Category: societe

  • Les associations marseillaises s’unissent contre l’embargo sur Cuba

    Les associations marseillaises s’unissent contre l’embargo sur Cuba

    Installés entre les quelques bouquins de la librairie l’île aux mots (2e), les représentants de six associations marseillaises se sont réunis pour présenter leur plan d’action en soutien à Cuba. « Grâce à la mobilisation de médecins et infirmiers des 4e et 5e, nous avons commencé à collecter du matériel médical à envoyer mi-juin en direction de l’île. Il y a aussi des appareils d’échographie, des fauteuils roulants et même des déambulateurs, mais ce n’est pas suffisant. Afin de remplir le container, il nous faut davantage de fonds », insiste Jean-José Mesguen, représentant de l’association France Amérique Latine Marseille.

    Pour financer le projet, les collectifs appellent les citoyens à se mobiliser. à Toulouse, deux containers ont pu être financés dernièrement grâce au soutien des habitants.

    Plusieurs événements organisés

    C’est dans ce cadre qu’ils organisent une soirée le jeudi 28 mai. « Un concert du trio cubain Ahinamo suivi d’un buffet caribéen et d’une tombola », précise Nicole Giraudi, présidente de l’association France Cuba Marseille 13. D’autres événements sont prévus dans le mois de mai pour réunir les fonds nécessaires. Parmi eux, les films d’Alain Sabathier La Camargue et La Cinega de Zapata seront projetés dans une salle du PCF à Marseille, le 15 mai.

    Des actions que Nicole Giraudi estime « essentielles ». Avant de préciser : « Aujourd’hui, se payer une boîte de Doliprane à 10 euros, c’est impossible avec un salaire cubain, cela doit changer », déplore-t-elle. L’envoi de matériel médical n’est pas le seul dispositif mis en place par les organisations. « Nous avons mené une campagne lors du cortège du
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    er-Mai pour financer 1 000 panneaux solaires en direction de Cuba », ajoute Mireille Faure, membre du secrétariat du Secours populaire.

    Des installations qui pourraient faciliter l’accès au gaz, mais aussi aux transports et aux hôpitaux. « Lors de la mobilisation du 1er-Mai, nous avons réussi à récolter 1 000 euros. Nous avons l’attention des syndicats et brigades des énergéticiens qui nous aideront dans l’acheminement de ces panneaux photovoltaïques », se réjouit la membre du Secours populaire, qui s’inquiète malgré tout : « Un panneau solaire coûte 8 000 euros. Il faut les trouver… »

    « Le travail collectif

    sans soutien est difficile »

    « Les pouvoirs publics français doivent reconnaître leur dette envers Cuba, à savoir l’envoi de médecins durant la pandémie de Covid et la participation des Cubains durant la Première Guerre mondiale », souligne Jean-José Mesguen, représentant de l’association France Amérique Latine Marseille.

    Entre les entraves financières des États-Unis sur l’acheminement de l’aide humanitaire et l’absence de mobilisation des élus en Europe visés par la pétition portée par France Amérique Latine Marseille, les associations ne se sentent pas entendues par les pouvoirs publics. « Le travail collectif sans soutien est difficile », ajoute Nicole Giraudi, représentante de France Cuba Marseille 13.

    Les associations ont également rapporté les blocages de l’acheminement de l’aide humanitaire depuis le port de Marseille. Par conséquent, le conteneur financé par le Secours populaire devrait prendre le départ, à la mi-juin, depuis un port espagnol et non pas depuis Marseille.

    « La CMA CGM a subi des restrictions de la part de Donald Trump. On réalise à quel point les États-Unis contrôlent tout, jusqu’à ce qui part de nos ports, et ce n’est pas normal, il faut se mobiliser », estime Bernard Eynaud de la Ligue des droits de l’homme.

  • Les États-Unis lorgnent sur Cuba, asphyxiée

    Les États-Unis lorgnent sur Cuba, asphyxiée

    Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a dénoncé ce samedi 2 mai le « niveau dangereux » des menaces d’agression militaire de Donald Trump, se disant prêt à la riposte. Une énième escalade. Alors que l’embargo américain est en vigueur depuis 1962, qu’une crise économique profonde touche l’île et ses 9,6 millions d’habitants, que le renforcement des sanctions américaines sous le premier mandat Trump (2017-2021) a aggravé la situation, le président américain avait de nouveau serré la vis en janvier, n’autorisant depuis l’arrivée que d’un seul pétrolier russe. Et depuis l’intervention des États-Unis au Venezuela, principal allié de Cuba, l’économie de l’île a été encore plus durement touchée, privée du carburant nécessaire pour produire son électricité.

    Dans son allocution ce 1er mai depuis la Floride, le président américain menace de « prendre le contrôle » de Cuba, suggérant qu’un porte-avions américain pourrait s’y arrêter « sur le chemin du retour d’Iran ». Les nouvelles sanctions américaines, qui figurent dans un décret présidentiel, ciblent notamment les banques étrangères qui collaborent avec le gouvernement cubain, et imposent des restrictions en matière d’immigration. Dans ce décret, Trump impose des sanctions à l’encontre de personnalités et entités impliquées dans les secteurs de l’énergie, des mines et contre toute personne reconnue coupable de « violations graves des droits de l’homme ».

    « Ces actions témoignent d’une intention de réimposer, une fois de plus, une punition collective au peuple cubain » s’est insurgé le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez. Miguel Diaz-Canel a appelé la communauté internationale à « en prendre note » et à décider « aux côtés du peuple des États-Unis » s’il sera permis qu’« un acte criminel aussi radical soit commis ». Selon le chef de l’État cubain, une intervention militaire américaine viserait avant tout à « satisfaire » les intérêts de la communauté d’exilés cubains installés en Floride, « un groupe restreint mais riche et influent, animé par un désir de revanche et de domination ». Ce dernier a participé au défilé dénonçant ces menaces devant l’ambassade des États-Unis à La Havane, aux côtés du dirigeant révolutionnaire Raul Castro, 94 ans.

    De terribles conséquences

    Il peut compter sur le soutien du Mexique, du Brésil et de l’Espagne qui dans une déclaration commune le 18 avril, faisaient part de leur « énorme préoccupation pour la grave crise humanitaire que traverse le peuple cubain » et demandaient « que soient adoptées les mesures nécessaires pour soulager cette situation et que soient évitées les actions qui aggraveraient les conditions de vie de la population, ou celles qui sont contraires au Droit international ». Trois jours avant, la Chine avait réaffirmé qu’elle soutiendrait « résolument » La Havane par la voix d’un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun.

    En France, Emmanuel Macron brille par son silence. Alors que se montent des opérations de solidarité comme celle commune de plusieurs associations depuis Marseille (lire par ailleurs), le PCF a opté pour l’envoi de conteneurs dans le cadre d’une campagne de collecte de médicaments et matériel médical. Le pays « aux meilleurs médecins du monde » rappelle le parti, se retrouve privé de paracétamol ou de médicaments contre les cancers infantiles. Selon le PCF, en un an, « le blocus aurait causé des dommages économiques conséquents estimés par les autorités à près de 5 milliards de dollars ». Avec des impacts forts dans plusieurs secteurs d’activité, pointe le parti : « un milliard de dollars de manque à gagner dans le tourisme, 3 milliards de préjudices pour le commerce extérieur, 467 millions pour l’industrie, 273 pour l’agriculture, 75,5 pour l’Éducation, 202 pour les transports, 143 pour les biotechnologies et l’industrie pharmaceutique (pourtant en pointe contre le Covid-19)… »

    Le groupe d’amitié France-Cuba à l’Assemblée nationale a aussi mis en place un pont aérien. « J’ai négocié avec la direction d’Air France pour envoyer à peu près 20 m3 de médicaments et de matériel médical » indiquait dans nos colonnes le 31 mars, André Chassaigne, son ex-président.

    À SAVOIR

    Un premier train de restrictions sous Trump I

    Après un bref espoir d’assouplissement et de normalisation des relations sous Barack Obama, Donald Trump a, dès son premier mandat, balayé ces timides avancées d’un revers de main. Plus de 240 restrictions sont imposées en 4 ans, comme sur le tourisme vers l’île et sur les transactions avec les entités liées à l’armée. Cuba est également placée sur la liste des pays soutenant le terrorisme. Le Covid-19 va accélérer la crise avec une cinquantaine d’autres mesures.

    Le Droit international bafoué

    Quelque 165 pays ont voté la levée des sanctions touchant Cuba sur les 193 que comptent les Nations unies, lors de l’Assemblée générale annuelle du 29 octobre 2025. Comme chaque année depuis 1992, date de la première résolution présentée par Cuba, les États-Unis et Israël s’y opposent. Cette fois-ci, l’Argentine, la Hongrie, le Paraguay, la Macédoine du Nord et l’Ukraine leur emboîtent le pas.

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    repas par jour. C’est le quotidien d’une majorité de Cubains. Une boîte d’œufs coûte l’équivalent d’un mois de salaire minimum, atteignant les 3 000 pesos. L’ONU a alerté en janvier sur le risque d’un « effondrement humanitaire » en raison des coupures d’électricité, de difficultés d’accès à l’eau, aux soins et à l’alimentation.

    60%

    de la population cubaine dépend de la diaspora. Depuis 2021, 2 millions de personnes supplémentaires se sont exilées sur 9,6 millions de Cubains, choisissant l’Amérique et, depuis le second mandat de Trump, l’Europe. Les exilés doivent ruser pour envoyer des subsides à leurs familles optant pour des colis de biens de première nécessité.

  • Marseille : assemblée de l’Unicef à la mairie

    Marseille : assemblée de l’Unicef à la mairie

    Nathalie Tessier (PCF) adjointe déléguée aux droits des enfants, a ouvert la session et rappelé le lancement d’un plan d’action de lutte contre les violences faites aux enfants. « Ses objectifs sont notamment d’assurer le bien-être des enfants, lutter contre l’exclusion, la discrimination et pour l’équité».

  • Fraudes sociales : les professionnels dans le viseur

    Fraudes sociales : les professionnels dans le viseur

    « Plus on cherche et plus on trouve. C’est inquiétant. » Le directeur de la Caisse d’Assurance maladie de l’Hérault (CPAM 34) ne se réjouit pas vraiment de l’efficacité accrue de ses services de lutte contre les fraudes sociales (35 agents, task force nationale, système mieux sécurisé, pénalités accrues…). Car Philippe Trotabas sait bien ces 13,9 millions d’euros (ME) de fraudes* sociales détectées dans l’Hérault** en 2025 ont beau peser 3 fois plus lourd que les 4,93 ME de 2021, ils ne sont que la partie émergée d’un iceberg impossible à quantifier.

    Ce qui est sûr c’est que les fraudeurs démasqués représentent moins de 1% des cas. Si les assurés sociaux représentent quasiment la moitié (47%) des fraudeurs, leurs méfaits ne pèsent que 14,8% (soit 1,94 ME) du montant total dérobé au service public. Il s’agit le plus souvent d’arrêts de travail trafiqués (61% des cas) et de droits usurpés. « Les entreprises sont souvent des coquilles vides et les salaires disproportionnés. On a aussi des pensions d’invalidité (AME, CMU) falsifiées par des personnes non-résidentes sur le territoire », illustre Noémie Bonnet-Aldigier, directrice santé de l’Assurance maladie de l’Hérault.

    Contrairement aux idées reçues, les professionnels de santé voyous (35,2% des cas) causent donc l’essentiel du préjudice (76,4%). Les centres de santé sont les premiers fraudeurs (3,8 ME). Ce n’est pas toujours le professionnel de santé qui truande. Plus souvent « des financiers peu regardants qui fraudent sur de la facturation de soins non effectués ». On trouve aussi les taxis et transporteurs sanitaires (2,15 ME) peu scrupuleux. Quand leurs trajets ne sont pas fictifs, « sans permis ou sous emprise de stupéfiants, ils peuvent mettre en danger la vie des patients ».

    D’autres filous s’engouffrent dans la moindre faille. Pour limiter les arnaques aux fausses audioprothèses remboursées à 100% jusqu’en 2025, la carte vitale avec tiers payant est devenue obligatoire. Les 3 ME détournés en 2024 ont donné lieu à 116 pénalités, 72 signalements et 35 plaintes pénales. Malgré les « contrôles des pratiques dangereuses et de la qualité des soins » effectués, rappelle la directrice médicale régionale Hélène Azoury, personne n’est dupe. Si à l’avenir l’intelligence artificielle sera un atout, « il y a encore des trous dans la raquette. Des kits de fraudeurs sont disponibles sur internet », soupire Noémie Bonnet-Aldigier.

    * Lire aussi à ce sujet la chronique d’Annie Menras p. 19.

    ** 53 ME de fraudes en Occitanie et 723 ME en France en 2025.

  • Double assassinat de Bastia-Poretta : l’affaire rejugée à la Cour d’appel

    Double assassinat de Bastia-Poretta : l’affaire rejugée à la Cour d’appel

    Ils seront onze accusés dont neuf détenus à comparaître en appel, devant la Cour d’Assises des Bouches-du-Rhône. Contre quinze en première instance, dont une surveillante pénitentiaire. Son histoire avait en partie inspiré le film Borgo (Stéphane Demoustier, 2023). Treize d’entre eux avaient été reconnus coupables. Dès ce lundi, et jusqu’au vendredi 3 juillet selon le calendrier, les débats autour du double assassinat de l’aéroport Bastia Poretta, survenu le 5 décembre 2017, sont relancés. Ce jour-là, deux figures du grand banditisme corse, Jean-Luc Codacciono et Antoine Quilichini, dit « Tony le Boucher », sont ciblés par des tirs sur le parking de l’aéroport sur fond de « de guerre entre clans rivaux ». Le premier succombe à ses blessures à l’hôpital, quelques jours plus tard, le second décède sur le coup. En toile de fond de ces assassinats, une vendetta menée pour venger les fondateurs du gang de la « Brise de Mer ». À l’issue d’un chaotique procès en première instance, finalement arrivé à son terme sans personne dans le box, les peines prononcées à l’encontre des accusés allaient de 30 ans de réclusion criminelle (avec une période de sûreté de 20 ans) pour Christophe Guazzelli, considéré comme principal meneur du projet, à l’acquittement. Son frère, Richard Guazzelli, avait lui été condamné à 25 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de 16 ans. E.B-G.

  • Une nouvelle présidence pour Terres de résistance

    Une nouvelle présidence pour Terres de résistance

    Il y a des moments importants dans la vie d’une association, à l’heure de transmettre le flambeau des responsabilités. Particulièrement pour l’organisatrice d’un festival emblématique de la vie martégale qu’est Terres de résistance.

    Après vingt ans de présidence, Christian Scognamiglio a laissé place à Jeanine Incorvaïa, militante associative de toujours, lors de l’assemblée générale de l’association samedi matin. « Je suis honorée de la confiance témoignée par mes camarades » a réagi cette dernière à l’issue de la réunion. « C’est une fonction complexe pour laquelle je vais m’atteler au mieux à mettre en œuvre les événements des Amis de la fête », affirme-t-elle, optimiste.

    « Une autre manière

    de lutter dans la joie »

    Le festival Terres de résistance n’est pas une simple fête dans les yeux de la nouvelle présidente. « C’est une manière comme une autre de lutter contre l’obscurantisme, pour les idées progressistes, redonner du sens au collectif dans la joie, la fraternité et la bonne humeur ». Le slogan « Lutte et fête » imprimé sur les t-shirt des bénévoles résume le propos. L’édition 2025 avait fait la part belle aux questions industrielles lors du débat du dimanche, inaugurant en même temps un nouveau village des associations.

    « Se renouveler en mettant toute l’asso en mouvement autour des nouvelles idées est le plus gros travail » reconnaît Christian Scognamiglio, après 30 ans d’adhésion dont une vingtaine de présidence discontinue. « C’est plus simple quand on renouvelle aussi le bureau. Jeanine va donner une nouvelle impulsion » souligne-t-il, au regard des cinq membres du bureau nouvellement élu.

    Terres de résistance est annoncé du 4 au 6 septembre 2026 au jardin du Prieuré.

  • La 10e édition du concours photo Toulon forever ouverte

    La 10e édition du concours photo Toulon forever ouverte

    Le concours photo Toulon forever, invitant les habitants volontaires à poster sur Instagram des clichés représentatifs de « l’âme de [leur] ville », s’est ouvert vendredi 1er mai. Les photographes en herbe intéressés ont jusqu’à la fin du mois pour publier sur leurs réseaux, avec un maximum de deux photos par catégorie. Car, pour être sélectionnés, les clichés devront répondre à l’une des quatre thématiques proposées cette année : « Mon endroit préféré », « Côté mer », « Architecture et patrimoine » ou « Noir et blanc ». Un retour au format carré, traditionnel format d’Instagram, est également imposé. Un prix sera décerné au vainqueur de chaque catégorie, auxquels s’ajouteront trois autres récompenses, pour la photo la plus likée, le coup de cœur du jury et enfin pour « la photo de la décennie ». Pour participer : ne pas oublier, en dessous de sa publication sur un compte Instagram public, de préciser la catégorie dans laquelle on concoure et de taguer Toulonforever2026.

    Le concours se clôtura par une grande exposition en mairie d’honneur, du 17 juillet au 4 septembre. L’occasion, pour cette édition anniversaire, de présenter une rétrospective des gagnants des 10 dernières années. Le public pourra alors choisir, parmi les 65 lauréates, la fameuse « photo de la décennie ».

  • Le président de la SNCF Jean Castex en déplacement à la gare de Briançon

    Le président de la SNCF Jean Castex en déplacement à la gare de Briançon

    Sur le papier, ou plutôt sur les agendas, le président de la SNCF Jean Castex vient pour inaugurer le pôle multimodal de la gare de Briançon. Un chantier destiné à faciliter les transitions et la complémentarité entre les mobilités (voitures, train, bus, vélo…). En creux, il s’agit aussi de venir présenter un plan attendu depuis longtemps sur le territoire et sur lequel État, SNCF et Région Sud veulent montrer leurs efforts tant ils sont attendus : la modernisation des voies de chemin de fer dans les Hautes-Alpes. Avec la perspective des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver en 2030, l’État et la SNCF ont lancé le plan « Performance ferroviaire des Alpes du Sud » doté d’un budget de 367 millions d’euros. L’objectif est double : moderniser une ligne vieillissante décriée et préparer l’arrivée de Jeux qui nécessiteront une bien meilleure desserte ferroviaire. Le pôle d’échange multimodal de la gare de Briançon, dont les travaux doivent se dérouler jusqu’en 2029, fait partie de ce plan ambitieux. Les objectifs affichés sont majeurs : réduire le temps de trajet de la ligne Briançon-Marseille, d’environ 4h30 actuellement, à 3h40 et rénover près de 80 ouvrages d’art sur la ligne, le tout concernant 280 km de voie ferrée.

    Défendre un plan adapté

    aux enjeux locaux

    Toutefois, ce projet doit encore démontrer qu’il répond aux problématiques locales. En effet, ce n’est pas la durée du trajet qui est pointée en premier lieu par les usagers alpins de l’axe Briançon-Marseille. La rareté de l’offre pose d’abord des difficultés régulières avec seulement trois trains dans chaque sens par jour. Viennent ensuite l’inadéquation des horaires, avec un premier train partant de Briançon qui n’arrive qu’à 12h50 à Marseille, pour un dernier départ en sens retour à 17h40, et la petitesse de trains où il ne reste plus de place assise une fois passé Gap. Autant d’axes d’amélioration que pointent depuis plusieurs années les citoyens mobilisés sur le sujet, comme le collectif l’Étoile ferroviaire de Veynes. Lors de sa dernière réunion, ses membres ont affiché une préoccupation claire : que ce nouveau plan ne soit pas pensé uniquement pour le public et les athlètes des JO.

    Afin de répondre au mieux à ces attentes, la SNCF a ouvert une concertation publique accessible à tous les usagers, en ligne, par courrier ou téléphone jusqu’au 29 mai. Cette visite de Jean Castex devra donc prolonger ce travail en même temps qu’annoncer les chantiers à venir. Le projet est sur les rails, reste à faire monter à bord les principaux concernés : les habitants du territoire.

  • À Aix, vers un « nouveau cap » pour le centre social de Beisson

    À Aix, vers un « nouveau cap » pour le centre social de Beisson

    « On revient de loin », résume Rachid Sabbouri. Dans son bureau du Centre socio-culturel (CSC) Aix Nord – renommé la Rose des Vents depuis peu – le directeur résume ainsi les dernières années de la structure. À ses côtés, Georges Meunier, récemment nommé à la présidence du CSC, rappelle que ce nouveau nom « annonce aussi une fin de flottement. Cette nouvelle dénomination est une façon d’insuffler un nouveau souffle. C’est aussi un nom moins administratif ». En 2024, face aux dettes, le centre social a dû être placé en redressement judiciaire, dont il sort juste la tête. « On avait un plan de 10 ans, à partir de 2024. On l’a remboursé au bout d’un an et demi », indique Rachid Sabbouri. Cette victoire pour cette structure de proximité nichée dans une partie des anciens locaux de l’École des Lauves, impulse aux équipes un « nouveau cap, une nouvelle dynamique. À travers le changement de nom, une symbolique mais aussi à travers les nouveaux projets que l’on met en œuvre au niveau de la structure, déroule Rachid Sabbouri. L’autre objectif pour nous est aussi de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier en termes de financement. Là, on se concentre sur des financements et des projets européens ».

    Inclure les plus jeunes

    Si les projets réguliers, comme les actions citoyennes, les activités sportives et culturelles du centre social se poursuivent, La Rose des Vents place ses pions dans le Fonds Social Européen (FSE), dispositif financier visant à soutenir l’emploi, la formation et l’inclusion sociale dans les États membres, et intégrer ses adhérents au projet Erasmus +, destiné à soutenir l’inclusion professionnelle des jeunes. « Nos partenaires nous ont d’ailleurs appris que nous étions les seuls sur la Région Paca à porter ce projet de A à Z et le seul centre socio-culturel à porter [ce programme] au niveau national », se félicitent Rachid Sabbouri et Georges Meunier. « On porte chez nous ce qu’on appelle le pôle famille qui permet de travailler sur la réussite éducative, avec un accueil de soutien scolaire en partenariat avec l’Éducation Nationale, qui permet de lancer un repérage important de certains [profils de] jeunes, donne, en exemple, Rachid Sabbouri. « Erasmus + permet de donner les clefs de compréhension du système dans lequel on vit. On a tendance à croire que des structures ne sont pas capables, ont du mal, n’ont pas la technicité pour mettre en place des projets comme ça. Mais en se donnant du mal, on y arrive. Il faut en avoir l’envie, nous l’avons. On a une équipe ou il y a une réelle appétence pour aller de l’avant. »

  • Les agriculteurs doivent apprendre à passer la main

    Les agriculteurs doivent apprendre à passer la main

    On est loin des palmarès de l’immobilier, chers chaque année aux hebdomadaires nationaux, mais, également une fois par an, la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural) donne les tendances foncières du secteur agricole. L’organisme, qui vise notamment à réguler le marché des terres agricoles, a livré lundi dernier au lycée Pétrarque d’Avignon, les tendances du secteur.

    En Vaucluse en 2025, le marché foncier agricole est resté stable en terme de surface échangée (4 435ha), mais le nombre de transactions a progressé de 7% (3 327). La Safer a acquis elle même 397 terrains (moins 2%) mais pour une superficie globale en hausse de 25%. « Le Vaucluse n’est pas le territoire le plus spéculatif de la région, même si en basse vallée de la Durance, autour de Cheval-Blanc, Pertuis, Mérindol, il y a de plus en plus de pression de non agriculteurs », brosse Fabrice Triep Capdeville, directeur de la Safer 84, qui précise que sur les 397 acquisitions en 2025 par la Safer, seulement 48 l’ont été par préemption, le reste se faisant à l’amiable. Toutefois, le marché foncier traduit aussi les difficultés de la profession, avec un recul des rétrocessions d’exploitations. « Historiquement, le Vaucluse est une terre de transmission familiale mais on constate une difficulté dans le renouvellement des générations, les tensions sur le marché viticole font que les jeunes qui pourraient reprendre l’exploitation familiale ne reviennent pas », note Fabrice Triep Capdeville. Le nombre global de candidats à l’installation a baissé de 30%. D’où, dans la foulée de la présentation de ces chiffres, la tenue d’une table ronde sur l’anticipation et l’accompagnement des transmissions.

    « Il y a du foncier et de la place pour tout le monde »

    « Il y a du foncier et de la place pour tout le monde, campe Thomas Escoffier, vice-président de la chambre d’agriculture de Vaucluse et référent installation. Depuis le Covid, on accompagne beaucoup plus de monde en reconversion professionnelle, hors du cadre de reprise familiale ». La Safer avait invité les acteurs d’une transaction de 6 ha réussie à Pertuis entre un couple d’agriculteurs à la retraite et un autre jeune couple, déjà familier de l’agriculture. « On a eu énormément de chance, toutes les planètes étaient alignées », admet Jean-Baptiste Vachette, l’acquéreur. « Tôt, on a su que nos enfants ne voulaient pas reprendre donc on a contacté la chambre d’agriculture », décrit Agnès Maynard, agricultrice retraitée. Qui souligne un aspect important et méconnu : bien souvent la vente de son exploitation implique aussi un déménagement puisque bon nombre d’agriculteurs vivent sur place. « On a su vite qu’on ne pouvait pas rester vivre sur place sinon on aurait continué à travailler », sourit-elle.

    Cet aspect peut également compliquer la transmission entre d’un côté les terres agricoles et de l’autre les surfaces bâties. Pourtant, insiste Jordan Charransol, président des Jeunes agriculteurs, « il est primordial d’habiter sur son exploitation car ceux qui habitent loin ont du mal à structurer leur vie sociale et familiale quand on travaille déjà 70 heures par semaine ». Celui qui est aussi viticulteur et maraîcher à Valréas ajoute « que la présence sur place dissuade des vols », que ce soit dans les cultures, le matériel ou le gasoil…

    Un des leviers évoqué pour réussir une transmission pourrait être l’apprentissage, « peu présent dans notre région à l’inverse du Nord », note Jordan Charransol. « Le salarié peut acheter des parts progressivement, il connaît son exploitation, les débouchés, c’est un moyen plus facile d’installer un jeune hors du cadre familial », plaide-t-il en appelant à faire la promotion de ce système dans les lycées agricoles. Et de manière plus générale, « il y a un enjeu pédagogique à donner envie de faire ce métier, la caricature de l’agriculteur, un grand monsieur mal rasé et mal peigné n’est plus valable », conclut Jordan Charransol.