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  • En Espagne, la lutte pour le droit au logement s’amplifie autour de Maricarmen

    En Espagne, la lutte pour le droit au logement s’amplifie autour de Maricarmen

    L’expulsion la semaine dernière de Maricarmen, 87 ans, de son logement à Madrid où elle vivait depuis 70 ans, a suscité l’indignation dans tout le pays. Cette expulsion est révélatrice des pratiques des fonds spéculatifs, appelés ici fonds vautours, favorisés par une politique en faveur des plus riches de la part de la communauté de Madrid dont la présidente est Isabel Ayuso du Parti populaire.

    Depuis mercredi dernier le mouvement de soutien à Maricarmen et pour le droit au logement pour tous, ne fait que s’amplifier avec comme épicentre la Puerta del Sol, place emblématique de la capitale, qui voit depuis samedi soir une occupation jour et nuit par des centaines de personnes qui ont dressé des tentes. Nombre d’observateurs rappellent la similitude avec le mouvement des indignés, qui débuta sur cette même place le 15 mai 2011. Les manifestants installés à la Puerta del Sol, entendent ne pas bouger en attendant le Conseil des ministres d’aujourd’hui mardi, où devrait être adopté ce que l’on appelle déjà le décret « Maricarmen ».

    « Je n’ai pas réussi à défendre mon logement, mais j’ai lutté pour que les autres apprennent à défendre le leur. Ça n’a pas été possible, mais, s’il vous plaît, luttez ! » c’est l’appel que Maricarmen Abascal a lancé vendredi depuis sa chambre d’hôpital où elle récupère peu à peu, à la suite de son expulsion qui l’a éprouvée. Dimanche, Pedro Sanchez, le chef du gouvernement depuis un meeting du PSOE à Getafe dans la banlieue de Madrid, lui a répondu : « Maricarmen, j’ai un message pour toi, le gouvernement travaille contre la montre pour prendre dès ce mardi le royal-décret loi sur le droit au logement. » Un décret qui devrait faciliter l’accès au logement, éviter les expulsions des citoyens les plus vulnérables et agir contre les fonds vautours.

    Des jeunes très concernés

    La coalition Sumar minoritaire au gouvernement, composé notamment de ministres communistes, menace de boycotter le Conseil des ministres si les mesures concrètes ne sont pas décidées par le gouvernement. Sumar s’inquiète des négociations en cours, de la majorité socialiste de l’exécutif avec les groupes parlementaires qui ont permis à Pedro Sanchez d’avoir une majorité pour gouverner, notamment Junts (indépendantistes catalans) qui avait voté contre la précédente loi sur le logement.

    L’expulsion de Maricarmen mercredi dernier, largement retransmise en direct à la télévision a touché la jeunesse qui est particulièrement concernée par la crise du logement depuis des années, celle-ci est descendue en masse dans la rue pour se joindre samedi à la manifestation à l’appel du syndicat des locataires. C’est dans la foulée de cette manifestation que les jeunes par centaines, ont installé des tentes sur la célèbre place face au siège de la communauté de Madrid dirigée par la droite.

    Le journal El Pais, rapportait hier ce témoignage de David Suarez, 32 ans, à qui on a dit d’étudier et travailler dur dans la vie et qu’il pourrait réaliser tout ce qu’il voudrait. « J’ai obtenu une maîtrise universitaire, j’ai travaillé dans des entreprises importantes, je partage un appartement avec deux amis, je ne peux pas espérer avoir un logement pour moi tout seul à court terme, c’est terrible vous vous sentez en échec. Quand j’ai vu cette dame de 87 ans en fauteuil roulant, expulsée de son appartement, mon sang n’a fait qu’un tour, je suis sorti et suis allé rejoindre les autres à la Puerta del Sol et je n’en partirai pas tant qu’il n’y aura pas de vrai changement… ».

    Réponse aujourd’hui en Conseil des ministres.

  • [Entretien exclusif] Jean-Louis Masson : « Je me réjouis qu’un Varois puisse présider la Région »

    [Entretien exclusif] Jean-Louis Masson : « Je me réjouis qu’un Varois puisse présider la Région »

    La Marseillaise : Quels enseignements tirez-vous des sénatoriales dans le Var et au-delà ?

    Jean-Louis Masson : C’est l’essence même du Sénat que d’être l’émanation des collectivités locales. Les sénatoriales sont donc le reflet des municipales. Le mode de scrutin est singulier puisqu’il n’est pas le même partout et qu’il est complexe lorsqu’il est à la proportionnelle. Dès lors au plan national comme au plan local, les résultats sont conformes à ce qui pouvait être attendu. La droite et le centre sont restés majoritaires dans les mairies. Ils le resteront donc au Sénat. Le RN et LFI qui ont connu quelques succès électoraux aux municipales vont voir un groupe pour le premier et deux sénateurs pour le second. Dans le Var, la liste LR remporte la victoire des suffrages avec 40% des voix. En tant que président de la fédération LR 83, je félicite nos deux élus : Françoise Dumont qui voit son mandat renouvelé et Christian Simon, un maire de premier plan, qui va enrichir le Sénat de son expérience importante d’élu local.

    Renaud Muselier a annoncé
    qu’à la suite de ce scrutin, il passerait la main à François de Canson. Vous vous étiez opposés par le passé, a-t-il votre soutien
     ?

    J.-L.M. : Nous avons plus souvent été ensemble qu’opposés. Je suis président du Département, le fait qu’un Varois puisse accéder à la présidence de la Région, je m’en réjouis.

    Après un été très douloureux dans le Var, vous appelez à sortir de la conception forêt-musée ? Qu’entendez-vous par là ?

    J.-L.M. : Je ne crois pas à la protection de l’environnement en y excluant l’activité humaine. La vision dogmatique de la protection environnementale a montré ses limites voire sa dangerosité cet été lors des incendies. Je revendique de pouvoir protéger les personnes et les massifs forestiers avec une autre approche. Je considère que nos forêts doivent être gérées, dans le respect de ce que nous connaissons de la nature certes, mais gérées. Cela veut dire par exemple que les procédures d’exception qui permettent de lutter plus efficacement contre un incendie doivent également être valables en tant que règles de prévention des incendies.

    Comment le Département peut-il aider à l’adaptation au changement climatique ?

    J.-L.M. : Pour ne pas faire un long catalogue, je retiens deux sujets. D’abord, nous lançons une démarche d’ampleur concernant les énergies renouvelables notamment solaire. Par ailleurs, s’agissant de la rénovation ou de la construction de nos bâtiments publics, nous mettons l’accent sur la sobriété énergétique.

    Au-delà des particuliers et des collégiens, les agriculteurs et notamment les viticulteurs sont également touchés.

    J.-L.M. : Ils sont parfaitement conscients des enjeux. Ils sont force de proposition. En matière de gestion de l’eau, leur approche est lucide et responsable. Au sujet de l’adaptation des cultures, il en va de même. Je me félicite régulièrement de la coopération des agriculteurs varois pour tous les sujets environnementaux.

    Le pouvoir d’achat des Français est durement comprimé par l’envolée des prix des carburants. Quel est votre message en direction de l’État et que peut un Département comme le Var pour rendre du pouvoir d’achat à ses habitants ?

    J.-L.M. : L’attention que nous portons à ce sujet est constante, pic des prix du carburant ou pas. C’est ainsi que nous avons choisi et que nous nous sommes tenus à la modération tarifaire en ce qui concerne la restauration scolaire.

    Vous avez récemment inauguré des « logements inclusifs » à destination des personnes handicapées. En quoi consistent-ils ?

    J.-L.M. : Il ne faut pas ajouter l’isolement au handicap, c’est pourquoi, ces lieux de vie proposent des espaces partagés qui invitent les résidents à plus de moments en commun.

    L’année prochaine a lieu l’élection présidentielle. La victoire de l’extrême droite est-elle inéluctable ? À droite et au centre, nombreux sont les candidats. Quel est le vôtre ?

    J.-L.M. : Je n’aime pas la politique-fiction ni ramener la politique aux spéculations qui relèvent du jeu de hasard. Nous savons tous qu’aucune campagne ne se déroule comme il est raisonnable de l’envisager plusieurs mois à l’avance. Dès lors aujourd’hui, rien n’est inéluctable. Nous ne connaissons même pas encore ni la totalité des candidats ni même ceux qui vont concourir jusqu’au bout. À date, mon parti a un candidat, par conséquent la question ne se pose pas à moi.

  • Débat houleux à Aix-en-Provence autour d’un budget municipal dans le flou

    Débat houleux à Aix-en-Provence autour d’un budget municipal dans le flou

    Nous en sommes au troisième temps de notre valse financière à quatre temps. Une valse, puisque nous sommes dans un tourbillon financier », imageait Dominique Augey, adjointe aux Finances, qui présentait au conseil municipal le vote du budget supplémentaire. Comprenez, l’étape entre le vote du budget primitif, voté en début d’année, qui permet une mise à jour de celui-ci et la clôture des comptes. « On a à peu près six mois pour le faire », rappelait l’élue. Ce lundi, en ouverture de ce conseil municipal, c’est un budget supplémentaire d’un peu plus de 25 millions d’euros, incluant plusieurs « variations de dépense » qui a été égrené. En toile de fond, une situation budgétaire tendue. Avec notamment les 144 millions que la Métropole doit trouver pour boucler son budget 2027 et un coup de hache dans les dotations globales de fonctionnement (DGF), allouées par l’État aux collectivités territoriales. Si le budget supplémentaire prenait en compte une baisse de 500 000 euros, pour la Ville, de la DGF, ce sont finalement 613 000 euros de plus. À cela s’ajoute une perte estimée de 1,4 million d’euros si la dotation de solidarité communautaire (DSC) venait à être sabrée – scénario proposé par Nicolas Isnard et rejeté par les conseillers métropolitains lors du vote du 10 septembre dernier – 4,5 millions d’euros si les attributions de compensation (AC) venait à être sabrées – soit la solution proposée par le Préfet. Si aucune des solutions n’est retenue, « cela impliquerait de trouver les 53 millions d’euros manquants dans des économies nouvelles ».

    Si le scénario d’une baisse d’1,4 million d’euros était retenu, la majorité annonce « mettre en place un processus assurantiel qui nous permette d’encaisser un choc financier et sanctuariser un certain nombre de dépenses ». Et d’un autre côté, un travail des services pour mettre en place un « effort de rationalisation (…) ce n’est pas un budget de pénurie ! » tient à assurer l’adjointe. Un ensemble de mesures économiques à hauteur de 1,475 million d’euros « sur les budgets existants ». Côté RN, Jean-Louis Geiger s’empresse de rappeler que son groupe, comme celui de la majorité, a voté la proposition portée par Nicolas Isnard. A contrario de ses « collègues socialistes ». Du côté de l’opposition de gauche, le ton monte.

    « Irresponsables ! »

    « Vous êtes le facteur de mesdames Augey et Joissains. Vous êtes ses supplétifs, ceux qui ont voté avec eux à la Métropole une proposition qui était intenable », répond Marc Pena (PS). Le chef de file du groupe d’opposition de gauche campe sur ses positions. Son refus de vote le 10 septembre ? « Ça ne veut pas dire qu’on donne la main à l’état (…) ça veut dire qu’on réfléchit ensemble aux solutions possibles dans cette Métropole », poursuit l’élu, qui voudrait rouvrir le débat pour dessiner un « pôle métropolitain revu (…) ou alors il y aura le constat d’un échec (…) c’était ça, le sens de nos votes », rétorque Marc Pena, remonté à l’idée que les élus aixois soient accusés d’avoir « tiré contre leur camp ». Ce à quoi Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix, après avoir réexpliqué son vote pour une mesure qui « aurait permis de commencer à compenser les subventions qui ne pourront être versées aux associations », bondit : « Vous avez été irresponsables ! Vous vous êtes battus pour des intérêts politiciens et non politiques au niveau de ce vote ! Et c’est ce que je vous reproche ! » Un débat qui ne manquera pas de rebondir à la Métropole.

  • [Cinéma] « Notre salut » ou la banalité du mal

    [Cinéma] « Notre salut » ou la banalité du mal

    Inspiré librement de la vie de son arrière-grand-père, et d’une correspondance entre ses deux aïeux durant de la Seconde Guerre mondiale, Emmanuel Marre signe un film expérimental. Pas question pour le réalisateur de faire un biopic, ni d’utiliser les codes classiques d’un film historique. Emmanuel Marre veut proposer la relecture d’une Histoire nationale que beaucoup veulent faire oublier. Car en écho avec l’actualité.

    Le film s’inspire de l’histoire de son arrière-grand-père, Henri Marre, qui débarque à Vichy en septembre 1940. Sorti de Polytechnique, l’ingénieur a écrit un manuel édité à compte d’auteur intitulé Notre salut, une théorie pompeuse basée sur le management. Il va tenter sa chance dans l’administration de Vichy pour retrouver le train de vie que sa famille avait, avant d’avoir dilapidé la dot de son épouse. L’homme de 49 ans finira par décrocher un poste au Commissariat à la lutte contre le chômage à Limoges. Un nouveau service dépendant du ministère du Travail qui s’installera dans les anciens locaux de la CGT.

    Un homme insignifiant, prêt à tout

    Le réalisateur fait de cet aïeul un personnage de l’Histoire nationale. Un homme insignifiant prêt à tout pour faire carrière dans le régime de Vichy. En mal d’argent et pas forcément un idéologue convaincu, le « déclassé » se retrouve investi dans la collaboration.

    Quelques scènes manient l’humour féroce. Fréquentant les milieux collaborationnistes parmi lesquels se trouve un vivier d’opportunistes sans scrupule, de petits truands et de minables, Henri s’acharne à offrir ses services aux hauts fonctionnaires de Vichy. Un homme lui conseillera d’en faire un peu moins : « Vous avez l’air d’un couillon. » Car il faut assurer ses arrières : l’art du camouflage consistant à faire oublier son passé de collaborateur pour se convertir en résistant tardif ou agent double.

    Le réalisateur montre comment l’administration de Vichy a mis en place une législation anti-juive et comment la police française a collaboré allant jusqu’à anticiper les ordres des nazis. L’attaque est également frontale vis-à-vis d’une politique qui permet l’enrichissement financier. Qui offre l’occasion de faire valoir son intérêt personnel. Tout comme Henri, gravitent des sous-traitants capables de tout pour mériter leur part de gâteau. L’empressement à servir sa hiérarchie fait froid au dos y compris pour mettre en place des convois pour le « ramassage des israélites » de Toulouse ; le zèle qu’il dégage pour créer des camps pour travailleurs étrangers (les GTE) dans une logique d’efficacité.

    Swann Arlaud interprète Henri avec naturel. César du meilleur acteur pour Petit paysan en 2018, et du meilleur second rôle pour Grâce à Dieu en 2020, Arlaud nous avait conquis dans Anatomie d’une chute en 2024. Le duo qu’il compose avec l’actrice belge Sandrine Blancke (Paulette, l’épouse restée soit en retrait soit coachant son mari dans la banalité du mal) fonctionne à merveille. Nourris par un travail en profondeur pour leur rôle respectif, le dispositif opté par Marre laisse libre cours à l’improvisation.

    Que peut le cinéma face

    au fracas du monde

    Emmanuel Marre signe un film artisanal qui fait de nous les contemporains d’une pensée dominante qui cache son jeu. Une idéologie à l’image sécurisante et trompeuse comme l’avait fait Pétain et comme le fait Trump avec son slogan « Make America Great Again ». Faisant appel au dévouement de tous pour « redonner à l’Amérique sa grandeur ».

    « Ce qui m’intéresse, ce sont les germinations, les effets d’engrenage, les paliers qu’un régime franchit avant de devenir autoritaire. En tournant sur les lieux réels, à Vichy et à Limoges, avec de nombreux non-professionnels, j’ai cherché à faire du film le lieu d’un questionnement à plusieurs et au présent. »

    En salle le 30 septembre (2h39)

  • Ils manifestent aujourd’hui pour la fonction publique

    Ils manifestent aujourd’hui pour la fonction publique

    Manon Magagnosc, hospitalière
    CGT Toulon

    « C’est 20 ans de gel du point d’indice. Quand on nous annonce un budget avec 54 milliards d’économie… Responsable de l’UD CGT Var, je travaille à l’hôpital de Sainte-Musse. On nous demande encore de faire plus avec moins. Les gens ne font pas le lien avec l’austérité alors que les effets sont concrets, comme la fermeture des urgences. L’été quand ça brûle ou quand il y a le Covid, là on se rappelle qu’on a des fonctionnaires. Le mépris, il n’y a rien de pire. À la CGT, on dit qu’il faut un appel massif à la grève, qu’on mesure ce que c’est un jour sans eux. »

    Sophien Abid, technicien territorial FO
    Marseille

    « Le point d’indice est gelé depuis bien trop longtemps. Tout a augmenté de façon exponentielle mais pas notre salaire. Le 10 du mois, beaucoup de mes collègues fonctionnaires sont à zéro sur le compte. On subit aussi le manque de moyens humains : des départs à la retraite ne sont pas remplacés, les recrutements ne sont pas réalisés… On charge toujours plus les personnels mais sans mettre les bras avec. Ça vaut aussi pour les moyens techniques : on a un service espace vert qui n’a plus de tronçonneuse pour couper des arbres ! On en est là ! On n’a plus les moyens d’assurer nos missions comme il le faudrait. »

    Mélanie Saïsse, professeure des écoles
    CGT Educ’action Vaucluse

    « Jeudi dernier, notre syndicat a tenu son assemblée générale. Le bilan dressé confirme la nécessité de la mobilisation de ce mardi. Elle doit permettre de faire entendre une exigence simple : l’école publique ne peut plus reposer sur la capacité des personnels à compenser indéfiniment le manque de moyens alors que les besoins augmentent et que les personnels se sentent abandonnés par leur hiérarchie. Des élèves sans accompagnement, des enseignants qui travaillent dans des salles à 40 °C, des postes non pourvus, des personnels en souffrance, des établissements qui bricolent pour tenir. Une école qui tient uniquement parce que ses personnels la tiennent à bout de bras, ce n’est pas une école qui fonctionne. »

    Christelle Brotons, agent du Sdis
    Fédération autonome des sapeurs-pompiers professionnels
    Digne

    « Nous sommes des fonctionnaires mais un peu différents. Au Sdis 04 [Service départemental d’incendie et de secours], je fais partie des personnels administratifs, techniques et spécialisés (Pats), on a le même rythme de travail que les autres, mais s’il y a une grosse intervention, on nous rappelle. Sans Pats pas de pompiers et inversement. Nous demandons des moyens matériels et humains parce qu’il y a les incendies mais aussi le secours à la personne. Si l’État ne revoit pas sa copie sur le financement des Sdis… On continuera. »

    Philippe Angelleli, agent territorial CFTC
    Marseille

    « Cela fait des années que le point d’indice n’a pas été revu, et on se rend bien compte de l’augmentation du coût de la vie, au point que les gens ne peuvent plus s’alimenter correctement sans compter les prix à la pompe, le prêt immobilier quand ils ont pu acheter. La plupart des territoriaux de Marseille sont des agents de catégorie C, au Smic. Face à des administrés en demande, dans les écoles, les crèches, les bureaux de proximité, on manque de postes. Les dossiers prennent plus de temps. Même si les agents assurent leur mission. On est en survie administrative. Il s’agit de l’avenir du service public. »

    Cécile Braca, enseignante d’anglais Snes-FSU
    Miramas

    « La principale revendication, c’est la revalorisation du point d’indice, indexé sur l’inflation. On en a marre que nos salaires soient bloqués. Ça a été le cas pendant dix ans. Ils l’ont un peu débloqué pour finalement le geler de nouveau dans le budget 2027. Le métier n’est plus attractif. C’est pas un métier facile, si en plus l’Éducation nationale paye mal les enseignants en début de carrière alors qu’ils ont fait un bac+5, ça n’aide pas. Pour compenser, et parce qu’il y a des matières où c’est vraiment la pénurie, comme les maths, le français ou les lettres modernes, leur solution consiste à recruter un peu plus tôt ou à embaucher des contractuels, qui sont encore moins payés que les autres. Ce n’est pas non plus optimal pour les élèves. »

  • Une course à longue haleine pour promouvoir l’inclusion

    Une course à longue haleine pour promouvoir l’inclusion

    Mois de l’inclusion, top départ ! Depuis l’année passée, octobre correspond forcément au mois de l’inclusion par le sport au sein du calendrier des événements marseillais. Une initiative lancée et imaginée par André Gireud, ex-président de la Fédération Française d’Athlétisme, co-créateur du Marseille-Cassis et de tant d’autres choses liées à sa ville et à la course à pied. Le projet regroupe les quatre courses historiques de la cité phocéenne que sont Marseille en rose, l’Algernon, les 5 et 10 kilomètres de la mémoire et donc Marseille-Cassis, feu d’artifice de quatre semaines intenses.

    Chaque course a son week-end et chaque course a ses actions spécifiques. Au sein du cadre idyllique qu’est le Cercle des nageurs, une conférence de presse s’est tenue, lundi matin, pour évoquer les grandes lignes de ce mois de l’inclusion. Bon nombre d’élus étaient présents comme Ludovic Perney pour la Région et Eric Mery, Thierry Santelli pour le Département et Sophie Guérard pour la Ville. Le tout chapeauté par Patrick Montel et Stéphanie Noguès-Besson, présidente du Collectif inclusion par le sport.

    Jean-Michel Leclercq, délégué régional académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes), ouvrait le rendez-vous avec ces mots : « André est venu me voir pour me parler de son projet et on s’est dit “alors peut-être”. André est persuasif, je ne vous l’apprends pas, et ça s’est lancé. Je souligne l’adhésion de toutes les courses et collectivités locales. C’est un événement dans la continuité de Septembre bouge, qui a ramené beaucoup de monde sur le Vieux-Port. »

    Une poignée de projets liés à ces courses

    Marseille en rose s’apprête à ouvrir le bal, les 3 et 4 octobre. L’initiative phare de cette année sera de permettre à des femmes en rémission d’un cancer du sein d’être au départ. Ces derniers mois, elles ont été accompagnées par Laura Sabiani, chirurgienne à l’hôpital de la Conception, qui leur a permis de reprendre progressivement l’activité physique. Ensuite, l’Algernon occupera la Corniche Kennedy le week-end suivant. « 42 ans que l’on fait de l’inclusion par la course à pied et d’autres actions à travers l’année. L’idée est de gommer toutes les différences au départ, pour qu’il n’y ait plus de personnes valides ou handicapées et que l’on fasse tous un », souligne les organisateurs. Une soixantaine d’animations sont prévues sur les deux jours de l’événement. 8 300 personnes sont attendues au départ.

    L’association Courir pour la mémoire va fêter le 10e anniversaire de ses 5 et 10 km de la mémoire. Cette association « lutte contre les génocides et le négationnisme ». « Nous voulons porter et diffuser ce message de paix. Notre slogan pour 2026 est “toujours debout”, avec l’intention de créer un petit îlot de résistance sur la Corniche », explique Pascal Chamassian. Le parrain de l’édition n’est autre que Youri Djorkaeff, champion du monde 1998 et d’origine arménienne. Enfin, Marseille-Cassis bouclera le mois. Après les dossards verts en 2025, les dossards solidaires entrent en jeu pour 2026. Avec l’appui de quatre associations, l’initiative permettra d’aborder plusieurs sujets clés comme l’environnement et la santé. Ils seront 1 000 liés à ce projet, avec le dessein d’être le double en 2027.

  • Force Ouvrière motive ses troupes mais part divisé

    Force Ouvrière motive ses troupes mais part divisé

    Force ouvrière montre les muscles avant la journée de grève et d’actions de ce mardi 29 septembre. « Pour les secteurs comme les écoles, les crèches, les cimetières, les bureaux municipaux, la grève va être très suivie », se félicite Patrick Rué, l’indéboulonnable secrétaire général du syndicat FO des agents territoriaux de la Ville de Marseille et de la Métropole.

    Ce lundi, sur le parvis du Mucem, son syndicat entend faire une démonstration de force avec la visite spéciale d’un bus deux étages de la Fédération des services publics FO et la présence de son secrétaire général, Laurent Mateu. « Le bus est là dans le cadre d’un tour de France en vue des élections professionnelles mais aussi pour informer la population soit sensible aux problèmes des fonctionnaires », développe Patrick Rué. Son secrétaire général abonde : « On arrive dans une période où une grande partie des agents de la fonction publique territoriale touche moins que le Smic. Il est temps de bouger, le mécontentement doit se faire entendre. »

    Des tensions

    avant les élections

    Problème : Avant la visite au Mucem, ce bus FO a fait un tour auprès de Franck Bergamini, le secrétaire général de l’UD FO 13 (lire encadré ci-contre). Une UD qui ne reconnaît pas comme légitime le syndicat des territoriaux de la Ville de Marseille et de la Métropole tenu par Patrick Rué, depuis l’émergence d’un autre syndicat dissident, uniquement sur le champ métropolitain, dirigé par Carine Pinet (lire notre article du 06/03). En effet, Franck Bergamini jugeait le syndicat historique de Patrick Rué « en dehors des statuts confédéraux ». Et ce, alors que la fédération a pris parti pour Patrick Rué. En bref, des dissensions qui ressurgissent avant les élections professionnelles, en décembre prochain, où FO joue sa place de première organisation dans les deux collectivités. « On n’a pas reconnu le syndicat de Carine Pinet. Notre secrétaire confédéral, Frédéric Souillot, a préconisé une assemblée générale. Quoi qu’il arrive, il y aura des listes déposées, et l’on verra quelle liste sera retenue. Il faut gérer ça au mieux », explique Laurent Mateu. Cette espérance de résolution du conflit par le haut est partagée par Franck Bergamini, mais avec une nuance. Car dans le cas où deux listes seraient bien déposées, il prévient : « La confédération tranchera. » D’ici là, les territoriaux fidèles à Patrick Rué se rassemblent devant leur local du boulevard d’Athènes pour cette grève du 29.

  • Spartiates à l’accent suédois

    Spartiates à l’accent suédois

    Il y a quasiment deux fois plus de Suédois à avoir porté le maillot des Spartiates que celui de l’Olympique de Marseille. Avec l’arrivée en dernière minute d’Anton Gradin la semaine passée, survenue suite à la vague importante de blessures, notamment sur le secteur offensif marseillais, à l’image d’Adel Koudri, Oscar Gustafsson et Emil Tavernier, la formation marseillaise a attiré son treizième joueur en provenance du pays des Trois Couronnes. « Quand on regarde des profils et qu’on veut certains joueurs, on n’est pas forcément focus sur la nationalité. Ça vient un peu en deuxième temps. Maintenant, les Suédois, ils ont des bons joueurs », reconnaît Luc Tardif, l’entraîneur des Spartiates. Par ailleurs, son demi-frère Jonathan Zwikel, directeur général du club, et Damien Fleury, directeur du développement des jeunes au Marseille Hockey Club Amateur (MHCA), ont tous les deux déjà évolué dans le championnat suédois. Mais « il n’y a pas une filière en particulier », selon Luc Tardif, conscient que de plus étroites relations ont été tissées avec d’autres pays étrangers. Au classement historique des nationalités étrangères les plus représentées au sein de la structure marseillaise, la Suède n’arrive qu’en quatrième position. La République Tchèque arrive en tête avec 19 joueurs, suivie par le Canada (18) et la Finlande (16), mais devant les États-Unis (11) et la Russie (8).

    Philosophie adéquate

    Pour ce quatrième exercice en Ligue Magnus, les Spartiates comptent quatre Suédois dans leurs rangs : le défenseur Bobbo Petersson, puis les attaquants Albin Nilsson, Oscar Gustafsson et Anton Gradin. « C’est une bonne destination pour les Suédois, parce que je pense que nous sommes des joueurs assez durs. Ils travaillent fort et veulent performer en tant que membre à part entière de l’équipe. Ça correspond à la philosophie que le club met en place depuis plusieurs saisons maintenant. C’est un match parfait », lance David Åslin, pensionnaire du Palais Omnisports Marseille Grand-Est lors de la deuxième partie de saison 2023-2024. Comme Anton Gradin, et très probablement la future recrue qui devrait être annoncée prochainement selon une source proche du club, l’attaquant expérimenté de 37 ans avait débarqué dans la cité phocéenne en cours de saison comme renfort. Il a inscrit neuf buts et délivré treize passes décisives en seulement 31 rencontres de saison régulière. Lors de son départ à l’intersaison suivante, les Spartiates ont recruté trois autres Suédois : le gardien Stefan Steen, puis les défenseurs Viktor Björkung et Albin Lindgren. Le premier a été recruté comme « joker médical » afin de pallier la blessure du gardien titulaire à cette époque, Marek Ciliak, mais les deux autres se sont imposés comme des éléments forts de la défense marseillaise, surtout Björkung avec ses 7 buts et ses 30 passes décisives. Depuis Johan Hedberg, en 2012-2013, chaque hockeyeur suédois a, à sa manière, laissé son empreinte aux Spartiates de Marseille.

  • Le Compost’Alpes reprend du service sur le territoire

    Le Compost’Alpes reprend du service sur le territoire

    Après une pause estivale, les bénévoles de la Société alpine de protection de la nature et France Nature Environnement (SAPN-FNE) à Gap reconduisent les collectes Compost’Alpes. Trois fois par semaine depuis six ans, un ou une bénévole enfourche un vélo électrique et fait la tournée de la dizaine de restaurateurs et boulangeries partenaires pour récupérer leurs déchets organiques. « Ils représentent environ un tiers des poubelles, explique Lucie Muller, en service civique auprès de l’association. Dans le département, on enfouit les déchets… On permet donc de les valoriser ! » Une fois récupérés, les épluchures, coquilles d’œufs et autres déchets organiques sont apportés sur des terrains mis à disposition de personnes volontaires. Il y en a deux actuellement, dont un dans les jardins partagés de Beauregard à Gap.

    La démarche est particulièrement pertinente à Gap, car la collecte des biodéchets par les services communaux n’est pas généralisée. Depuis 2024, les collectivités ont l’obligation de mettre à disposition des particuliers une solution pour trier leurs biodéchets. « L’agglomération propose bien aux habitants d’immeubles des composteurs, dit Lucie Muller. Mais dans les faits, cela ne cible qu’une partie de la population, il faut que les habitants se renseignent, que la co-propriété accepte, qu’il y ait une utilisation derrière… » En l’absence de véritable service de collecte de l’agglomération, FNE a choisi de cibler les gros producteurs : les professionnels. « On a régulièrement des habitants qui nous demandent s’il y a des collectes pour eux, poursuit Lucie Muller. Mais logistiquement, on a pas les moyens de faire évoluer le dispositif. Il nous faudrait plus de bénévoles et de terrains ! »

  • Imaginaires suspendus à un fil dans les Bouches-du-Rhône

    Imaginaires suspendus à un fil dans les Bouches-du-Rhône

    La marionnette et le théâtre d’objets permettent d’aborder tous les sujets, de traiter de choses parfois graves en mettant à distance et ralliant tous les âges », souligne Emilie Robert, directrice du Théâtre Massalia, à l’heure de présenter la programmation du festival En Ribambelle ! Illustration dès son ouverture le 10 octobre à la MAM (Maison des arts Marseille) avec Shabaab dont le titre « signifie jeunesse », plante Aurélie Noailly, membre de l’équipe du Théâtre Joliette. Portée par l’artiste palestinienne Samar Haddad King, une création « entre danse, théâtre et musique qui raconte une amitié masculine avec toutes les entraves impliquées par le fait de devenir un adolescent sur un terrain de guerre ».

    Mis sur pied en 2014 par la Criée et le Théâtre Massalia, premier lieu permanent dédié à la marionnette en France à la fin des années 1980, En Ribambelle! est le fruit de la synergie ainsi que de la passion commune d’une quinzaine de scènes des Bouches-du-Rhône pour le théâtre d’objets. Dernier venu cette année, le théâtre marseillais de l’Astronef. Cette salle établie au sein du Centre hospitalier Edouard Toulouse accueillera ainsi Les petites variations. Une création qui interroge, à travers « le médium de la carte postale, la transmission entre grands-parents et petits-enfants ». À voir aussi au Théâtre municipal de Fontblanche, à Vitrolles.

    Intergénérationnel

    Musée possédant « l’une des plus grandes collections de marionnettes d’Europe », le Mucem ouvrira pendant les vacances de la Toussaint « aux familles » les trésors de son Centre de conservation et de ressources, situé à la Belle de Mai, précise sa responsable du développement culturel, Cécile Dumoulin. Les jardins du musée de société établi au J4 accueilleront quant à eux Le grand Kami, « marionnette géante qui rappelle l’urgence climatique au cours d’une ode végétale ». Des spectateurs les plus petits aux plus aguerris, la vingtaine de spectacles d’En Ribambelle! saura réjouir tout son monde. Exemple éloquent avec Kosmos, « théâtre d’objet qui nous fait reparcourir la mythologie, pour ensuite devenir burlesque et déjanté », décrit Emilie Robert, qui le programme au Théâtre Massalia. Les publics du Théâtre de la Colonne, à Miramas, et du Sémaphore de Port-de-Bouc, auront, eux, l’occasion de contempler Marcher dans le vent. « Un travail sur ces moments où les enfants ne parlent pas encore, avec l’histoire de Camille qui construit des arbres dans sa chambre et va rendre la forêt vivante », explique Laurence Cabrol, directrice du Sémaphore.

    Clap de fin de la 13e édition d’En Ribambelle! prévue le 27 novembre aux Salins de Martigues, avec Vents contraires. « Une amitié dans une bibliothèque menacée de fermeture, où deux enfants vont découvrir le pouvoir des mots. »