Le Cercle des Boulomanes a reçu ce jeudi soir, près d’une centaine d’invités pour une collecte de fonds, organisée par Cuba Coopération Marseille. Et à son président, Alain Sicre de se féliciter de cette « soirée d’entraide et de solidarité réussie ! », entre concert, buffet caribéen, tombola et un atelier de boissons traditionnelles.
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À Aix, les boutiques n’échappent pas aux difficultés économiques
Le centre-ville d’Aix-en-Provence n’échappe pas à la fermeture silencieuse de ses commerces. Récemment, l’épicerie solidaire Yapagaspi a baissé le rideau. Le cœur d’Aix a aussi vu Boulanger, mastodonte de l’électroménager quitter le Boulevard des Belges. Plus tôt dans l’année, la Librairie indépendante le Lagon Noir s’en allait. Plusieurs fois, notamment en conseil municipal, la faute aux loyers commerciaux coûteux a régulièrement été pointée du doigt. La Ville, ayant pourtant instauré, dès 2023, un droit de préemption commercial dans plusieurs zones de la Capitale de Provence. Marc Pena, député PS de la 11e circonscription et élu d’opposition, estime que ce sont « 30 % des commerces qui ont fermé (ces dernières années). La diversité se perd, les commerces sont souvent éphémères. Ce qui ne marche pas, ce sont les loyers. Pourtant l’activité, à Aix, n’est pas nulle, il y a des consommateurs pour tout. » Côté commerçants, les causes aux fermetures et difficultés sont diverses : économie nationale, loyers, aussi, beaucoup l’absence de parkings… « Bien sûr que le loyer prend une part importante du chiffre, mais ce qui prend une part beaucoup plus importante par rapport à la productivité, c’est les salaires, explique Sandrine Ratier, gérante de la boutique Artyana et secrétaire générale de l’Association des commerçants du centre-ville. Mais aussi la suppression des exonérations pour les charges des apprentis. » Selon elle, si, depuis le second semestre 2024 la situation commerçante s’est « compliquée », un « élan » économique peut être attendu dans les semaines à venir.
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![[Entretien] Christophe Madrolle : « Si tout le monde joue le jeu, on peut sauver la planète »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/cfbf5df8a616fc88c94f8fd7250ed3a2.jpg)
[Entretien] Christophe Madrolle : « Si tout le monde joue le jeu, on peut sauver la planète »
La Marseillaise : Quels sont les enjeux de cette 4e édition de « Nettoyons le Sud » qui se déroule ce samedi 30 mai ?
Christophe Madrolle : Nous avons créé cette opération parce qu’il y avait beaucoup d’associations qui organisaient leurs propres nettoyages et on s’est dit, vis-à-vis de l’urgence de protéger notre belle région, que mobiliser l’ensemble des associations autour d’une date que nous avons fixée au 30 mai serait beaucoup plus impactant pour la population. Nous avons eu plus de 100 tonnes de déchets ramassés l’année dernière, une mobilisation de 400 collectivités et de 22 000 bénévoles qui se sont mobilisés ce jour-là. C’est une opération qui est construite avec les associations environnementales, les associations de défense de l’environnement, celle de l’espace marin, des collectivités et des entreprises. Nous espérons atteindre et doubler le nombre de bénévoles pour cette année.
Cette opération porte aussi sur les enjeux autour des déchets sur le territoire ?
C.M. : Absolument, elle a un rapport sur un véritable point, un point politique puisque cette opération permet de sensibiliser nos citoyens sur les moyens que met en place la région en matière de protection de l’environnement. On veut aussi rappeler que la Région Sud s’est dotée du premier budget vert européen, donc toute aide donnée par la région à une entreprise, une collectivité ou une association est acceptée à une seule condition : répondre à un cahier des charges avec la baisse d’émissions de carbone sur leur traitement de déchets.
Au-delà de la sensibilisation, est-ce que cette opération peut donner un message d’espoir aux habitants ?
C.M. : C’est ce qu’on cherche en tout cas, si tout le monde joue le jeu, on peut sauver la planète, grosso modo. On a une action à la région que nous portons pour que les entreprises réduisent les déchets à la source, mais ce n’est pas suffisant. Il faut aussi continuer à amener nos concitoyens à faire le tri sélectif et avoir de la transparence dans la chaîne de traitement des déchets. C’est un message qui nous amène à prendre conscience qu’un déchet, depuis sa fabrication jusqu’à sa destruction, c’est quelque chose que nous devons traiter.
Selon l’Insee, en 2021, la quantité de déchets dans la région s’élevait à plus de 638 kg par habitant, soit 16% de plus qu’en France métropolitaine, on peut donc faire mieux.
C.M. : Exactement, cette opération permet de porter un discours : que l’on habite dans une grande ou petite ville, le tri sélectif se fait différemment. Il faut alors une vraie sensibilisation et permettre à tous de pouvoir réduire ses déchets ménagers.
Entretien réalisé par Noa Armony
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Avec Memento, le Vaucluse met en valeur sa mémoire
C’est l’aboutissement d’un projet de dix ans, quand, en mars 2016, le Conseil départemental de Vaucluse a voté le principe d’un nouveau bâtiment afin d’abriter les archives départementales. Une décennie plus tard, voici Memento, un pôle des patrimoines présenté comme une maison commune, abritant donc les archives départementales de Vaucluse, le service départemental d’archéologie (notre édition du 18/04), le centre de conservation et d’étude de l’État, les réserves des musées départementaux, le service de valorisation patrimoniale et culturelle, mais aussi les archives du Grand Avignon.
Un bâtiment de 11 000 m2 -sur 80m de long et 70m de large- situé à Agroparc et qui a été inauguré ce jeudi après-midi devant 600 personnes. Dès ce vendredi, le public est invité à découvrir ce site. Un week-end festif d’ouverture * est prévu, avec visites guidées, ambiance musicale et découverte d’une exposition, Mon trésor, qui présente une cinquantaine d’objets significatifs de l’histoire vauclusienne. « Memento est plus qu’un bâtiment public, c’est l’un des équipements patrimoniaux les plus ambitieux réalisés en France », applaudit Dominique Santoni, présidente LR du Département, qui a rendu hommage à son prédécesseur, Maurice Chabert, présent jeudi et instigateur du projet.
« Coffre-fort ouvert à tous »De couleur ocre, en tuiles inversées, ce pôle des patrimoines est « un coffre-fort ouvert à tous, car l’ambition de Memento n’est pas seulement de conserver et restaurer la mémoire, mais de la montrer », rappelle Dominique Santoni. Depuis près d’un an, les services des archives et de l’archéologie ont investi les lieux. Si côté archives le palais des Papes, où étaient stockés quelque 26km linéaires de documents, pouvait avoir un côté majestueux, les conditions de conservation -et de travail des agents- étaient loin d’être optimales. « C’est une réussite, on dispose d’une réserve de 40 km », relève Cédric Lelièvre, chef du bureau des publics.
Un chantier à près de 33 millions d’euros, financé pour moitié par le Département mais aussi l’État, la Région et le Grand Avignon. Que ce soit le préfet Thierry Suquet, la vice-présidente DVD de la Région Bénédicte Martin, ou le maire et président (DVD) du Grand Avignon Olivier Galzi, tous ont eu peu ou prou la même formule : « Une société n’a un avenir que si elle connaît son passé ».
* Réservation au 04.90.86.16.18 ou à valorisation.memento
@vaucluse.fr. -

La Belle de Mai en fête pendant trois jours
Rassembler le quartier de la Belle de Mai autour d’animations proposées par des écoles, des structures, des associations ou des collectifs, tel est l’esprit du festival. Dans un quartier trop souvent stigmatisé, l’événement incarne « un temps de revendication joyeuse (…), de partage et de convivialité, confie Serge Pizzo, membre du Comité de pilotage de la Belle Fête de Mai. C’est une fête attendue par le quartier. D’autres viennent parce que l’esprit de la fête leur plaît. C’est un public très varié, marseillais et familial. »
Dans le sillage des Plus Belles de Mai, événement qui proposait quatre soirées festives courant mai, les festivités débutent à partir de ce vendredi et jusqu’à dimanche. Les animations occupent « deux points centraux : la place Caffo et le boulevard Boyer, espace déléguée à la jeunesse et la petite enfance », signale Serge Pizzo.
« On a coordonné nos deux manifestations », ajoute-t-il. Après les déambulations des Plus Belles de mai avec La Déferlante bleue, qui rend hommage aux cigarières, « ils nous transmettront le flambeau et on enchaînera avec la Belle fête de mai à partir de 18h ce vendredi ».
Le maire de Marseille, Benoît Payan, le maire de secteur, Anthony Krehmeier, et le délégué aux fêtes de quartier, Ahmed Heddadi, seront présents.
« Un temps de revendication joyeuse »Au cours du week-end, de nombreux collectifs et associations de quartier seront de la partie. « Il y a cette volonté de se rassembler, être solidaire, rester militant, et tous ces collectifs sont dans cet esprit, souligne Serge Pizzo. Samedi soir, on fait place à la fête avec des animations musicales. »
Lors de cette soirée de samedi, l’association Mot à mot et les collectifs On le fait pour nous et Mira organisent un grand repas partagé. En clôture, dimanche, les structures du quartier sont mises à l’honneur et ouvrent leurs portes au public pour présenter leurs activités avec des animations.
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L’élite mondiale amateur s’affronte au large de Marseille
Dans la baie olympique marseillaise, les Corinthians sont de sortie.
Jusqu’à samedi, qu’ils viennent d’Australie, Monaco, Estonie, Pologne, Suisse, Hongrie, et bien sûr de France, les équipages engagés dans ce qui constitue les championnats du Monde amateur de quillard n’ont qu’un objectif en tête : Ramener la victoire à la maison.
« C’est un bateau très ludique, qui permet facilement de passer du dériveur au quillard et franchir ainsi une étape dans un parcours de champion », indique Benjamin Ezraty. Le dirigeant du club de La Pelle, qui coorganise la manifestation avec l’Union nautique marseillaise, affiche sa satisfaction d’avoir vu 88 équipages représentant 20 nations manifester leur intérêt pour l’épreuve.
« Nous disposons d’un outil qui a son importance. Car venir régater sur le site des Jeux olympiques, c’est quelque chose d’exceptionnel », poursuit-il. Les 383 engagés, et leurs accompagnants, ont pris leurs marques sur la marina Florence-Arthaud. Après deux jours où le vent s’est fait appeler désiré, jeudi a permis de lancer enfin la compétition.
Une série tremplin« L’intérêt de ces J-70, c’est qu’il est assez facile à barrer et permet de se préparer pour d’autres classes plus exigeantes. Elle est le tremplin idéal, après un apprentissage sur dériveurs », explique Benjamin Ezraty. Il souligne que « s’il y a un âge pour se lancer, je dirais autour de 15 ans, il n’y a pas de limite. Sur ces Corinthians, nous avons deux navigateurs qui ont 80 ans », confie-t-il.
Mardi et mercredi, les équipages, qui se composent de quatre ou cinq membres, sont restés un peu sur leur faim. Néanmoins, ils ont pu prendre part à une manche par jour. À l’issue desquelles l’équipage Australien emmené par Sam Haynes et Celestial était en tête du Championnat après sa victoire lors de la course de mercredi. Le Norvégien Kristoffer Spone, à bord de Bagdad II, occupe la deuxième place du classement général, tandis que l’Américain Andrew Loew et Dime sont troisièmes. Celestial a remporté la deuxième manche mercredi, suivi par le Bermudien Alec Cutler et Hedgehog, et le Français Denis Infante, à bord d’Euro-Voiles, qui complétaient le podium provisoire.
Les trois manches de jeudi, disputées avec un vent de 8 à 12 nœuds, ont permis de redistribuer les cartes. Mais à l’issue de trois jours de course, tout reste encore possible. La compétition se poursuit, entre la marina et les îles du Frioul, jusqu’à samedi.
À suivre sur www.j70mcwc.com
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Les adeptes de la petite reine dans les roues des forçats de la route
Tous les suiveurs du Tour de France connaissent le Col du Noyer et la montée d’Orcières-Merlette.
Ces deux routes font partie des mythes qui ont forgé la légende de la grande boucle. Et chaque amateur de petite reine rêve de s’y attaquer un jour. Ce rêve va devenir réalité pour ceux qui seront au départ du Challenge avant Tour.
L’épreuve s’inscrit dans le cadre officiel de la Fête du Tour, organisée par ASO, l’organisateur du Tour de France. Elle prendra place sur les routes mêmes qu’empruntera le peloton du Tour de France 2026, attendu dans les Hautes-Alpes le 23 juillet prochain. Au programme : samedi 30 mai, Col du Noyer, de 10h00 à 13h00. Les cyclistes pourront choisir leur versant, côté Dévoluy, ou côté Champsaur, réputé pour ses pourcentages soutenus et ses panoramas grandioses.
Le dimanche 31 mai. Montée d’Orcières-Merlette, de 10h00 à 13h00. Une ascension emblématique qui a forgé la réputation cycliste de la station haut-alpine.
Pendant ces deux journées, les routes seront entièrement réservées aux cyclistes. Une occasion rare de rouler dans des conditions identiques à celles des professionnels, sans circulation motorisée, au cœur des paysages alpins. Sur place, seront proposés des ravitaillements gourmands, des animations musicales, des dégustations de produits locaux. Une ambiance festive attendra les coureurs au sommet.
Ce challenge donnera le coup d’envoi de l’opération Cols réservés. Elle permet aux passionnés de gravir les plus beaux cols des Hautes-Alpes sur des routes fermées à la circulation.
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![[Entretien] Florian Gulli : « Le capitalisme produit une résistance individuelle »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/3714de5bd1827e5f37f8d222aa96d64c.webp)
[Entretien] Florian Gulli : « Le capitalisme produit une résistance individuelle »
La Marseillaise : Qu’aborde concrètement le livre « La matrice des classes sociales » de Vivek Chibber, dont vous avez écrit la préface ?
Florian Gulli : Déjà, il faut souligner que, malgré ce que pourrait suggérer le titre, il ne s’agit pas de dire qu’il faut revenir à la façon dont la gauche parlait de classes sociales dans les années 1950. L’ambition est d’intégrer toutes les critiques qui ont été adressées à l’analyse de classe pour proposer une version plus robuste du matérialisme.
Le cœur du livre part d’une question classique du marxisme. Karl Marx défendait que le capitalisme allait forcément s’effondrer sous le poids de ses propres contradictions. L’idée est qu’il fait mécaniquement souffrir de plus en plus de monde et qu’il crée, du même coup, ses propres fossoyeurs. Mille fois, on a annoncé que le capitalisme allait s’effondrer. Ça ne s’est jamais produit. Pour le justifier, des explications ont commencé à émerger à partir de la Seconde Guerre mondiale avec l’idée que le non-avènement de la révolution résulterait de l’émergence de médias manipulateurs. L’aspect matérialiste a été progressivement abandonné, pour laisser place à une gauche plus élitiste, qui perd progressivement le lien avec les classes populaires. Ici, l’auteur tente de donner une explication de classe au non-effondrement du capitalisme.
Quelle explication propose-t-il ?
F.G. : Lui, en suivant le schéma classique du marxisme, dit qu’en effet le capitalisme nous paupérise, nous prolétarise et nous fait souffrir. Une situation qui produit effectivement une résistance, mais individuelle, pas collective. La thèse est que l’erreur de Marx et des marxistes a été de croire que le capitalisme produirait forcément une résistance collective. Les gens souffrent du capitalisme et essaient de s’en sortir, mais en tentant de grimper à l’intérieur de leur entreprise, pour obtenir une meilleure position. Donc, s’ils n’ont pas fait la révolution, ce n’est pas parce qu’ils ont été abrutis par les mass media mais parce qu’ils se sont résignés. Cette perspective est compatible avec une certaine bienveillance à l’égard des classes populaires. C’est un phénomène de résignation générale.
Comment expliquer l’émergence de cette résistance individuelle quand on sait qu’une résistance collective a pu exister ?
F.G. : Il y a eu des transformations des conditions historiques et sociales. Au début du XXe siècle, la grande industrie rassemblait 30 000 ouvriers au même endroit, ce qui facilitait de fait le militantisme. On touche 30 000 personnes avec un tract en une heure, quasiment. Alors que dorénavant, les unités sont beaucoup plus petites, tout est très déconcentré. Donc, forcément, c’est plus difficile. Vivek Chibber parle aussi de l’évolution des villes et de la disparition des quartiers ouvriers, où il pouvait se créer des sentiments de solidarité et de proximité. Tout ça a disparu. L’idée n’est pas de dire que tout est foutu, mais qu’il faut trouver un moyen de briser la résignation.
Et les partis et les syndicats sont dans ce cadre un outil indispensable pour l’auteur…
F.G. : La perte de crédibilité de la gauche auprès des classes populaires vient d’abord de l’abandon de la conception matérialiste, mais aussi de la disparition des partis dans le quotidien des gens, avec des cellules de quartiers, ce genre de choses. Lui suggère d’y revenir. En fait, tant qu’on n’a pas créé une culture de partis, ce n’est pas très rationnel de faire grève. Autant ne pas y aller et laisser les autres s’engager. S’ils gagnent un truc, tant mieux. S’ils perdent, je n’ai rien perdu. Le seul truc qui a permis de mettre un terme à la logique du « passager clandestin », ce sont les partis, qui lient les uns avec les autres par des liens moraux.


![[Entretien] Romain Baciak (CGT) : « Encore 1 500 suppressions d’emplois chez Michelin »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/fc6300da7fe34d884170c1b18a023771.jpg)