Category: societe

  • Forte émotion à Sisteron, suite au décès de Daniel Spagnou

    Forte émotion à Sisteron, suite au décès de Daniel Spagnou

    Nous perdons un serviteur de la République exceptionnel, qui a consacré sa vie aux Alpes-de-Haute-Provence » : les réactions ne se sont pas fait attendre lundi, à l’annonce de la mort de Daniel Spagnou (DVD), maire de Sisteron pendant 43 ans, mais aussi député UMP pendant 10 ans, conseiller général et régional. Le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), a regretté la perte « d’un ami, grand maire de Sisteron pendant 43 ans ». L’édile, décédé à l’âge de 85 ans, avait laissé sa place à son premier adjoint, Jean-Pierre Templier (DVD), lors des dernières élections municipales, en mars dernier. Il avait déjà été hospitalisé et son état de santé était préoccupant pendant la campagne des municipales.

    « Une part de l’histoire

    du département »

    « Nous avons connu les satisfactions des nombreuses réalisations accomplies, mais aussi les difficultés inhérentes à la gestion d’une commune et parfois les moments plus difficiles », a réagi le nouveau maire, Jean-Pierre Templier, compagnon de route et ancien premier adjoint de Daniel Spagnou.

    Toute la droite locale, des Alpes-de-Haute-Provence jusqu’aux Hautes-Alpes, s’est montrée émue et a réagi à l’annonce du décès de l’homme politique. De nombreux opposants politiques de l’ancien maire ont également salué son engagement inébranlable. « Il va manquer à Sisteron, aux maires et à notre département », a réagi la présidente du département, Eliane Barreille (DVD).

    « C’est avec une profonde émotion que j’ai appris la disparition de Daniel Spagnou, qui, opposant politique au début de ma carrière, était au fil des années devenu un ami. Son engagement en politique est exceptionnel et se démontre à travers ses nombreux mandats », a de son côté souligné Jean-Yves Roux, sénateur (apparenté PRG) du département. « Il emporte avec lui une part inestimable de l’histoire de notre département, héritage qu’il a su faire vivre au fil du temps. Nous lui devons collectivement beaucoup. »

    « Pendant près de 50 ans d’engagement public, il aura tant apporté à notre département et à sa ville de Sisteron, à laquelle il aura consacré une grande partie de sa vie. Daniel était un élu de terrain, proche des gens, profondément attaché à son territoire et à ses habitants. Une certaine conception de l’engagement public (…) dans laquelle je me reconnais pleinement », a écrit David Gehant, maire (DVD) de Forcalquier, sur son compte Facebook. Camille Galtier, maire DVD de Manosque, a lui salué un « parcours hors norme » et des « décennies d’engagement au service de notre département ».

    « Il restera pour nous tous un exemple d’investissement et plus encore, de dévouement, à œuvrer pour l’intérêt général et pour ses chers concitoyens dont la proximité quotidienne était légendaire », a de son côté écrit le maire de Digne, Julien Di Benedetto (SE), saluant « une carrière hors du commun qui restera dans les mémoires ».

  • Dans le Vaucluse, La Poste va sabrer huit bureaux de proximité

    Dans le Vaucluse, La Poste va sabrer huit bureaux de proximité

    Les grilles du bureau de La Poste sont baissées ce lundi 31 août, comme tous les lundis. Une scène habituelle, donc. Mais cette situation risque de devenir permanente, car le lieu devrait fermer définitivement ses portes dans les prochains mois.

    Le syndicat SUD PTT alerte dans un communiqué sur une « fermeture sèche d’ici 2027 » de 8 bureaux de poste en Vaucluse. À Avignon, celui de la Place Pie donc, mais aussi celui de Saint-Jean. En dehors de la Cité des Papes sont concernés ceux de Gordes, Rasteau, Lapalud, Saint-Saturnin-lès-Avignon, Fontaine-de-Vaucluse ou encore Jonquières. « Derrière ces réductions et fermetures, c’est une nouvelle fois une logique d’économies qui se dessine, au détriment du service public, des salariés et des usagers », poursuit le syndicat.

    Des arrêts qui apportent également aux salariés « son lot d’incertitudes », assure l’organisation syndicale. Listant par exemple des « mobilités imposées », des suppressions de postes ou encore une surcharge de travail à venir pour les bureaux restants. En découlent, forcément, des conséquences pour les usagers. Le syndicat pointe ainsi qu’en premier lieu, les déplacements pour accéder à un bureau vont être de plus en plus importants. « Les usagers seront amenés à parcourir plusieurs kilomètres pour récupérer leurs courriers et colis avisés ou effectuer des opérations bancaires. Cette situation pénalise particulièrement les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite et celles qui ne disposent pas de moyen de transport, notamment dans les territoires ruraux », détaille SUD PTT 84. Et assure que si ces bureaux sont remplacés par des agences postales communales, le coût serait deux fois plus élevé pour les usagers, et que les autres alternatives, comme les points relais, offrent « un service bien moindre ».

    Est également pointé du doigt l’accès aux services bancaires. « Pour de nombreuses personnes précaires ou vulnérables, ces services constituent souvent la seule solution bancaire de proximité. Réduire cette présence, c’est donc fragiliser davantage celles et ceux qui ont le plus besoin d’un service public accessible », ajoute le syndicat.

    Des « nouveaux usages »

    SUD PTT assure que « face à ces menaces », une prise de contact est prévue avec les mairies des communes concernées à propos de ces fermetures afin d’évaluer les conséquences pour les usagers. « Défendre les bureaux de poste, c’est défendre les emplois, le service public et l’égalité d’accès aux services dans nos territoires. À l’heure où des débats politiques s’engagent dans le cadre des prochaines élections avec souvent au cœur de ceux-ci la présence des services publics, il va falloir au-delà des discours agir collectivement pour sauver la présence postale dans notre département et au-delà », conclut le syndicat.

    De son côté, le groupe La Poste, contacté par La Marseillaise, assure que la liste de bureaux de poste qui vont fermer « ne préfigure en rien de l’avenir de la présence de La Poste en Vaucluse ». Et affirme que des concertations sont en cours dans le cadre du contrat de présence postale « afin d’identifier et proposer les solutions de présence postale les mieux adaptées aux besoins des habitants et à la dynamique économique de ces villes ».

    Plusieurs arguments sont ensuite avancés dans un contexte de « nouveaux usages des clients », d’une « baisse du volume du courrier envoyé » et d’une « digitalisation des opérations postales et bancaires » entraînent une « une diminution de la fréquentation des bureaux de Poste ». « De ce fait, lorsque la fréquentation est faible, La Poste ne peut plus envisager le maintien d’un bureau de poste en propre et doit réfléchir à des solutions alternatives permettant de préserver une présence postale locale, tout en l’adaptant aux usages des habitants », poursuit la direction de La Poste. Qui pour ce faire, « fait évoluer sa présence territoriale en développant des points de contact La Poste Relais au sein de commerces de proximité ». Ce qui permettrait « de maintenir l’accessibilité du service postal tout en offrant des horaires plus larges et participer au soutien de la vie économique locale et du commerce de proximité ».

  • Une vague de soutiens pour ce « service public »

    Une vague de soutiens pour ce « service public »

    Il y a un peu plus de trois ans, citoyens et élus s’étaient largement mobilisés pour contester la fermeture du bureau de poste de Saint-Ruf. Si celle-ci n’avait rien donné, le lieu ayant finalement été fermé, ils sont plusieurs à vouloir manifester à nouveau si les fermetures de bureaux de poste se confirment.

    La section Avignon-Morières-Le Pontet du PCF a, dans un communiqué, affirmé son refus d’« un nouveau recul du service public ». Tout en regrettant que « La Poste y avait déjà rendu la fréquentation de ces bureaux plus difficile en y imposant des horaires d’ouverture inadaptés », la section locale du parti assure que « fermer les lieux où l’on peut encore être accueilli et accompagné revient à éloigner davantage les services de ceux qui en ont le plus besoin ». Et demande à La Poste de renoncer à ces fermetures afin de garantir « un maillage postal à la hauteur des besoins de ses habitants ».

    Au plus près des citoyens

    Une position également partagée par Fabrice Tocabens (PS), élu d’opposition au Département, qui dénonce « une nouvelle attaque de Direction de La Poste contre le service public ». Une décision qui est pour celui qui est également conseiller municipal d’opposition à Avignon « à contresens de toutes les politiques menées dans ces quartiers populaires, une fois de plus les personnes âgées ainsi que les plus pauvres vont perdre un service public essentiel ». Mais aussi Laurence Lefèvre, conseillère départementale d’opposition (DVG) et ex-adjointe au maire lors de la précédente mandature. « Les arguments avancés sont toujours les mêmes : moins de courriers, changements des usages, moins de colis, une activité qui évolue… Toujours pour finalité, réduire la présence de La Poste, mais à aucun moment la question essentielle : qu’en est-il du service public ? », pousse-t-elle dans un communiqué. Et poursuit en rappelant qu’un service public « ne se résume pas à faire des économies ou à rechercher la rentabilité » ; mais qu’il consiste « avant tout à rendre un service aux citoyens, à maintenir une présence de proximité et à garantir à chacun l’accès aux services essentiels ».

    Du côté de la municipalité actuelle, contactée par La Marseillaise, pas de réponse ni de réaction pour l’heure. Se pose également la question de la vacance du lieu, la ville étant confrontée ces dernières années à cette problématique.

  • Les costumés vénitiens célèbrent 20 ans de flâneries

    Les costumés vénitiens célèbrent 20 ans de flâneries

    À Venise, on ne se déguise pas. On se costume. Éliane Damlejian et son mari Rafy sont bien placés pour le savoir. Ce couple de retraités est tombé amoureux de la Cité des Doges lors de leur premier voyage là-bas un mois de février, pendant le carnaval, « il y a 31 ans ». De retour chez eux, ils créent l’association des Masqués vénitiens de France et font leur première déambulation dans les rues de Martigues en 2007. Ils signent cette semaine leur 20e édition de la manifestation des « Flâneries au miroir », en collaboration avec la Ville de Martigues.

    Pour cet anniversaire, le programme est dense. Au sein de la médiathèque Louis Aragon, une exposition visible jusqu’au 6 septembre retrace l’histoire de l’événement. Les photos de costumes flamboyants faits à la main séduiront petits et grands. « Chaque année, on imagine et on crée un nouvel apparat », révèlent Éliane et Rafy. Des centaines d’heures de travail devant la télé pour quelques heures de déambulations. « C’est sportif, on a une dizaine de kilos sur le dos et puis c’est surtout qu’on a du mal à respirer avec le masque, mais quelle joie de voir les yeux des passants s’illuminer », confie Éliane. Cette année, une centaine de costumés de toute l’Europe défileront dans le centre-ville les 5 et 6 septembre, à partir de 15h45. Un spectacle sur podium « I Giochi di Arlecchino », « Les jeux d’Arlequin », aura lieu samedi au théâtre de Verdure. Le ténor Sergio Conte Cerutti, la soprano Sherrie Anne Gieve et la chanteuse Camilla Lodini accompagneront la représentation.

    Des échanges commerciaux

    Du 2 au 6 septembre, le village artisanal et gastronomique Les Italiennes s’installera au Jardin de Ferrières avec des nocturnes le vendredi et le samedi de 20h30 à 23h. Enfin, du 3 septembre au 27 novembre, l’exposition « Martigues, Venise Provençale » à l’Office de Tourisme de Martigues mettra en valeur les liens qui unissent Martigues à la Cité des Doges.

    « Moi je ne connaissais Martigues que sous le nom de Venise provençale, car ma mère chantait la célèbre chanson d’Alibert “Adieu Venise provençale”, confie Éliane Damlejian. Ce sont avant tout les canaux qui ont donné à Martigues cet aspect vénitien. Il a été découvert, lors de fouilles pendant la construction d’une maison martégale, des ducats vénitiens. Il s’avère que sur des cartes maritimes du musée Correr, à Venise, on retrouve Martigues et non pas Marseille sur les routes de commerce. C’est la preuve que les deux villes faisaient des échanges. » Toute la semaine, les charmes de la lagune vénitienne se mêleront à ceux de la Venise Provençale.

  • Les élus en visite dans les établissements aujourd’hui

    Les élus en visite dans les établissements aujourd’hui

    Une école maternelle ou primaire pour les maires et les conseillers municipaux. Bâtiments dont ils ont la charge. Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille sera ce lundi matin à l’école Clair Soleil (14e). Une de ces nombreuses écoles dégradées de Marseille, laissées en héritage par Jean-Claude Gaudin et son équipe, et pour laquelle est prévu un vaste chantier de rénovation-construction dans le cadre du plan « Marseille en grand ». La présidente (DVD) du Département des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal, sera quant à elle au collège André-Chenier (12e) après avoir annoncé en fin de semaine dernière l’ensemble des mesures d’accompagnement et d’aides destinées aux collégiens. Direction Aix-en-Provence, pour le président (Ren.) de la région sud, et le Lycée de Vauvenargues. Il devrait y retrouver Sophie Joissains, la maire (UDI) d’Aix ainsi que le recteur de l’Académie, Benoît Delaunay. Celui-ci aura précédemment honoré deux rendez-vous marseillais avec le maire de Marseille et la présidente du Département.

    Des budgets très serrés

    Dans le Var, le vice-président de la Région, François de Canson, visitera deux Lycées professionnels à Toulon et Hyères avant de se rendre dans un établissement d’Istres. Un tour de chauffe pour celui qui pourrait succéder à Renaud Muselier, selon l’issue des sénatoriales, fin septembre. Quant au président (LR) du Conseil départemental du Var, Jean-Louis Masson, il jouera à domicile en se rendant au collège Jacques-Yves Cousteau à La Garde, ville dont il a été maire.

    Chacun aura bien évidemment à cœur de mettre en avant les différents dispositifs, travaux et projets financés par leurs collectivités. Mais il n’en reste pas moins que les budgets alloués deviennent de plus en plus difficiles à tenir, au regard des coupes et des plans d’austérité à répétition initiés par le gouvernement actuel. Sans compter celles qui touchent directement les établissements via les dotations.

  • À Avignon, la majorité prête à revenir sur la baisse des tarifs de la cantine

    À Avignon, la majorité prête à revenir sur la baisse des tarifs de la cantine

    Tout ne sera plus gratuit à Avignon ». Au cas où on aurait encore un doute, Olivier Galzi, maire (DVD), prépare les esprits à l’austérité pour redresser les finances de la Ville, placée dans un réseau d’alerte. « On ne s’interdit rien », assume, vendredi devant la presse, le premier magistrat en vue d’un « grand plan d’économies » pour le prochain budget. Une hausse des impôts n’est plus un tabou. Tout comme la révision des tarifs municipaux. Après avoir supprimé pour cette rentrée le kit de fournitures scolaires distribué à tous les élèves – un dispositif sur lequel n’est pas revenue à l’inverse la majorité RN de Carpentras -, la Ville pourrait à nouveau mettre à contribution les familles.

    Si en cette rentrée, les tarifs de la cantine n’évoluent pas, le risque est fort pour 2027. Pour rappel, lors du mandat précédent, la majorité Helle (PS) avait très significativement diminué le prix du repas aux familles par trois baisses aux rentrées 2022, 2024 et 2025. Résultat, un enfant sur deux déjeune pour moins d’un euro. « Un effort financier mais de solidarité », revendiquait Cécile Helle il y a un an. Par exemple, pour un des quotients familiaux, le repas est facturé 0,74 euro contre 1,96 auparavant. Plus de 80% des 8 535 élèves déjeunent à la cantine. Actuellement, les tarifs varient de 30 centimes à 2,95 euros pour une moyenne de 80 centimes. « On ne va pas se mentir, c’est ultra pas cher », constate Olivier Galzi, mettant en relief avec le prix réel de revient d’un repas qui est de « 10 euros ». « Il n’y a encore aucun arbitrage, on met tout sur la table, les tarifs de la cantine en font partie », prévient Olivier Galzi. La restauration scolaire fait l’objet d’un budget annexe dédié de 4,8 millions d’euros cette année.

    « La mairie ne va pas pouvoir tout absorber »

    Mais en creux, une hausse semble inéluctable. « Tout le monde veut de la quantité, manger bio, des fruits et légumes… La mairie ne va pas pouvoir tout absorber, donc on va réviser les tranches de manière acceptable », révèle le maire, précisant « qu’en aucun cas les enfants ne doivent être victimes des fragilités économiques de leurs parents, on les aidera à payer peu cher voire une quasi-gratuité ». Relancé sur l’impact de ce changement, dont la mesure faisait la fierté du mandat précédent, Olivier Galzi livre une analyse très comptable : « Ces baisses n’ont pas été gratuites, on les a payées différemment. La majorité précédente n’a pas baissé le tarif dans le sens où elle aurait supprimé une dépense comme par magie, elle a généré cette dépense sur d’autres charges que l’on retrouve dans les ratios économiques de la Ville. Notre responsabilité est de remettre des ratios pour que ce service public continue de fonctionner ». Et le maire d’asséner : « On arrête la démagogie, le service public a un coût ». Tout dépend de la place qu’on lui accorde qui relève là, de vrais choix politiques.

  • Rentrée : des ambitions sans réels moyens

    Rentrée : des ambitions sans réels moyens

    Quelques jours seulement après les annonces d’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale (notre édition du 28/09), Benoît Delaunay, recteur de l’académie d’Aix-Marseille et de la région académique Paca, emboîte le pas de son patron. « Il n’y aura pas cette année de réforme d’ampleur mais plutôt une poursuite de ce qui est déjà enclenché », a-t-il d’emblée confirmé, dans le sillon des déclarations de son supérieur, qui, jeudi, disait vouloir en finir avec « l’annualité des mesures qui limite les perspectives » Et de rappeler, dans la foulée, trois des quatre nouvelles priorités établies par Édouard Geffray la semaine passée : instruire, protéger, unir. Sur l’instruction, Benoît Delaunay rappelle qu’un focus doit s’établir sur deux points en particulier : la maîtrise de la langue française, « avec l’objectif d’une ressource de 2 500 mots de vocabulaire à la sortie de la maternelle », et celle des raisonnements scientifiques, « deux compétences sanctionnées lors des examens ». L’approfondissement de la démarche Collèges en progrès, mise en place en décembre 2025 et concernant 25 établissements de l’académie, a également été évoqué. « Les collèges choisis l’an passé continueront de bénéficier d’un renforcement de l’enseignement, a détaillé le recteur. Cela passe par plusieurs stratagèmes, comme, par exemple, la multiplication des entraînements au brevet ».

    Protéger et inclure

    Sur le volet de la protection, notamment contre les agressions sexuelles, au centre de vives contestations depuis l’affaire Lyhanna, dont le meurtre et le viol avaient révélé en mai de lourds dysfonctionnements judiciaires, Benoît Delaunay assure que les élèves recevront, dans les semaines qui suivent, le questionnaire dédié promis par le ministre. Concernant la lutte contre les écrans, qui passe cette année par un élargissement de l’interdiction des téléphones, désormais également prohibés au lycée, le recteur se dit confiant. « Les lycées attendent cette loi depuis plusieurs mois et sont préparés. Il n’y aura pas trop de difficulté à faire appliquer ce texte de nécessité publique », promet-il. Sur l’inclusion enfin, le recteur évoque une réalité « imparfaite » mais assure y apporter une « attention particulière ». Interrogé sur le cas des Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), mobilisés nationalement en juin pour réclamer un « vrai statut », Benoît Delaunay note que « la situation s’améliore » bien qu’« il s’agisse d’un travail de long cours ». L’académie devrait cette année compter 188 AESH de plus que l’an passé, a-t-il précisé.

    Baisse démographique

    Comme la quasi-totalité des académies, celle d’Aix-Marseille affronte cette année une baisse démographique, avec 5 000 enfants de moins en primaire et 800 au collège par rapport à 2025. Une diminution du nombre d’élèves qui, en début d’année, avait permis au gouvernement de justifier la fermeture de nombreuses classes, dont 55 dans l’académie d’Aix-Marseille. Une nouvelle carte scolaire qui avait suscité une importante fronde des professeurs des écoles en mars et avril derniers, ceux-ci voyant dans cette baisse démographique l’occasion d’améliorer l’encadrement des élèves. « L’académie n’a rendu que 20 postes de professeurs des écoles. Si on avait suivi la démographie, c’est plus d’une centaine d’emplois que j’aurais dû rendre, a justifié Jean-Yves Bessol, inspecteur académique des Bouches-du-Rhône. Le ministère, le département et l’académie tiennent donc compte de cette baisse démographique ». Et Benoît Delaunay de conclure : « Je voudrais finir sur les mots du ministre, fierté et espoir, et (…) rappeler que si, bien sûr, nous avons des difficultés, nous avons un socle solide ». Un socle tout de même attendu dans la rue le 29 septembre, à l’occasion d’une grève nationale de la fonction publique, où il sera notamment question des « moyens » à mettre en œuvre pour répondre aux bonnes intentions ministérielles…

    « Je veux rappeler que
    si, bien sûr,
    nous avons
    des difficultés, nous avons un socle solide »

  • [Entretien] « Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués »

    [Entretien] « Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués »

    La Marseillaise : En quoi la facturation électronique irait-elle à l’encontre du droit ?

    David Guyon : Il y a deux idées. D’abord on va avoir un contrôle de type fiscal, automatique en temps réel avec une collecte importante de données à destination de l’administration fiscale. Cela peut porter atteinte à la liberté d’entreprendre et au secret professionnel. Car sur la facturation, vous devez définir la nature de la prestation réalisée, l’identité du client… Le conseil national des Barreaux avait questionné le gouvernement et le compromis mi-figue mi-raisin mis en place n’est pas satisfaisant. Second argument, la protection des données personnelles. On voit bien que les services de l’État sont de véritables passoires, avec des failles systémiques, sans aucun respect du Règlement général sur la protection des données (RGPD), ce qui est contraire au droit européen.

    On part sur quelle procédure
    et sur quelle durée ?

    D.G. : Ce sera une procédure longue car si on voulait faire suspendre en urgence la facturation électronique on devrait démontrer que dans le cas particulier de nos clients, il y a un risque d’atteinte à leurs intérêts. Or ce risque n’est pas 100% sûr, le Conseil d’État ne suspendra pas pour des risques potentiels. La transposition du droit européen nous oblige à la réforme d’ici 2030 mais la France va plus vite (1er septembre 2026 : obligation de réception TPE/PME ainsi que d’émission des factures électroniques pour les grandes entreprises pour les TPE/PME d’ici un an). On ne sait pas comment ça va se passer pour un particulier qui aura besoin d’une facture après avoir fait appel à un restaurateur ou un artisan. Certains auto-entrepreneurs clôturent leur micro-entreprise car cette paperasserie administrative ne leur convient pas.

    Quels types d’entreprises vous contactent ?

    D.G. : On a déjà une dizaine de clients : auto-entrepreneurs, profession libérale médicale et des grosses entreprises de 300 salariés.

    N’est-ce pas un bon moyen de lutte contre les fraudes à la TVA ?

    D.G. : C’est clair que pour l’État la facturation électronique est un super moyen de s’assurer que la TVA due sera collectée. Vous organisez de manière préventive un contrôle fiscal à l’égard de toutes les sociétés qui jusque-là partaient sur du déclaratif. Là, on change de modèle. Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués par l’État. On aimerait un choc de productivité plutôt qu’un choc de contrôle de la productivité.

    N’est-ce pas une évolution technologique inévitable ?

    D.G. : Je combats un choix de société. En tant qu’avocat, je suis pour la liberté et la responsabilité qui va avec. Vous êtes libre d’optimiser votre fiscalité mais si vous ne respectez pas les règles du jeu, vous êtes sanctionnés sévèrement. Je ne suis pas sûr que cette réforme soit un bon signal envoyé à la population qui doit créer de la richesse.

  • Quand les animaux sauvages paient le prix du dérèglement climatique

    Quand les animaux sauvages paient le prix du dérèglement climatique

    Plus personnes ne peut ignorer les causes des canicules qui se multiplient et des sécheresses qui s’intensifient. Un dérèglement climatique qui touche de plein fouet aussi nos forêts avec des conséquences sur la faune qu’elles abritent. Pour mémoire depuis juillet, dans le seul département du Var, les incendies ont ravagé plus de 7 450 hectares. Mais malgré l’intensité de ces derniers, « ce sont bien les canicules successives qui expliquent la majorité des signalements de détresse animale », explique l’association. La hausse des appels sur sa ligne SOS Faune Sauvage a en effet commencé dès le mois de mai, donc bien avant que les flammes ravagent nos massifs.

    En tout cas, l’effet cumulé des chaleurs extrêmes et prolongées et du piège que peut constituer le feu pour ceux qui ne parviennent à fuir à temps a été dévastateur.

    Lorsqu’un incendie approche, la plupart des mammifères et des oiseaux adultes parviennent à fuir, explique-t-elle. En revanche leurs petits, restés dans les terriers ou les nids, n’ont pas cette chance : trop jeunes pour se déplacer seuls, ils sont incapables d’échapper au sort qui les attend.

    Perte de la biodiversité

    Lézards, serpents, tortues, insectes et petits mammifères comme les hérissons subissent le même sort.

    « Même en intervenant rapidement sur site ou à proximité, lorsque nous y sommes autorisés, les seuls survivants que nous trouvons sont généralement des mammifères pris au piège des clôtures dans leur fuite », explique l’association Totem. Comme ce chevreuil, rapatrié et pris en charge par Instinct Animal, qui n’a malheureusement pas survécu à ses blessures malgré les soins.

    Et de rappeler également que les incendies ont également des conséquences sur les oiseaux migrateurs dont notre département constitue pour eux un important couloir de passage où ils se posent parfois pour se reposer et se nourrir. Ce qui va être beaucoup plus difficile cette année. De manière plus générale, la perte d’habitat a un impact sur tous les animaux et il faut parfois des années pour qu’une espèce se rétablisse sur un secteur sinistré par les flammes. Le manque d’eau et de nourriture poussant les animaux à s’aventurer au-delà de leur habitat habituel où ils se retrouvent davantage menacés et victimes de collisions routières ou prédation par des animaux domestiques.

    Totem détaille également les bons gestes à adopter lorsqu’on trouve un animal en détresse. Comme le placer dans un endroit calme à température ambiante, ne lui donner ni nourriture ni eau et de contacter l’association*.

    *04.83.65.02.79.

  • L’Unapei lance sa campagne annuelle « J’ai pas école »

    L’Unapei lance sa campagne annuelle « J’ai pas école »

    Gecyna a 11 ans et vit à Montpellier. En cette rentrée scolaire 2026, alors que ses deux grandes sœurs prendront le chemin du lycée, elle ne pourra pas faire son entrée au collège. « Ma fille est porteuse d’un autisme sévère et non verbal, raconte sa mère Christelle Sendedemo, qui élève seule ses trois enfants. Depuis six ans, nous sommes sur liste d’attente pour obtenir une place en IME [instituts médicaux-éducatifs, Ndlr], mais toujours rien. J’ai dû arrêter de travailler pour pouvoir m’occuper d’elle à plein temps depuis maintenant deux ans. »

    La situation de Gecyna est loin d’être un cas isolé. En cette fin d’été, l’Union nationale des associations de parents de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei) a lancé sa campagne annuelle intitulée « J’ai pas école, mais tout peut changer », afin d’alerter sur les difficultés rencontrées par des milliers de familles pour permettre à leur enfant porteur de handicap mental d’accéder à une réponse éducative adaptée. L’étude, menée auprès de 38 associations qui suivent près de 5 000 enfants au sein de leurs établissements médico-sociaux ou en lien avec l’Éducation nationale, révèle que 76% des enfants accompagnés sont scolarisés moins de douze heures par semaine. Par ailleurs, seuls 24% d’entre eux bénéficient d’un temps de scolarisation supérieur à douze heures hebdomadaires et le délai d’attente moyen atteint désormais près de trois ans avant d’accéder à une solution d’accompagnement adaptée.

    Selon la section héraultaise de l’association, l’Occitanie est une région particulièrement touchée, avec pas moins de 2 500 enfants en attente d’une place dans une structure adaptée. Dans l’Hérault, ils sont 700 enfants à attendre une place en IME.

    « Ma première fille est elle aussi porteuse d’autisme, mais celui-ci prend une autre forme que celui de Gecyna, raconte Christelle. Elle est donc scolarisée en lycée professionnel. Ma seconde fille, elle, n’a que 16 ans et m’aide énormément avec Gecyna. Elle me seconde dans toute la gestion du quotidien alors que ce n’est qu’une adolescente. » Plus jeune, Gecyna a pu bénéficier d’une scolarisation en classe ULIS, qui s’est ensuite réduite progressivement. Aujourd’hui, sa mère explique que son handicap ne lui permet pas d’être scolarisée sans dispositif adapté : « Même l’école qui l’accueillait avant m’a dit que ce n’était pas qu’ils ne voulaient pas l’accueillir, mais qu’ils n’ont juste pas les moyens de répondre à ses besoins. »

    Une scolarité empêchée

    Christelle Sendedemo se dit à la fois « sidérée » et « révoltée » par cette situation. « Les enfants porteurs d’autisme peuvent apprendre si leur scolarité est correctement encadrée, déplore-t-elle. Mais ma fille en est privée. » La charge mentale induite par cette situation intenable provoque chez cette mère isolée des problèmes de santé, notamment de l’hypertension et des problèmes de sommeil. « Repousser un enfant autiste, c’est repousser aussi toute sa famille. »

    Pour que la situation de Gecyna et des autres enfants puisse changer, l’Unapei appelle les pouvoirs publics à agir au plus vite pour « construire des coopérations organisées pour des parcours sans rupture, de la petite enfance jusqu’à 25 ans ». De son côté, l’Unapei 34 porte depuis plusieurs années le combat de ces familles sans solution et a créé un service social pour les orienter et les conseiller. Ses membres participent aussi à des permanences de la plateforme Communauté 360*.

    En attente d’une réponse favorable d’un IME et après avoir contacté tous les établissements de son secteur, Christelle Sendedemo est toujours dans l’impasse. « L’enfant qui ne fréquente plus l’école est un enfant isolé. Nous souffrons en silence, on fait semblant de nous voir, mais on ne nous entend pas. »

    *Dispositif national d’appui accessible via le numéro vert unique 0.800.360.360.

    « Repousser un enfant autiste, c’est repousser toute toute sa famille »