Category: societe

  • Une émission dédiée aux talents culinaires des cités

    Une émission dédiée aux talents culinaires des cités

    Une Cité, Un Chef : tel est le nom de la nouvelle émission diffusée sur BFM Marseille Provence à partir de ce mercredi 6 mai, à 19h30. Le concept est simple, réunir huit locataires de logements HLM du bailleur social 13 Habitat dans un concours de cuisine. Les résidents concocteront une recette de A à Z, typique de leurs racines. Le tout filmé chez eux, dans leur propre cuisine. La gastronomie devient alors un vecteur de cohésion et de valorisation des talents.

    Pour le directeur général du groupe 13 Habitat, Damien Vanoverschelde, « l’association de notre image à ce concept offre à la France un autre portrait de nos quartiers ». Malgré le coût de ce programme, à savoir « 40 000 euros » pour le bailleur, le directeur estime qu’il représente « un investissement nécessaire afin de redonner l’utilité sociale que nous portons ». Il ajoute : « Bien sûr, c’est un coup de communication, mais je préfère ça que de payer des encarts publicitaires. »

    En juillet 2025, l’État a sanctionné 13 Habitat pour des « dysfonctionnements persistants » relevés dans le quartier Notre-Dame des Marins, à Martigues. C’est aussi dans ce cadre que Damien Vanoverschelde rappelle la vocation affichée pour ce programme : « Ça paraît en décalage avec les lourds investissements nécessaires, mais en fin de compte, c’est complémentaire car il s’agit de mettre en évidence la dignité des locataires. »

    Seuls quatre des huit candidats peuvent accéder à la finale, à l’issue des votes du public. Ces finalistes feront face à un jury composé du chef du Grand Bar des Goudes Benjamin Mathieu et de la cheffe du restaurant Habiba, Meryem Chaouay. Le grand gagnant remportera une journée d’immersion dans un de ces restaurants. Tous les participants recevront des lots surprises offerts par La Maison Empereur, partenaire de l’émission.

    Carmen Vollenweider

  • [Incendies] À Digne, une feuille de route pour faire face aux risques

    [Incendies] À Digne, une feuille de route pour faire face aux risques

    « On sait qu’à la fin du siècle, les bois de Vincennes et de Boulogne à Paris brûleront aussi bien que nos forêts dans le département. On est vraiment tous concernés », a insisté le pompier Carlo Zaglia à l’ouverture de la table ronde organisée mercredi en préfecture. « L’objectif de cette feuille de route, c’est de placer au cœur les maires, qui sont les directeurs des opérations de secours, les patrons sur la commune », a avancé Sylvain Besson, le directeur du Sdis 04.

    « 1% de la population engagée comme pompier »

    Mathias Borsu, directeur adjoint à la DDT (direction départementale des territoires), a lui insisté sur l’importance de « faire en sorte que l’urbanisation se fasse dans des zones qui ne sont pas exposées aux risques ». Enzo Fontani, jeune adolescent sapeur-pompier originaire de Vinon-sur-Verdon, a également témoigné lors de cette table ronde. « Dès petit, je rêvais des camions rouges. En devenant plus grand, je me suis rendu compte que les pompiers, ce n’est pas seulement le camion rouge, c’est un engagement, c’est une famille », a-t-il expliqué.

    « On est un territoire de la résilience, parce qu’on est un territoire où des crises sont susceptibles d’intervenir. Sur l’ensemble des risques qui ont été listés, vous voyez que beaucoup pèsent sur ce département », a rappelé la préfète, Isabelle Tomatis. « Ce territoire est assez extraordinaire, parce que c’est un territoire de risque, de résilience et d’engagement. C’est un territoire dans lequel 1% de la population est engagée comme sapeur-pompier volontaire. Ça n’existe nulle part ailleurs », a-t-elle affirmé. La feuille de route résilience comprend quatre axes : connaître les risques, former, planifier et garantir une réponse opérationnelle.

  • À Briançon, les associations d’usagers du rail pas convaincues

    À Briançon, les associations d’usagers du rail pas convaincues

    À Briançon ce mardi, Jean Castex présentera les grandes lignes du chantier à 367 M d’euros€ pensé pour préparer le territoire pour les JO d’hiver 2030, tout en régénérant des lignes vieillissantes.

    Le projet inclut le renouvellement de 120 km de voie ferrée, la rénovation de 85 ouvrages d’art et de six gares et la création d’un pôle multimodal en gare de Briançon, le tout avec la promesse d’un temps de trajet Briançon-Marseille, de 4h30 actuellement, réduit à 3h40.

    « La seule régénération de la voie laisse entier le problème de la signalisation. Les trains ne peuvent être plus rapides sans signalisation performante », questionne Bertrand Collignon, vice-président de l’association rail Dauphiné Savoie Léman. Il appelle à une automatisation et une réouverture de plusieurs points de croisement avec du personnel SNCF dédié, sans quoi le gain de temps promis lui paraît difficilement envisageable.

    Sylvain Liotard, président de l’association Mobilités Alpines déplore lui la non-réouverture de la ligne Digne-Saint Aubain, sans laquelle « le désenclavement réel des Alpes du Sud ne sera pas fait. »

    Les rénovations de gares verront aussi la mise en place d’ascenseurs et passerelles pour les personnes à mobilité réduite. Là encore, l’intention est insuffisante pour Catherine Duroc, représentante départementale d’Afp France Handicap. « Ce qui améliorerait vraiment les choses pour les personnes en situation de handicap ce serait de remettre une assistance en gare par du personnel », insiste-t-elle.

  • Une nouvelle plongée dans l’épave Camarat 4 pour mieux comprendre son histoire

    Une nouvelle plongée dans l’épave Camarat 4 pour mieux comprendre son histoire

    Découverte par hasard en mars 2025 au large de Ramatuelle, à plus de 2 500 mètres sous le niveau de la mer, l’épave Camarat 4 est le site archéologique le plus profond jamais référencé dans les eaux françaises. Datée du XVIe siècle, elle est considérée comme un témoin clé de l’histoire maritime, dont l’étude permettra de mieux saisir l’époque, notamment grâce à sa mise en perspective avec son contexte et les autres épaves découvertes sur le littoral.

    Les équipes du Centre expert plongée humaine et intervention sous la mer (Cephismer) de la Marine nationale et du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm – ministère de la Culture) y ont ainsi mené une mission conjointe du 6 au 8 avril. Celle-ci avait pour premier objectif de réaliser une photogrammétrie de l’objet, afin d’en produire un modèle numérique à partir de près de 67 000 photos, en collaboration avec le CNRS. L’intérêt : pouvoir étudier avec une grande finesse l’architecture de l’épave et les détails de son matériel (canons, ancres, céramiques, chaudronnerie…), ainsi que questionner la répartition originelle des mobiliers, l’effondrement de ses structures, mais aussi les conditions de son naufrage.

    Un intérêt militaire

    La mission a également permis le prélèvement ponctuel d’objets céramiques (en l’occurrence trois pichets et une assiette), qui ont eux aussi ont été numérisés pour être étudiés sans risquer de les endommager. Ils ont été remontés à l’aide d’un véhicule télé-opéré depuis la surface (ROV), développé par la société Travocean. Cet engin, pouvant intervenir jusqu’à 4 000 mètres de profondeur a été mis en œuvre par l’équipe du Groupe d’intervention sous la mer (Gismer) du Cephismer, avec l’appui scientifique du Drassm et technique de Travocean.

    Bien que l’archéologie ne soit pas son domaine d’action principal, cette opération a permis de faire monter en compétence le personnel du Gismer quant au pilotage du ROV et à l’utilisation des techniques photogrammétriques. Un aspect essentiel pour la Marine nationale, pour qui ces coopérations civilo-militaires permettent de mieux maîtriser l’usage de ces technologies.

  • Une exposition pour ne pas oublier l’horreur des camps

    Une exposition pour ne pas oublier l’horreur des camps

    L’espace des Rotatives de La Marseillaise a accueilli le vernissage de cette exposition portée par l’Amicale de Mauthausen, association qui œuvre à la mémoire de ce terrible patrimoine historique. Cette exposition, qui rappelle les horreurs du camp de Mauthausen, est à découvrir jusqu’au 8 mai. Les photos présentées témoignent des atrocités de Mauthausen, camp de concentration situé en Autriche qui aura vu passer plus de 198 000 détenus de vingt nationalités différentes, entre 1938 et 1945. L’exposition investit l’espace des Rotatives à l’initiative d’Antoine de Gennaro, membre de l’Amicale et du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943.

    Transmettre

    étaient également présents lors de ce vernissage Léo Purguette, président de La Marseillaise, Lisette Narducci, conseillère municipale déléguée à la mémoire et aux anciens combattants à la Ville de Marseille, Antoine Mignemi, rescapé de la rafle de Marseille en 1943 et Anne-Marie Thomazeau, fille de Marcel Thomazeau, dirigeant historiuqe de La Marseillaise qui a survécu au camp de Mauthausen. L’avocat Pascal Luongo, qui a déposé une plainte en 2019 visant à inscrire la rafle du Vieux-Port comme « crimes contre l’humanité », s’est aussi déplacé.

    Parmi les prises de parole, Léo Purguette a indiqué soutenir la démarche pour inscrire le camp des Milles, à Aix, au patrimoine mondial de l’Unesco. « Il est déterminant de faire comprendre aux jeunes générations que les engranges qui mènent au pire sont les toujours les mêmes », a-t-il souligné. Antoine Mignemi a aussi pris la parole : « Ce témoignage est pour moi un devoir de transmettre la mémoire et, en même temps, prononcer un message de paix et d’espoir, en particulier pour toutes les jeunes générations. Je déclare que le racisme et l’antisémitisme sont des délits majeurs. Soyons vigilants, aujourd’hui et pour l’avenir. » Une conférence-débat avec le collectif Saint-Jean a conclu le soirée.

    17, cours d’Estienne-d’Orves, entrée libre de lundi à vendredi, entre 10h et 18h. Jusqu’au 8 mai.

  • Le Cross Med lance la campagne de sécurité des loisirs nautiques

    Le Cross Med lance la campagne de sécurité des loisirs nautiques

    « La prudence c’est vous, la sécurité c’est nous. ». Telle est la devise martelée par les acteurs de la sécurité maritime à travers le pays, apanage du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de Méditerranée (Cross Med) dans notre région, ainsi que sur les quelque 1 700km de côtes et les neuf départements de la zone. C’est dans ses locaux de la Garde, fraîchement rénovés, et qui seront inaugurés fin mai par la ministre de la Mer et de la Pêche Christine Chabaud, qu’a été lancée, lundi, sa campagne de sécurité des loisirs nautiques et de la plaisance 2026.

    En maître mot, un sigle : PEA, soit « se préparer », « s’équiper », « alerter ». Car « les premières causes d’interventions sont l’inexpérience, l’impréparation, l’inconscience et l’irresponsabilité », souligne le vice-amiral Christophe Lucas, préfet maritime de Méditerranée, après une recrudescence en la matière en 2025 (14% d’opérations supplémentaires sur la saison haute, +6% sur l’année, et 87 décès, soit une hausse de 26%).

    De nouveaux moyens

    de communication

    La campagne 2026, qui s’étend de mai à octobre, recense trois leviers : prévention et sensibilisation, contrôle, et réglementation. Sur le volet prévention, Christophe Lucas invite les usagers à « se tenir informés des conditions météo et de baignade, connaître le milieu dans lequel ils évoluent », ainsi qu’à « vérifier leur matériel », avant chaque sortie. Un accent particulier est mis sur la pratique du paddle, toujours plus importante, et sur la plongée, qui a vu son nombre d’accidents doubler sur le mois d’avril et le premier week-end de mai par rapport à la même période l’an dernier (avec deux décès à déplorer). « Le facteur fatigue intervient dans 60% des cas d’accidents de plongée », alerte Muriel Vergne, médecin urgentiste, responsable du Samu de coordination médicale maritime Méditerranée (SCMM), qui appelle chacun à « savoir s’écouter et dire non ».

    En cas d’accident ou danger, la technologie a également un rôle à jouer, avec le traditionnel canal 16 pour les signaux de détresse radio, et le 196, numéro d’urgence téléphonique. Pour optimiser leur fonctionnement et traiter les alertes toujours plus nombreuses (5 700 en 2025, un record), quatre nouvelles stations radio, en lien avec les 19 sémaphores de la zone, ont été installées en Méditerranée (portant leur nombre à 26), et le réseau de téléphonie optique a été modernisé. Un autre outil d’alerte, déjà déployé dans l’Hérault et en Corse, qui consiste en l’envoi de SMS pour alerter sur les conditions météorologiques et maritimes, va aussi être déployé dans les mois à venir, et des messages diffusés sur les panneaux numériques autoroutiers pour informer les personnes arrivant en zone littorale. « Il y a de plus en plus en plus d’usagers, ce qui nécessite de multiplier les moyens de communication », commente Aymeric le Masne de Chermont, directeur du Cross Med.

    Si la prévention reste la priorité, les contrôles, dont le nombre (12 000) est en augmentation de 10% sur 2025 (+12% d’infractions relevées), demeurent la suite logique. « On en fait une petite moitié sur les défauts de matériel de sécurité, et une petite moitié sur la vitesse », précise le préfet maritime, qui prône la tolérance zéro quant aux comportements dangereux.

    Et pour éviter d’être mis à l’amende, connaître la réglementation est la meilleure solution. Parmi les fautes récurrentes, l’absence d’un des deux coupe-circuit obligatoires sur les bateaux, ou le non-port d’une combinaison en néoprène, réglementaire pour l’usage d’un jet-ski. Des obligations consignées dans la division 240, texte qui fixe les règles de sécurité sur les embarcations de longueur inférieure ou égale à 24 mètres, et que chacun peut consulter sur l’application Nav&Co, également conçue comme un outil d’aide à la navigation.

  • La Mission locale de Salon, un modèle pour le gouvernement

    La Mission locale de Salon, un modèle pour le gouvernement

    En déplacement dans le département, Sabrina Roubache revient sur les traces de sa famille. « Ma mère a grandi là » s’émeut la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la formation professionnels et de l’apprentissage face à Jérémy, un jeune salonais qui lui présente son travail d’archives destiné à faire vivre la mémoire du quartier des Canourgues, alors qu’une opération de renouvellement urbain y est en cours. Le vingtenaire mène ce projet en partenariat avec la Mission locale de la ville.

    Cette structure a déménagé en septembre dernier dans de nouveaux locaux, boulevard Pasquet, là où était autrefois installé Pôle emploi. Racheté par la municipalité pour 1,5 million d’euros, cet espace de 1 000m2 a été rénové pour rassembler en un lieu unique les quatre bureaux de la commune et permettre un meilleur accompagnement des 2 300 jeunes, âgés de 16 à 25 ans, suivis chaque année. « Il y a plein de dispositifs, un peu essaimés, qui ont été relocalisés, glisse le maire de Salon, Nicolas Isnard (LR). Ça nous permet aussi de rouvrir une antenne de Centre d’information et d’orientation à la rentrée prochaine pour faire une véritable Maison de la promotion des métiers. »

    Parmi les autres innovations de la Mission locale : la Gaming House. Romuald, son référent, explique : « Les jeunes font une simulation qui dure de 45 minutes à une heure. À l’issue, ils sont évalués sur dix compétences psychosociales comme la planification, la gestion du stress, la gestion du temps, le leadership, etc. Ce qui est vrai dans les jeux vidéo peut être transposé dans la vie réelle. » L’an passé, 56 jeunes ont bénéficié de ce dispositif. Autant depuis janvier.

    Avec ces outils numériques et la réunion d’une multiplicité d’acteurs, la structure poursuit un objectif : « Que ce lieu soit un lieu pour la jeunesse et pas seulement des locaux professionnels », affirme son directeur, Jean-François Bruneau. « Ça va être un modèle du genre », s’émerveille Sabrina Roubache.

    Un budget en baisse

    Pourtant, le budget alloué aux Missions locales est en baisse dans la loi de finances 2026. Initialement annoncée à 13%, la baisse devrait finalement se situer entre 7% et 8%. Parallèlement, les structures du réseau constatent une hausse significative de la demande d’accompagnement. Depuis septembre 2025, le nombre de premiers accueils aurait ainsi augmenté d’environ 8% et même de 10% pour les mineurs, selon l’Union nationale des Missions locales.

    « Ça n’a échappé à personne qu’on est en période de discipline budgétaire et qu’on ne peut pas imaginer, quel que soit le secteur ou le segment, qu’on n’essaie pas de réajuster à la marge, justifie la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la formation professionnels et de l’Apprentissage. Mon combat est de ne pas faire de coupe brutale. On m’a déjà interpellée, notamment sur les premiers équipements pour les apprentis, et on regardera à la maille des territoires, là où on peut aider et là où on peut faire des péréquations. Quand on voit une mission locale comme celle de Salon, tout le monde en rêve. Ça veut dire une chose : quand vous avez des pouvoirs publics qui travaillent ensemble, avec des élus locaux qui s’emparent de la question, l’État et des jeunes qui sont en demande, ça fonctionne. Et on va appuyer ça. (…) On sait aller chercher des crédits là où c’est utile. »

    Sabrina Roubache assure rentrer à Paris « en s’en inspirant » : « Je vais demander que l’on m’aide à en faire le modèle de ce que peut être une Mission locale, quand il y a une volonté municipale. »

  • La 4e édition des Grappes d’Or dévoile ses lauréats

    La 4e édition des Grappes d’Or dévoile ses lauréats

    Le domaine de la viticulture était à l’honneur ce lundi 4 mai à l’hippodrome de Pont-de-Vivaux. Les Grappes d’Or étaient de retour pour une 4e édition. Une initiative qu’organisent la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône et le Département.

    C’est un événement qui permet de promouvoir la filière viticole avec la présence notamment de Martine Vassal, la présidente (DVD) du conseil départemental qui a remis les six trophées en jeu : Gonnin Sylvia du Comptoir des Vignes pour le Prix Caviste, Adrien Long de l’EARL la Dorgale pour le prix du jeune viticulteur, le Restaurant Maison Sainte Victoire à Saint-Antonin-sur-Bayon pour le prix restaurateur, le Château Calisanne à Lançon-Provence pour le prix de l’innovation marketing, Jean-Claude Pellegrin de l’Association des vignerons de la Sainte-Victoire pour le prix de la démarche collective et le prix coup de cœur qui revient aux Caves du Roy René à Lambesc.

    Au programme de cette soirée, une conférence de presse a ouvert le bal avec Laurent Israélian, président de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, Hervé Granier, conseiller départemental et représentant de Martine Vassal, mais également Yvon Gary, président de l’Association des sommeliers Alpes-Marseille-Provence.

    Puis s’est tenue la fameuse remise des trophées, avec notamment un discours de tous les lauréats des Grappes d’Or. « C’est un vrai moment de partage et d’échanges autour de la viticulture des départements et je pense que c’est un événement qui va durer quand même encore très longtemps dans le département », annonce Laurent Israélian. Hervé Granier complète : « C’est un événement qui monte en puissance par rapport aux précédentes éditions et notre objectif est de promouvoir nos produits. »

    Un événement avec différents enjeux

    « Le marché s’effondre clairement », observe Fabien Doudon. Alors que cette région semble pour l’instant épargnée par le phénomène de l’arrachage elle fait toutefois face à une dégringolade des prix. Bien que le territoire représente 10 000 hectares avec 6 appellations dont 3 IGP, les ventes se portent mal. Avec de plus faibles volumes, les vignerons doivent baisser leurs prix. L’objectif de cette cérémonie est donc de favoriser la rencontre entre les différentes chaînes du commerce viticole. Vignerons, cavistes, mais aussi restaurateurs se rassemblent pour consolider une communauté qui honore un savoir-faire local et pallie la crise.

    Lors de la cérémonie, les vins produits dans les Bouches-du-Rhône sont exposé avec fierté, mais on réfléchit aussi à l’avenir. Des cépages étrangers plus résistants et donc moins gourmands en eau pourraient bientôt s’enraciner dans ce territoire.

  • À Aix, l’agresseur de Bilel réfute le mobile raciste

    À Aix, l’agresseur de Bilel réfute le mobile raciste

    Condamné en première instance, en mars 2023, par le tribunal correctionnel, à une peine d’un an de prison avec sursis et de 3 000 euros d’amende pour violence volontaire en réunion, Paul-Antoine Schmitt comparaissait, ce lundi devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, pour faire tomber une circonstance aggravante : le caractère raciste de l’agression.

    Dans la soirée du 4 septembre 2022, lui et des militants de l’Action française (AF) avaient agressé en plein centre-ville, à la terrasse d’un bar à bière, le jeune Bilel. La rencontre avec la vingtaine de jeunes, pour beaucoup tout juste sortis d’une réunion du mouvement royaliste d’extrême droite, avait dégénéré dans une violence crasse après que ces derniers aient entonné des chants à la gloire de l’Algérie française.

    Les insultes et les coups pleuvent. Avec sa grande touffe de cheveux frisés, Bilel est ciblé. L’audience a replongé le jeune homme dans ces terribles instants : « C’est monté crescendo, on a d’abord nié ma nationalité, puis il y a eu une déshumanisation (…). Je suis devenu illégitime par mon origine algérienne et mes gros cheveux. » « Je réfute les faits racistes », a répondu l’ex-responsable de l’AF, arrivé au tribunal avec parapluie et lunettes de soleil.

    « Mon meilleur ami »

    Les coups, il les assume en réplique à ceux reçus. « Je présente mes excuses si un coup de pied a été donné » quand Bilel était au sol, se défend le jeune royaliste, qui argue de sa bonne foie en notant que c’est lui qui a « rendu son téléphone à Bilel » tombé au sol dans la cohue. « Il n’est pas votre copain, il est votre victime » réagira Me Julien Gautier, un des deux avocats de Bilel, devant cette « familiarité gênante ».

    « J’ai visité mon 25e pays, j’ai des amis partout dans le monde », explique celui qui a été « le seul blanc dans une école de noirs » et « mon meilleur ami est Bahaméen », juge-t-il encore bon de préciser. Quant au « Ici on est chez nous, c’est notre bar », la seule phrase qu’il reconnaît, Paul-Antoine Schmitt l’explique par ses habitudes dans ce lieu, quand le président du tribunal lui fait remarquer qu’il avait dans ce contexte « une résonance particulière ».

    Pour les juges, les entraves à la révélation de la justice lors de l’enquête ne passent pas. Le fait qu’il ait refusé de déverrouiller son téléphone ? « Il y a des discussions avec mes copines dedans », répond le prévenu. Le fait qu’il n’ait jamais donné les noms des personnes présentes avec lui ? « Je ne voulais pas passer pour une balance », explique celui qui évoque le « t-shirt blanc » et le « chauve » pour désigner ses camarades du soir.

    Une « omerta », note Jean-Louis Persico, l’avocat général, digne de ce « que l’on connaît bien ici, avec les grands voyous qui ont l’habitude de faire obstacle à la révélation de la vérité ». Me Claudie Hubert rappelle une jurisprudence sur « des propos racistes tenus par des co-auteurs qui n’ont pas été identifiés » et insiste lors de sa plaidoirie sur le fait que « la circonstance aggravante peut-être retenue dans la mesure où M. Schmitt a refusé de donner les noms des co-auteurs ».

    Jugeant « la coaction parfaitement acquise » et regrettant « l’attitude de délinquant chevronné » du prévenu tout au long de la procédure, l’avocat général s’interroge : « Vous parlez d’ordre et de sécurité mais cette défiance vis-à-vis de l’autorité policière et judiciaire est significative », glisse-t-il avant de demander au tribunal de « confirmer la culpabilité et la peine ». Décision le 3 juin.

  • La fuite en avant de David Bertin et son business plan frauduleux

    La fuite en avant de David Bertin et son business plan frauduleux

    Quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis probatoire ont été requis hier au procès de David Bertin, un investisseur marseillais accusé d’avoir loué des meublés touristiques au 21, rue d’Anvers (1er) en péril, et de s’être constitué un « empire immobilier » dixit l’ordonnance de renvoi, bâti sur des crédits bancaires escroqués et l’usage frauduleux de subventions de l’ANAH, tout en dissimulant l’exploitation de femmes de ménages en situation irrégulière. Le parquet a requis l’interdiction définitive d’exercer toute activité commerciale, de gérer ou de contrôler une société.

    L’affaire avait éclaté six mois après le drame de la rue d’Aubagne grâce à un copropriétaire qui pour alerter les touristes du danger avait peint en lettre rouge « en péril » sur la façade de la rue d’Anvers. Constitué partie civile, Hadj Merabet avait revêtu hier un tee-shirt sur lequel était inscrit « Marchands de sommeil » avec la photo floquée du meublé loué avec 4 étais. « Ils ne sont animés que par la cupidité, l’argent », a-t-il dit de David Bertin, de l’ex-compagne de ce dernier contre qui un an avec sursis et 5 000 euros sont requis et d’un intermédiaire qui se voit réclamer 6 mois avec sursis et 5 000 euros.

    C’est un second signalement, celui du maire de secteur, qui a déclenché les investigations de la justice et le placement en novembre 2019 du prévenu en détention provisoire durant près de 4 mois. « C’est une sacrée fuite en avant comme on joue au casino pour faire de l’argent à tout prix » a lancé le vice-procureur Jean-Yves Lourgouilloux, estimant que ce prévenu de 42 ans « a mobilisé un seul moyen, la fraude, comme business plan sur les femmes de ménage comme petites mains et la captation des fonds publics ».

    « Depuis l’âge de 19 ans, j’achète, ça me plaît », a expliqué l’énigmatique prévenu qui a acquis jusqu’à 29 appartements, 3 greniers réunis en un appart et deux locaux commerciaux, ce qui selon le fisc représente une valeur brute locative de 1,836 million d’euros. Avec son ex-compagne, ils ont trompé les banques pour obtenir 5 crédits immobiliers pour un montant total de 507 000 euros et touché 243 680 euros de l’Agence nationale de l’habitat pour rénover 9 appartements tout en violant les règles qui imposaient 9 années de mise en location classique à loyer modéré. « Au lieu de cela, il les a exploités sans autorisation en locations saisonnières dégageant 428 000 euros en 2017 puis 740 273 euros en 2019 », a fustigé l’avocat de la Ville, Me Jorge Mendes pour qui « en dix ans, il a mis en place un système pour construire une fortune immobilière dans l’illégalité ». De rappeler le contexte lourd des faits : « On est six mois après le drame de la rue d’Aubagne, 1 333 immeubles sont sous arrêté de péril, 420 immeubles sont interdits d’occupation et 3 758 personnes sont évacuées. »

    Dans une défense souvent victimaire, le prévenu considère qu’il a fait « des travaux importants qui lui ont coûté très cher au-delà des subventions ». Quant à ses arrangements avec ses 8 femmes de ménages au black en échange d’un logement, c’est complètement caritatif de sa part : « Si demain je ne leur donne pas la possibilité de louer, je ne vois pas où ils peuvent aller ces gens. C’est vraiment du social. » ou encore « Si je commence à les déclarer, ces gens perdent leurs aides sociales ». In fine, il reconnaît la mise en danger, tout en contestant le péril. « J’ai compris la leçon, j’ai évolué grâce à vous », a-t-il dit.

    « Je travaillais toute la journée, des fois je rentrais à 1h du matin », a raconté Nadia qu’il savait sans papier. Il déduisait systématiquement 650 euros du loyer du 17 rue du musée. « Fin août 2020 j’arrête de travailler pour lui et c’est un intermédiaire qui vient toucher le loyer et qui m’a poussé dans les escaliers alors que j’étais enceinte. » Une autre témoigne : « J’ai jamais été rémunérée sauf une fois 20 euros de transport. Je gérais 11 appartements, je faisais les ménages et je remettais les clés des fois jusqu’à 2h ou 3h du matin à des touristes qui venaient du monde entier » a dit Karima qui dit aussi avoir subi la menace d’une expulsion sauvage. « C’est de l’esclavagisme moderne », a dénoncé son avocate Samantha Graas qui a obtenu la reconnaissance par les prud’hommes de sa qualité de salariée. Fatima que les enquêteurs ont trouvée au 21 rue d’Anvers touchait, elle, 10 euros par meublé nettoyé. Ce qui n’a pas empêché le prévenu
    – qui jonglait avec 16 comptes bancaires courants après en avoir clôturé 49 – de lancer au tribunal : « C’est très difficile à gérer les femmes de ménage, elles font ce qu’elles veulent. »

    Le procès s’achève ce mardi par les plaidoiries de la défense.