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  • Marion Mazauric : « Protéger l’œuvre des auteurs »

    Marion Mazauric : « Protéger l’œuvre des auteurs »

    « Le droit moral protège l’œuvre des auteurs. C’est un droit inaliénable, si on perd ça, on perdra l’artiste. » Au moment où le développement exponentiel de l’intelligence artificielle (IA) s’accompagne d’un pillage culturel en règle des écrits littéraires ou des images de films, Marion Mazauric s’inquiète. Sans savoir si la proposition de loi Ducros adoptée en avril au Sénat sera validée par l’Assemblée nationale, ni si son contenu final sera à la hauteur du défi, l’éditrice gardoise voit d’un bon œil l’initiative parlementaire.

    « Très facile de battre l’IA »

    Celle-ci vise à mieux protéger les œuvres culturelles face aux IA génératives en créant une présomption d’utilisation des travaux des musiciens, écrivains, cinéastes ou photographes par les systèmes d’IA. Autrement dit, si la loi était adoptée, la charge de la preuve serait inversée et il reviendrait à l’entreprise d’IA de prouver qu’elle n’a pas pillé un contenu.

    Fondatrice des éditions du Diable Vauvert, Marion Mazauric y voit un premier pas tout en fixant les priorités : d’abord obtenir une autorisation de l’auteur ou d’un ayant droit sur une œuvre. La question de la compensation financière venant ensuite. « On est tous pillés, ce serait forcément un progrès ».

    L’éditrice n’a pas en soi d’a priori négatif sur l’IA. Pour elle, le défi reste celui de son utilisation et donc du pouvoir qu’elle procure. « La science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Le problème n’est pas tant la fusion nucléaire que ce qu’on en fait ». Dans le domaine culturel, « si l’IA permet d’accélérer les progrès de la médecine ou d’avoir des calculateurs de droits d’auteur performants, eh bien j’applaudis l’IA ». Et d’ajouter : « Si le but de l’IA c’est de faire des humains de stricts consommateurs qui ne réfléchissent pas et qui sont dirigés par des IA elles-mêmes pilotées par des humains… ».

    Pour elle, cette technologie dont on oublie qu’elle n’est qu’un « super calculateur », n’est d’ailleurs pas nouvelle. « Je suis familière de l’IA depuis 40 ans que je lis ou regarde de la science-fiction », confie Marion Mazauric en citant notamment le film 2001, l’Odyssée de l’espace. Dans son métier, elle confie avoir déjà testé l’IA jusqu’à l’avoir « poussée dans ses retranchements et lui faire avouer ses limites ». Verdict : elle n’est pas convaincue. « Sur les quatrièmes de couverture, l’IA ne nous arrive pas à la cheville. Elle peut vous écrire un roman à la manière de Houellebecq mais ce sera du sous- Houellebecq avec des clichés ». Selon elle, un éditeur cherche tout le contraire d’un académisme singé : de la nouveauté, de l’originalité. Si elle n’écarte pas un vilain scénario pour les auteurs voire une « société à deux vitesses », Marion Mazauric ne croit pas à leur disparition ni à celle des acteurs prophétisée par Elon Musk. « L’IA n’atteindra jamais la perfection ni surtout l’imperfection humaine. »

  • Un appel à réduire drastiquement le trafic aérien

    Un appel à réduire drastiquement le trafic aérien

    Plus de cent collectifs et associations de 25 pays du monde entier ont été coordonnés par le réseau « Stay Grounded » dans le but de s’opposer à la pollution liée à l’exploitation aérienne. Le collectif « atterrissons d’urgence Montpellier » est signataire de ce manifeste par le biais duquel les organisations réagissent à la crise du kérosène et prônent plusieurs mesures afin « d’enrayer l’effondrement climatique ».

    Supprimer le trafic

    entre Montpellier et Paris

    « Pour “Rester sur Terre”, la crise actuelle du kérosène – alimentée par les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la volatilité des marchés des combustibles fossiles – met en évidence la fragilité du secteur aérien », précise Atterrissons d’urgence Montpellier. « Alors que les compagnies aériennes sont confrontées à une hausse des coûts et à l’incertitude, cette situation souligne à quel point le transport aérien reste dépendant de combustibles fossiles dont les réserves sont limitées ».

    « Presque toutes les mesures impactent plus ou moins l’aéroport de Montpellier », affirme Stuart Page, porte-parole du collectif montpelliérain. De l’exigence d’une non-extension appliquée à tous les aéroports à celle réclamant l’arrêt des publicités et programmes de fidélité, ce manifeste n’expose pas seulement les problèmes liés au trafic aérien, son système inégalitaire et la pollution qu’il engendre, il envisage un tout nouveau modèle pour le secteur. « Remplacer les vols court-courriers par des liaisons ferroviaires ou maritimes, interdire les vols de nuit dans les aéroports, fermer les aéroports régionaux… », autant de suggestions qui permettraient de freiner les conséquences négatives du transport aérien.

    « Quand Transavia a ouvert sa base ici en 2020, le directeur commercial a dit qu’ils avaient fait le pari qu’en créant une offre, qu’ils allaient stimuler et créer la demande, ce n’est pas comme s’ils venaient combler une demande existante, ils souhaitent créer de la demande », insiste le porte-parole d’Atterrissons d’urgence Montpellier.

    Les campagnes publicitaires qui visent à concurrencer les voyages en train, comme la nouvelle publicité de l’aéroport de Montpellier dont le slogan  : « en deux heures il y sera » fait référence à la durée présumée d’un aller Montpellier – Paris, sont dans la ligne de mire du collectif. « On a porté plainte contre l’aéroport pour ce qu’on considère être une pratique commerciale trompeuse », assène-t-il. Par ces actions, le collectif espère la suppression de la liaison aérienne Montpellier-Paris, qui permettrait d’appuyer la promotion des voyages en train, en covoiturage, ou tout autre moyen de locomotion moins polluant.

    « Le transport aérien le montre clairement : c’est l’une des sources d’émissions qui connaît la croissance la plus rapide, et l’un des secteurs les plus vulnérables aux chocs mondiaux », déclare la porte-parole de Stay Grounded, Inês Teles. « La solution est simple : réduire le nombre de vols et investir dans des alternatives au transport aérien. » En 2026, l’installation d’une base Volotea est prévue localement, « cela représenterait environ 2 millions de passagers en plus ». Une perspective à laquelle le collectif Atterrissons d’urgence compte bien s’opposer.

  • Le Notre Dame intègre la flotte CMA CGM

    Le Notre Dame intègre la flotte CMA CGM

    Il a débuté sa première rotation commerciale à Shanghai, en Chine, avant de rejoindre la France et l’Europe au début du mois de juillet. Long de 400m, large de 62m et haut de 75m, le CMA CGM Notre Dame est conçu pour transporter jusqu’à 24 212 conteneurs (EVP). Au-delà de sa propulsion au gaz naturel liquéfié (GNL), ce navire intègre des équipements conçus pour réduire son impact environnemental à chaque étape de son exploitation et s’inscrit dans la stratégie du groupe visant à atteindre le Net Zero Carbon d’ici 2050. Le Notre Dame ouvre une série de 10 navires nommés d’après des lieux emblématiques du patrimoine français qui seront livrés entre 2026 et 2028. Il sera inauguré lors d’une cérémonie au Havre le 2 juillet, à l’occasion de son arrivée en France.

  • Contre les JO 2030

    Contre les JO 2030

    Ils dénoncent notamment l’absence de concertation des populations des territoires concernés. Ils s’opposent également à la « bétonisation et destruction des montagnes pour quelques privilégiés ». Les militants annoncent que la mobilisation va continuer
    à Marseille.

  • L’action du réseau Universités sans frontières devantle rectorat à Aix

    L’action du réseau Universités sans frontières devantle rectorat à Aix

    Les membres du réseau Universités sans frontières a mené une action pour s’opposer au décret Baptiste, relatif aux frais différenciés pour les étudiants hors union européenne. Si un étudiant européen paie 178 euros pour une licence et 254 euros pour un master, un étudiant hors Union se verrait, lui, payer 2 895 euros pour une licence, et 3 941 euros pour un Master. Le RUSF 13 indique qu’il sera reçu prochainement par le rectorat, à la suite de cette mobilisation.

  • L’inclusion doit passer par l’ouverture d’une classe Ulis

    L’inclusion doit passer par l’ouverture d’une classe Ulis

    « C’était mieux cette année, je préfère l’Ulis. » Tasnim, 10 ans et en CM2, a pu bénéficier d’une Ulis en dernière année de primaire. Mais ses espoirs comme ceux de sa mère de continuer au collège risquent fort d’être déçus. C’est la raison pour laquelle les syndicats CGT, FSU et Sud ont organisé un rassemblement devant le collège Frédéric-Mistral mardi soir pour exiger l’ouverture d’une Unité locale pour l’inclusion scolaire (Ulis) au collège sur la ville.

    « On nous a dit qu’il n’y avait pas d’Ulis collège à Port-de-Bouc, qu’il faut aller à Fos ou Martigues », précise Nour Boukabbout, mère de la jeune Tasnim, « mais je ne suis pas véhiculée, mon mari travaille de 8h à 17h, et il n’y a rien de prévu pour les transports », énumère-t-elle. Les mêmes inquiétudes habitent les parents présents. « Ce sont des enfants en difficulté, avec parfois des pathologies. Mais on nous dit qu’on peut rien faire. »

    La revendication ne date pourtant pas d’hier. « Ça fait six ans qu’on demande une Ulis collège avec notre syndicat, l’intersyndicale, nos élus et les parents d’élèves car chaque année des enfants sortent primaire et restent sur le carreau », déplore Laurence Cassandri, de la CGT Éduc’Action. Résultat : « Plein de gamins sont déscolarisés avant 16 ans » d’après la syndicaliste. La demande est « légitime » aux yeux de Valérie Zikka Dussol, de la FSU : « On vient d’apprendre que le directeur académique veut augmenter les effectifs d’Ulis par dérogation. Avec cette augmentation on pourrait ouvrir l’Ulis ici », affirme-t-elle.

    « C’est du validisme »

    Face à cette « rupture d’égalité appelée validisme » pointée par la syndicaliste Sud présente, les élus se tournent vers le Département. « Nous rencontrons le directeur académique la semaine prochaine et ce sera pour gagner », assure le maire (PCF) Laurent Belsola. En parallèle, le maire et la conseillère départementale (PCF) Magali Giorgetti ont rencontré la présidente (LR) du Département Martine Vassal pour porter la demande d’ouverture d’Ulis auprès de l’Éducation nationale.

    La question est presque morale. « On met des millions d’euros pour la guerre mais on entasse nos petits à 35 en classe », assène le secrétaire de l’UL CGT Maixent Bitan, en même temps que se dégradent « les conditions de travail des enseignants » et personnels éducatifs.

    C’est politique.

  • Une écoute téléphonique au chevet des étudiants d’Aix-Marseille

    Une écoute téléphonique au chevet des étudiants d’Aix-Marseille

    À partir de 21h et jusqu’à 2h30, deux à trois bénévoles rejoignent ce que l’équipe appelle « la brigade de nuit ». L’antenne de l’association de prévention des risques de santé mentale Nightline a ouvert il y a 8 mois à Marseille. Cette ligne d’écoute, gérée par des étudiants bénévoles formés et accompagnés, couvre les besoins de tous les étudiants de l’académie d’Aix-Marseille. Elle répond à un réel besoin, « avec un pic lors des partiels », souligne Vincent Biarneix, responsable de l’association.

    « Rendre accessibles ces outils à tous les jeunes »

    Les thématiques récurrentes sont en premier lieu les ruptures amoureuses, suivies par la solitude et l’isolement. Sur le premier trimestre 2026, l’association a reçu 600 appels. « On aimerait recruter davantage de personnes pour pouvoir faire face aux besoins », partage Yanis* le président-bénévole de l’antenne.

    Au-delà des appels, des ateliers de sensibilisation et de prévention sont organisés par les bénévoles, services civiques et salariés, soit une petite équipe de moins de 30 personnes. Ils se rendent dans les lycées, les universités et les missions locales pour « parler de santé mentale, la déstigmatiser, libérer la parole dans l’optique de rendre accessibles tous nos outils aux jeunes de France », indique Julie Pierre-François, déléguée territoriale de Nightline Aix-Marseille.

  • Avignon veut renforcer sa coopération avec la Chine

    Avignon veut renforcer sa coopération avec la Chine

    Dans le salon du maire d’Avignon ce mardi 26, à l’occasion de la visite du consul général de Chine à Marseille, Youlin He, le premier magistrat Olivier Galzi a annoncé souhaiter « une coopération beaucoup plus importante » avec le pays du Milieu.

    Une collaboration dans les domaines du tourisme, des industries culturelles et créatives, mais aussi des technologies de pointe autour de l’agriculture développées à Agroparc « qui intéressent beaucoup le gouvernement chinois », explique le maire. « Avignon a une très belle histoire. On va trouver une coopération pour aider les peuples de la France et de la Chine dans tous ces domaines », explique le diplomate chinois, qui affirme qu’il s’agit de sa troisième visite à Avignon. A aussi été évoqué un jumelage « à hauteur de la ville », assure Olivier Galzi, à savoir avec la ville de Yiwu qui est « un modèle de production », assure Youlin He.

    « Deux piliers »

    Le maire s’est aussi permis une pique à l’ancienne municipalité, assurant que la relation entre Avignon et la Chine était « quasi inexistante ». Et ce alors qu’il existait bien un jumelage avec le district de Bao’an-Shenzen où vivent 3 millions de personnes depuis 2023. « Ce n’est pas qu’il n’était pas important mais il n’était pas valorisé », assure le maire. Mais cette nouvelle possibilité « est un deuxième pilier », poursuit-il. « Les relations avec Yiwu et Bao’an peuvent exister et avancer en même temps », confirme le consul.

  • Plus d’un million d’euros d’amende pour pollution pour Naphtachimie

    Plus d’un million d’euros d’amende pour pollution pour Naphtachimie

    Un million deux cent mille euros d’amende. C’est le montant de l’amende que doit payer la société Naphtachimie pour deux épisodes de pollution à l’huile de pyrolyse de l’anse d’Auguette et du golfe de Fos en 2018 et 2022, à l’issue de la Convention judiciaire d’intérêt public environnementale (CJPE) validée par le tribunal judiciaire de Marseille le 13 mai.

    L’enquête a démontré que les fuites étaient dues à la défaillance d’un joint, en 2018. Une cinquantaine de tonnes d’une sorte de goudron toxique pour l’environnement marin, l’huile de pyrolyse, s’est déversée pendant onze heures dans l’anse, dont une part non précisée dans la mer.

    Outre l’amende, l’entreprise s’engage à indemniser les associations France nature environnement (FNE) nationale et régionale Paca, parties civiles de la procédure, par protocole d’accord non communiqué.

    Une dépollution expérimentale

    La dernière obligation à laquelle l’entreprise est soumise est de « mettre en œuvre à titre expérimental la dépollution de l’anse d’Auguette par un procédé novateur de bioremédiation », avec prise en charge financière du suivi scientifique.

    La décision de justice est réputée définitive et clôt l’enquête judiciaire visant Naphtachimie pour délit de pollution des eaux.

  • [Entretien] Julien Bouillé (CGT) : « Le capitalisme se sert des guerres pour diviser »

    [Entretien] Julien Bouillé (CGT) : « Le capitalisme se sert des guerres pour diviser »

    Dans le cadre de ce 33e congrès de la CGT des Hautes-Alpes, son co-secrétaire, Julien Bouillé, fixe les grands enjeux et principaux thèmes des débats à venir pour ces trois prochains jours.

    La Marseillaise : Quels sont les principaux enjeux de ce congrès ?

    Julien Bouillé : Refaire, réaffirmer les bases, nos valeurs, si la maison n’a pas de bonnes fondations elle ne tiendra jamais. Le retour au B.A-BA : quelles sont les valeurs de la CGT ? Qu’est-ce qu’une union départementale ? Qu’est-ce qu’un syndicat ? On se rend compte que pendant quelque temps ce qu’on appelle la formation initiale, le front commun, a été moins suivi que le reste de nos formations plus techniques. Il y a une forme d’oubli de ce qu’est la CGT, pourquoi elle a été créée… On a un peu perdu le lien, on a des camarades en responsabilité dont on s’aperçoit qu’ils n’ont pas fait les formations initiales. Le congrès permettra de fixer cette orientation.

    Comment va-t-il se dérouler ?

    J.B. : Dans un premier temps un rapport d’activité est dressé et voté par l’ensemble des congressistes. Ensuite, le congrès est découpé en trois parties. La première, c’est « redonner du sens à nos actions ». Après, on se réunit au Buffet de la gare de Veynes, lieu historique qui propose des produits locaux en circuit court. Le lendemain, on abordera le deuxième thème : « la protection sociale, notre bien à défendre ». Un focus sur les luttes menées autour de la protection sociale, en lien avec l’action sur la réforme des retraites, avec l’IHS 05, l’Institut d’Histoire sociale de la CGT, la branche départementale. Le dernier thème c’est « une organisation démocratique construite par et pour chacun et chacune ». Ces thématiques seront débattues, et de là seront établies des orientations pour les trois années à venir. À l’issue de ces débats, on mettra également au vote la future équipe de direction de l’Union départementale, composée d’une trentaine de personnes parmi lesquelles sera désigné un bureau et le ou la secrétaire générale de l’Union départementale.

    Il y aura un débat sur la montée des guerres et de l’extrême droite, les deux sont liées ?

    J.B. : On a pour habitude d’associer un moment culturel à notre soirée fraternelle et on a choisi de dédier un débat sur le thème « Guerre/Migration, qui profite des guerres, qui subit ? » Nous avons choisi ce thème qui est d’actualité, de par les guerres qui se multiplient et de l’extrême droite qui monte partout. Pour nous, la CGT, le lien entre les deux est évident, c’est le capitalisme. Il se sert des guerres, des extrêmes droites pour diviser, grignoter tout ce qu’il peut et produire de l’argent. La CGT, en combattant les idées d’extrême droite sur le lieu de travail, peut entraver la progression de ses idées en France. C’est pour cela qu’on fait intervenir la Cimade, Visa [Vigilance et initiatives syndicales antifascistes] et le Mouvement de la paix, pour montrer que le syndicat et le mouvement social, s’ils sont seuls de leur côté, ne peuvent rien. Si on n’est pas capables de s’unir, on n’y arrivera pas.