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  • [Sénatoriales] La gauche promet d’entrer en résistance contre le RN

    [Sénatoriales] La gauche promet d’entrer en résistance contre le RN

    Avec 15 membres revendiqués dès dimanche soir après les élections sénatoriales, le parti lepéniste et ses alliés ciottistes de l’Union des droites pour la République (UDR) siégeront ensemble dans l’hémicycle. Même si elle quintuple son nombre d’élus, l’extrême droite restera très minoritaire à la chambre haute : les Républicains (LR) et leurs alliés centristes conservent une nette mainmise sur l’institution, avec respectivement environ 125 et 60 sénateurs (sur 348), en attendant les affiliations définitives au sein des groupes. Mais l’apparition de ce groupe parlementaire donnera au RN du temps de parole sanctuarisé sur chaque débat, des moyens financiers supplémentaires ou encore un espace réservé à ses textes. Le RN devrait également obtenir des postes clés au sein du bureau, la plus haute instance de la Haute assemblée, où la répartition dépend des rapports de force.

    Le président du Sénat Gérard Larcher a semblé fermer la porte à l’hypothèse de priver les élus d’extrême droite de postes clés, promettant de « permettre à chaque groupe d’exercer pleinement ses droits ». « Nous avons une certaine forme de responsabilité, donc il n’y aura pas de complaisance », a pour sa part prévenu le patron des centristes Hervé Marseille. À gauche, ce fait politique fait réagir : le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner a promis d’entrer « en résistance idéologique et politique ». Probable future présidente du groupe écologiste, Mélanie Vogel a, elle, appelé à l’instauration d’un « cordon sanitaire » vis-à-vis de ce groupe. « C’est le dernier moment pour créer un sursaut démocratique », s’alarme l’élue, appelant à « ne pas collaborer avec eux, ne pas voter pour eux, ne rien signer avec eux ». Dans un communiqué, la présidente du groupe communiste et ultramarin promet : « nous combattrons politiquement leurs choix. Face aux colères, au sentiment d’abandon et aux fractures qui traversent notre pays, notre responsabilité est de faire vivre une autre réponse : celle de l’égalité de la solidarité, des services publics et de la démocratie », pousse Cécile Cukierman.

    « Ma crainte, c’est que ce groupe tire la droite vers des positions d’extrême droite », s’inquiète l’écologiste Yannick Jadot. Patrick Kanner craint de voir LR « jouer la lepénisation des esprits ». Gérard Larcher a promis que le Sénat resterait « un contre-pouvoir indispensable en démocratie ». « Si Gérard Larcher prononce ce mot, c’est bien parce qu’une des hypothèses sera de devenir dans quelques mois un véritable contre-pouvoir » en cas d’élection de Marine Le Pen à l’Élysée, estime Claude Malhuret (Horizons).

  • [Sénatoriales] Dans les Bouches-du-Rhône, Muselier cède la Région avec un goût amer

    [Sénatoriales] Dans les Bouches-du-Rhône, Muselier cède la Région avec un goût amer

    Dimanche à 20h, dans la foulée de la validation du résultat de l’élection sénatoriale, Renaud Muselier a signé sa lettre de démission de la présidence de Région qu’il occupe depuis 2016. C’est Christian Estrosi qui assure l’intérim jusqu’à la plénière convoquée le 12 octobre pour élire le nouveau président et son exécutif.

    Son choix pour lui succéder est connu. Le désormais ex-président espère « donner les clés de cette honorable maison » à François De Canson « un maire respecté et un élu local reconnu qui sera un président compétent ». Lui, reste conseiller régional spécial avec des prérogatives sur les fonds européens, les JO d’hiver 2030 et le département des Bouches-du-Rhône.

    Mais Renaud Muselier a beau avoir le cuir politique cabossé par les campagnes électorales, « cette victoire » lui laisse « un goût amer dans la bouche ». Il s’en est fallu d’une trentaine de voix, celles qui ont manqué à la réélection du sénateur d’extrême droite, Stéphane Ravier, pour que le président de la Région passe à côté du Sénat.

    Si « la gauche et les écologistes sont redevenus la première force politique » en nombre de voix comme le rappelle la sénatrice sortante (PS) Marie-Arlette Carlotti réélue avec Jérémy Bacchi (PCF) et Guy Benarroche (EELV), le siège de Jean-Noël Guérini échu à Mireille Jouve après sa condamnation, est tombé dans les mains du Rassemblement national. Le parti d’extrême droite décroche deux sénateurs : Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi. Un siège revient à la sénatrice (LR) sortante Valérie Boyer, et deux à la Liste Devesa – Muselier qui portait les couleurs officielles de la droite et du centre droit.

    « Ce n’est pas à la hauteur de ce que nous espérions. Avec tout ce qu’on a pu faire pour l’aménagement de nos communes et de notre territoire, c’est intéressant comme renvoi d’ascenseur, ça mène à beaucoup d’humilité », ironise l’ex-président de région qui lors de son entrée en campagne début juillet tablait sur quatre sièges. « Sans la division organisée par Mme Boyer et M. Granier, on aurait gagné un siège supplémentaire, c’est bien dommage. Si il y a défaite, c’est la défaite de l’addition », regrette celui qui associe toutefois l’élection de la candidate LR dissidente à son bilan.

    L’inquiétude Retailleau

    « Les appartenances politiques ne s’effacent pas au soir d’une élection », ne tardera pas à lui répondre cette dernière rappelant qu’elle sera la seule à siéger au sein du groupe Les Républicains. « Présenter ce résultat comme l’élection de trois sénateurs de droite ne doit pas masquer une réalité. Renaud Muselier appartient à Renaissance, Brigitte Devésa à l’UDI et sont tous deux macronistes ».

    Ce résultat décevant, Renaud Muselier le met aussi sur le compte d’une campagne « violente » où rien ne lui a été épargné, évoquant des « fausses affaires » reprises avec « des titres à la une » par la presse, des « tracts anonymes », des « soi-disant menaces » et des « trahisons nationales ». Car la rancœur vis-à-vis de Bruno Retailleau, le président Les Républicains, pointe vite. « Vous avez un chef de parti qui part contre son parti, contre la décision de sa commission d’investiture, contre sa parole donnée… C’est pas banal pour quelqu’un qui veut être président de la République. Ça devient compliqué et ça m’inquiète », reprend le nouveau sénateur. « Nous étions partis avec trois sièges, nous les conservons malgré la division mais le total de voix est clair : unis nous avions ce 4e siège voilà pour la triste conclusion : la division a toujours un prix et ce prix est un sénateur RN de plus dans les Bouches-du-Rhône. »

    Au palais du Luxembourg où il siégera « dans la majorité sénatoriale » sans préciser quel groupe, Renaud Muselier promet d’être focus sur la métropole, la loi SRU, la fiscalité et les finances des collectivités, le budget du pays mettant sur la même ligne la reconnaissance faciale et la cyber sécurité, et l’unité à la présidentielle. « Uni, on gagne. On l’a prouvé aux Régionales et on vient de le prouver dans un sens comme dans l’autre aux Sénatoriales. La division entraîne la défaite ». Un défi pour 2027.

  • [Entretien] « La fin de la gratuité des transports est un contresens complet »

    [Entretien] « La fin de la gratuité des transports est un contresens complet »

    La Marseillaise : Comment avez-vous vécu l’annonce de Nicolas Isnard, président de la Métropole (LR), qui dit vouloir supprimer la gratuité des transports ?

    Erwann Bouisseren : Ça a été une surprise, qui s’est transformée en colère juste après. C’est inadmissible. C’est une décision complètement descendante de la part de Nicolas Isnard, le président (LR) de la métropole. Sur le coup, nous avons été abasourdis, surtout venant de quelqu’un qui disait vouloir une « Métropole des maires » [formule utilisée lors de son discours d’investiture le 7 avril dernier, ndlr]. Le conseil métropolitain doit encore voter le 15 octobre, mais reste qu’il prend cette décision tout seul, en amont. Ce n’est pas comme ça que ça doit fonctionner.

    Et il s’agit pour vous d’un choix qui relève du « non-sens »…

    E.B. : C’est un non-sens, en vue de la crise climatique, dont on a déjà constaté les effets. On sort d’une période caniculaire, avec des pompiers morts dans les mégafeux. On traverse maintenant une crise énergétique, avec le gasoil qui atteint bientôt les 2,50 euros le litre. Les gens vont devoir réutiliser leurs véhicules personnels, et on va réencombrer les routes et engendrer plus de pollution, c’est un non-sens complet. Ça va être un coût en plus pour toutes les familles qui vont devoir prévoir un budget en plus pour que les enfants puissent aller à l’école ou participer à des sorties extrascolaires. En période de crise énergétique, c’est inacceptable. C’est un contresens complet. Sachant qu’en plus, c’est un levier pour l’emploi dans un territoire (…) qui permet aux gens de se déplacer librement et d’aller au travail et de trouver un emploi. C’est aussi un levier économique pour tous les commerces. C’est complètement absurde…

    L’objectif affiché est de résorber le déficit budgétaire, que répondez-vous ?

    E.B. : Ils ne savent pas faire autrement que de faire des économies. Ils ne savent pas aller chercher les recettes. Pourtant, elles existent : il y a des compétences qu’on doit récupérer, comme le tunnel prado-carénage, les parkings, la redevance spéciale liée au traitement des déchets. On devrait aussi porter le versement mobilité [contribution financière payée par les employeurs publics ou privés pour financer les transports en commun, ndlr] à 3,2%, comme c’est le cas à Paris, alors que les transports ne sont pas gratuits. Sachant que ça peut aussi être intéressant pour les entreprises, qui lorsque la gratuité est effective, elles n’ont pas besoin de payer 50 à 70% des transports de leurs employés. (…)

    La mairie d’Aubagne a notamment créé une pétition d’opposition. Quelles sont les prochaines étapes ?

    E.B. : Des choses se dessinent. Pour l’instant nous informons les agents de la Métropole mais aussi les citoyens en général. Nous les invitons à signer la pétition mais aussi à interpeller leurs élus. C’est important. (…) Depuis 30 ans nous n’avons plus d’acquis sociaux : on sabre, on fait des économies. Ça devient insupportable.

  • À Marseille, les lycéens cultivent la mémoire de l’Arménie

    À Marseille, les lycéens cultivent la mémoire de l’Arménie

    L’Histoire est condamnée à se répéter si l’on ne retient pas les erreurs du passé », nous préviennent Youssef et Quentin, élèves en 1ère, qui tenaient à prononcer quelques mots à l’occasion d’une cérémonie visant à honorer la mémoire des victimes du génocide arménien. « Un outil face à l’oubli, face aux idées extrêmes, il s’agit d’accomplir notre devoir de citoyen », explique Youssef devant une assemblée franco-arménienne. Dans un climat fraternel, ils profitent également de l’occasion pour souhaiter la bienvenue aux lycéens d’Erevan, la capitale arménienne. « Rien de plus beau que deux peuples qui se rencontrent sans se craindre, rien de plus humain que le vivre-ensemble », se réjouit Quentin.

    La curiosité au cœur

    des échanges

    Concrétisé en 2024, ce programme d’échange franco-arménien représente une opportunité exceptionnelle pour ces lycéens. « Pour certains, c’est le voyage le plus important de leur vie, ils rencontrent des jeunes de leur âge mais avec une histoire différente, ça les touche beaucoup », rapporte Rose Guiragossian, professeure d’histoire-géographie au lycée Nelson-Mandela. Accompagnés par les lycéens marseillais, les élèves arméniens vont découvrir cette semaine le patrimoine culturel de la région.

  • À Marseille, le collège Chape devient le collège Aretha-Franklin

    À Marseille, le collège Chape devient le collège Aretha-Franklin

    Dans la lignée d’une vague de rebaptisations initiée en 2024 par le conseil départemental des Bouches-du-Rhône, le collège de la rue Chape prend le nom de « la Reine de la Soul » Aretha Franklin, figure féminine d’émancipation et de défense des droits. Auparavant nommé selon leur localisation, le Département veut personnifier les collèges. « Les quartiers évoluent, nous avons voulu mettre en avant des parcours de vie exemplaires » défend sa présidente (DVD) Martine Vassal, qui impulse une féminisation des noms d’établissements.

    Désormais, c’est l’hymne à la liberté et à l’égalité Respect qui rythme les interclasses. « Ce mot résonne tout particulièrement dans un collège », appuie Cécile Delboulbé, principale de l’établissement. Et de considérer le collège comme « une période de construction », qui doit se faire « dans le respect de soi, des autres, des différences ». La décision est revenue au conseil d’administration, qui s’est aligné sur la proposition d’une enseignante d’éducation musicale : « Aretha représente des valeurs artistiques auxquelles se mêlent de grands engagements civiques. C’est une voix qui porte, importante pour les adolescents », conclut la principale.

  • à Miramas, le Lycée Cocteau, ils exigent le retour d’une prof

    à Miramas, le Lycée Cocteau, ils exigent le retour d’une prof

    Ce lundi matin, quasiment aucun élève n’a franchi les grilles de l’établissement. Sur l’esplanade, une quarantaine de professeurs tenaient des banderoles. On pouvait y lire « On est des humains, pas des numéros » ou « Rendez-nous Sophie Jaboulin ».

    Affectée provisoirement à Jean Cocteau en 2022 suite à une « erreur administrative » lors d’une précédente mutation, Sophie Jaboulin subit de nouveau les dysfonctionnements du rectorat, qui veut lui faire « regagner le lycée de l’Empéri » à Salon-de-Provence contre son gré, explique Philippe Caracchioli, élu du personnel. Ses collègues dénoncent une injustice, une « non-gestion », voire un manque d’humanisme de l’académie, pourtant alertée de la situation à de multiples reprises depuis le mois de février. Ils souhaitent que Sophie Jaboulin puisse être, a minima, réintégrée la rentrée prochaine. Dans l’immédiat, l’équipe pédagogique demande une réponse « satisfaisante pour la santé » de leur collègue, en arrêt maladie.

    Gestion « incohérente »

    Les élèves de cette professeure d’EPS demandent aussi son retour. Six d’entre-eux se rendront à Aix-en-Provence vendredi pour demander une audience au rectorat. Gaspard sera de la partie. Il explique : « J’ai intégré la section sport étude l’an dernier, quand la structure a été créée par Madame Jaboulin, qui a porté ce projet à bout de bras : elle s’est occupée de l’administratif, de la recherche de sponsors, de nos emplois du temps, venait avec nous en compétition, a réuni les fonds pour les championnats de France… Ce qui nous a permis de ramener des médailles. Ce qu’on critique, c’est l’incohérence du rectorat qui a mis des mois à répondre à Madame Jaboulin qui demandait à ce que son dossier soit ré examiné, tout en nous félicitant pour ces résultats. » Aujourd’hui, sans la professeure, la section sport étude est « en péril », assure l’élève de terminale. Le rectorat aurait proposé à d’autres enseignants de prendre le relais, ce qu’ils refusent « pour ne pas prendre la place », de la professeure mutée.

    Au-delà du cas de Sophie Jaboulin, les revendications des élèves sont plus larges. Ils dénoncent les travaux perpétuels du lycée, qui auraient dû s’achever il y a des années mais qui s’éternisent en raison, notamment, du dépôt de bilan du maître d’œuvre. À l’extérieur de l’établissement, des filets retiennent les parements de briques qui s’effondrent. Ajax, en spécialité théâtre, pointe la présence « d’amiante » dans la salle de pratique. Mathieu, Léa et Salomé, porte-paroles du mouvement s’agacent des conditions d’apprentissage : des plannings trop denses, un manque de moyens humains et d’accompagnement. Les forces progressistes (PCF, insoumis, socialistes, UL CGT) ont envoyé un courrier au recteur, au président de Région et au ministère pour demander un rééquilibrage des budgets publics, des « rythmes scolaires viables », des embauches massives et un « investissement à la hauteur des besoins pour la rénovation des bâtiments ».

  • [Entretien] « Content d’avoir encore réussi à capitaliser »

    [Entretien] « Content d’avoir encore réussi à capitaliser »

    La Marseillaise : La série de victoires se poursuit avec ce quatrième succès de la saison contre les Aigles de Nice (4-3). Content de la prestation de vos joueurs ?

    Luc Tardif : Très content, parce que c’était un match difficile, même si on s’y attendait. Nice a vraiment une belle équipe, donc on savait à quoi s’attendre. Ce que j’ai aimé, c’est qu’on a trouvé les ressources pour aller chercher la victoire en troisième période, avec deux gros buts. Ensuite, on a bien fermé derrière et on a été plutôt solides. Libor (Kasik) a fait les arrêts quand il le fallait. Donc oui, je suis content du match.

    Vous avez pris une pénalité rapidement après avoir ouvert
    le score. Est-ce qu’il n’y a pas
    une volonté d’en faire trop
     ?

    L.T. : Pas du tout. Si on regarde un petit peu les buts qu’on prend, je n’ai pas aimé le premier. Il m’a dérangé parce qu’on est trop passifs. On veut être agressifs avec l’attaquant numéro un, mais le joueur qui fait la passe rentre tout seul et personne ne vient lui mettre de pression. Ça me dérange, parce qu’on lui donne trop de facilité. Le deuxième but, ça touche 50 patins avant de finir sur la crosse du joueur. Ce sont des choses qui arrivent. Après, sur le power play, on était sur de bonnes bases. On est contents d’avoir encore réussi à capitaliser ce soir. Mais on prend trop de pénalités, et c’est récurrent. On prend huit minutes à Bordeaux et, malgré ça, on fait un super travail en infériorité. Mais huit minutes de pénalité, c’est difficile à tenir. Même si nos gars sont valeureux sur piqué, ça devient compliqué. Il va falloir régler ça, sinon on va s’embourber dans les problèmes.

    On a l’impression depuis le début de la saison que le premier tiers-temps est une sorte de « round d’observation » avant d’être réellement clinique…

    L.T. : J’ai vraiment aimé notre premier tiers. Ils n’ont eu qu’une seule occasion de marquer, sur un power play. À cinq contre cinq, on ne leur a vraiment rien donné. Commencer les matchs comme ça, ça donne de la confiance. Après, j’ai vu que l’équipe n’avait pas paniqué quand on a pris ce troisième but. On est restés concentrés quoi qu’il arrive.

  • [Théâtre] La dame en noir prend de la lumière à Marseille

    [Théâtre] La dame en noir prend de la lumière à Marseille

    Le public a gardé en mémoire d’elle son Aigle noir et ses robes sombres. Pourtant, « Barbara a une joie et un humour que les gens ont oublié. On a juste retenu la femme triste et mélancolique alors que ce n’est pas du tout le cas », rappelle Emmanuel Noblet, metteur en scène de Barbara (par Barbara) qui se joue du 29 septembre au 3 octobre sur la scène des Bernardines. Pouvant aussi bien susciter les rires que les larmes, un spectacle musical incarné par Marie-Sophie Ferdane, d’une clarté profonde, qui puise sa matière dans des interviews, « lettres inédites et intimes de la correspondance amoureuse de Barbara ».

    « Il y a cette pénombre,

    et je vais en liberté »

    « J’ai choisi de chanter et tout d’abord il y a cette pénombre, et je vais en liberté. Là, vous m’avez emprisonné dans cette lumière, là, dans un lieu qui est le mien mais que vous avez refait vôtre. Moi, je suis quelqu’un d’autre, là, en quelque sorte », affirme Barbara en direction d’un journaliste à quelques heures de se produire au Théâtre Bobino. Sur les lèvres de Marie-Sophie Ferdane, et accompagnée par le pianiste Olivier Marguerit, des propos qui illustrent toute la profondeur et la sensibilité d’une icône de la chanson trop souvent réduite à son allure austère. « On convoque l’âme de Barbara. On entend sa plume, ses sentiments, son rapport aux hommes, un chapitre important de sa vie », résume Emmanuel Noblet.

    P.A.
  • Une pétition contre la lecture de Maurras dans une bibliothèque

    Une pétition contre la lecture de Maurras dans une bibliothèque

    Si la municipalité et les organisateurs de la semaine provençale ont tenté de rassurer autour de la lecture d’un texte de l’auteur d’extrême droite antisémite Charles Maurras, la fronde persiste. Une pétition vient d’être lancée contre la « banalisation » de celui-ci, et atteint pour l’heure plus de 400 signatures.

    La pétition, lancée ce vendredi 25 septembre avec le soutien de la Ligue des droits de l’Homme et relayée par la Libre Pensée 84, juge « inadmissible » cette programmation. Tout comme les justifications de la mairie et de l’association L’Oustau, à savoir la diversité culturelle de la Provence ou la liberté d’expression pour mettre à l’honneur la figure majeure de l’Action française. Et est donc demandé le retrait immédiat de la lecture problématique.

    « Face à la banalisation grandissante des discours racistes et haineux, où toutes les digues médiatiques et culturelles semblent tomber, il est de notre responsabilité commune de rester vigilants et mobilisés pour rappeler sans cesse les horreurs de l’histoire et agir en conséquence », peut-on lire par la suite dans cette pétition, signée par plusieurs universitaires.

    Place Publique s’en mêle

    Alors que la section locale de La France Insoumise s’était déjà exprimée contre cette lecture, c’est maintenant au tour de Place Publique. Dans un communiqué émis ce lundi 28 septembre, le parti de Raphaël Glucksmann estime que ce choix « interpelle ». Mais ne demande pas le retrait des textes, mais plutôt que la lecture soit accompagnée « d’un rappel historique et critique de la pensée de Charles Maurras ». « Il n’est pas question de nier l’existence de cet auteur et de ses textes. Encore faut-il préciser de quoi on parle, et de qui. Est-il judicieux de valoriser Charles Maurras au sein d’un événement populaire ? Y a-t-il donc si peu d’auteurs provençaux qu’il faille aller chercher un auteur notoirement xénophobe et antisémite ? » poursuit Place Publique avant de rappeler la collaboration de Charles Maurras pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Pétition sur onparticipe.fr

  • En Espagne, la lutte pour le droit au logement s’amplifie autour de Maricarmen

    En Espagne, la lutte pour le droit au logement s’amplifie autour de Maricarmen

    L’expulsion la semaine dernière de Maricarmen, 87 ans, de son logement à Madrid où elle vivait depuis 70 ans, a suscité l’indignation dans tout le pays. Cette expulsion est révélatrice des pratiques des fonds spéculatifs, appelés ici fonds vautours, favorisés par une politique en faveur des plus riches de la part de la communauté de Madrid dont la présidente est Isabel Ayuso du Parti populaire.

    Depuis mercredi dernier le mouvement de soutien à Maricarmen et pour le droit au logement pour tous, ne fait que s’amplifier avec comme épicentre la Puerta del Sol, place emblématique de la capitale, qui voit depuis samedi soir une occupation jour et nuit par des centaines de personnes qui ont dressé des tentes. Nombre d’observateurs rappellent la similitude avec le mouvement des indignés, qui débuta sur cette même place le 15 mai 2011. Les manifestants installés à la Puerta del Sol, entendent ne pas bouger en attendant le Conseil des ministres d’aujourd’hui mardi, où devrait être adopté ce que l’on appelle déjà le décret « Maricarmen ».

    « Je n’ai pas réussi à défendre mon logement, mais j’ai lutté pour que les autres apprennent à défendre le leur. Ça n’a pas été possible, mais, s’il vous plaît, luttez ! » c’est l’appel que Maricarmen Abascal a lancé vendredi depuis sa chambre d’hôpital où elle récupère peu à peu, à la suite de son expulsion qui l’a éprouvée. Dimanche, Pedro Sanchez, le chef du gouvernement depuis un meeting du PSOE à Getafe dans la banlieue de Madrid, lui a répondu : « Maricarmen, j’ai un message pour toi, le gouvernement travaille contre la montre pour prendre dès ce mardi le royal-décret loi sur le droit au logement. » Un décret qui devrait faciliter l’accès au logement, éviter les expulsions des citoyens les plus vulnérables et agir contre les fonds vautours.

    Des jeunes très concernés

    La coalition Sumar minoritaire au gouvernement, composé notamment de ministres communistes, menace de boycotter le Conseil des ministres si les mesures concrètes ne sont pas décidées par le gouvernement. Sumar s’inquiète des négociations en cours, de la majorité socialiste de l’exécutif avec les groupes parlementaires qui ont permis à Pedro Sanchez d’avoir une majorité pour gouverner, notamment Junts (indépendantistes catalans) qui avait voté contre la précédente loi sur le logement.

    L’expulsion de Maricarmen mercredi dernier, largement retransmise en direct à la télévision a touché la jeunesse qui est particulièrement concernée par la crise du logement depuis des années, celle-ci est descendue en masse dans la rue pour se joindre samedi à la manifestation à l’appel du syndicat des locataires. C’est dans la foulée de cette manifestation que les jeunes par centaines, ont installé des tentes sur la célèbre place face au siège de la communauté de Madrid dirigée par la droite.

    Le journal El Pais, rapportait hier ce témoignage de David Suarez, 32 ans, à qui on a dit d’étudier et travailler dur dans la vie et qu’il pourrait réaliser tout ce qu’il voudrait. « J’ai obtenu une maîtrise universitaire, j’ai travaillé dans des entreprises importantes, je partage un appartement avec deux amis, je ne peux pas espérer avoir un logement pour moi tout seul à court terme, c’est terrible vous vous sentez en échec. Quand j’ai vu cette dame de 87 ans en fauteuil roulant, expulsée de son appartement, mon sang n’a fait qu’un tour, je suis sorti et suis allé rejoindre les autres à la Puerta del Sol et je n’en partirai pas tant qu’il n’y aura pas de vrai changement… ».

    Réponse aujourd’hui en Conseil des ministres.