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  • CHU de Montpellier : la CGT craint un « plan social déguisé » avec l’IA

    CHU de Montpellier : la CGT craint un « plan social déguisé » avec l’IA

    D’ici 5 ans, pas moins de 12% des effectifs du CHU de Montpellier pourraient disparaître avec la mise en place d’outils d’intelligence artificielle (IA). Quand on sait que le premier employeur public de l’Hérault emploie quelque 10 000 salariés, 1 200 postes seraient ainsi concernés. Telle est la crainte de la CGT à la suite de plusieurs réunions avec la direction qui a annoncé que l’hôpital public montpelliérain faisait partie des premiers « CHU tests ».

    En fin d’année 2025, lors du Comité social d’établissement (CSE), aucune donnée chiffrée n’a été gravée dans le marbre. Ce qui peut expliquer que seule la CGT s’est pour l’heure prononcée contre le dispositif (FO, l’Unsa et la CFDT ont voté pour ou se sont abstenues). Mais « ces chiffres avaient été révélés lors de réunions préalables », assure Pierre Renard. Et le délégué syndical CGT de redouter un « plan social déguisé ».

    Pour l’heure, pas de licenciements secs en vue mais des « non renouvellements de CDD et des non remplacements de départs à la retraite » qui au fur
    -et à mesure feront baisser la masse salariale du CHU, pourtant en sous-effectif chronique comme ailleurs. « On le voit avec la grève des médecins libéraux. Rien n’a été anticipé par l’ARS ni les pouvoirs publics. Résultat  : les urgences du CHU sont débordées. Si on connaissait un drame semblable à l’incendie en Suisse, on n’aurait pas les moyens humains de prendre en charge tous les patients ».

    Le « prétexte » de l’IA ?

    Dans les discours officiels, l’IA médicale sur laquelle travaille le CHU vise à faire gagner du temps et de l’efficience aux services. Et même Pierre Renard en convient : cette technologie en devenir peut avoir des effets bénéfiques sur l’organisation des services, la coordination des tâches. « Un patient pourra repartir avec son compte rendu médical le jour même, ce qui n’était pas toujours le cas ». Mais le cégétiste prévient : « L’IA ne pourra pas répondre au téléphone pour renseigner une mamie. Elle ne réglera pas tout ». Surtout pas remplacer la présence humaine indispensable auprès des patients. « La CGT n’est pas contre l’IA mais contre la façon dont on pourrait l’utiliser. L’IA ne doit pas amener moins de réflexion chez les médecins ni remplacer des postes administratifs », prévient Pierre Renard.

    En attendant le prochain Comité d’établissement, il craint que l’administration soit dans le viseur. « Des postes de secrétariat, de coordination d’infirmiers ou dans l’interprétation de l’imagerie médicale… », illustre-t-il. « Cela ouvre la porte à des dérives qui auraient aussi des répercussions sur la Caisse de retraite de la fonction publique, dont le déficit se creuse à cause des suppressions de postes ». Pour Pierre Renard, l’IA doit venir « en accompagnement » d’un service public hospitalier qui devrait au contraire renforcer sa masse salariale. « Là, on sent que l’IA sera un prétexte pour la réduire ».

  • Une nouvelle ligne de bus pour Sète Agglopôle

    Une nouvelle ligne de bus pour Sète Agglopôle

    C’est un bus flambant neuf que les riverains de l’agglo de Sète ont pu apercevoir dans les rues en cette nouvelle année. Le 5 janvier, a été inaugurée la ligne A de bus reliant la gare routière de Balaruc-le-Vieux à l’arrêt Noël-Guignon, à Sète, en passant par la gare SNCF. Sa particularité ? Être un transport en commun à site propre (TCSP) 100% électrique. « Les bus auront une voie dédiée entre le canal de la Peyrade et la Pointe Courte, l’entrée de Sète [d’une distance de 1,9 km, Ndlr]. Ils sont prioritaires par rapport aux voitures pour la traversée de giratoires », détaille Eric Van de Putte, chef du service mobilités de l’agglo. Concrètement, quand un bus s’approche d’un rond-point, un radar le détecte et le feu passe automatiquement au rouge pour les voitures afin de le laisser passer. « L’été, par rapport à la voiture, le gain de temps estimé est près de 10 minutes », reprend Eric Van de Putte.

    D’autres lignes renforcées

    Un gain de temps non négligeable pour les travailleurs de toute l’agglomération. Car cette nouvelle ligne s’accompagne d’un renforcement du réseau. La fréquence des lignes desservant Montbazin, Poussan, Loupian, Mèze et Villeveyrac (20, 21, 22 et 23) est doublée. Tout comme l’offre les dimanches et jours fériés, qui se voit renforcée : chaque commune de l’agglo sera desservie par une ligne.

    Cette nouvelle ligne de bus contribue également à tendre vers l’objectif d’une neutralité carbone d’ici 2050. « Cette ligne facilite le lien nord-sud de l’agglomération. Dans les années à venir, nous compléterons ce service par la création de pistes cyclables et le développement de l’autopartage », soutient Loïc Linarès, président de Sète Agglopôle. Reste à voir si les habitants du Bassin de Thau délaisseront leur voiture.

  • Saint-Jean-de-Védas : une ville endeuillée et à l’arrêt qui cherche sa boussole

    Saint-Jean-de-Védas : une ville endeuillée et à l’arrêt qui cherche sa boussole

    Depuis le 5 janvier, Saint-Jean-de-Védas a un nouveau maire. Et contrairement à ce que l’impasse politique laissait présager, ce ne sont pas les divisions au sein de la majorité qui en sont la cause. À 42 ans, l’ex-édile François Rio a perdu la vie le 20 décembre dans un accident domestique. Tragique.

    Les hommages ont été unanimes et si la campagne a été mise en pause, elle reprend peu à peu. Dans la 4e commune de la métropole de Montpellier, l’incertitude est à son comble. Le 5 janvier, lors d’un conseil municipal tendu, l’élue Mireille Passerat de la Chapelle a été préférée à l’ancien 1er adjoint Christophe Van Leynseele pour assurer l’intérim. La retraitée de 78 ans ne devrait pas aller plus loin. Ce qu’il reste de la majorité sortante devenue minoritaire (le budget 2025 avait dû être préparé par la Chambre régionale des comptes), sera-t-elle seulement en mesure de monter une liste ?

    Dans l’opposition de l’ancien maire, ils sont potentiellement six dans les starting-blocks. Deux sont des anciens de l’équipe de feu François Rio. S’il n’est pas encore déclaré, Patrick Hivin, qui se revendique de l’ancien premier ministre de droite Edouard Philippe, pourrait en être en tant qu’« apolitique ». De son côté, Richard Plautin est décidé avec sa liste sans étiquette « Ensemble pour les Védasiens ». Fâché avec le maire défunt depuis l’automne 2024, c’est un ancien compagnon de route de l’ex-édile Jacques Atlan (PS). Richard Plautin veut plus de policiers municipaux, soutenir sport et culture, mieux gérer les finances et « redonner à Saint-Jean sa place à la Métropole ». Il est le seul favorable à l’actuel projet de Contournement ouest de Montpellier (COM) pour « fluidifier la circulation ».

    Cheffe de file du groupe d’opposition « Aimer Saint-Jean », Emmanuelle Mysona mènera une liste « sans étiquette hors des extrêmes ». La professeure des écoles soutenue par des membres de l’équipe de l’ancienne maire Isabelle Guiraud (DVD) veut agir face à la carence de médecins, pour lutter contre les accidents routiers et rénover les maisons vétustes. De son côté, Michel Masson n’est autre que l’ex-mandataire de l’extrémiste de droite Éric Zemmour à la dernière élection présidentielle. Accusé d’avoir construit son mas dans la garrigue en toute illégalité, l’ancien garagiste devenu ciottiste constitue une menace pour l’avenir de la commune aux yeux de la gauche.

    Quelle offre à gauche ?

    Avec le collectif « Pour Saint-Jean », le socialiste Florian Depret mènera une liste « transpartisane, sans extrêmes d’où qu’ils viennent ». Suspendu 6 mois pour sa dissidence aux législatives 2022, celui qui ne portait pas la Nupes (coalition des gauches) dans son cœur insiste sur le collectif. « On n’élit pas un maire mais une liste. On voit que sans majorité, un maire n’est rien. » L’ingénieur informaticien promet « d’apaiser le climat » en impliquant l’opposition et les citoyens. Il entend recréer un cœur de ville (rambla place de l’Ortet), créer un pôle médical védasien et une voie rapide vélos vers Montpellier via la route 613. Florian Depret veut rénover les « passoires thermiques » dans les écoles et créer un « hub solidaire » pour les associations. Comme lui, Philippe Hippert est contre le projet de COM de Vinci mais pour un « boulevard urbain ». À la différence que le président de l’association « Saint-Jean Environnement » revendique une « liste de gauche plurielle dans l’esprit du Nouveau front populaire ». En pourparlers avec Place publique et Génération.s, l’ancien principal de collège a le soutien de l’Engagement et des Écologistes. « On ne se cache pas derrière notre petit doigt », précise-t-il face aux listes dites « apolitiques ». Avec le Collectif védasien, l’ex-élu sous Jacques Atlan veut « sortir de la gouvernance verticale » et une vice-présidente pour Saint-Jean à la Métropole. Philippe Hippert assume son opposition ferme au projet de chaufferie CSR traitant les déchets. « On peut les trier déchets et travailler avec Lunel et Sète. » Il souhaite construire des logements sociaux dans la « mixité » des quartiers et « arrêter d’urbaniser les terres agricoles ». Comme Florian Depret, il veut mieux isoler les écoles et imagine une maison médicalisée pour attirer des médecins. Un accord de 2nd tour serait-il possible ?

  • [Entretien] Frédérique Laîné : « On fait notre maximum pour l’arrivée du journal dans les Alpes »

    [Entretien] Frédérique Laîné : « On fait notre maximum pour l’arrivée du journal dans les Alpes »

    La Marseillaise : Après la réussite d’un banquet aux Mées, dans la perspective de voir La Marseillaise couvrir l’actualité des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes, le comité des Amis de La Marseillaise que vous animez a décidé de prendre de nouvelles initiatives.

    Quelles sont-elles ?

    Frédérique Laîné : Nous avons décidé pour le samedi qui vient d’avoir lieu et les trois suivants, de diffuser La Marseillaise dans un certain nombre de bars de notre territoire. L’idée étant de faire connaître son contenu actuel que nous estimons déjà très riche et d’engager la discussion sur le pluralisme de la presse. Il nous a semblé que c’étaient des lieux de convivialité propices à l’échange. C’est une manière de populariser notre démarche dans l’objectif que La Marseillaise étende sa diffusion aux Alpes.

    Quel a été l’accueil pour le premier samedi de cette opération ?

    F.L. : Bon ! J’ai été heureuse de constater que dans les bars dans lesquels nous nous sommes rendus, les gens lisaient très volontiers le journal. Je trouve ça prometteur. Je suis persuadée que ce sont des endroits où le journal doit être présent.

    Avez-vous entrepris d’autres types d’initiatives ?

    F.L. : Oui, nous avons prévu une campagne d’affichage qui porte le message de Lucie Aubrac et qui va si bien à La Marseillaise : « Résister se conjugue au présent ». C’est l’occasion de donner de la visibilité dans l’espace public à notre journal qui n’a pas les moyens d’autres titres. Nous espérons bientôt compléter ces affiches avec des bandeaux annonçant l’arrivée effective de La Marseillaise dans les Alpes ! Mais ce n’est pas tout…

    C’est-à-dire ?

    F.L. : On est également en train de préparer des points de rencontres le samedi 7 février avec les oriflammes de La Marseillaise et des barnums aux couleurs des Amis du journal pour donner encore plus de visibilité à notre démarche. C’est déjà prévu dans six communes : à Manosque, Digne, Gap, Forcalquier, Sisteron, Château-Arnoux et je suis certaine que d’autres membres des Amis de La Marseillaise, peut-être avec un peu moins d’équipements visibles, vont rejoindre l’opération dans des localités plus modestes afin de prendre leur part à ce que nous voulons être une grande diffusion de notre journal. Voilà ce qui est dans les tuyaux à ce jour.

    Quel est l’état d’esprit de celles et ceux qui participent à tout cela ?

    F.L. : De l’enthousiasme, mais aussi beaucoup d’impatience. Nous connaissons la situation de La Marseillaise, les progrès qu’elle a enregistrés, mais aussi sa fragilité financière. De notre côté, on fait notre maximum pour créer les conditions de son arrivée.

    Comment adhérer ou ré-adhérer aux Amis de La Marseillaise ?

    Pour rejoindre l’association des Amis de La Marseillaise ou renouveler son adhésion, il suffit d’adresser un chèque d’au moins 10 euros libellé au nom des Amis de La Marseillaise à l’adresse suivante : Les Amis de La Marseillaise 84 bis Vieille route de la Gavotte 13170 Les Pennes-Mirabeau, en précisant vos coordonnées.

    Vous pouvez en profiter pour effectuer un don déductible d’impôts à 66% avec un chèque libellé à l’ordre de « Presse et pluralisme – La Marseillaise ».

  • Cyclisme : l’esprit club de St Michel – Preference Home – Auber93

    Cyclisme : l’esprit club de St Michel – Preference Home – Auber93

    Dans le paysage du cyclisme tricolore, Auber93 et ses sponsors Saint-Michel et Preference Home sont reconnus depuis trois décennies. Des apparitions sur le Tour de France à la fin du siècle dernier et une équipe désormais installée au niveau continental. Derrière les sections professionnelles, « des vitrines », d’après le directeur sportif adjoint Leo Peters, un club bien en place. « Le club est ancré dans la ville d’Aubervilliers, la structure est la vitrine mais il y a un club derrière avec des équipes BMX, jeunes et amateurs » rappelle le frère de Nans Peters, multiple vainqueur d’étapes sur les Grands Tours.

    Les objectifs de cette formation francilienne sont donc très clairs, avec la formation placée au cœur du projet. « Nous voulons former des coureurs pour qu’ils accèdent au monde professionnel. Pour d’autres, cela peut être un tremplin vers le plus haut niveau », explique Peters. L’équipe est accompagnée de Saint-Michel, célèbre pour ses madeleines, depuis 2018, alors que Preference Home, une agence immobilière, a rejoint l’aventure l’an passé. Les deux groupes ont le souhait d’avoir une vision long terme.

    À la recherche d’une victoire pro

    Après plus d’un an de disette, malgré de nombreuses places d’honneur, le but de l’année 2026 est donc de gagner. Pourquoi pas dès l’ouverture de saison au Grand Prix cycliste de Marseille – La Marseillaise, sur un tracé plus ouvert. « Ce sera sans doute différent par rapport à l’année passée, il faudra être malin. Avoir déjà un coureur dans le top 10, voire le top 5, ce serait top », pour Leo Peters. En 2026, Simon Guglielmi, transfuge de la défunte Arkea, sera l’un des leaders de l’équipe, « le coureur protégé sur les courses françaises ». Il faudra aussi compter sur le grimpeur Thomas Champion et « des profils plus jeunes, avec des qualités de puncheurs ». 13e au mieux sur le GP 2025, les Franciliens ne viendront pas en touristes à Marseille. Loin de là.

  • Rolland Courbis rejoint son ami Gasset au paradis du ballon rond

    Rolland Courbis rejoint son ami Gasset au paradis du ballon rond

    Après le décès de Jean-Louis Gasset le 26 décembre dernier, le monde du football est à nouveau en deuil. Le Marseillais Rolland Courbis, ancien joueur et entraîneur de football, notamment de l’OM et de Bordeaux, est décédé à l’âge de 72 ans, a annoncé lundi la radio RMC, où il officiait comme consultant depuis 2005.

    Avant de devenir une voix et un personnage emblématique dans le paysage médiatique, Rolland Courbis évoluait au poste de défenseur central. Formé à l’Olympique de Marseille à la fin des années 1960, il a tenté l’aventure corse avec l’AC Ajaccio, puis un bref séjour en Grèce, sous les couleurs de l’Olympiakos, avant de s’installer plus durablement à Sochaux, puis à Monaco, où il sera deux fois champion de France (en plus d’un premier titre acquis avec l’OM en 1972).

    À l’origine de la reconstruction de l’OM

    Il terminera sa carrière avec le SC Toulon, club dont il en prendra la charge entre 1986 et 1990. Comme entraîneur, Courbis a roulé sa bosse. Il a coaché pas moins de 18 clubs différents, avec des expériences à l’étranger, notamment en Algérie (USM Alger), aux Émirats arabes unis (Al-Wahda) et en Suisse (FC Sion), sans oublier sa pige très éphémère à la tête de la sélection du Niger en 2012. Le Marseillais, qui a grandi dans les quartiers Nord de la cité phocéenne, notamment à Saint-Antoine et aux Aygalades, marquera l’histoire du football français pour sa célèbre « méthode Courbis », qui consiste à mener une politique de transferts effrénée partout où il est passé.

    En 1997, Rolland Courbis fait son retour à l’OM pour relancer une équipe en reconstruction après plusieurs saisons de crise. Il emmènera notamment les Phocéens jusqu’en finale de la Coupe de l’UEFA en 1999 et jusqu’à la deuxième place en championnat. Le match face à Montpellier cette saison-là, où ses protégés sont menés quatre buts à zéro à la mi-temps, a fait sa légende avec sa phrase devenue mythique. « Quand je pense qu’on va gagner 5 à 4 ! », prédisait-il à Louis Nicollin, président du club héraultais, avant le début de la seconde période. « Homme de caractère, de convictions et de terrain, il a toujours défendu un football vivant, généreux, porté par l’engagement collectif. Sa connaissance profonde du vestiaire, sa capacité à fédérer et à transmettre ont marqué des générations de joueurs. Marseillais de cœur, il incarnait un football populaire et vivant. Son accent, reconnaissable entre mille, portait une parole franche, directe, souvent passionnée, toujours sincère », a écrit l’OM sur ses réseaux. Par ailleurs, Roberto De Zerbi a profité de la conférence de presse de ce lundi pour rendre hommage à sa mémoire.

    Un personnage humain

    et tout aussi sulfureux

    Avec coach Courbis, on ne retiendra pas un entraîneur au palmarès bien rempli. Un titre de champion de France de D2 avec Ajaccio et deux trophées acquis avec l’USM Alger seront ses seuls lots de consolation.

    Mais le monde du football se souviendra de lui comme d’un grand meneur d’hommes, d’une grande gueule au franc-parler et d’un aventurier qui n’a jamais reculé devant le moindre défi. Il l’avait encore prouvé lorsqu’il était venu au chevet de l’Olympique Novais, en octobre dernier. « Un grand monsieur », comme l’a martelé Alain Soultanian, kinésithérapeute historique de l’OM, au micro de nos confrères de BFM Marseille Provence. « Partout où Rolland est passé, il a laissé des traces. C’est quelqu’un qui marque, on ne peut pas l’oublier. Il avait cet humour, il donnait de la joie. C’était quelqu’un de très particulier, mais de très humain », poursuit-il.

    Courbis était un personnage truculent, dont la vie a également été marquée par des affaires judiciaires : soupçonné d’avoir remporté plusieurs millions de francs au casino Palm Beach à Cannes en 1989 grâce à une fraude organisée impliquant des croupiers, impliqué dans l’affaire de la caisse noire du SC Toulon afin de dissimuler des revenus non déclarés issus de transferts de joueurs et de contourner les obligations fiscales, blessé par balle lors de l’assassinat de Dominique Rutily, président du FC Calvi et membre présumé du gang de la Brise de mer [groupe criminel corse], puis condamné à deux ans de prison ferme dans l’affaire des transferts suspects de l’OM en 2009 et pour recel d’abus de biens sociaux en 2014. « J’ai eu le temps de réfléchir : j’ai été stupide par moments sur ces 20 dernières années », avait-il déclaré sur RMC à sa sortie de prison. Le football l’a plongé dans cet univers, mais lui a également permis d’en sortir.

    Réactions

    Didier Deschamps,

    Sélectionneur de l’équipe de France de football

    « Avec la disparition de Rolland Courbis, le football français perd une personnalité attachante, chaleureuse, au caractère bien affirmé. Un fin connaisseur du football et de ses arcanes, mais aussi du jeu. Rolland a dirigé les meilleurs clubs français, je pense notamment à Bordeaux, Marseille, Lens ou Montpellier. C’était un vrai passionné. Et cette passion, il avait choisi de la transmettre, ces dernières années, derrière un micro. Avec un sens de la formule bien à lui. »

    Philippe Diallo,

    Président de la Fédération française de football

    « C’est une figure emblématique du football français, un personnage unique presque romanesque par son côté passionné, engagé, attachant et son franc-parler, qui disparaît aujourd’hui. D’abord comme joueur, sacré champion de France à trois reprises, puis entraîneur inventif et véritable “meneur d’hommes”, et enfin reconnu comme une voix incontournable dans les médias, il a accompagné et marqué de son empreinte le football français. »

    Benoît Payan,

    Maire de Marseille

    « C’était une voix, un tempérament, une passion pour l’OM et pour Marseille. Rolland Courbis s’en est allé, laissant une trace forte dans l’histoire du club et dans le cœur des supporters. »

    Zinédine Zidane,

    Légende de l’équipe de France de football et ancien milieu de terrain des Girondins de Bordeaux

    « Je suis triste, très ému… Il a énormément compté pour moi comme entraîneur et sur le plan humain ; c’était un mec très attachant, entier ! »

    Delio Onnis,

    Ancien attaquant et coéquipier à l’AS Monaco et au SC Toulon

    « C’était un phénomène comme personne, un rigolo, il me faisait toujours rigoler. On a passé de très bons moments. Tu ne t’ennuyais pas quand tu connaissais Rolland Courbis. Il était très farfelu, c’est ce qui faisait sa force, ce qui nous faisait rire. Des fois, il était sérieux évidemment, mais on se souvient des bons moments de la vie, pas des tristes. On était comme deux frères. »

    Jacques Bayle,

    Adjoint de Rolland Courbis à Rennes, à Montpellier, au FC Sion et à l’USM Alger

    « Avec Rolland, c’est une amitié de 50 ans. 50 ans de football avec des moments que l’on a passés dans le rire, et parfois dans la détresse. Parce qu’il a eu des moments difficiles. Mais on ne va que retenir la joie et l’homme qu’il était au niveau footballistique. Ce n’était pas qu’un meneur d’hommes, il avait des compétences techniques et tactiques hors du commun. Il avait un esprit très puissant. Et il n’a pas rien gagné comme beaucoup de gens disent, parce qu’il a réussi 90% de ses objectifs. »

  • OM : pas là pour faire tapisserie

    OM : pas là pour faire tapisserie

    La cruelle défaite aux tirs au but face au PSG, à Koweït City lors de la finale du Trophée des Champions, résonne encore dans toutes les têtes marseillaises. « Vu le scénario, ça fait mal, prendre ce but à la fin », confirme Amine Gouiri, enfin titulaire en pointe de l’attaque olympienne, jeudi dernier, depuis sa blessure à l’épaule survenue à la mi-octobre. « Cette saison, on a pris beaucoup de buts dans les arrêts de jeu. Ce n’est pas un manque d’expérience, mais plutôt du vice. On doit travailler parce qu’on a perdu énormément de points et un titre », poursuit-il, conscient que le manque de constance est l’un des points négatifs de l’OM.

    « C’est une saison avec beaucoup de matches, on a eu beaucoup de blessés, mais on est là, on a regardé Paris dans les yeux, toujours en course en Ligue des champions et sur le podium en Ligue 1. On est toujours là », lance Gouiri, désormais focus sur le prochain match, ce mardi soir (à 21h), lors des 16e de finale de la Coupe de France face au Bayeux FC, club de Régional 1. Soit cinq divisions d’écart. « C’est la magie de la Coupe, mais il faut rester concentré, y aller avec humilité et gagner le match. Que ce soit contre Paris ou Bayeux, une R1, ça reste la Coupe, un trophée à aller chercher. Eux vont faire le match de leur vie, mais nous aussi », ajoute l’attaquant professionnel de 25 ans, qui va faire face à des amateurs.

    « Tous les matches doivent être joués de la même manière. Il n’y a pas de matches moins importants que d’autres. On doit avoir la même détermination et humilité. Sinon, on risque d’être une équipe incomplète. Demain, il y aura la meilleure équipe possible pour ce match », assure Roberto De Zerbi, l’entraîneur de l’OM. Il en a profité pour annoncer l’absence de Pierre-Emerick Aubameyang, qui a eu le droit à quelques jours de repos « pour recharger les batteries ».

    Dans les cages, Gerónimo Rulli laissera sa place à Jeffrey De Lange. Ce dernier disputera son 5e match de la saison face aux hommes du Calvados. « La compétition me plaît parce que tout le monde a la même chance. Un vaut un dans le football et la vie. Toutes les équipes doivent avoir les mêmes droits que le PSG et l’OM. Les joueurs sont souvent des fils d’immigrés ou de personnes de classes plus pauvres, donc c’est plus juste comme format », souligne le technicien italien, qui en a profité pour faire passer un message à Eric Fouda, entraîneur du Bayeux FC, suite à ses propos assez critiques parus dans La Provence. « Je sais qu’ils jouent en 3-4-1-2 et que leur entraîneur aime donner des conseils aux autres coaches. S’il veut m’en donner, je lui passerai mon numéro de téléphone », lâche un De Zerbi taquin.

    De Zerbi lie son avenir à celui de Benatia

    Le directeur du football à l’Olympique de Marseille, Medhi Benatia, s’était livré sur son avenir, jeudi dernier, après la cruelle défaite en finale du Trophée des Champions face au PSG. « À Marseille, c’est difficile de se projeter, avait-il soufflé. Après Nantes (0-2), il y avait tout à jeter. Donc pour ma part, je ne me projette pas du tout. Il faut juste savoir profiter de ce genre de matches, même si ce n’est pas une victoire, profiter du travail qui a été fait, pas tout le temps critiquer. Dans pas longtemps, vous verrez qu’il y aura d’autres personnes à notre place, il faudra encore leur laisser du temps de travailler. » Interrogé sur ces propos de l’ex-international marocain, Roberto De Zerbi, l’entraîneur de l’OM s’est montré très clair. « Benatia est amoureux de Marseille et peut-être encore plus que moi puisqu’il a grandi ici. Je suis fidèle et correct. Le jour où Benatia s’en ira, je partirai aussi. Je suis arrivé ici grâce à Benatia et Longoria », souligne le technicien italien, persuadé que l’actuel directeur du football ne faisait pas référence à un départ en fin de saison.

  • Roussel revendique « le droit au bonheur »

    Roussel revendique « le droit au bonheur »

    « Je voudrais revendiquer le droit au bonheur, le droit à la paix, pour toute cette grande famille humaine et bien sûr pour notre pays et le peuple de France. » C’est par ces mots que Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, lance ses vœux pour 2026. Face à un monde « qui a la crève », tel qu’il le formule, le communiste revendique l’espoir.

    Après avoir rendu un hommage aux victimes de la tragédie de Crans-Montana et à leurs proches, il dédie ce moment à « la jeunesse » et questionne « quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? car la guerre menace partout ». Un terrible constat, plus de 60 pays sont en guerre, c’est du jamais vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. « Jamais nous n’abandonnerons la paix, jamais nous n’abandonnerons nos enfants », martèle le dirigeant communiste depuis le siège historique du parti place Colonel-Fabien.

    Ainsi, il apporte son soutien à la jeunesse iranienne, qui poursuit depuis plus de 15 jours des manifestations contre le régime des mollahs. Une révolte amorcée il y a deux ans déjà par le mouvement « Femme, Vie, Liberté ». Même soutien apporté à la jeunesse du Venezuela et au peuple dans sa globalité, après le kidnapping du dirigeant Nicolás Maduro et de son épouse, ce que Fabien Roussel qualifie d’« acte de guerre extrêmement grave, extrêmement dangereux » des États-Unis. « Que dirions-nous si demain, une puissance étrangère venait à kidnapper Emmanuel Macron et Brigitte Macron ? (…) nous serions les premiers à dénoncer cette ingérence étrangère et à réclamer sa libération », affirme le leader du PCF. « Tout le monde comprend que la question posée n’est pas celle de la nature du régime vénézuélien mais bien celle de la nature de cette agression », pousse-t-il en présence de la représentante de l’ambassade du Venezuela Martha Bolivar Acosta et de l’ambassadeur de Cuba Otto Vaillant Frias, demandant la fin des blocus contre leur État respectif.

    « Nous ne voulons pas vivre dans un monde où la démocratie, les peuples, le climat, nos ressources naturelles, le vivant, seraient sacrifiés sur l’autel des profits des multinationales et des grands pétroliers », insiste Fabien Roussel et enjoint Emmanuel Macron de cesser de se « mettre à genoux » devant « l’ogre Sam » : « un président de la République qui se couche, c’est la honte totale pour notre pays, la honte suprême », clame-t-il. Et appelé dans la même séquence à « la paix en Europe » en mettant fin à la guerre en Ukraine. Aussi, en présence des représentants de l’ambassade de Palestine et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le chef des communistes français a assuré « poursuivre le combat avec eux pour une solution à deux États ».

    « L’État d’urgence industriel »

    Alors que le budget de l’État pour 2026 fait son retour dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale ce mardi, le secrétaire national du PCF est clair sur la consigne donnée à ses troupes : « Nous ne pouvons pas voter un budget qui alimente la guerre », prévient-il. Et porte un « budget qui fait le choix du pouvoir d’achat, d’investir dans les salaires, la production, énergie, formation, innovation et la transition écologique ». Tout en glissant un mot pour les milliers de salariés menacés par des plans sociaux, Fabien Roussel appelle le gouvernement à déclarer « l’État d’urgence industriel ». Enfin, à l’approche des élections municipales, le PCF, fort de 900 chefs de file dans le pays, pour battre « la droite et l’extrême droite », au travers de l’union. « Le rassemblement, il y a ceux qui en parlent et ceux qui le font », tacle le maire de Saint-Amand-les-Eaux.

  • [Sondage La Marseillaise] Pour la droite, le Rassemblement national est « l’assurance-vie » de Benoît Payan

    [Sondage La Marseillaise] Pour la droite, le Rassemblement national est « l’assurance-vie » de Benoît Payan

    À deux mois des élections, la course à l’hôtel de ville s’annonce disputée. Le sondage La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié lundi, place Benoît Payan (DVG) et Franck Allisio (RN) en tête du 1er tour avec 30% des intentions de vote chacun. Martine Vassal, la candidate (DVD) de l’alliance de la droite, en recueille 23%. Sébastien Delogu (LFI) est lui crédité de 14%.

    Dynamiques croisées

    La réaction de l’équipe de campagne de Martine Vassal n’a pas tardé. Dans un communiqué, elle appuie sur la volatilité de l’électorat. « Les sondages se suivent et ne se ressemblent absolument pas. En deux mois, on a eu trois candidats différents en tête, on voit bien que c’est une élection très incertaine qui sera sûrement la plus serrée de l’histoire », appuie Romain Simmarano (Ren), porte-parole de la candidate. Sur les réseaux, ce dernier poste un tableau faisant la moyenne des sondages précédents. Une façon d’atténuer l’impact. Mais le document met en valeur deux dynamiques qui se croisent : celle de sa candidate qui perd six points depuis son entrée en campagne en septembre et celle de Franck Allisio qui en gagne autant sur la période.

    « Il faut se souvenir que notre liste était à 21% il y a un an. Cette élection n’est pas jouée, tout est très ouvert, voilà ce que disent ces sondages », répond Romain Simmarano. Pris en étau entre une extrême droite dont Martine Vassal a admis partager des valeurs, et une gauche sortante dont le socle est plus large qu’en 2020, la droite essaie de s’ouvrir une voie pour être dans « le match » de cette élection.

    « Le grand fantasme de Benoît Payan d’installer un match avec le RN se met en place. En 2020, il a utilisé Michèle Rubirola en bouée de sauvetage, en 2026, ce sera Allisio », note Maxime Boudet, porte-parole de Renaissance Marseille. « Il a bien compris que c’est pour lui une assurance-vie, car le RN ne peut pas gagner », renchérit Romain Simmarano, pour qui l’alliance des macronistes aux LR reste « la seule voie médiane, raisonnable et ambitieuse ».

    L’entourage de Martine Vassal appelle aussi à recentrer le débat. « Ne nous trompons pas d’élection », écrit son équipe, plaidant pour une confrontation des « idées » autour de Marseille, de sa sécurité et de son rayonnement. « La campagne commence, on va pouvoir parler projet et vision. La propreté, la RTM, ce n’est plus l’enjeu », estime Maxime Boudet, souhaitant voir le centre macroniste prendre toute sa part. « Les résultats de Berland en 2020 montrent que sont les voix qui manquent aujourd’hui à Martine Vassal. On doit aller chercher les électeurs du centre. Renaissance peut rapporter ces voix à Martine Vassal ». Ces mêmes voix qui s’étaient déjà refusées en 2020 ?

  • [Sondage La Marseillaise] La France insoumise veut un « front commun »

    [Sondage La Marseillaise] La France insoumise veut un « front commun »

    Crédité de 14% des intentions de vote au premier tour dans le sondage La Marseillaise – Experts et territoires – Ipsos-BVA publié ce lundi, le candidat de la France insoumise oscille toujours autour de la barre des 15% au fil des différentes enquêtes d’opinion. Sans décoller depuis le meeting qui a lancé sa campagne le 7 décembre. « On ne commente pas les sondages, balaie d’emblée son directeur de campagne, Hedi Bounouar. Les élections, ce sont le jour du vote et ce sont les électeurs qui décident des élus, pas les sondeurs. »

    En face, l’annonce d’un RN à égalité avec le maire (DVG) sortant Benoît Payan, au premier tour, amène le Printemps marseillais a pousser pour un vote utile. « Le plus important, ce n’est pas de voter utile, c’est de voter pour ses convictions, notamment au premier tour, réplique le porte-parole du député des quartiers Nord. Pour moi, voter utile à gauche, si le RN est aussi haut, c’est voter pour ceux qui ont annoncé vouloir faire un front commun contre l’extrême droite. » Tandis que Benoît Payan espère l’emporter sans le soutien des Insoumis. C’est que les attaques contre le Printemps marseillais passent mal dans la majorité municipale. « La musique selon laquelle la campagne des Insoumis est orientée contre Benoît Payan, c’est quelque chose que l’on réfute », jure Hedi Bounouar. Lui reprochant malgré tout de ne pas s’être « extrait du système Gaudin-Guérini ».