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  • FO ne lâche pas sur les suppressions de classes

    FO ne lâche pas sur les suppressions de classes

    Un an après son dernier congrès de mai 2025, le Snudi-FO (Syndicat national unifié des directeurs, instituteurs et professeurs des écoles de l’enseignement public) de Vaucluse tenait, vendredi dernier à Avignon, son assemblée générale. Avec, d’une année sur l’autre, des problématiques qui s’étirent.

    Comme la révision de la carte scolaire, entraînant son lot de suppressions de classes et de postes malgré quelques ouvertures (nos éditions des 9 et 11 avril). Dans une riche résolution, l’AG a donné quitus au conseil syndical de plaider pour « la restitution des 12 postes retirés au département, l’annulation des fermetures et l’ouverture des classes demandées, et pour l’abaissement des effectifs dans toutes les écoles », mais aussi « la création d’au moins 5 postes de titulaires remplaçants de plus par circonscription et l’abandon de la départementalisation du remplacement ».

    Autre sujet fort de mobilisation, le rôle des AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap). Un rassemblement en intersyndical se tient d’ailleurs ce mardi (12h30) devant la direction académique afin que les AESH soit reconnus comme des fonctionnaires de catégorie B, « avec un temps plein de 24 heures hebdomadaires », précise le Snudi-FO. Dans la même veine, le syndicat demande « la scolarisation adaptée à chaque élève, en milieu ordinaire chaque fois que possible, en établissement spécialisé chaque fois que nécessaire » et dénonce « des situations ingérables et/ou dangereuses pour les personnels comme pour les élèves qui résultent de l’inclusion systématique ».

    En présence aussi d’Étienne Raoul, secrétaire général de l’UD FO 84, FO espère le retour de la semaine à 4 jours à Avignon à la rentrée 2027 et, plus largement, prépare les élections professionnelles qui se tiendront, du 3 au 10 décembre, dans toute la fonction publique.

  • Guet-apens mortel visant un gay : 22 ans de prison

    Guet-apens mortel visant un gay : 22 ans de prison

    À l’image de la semaine de procès, c’est dans une atmosphère sereine et digne que la cour d’assises de Vaucluse a rendu sa décision, ce lundi, à l’issue d’un délibéré de 8 heures. Principaux accusés d’une double affaire mêlant six prévenus, Intissar A. et Aymène L., ont été reconnus coupables de meurtre, vol avec arme et extorsion à l’encontre de Mickaël R. Ce dernier avait été tué dans son appartement de Sorgues le 5 mars 2023, piégé par les deux hommes qu’il pensait accueillir pour un plan sexuel. Tous deux ont écopé d’une peine similaire de 22 ans de prison, avec interdiction définitive de territoire pour Intissar A., Tunisien de 25 ans.

    Fait majeur, la cour a retenu la circonstance aggravante du meurtre en raison de l’orientation sexuelle de la victime. Le caractère homophobe avait été initialement écarté par le parquet. « C’est énorme », s’est réjouie Pascale, la maman de la victime, à l’issue du procès, elle qui avait témoigné jeudi à la barre en soulignant que son fils serait toujours en vie s’il n’était pas homosexuel. « C’est une satisfaction et un soulagement pour la famille qui n’était pas dans un esprit de vengeance », complète son avocat Hugues de Chivré. Trois associations de défense des droits homosexuels (Stop homophobie, Famille LGBT et Mousse) s’étaient également portées partie civile.

    Après avoir exposé les peines, la présidente de la cour a versé dans la pédagogie. « Il n’est pas question de juger si vous avez des idées homophobes mais de dire que les victimes l’ont été en raison de leur orientation sexuelle », souligne Laurène Dorlhac. Les victimes, contactées par le site de rencontre Coco étaient des proies faciles pour les prévenus qui débarquaient dans l’intention de dépouiller leurs victimes. « Ils n’avaient pas de haine contre les homosexuels », commente Charlène Neveu-Sanchez, avocate d’Intissar A., parlant d’une « décision équilibrée » et ne songe pas à faire appel. Son client était le seul mêlé dans la seconde affaire similaire, où cette fois Cyril C., un autre gay piégé, a été violenté et volé, quelques jours plus tard à Avignon. Complice ce jour-là, Malek E., écope de 10 ans de réclusion criminelle.

    Coupables, deux accusées n’iront pas en prison

    Jugé pour complicité, car ayant servi de chauffeur, Jordan V., a été, lui, acquitté, comme l’avait réclamé l’avocat général vendredi. Et ce au motif qu’il ignorait ce qu’il se tramait réellement dans l’appartement de Cyril C. Suivant les réquisitions, la cour a aussi été plutôt clémente envers les deux prévenues féminines. Ex-compagnes respectivement de Intissar A. et Aymène L. au moment des faits, Laurine C. et Marie-Sarah M. échappent à la prison. Elles sont bien reconnues coupables de complicité de vol avec arme et condamnées à 5 ans de prison dont 4 et 3 ans de sursis probatoire sans mandat de dépôt. Laurine C., seule à n’avoir jamais été incarcérée, est la plus insérée socialement et n’avait aucun antécédent judiciaire. Pour Marie-Sarah, en revanche, « saisissez la chance qui vous est donnée car au premier faux pas vous perdez tout », prévient la présidente. Et notamment la garde de son 4e enfant, le seul non placé à ce stade.

    Juste avant que les jurés ne délibèrent, les six accusés avaient pris la parole une dernière fois. Tous fidèles à leur ligne de conduite, entre contritions plus ou moins sincères, et « condoléances à la maman de Micka », dira Jordan V., seul acquitté mais incarcéré pour d’autres affaires. Intissar A. avait marmonné, en tremblant, un texte : « J’ai plus de haine contre moi que vous en avez contre moi », lançait-il. « Je suis surtout rempli d’amour pour mon fils », répondait en aparté Pascale, digne et sans haine.

  • Face à la canicule, l’État se retrousse les manches

    Face à la canicule, l’État se retrousse les manches

    On connaissait en Vaucluse les opérations annuelles de sensibilisation sur les risques incendies, les obligations légales de débroussaillement ou la campagne de préventions sur les fortes pluies et inondations. « Malheureusement, nous inaugurons un nouveau rendez-vous sur la prévention de risque canicule », présente le préfet. Ce vendredi après-midi, l’État a disposé une dizaine de stands au jardin du Rocher des Doms d’Avignon pour une demi-journée d’information. « L’été ne commence que le 21 juin et pourtant, fin mai, nous avons vécu une période particulièrement chaude », souligne Thierry Suquet.

    Il est vrai que si l’opération avait eu lieu une semaine plus tôt, elle aurait été d’une actualité brûlante. Car ce vendredi, entre la pluie de la veille et le Mistral, les nombreux visiteurs du parc ne suffoquent pas. Qu’importe, les températures devraient bien remonter dès lundi. « Malgré l’idée reçue selon laquelle dans le Sud on est habitué à la chaleur, 40% des habitants de la région déclarent avoir souffert d’un épisode de forte chaleur », soutient le préfet. Agence régionale de santé, Météo France, Samu, Sos médecins, pompiers mais aussi santé au travail ont participé aux stands. « Depuis juillet 2025, un nouveau décret renforce les obligations des employeurs, quel que soit le secteur, en matière de prévention des risques liés aux forts épisodes de forte chaleur », appuie le préfet, assurant que « l’inspection du travail a réalisé 1 700 interventions [donnée nationale] en période estivale en lien avec la chaleur ».

    La prévention passe par une action coordonnée des acteurs locaux, Ville en tête qui tient un registre des personnes vulnérables. « Un sujet majeur de santé publique », fait valoir le maire, Olivier Galzi (DVD), venu ouvrir l’opération. Pas de rupture politique sur ce sujet-là. « Il existe un plan canicule communal, un bon dispositif que je maintiendrai », assure le premier magistrat. Pas de modification du plan pour l’heure, qui prévoit divers niveaux d’alerte et liste l’ensemble des bons réflexes* en lien avec le centre communal d’action sociale. Points d’eau, ouverture en continu des parcs et jardins sont bien pérennisés. Une carte, « Ma ville plus fraîche », est toujours d’actualité.

    Du sable pour contrer

    le moustique tigre

    Au-delà des conseils pratiques (hydratation, éviter les sorties et le sport aux heures les plus chaudes), un accent est mis aussi sur les risques sanitaires liés à la chaleur, comme les piqûres de moustique tigre, « principal vecteur de maladies comme la dengue ou le chikungunya qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur la santé », prévient Thierry Suquet. « Comme pour le tri des déchets, il faut prendre le réflexe d’éviter les eaux stagnantes », enjoint Émilie Bonnet, ingénieure d’études sanitaires à l’ARS. Le moustique raffole des fonds humides. « On peut mettre du sable au fond des pots et soucoupes », conseille-t-elle. L’été dernier en Vaucluse, deux épisodes de chikungunya à Richerenches et Valréas ont été recensés avec un total de 13 personnes infestées. La préfecture envisage de pérenniser cette opération, qui pourrait se tenir dans une autre ville l’an prochain.

    * Infos et carte « Ma ville fraîche » sur avignon.fr

  • Le festival Id-Ile va jouer à guichets fermés

    Le festival Id-Ile va jouer à guichets fermés

    Luiza, l’Avignonnaise Suzane ou encore Gaël Faye sont quelques-unes des têtes d’affiche de la 4e édition du festival Id-Ile, qui démarre ce vendredi pour deux soirées au centre de loisirs de l’île de la Barthelasse. « On est l’un des festivals les moins chers, entre 20 et 35 euros par soir pour voir 6 artistes aux univers différents et où chacun peut y trouver son compte », vante Pascal Maurin, programmateur du festival. Ceci explique peut-être pourquoi l’événement s’annonce à guichets fermés, ne restant que quelques places* pour ce vendredi.

    « Nous sommes heureux de ce succès, c’est la première fois », embraye Pauline Saltarelli, présidente de l’association Id-Ile, organisatrice de ce festival de musiques actuelles. Quelque 10 000 spectateurs sont attendus, contre 9 300 l’an dernier et 6 000 en 2023 lors de la première édition. « Le but n’est pas forcément d’accroître la jauge par soir mais pourquoi pas ajouter une 3e soirée », se projette déjà l’organisatrice.

    Pour ce faire, le festival devrait pouvoir compter sur le soutien de la nouvelle municipalité. « C’est une belle réussite de la précédente mairie dont nous sommes heureux de prendre la suite », reconnaît Laurent Rochut, adjoint délégué aux arts vivants, qui y voit un levier de rayonnement et d’attractivité (20% des spectateurs viennent par exemple de région parisienne). La Ville subventionne le festival à hauteur de 80 000 euros, soit près d’1/5 du budget global. « On va continuer à le soutenir », assure l’adjoint sans à ce stade livrer de certitudes dans l’attente « de futurs arbitrages ».

  • « S’il n’avait pas été homosexuel, mon fils serait toujours en vie »

    « S’il n’avait pas été homosexuel, mon fils serait toujours en vie »

    Beaucoup d’émotion ce jeudi au 4e jour du procès du guet-apens mortel de Sorgues devant la cour d’assises de Vaucluse. Avec, d’abord, le témoignage de Pascale, la maman de Mickaël, retrouvé mort dans son appartement en mars 2023. Mais un autre triste fait a marqué le procès : le décès d’un des jurés remplaçant, qui a perdu la vie le matin même dans un accident de moto à Villes-sur-Auzon en se rendant au tribunal. Déjà, la séance avait démarré avec du retard dans l’attente de son arrivée. Au retour d’une longue suspension, la présidente Laurène Dorlhac, très émue, a fait part de la nouvelle, reprenant dans la foulée l’audience dans une ambiance pesante.

    En ouverture, la famille de la victime a été entendue. Notes en main, très digne à la barre, la maman de Mickaël, partie civile, a dressé le portrait de son fils tué à l’aube de ses 31 ans. « Un garçon aimant, intelligent, cultivé, passionné de musique classique, qui jouait très bien du piano », brosse Pascale C. Mais avec aussi ses failles, « hypersensible », « qui souffrait de surpoids ado » et victime « d’une agression quand il était à la fac ». Une rupture sentimentale, avec un homme qui « avait été présenté à la famille », avait grandement affecté Mickaël qui s’était réfugié dans la consommation de drogues dures. « On vit dans le traumatisme d’avoir perdu Micka, une partie de moi est morte », confie Pascale, effarée de « la nonchalance et de l’indifférence », des six accusés qui se rejettent les responsabilités.

    Écartée par le parquet, la circonstance aggravante du meurtre homophobe est alors abordée. « Toutes les victimes dont on a parlé sont homosexuelles piégées par un scénario ficelé, si Mickaël n’avait pas été homosexuel, il aurait été en vie, j’en suis persuadée », appuie sa maman qui demande que la « cour reconnaissance le caractère homophobe du crime ».

    La seconde victime finalement partie civile

    Pour rappel, les six prévenus [4 hommes et 2 femmes] sont accusés, à divers degrés, d’avoir piégé deux gays via l’application de rencontres Coco, organisant des rendez-vous à leur domicile avant de les détrousser avec violences et armes. L’une d’elles, Mickaël, en est décédée. « Ils ne sont pas pris au hasard, c’est une communauté qui est ciblée car on pense qu’ils sont riches, je ne veux pas que mon fils soit mort pour rien, tous les 4 jours il y a des agressions homophobes, cela doit s’arrêter », développe Pascale en réponse à une question d’Étienne Deshoulières, avocat de trois associations de défense des homosexuels constituées parties civiles. « Comme pour les féminicides, ces agressions ne sont pas qu’un simple fait divers », glisse, hors audience Étienne Deshoulières, qui plaidera ce vendredi pour que soit retenu le caractère homophobe du meurtre.

    Un avocat qui finalement défendra les intérêts de Cyril C., seconde victime de l’affaire, piégé et séquestré à Avignon, une semaine après le meurtre de Mickaël. Entendu comme témoin jeudi matin, Cyril avait pourtant réitéré sa volonté de ne pas se constituer partie civile car « j’ai décidé d’avancer ». C’est donc son nouvel avocat qui a annoncé le revirement à l’audience de l’après-midi. Cyril, qui pensait accueillir chez lui un seul homme en vue d’un rapport sexuel s’est retrouvé ligoté, bâillonné et violenté par Intissar A. – le seul impliqué dans les deux affaires – et Malek E. Les deux accusés ont eu beau reconnaître les faits et s’excuser auprès de la victime, « le mal est fait » répondra Cyril, insulté, assure-t-il, de « sale PD, PD de merde » par Intissar.

    Un caractère homophobe dont se défendent les accusés, parlant d’opportunité. « Je pense qu’elles [les victimes] sont choisies en fonction de leur orientation sexuelle », considère Laurine C. compagne à l’époque d’Intissar, entendue sur les faits ce jeudi après-midi. Marie-Sarah, compagne d’Aymène L., autre mis en cause directement dans le meurtre de Mickaël, dénie en revanche toute homophobie caractérisée. Les plaidoiries et les réquisitions de l’avocat général sont prévues ce vendredi avant le délibéré, annoncé pour lundi.

  • Grand Avignon : le flou règne autour du retour ou pas de la ZFE

    Grand Avignon : le flou règne autour du retour ou pas de la ZFE

    Au Grand Avignon, on avait laissé le dossier ZFE en rade, au stade la consultation publique, reportée à la hâte en avril 2025. ZFE pour zones à faibles émissions. Un dispositif visant à interdire la circulation des véhicules les plus polluants, en fonction des vignettes Crit’Air. Créées en 2019, ces zones avaient été supprimées il y a un an par les députés (LFI, LR et RN) dans le cadre d’un amendement au projet de loi de simplification économique.

    Un vote qui vient d’être retoqué par le conseil constitutionnel. Le 21 mai dernier, les Sages ont censuré cet amendement, estimant qu’il s’agissait d’un cavalier législatif. Autrement dit que le texte initialement voté n’avait pas de lien avec le projet de loi. Mais les conséquences de la décision du conseil constitutionnel restent assez floues. Impossible de savoir si les ZFE déjà en vigueur sont réintroduites de facto ou si celles en jachère doivent être réenclenchées : « Il est prématuré d’apporter une réponse à ce stade car l’annonce est très récente, nous répond l’agglo. Nous avons besoin d’éclaircissements sur le sujet et le Grand Avignon va se rapprocher du législateur afin d’obtenir des précisions. »

    Pour rappel, la ZFE du Grand Avignon devait concerner les 16 communes et aurait pris effet fin 2025. Le projet soumis à consultation publique ne visait que les poids lourds mis en circulation depuis plus de 20 ans. Une ZFE minimaliste pour ne pas pénaliser les ménages les plus modestes dans l’impossibilité de changer de véhicule. Olivier Galzi, président (DVD) du Grand Avignon, ne serait pas non plus un grand partisan des ZFE.

  • À Avignon, le festival Drôles d’oiseaux veut poursuivre son envol

    À Avignon, le festival Drôles d’oiseaux veut poursuivre son envol

    Après la version hivernale de Drôles d’oiseaux en janvier et un répertoire plus posé, le festival de la chanson française alternative prend ses quartiers d’été à la ferme de l’Acacia en ceinture verte d’Avignon, pendant trois jours de ce vendredi 5 jusqu’au dimanche 7 juin*. Avec un même leitmotiv : « Accueillir des artistes alternatifs, délibérément hors du showbiz, mais qui ont une belle carrière », rappelle Thomas Pitiot, coordinateur du festival porté par l’association L’océan nomade.

    Le musicien, par ailleurs habitué de la Fête de La Marseillaise, est satisfait de la recette. « Il y a une belle fidélité, entre curiosité et confiance, le public vient découvrir des artistes », note-t-il en espérant, à l’avenir que le soutien de la nouvelle municipalité se poursuive. Malgré la concurrence ce même week-end du festival Id-Ile sur l’île de la Barthelasse, Thomas Pitiot mise sur la programmation variée pour attirer la foule. Notons qu’un spectacle jeune public (Pat Kalla – « Drôles de palabres ») est programmé samedi matin et le festival se clôturera par le grand bal de « Bella Ciao », la boulangerie utopiste qui fête ses dix ans.

    Entre-temps, 5 autres concerts sont à l’affiche : en ouverture, vendredi (20h30), Vaslo (mix slam/chant entre rock et baroque) suivi du binôme mixte (22h), Grise Cornac. Samedi (20h30), place à Mauvaise bouche (chanteuse pop) et Pat Kalla & le Super Mojo (musique afro). Enfin dimanche (16h), la chorale 100% féminine Arteteca se produira.

  • Face à une extrême droite bien installée, une opposition à rebâtir

    Face à une extrême droite bien installée, une opposition à rebâtir

    Le résultat des municipales au Pontet laisse très perplexe ceux qui avaient espoir de voir l’extrême droite trébucher. Sur le papier, les conditions étaient réunies : le maire (RN) sortant, Joris Hébrard, faisait face à une autre liste d’extrême droite menée par son ancien 1er adjoint Patrick Suisse, et une liste de large rassemblement républicain portée par Jean-Firmin Bardisa (DVD). Las, les habitants ont réélu leur maire pour un 3e mandat et ce dès le 1er tour (60,79%) reléguant les listes Bardisa (22,51%) et Suisse (16,7%).

    Malgré une configuration optimale pour une alternative, le RN s’est notabilisé dans la commune. Dans la foulée des municipales, Patrick Suisse et Jean-Firmin Bardisa ont annoncé leur démission. De quoi laisser l’opposition étêtée. Sans aller à parler de champ de ruines, Graziella Lovera reconnaît qu’il y a tout à reconstruire. « Pour l’instant, personne n’a pris le leadership », constate la conseillère municipale PCF, élue sur la liste Bardisa. Pontétienne depuis plus de 40 ans, elle ne s’était jamais encore impliquée politiquement dans une commune où la gauche n’a jamais pesé.

    Une « vision

    de boutiquier »

    « Les scores de l’extrême droite m’ont interpellée alors qu’il y a un côté ouvrier, avec de grosses entreprises à proximité et des camarades syndiqués qui y vivent », note celle qui a longtemps eu des fonctions aux unions locales d’Avignon et départementale de la CGT. À 66 ans, Graziella Lovera fait donc son entrée en politique dans un contexte hostile. « M. Hébrard m’a déjà bien identifiée », sourit-elle. Si son groupe d’opposition, Le Pontet c’est vous, est assez hétéroclite avec des élus de l’UDI, « on a intérêt à rester unis même si je compte bien faire entendre la voix de mon parti », assure cette ancienne infirmière de l’hôpital d’Avignon.

    Encore en phase exploratoire, Graziella Lovera est assez surprise de l’atonie des élus de la majorité. « Tout est confié à l’administration, ils se laissent mener, posent pas ou peu de questions », s’étonne-t-elle. Membre des commissions finances et action sociale, elle se familiarise avec les méandres budgétaires et continue de porter avec force le projet d’un centre de santé municipal qui était au programme de sa liste. « Le maire n’a aucune vision globale pour sa ville qu’il gère comme un boutiquier, il investit sur des ronds-points mais, par exemple, la ville a gagné 1 000 habitants et on ne sait rien de leurs profils et leurs besoins », déplore l’élue communiste. Pour tenter de toucher les habitants, un journal, Pour un printemps pontétien, a été lancé. Le premier numéro revient aussi sur les subventions à l’école privée ou les solutions pour rafraîchir les écoles en ces périodes caniculaires.

    EN BREF. Quand l’adjointe RN devient députée du Gard

    Visiblement au RN, on est moins regardant sur les frontières quand elles peuvent servir sa cause. Députée RN de la 3e circonscription du Gard (50 communes dont les 7 Gardoises du Grand Avignon), Pascale Bordes a été élue maire de Bagnols-sur-Cèze en mars. Elle a cédé sa place à l’Assemblée nationale à sa suppléante, Catherine Dellong-Meng. Installée aux Angles, elle s’est pourtant fait élire 2e adjointe au Pontet. Retraitée de la fonction publique – elle a notamment œuvré à la Ville du Pontet – la néo parlementaire reste toutefois conseillère municipale et communautaire du Grand Avignon. Si la loi n’interdit pas d’être élu sur deux départements, cela interroge. Surtout quand le RN, lors de la campagne, n’a cessé de faire un procès en illégitimité à son opposant Jean-Firmin Bardisa qui ne résidait pas au Pontet. La députée a pris comme collaborateur parlementaire un autre pontétien : Xavier Magnin, qui cumule ce poste avec celui de dircab de Joris Hébrard.

  • À Malaucène, le passage de géomètres sur les papeteries ne passe pas

    À Malaucène, le passage de géomètres sur les papeteries ne passe pas

    Mi-mai, Alain Constant, nouveau président de la Cove – l’agglo Ventoux Comtat Venaissin – avait annoncé la couleur dans nos colonnes (notre édition du 18 mai). En juin, des géomètres allaient venir sur la partie haute des anciennes papeteries de Malaucène pour effectuer des relevés dans le cadre du projet de zone artisanale sur le site, défendu par la Cove.

    Cela n’a pas traîné : ce mardi matin, une équipe de deux géomètres est intervenue. Mais n’a pu mener son travail à son terme après l’arrivée de quelques-uns des propriétaires, réunis en coopérative au sein de la Fabrique du Ventoux. « On n’a jamais donné notre accord, apparemment, un courrier de la Cove est parti vendredi, mais le délai est trop court, la moindre des choses aurait été de nous prévenir et prendre rendez-vous », déplore Alexandrine Meynaud, chargée des relations extérieures de la Fabrique du Ventoux.

    La police municipale et la gendarmerie sont intervenues et les géomètres ont quitté les lieux, deux heures après leur arrivée, sans incident notoire. En juillet dernier, la préfecture avait pris un arrêté, valable trois ans, autorisant la Cove ou les entreprises mandatées par ses soins à pénétrer sur site, au grand dam des propriétaires. « C’est un nouveau passage en force », regrette Alexandrine Meynaud. Il y a 3 semaines, Alain Constant avait rencontré la Fabrique du Ventoux, présentant une nouvelle offre d’achat de cette partie haute, tout en confirmant le processus d’expropriation en cas de désaccord. Les propriétaires s’opposent à la zone sur cette partie classée du vallon du Groseau, préférant l’installer sur la partie basse des anciennes papeteries.

  • « L’homophobie est minimisée »

    « L’homophobie est minimisée »

    Deux jours après la marche des fiertés d’Avignon, l’association organisait, ce lundi midi, un rassemblement devant le tribunal pour réclamer « Justice pour Micka ». « Nous contestons la décision du caractère non homophobe de l’agression, tous les quatre jours en France il y a un guet-apens homophobe, ce n’est pas acceptable, déplore Paul Zagacki. Micka était visé parce qu’il était gay et à cause des clichés liés à l’homophobie comme quoi les gays sont pus faibles, moins entourés et plus riches. » Les militants espèrent qu’au cours du procès les faits soient requalifiés avec le caractère homophobe. « L’homophobie est minimisée, en 2026, le combat ne s’arrête pas », regrette-t-il.