement, vous devez le quitter, la préoccupation sociale que l’on peut avoir, c’est de faire une proposition d’hébergement », justifie le préfet, interrogé ce mardi lors d’un point presse. Thierry Suquet confirme également que le Vaucluse n’est pas épargné par la hausse nationale des « familles jetées à la rue » selon la CNL : « Le nombre d’expulsions avec le concours de la force publique a augmenté de 58 % en 2025 », précise le préfet, soit 300 procédures exécutées sur 423 octroyées.

    Pour autant, tout en étant « ferme quand il y a une décision de justice », Thierry Suquet voit « un constat d’échec quand l’expulsion intervient au bout d’un long processus avant le jugement avec des propositions de relogement et d’hébergement ».

  • Grand Avignon : ces désignations d’élus qui font grincer des dents

    Grand Avignon : ces désignations d’élus qui font grincer des dents

    Trois semaines après son élection à la présidence du Grand Avignon, Olivier Galzi tenait sa première vraie séance du mandat, ce mercredi soir. Seize rapports très techniques et administratifs, largement consacrés à la désignation des élus au sein des commissions, syndicats mixtes ou sociétés publiques locales.

    « J’espère que l’on ne nous fera pas prolonger les débats de manière inutile », prévient d’entrée le président (DVD), un peu plus d’une semaine après une séance similaire en conseil municipal d’Avignon où chaque vote s’est fait à bulletins secrets avec une opposition de gauche et d’extrême droite sans voix au chapitre. « Ce sont des listes de consensus politiques où chaque commune est respectée en fonction de sa représentativité et du résultat des urnes », brosse Olivier Galzi. Trop peu au goût des élus de gauche d’Avignon et de Morières qui ont par moments présenté une liste concurrente. Cela « afin d’acter notre regret d’un manque de représentativité », justifie Mathilde Louvain (LFI) quand le président, oscillant entre agacement et dédain, demande à chaque fois si la liste est maintenue « alors que nous connaissons le résultat d’avance ». « Une posture, déplore-t-il à l’issue de la séance, il y a des sensibilités politiques qui sont habituées à faire ralentir les débats plutôt qu’à les avancer. »

    Une commune carencée pour siéger chez GDH

    Un nom fait tiquer la gauche, celui de Pascale Bories, maire LR de Villeneuve et 1ère vice-présidente en charge de l’habitat, pour siéger au sein du bailleur Grand delta habitat. « Quel signal politique envoie-t-on en élisant la représentante d’une commune qui ne respecte pas la loi SRU en étant déficitaire et pénalisée sur le logement social [364 000 euros, lire notre édition de mercredi] alors que 30 000 demandes sont en attente en Vaucluse », s’interroge Rémy Blanc (PCF). « Je suis désignée au titre de la délégation que j’occupe », répond Pascale Bories, Olivier Galzi ajoute qu’elle n’avait pas postulé d’elle-même. « Villeneuve n’a pas à rougir [taux d’environ de 14%], le rattrapage est long et la loi SRU comporte des défaillances », estime la maire gardoise.

    Autre choix, qui n’a pas fait réagir, mais qui peut questionner : la désignation de Joël Guin, ex-président du Grand Avignon, à l’assemblée générale de Tecelys. Cette SPL en charge notamment des transports dont il est le PDG, et qui est au cœur de lourdes accusations de défaillances et gestion de la part de l’ancien directeur général des services. Faut-il y voir un renvoi d’ascenseur d’Olivier Galzi au fait que Joël Guin ne se soit finalement pas représenté à la présidence ? « Personne n’a appelé l’ascenseur pour moi, j’ai monté les étages comme un grand », répond le maire d’Avignon. Joël Guin louvoie : « Je n’ai rien négocié, j’attends de discuter avec Olivier Galzi, on verra si je reste président. »

  • Logement social : un peu moins de villes déficitaires pénalisées

    Logement social : un peu moins de villes déficitaires pénalisées

    « C’est un sujet essentiel mais le système est en partie bloqué. » Rappelant que « 29 000 demandes » de logements sociaux restent en souffrance en Vaucluse, le préfet évoque là la problématique de l’accès pour tous à un toit. Or, encore 14 communes du département ont été sanctionnées financièrement en 2025 pour non-respect de la loi SRU, qui impose d’avoir entre 20% et 25% de logements sociaux. « La décohabitation, la nécessité de loger des jeunes et les travailleurs, des mutations internes… », autant de publics éligibles à un logement social souligne Thierry Suquet.

    Dans un arrêté paru la semaine dernière, la préfecture a donc établi la liste des communes carencées et pénalisées. L’État ne sanctionne pas aveuglément toutes celles qui sont en dessous du seuil réglementaire, « très dur à rattraper », concède le préfet. Après plusieurs années de hausse, aussi bien du montant global de l’amende et de villes pénalisées, les indicateurs sont cette fois en baisse : de 16 communes frappées au portefeuille en 2024, on passe à 14 en 2025. Le montant global de l’amende tourne autour de 2,12 millions d’euros contre 2,6 l’an dernier, se rapprochant de la somme de 2023 (1,9 million d’euros).

    Pour une question de cohérence territoriale, il convient de prendre en compte les communes gardoises du Grand Avignon. Pas d’évolution positive : les 5 villes assujetties (Villeneuve, les Angles, Rochefort, Pujaut et Roquemaure) restent largement sanctionnées à 1,18 million d’euros. Soit donc 3,3 millions d’euros en cumuler avec le Vaucluse, contre 3,7 l’an passé.

    Des fonds destinés

    à la construction

    « Nous pensons que quelques villes vont changer de seuils, certaines sont sorties de la carence ou ont connu une progression importante [de HLM] », note Thierry Suquet, citant « le bel exemple de l’Isle-sur-la-Sorgue avec l’intégration de logements dans le centre ancien ». De 13,9% de logements sociaux en 2023, la Ville est aujourd’hui à 17,4% et a vu, en deux ans, son amende passer de 517 000 euros à 270 000 euros.

    Dans le détail, Le Pontet, Cheval-Blanc et Monteux sont sorties des sanctions quand Lauris fait une entrée remarquée : 107 000 euros de pénalité pour 2,61% de part de logement social. Pour le reste, Aubignan, Bédarrides, Caumont, Entraigues, Mazan, Morières, Pernes, Pertuis, Robion, Saint-Saturnin-les-Avignon, Sarrians et Vedène sont encore sanctionnées. À l’instar de L’Isle-sur-la-Sorgue, la plupart des communes voient leurs amendes régresser, parfois de manière significative comme Pernes (de 454 000 à 266 000 euros) ou minime comme Aubignan (de 76 300 euros à 75 700 euros). Comme l’an passé, Pertuis récolte la plus forte amende avec 515 000 euros, soit 150 000 euros de moins qu’en 2024. Mazan, en revanche, progresse fortement (+60% à 242 000 euros) alors que Saint-Saturnin revient à l’étiage d’il y a deux ans (118 000 euros après seulement 40 000 euros l’an dernier).

    Rappelons que l’argent prélevé alimente des fonds destinés à la construction de logements sociaux, via l’établissement public foncier ou l’agence de rénovation urbaine. « Le droit de préemption et la substitution pour signer un permis de construire sont les outils les plus forts que nous avons », rappelle le préfet à l’heure des bilans triennaux de construction de logements sociaux. « Nous avons financé la construction de 610 logements en 2025, contre 539 en 2024 », chiffre-t-il. À voir désormais comment les nouveaux exécutifs des intercommunalités s’empareront du sujet, elles qui ont la compétence habitat et logement. Dans le Grand Avignon, cette délégation a échu à Pascale Bories, maire (LR) de Villeneuve-les-Avignon, sanctionnée de 364 000 euros pour non-respect de la loi SRU.

  • Relance de la LEO à Avignon : le préfet reste prudent

    Relance de la LEO à Avignon : le préfet reste prudent

    Il y a deux semaines, Olivier Galzi était à Paris pour défendre la cause de la liaison Est-Ouest (LEO), aujourd’hui en phase de clôture par les services de l’État. Le nouveau maire (DVD) d’Avignon et président du Grand Avignon entend réaliser la phase 2 (Rognonas – carrefour de l’Amandier) telle que prévue et s’en est ouvert auprès de Philippe Tabarot, ministre des Transports. « La donne politique a changé, on suppose que l’on va rouvrir le dossier mais il est trop tôt pour dire sous quelles conditions », commente le préfet de Vaucluse, interrogé ce mardi matin. En décembre, ce dernier indiquait avoir enclenché le dossier de clôture du projet de contournement routier sud d’Avignon, où seule 1 tranche sur 3 a été livrée il y a 15 ans. « Le dossier est sur le bureau du ministre, s’il constate un consensus politique qui n’existait pas il y a un an, il n’y a pas de raison de le signer », fait valoir le préfet.

    Toutefois, les partisans du projet ne doivent pas s’emballer alors que, de nouveau, des opposants se font entendre (élus écologistes, association de sauvegarde de la ceinture verte). Un prochain comité de pilotage doit se réunir sans encore d’échéance calendaire. Il y a un an, l’État avait proposé un projet revisité de la phase 2 pour rester sur le coût initial autour de 170 millions d’euros alors que la facture grimpait désormais à 300 millions d’euros. « Il reprend le même trajet, cadre juridique et 90% des fonctionnalités », assure le préfet. Mais au lieu d’une 2×2 voies comme sur la phase 1 (Courtine-Rognonas), la LEO serait une simple 2×1 voies sans aspect autoroutier avec donc croisements, feux rouges… « Des études doivent être poursuivies pour voir si le projet peut aboutir ce qui n’est pas gagné d’avance », prévient Thierry Suquet, moins inquiet, en revanche, sur le financement : « Il faudra aller chercher l’argent dans un prochain contrat de plan. » Laissant entendre que si les crédits initiaux prévus ont été réorientés, de nouveaux pourraient abonder.

  • L’aéroport d’Avignon reste entre deux zones de turbulence

    L’aéroport d’Avignon reste entre deux zones de turbulence

    Depuis presque 20 ans, la Région est propriétaire de l’aéroport d’Avignon. À ce titre, elle vote un budget dédié, adopté lors de la séance du 10 avril dernier. Jean-Pierre Serrus, vice-président aux transports, a tracé les grandes lignes 2026 d’un total de 4,5 millions d’euros au total. Si l’élu, dans les perspectives d’investissements et ouverture de lignes de crédit pour 2,3 millions d’euros a parlé des « travaux de création d’un nouveau parking pour les aéronefs et le programme de réhabilitation des bâtiments », on constate que l’aéroport est largement tributaire des fonds publics : 1,2 million d’euros de subvention dans ses recettes d’exploitation, soit les 2/3 de ses revenus.

    Un budget particulier puisqu’il s’agit du dernier de l’actuel délégataire, une société pilotée par la chambre de commerce et d’industrie (CCI 84). Depuis une semaine, la Région a sur la table les offres reçues dans le cadre de la nouvelle délégation de service public (DSP) qui doit démarrer au 1er janvier prochain pour dix ans. Un marché estimé à 36,5 millions d’euros sur l’ensemble du contrat.

    « L’aéroport végète, quelles orientations voulez-vous lui donner ? », a interrogé en séance Anne-Sophie Rigault, conseillère régionale RN mais aussi élue à Avignon. Comme déjà en octobre dernier, le président Renaud Muslier n’a pas manqué de rappeler « les problèmes de gouvernance » au sein de la CCI et ce avant même son placement sous tutelle début février. « Il faut traiter les problèmes de gouvernance avant le problème de vision », soutient Renaud Muselier alors que dans un pré-marché (notre édition du 26 mars 2025), la Région appelait son futur délégataire à viser « la neutralité carbone ».

    Et le président de confier « se rapprocher du nouveau maire et président du Grand Avignon pour tracer ensemble l’avenir de ce territoire ». Un secteur qu’Olivier Galzi (DVD) connaît bien pour avoir été vice-président d’Edeis, société de conseil aux collectivités, qui gère plusieurs aéroports. « Il faut préserver cette infrastructure en attendant l’arrivée de l’aviation verte, et continuer à la faire vivre au service du territoire, nous confiait Olivier Galzi début mars lors de la campagne des municipales. Je pense notamment à des activités aéro-industrielles. » Désormais maire, Olivier Galzi regrette, auprès de l’Echo du mardi, le délai trop juste de l’appel d’offres pour « pouvoir donner mon avis » et plaide pour que « les acteurs économiques du territoire » puissent être en mesure de répondre à la DSP.

  • [Parole de maire] William Bouquet (Entraigues-sur-la-Sorgue) : « Maire, le plus beau des mandats car on touche la réalité »

    [Parole de maire] William Bouquet (Entraigues-sur-la-Sorgue) : « Maire, le plus beau des mandats car on touche la réalité »

    Un petit mois à peine après son élection à la tête de la commune du Grand Avignon de 9 000 habitants, le premier magistrat livre ses premières impressions et feuille de route pour assurer la relève de Guy Moureau (PCF), qui après 42 ans à la tête d’Entraigues ne se représentait pas.

    La Marseillaise : Commencez-vous à prendre la mesure de ce nouveau costume ?

    William Bouquet : Oui, j’ai fait déjà deux mandats en tant qu’adjoint, mais c’est vrai que le poste de maire, c’est une marche assez importante entre les deux. Là, j’ai encore mon activité de responsable de formation jusqu’à fin mai. Cela me prend un jour par semaine le temps d’accompagner jusqu’au diplôme. Donc à partir du 1er juin, je serai vraiment à 100% pour la commune. Le costume, on est vite obligé de l’endosser parce que les affaires et la vie ne laissent pas le temps à l’installation. Il faut prendre des décisions sur des choses assez importantes et rapidement, comme l’installation du conseil, les délégations des élus, les différentes commissions… Et les parapheurs [dont plusieurs sont posés sur son bureau], c’est le quotidien. C’est très important, parce que ça permet au maire d’être au courant de tout. Quand j’ai un doute, j’appelle la DGS [directrice générale des services] pour avoir des compléments d’information. J’ai la chance d’avoir des services qui sont réactifs. Je dois rencontrer cette semaine le préfet, j’ai déjà vu les sénateurs Jean-Baptiste Blanc (LR) et Lucien Stanzione (PS) mais également Olivier Galzi [maire DVD d’Avignon] dans le cadre du Grand Avignon.

    Avez-vous été surpris par un aspect du rôle de maire ?

    W.B. : Pour l’instant, non. Car j’avais de très bons contacts avec l’ancien maire, Guy Moureau. Il m’avait proposé de prendre la suite au niveau de la tête de liste, depuis 2022, donc j’avais une vue sur les dossiers importants et il m’avait familiarisé avec le fonctionnement de la mairie. J’avais participé au jury de recrutement de la nouvelle DGS qui vient d’arriver. Mais on passe au stade supérieur. Avant, j’étais plutôt sur l’enfance-jeunesse, sur le sport, moins sur le CCAS avec les demandes de personnes qui sont dans le besoin.

    Est-ce difficile de passer après Guy Moureau, quelle sera la patte Bouquet ?

    W.B. : Ah, c’est sûr qu’il y a un historique ! Que je ne rattraperai pas car je ne serai pas maire pendant 42 ans (rires). Un des avantages que j’ai, c’est que je suis un enfant du village. Donc les gens me connaissaient d’avant, m’ont connu dans mon rôle d’adjoint. La transition s’est fait plus naturellement que quelqu’un qui n’est pas connu. Pendant la campagne, il a été à nos côtés pour vraiment dire qu’on était sur une continuité de l’existant. Souvent, ce qu’on me dit, c’est que j’ai une plus grande écoute que lui-même si je n’ai jamais eu ce problème avec lui. En tant que formateur et avant directeur d’une plateforme logistique, l’écoute et le management issus de ma vie professionnelle m’aident dans cette prise de poste. Ma patte sur les projets sera davantage sur la partie environnement et surtout énergie renouvelable, c’est là où on pèche un petit peu. Mais on ne lâchera pas le social, on va faire le maximum pour aider les gens qui ont des problèmes.

    Vous parliez du préfet. De quoi allez-vous lui parler en priorité ?

    W.B. : Il veut recevoir tous les nouveaux maires. Aujourd’hui, on a deux dossiers qui nous sont chers : un, qui est tombé la semaine dernière, celui d’une fermeture d’une classe en maternelle. On a déjà fait un courrier à l’inspection académique. Et l’autre, c’est au niveau de la gendarmerie, avec la création du centre pénitentiaire. Le sénateur Blanc a rencontré le directeur de cabinet de M. Lecornu. On avait neuf gendarmes en 1984, alors qu’on était à 4 500, 5 000 habitants. Aujourd’hui, on a toujours neuf gendarmes, pour 9 000 personnes avec une coopération entre Pernes-les-Fontaines et Entraigues et le commandement est à Pernes. Nous demandons à ce que le commandement puisse être ici, en même temps que des renforts qui ne seront pas de trop avec l’ouverture du centre pénitentiaire d’ici à au 1er décembre a priori. D’après le préfet, les futurs détenus seront tous en fin de peine et réinsérables.

    Lors de votre discours d’installation, vous disiez que « être maire, c’est le plus beau des mandats ». Pourquoi ?

    W.B. : Le plus beau est le plus dangereux. Guy Moureau disait souvent que « le maire c’est le seul élu à portée de baffe ». Et c’est peut-être pour ça que c’est beau. Dans le sens où on est là pour résoudre les problèmes, trouver des solutions, et quand on y parvient, les gens sont contents et reconnaissants. C’est le mandat de la proximité, de l’action concrète, des réalisations visibles, utiles. On touche la réalité. C’est aussi le mandat du lien, qui fait la force et l’âme de notre commune. On voit les décisions qu’on prend. Alors que quand on n’est pas maire, on signe des papiers, on vient peut-être pour l’inauguration d’une école de musique ou autre chose, mais on ne vit pas avec.

    Entraigues est l’une des dernières communes à gauche en Vaucluse et vous avez très largement battu la candidate RN. Comment l’expliquez-vous ?

    W.B. : Je ne pense pas qu’au niveau de la mairie, on soit dans une vive histoire droite-gauche, parce que quand on regarde les élections autres que les municipales, c’est le RN qui arrive en tête [48,01% pour Jordan Bardella aux Européennes de 2024 ou 61% pour Marine Le Pen au second tour de la présidentielle 2022]. Les gens voulaient vraiment quelqu’un de la commune, qui connaît sa ville et surtout qui veut rester dans la même politique et garder cette âme de village, les gens sont très attachés à ça. Et notre programme, il est vraiment sur ça. Quant à l’opposante RN [Catherine Chavrier] il semblerait qu’elle ne soit pas dans une démarche d’opposition systématique.

    Quelles premières réalisations devraient aboutir ?

    W.B. : Il y a un gros projet qui est en préparation depuis quelques années, le quartier de la gare qui va démarrer. La commercialisation va attaquer dans quelques jours, c’est plus de 254 logements. Après, il y a la transition écologique : des panneaux photovoltaïques seront posés sur la salle des sports et alimenteront en énergie la cuisine centrale, les services techniques, le stade de foot, le tennis, le boulodrome. C’est un investissement, mais quand on voit aujourd’hui les fluctuations énergétiques, on a tout intérêt à arriver à une indépendance complète. La création d’un pump track est en bonne voie aussi du côté du stade Nardini. Enfin, l’autre projet qui est très intéressant pour la cohésion sociale, c’est un parc dont les études sont en train d’être lancées, non loin de la maison de retraite. Notre but c’est de garder ce lien, que les gens puissent se rencontrer, discuter. Qu’il y ait toujours cette bonne atmosphère dans la ville, cela fait partie de notre ADN.

  • À Memento, l’archéologie vauclusienne reprend vie

    À Memento, l’archéologie vauclusienne reprend vie

    Finis les deux tréteaux précaires pour examiner un objet, l’étroit escalier en colimaçon ne permettant pas de faire passer des statues ou bien l’espace de lavage qui cohabitait avec la vaisselle des agents. Depuis septembre, les dix archéologues du service départemental ont pris possession d’un nouveau cadre de travail bien plus optimal pour mener à bien leurs missions. Ils ont laissé sans regrets les vétustes locaux de la rue Saint-Charles dans l’intra muros d’Avignon pour le pôle des patrimoines à Agroparc, qui sera inauguré le 28 mai. Celui-ci abrite désormais toutes les collections vauclusiennes (céramiques, lapidaire, mobilier métallique, ossements, objets en bois, mosaïques, etc.), auparavant disséminées sur plusieurs sites.

    « Je n’ai pas l’impression de travailler », se régale Vincent Faure, gestionnaire des collections. Aux côtés notamment d’Emilie Fencke, cheffe de service, il a participé à l’élaboration de l’exposition permanente « Mon trésor », qui sera accessible au public dès le 29 mai et présentera quelques-unes des plus belles pièces du service. « Le patrimoine doit vivre, il était en attente d’être montré, même nous, on redécouvre tous ces objets qui étaient stockés », apprécie Vincent Faure tout en déballant fièrement une timbale et une bague en or, dans un état de conservation remarquable. Des objets trouvés dans ce qui était une tombe d’enfant à Robion et datant de l’époque antique. Des pépites qui feront partie de l’exposition Mon trésor.

    Au-delà du titanesque déménagement des archives départementales du palais des Papes vers Mémento, le pôle des patrimoines abrite donc le service archéologie, créé il y a plus de 40 ans. « Notre mission principale, c’est de l’archéologie préventive, expose Emilie Fencke. Lors de tout chantier, l’État peut prescrire des fouilles. On sonde 10% du terrain pour un premier diagnostic et en fonction ensuite tout le sol est fouillé et archivé. » Un cas assez rare car seulement 10% des chantiers sont sondés et ensuite à peine 1% font l’objet d’une fouille préventive.

    Chaque pièce entrant à Memento fait l’objet d’un cheminement méticuleux : station de tamisage à l’extérieur puis zone de quarantaine ou salle de lavage. Direction ensuite une salle scientifique. « En ce moment on a des sédiments du château des Princes à Orange, avec des restes d’un boulet de canon époque Louis XIV », fait valoir Emilie Fencke. Des objets qui cohabitent avec les trouvailles issues de recherches lors de l’installation de conteneurs enterrés en intra muros d’Avignon. La salle de stockage change aussi de dimensionnement. « On passe d’un dépôt de 450m2 et 2m de haut qui était derrière le parking des Italiens à une réserve de 560m2 et 6m de haut, chiffre la cheffe de service. Soit une capacité de stockage de 590m3. » De quoi voir venir pour les 20 prochaines années.

    « Le patrimoine doit vivre, il était en attente d’être montré »

  • Les missions des élus du Grand Avignon sont connues

    Les missions des élus du Grand Avignon sont connues

    Dix jours après l’élection d’Olivier Galzi à la tête du Grand Avignon, le maire (DVD) d’Avignon a levé le voile, vendredi sur le rôle de ses 15 vice-présidents, élus dans la foulée*. Celui-ci conserve en direct la gestion du projet NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain) et la politique de la ville.

    Les deux maires RN, Joris Hébrard (Le Pontet) et Grégoire Souque (Morières) ont hérité de portefeuilles divers. Le premier sera en charge des bâtiments et voirie, une délégation qu’il avait éphémèrement occupé entre 2020 et 2022 avant que la vice-présidence ne bascule à son opposant Jean-Firmin Bardisa. Quant à Grégoire Souque, il traitera de la collecte des déchets et économie circulaire. Poste clé, les finances reviennent à Philippe Inderbitzin, élu à Roquemaure.

    Plusieurs vice-présidents gardent peu ou prou les mêmes délégations que lors du mandat précédent. À l’instar de Patrick Sandevoir (Rochefort) sur l’eau – autant dire que le retour en régie publique est mal embarqué –, Philippe Armengol (Velleron) sur l’environnement, climat et biodiversité, Yvan Bourelly (Saze) sur la gestion des milieux aquatiques, ou Claude Morel (Caumont) avec le spectacle vivant et enseignement artistique. Jacques Demanse (Sauveterre) conserve aussi la transition énergétique et récupère l’agriculture, sa profession d’origine. Dévolue à l’ex-maire d’Entraigues jusque-là, l’économie revient à Lionel Fischer, adjoint à Saint-Saturnin. Quant à William Bouquet, nouveau maire d’Entraigues, il va se charger de l’emploi, insertion et formation, là aussi un domaine qu’il connaît professionnellement. La 1ère vice-présidente, Pascale Bories, maire de Villeneuve, pilotera l’aménagement du territoire, l’habitat et les gens du voyage. Quant à son voisin des Angles, Paul Mély, l’importante délégation des mobilités lui échoit.

  • Grand Avignon : voici les délégations des 15 vice-présidents

    Grand Avignon : voici les délégations des 15 vice-présidents

    Le conseil communautaire du 8 avril dernier a élu Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon comme président du Grand Avignon. Dans la foulée, 15 vice-présidents, maires ou adjoints des autres communes de l’agglo, ont aussi été élus. Ce vendredi 17 avril, un arrêté vient attribuer leurs délégations :

    1ère vice-présidente : Pascale Bories, maire de Villeneuve lez Avignon ; aménagement du territoire, habitat et gens du voyage

    2e vice-président : Joris Hébrard, maire du Pontet ; bâtiments et voiries

    3e vice-présidente : Martine Durieu, Première adjointe au maire de Vedène ; ressources humaines et modernisation de l’action publique

    4e vice-président : Grégoire Souque, maire de Morières-lès-Avignon ; collecte des déchets et économie circulaire

    5e vice-président : William Bouquet, maire d’Entraigues-sur-la-Sorgue ; emploi, insertion et formation

    6e vice-président : Paul Mély, maire des Angles ; mobilités et infrastructures de transport

    7e vice-président : Patrick Sandevoir, conseiller municipal délégué de Rochefort-du-Gard ; eaux et assainissement

    8e vice-président : Philippe Inderbitzin, conseiller municipal de Roquemaure ; finances, stratégie budgétaire et évaluation des politiques publiques

    9e vice-président : Claude Morel, maire de Caumont-sur-Durance ; spectacle vivant et enseignement artistique

    10e vice-président : Lionel Fischer, Premier adjoint au maire de Saint-Saturnin-lès-Avignon ; développement économique et innovation

    11e vice-présidente : Sandrine Soulier, maire de Pujaut ; tourisme et attractivité

    12e vice-président : Philippe Armengol, maire de Velleron ; environnement, climat et biodiversité

    13e vice-président : Yvan Bourelly, maire de Saze : gestion des milieux aquatiques – prévention des inondations Gemapi) et gestion des risques

    14e vice-président : Jacques Demanse, maire de Sauveterre ; agriculture et transition énergétique

    15e vice-présidente : Dominique Ancey, maire de Jonquerettes ; commande publique et achats durables

    Olivier Galzi conserve en direct la gestion du projet NPNRU (Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain) et la politique de la ville.

  • Condamnés pour guets-apens homophobes

    Condamnés pour guets-apens homophobes

    Triste télescopage d’actualité à caractère homophobe ce jeudi après-midi au tribunal judiciaire d’Avignon. « C’est effarant », glisse-t-on, perplexe, au parquet à la vue de ces affaires. En comparution immédiate, trois personnes étaient prévenues pour avoir, le 30 mars dernier à Bédarrides, volé le véhicule de la victime dans le cadre d’un rendez-vous fixé sur une application de rencontres pour homosexuels. Si l’affaire a été renvoyée, les faits sont qualifiés de vol avec violences, commis en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime.

    Une caractéristique que l’on retrouve dans une autre affaire, qui a occupé les débats pendant 3h30. D’abord présentés en comparution immédiate le 23 février dernier, trois prévenus étaient jugés ce jeudi, dont deux, les frères Ayoub et Kaysse A., avaient depuis été placés en détention provisoire. Un aspect qui a permis à l’audience de se tenir, malgré la nouvelle demande de renvoi par les avocats en grève. « Le délai d’expiration de la détention est proche », justifie la présidente Céline Simitian. Les deux frères étaient poursuivis pour « violences aggravées suivies d’incapacité n’excédant pas 8 jours » et « extorsion commise en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime ». À leur côté, Mohamed K., connu au collège, comparaissait sous contrôle judiciaire avec des faits finalement requalifiée en complicité, uniquement sur l’une des trois agressions pour lesquelles l’affaire est jugée.

    Le 8 janvier à Vedène puis, deux fois, le 31 janvier à Avignon, Ayoub (20 ans) et Kaysse A. (19 ans) sont suspectés d’avoir organisé des guets-apens contre des personnes homosexuelles rencontrées sur l’application Romeo. Mohamed K. (20 ans) est uniquement présenté comme étant l’auteur d’une vidéo du 31 janvier. Seulement deux des trois victimes se sont constituées parties civiles et une seule était représentée à l’audience par son avocate, Me Christelle Elineau-Yannakis. « Mon client a honte et il est terrorisé à l’idée des représailles », fait-elle valoir.

    Après avoir délibéré pendant près d’une heure, le tribunal a reconnu coupable Ayoub et Kaysse A. les condamnant à la même peine de 4 ans de prison, 2 ferme et 2 de sursis probatoire avec notamment obligation de soins et de travail [leurs parents ont présenté des promesses d’embauche]. Mohamed K, échappe, lui, au mandat de dépôt malgré une peine de 6 mois ferme, aménageable sous bracelet électronique. Il est condamné à 18 mois de prison dont 12 de sursis probatoire. Le fait qu’il soit scolarisé et « n’ait été qu’un intermittent du spectacle qui a reconnu sa présence », selon son avocat Jalil-Henri Amar, a joué en sa faveur. La procureure, Cécile Charrière, avait requis une peine commune aux deux frères de 5 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire et de 3 ans dont 1 an de sursis probatoire pour Mohamed K. « Comparer l’homosexualité à la pédophilie, c’est insoutenable, je ne pensais pas que c’était encore possible en 2026 », pointe la procureure.

    « Sale pédé », des vidéos accablantes diffusées

    Car c’est là le cœur de l’affaire, utiliser un faux profil sur un site de rencontres et tendre un piège ensuite à la victime qui est molestée par plusieurs personnes cagoulées. « Sale pédé », entend-on dans plusieurs vidéos diffusées à l’audience. En garde à vue, Ayoub A a déclaré que « tous les pédés sont des pédophiles » et qu’ils « devraient être en prison comme dans d’autres pays ». Ce jeudi devant le tribunal, le mutisme règne. Considérés comme pénalement responsables de leurs actes par une expertise psy, Ayoub est bien en peine d’expliquer ces gestes. Tantôt dans le déni, les dénégations de propos en garde à vue, ou préférant « garder le silence », il est souvent à peine audible et multiplie les « je sais pas », aux questions de la présidente. Son frère est un peu plus loquace mais tout aussi confus sur les circonstances qui les ont poussées « à s’ériger en justiciers envers des gens qui n’ont rien fait d’autre que d’être différent de vous », selon l’expression de la présidente.

    À tour de rôle, la fratrie explique s’être nourrie des réseaux sociaux et de vidéos où des policiers américains piègent des pédophiles. « Ils font partie de la meute mais ne sont pas les chefs de bande », plaide en défense Isabelle Cuilleret, rejetant sur les réseaux sociaux le mauvais rôle. Très loin du cas vauclusien où aucune preuve de pédophilie n’existe sur les victimes et « surtout vous n’êtes pas policiers, formés et autorisés à agir », appuie Céline Simitian. Du bout des lèvres, les accusés tentent une tardive prise de conscience. « Je n’ai rien contre les homos, ce n’est pas bien ce qu’on a fait », confesse Ayoub. Tous ont dix jours pour faire appel.

    CHIFFRES

    186

    C’est le nombre d’agressions physiques LGBTIphobes en France, rapporté à l’association SOS Homophobie, dans son rapport pour l’année 2025. 67% des victimes sont des hommes, suivi de 15% pour les femmes puis 8% pour les femmes trans.

    66%

    C’est le pourcentage d’agressions qui relèvent des « coups et blessures ». Pour les autres types, d’agressions, c’est 16% de « crachats et jets d’objets», 8% d’agressions sexuelles ou encore 4% de viol ou tentative de viol.

    6/10

    SOS Homophobie note que 6 fois sur 10, l’agresseur est un homme ou un groupe d’hommes. D’où l’analyse de l’association : « Agresser les personnes LGBTI semble être l’apanage des hommes ».