Blog

  • Une posidonie échouée utile pour lutter contre l’érosion

    Une posidonie échouée utile pour lutter contre l’érosion

    Opération mille-feuille ce mercredi 27 mai de bon matin sur une bonne moitié de la plage de la Pointe Rouge (8e). Depuis 5h, histoire d’éviter la cagnade et de s’adapter au public, les agents de la Ville sont à pied d’œuvre pour d’abord ramasser à la pince les macro-déchets pris dans les herbiers de posidonie morts, échoués, puis pour racler sable et plantes pour en faire des couches successives. L’objectif est à la fois esthétique avant l’ouverture de la saison estivale mais aussi écologique, explique Hervé Menchon (EELV), adjoint au maire de Marseille, délégué à l’environnement et à la biodiversité.

    Travailler à une acceptation sociale

    « C’est une expérimentation qui permet d’aplanir la plage pour la surveillance des baignades, parce qu’une banquette de posidonie d’un mètre de haut, un enfant pourrait tomber derrière et être moins facilement repérable pour les équipes de secours et cela permet de d’avoir une plage lisse qui correspond à un stéréotype touristique », précise l’élu. Un stéréotype contre lequel il lutte, ajoute-t-il tout de suite. Car dans le cadre d’un « plan posidonie » voté en 2023, il entend faire comprendre au plus grand nombre toute l’utilité de cette plante marine, à la fois capteur de carbone et nurserie à poissons.

    Après un plan de communication mené à l’aide d’un questionnaire pour « recueillir l’évolution de l’acceptation sociale de la présence des posidonies sur le trait de côte » et des actions de sensibilisation des enfants avec les « aires marines éducatives », une partie du chemin a été faite estime Hervé Menchon. « On ne considère plus que c’est gênant visuellement et quand ça colle aux pattes, même si on est quand même content que ça soit caché sous le sable pour pouvoir étendre sa serviette… » résume-t-il. Il espère que « petit à petit, la raison va l’emporter et que les gens vont comprendre tout l’intérêt qu’il y a à avoir une nouvelle carte postale méditerranéenne avec ses banquettes de posidonie toujours en place, même l’été ». Ce que les enfants de Corbière, à l’Estaque, ont déjà intégré puisqu’ils ont demandé à ce qu’on laisse les banquettes de feuilles mortes de posidonie intactes cette année se réjouit Hervé Menchon.

    L’autre intérêt de cette laisse de mer constituée par l’herbier, c’est aussi de lutter contre l’érosion de la plage. « Ici, la nappe de sable tourne, et à l’endroit où la plage était la plus large, au fond, les vagues tapent sur les bâtiments », précise l’élu. Les feuilles de posidonie, suivant le courant, se déposent en nombre à l’endroit où la plage est la plus mince. « On peut espérer, estimant qu’un mètre cube de posidonie peut piéger entre 100 et 300 litres de sable, que par des moyens naturels on ait un réengraissement de la plage, avec un élargissement ou un maintien du trait de côte », ajoute-t-il. C’est ce qui s’est notamment passé en à peine un an, en amont, sur la partie Nord de la plage du Prophète (7e) se félicite Hervé Menchon. Le principe du mille-feuille sera en phase de test jusqu’en 2027. « Après on verra si on avait raison », sourit Hervé Menchon.

    Côté baigneurs, on n’est pas convaincu. « Ces trucs, y en a partout, on se baigne dedans c’est pas très agréable », estime l’une d’entre eux. Et pour cette habituée, les dépôts de posidonie « plus nombreux qu’avant » ne sont pas le problème principal. « Ici ce qui nous empêche de profiter de l’endroit, ce sont les restaurants qui étendent de plus en plus leurs terrasses, on est parqués », déplore-t-elle. Plus loin, ce riverain approuve, dénonçant aussi la vétusté des équipements dont la propreté des douches et l’état de l’escalier d’accès alors qu’« on nous avait promis des travaux… » assure-t-il.

  • [Entretien] « Le Code noir a structuré l’exploitation d’êtres humains »

    [Entretien] « Le Code noir a structuré l’exploitation d’êtres humains »

    Au lendemain des commémorations des vingt-cinq ans de la loi Taubira, les députés examinent ce jeudi l’abrogation du Code noir, proposé dans le cadre de la niche parlementaire du groupe Liot. Cet ensemble d’édits royaux datant des XVIIe et XVIIIe siècles organisant l’esclavage, n’a jamais été formellement abrogé. Le texte déjà adopté en commission des Lois, a reçu un soutien transpartisan de LR à LFI. Il contient deux articles, dont l’un demande au gouvernement un rapport « relatif à la législation coloniale et à ses effets de long-terme au sein des territoires concernés ».

    La Marseillaise : Qu’est-ce que le Code noir et comment les territoires concernés continuent à en subir les effets ?

    Max Mathiasin : Le Code noir a structuré non seulement la propriété, le mode d’exploitation d’êtres humains dans le cadre de l’économie coloniale mais a aussi régenté la conduite à tenir à propos des esclaves. Il y a un article qui stipule clairement que l’esclave sera considéré comme un bien meuble donc qu’il n’avait pas de personnalité juridique. Dès lors, il était considéré comme un espace, un lieu, une personne de non-droit. Ça veut dire qu’il pouvait être échangé, torturé, battu. Un maître qui décidait par exemple d’aller à une table de jeu ou de faire un pari pouvait très bien offrir un esclave comme gain. Le Code noir fixe aussi l’origine des sanctions qui pouvaient aller jusqu’à la peine de mort en cas de tentative de fuite des esclaves. Il a été appliqué à l’esclavage des Noirs qui ont été mis en esclavage précisément parce qu’ils étaient Noirs, puisque c’était interdit sur le sol de l’Hexagone depuis le XIVe siècle. On a créé la Compagnie des îles d’Amérique, avec des actionnaires, pour pouvoir se faire des richesses colossales qui ont servi à l’accumulation du capital en France hexagonale. On voit très bien que les conséquences se font toujours ressentir. Le système de la propriété qui existe encore chez nous, avec les monopoles qui appartiennent à quelques familles descendantes d’esclavagistes à la fois dans l’importation et la distribution, l’intégration verticale, le niveau excessif des prix… Les séquelles sociétales et psychologiques perdurent car même si l’esclavage a été reconnu comme crime contre l’humanité en 2001 par la loi Taubira, ça ne répare pas les consciences ni les comportements qui sont à l’œuvre.

    Comment « réparer » ?

    M.M. : À partir du moment où on reconnaît qu’il y a eu crime contre l’humanité et que le Code noir est abrogé, doit venir la question de la réparation des crimes. Je ne sais pas quelles formes elles prendront. Il faut trouver la forme qui permette d’en discuter sereinement et arriver à un consensus.

    Le président dit « la première des réparations consiste à restaurer la vérité dans notre histoire » et parle de travaux de l’Enseignement supérieur à venir. Est-ce suffisant ?

    M.M. : Si c’est ce qui est envisagé par le président, ça ne peut pas constituer un dédommagement en soi. Nous partons de très loin. Quand nous rentrions à l’école nous apprenions dans nos premières leçons d’histoire que nos ancêtres étaient les Gaulois. Ils habitaient dans des huttes basses et le druide procédait à la cueillette du gui. Nous étions complètement décalés à la mesure où nous n’avions pas d’ancêtre Gaulois, pas de gui chez nous, ni de druide. Cela a fait suffisamment de mal aux consciences. Il faut absolument que nous soyons honnêtes avec nous-mêmes et laisser une place dans les manuels scolaires à cette phase importante dans l’Histoire de la société française et de son territoire. Des mouvements pour les réparations existent déjà en Guadeloupe mais ils n’ont pas jusqu’à ce jour trouvé de réponse, ni été reçus. Il faut apaiser justement par la reconnaissance de ce crime, par l’abrogation du Code noir et peut-être aller vers une troisième étape qui contribuera à l’apaisement des consciences.

    Une statue de Jean-Baptiste Colbert, l’artisan du Code noir, est érigée devant l’Assemblée nationale, son nom figure sur des rues, des stations de métro. Faut-il l’effacer de l’espace public ?

    M.M. : C’est un grand débat. Alors, effectivement, on parle de Colbert qui a joué un rôle très important avec son fils qui aurait rédigé ce Code noir mais c’est une responsabilité d’État. Il a été mis en place par Louis XIV, c’est lui qui est le signataire du Code noir. Les régimes changent, l’État français demeure. Lorsqu’en 1794, les révolutionnaires abolissent pour la première fois l’esclavage, ils ne pensent pas au Code noir. Pour eux, tout est abrogé. Mais quand Napoléon décide de remettre en vigueur l’esclavage en 1802, il le fait explicitement selon les mêmes dispositions antérieures, ça veut dire qu’il considère que le Code noir n’est pas abrogé et ça va durer jusqu’en 1848 avec le décret Schœlcher [sur l’abolition définitive de l’esclavage, Ndlr.]. Cet acte ne tient pas compte de l’existence du Code noir dans la mesure où, pour eux, au moment où ce décret est édité, l’esclave n’existe pas en tant qu’être. Je vais pas demander à la France entière de déboulonner ces statues mais au moins bien expliciter, dire qui étaient véritablement ces personnages. Nous devons parler à toute la Nation, à toutes les populations de ce territoire pour faire une histoire commune.

  • Stéphane Richard confirme l’arrivée de Grégory Lorenzi

    Stéphane Richard confirme l’arrivée de Grégory Lorenzi

    Le léger voile encore présent autour du dossier du directeur sportif s’est définitivement levé. Et il n’y a aucune surprise de la part de l’Olympique de Marseille. Stéphane Richard prendra ses fonctions de président le 2 juillet et l’homme qui encadrera le volet sportif est désormais connu. Le dirigeant du Stade Brestois Grégory Lorenzi va s’engager avec le club de la cité phocéenne. Stéphane Richard l’a confirmé, ce mercredi, à l’occasion du lancement du mouvement « Who’s who », à Grand Central, siège de BFM Marseille Provence.

    « Le nom qui circule dans la presse actuellement est le bon, je peux vous le confirmer. Ce sera officialisé dans les prochaines heures », a-t-il simplement lâché, lorsqu’un intervenant lui a posé la question. Même s’il ne nomme personne, le seul nom dévoilé par la presse ces dernières semaines est celui de l’ancien joueur d’origine corse. Grégory Lorenzi s’apprête à prendre les rênes du secteur sportif du club olympien, à la suite du départ de Mehdi Benatia, qui a quitté ses fonctions à l’issue de la saison.

    Un challenge colossal l’attend, avec la venue d’un nouvel entraîneur et un mercato complet à réaliser pour être prêt avant le début de la Ligue 1 et la nouvelle campagne européenne. Grégory Lorenzi semble donc avoir mis de côté l’OGC Nice, club qu’il aurait dû rejoindre sans l’intérêt prononcé de l’OM. Finalement, ce sera bien le Vélodrome et non l’Allianz Riviera pour lui. Les Azuréens ont même accéléré et poursuivent d’autres pistes : celles de Bruno Cheyrou, de l’Auxerrois David Wantiez ou encore de l’ancien Milanais Geoffrey Moncada.

    Le nouvel organigramme prend forme

    Par ailleurs, lors de son passage à Grand Central, Stéphane Richard a également indiqué que Didier Deschamps ne serait pas le prochain coach marseillais. Il a rapidement balayé cette question, bien que le vainqueur de la Ligue des Champions 1993 soit disponible après la Coupe du monde (11 juin-19 juillet). Le futur président voit grand, il ne s’en est jamais caché depuis l’officialisation de sa nomination. Stéphane Richard a aussi évoqué le fait de reconstruire « un club fort » et espère proposer « un spectacle magnifique à tous ceux qui aiment le foot ». Après une saison en enfer, le travail est colossal pour redresser l’image du club auprès des supporters, déçus en tous points par le scénario 2025-2026.

    L’organigramme de l’Olympique de Marseille se dessine peu à peu. Frank McCourt est toujours le propriétaire, Stéphane Richard sera président d’ici un mois et donc Grégory Lorenzi s’occupera du sportif. Reste le dossier de l’entraîneur, avant de s’attaquer au grand chambardement de l’effectif. Les noms de Bruno Genesio et Christophe Galtier reviennent le plus souvent, selon des sources. Le prochain coach pourrait être un autre personnage du football français. C’est d’ailleurs ce qui a filtré dès l’intronisation de Stéphane Richard : un technicien tricolore pourrait débarquer à la Commanderie. Les options ne sont pas nombreuses et le mystère reste entier concernant cette recherche.

    L’été de ce nouveau duo à la tête du club sera scruté par les observateurs, tant il s’annonce décisif pour l’avenir à court et moyen terme de l’OM. D’un point de vue sportif, évidemment, mais également financier, car les chiffres sont en baisse. Le dernier exercice, avec ses 100 millions d’euros de déficit, a alerté dans les hautes sphères. Habitué à travailler avec peu de moyens, Grégory Lorenzi devra garder un strict contrôle des finances, même en rejoignant les Bouches-du-Rhône.

  • [Prix des carburants] Dans la zone industrielle de Fos, une voiture indispensable

    [Prix des carburants] Dans la zone industrielle de Fos, une voiture indispensable

    Des stations Total situées en sortie de Fos-sur-Mer, de part et d’autre de la RN568, les usines ne sont plus très loin. Derrière les pompes à essence se détachent des panneaux solaires, d’énormes silos gris, les stocks du dépôt pétrolier puis les cheminées couleur rouille d’ArcelorMittal. Tous les matins, des milliers de travailleurs et de travailleuses empruntent ces doubles voies pour contribuer à l’activité foisonnante des bassins Ouest du Grand Port maritime de Marseille (GPMM). Avec une dépense incompressible : le plein d’essence.

    Certains s’en sortent bien, à l’instar d’Anne et de son responsable, tous deux salariés chez Securitas. « On a la chance d’avoir la voiture de service donc on ne se pose pas trop de questions », admet le conducteur. Heureusement, car ils avalent les kilomètres. « Pour les rondes, les ci les mi, on circule beaucoup. Et puis on est partout, sur Dassault Aviation, PetroIneos… C’est vraiment la bonne solution. »

    Pas de transports

    en commun

    D’autres, à l’instar de Patrick*, ont subi l’explosion du prix de l’essence de plein fouet. La facture de ce quinquagénaire qui travaille dans la maintenance des sites industriels est passée de 250 à 350 euros par mois. Entre les mois de janvier et de mai, le gazole a pris un peu plus de 50 centimes par litre en moyenne, l’essence 45 centimes. Pour faire face à la crise, Sébastien Lecornu a annoncé un « nouveau paquet » d’aides jeudi 21 mai, dont un prolongement pour trois mois de l’indemnité « grands rouleurs » et une hausse de la prime carburant. Cette aide défiscalisée et désocialisée, qui peut être versée aux salariés par les employeurs sans qu’il y ait d’obligation pour eux de le faire, va voir son plafond passer de 300 à 600 euros. Patrick n’est concerné par aucune de ces aides. « C’est comme ça », lâche-t-il en haussant les épaules.

    « De toute façon comment voulez-vous faire ? demande-t-il. Il n’y a pas de transports en commun. » Des lignes de bus du réseau métropolitain relient Fos-sur-Mer à Port-Saint-Louis-du-Rhône, avec de rares arrêts en périphérie de la zone industrielle. Une desserte ferroviaire existe, mais elle est exclusivement dédiée au fret. Seules quelques boîtes du secteur, à l’instar de Kem One, continuent de mettre en place des bus d’entreprise pour les salariés postés en quart. Ce n’est pas le cas de Benjamin, qui travaille dans les bureaux du site fosséen de LyondellBasell. Lui vit à Saint-Mitre-les-Remparts et fait donc quotidiennement 60 kilomètres. « On a des frais de déplacement qui restent avantageux même s’ils n’ont pas été revalorisés. » Résultat : son budget mensuel a augmenté de 100 euros mais reste plutôt bien couvert par l’entreprise.

    Nessa, elle, n’a pas d’aide pour aller au boulot. La Saint-Louisienne ne travaille pas dans les bassins du port, mais exerce en tant que taxi à Martigues. Devant la montée des prix à la pompe, son patron a commencé à changer sa flotte de véhicules pour passer à l’électrique. Elle aussi a abandonné sa Mini Cooper pour passer à la C3, qui « consomme beaucoup moins ».

    La jeune femme s’agace de l’ambiance générale de résignation. « À l’époque, les Gilets jaunes avaient tenu des mois pour quelques centimes d’augmentation, et on était à 1,3 euro le litre. Mais ils ne se sont pas fait entendre. Derrière, les manifestations contre la réforme des retraites n’ont rien donné. Résultat : plus personne ne dit rien, on accepte tout. »

  • Profiteurs de guerre

    Profiteurs de guerre

    Il y a ceux qui payent, et ceux qui encaissent.

    Dopé par la flambée du prix des hydrocarbures, le groupe français TotalEnergies a dégagé au premier trimestre 2026 un bénéfice record de 4,96 milliards d’euros (+51% sur un an). En mars et en avril, les taxes sur les carburants ont rapporté 190 millions d’euros supplémentaires à l’État par rapport à la même période de l’an dernier.

    Ce « surplus » de recettes « financera intégralement » les aides gouvernementales, a indiqué Sébastien Lecornu début mai. Comprendre : les consommateurs payent plus de taxes, une somme encaissée par l’État puis redistribuée aux professions les plus en tension sous forme de chèques afin qu’elles payent des carburants aux coûts exorbitants… aux grandes firmes pétrolières.

    Nationaliser

    Ces profiteurs de crise qui surfent sur l’instabilité du monde et les conflits déclenchés par les États-Unis de Donald Trump s’estiment assez influents pour menacer l’État en cas de mise en place de taxes sur leurs surprofits.

    C’est inadmissible. Une mobilisation populaire est nécessaire pour exiger l’encadrement des marges des raffineurs, le blocage des prix des carburants à 1,50 euro le litre et une nationalisation de ces entreprises qui font leur beurre à rebours de la défense de l’intérêt général.

    Il est absolument nécessaire de réorienter dans notre pays le secteur de l’énergie, indispensable pour agir sur le pouvoir d’achat des Français mais aussi sur l’avenir du climat. Pour cela, il faut du courage politique et un rapport de force qui s’engage.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Amine Kessaci

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Amine Kessaci

    Jeunesse, narcotrafic, Marseille habitat, actualité marseillaise…

    À vous la parole ⬇️

  • La venue de Joann Sfar suscite une polémique

    La venue de Joann Sfar suscite une polémique

    L’auteur du célèbre Chat du rabbin est programmé dans le cadre du festival littéraire « Oh les beaux jours ! » pour un « concert dessiné », vendredi à 20h30, à La Criée.

    En réaction, le collectif « cultures en lutte 13 » a lancé un appel au boycott sous le mot d’ordre « Sionistes hors de nos villes », recevant le soutien de l’eurodéputée LFI Rima Hassan.

    Bruno Benjamin, président du Crif Marseille Provence, a aussitôt réagi : « Joann Sfar n’est pas un représentant d’un État. Il n’est ni un gouvernement, ni une armée. C’est un écrivain, un dessinateur, un cinéaste, un homme de culture dont l’œuvre a toujours été traversée par le dialogue, l’identité, la mémoire et la complexité humaine. Le désigner comme une cible à boycotter en raison de ses convictions supposées ou revendiquées constitue une dérive inquiétante. »

    « Le courage du dialogue »

    De son côté, la maire de secteur, Sophie Camard (GRS), a apporté son soutien à l’auteur de bandes dessinées : « Non à la haine, un jour contre les Arabes, un jour contre les juifs ! Je soutiens Joann Sfar menacé de boycott à Marseille. Achetez son album “Terre de sang” avec des témoignages de Palestine. Rien à voir avec Netanyahu ! Le courage, c’est aussi le dialogue entre les peuples. » Serge Tavitian, président de la Licra Marseille Métropole, indique dans un communiqué, ce mercredi : « La Licra saisit ce jour les autorités judiciaires d’une plainte pour provocation à la discrimination. L’antisionisme est un antisémitisme qui ne s’ignore pas ! »

    Joann Sfar n’a pas souhaité réagir à la polémique. Dans un entretien accordé à La Marseillaise, en juin dernier, il expliquait apprécier les « lieux de rencontre, de débat, où contrairement à ce qu’on voit sur les réseaux sociaux, les gens prennent le temps de se parler. Il y a parmi mes lecteurs beaucoup de personnes d’origine arabe, c’est l’occasion d’échanger. Et quand on laisse s’exprimer les gens, on se rend compte qu’il y a beaucoup moins de désaccords que ce que l’on imagine. »

  • Habitat & Humanisme renforce son implantation dans les Alpes

    Habitat & Humanisme renforce son implantation dans les Alpes

    L’insertion commence par le logement », affirme Michel Mané, secrétaire en charge de la gestion locative adaptée. Pour l’association Habitat & Humanisme, le logement est « un droit universel pour tous ». Les bénévoles de l’association interviennent sur deux départements (le 04 et le 05).

    L’enjeu de lever des fonds

    Cette association agit sur trois axes : le logement accompagné, logement d’urgence et médico-social. Quinze logements solidaires sont déjà répartis à Digne-les-Bains, Gap, Sisteron et Manosque. « Il y a beaucoup plus de demandes, que de logements sociaux dans nos départements », rappelle le président de l’association Alpes Provence, Alain Burin des Roziers.

    Une pension de famille de 22 logements doit voir le jour à Manosque d’ici 2027. « L’objectif est de favoriser leur accès à l’autonomie par le logement », précise le président. À Digne-les-Bains, un centre d’hébergement d’urgence de 59 places, comprenant un accueil dédié aux femmes et enfants victimes de violences, fait l’objet d’une recherche de fonds importante pour sa rénovation. Un financement participatif est en cours.

    À Forcalquier, les démarches pour un nouvel Ehpad ont été finalisées : 44 places, plus 20 lits supplémentaires inscrits. Des qui restent toutefois conditionnés à l’obtention de financements « Le plus difficile reste la captation de logements. Il faut se faire connaître des mairies et des propriétaires potentiellement solidaires », souligne le président Alain Burin des Roziers.

    Leurs nouveaux locaux à Sisteron seront inaugurés à l’automne et, en plus des bénévoles, un travailleur social a été recruté.

    Des projets conditionnés aux financements

    Cette association aide entre autres à l’obtention d’un logement d’urgence – notamment pour les femmes victimes de violences – ou médico-social. Quinze logements solidaires sont déjà répartis à Digne-les-Bains, Gap, Sisteron et Manosque. « Il y a beaucoup plus de demandes, que de logements sociaux dans nos départements », rappelle le président de l’association Alpes Provence, Alain Burin des Roziers.

    Une pension de famille de 22 logements doit voir le jour à Manosque d’ici 2027. « L’objectif est de favoriser leur accès à l’autonomie par le logement », précise le président. À Digne-les-Bains, un centre d’hébergement d’urgence de 59 places, comprenant un accueil dédié aux femmes et enfants victimes de violences, est à l’étude.

    À Forcalquier, les démarches pour un nouvel Ehpad ont été finalisées : 44 places, plus 20 lits supplémentaires inscrits. Des projets qui restent toutefois conditionnés à l’obtention de financements. « Le plus difficile reste la captation de logements. Il faut se faire connaître des mairies et des propriétaires potentiellement solidaires », souligne le président Alain Burin des Roziers.

    Marie Moreau

  • [Entretien] Mircea Sofonea, épidémiologiste : « Il faut attendre début juin pour être sûr qu’on a échappé à une propagation »

    [Entretien] Mircea Sofonea, épidémiologiste : « Il faut attendre début juin pour être sûr qu’on a échappé à une propagation »

    La Marseillaise : Cet hantavirus n’est pas un virus qu’on découvre. Que sait-on à
    son sujet
     ?

    Mircea Sofonea : On parle ici du virus des Andes, qui fait partie d’un ensemble de virus appelé hantavirus, transmis par des rongeurs. Il en existe 53. On les divise en deux sous-groupes : ceux de l’ancien monde : Eurasie-Afrique, qui causent des syndromes néphropathiques et sont relativement moins létaux ; et ceux du nouveau monde, qui causent ce qu’on appelle le syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus, présentant des niveaux de létalité très élevés, au-delà de 30%. La particularité de ce virus des Andes est qu’il est le seul hantavirus pour lequel il est établi une transmission interhumaine.

    C’est un virus qui circule dans le sud de l’Amérique du Sud, essentiellement Argentine, Chili et Uruguay. Depuis 1995, il fait une centaine de cas par an en Argentine, 300 environ dans le continent sud américain. Dans l’immense majorité, il s’agit de cas liés à des transmissions depuis les réservoirs animaux. C’est-à-dire l’inhalation ou le contact avec des excréments de rongeurs infectés. Mais, même si on connaît l’existence de ce virus depuis longtemps, on ne le connaît pas si bien que ça. On peut parler de maladie tropicale négligée, qui n’a pas suscité beaucoup de recherches. On se trouve donc dans une relative incertitude.

    Quel regard portez-vous sur les dispositifs mis en place pour contenir l’hantavirus en France ?

    M.S. : Il y a une patiente française actuellement en réanimation, qui n’aurait pas pu être prise en charge sur le bateau ni dans un port de fortune. C’est ça qui lui permet de survivre. Ensuite, les cas contacts ont été identifiés, ils sont hospitalisés pour être isolés dans les meilleures conditions possibles. Si jamais ils déclarent des symptômes, ils seront pris en charge rapidement et dans des conditions qui permettent l’absence de transmissions secondaires, c’est-à-dire en dehors du contexte de la croisière ou des vols de rapatriement. La bonne nouvelle, c’est que ces cas contacts français ont été testés négatifs. Or contrairement au Covid, où on pouvait être contagieux en l’absence de symptômes, on ne peut pas être contagieux sans être positif. Avec le virus des Andes, vous avez une longue période d’incubation d’une vingtaine de jours qui peut durer jusqu’à 40 jours, ce qui explique la durée d’isolement imposée de 42 jours, par sécurité. Ce protocole est donc pour le moment tout à fait adapté.

    L’OMS estime que le risque de propagation à grande échelle reste très faible. Qu’en pensez-vous ?

    M.S. : Dans le risque, il y a l’aléa, c’est-à-dire la probabilité que cela arrive, qui est relativement faible, j’en conviens, a fortiori depuis ces résultats de tests négatifs pour la France. Mais dans l’estimation du risque, il y a aussi l’enjeu : que se passerait-il si… ? En l’occurrence s’il y avait des transmissions secondaires (non liées au contexte de croisière et des vols de rapatriement), on serait en difficulté car on pourrait ne plus savoir qui a pu être cas contact, ça ferait plusieurs chaînes de transmission indépendantes ; ensuite, la létalité très importante (50 fois plus que le Covid) fait que même avec une propagation de faible ampleur, il y aurait un nombre de décès conséquent parmi les personnes infectées.

    Il faut être optimiste : on est sur la bonne voie, mais ce n’est pas joué. Il faut attendre début juin pour être presque sûr qu’on a échappé à une propagation en dehors de ce contexte de croisière. Ensuite il faudra se poser la question : comment limiter l’impact de ces événements à l’avenir ? Car nous sommes en train de les favoriser par l’impact anthropique sur les systèmes naturels, par une forme de naïveté vis-à-vis de la nature, en particulier de ces réservoirs de virus qu’on connaît encore assez mal et aussi par un manque d’investissement dans la recherche et la prévention.

    On n’a donc pas tiré toutes
    les leçons du Covid ?

    M.S. : En 6 ans, la recherche sur ces questions a bénéficié de quelques avancées et investissements, mais quand on regarde dans le détail, on est très loin du compte pour faire face aux nouvelles pandémies. Je déplore qu’il faille à nouveau un épisode de flambée épidémique pour qu’on se pose une nouvelle fois la question de l’investissement, dans la recherche fondamentale ou appliquée mais aussi dans la prévention et dans l’éducation à la santé. On a besoin d’investissements massifs sur ces questions car malheureusement ce type d’épisode sera de plus en plus fréquent.

    Il faut également mettre en place des systèmes plus réactifs : augmenter le nombre de personnes travaillant dans la surveillance épidémiologique, rajouter des moyens dans la surveillance des eaux usées, se pencher sur la façon de garantir que l’air que nous respirons dans les établissements recevant du public, en particulier, soit dénué de germes (aération, ventilation, purification, filtration…). Autant de questions qu’on aurait dû se poser dès 2020 et qui ne sont toujours pas prises en compte. Et il faut également mettre des moyens dans la recherche sur les traitements : vaccins, antiviraux, anticorps monoclonaux et dans tout ce qui est épidémiologie prospective. On peut très bien s’en sortir cette fois-ci, mais on sera quand même passé à côté d’une crise qui aurait pu être dramatique pour une poignée de nos concitoyens et d’autres personnes dans le monde.

  • Le roman noir prend le parti d’en rire

    Le roman noir prend le parti d’en rire

    « Rira bien qui rira le dernier ! », avertit l’affiche. En ces temps de désordre mondial, le Festival international du roman noir (Firn), porté par la Ville de Frontignan, a décidé de miser sur l’humour. Vache, sarcastique, désopilant, noir, pince-sans-rire… « L’humour sous toutes ses formes est un outil de critique formidable très usité dans le roman noir, qui se caractérise par un regard porté sur la société et une critique sociale », explique Camilla Bailbe, directrice de la culture et du patrimoine de Frontignan la Peyrade.

    C’est donc l’humour qui fera le lien entre les 15 auteurs (8 femmes, 7 hommes) de 6 nationalités différentes (Italie, Maroc, Grande-Bretagne, Belgique, Espagne, France) invités les 29 et 30 mai pour cette 29e édition. Un plateau international, donc, composé de Gianni Biondillo, Manu Causse, Zainab Fasiki, Pascale Ferroul, Koé, Anouk Langaney, Hicham Lasri, Iain Levison, Melvina Mestre, Nadine Monfils, Michèle Pedinielli, Mabrouck Rachedi, Christophe Siebert et David Torres.

    Comme l’an dernier, la manifestation se déroulera à la médiathèque Montaigne et sur la place du Contr’un, juste en face. Les auteurs et autrices, mêlant littérature jeunesse, bande dessinée, science fiction, roman noir, proposeront des séances de dédicace vendredi (9h-19h) et samedi (9h-19h) sur le stand des librairies partenaires.

    Nouveauté cette année, le festival propose, le vendredi matin (9h-12h), une journée professionnelle (mais ouverte également au grand public) dédiée au polar arabe autour de deux figures tutélaires : Driss Chraïbi, créateur de la série de l’inspecteur Ali, dont on commémore en 2026 le centenaire de la naissance et Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature et auteur du premier roman noir moderne en arabe (Le voleur et les chiens), mort il y aura 20 ans. L’occasion d’échanger avec des universitaires et des auteurs de la nouvelle scène marocaine.

    Comme chaque année, des rencontres thématiques seront proposées avec les auteurs, toute la journée du vendredi et du samedi. Par exemple : « Rire de tout, c’est sérieux », avec Manu Causse, « Mourir(e) dans la ville sourde », avec Gianni Biondillo et Michèle Pedinielli, « Le rire du désespoir » avec Iain Levison, « Guignol’s Band » avec Nadine Monfils et Mabrouck Rachedi ou encore « À chacun(e) ses armes », avec Melvina Mestre et David Torres. Des formats de rencontre plus courts et plus conviviaux appelés « apérobook », seront également au rendez-vous : « On se retrouve autour d’un verre pour un échange un peu plus rapide entre un éditeur et un auteur, suivi d’un temps de questions avec le public. »

    Le festival fera aussi la part belle à la lecture à voix haute, avec des performances offertes par les membres de la Brigade d’action livre et lecture engagée (Balle), qui liront des extraits de romans. « On a aussi des auteurs qui se prêtent au jeu, avec par exemple une lecture dessinée [ le retour de l’Inspecteur Ali, par Hicham Lasri et Zainab Fasiki, Ndlr] et une lecture musicale [Karnaval par Christophe Siébert, Ndlr] prévues pendant le festival », précise Camilla Bailbe.

    Deux remises de prix, une brasucade inaugurale, une exposition et un escape game dans les années 50 sont également au programme, sans oublier, le samedi, la traditionnelle « dictée noire » durant laquelle 200 enfants, adolescents, adultes tenteront de déjouer les subtilités orthographiques concoctées par l’autrice Anouk Langaney.

    * Tout le programme sur : www.frontignan.fr/firn-2026