Category: societe

  • [Patrimoine] La double mission des remparts d’Avignon

    [Patrimoine] La double mission des remparts d’Avignon

    Il y a quelques semaines, 14 pupitres de lecture ont fait leur apparition tout le long des 4,6km des remparts d’Avignon. Ce « projet de mise en lumière historique et culturelle vise à réintégrer dans la mémoire collective ce monument essentiel d’Avignon que constitue son enceinte médiévale et en faire une source de connaissance dépassant le seul caractère historique de cette architecture », nous indique la municipalité. Un parcours où les « contenus évoquent l’histoire du monument mais également tous les usages qui s’y attachent, rappelant sa dimension sociale au sein de la Ville (foires et marchés, constructions adossées, épisodes des crues…) ».

    Manière pour les habitants, comme pour les touristes, d’en apprendre davantage sur ce joyau, progressivement classé Monument historique entre 1906 et 1937 avant d’être intégré au patrimoine mondial de l’Unesco en 1995 avec l’ensemble du centre-ville. De 8 mètres de haut, dotées de 36 tours et 55 échauguettes (tourelles) et de 27 points de passages (portes et poternes confondues), les remparts sont aujourd’hui une forteresse médiévale parmi les mieux conservées. D’abord circonscrites dans un périmètre du Rocher des Doms où se sont installées les premières populations, les forteresses se sont progressivement étendues en franchissant à partir de 1320 le canal de la Sorgue. La configuration actuelle a nécessité 16 ans de travaux de 1357 à 1373, principalement sous le pontificat d’Innocent VI.

    « La fonction initiale des remparts est la défense de la ville contre les attaques militaires extérieures », stipule la municipalité. Le symbole en est le Châtelet. Situé à l’entrée du pont Saint-Bénézet, ce bâtiment constitue le point stratégique du contrôle de la ville. Érigé au XIVe siècle, il est reconstruit en 1414 suite aux dégâts subis lors du deuxième siège du palais apostolique, au début du XVe siècle.

    Une armure en bois comme endiguement

    Le second rôle des remparts, toujours prépondérant, est de lutter contre les crues du Rhône. L’épisode le plus marquant remonte à juin 1856, où une vague de 1,50m fait céder plus de 30m de remparts au niveau de la porte Saint-Dominique et pénètre en centre-ville. Place Saint-Didier ou encore rue des Teinturiers de discrets témoins de cette crue permettent de mesurer le niveau d’eau. À l’époque, Napoléon III était venu en barque constater les dégâts. Désormais, la Ville veille à développer la culture du risque et familiariser la population au risque de crue. Depuis 2003 et la dernière grosse crue, le Rhône est régulièrement sorti de son lit sans non plus aller jusqu’à lécher les remparts. Très régulièrement, les services municipaux s’entraînent à disposer des batardeaux. Sur un peu plus de 2km, de la porte Saint-Lazare au passage piéton de la Petite-Hôtesse, chacune des portes et poterne possède sa propre armure : une double rangée de madriers mis dans des encoches dédiées à l’intérieur de laquelle est ensuite garni un mélange de terre et de fumier pour favoriser l’étanchéité.

    Lieu de vie (foires, et parking jusqu’à il y a dix ans), le tour des remparts a été transformé en voie douce végétalisée. Un tel patrimoine nécessite un entretien permanent, un peu comme pour la Tour Eiffel dont le chantier ne s’arrête jamais. Il y a 5 ans, les remparts ont fait l’objet d’un diagnostic sanitaire, structurel et historique, par une équipe composée d’architectes du patrimoine, d’un économiste de la construction et d’une historienne. Manière pour la Ville d’établir un programme pluriannuel de travaux d’entretien et de restauration sur au moins 10 ans. Il y a un an et demi par exemple, des morceaux de remparts s’étaient détachés côté extra-muros à Saint-Lazare, sans faire de victime. Dans les projets à long terme, jamais vraiment datés, il est toujours prévu de rouvrir partiellement au public le chemin de ronde.

  • « La formation des troupeaux renseigne sur la transmission des maladies »

    « La formation des troupeaux renseigne sur la transmission des maladies »

    La Marseillaise : Vous décrivez dans votre étude un méga-troupeau de 4 000 buffles au Botswana. Cela ne passe pas inaperçu… Les communautés locales le connaissaient-elles ?

    Alexandre Caron : La première autrice de l’article, Emily Bennitt, a mené l’enquête auprès des populations locales. Les rangers et les guides touristiques connaissaient le troupeau. Dans les villages, les communautés locales n’avaient pas l’impression qu’il était si gros car elles le voient rarement. En effet, buffles et bétail ont tendance à s’éviter. Donc les éleveurs voient quelques buffles de temps en temps qui s’enfuient rapidement. Ils ne se rendent pas compte de la taille du troupeau qui existe derrière.

    Au-delà du caractère impressionnant, en quoi est-ce intéressant d’observer un si gros troupeau ?

    A.C. : Pour la conservation, cela aide à sensibiliser les acteurs locaux sur l’existence de ce phénomène naturel important. Et cela donne une référence à partir de laquelle nous pourrons observer une évolution. Enfin, cela aide à comprendre ce qu’est un troupeau, comment il se forme et comment peuvent s’y transmettre des agents pathogènes.

    Lesquels ?

    A.C. : Près de 90% des buffles ont la fièvre aphteuse. Ils peuvent aussi avoir la tuberculose, la brucellose… Or ces maladies peuvent se transmettre au bétail, ce qui a des conséquences sociales et économiques. Ces transmissions se font rarement par contact direct car buffles et bétail s’évitent. Mais il peut y avoir des transmissions indirectes, par la salive ou les déjections laissées dans un espace partagé.

  • [Science] Un documentaire permet d’identifier le plus gros troupeau de buffles

    [Science] Un documentaire permet d’identifier le plus gros troupeau de buffles

    « Cela s’écarte de ce que j’ai l’habitude de faire », reconnaît Alexandre Caron, écologue de la santé pour le Cirad de Montpellier, plutôt spécialiste des interactions entre animaux sauvages et communautés humaines en Afrique de l’Est et australe.

    En 2022, des réalisateurs d’une société de production
    -Silverback– contactent une étudiante dont il encadre la thèse. Ils travaillent sur un documentaire pour Netflix, viennent de filmer un troupeau de buffles au nord du Botswana et peinent à les compter. Et pour cause : ils sont vraiment nombreux. « Quand nous avons vu la vidéo, nous nous sommes tout de suite dit qu’il y avait quelque chose d’exceptionnel », se souvient le chercheur qui connaît bien cet animal. Il se rapproche alors de collègues qui ont développé une méthode de comptage à base d’intelligence artificielle. La taille du troupeau est alors estimée à plus de 4 000 individus. « C’est le plus gros troupeau de buffles jamais documenté scientifiquement, souligne Alexandre Caron, dernier auteur d’un article qui détaille ce travail dans Ecology & Evolution. Cela montre que ces méga-troupeaux existent toujours. »

    Beaucoup de populations d’herbivores en Afrique sont en déclin, soulignent les chercheurs dans leur article. En cause : la fragmentation du paysage due au développement humain et les grands espaces transformés en terres agricoles. « Il faut nourrir une population humaine en forte croissance sur le continent », pointe Alexandre Caron qui tient à préciser que les parcs nationaux font exception. « La faune sauvage et la biodiversité s’y portent bien en Afrique australe. »

    Petit paradis

    Des grands rassemblements d’herbivores sont connus, comme celui des quelque 800 000 cobes de Buffon –une espèce d’antilope– au Soudan du Sud et en Éthiopie ou celui de plus d’un million de gnous bleus et autres antilopes en Tanzanie. « On ne peut toutefois pas parler de méga-troupeaux, tempère Alexandre Caron. Ce sont plutôt des grandes migrations. Ils sont en mouvement toute l’année pour suivre les ressources alimentaires. »

    Définir un troupeau n’est pas simple. « Nous avons fait des études au Zimbabwe pour tenter d’y parvenir », poursuit Alexandre Caron. Avec des colliers GPS et des études génétiques pour voir si les individus de la même famille restent ensemble. « C’est en fait très fluide », résume-t-il. Des groupes se forment, se défont, se mélangent et les individus passent d’un groupe à l’autre. C’est le cas du méga-troupeau au Botswana. « Il est composé de plusieurs troupeaux qui se rassemblent à un moment de l’année -la saison sèche- pour se diriger vers un endroit particulier », décrit le chercheur. Cet endroit, la dépression de Mababe, est un ancien lac où la nourriture abonde à cette saison. Un petit paradis où ils reviennent année après année. Peut-être sous l’œil plus attentif des scientifiques maintenant qu’ils ont été filmés.

  • Luttopia prépare un nouveau départ à Montpellier

    Luttopia prépare un nouveau départ à Montpellier

    Pour pallier la baisse de subventions, l’échéance de la convention d’occupation de ses locaux et refaire sa trésorerie, l’organisation de lutte contre la précarisation Luttopia s’est vue obligée de fermer provisoirement ses portes. Un coup de massue pour l’action sociale à Montpellier. L’association s’est empressée de rencontrer l’adjointe aux solidarités Muriel Ressiguier. Fin mai, l’élue a accordé un sursis de trois mois supplémentaires, lui permettant de conserver ses locaux dans l’avenue de Toulouse jusqu’à la fin de l’année 2026. « Ce n’est pas pour autant que ça nous permet de reprendre nos activités, ça ne règle pas tout » explique la directrice de l’organisation Gwen Lasne qui s’active à préparer la suite.

    Luttopia appelle aux dons depuis le début des difficultés et a rebaptisé sa cagnotte « écrivons une nouvelle page ensemble » : il n’est plus question de rouvrir dans l’urgence mais bien de rebondir pour faire perdurer le projet. L’organisme recherche désormais un nouveau site avec l’ambition d’accéder à la propriété des lieux pour assurer une sécurité et une pérennité à ses bénéficiaires. « Le public est au rendez-vous » se félicite la directrice de l’association qui a réuni un peu plus de 16 000 euros via Hello Asso et affiche un objectif de 100 000 euros pour « créer un Luttopia 0.0.5. » Si l’équipe espère déménager d’ici décembre, elle reste prudente : « On est à l’état embryonnaire du projet et les activités sociales ne pourront pas reprendre immédiatement. » Gwen Lasne dénonce un problème structurel : les restrictions budgétaires touchent toutes les structures associatives. Luttopia s’inscrit donc dans une dynamique de long terme et projette de créer une activité économique lui garantissant une certaine indépendance des subventions publiques. « La société civile ne peut pas porter le poids des carences étatiques, ces modèles vont s’essouffler » alerte-t-elle, « il faut trouver des solutions. »

    Luttopia compte toujours sur la solidarité des Montpelliérains et organise plusieurs événements caritatifs cet été. Rendez-vous ce samedi 11 juillet pour un vide-maison et le 1er août pour une soirée musicale et artistique.

  • L’association marseillaise Résidence Collectif célèbre ses 3 ans

    L’association marseillaise Résidence Collectif célèbre ses 3 ans

    Trois ans après sa création, l’association d’éducation populaire Résidence Collectif fête son anniversaire ce samedi au Couvent (3e arrondissement). Une soirée à prix libre, de 18h à 23h30, pensée comme le reflet de son engagement. « Le temps fort sera la table ronde autour de la question : “Peut-on devenir ce que l’on n’a jamais vu ?” On est pile dans le cœur de l’association et la question de la représentation », résume Inès Svartz, responsable de projet de l’association. Viviane Nora Adjutor, basketteuse et fondatrice de Balle en main, la réalisatrice et directrice de casting Samia Kadiri et le danseur Nadim Bel Lallahom partageront leurs parcours. « Ils ont connu ces problèmes de représentation et sont devenus des modèles », souligne Inès Svartz.

    La harpiste

    Sophye Soliveau en guest

    Créée pour « diffuser de nouveaux récits », Résidence Collectif est née d’un constat : « Beaucoup de jeunes sont peu ou mal représentés et n’accèdent pas aux milieux de l’audiovisuel, du journalisme ou de la création numérique. » Toute l’année, l’association accompagne ces jeunes lors d’ateliers pratiques, animés par des professionnels « qui ont eu un parcours similaire au leur ».

    La soirée se poursuivra avec « le classico de l’éloquence marseillaise » entre Eloquentia et Project’toi, avant des concerts. La harpiste Sophye Soliveau, nouvelle étoile de la scène soul et RnB française, proposera un solo harpe-voix. « C’est un symbole fort car la harpe est un instrument socialement situé », note Inès Svartz. Le DJ set sera assuré par Sabria B, qui anime un atelier de création sonore au sein de l’association. « L’objectif, c’est que les participants de l’atelier la rejoignent sur scène », conclut Inès Svartz.

  • Des jeunes gèrent leur propre entreprise cet été à Manosque

    Des jeunes gèrent leur propre entreprise cet été à Manosque

    Déménagements, entretien de jardin, soin des animaux… Douze jeunes manosquins lancent cet été leur propre entreprise et proposent leurs services aux habitants de Manosque et de ses alentours, accompagnés par le centre social.

    « Les jeunes envoient leurs devis, puis leurs factures. Ils travaillent environ 20 heures par semaine, puis se partagent les bénéfices de l’entreprise après avoir payé leurs charges, en plus de la bourse au permis de 700 euros », explique la directrice du centre social de Manosque, Emmanuelle Evin.

    « Ce sont des jeunes de tous horizons qui collaborent pour ce projet pendant lequel ils vont prendre confiance en eux, se constituer un réseau, rencontrer des entreprises et des particuliers. Cela leur permet de passer d’adolescents à jeunes adultes, avec la possibilité de valoriser cette expérience sur Parcoursup » avance Malik Saadane, conseiller municipal de Manosque en charge de cette coopérative jeunesse de services.

    Neuf des douze jeunes participants sont issus des quartiers prioritaires de la Ville cette année, ce qui permet de garantir « l’égalité des chances », selon Malik Saadane.

    « Certaines années, ils ne gagnent pas grand-chose après avoir divisé les bénéfices par douze. C’est pour cela qu’on a ajouté la bourse au permis, ce qui a largement augmenté le nombre de candidats », explique Nesrine Rahou Guerfi, adjointe au maire de Manosque en charge du centre social. Ils étaient 81 à postuler cette année.

    « C’est une action qui revient cher, car il faut encadrer les jeunes pendant tout un été pour s’assurer qu’ils soient dans la légalité et la sécurité », avance Emmanuelle Evin. Le centre social peut ainsi compter sur les financements de l’État, de la CAF, de la communauté d’agglomération DLVA et de la mairie de Manosque. Le projet est également parrainé par la mission locale et par la coopérative d’activité et d’entrepreneurs Mosaïque.

    Une entreprise collaborative

    La coopérative fonctionne comme une vraie entreprise, avec un comité ressources humaines, un comité finances et un comité marketing. Les partenaires du projet confient d’ores et déjà des missions aux jeunes, comme des distributions de flyers ou des animations de jeux en bois. Chaque année, de nombreux habitants font appel à leurs services de lavage de voiture ou encore de jardinage. « C’est bénéfique pour vous et pour nous », a souligné l’un des jeunes participants vendredi, lors du lancement de la coopérative, active du 13 juillet au 21 août.

    « Je suis ravie du groupe, ils se sont vite intégrés et sont très motivés » s’est réjouie Aya, l’une des deux accompagnatrices, qui avait elle-même participé à la première coopérative jeunesse de services (CJS).

    Initiées au Québec il y a 30 ans, les CJS ont été expérimentées pour la première fois en France en 2013. Il en existe quatre sur la Région Sud, dont celle de Manosque et celle d’Oraison, pour la première année.

  • Aubagne, un petit village de la céramique inauguré en centre-ville

    Aubagne, un petit village de la céramique inauguré en centre-ville

    Fraîchement inauguré en cette matinée du samedi 18 juillet, le marché d’été à la céramique et aux santons présente sa 59e édition dans le bas du cours Foch, en plein centre-ville aubagnais. Porté par l’Association des céramistes et santonniers du Pays d’Aubagne et coorganisé avec la Ville et l’office de tourisme du Pays d’Aubagne et de l’Étoile, le marché est devenu un rendez-vous annuel pour les touristes et les habitants.

    Depuis sa création en 1968, le marché à la céramique et aux santons a l’habitude d’occuper la partie haute du cours Foch. Face aux températures caniculaires, l’événement s’est réfugié de l’autre côté de la place, à l’ombre fraîche des platanes qui bordent la fontaine. « C’est un véritable petit village d’artisans » dépeint Florence Amy, présidente de l’association organisatrice. « On ne ferme les portes à personne, l’idée c’est de représenter tout ce qui se fait dans la région », explique-t-elle. Les cinq prochaines semaines, neuf artisans locaux d’horizons et de métiers différents exposeront dans les barnums, ces « magasins à ciel ouvert » comme les appelle la présidente. À travers les allées, les visiteurs pourront découvrir et se procurer des objets divers, qui illustrent la richesse des professions de la filière de l’argile. Céramiques utilitaires ou décoratives, faïences traditionnelles, bijoux, santons et crèches provençales : les étalages sont déjà prêts et bien garnis.

    Célébrer et transmettre un héritage artistique local

    Les créations colorées reflètent la patte artistique de leur créateur. Elles laissent entrevoir un aperçu de la création contemporaine, construite à partir de techniques qui se transmettent depuis des générations chez les artisans.

    L’art de façonner l’argile occupe une place centrale à Aubagne. Récemment sacrée capitale européenne de la céramique, la commune reçoit tous les deux ans Argilla, le festival international de la céramique, et a récupéré la gestion de la filière argileuse des mains de la Métropole en janvier 2025. Un savoir-faire qui n’est donc plus à prouver et que les artisans ont à cœur de transmettre. « C’est l’ADN de la ville, c’est ce qui fait notre force », appuie Florence Amy qui s’engage toute l’année pour faire découvrir la tradition du travail de l’argile aux touristes via son association : « Le travail des santons reste un héritage très familial, c’est important de faire connaître ce métier. » Et pour cela, quoi de mieux que la pratique ? Ouvert jusqu’à 21h le vendredi soir, le marché fait sa nocturne. Il y proposera des ateliers participatifs* menés directement par les exposants, les vendredis 24 et 31 juillet et les 7, 14 et 21 août. Ces animations constitueront des moments de partage et de transmission autour de l’artisanat de l’argile, dont les participants pourront repartir avec leur propre production. « Les gens se découvrent avec un pinceau, en mettant les mains dans la terre », s’amuse la présidente qui observe un public familial lors des activités. « Ce sont de formidables échanges » ajoute-t-elle, ravie de partager ce patrimoine dans lequel elle baigne depuis l’enfance au sein de la mythique faïencerie Louis-Sicard, inventrice des cigales en céramique.

    *Inscriptions auprès de l’office de tourisme, au tarif de 3 € par personne et par atelier

  • Nocturnes au Camp des Milles, une expérience « personnelle »

    Nocturnes au Camp des Milles, une expérience « personnelle »

    Plusieurs facteurs ont poussé au lancement des visites nocturnes du site mémorial. à commencer par la canicule. « Il fait très chaud en journée, on se dit que les vacanciers qui viennent dans la région ont envie de faire des activités ailleurs qu’à la plage en fin de journée », commence Léna Casiez, responsable du pôle culture et éducation de la Fondation Camp des Milles. Sur le fond, des visites nocturnes « c’est une autre ambiance, plus intimiste, plus propice à la réflexion, aux émotions, quand on est à l’intérieur du bâtiment. C’est l’occasion de proposer une expérience plus personnelle », précise Léna Casiez. Pour la première fois, le Camp des Milles propose chaque jeudi soir, dès 19h, des visites nocturnes de cette ancienne tuilerie qui porte encore les traces de prisonniers politiques et de français juifs enfermés ici avant leur déportation. Le programme se décline autour de quatre thématiques proposées en alternance chaque jeudi : Créer pour résister, les 9 juillet et 27 août, Musique et témoignages, les 16 juillet et 6 août, À la recherche du mot précieux, session qui cible les familles, les 23 juillet et 20 août, et Memory Beyond Borders, proposée en anglais et en allemand, les 30 juillet et 13 août.

    Pour réfléchir ensemble

    En parallèle des visites thématisées et guidées, les visites libres du Camp des Milles et de son wagon des souvenirs sont maintenues avec une dernière entrée prévue pour 20h30. Si cette initiative est une première, le Camp des Milles avait déjà testé les visites de nuit, en participant tous les ans notamment aux Nuits Européennes des Musées, en organisant des visites à la bougie ou à la lampe torche. « Sur les murs (du Camp des Milles) il y a beaucoup de traces, de dessins et de peintures datées des périodes d’internement et avant les déportations, précise Léna Casiez, faisant allusion à l’ancienne salle des gardiens du camp. Dans ce sens, on a aussi une visite spécifiquement familiale le mercredi, autour des mystères de la salle des peintures autour de l’art, la résistance, la liberté d’expression. » Toute la programmation estivale du Camp des Milles a été pensée pour une visite en famille. Et s’inscrit dans un travail de réflexion contre les haines et discriminations porté par le long terme par la Fondation du Camp des Milles. « On va donc penser des actions de sensibilisation qui permettent à chacun de réfléchir par lui-même d’être vigilant face aux indicateurs qu’il va voir dans la société actuelle (…) et toutes les activités vont être liées à ces questions », conclut Léna Casiez. Toutes les informations sont à retrouver sur le site du Camp des Milles.

  • Les voisins d’un rooftop illégal obtiennent sa fermeture en référé

    Les voisins d’un rooftop illégal obtiennent sa fermeture en référé

    L’exploitation commerciale du toit-terrasse constitue un trouble manifestement illicite » a tranché, vendredi, le juge des référés. Le tribunal judiciaire de Marseille ordonne à Benjamin Honnorat, gérant du bar Le Pigment, 237 Corniche Kennedy, 7e, « de mettre fin à l’activité commerciale exercée sur les terrasses ». L’ordonnance prononce une astreinte de 500 euros par jour de retard.

    à l’audience, jeudi, Me Hinde Kalai, l’avocate du syndicat des copropriétaires de l’immeuble avait plaidé avec énergie « l’illégalité de l’activité commerciale » exercée sur deux terrasses réunies en une seule à la suite de travaux non déclarés par les gérants du fonds de commerce autorisé en rez-de-chaussée. « Cette terrasse de 100 m2 constitue une partie commune de l’immeuble mais elle reçoit certains soirs jusqu’à 50 personnes simultanément », a-t-elle expliqué, ajoutant que si les gérants du bar ont la jouissance privative de cette terrasse suite à l’acquisition de deux appartements en dessous, cela ne les autorise pas à se livrer à une exploitation commerciale prohibée par le règlement de copropriété.

    « L’accueil de public

    est strictement interdit »

    « Des travaux d’ampleur ont eu lieu sans autorisation préalable de la copropriété. Ils ont percé, mis des garde-corps. Les copropriétaires vivent un cauchemar, a insisté Me Kalai, les clients du bar utilisent le hall d’entrée qui est évidemment une partie commune réservée à l’habitation pour monter. Tout cela génère des nuisances sonores. »

    Créé sans autorisation d’urbanisme, le toit-terrasse a ouvert en septembre 2025, sans même avoir reçu un avis de la commission communale de sécurité. Cette situation a fait l’objet d’un PV d’infraction de la Ville transmis au parquet de Marseille qui a convoqué cette semaine le gérant. La Ville nous a confirmé d’ailleurs (LM du 15 mai) avoir mis en demeure le bar le 25 septembre 2025 lui signifiant « l’interdiction d’accueillir du public sur le toit-terrasse ». « L’accueil de public sur le toit-terrasse est strictement interdit » avait rappelé la conseillère municipale déléguée à la commission communale de sécurité et des périls, Laure Rovera, dans un courrier du 5 mai, faisant suite à une nouvelle alerte de la maire de secteur : « L’absence de réaction des services à la situation de cet établissement produit, selon ce que nous remontent les habitants du quartier, un effet d’entraînement : d’autres exploitants commencent à s’autoriser des occupations comparables de l’espace public, invoquant le précédent. Une réponse claire et rapide des services municipaux s’impose donc, au-delà même du cas particulier » a écrit Sophie Camard le 21 avril dernier aux élus en charge de l’urbanisme, des emplacements et de la sécurité civile. Force est de constater que la mise en demeure municipale de septembre dernier est restée sans effet à ce jour.

    « J’ai un diagnostic structure »

    « Où est l’urgence dans ce dossier, je ne la vois pas » a d’ailleurs contesté à l’audience Me Axel Daurat, avocat du bar Pigment qui dénonce un tohu-bohu médiatique, soutient qu’« il n’y a aucun trouble de jouissance anormal ». « La terrasse et la cage d’escalier sont des lots privatifs exclusifs. Il n’y a pas besoin de changement de destination. J’ai un diagnostic structure qui dit que tout va bien. Où est le trouble anormal du voisinage ? Démontrez-moi un préjudice collectif ! » D’expliquer in fine que son client est « engagé dans une démarche de régularisation complète et de bonne foi ». D’ailleurs un avis favorable a été émis ce 8 juin par la commission communale de sécurité à sa demande d’autorisation de travaux déposée en mars.

    Quand bien même la Ville accordait une autorisation de travaux en ERP, elle ne serait délivrée que « sous réserve des droits des tiers » et ce ne serait toujours pas une « autorisation d’ouverture au public ». Le parquet reste saisi d’infractions pénales et l’ordonnance du juge est exécutoire de plein droit.

  • La logique des marchés à l’Université fait polémique

    La logique des marchés à l’Université fait polémique

    Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a signé jeudi à Aix-en-Provence les nouveaux Contrats d’objectifs, de moyens et de performance (COMP) avec les Universités d’Aix-Marseille, Avignon, Toulon et de la Côte d’Azur. Conclus pour cinq ans, ils sont censés permettre aux établissements de définir leur propre stratégie de développement en échange d’engagements auprès de l’État.

    Après la phase de préfiguration lancée en 2025, les universités de Nouvelle-Aquitaine et de Provence-Alpes-Côte d’Azur servent de territoires pilotes avant une généralisation. Pour le gouvernement, il s’agit de donner davantage d’autonomie aux établissements et de fixer des objectifs à long terme. Mais sur le terrain, les inquiétudes sont nombreuses.

    « On met le doigt dans une espèce de confiture et on ne sait pas où on va, ni dans quelles conditions », résume Daniel Sudreau, élu CGT au conseil d’administration et au comité social d’administration de l’Université d’Avignon. Ici comme ailleurs, la CGT et la FSU ont voté contre ce COMP. « Ce qui nous inquiète, c’est qu’on est en train de lier le financement des postes à des résultats de performance. On dit on vous finance si vous vous réorganisez, si vous supprimez des postes… C’est une mauvaise mayonnaise qui se met en place. »

    Logique délétère

    Cette méfiance s’inscrit dans une critique plus large formulée depuis plusieurs mois par la CGT FERC Sup. Le syndicat estime que ces COMP 100 % constituent une rupture majeure dans le financement des universités. Jusqu’ici, ces contrats ne représentaient qu’une part marginale des budgets (1 %). Demain, ils pourraient concerner l’ensemble de la subvention, masse salariale comprise. Pour la CGT, cela traduit une évolution profonde du rôle des universités, progressivement transformées en opérateurs chargés d’atteindre des objectifs alignés sur les priorités gouvernementales et les besoins du patronat.

    Pierre Ouzoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine, conteste aussi le discours gouvernemental sur l’autonomie. « C’est une fiction », affirme-t-il. « L’essentiel du budget d’une université est consacré à la masse salariale et l’État a transféré aux universités sans compensation les charges liées aux pensions, à la mutuelle obligatoire ou encore au glissement vieillesse technicité. Le ministère ne donne pas plus d’autonomie aux universités, il leur demande juste de gérer la pénurie ».

    Selon lui, le sous-investissement chronique dans l’enseignement supérieur et la recherche fragilise durablement le service public. « La conséquence est que le privé capte désormais 25 % des étudiants, souvent avec des formations au rabais », ajoute-t-il.

    « C’est beaucoup de papier et de bureaucratie pour pas grand-chose mais la logique combattue par les organisations syndicales est tout à fait délétère », abonde le député (Après) des Bouches-du-Rhône, Hendrik Davi, spécialiste des questions de recherche. « Le problème, c’est que ça s’insère dans un contexte managérial extrêmement toxique avec un manque de moyens récurrent », note celui-ci. « On sort d’une logique de service public où l’État donne des moyens récurrents par rapport au nombre d’agents. »

    Pour l’élu marseillais, cette évolution participe d’un mouvement plus large. « C’est une généralisation de la logique de délégation de service public qui permet de faire entrer les opérateurs publics dans une logique de marché qui pourrait être menée par des opérateurs privés », explique Hendrik Davi. « C’est une idée complètement généralisée depuis une trentaine d’années dans l’appareil d’État, que la même chose peut être faite par un opérateur privé au public. D’ailleurs, c’est comme ça que les cliniques privées ont les mêmes subventions sur la tarification que les hôpitaux publics. »