Category: societe

  • Après le refus d’obtempérer mortel, deux visions politiques s’affrontent

    Après le refus d’obtempérer mortel, deux visions politiques s’affrontent

    Après la mort d’un homme de 29 ans, tué après avoir été touché par deux coups de feu tirés par un policier municipal du Pontet, à la suite d’un refus d’obtempérer, ce mercredi 15 juillet vers 2h30 du matin au niveau du péage d’Avignon-Nord de l’A7, la polémique prend une tournure politique.

    L’agent auteur des tirs a été placé en garde à vue avant d’être mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner par une personne dépositaire de l’autorité publique ». Mais cette mise en examen n’est pas assortie d’une interdiction d’exercer.

    Une situation qui a suscité des réactions contrastées au niveau local. Le maire (RN) du Pontet, Joris Hébrard, apporte « tout son soutien » au policier et estime qu’il pourra reprendre son travail comme avant. Le député de Vaucluse Raphaël Arnault (LFI-NFP) dénonce des propos qui « laissent en effet entendre qu’une décision judiciaire pourrait être anticipée par le pouvoir politique ». Il établit aussi un parallèle avec la proposition de loi sur la présomption de légitime défense des policiers et gendarmes, adoptée le 7 juillet dernier. « Plusieurs autorités indépendantes de la République ont déjà alerté sur les dangers d’un tel texte », rappelle le parlementaire, citant, entre autres, la Défenseure des droits.

    David Pascal, secrétaire départemental du PCF, appelle à une « clarification des missions », en affirmant que « les missions régaliennes de sécurité, d’intervention et de protection des populations relèvent de la police nationale et de la gendarmerie ».

  • [C’est l’été] Métrologie légale, avec la police des poids et mesures

    [C’est l’été] Métrologie légale, avec la police des poids et mesures

    Le fourgon de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets) sitôt garé entre les pompes à essence, les agents installent les cônes de signalisation pour en barrer l’accès, le temps de leur intervention. Ce jeudi, c’est un contrôle inopiné que réalise le service de métrologie légale dans la station de service voisine de la Rouvière, dans le 9e arrondissement de Marseille. Avec un objectif simple : vérifier que le volume de carburant payé par les automobilistes correspond bien à ce qu’ils ont versé dans leur réservoir. « L’erreur maximale tolérée est de 0,5%, c’est très fin, précise le responsable du service, Frédéric Schneider. Quand l’utilisateur fait son plein, il doit obtenir 50 litres… plus ou moins une petite brique de jus d’orange ! »

    Au total, ils sont neuf dans la région à opérer ces contrôles pour l’état, de Nice à Briançon, avec une attention particulière pour les établissements stratégiques de l’étang de Berre. « La métrologie, c’est la science de la mesure, explique Frédéric Schneider. Ce que nous faisons – la métrologie légale – ce sont toutes les procédures de contrôle pour s’assurer que les instruments de mesures sont fiables. » Et de préciser : « Nous avons ce rôle de police des instruments, mais nous sommes souvent bien accueillis : les professionnels ont compris que c’est un outil qui les protège de la concurrence déloyale et cela protège aussi les consommateurs. »

    Le champ d’application est immense. Les agents interviennent dès lors qu’il y a une transaction commerciale, un intérêt de santé publique ou de sécurité sur les 37 catégories d’instruments de mesures recensés, des compteurs des taxis aux diverses balances, des radars aux éthylomètres… Et le responsable de sortir une bière (vide) : sur le culot est inscrite la hauteur depuis le goulot que doit atteindre le liquide pour obtenir le volume indiqué. « Les instruments de mesures sont partout, on ne s’en rend pas compte au quotidien », sourit-il.

    90% d’instruments fiables

    Au-delà des évolutions technologiques que rappellent les balances anciennes qui encombrent les étagères de leurs bureaux, le cœur de mission de ces agents a changé au fil des dernières décennies. « La réglementation doit s’adapter aux évolutions juridiques dans un souci d’harmonisation européenne, et nous avons suivi l’évolution avec la délégation au secteur privé », témoigne le responsable. Avec la mise en place du marché commun européen dans les années 1990 se sont imposés les organismes de certification privés agrémentés. Désormais, les agents doivent contrôler leur travail, en plus d’une mission de surveillance du marché. Sur la pompe à essence de la Rouvière figure ainsi cette vignette verte apposée par l’organisme, indiquant que celle-ci est conforme – elle serait rouge le cas échéant – tandis que chaque contrôle est recensé dans le carnet métrologique de l’appareil. Une fois le capot de la pompe démonté, les agents vérifient aussi que les scellements mis en place par l’organisme sont bien intacts, preuve qu’il n’y a pas eu d’autre intervention sur l’appareil.

    Puis vient le contrôle des instruments eux-mêmes. Après un premier remplissage pour les « mouiller », les deux jauges sont remplies. L’une à 20 litres, à pleine pression, pour vérifier si le calculateur numérique de la pompe affiche la bonne valeur. L’autre à 5 litres, avec un petit débit, pour vérifier si les pistons qui injectent le carburant dans le mesureur ne sont pas usés. Le compte précis atteint à l’écran, les agents se penchent sur la fenêtre de lecture, règle à la main. L’écart n’est que de -0,16%. Loin de la marge d’erreur, même si le prochain contrôle technique devra faire passer la différence sous la barre de 0,1%.

    Dans la majorité des cas, les installations restent bien dans les clous. En 2025, sur les 7 000 instruments contrôlés dans 1 600 sites répartis sur toute la région, seuls 10% environs n’étaient pas conformes. « Notre objectif n’est pas de punir, c’est la fiabilité de l’instrument, souligne Frédéric Schneider. Mais si l’on est face à quelqu’un qui ne veut pas régulariser, nous sommes obligés de sévir. » L’année précédente, 65 procédures contentieuses ont ainsi été engagées. La sanction avait même été rendue publique, il y a quelques années, pour un grand aéroport de la région : « Le pèse-bagage était mal positionné, quand on posait notre masse étalonnée, le résultat était aléatoire », raconte le responsable. Avec parfois des surcoûts pour les voyageurs, jusqu’à l’intervention du service de métrologie légale.

    Une loi de 1837

    Après la création du mètre sous la Révolution, c’est la loi du 4 juillet 1837 qui met en place les« vérificateurs des poids et mesures » pour constater les infractions « concernant le système métrique des poids et mesures », jusqu’à leur saisie. Avec des articles toujours en vigueur !

  • [C’est l’été] Jeux, loisirs et spectacles à Carpentras

    [C’est l’été] Jeux, loisirs et spectacles à Carpentras

    Consacré à la découverte de la nature cette semaine, le Village des loisirs est un rendez-vous estival proposé chaque été à Carpentras.

    Observer et apprendre

    en s’amusant

    Petits et grands sont donc attendus au jardin du château de la Roseraie, dès ce mardi et jusqu’à jeudi pour une nouvelle semaine thématique en collaboration avec l’association Les Francas.

    Au programme, des ateliers culturels, scientifiques ou encore artistiques mais aussi des découvertes et expériences en tous genres autour du vivant, de l’eau, des plantes et des petites merveilles que l’on a parfois tendance à oublier. Un moment familial pour respirer, observer, créer et découvrir. Jeudi, la soirée jouera les prolongations avec une projection en plein air. Le tout accessible gratuitement.

  • [C’est l’été] À Saint-Cyr-sur-Mer, grand show acrobatique et bal populaire

    [C’est l’été] À Saint-Cyr-sur-Mer, grand show acrobatique et bal populaire

    C’est une soirée incroyable qui attend les habitants et vacanciers installés à Saint-Cyr-sur-Mer, ce mardi dès 21 heures, sur ce que la municipalité appelle désormais « Les Terrasses des Lecques ». Un lieu marqué par la fermeture de plusieurs établissements et où la Ville a à cœur de remettre de la vie. D’ailleurs, un embellissement immédiat a été réalisé avant d’engager des chantiers et travaux qui dureront sur le long terme.

    Ainsi, face à cette volonté de redynamiser le site qui vient prolonger naturellement la promenade rose et le Vieux-Port avec une programmation estivale à la fois familiale et variée, pensée comme une scène à ciel ouvert en cette période estivale, petits et grands sont attendus pour profiter du spectacle de l’équipe spéciale des sapeurs-pompiers du Rhône et de la Métropole de Lyon.

    Composée d’une trentaine d’athlètes issus des casernes du Rhône, cette association historique du Service départemental-métropolitain d’incendie et de secours (SDMIS), vieille de 90 ans, réunit plus de 50 membres qu’ils soient sapeurs-pompiers professionnels, volontaires ou jeunes sapeurs-pompiers.

    Un spectacle hors du commun pour les familles

    Au programme, un show unique qui mêle acrobaties, humour et effets pyrotechniques dans une volonté de dépassement de soi. Frissons et émotions garanties pour les petits comme pour les grands !

    Après deux heures de spectacle, la soirée se poursuivra avec un grand bal populaire animé par un DJ jusqu’à 1h du matin sans oublier que food-trucks et buvettes seront installés sur place pour vous restaurer.

    Spectacle à partir de 21h et bal
    à partir de 23h. En accès libre.

  • De jeunes Marseillais sont en vacances à Briançon

    De jeunes Marseillais sont en vacances à Briançon

    « Les valises d’abord s’il vous plaît ! » Devant les minibus, boulevard des Dames à Marseille, Florence Léon, co-coordinatrice du séjour, donne le ton. Un à un, les adolescents chargent leurs bagages avant de prendre la route pour cinq jours vers le Puy-Saint-André, près de Briançon.

    Ce départ s’inscrit dans le dispositif municipal « Vacances pour tous ». Depuis 2020, il permet aux enfants de familles modestes de partir en colonie pour un tarif compris entre 1 et 10 euros par jour. « C’est important de transmettre le message que les vacances ne doivent plus être un luxe », rappelle Farida Benaouda, conseillère municipale déléguée aux vacances pour tous. Cet été, 73 séjours permettent à 1 667 enfants de partir en vacances.

    Organisé avec l’association marseillaise Contact Club, le voyage de ce lundi réunit 14 jeunes des 1er, 2e et 3e arrondissements. « L’idée, c’est de les sortir de leur quotidien qui n’est pas toujours simple », explique Kamir Zitouni, animatrice de l’association et co-coordinatrice du séjour. Cette année, collégiens et lycéens partagent le séjour pour « les responsabiliser et apprendre les uns des autres ».

    Pour Lalissa, 13 ans, qui repart pour la deuxième fois, l’impatience prime : « On s’entend tous bien, donc j’ai vraiment hâte de partir. » Même enthousiasme chez Sara et Rouaya, 15 ans. « Ce qu’on attend le plus ? L’ambiance, répondent-elles en chœur. Être avec d’autres jeunes et changer d’air, ça fait du bien. » Sac sur le dos, Rouaya vérifie un dernier détail avant d’embarquer. « T’as bien pris l’enceinte, hein ? », lance-t-elle à l’animatrice Kamir.

    Sur les traces de Vauban

    Derrière la convivialité, le séjour répond à un objectif éducatif. « Le but est d’enrichir leurs connaissances. Cette année, on a choisi le thème “Sur les traces de Vauban” », détaille Kamir Zitouni. Un clin d’œil qui prend tout son sens à Briançon, terre du célèbre ingénieur du XVIIe siècle.

    Autre ambition, développer leur autonomie : « Ils doivent faire le ménage, la vaisselle, la nourriture », détaille Florence Léon. À cela s’ajoute un changement de décor. « On est dans un petit village, sans réseau. On veut qu’ils soient le moins possible sur les écrans. »

    Une précision qui fait sourire les mamans, restées devant les minibus jusqu’au dernier moment. « Pour avoir des nouvelles, il faut m’envoyer un message », leur glisse Kamir. Et de conclure avant que les portes ne se referment : « C’est fait exprès, sinon, ils sont scotchés à leur téléphone. »

  • [Tibune] L’optimisme d’une volonté éclairée par les leçons de l’Histoire

    [Tibune] L’optimisme d’une volonté éclairée par les leçons de l’Histoire

    Nous apprenons aujourd’hui qu’à Paris a été brisée la plaque en hommage à trois Justes parmi les Nations qui sauvèrent un enfant juif. Dégoût… Je tiens à citer leurs noms : Arsène et Angele Richard et leur fille Marcelle.

    Ici, nous avons entendu avec une émotion qui ne peut s’éteindre les noms de la centaine d’enfants juifs déportés du camp des Milles puis assassinés à Auschwitz, uniquement parce qu’ils étaient considérés comme juifs. Et puis, émouvants autrement, les noms des Justes qui ont aidé les victimes au camp des Milles. « L’irréparable » évoqué par Jacques Chirac était commis à l’été 1942 au Vel d’hiv en zone occupée sous autorité allemande, mais aussi en zone non occupée sous l’autorité française de Vichy. Ombres et lumières.

    Seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact aujourd’hui, le camp des Milles est devenu, après 30 ans de lutte pour un Site mémorial, un lieu de mémoire et d’éducation citoyenne à qui, avec nos anciens Denise Toros Marter, Louis Monguilan et mon père Sidney, nous avions donné pour double mission de devenir un lieu témoin qui survivrait aux témoins et un lieu pédagogique innovant qui aide à passer de l’exclamation « Plus jamais ça ! » à « Comment faire pour que plus jamais ça ? » C’est ainsi que, après son ouverture, notre Site-mémorial est devenu un pôle mémoriel, culturel, éducatif et citoyen aujourd’hui reconnu aux niveaux national et international.

    Au cœur de cette reconnaissance se trouve son modèle scientifique et pédagogique inédit qui construit l’articulation entre la mémoire et le présent dans un « volet réflexif et citoyen ».

    S’appuyant sur neuf disciplines scientifiques, cette démarche fournit des clés de compréhension des mécanismes menant aux crimes de masse mais aussi des ressorts pour y résister. C’est sur cette base que fut conçue la muséographie innovante du Volet réflexif du camp des Milles et que sont développées aujourd’hui une Chaire de l’Unesco et notre démarche vers l’inscription du Site au patrimoine mondial de l’humanité. C’est sur ce socle robuste que sont menées nos médiations et formations qui ont touché plus d’1,2 million personnes, de jeunes particulièrement mais aussi d’élus, de magistrats, forces de l’ordre, enseignants, cadres d’entreprises, syndicalistes, associatifs, sportifs, détenus…

    L’analyse de la Shoah, confirmée par celle des autres grands crimes génocidaires du XXe siècle, met ainsi en lumière les étapes et mécanismes humains récurrents qui peuvent mener une société démocratique vers un autoritarisme criminel.

    Je souhaite ici, à la veille de mon retrait de la présidence de la Fondation du Camp des Milles, rappeler ces fortes leçons de l’histoire que notre recherche a fait émerger et qui nous interpellent directement aujourd’hui :

    1. La démocratie commence après l’élection

    Aujourd’hui, presque tous les régimes non démocratiques se sentent obligés d’organiser des élections. Et l’histoire confirme qu’une légitimité démocratique ne repose pas seulement sur le suffrage universel ; elle exige le respect absolu des droits, des libertés, des minorités et des contre-pouvoirs. Sans ces piliers, le vote perd sa légitimité démocratique, comme l’attestent l’histoire du nazisme et du stalinisme. L’accès d’Hitler au pouvoir avec seulement 33,1 % des voix rappelle qu’un régime autoritaire peut s’installer par les urnes, sur un fond de passivité d’une majorité de citoyens et d’alliances opportunistes. Des hommes politiques modérés étaient en effet persuadés de pouvoir canaliser des extrémistes en col blanc. L’histoire leur a donné tort et ils l’ont souvent payé de leur vie.

    2. L’engrenage vers le pire est nourri par tout extrémisme.

    Dans un contexte de perte de repères collectifs conduisant certains citoyens à préférer un ordre autoritaire aux libertés républicaines, le basculement s’est opéré parfois en quelques mois seulement, avec un affaiblissement de l’État de droit démocratique et de l’indépendance des contre-pouvoirs politiques, judiciaires et médiatiques. Avec aussi l’ouverture rapide de premiers camps pour des internements arbitraires.

    Ce processus mortifère repose sur des engrenages psychologiques et sociétaux puissants – comme l’effet de groupe et la soumission aveugle à l’autorité – qui peuvent transformer des citoyens ordinaires en complices voire en bourreaux. Lorsque les discours politiques s’égarent, ils libèrent des passions, des peurs et des haines qui conduisent vite à des violences mal maîtrisables. Alors le nouveau pouvoir se radicalise encore sous l’effet des contestations de ses opposants et des surenchères dans son propre camp, qui s’ajoutent souvent à des promesses fortes non tenues et à des provocations internes ou étrangères.

    3. Une alerte de l’histoire : l’antisémitisme comme symptôme et accélérateur des crises sociétales

    Dans l’histoire européenne, dans l’affaire Dreyfus comme sous le régime de Vichy, l’antisémitisme est un avertisseur et un accélérateur des désordres sociétaux. Aujourd’hui, le retour massif des actes antisémites à l’échelle mondiale comme le développement du racisme et de la xénophobie, révèlent des maux profonds de notre époque : la brutalisation de la société, l’inculture crasse nourrie par les réseaux sociaux, la montée des crispations identitaires, des inégalités, du ressentiment et des jalousies, l’augmentation des peurs. Mais il montre aussi, comme souvent dans l’histoire, une instrumentalisation cynique par des extrémistes sectaires et communautaristes soufflant sur les flammes de l’incendie antisémite. Pour ce faire, et depuis le stalinisme, l’antisionisme masque et aggrave souvent l’antisémitisme.

    N’oublions donc pas que l’histoire nous enseigne que l’antisémitisme et les racismes ont un potentiel explosif exceptionnel, menaçant la démocratie et la paix civile et justifiant une vigilance et une fermeté elles-mêmes exceptionnelles.

    4. Chacun peut résister, chacun à sa manière

    C’est le principal enseignement du courage des Justes que nous honorons aujourd’hui. Face aux persécutions individuelles et aux extrémismes de tous bords qui menacent la paix civile et l’État de droit, chaque citoyen possède le pouvoir d’agir, à son échelle et selon ses moyens. Des actes individuels ou collectifs ont aidé, protégé, sauvé, qu’ils soient héroïques ou en apparence plus anodins : un mot de soutien, un hébergement clandestin, un refus d’obéir… La passivité, plus encore que l’indifférence, est le principal facilitateur des persécutions, tandis que l’engagement éthique individuel est le dernier rempart des libertés lorsque la Justice n’est plus indépendante. Ces sursauts de conscience ont permis des milliers « d’actes justes », connus ou anonymes, qui ont permis de sauver des dizaines de milliers de vies humaines avant même que le rapport de force militaire ne soit inversé.

    C’est en effet la conscience morale qu’il faut alors écouter en chacun de nous. Par-delà les limites des lois parfois illégitimes et même de la raison parfois sans repères, la conscience morale nous rappelle l’humain comme valeur centrale et l’humanisme comme boussole.

    C’est aussi pour favoriser le réveil de cette conscience intime que, au nom de la mémoire des victimes et des Justes, la Fondation du camp des Milles en appelle à un véritable « courage de mémoire », celui d’appliquer dès aujourd’hui les leçons du passé, universelles et universalistes, pour combattre les engrenages enclenchés, le retour des haines, des discriminations et des violences, et pour faire de la mémoire un engagement concret au service de la démocratie, de la dignité et de la fraternité.

    Nous connaissons la phrase de Paul Eluard : SI L’ÉCHO DE LEUR VOIX FAIBLIT NOUS PÉRIRONS

    Qui d’entre nous est prêt à prendre ce risque vital, pour lui-même et les siens ?

    Une fois encore, au pessimisme de l’intelligence je préfère opposer l’optimisme d’une volonté aujourd’hui éclairée par les leçons de l’histoire, mais aussi la confiance en une jeunesse curieuse et sensible aux valeurs qui nous animent.

  • Les pieds dans l’eau, la SNCF rénove le viaduc de Bédarrides

    Les pieds dans l’eau, la SNCF rénove le viaduc de Bédarrides

    À Bédarrides, alors que le Département achève la restauration du pont roman, fermé jusqu’au 1er août et qui permet d’entrer dans le cœur de ville (notre édition du 08/08/25), la SNCF s’attelle, de son côté, à rénover un autre ouvrage enjambant la rivière : le viaduc, l’un des 2 686 que compte le réseau ferré dans la région. Inauguré en 1854, il se situe sur la ligne classique Paris-Lyon-Marseille et recevait les TGV jusqu’en 2001. Désormais, entre 110 à 150 trains le franchissent chaque jour, qu’ils soient des TER et de marchandises (fret).

    Un ouvrage presque bi-centenaire qui présentait quelques signes de fatigue au sein de ses fondations. « L’ouvrage est sain, mais il a subi, avec le temps, l’érosion dans le lit de la rivière, les variations de courants et de niveaux d’eaux », présente Karim Touati, directeur régional de SNCF Réseau, qui organisait, ce vendredi, une visite de chantier. Démarré à la mi-juin, il devrait s’achever au plus tard fin octobre. « On profite de la période où l’eau est à son plus bas niveau en minimisant le risque de crue, expose Karim Hassani, pilote de l’opération pour SNCF Réseau. Ce n’est pas un chantier classique et facile sur une voie, mais dans l’eau, un contexte différent. » Des capteurs permanents mesurent d’ailleurs les vibrations du viaduc, dont les travaux ne nécessiteront aucune interruption du trafic.

    Le viaduc prêt à repartir « pour 100 ans »

    « Il y a trois phases de chantier : le terrassement, le forage des deux piles du pont pour réinjecter du béton jusqu’à 6 m de profondeur et la protection des culées, piles et berges avec un enrochement », détaille Alexandra Cattarello, ingénieure et cheffe de chantier chez Soletanche-Bacchy, une des nombreuses sociétés mandatées par la SNCF pour les travaux. En intervenant en milieu aquatique, les contraintes sont plurielles. « Chaque soir, aucun matériel ne reste dans le lit de la rivière », détaille Karim Hassani. « Ce sont des installations fusibles, faites pour sauter très vite en cas de crue », précise Guillaume Raccasi, responsable hydrologique chez Actierra, cabinet de conseil spécialisé en ingénierie écologique.

    La SNCF n’a évidemment pas embauché des plongeurs pour réaliser son chantier. Le cours de l’Ouvèze a été détourné, de manière à assécher une première pile. Une fois que les travaux seront achevés sur celle-ci, l’opération sera renouvelée en remettant en eau la pile rénovée et assécher la seconde, fin août. Le tout sans altérer la digue naturelle en construisant par-dessus une rampe d’accès. Un chantier à 1,8 million d’euros, « permettant au viaduc de repartir pour 100 ans », conclut Karim Hassani.

  • L’ancien palais de justice de Brignoles mis sous protection

    L’ancien palais de justice de Brignoles mis sous protection

    Le ministère de la Culture a ouvert une instance de classement au titre des monuments historiques de l’ancien palais de justice de Brignoles (Var), édifié entre 1839 et 1842. Cette décision ministérielle rare, signée le 20 mai 2026 et qui vient d’être publiée, répond à une demande de l’association Sites & monuments qui avait interpellé en urgence l’État pour sauver l’édifice de 1 000 m2.

    « Le dépôt le 14 août 2025 d’un permis de démolir partiel fait peser une menace directe de transformations irréversibles, d’altérations architecturales substantielles et de perte de lisibilité des volumes et des dispositions d’origine sur cet ensemble d’intérêt patrimonial majeur », a écrit en février Sandrine Rolengo, la déléguée régionale Paca de l’association de défense du patrimoine. Son courrier à Rachida Dati soulignait l’extrême urgence à intervenir. « Dans un contexte de pression foncière et de renouvellement urbain, ces risques appellent une réponse immédiate des pouvoirs publics. »

    « Un ensemble architectural complet »

    Après le départ du tribunal du centre-ville, le bâtiment historique est resté vacant et s’est dégradé jusqu’à l’effondrement partiel de la toiture et de zones de plancher. « La préservation en l’état étant devenue impossible, notamment en raison du coût nécessaire, il a été décidé la démolition partielle du bâtiment, en ne conservant que la façade principale », énonçait, en juin 2025, la mairie de Brignoles dans l’appel d’offres pour sa déconstruction. L’instance de classement garantit désormais la sauvegarde de cet ensemble « dans l’attente de l’instruction d’une mesure de protection pérenne ». « Tous les effets du classement au titre des monuments historiques s’appliqueront de plein droit à cet immeuble pendant une durée d’un an », énonce la décision.

    L’ancien palais de justice est l’œuvre de l’architecte Esprit Lantoin (1787-1856), qui l’a conçu dans un style néoclassique comme « élément central d’un ensemble architectural complet d’édifices construits pour les institutions judiciaires et pénitentiaires sous la monarchie de Juillet ». C’est en réalité tout le pôle judiciaire du XIXe qui mérite d’être sauvé. C’est pourquoi Sites & monuments a demandé que soient également protégées l’ancienne prison, l’ancienne gendarmerie, la place et sa fontaine. « Bien que situés dans le Site patrimonial remarquable de la ville, ces édifices méritent une protection individuelle afin d’assurer leur conservation, leur restauration et leur transmission aux générations futures », vient d’écrire l’association reconnue d’utilité publique au maire de Brignoles, Didier Brémond (LR), pour demander une reconversion de l’îlot plus respectueuse du patrimoine.

  • La céramique et les santons mis à l’honneur tout l’été à Aubagne

    La céramique et les santons mis à l’honneur tout l’été à Aubagne

    Le cours Maréchal-Foch fourmille de visiteurs. À Aubagne, le traditionnel marché à la céramique et aux santons débute sa saison. Il est organisé en partenariat avec l’association des céramistes et santonniers du Pays d’Aubagne et l’Office de tourisme du Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Une inauguration « émouvante », selon Jean-Pierre Squillari (DVG), maire de la ville, qui salue une initiative lancée par l’ancien premier magistrat communiste Edmond Garcin. À ses côtés, Florence Amy, présidente de l’association organisatrice, était présente.

    Neuf exposants peuvent faire découvrir leur savoir-faire et leurs créations. Les arts de la table, de la décoration et des santons sont mis à l’honneur par les artisans présents. Des santons, des assiettes, des vases, des tasses, des pots de beurre ou encore des cigales ornent les étagères.

    Un marché pour les curieux et les habitués

    Parmi les artisans, il y a des habitués. C’est le cas de Marie-Claude, artisane pour la faïencerie Louis Sicard. Cette enseigne a sa place sur le marché depuis le début de son existence, en 1968. La faïencerie est connue pour ses célèbres cigales, créées par Louis Sicard. « Ce marché, c’est une opportunité de se faire connaître, pour que les gens viennent nous voir ensuite au magasin », explique Marie-Claude.

    Cette vitrine est également très importante pour les nouveaux exposants, comme Aurélie, céramiste à Ceyreste. Elle crée surtout des bijoux. C’est la deuxième année consécutive qu’elle vient sur le marché. Elle se dit heureuse d’être ici : « Il faut que je sorte de mon atelier, c’est important d’être au contact de sa clientèle. » Aurélie proposera également un atelier participatif lors des nocturnes du marché : « Les visiteurs pourront décorer leur propre assiette en terre cuite avec de la peinture acrylique, et repartir avec. » Ces nocturnes auront lieu tous les vendredis soir, de 18 à 21 heures.

    « Une ambiance chaleureuse »

    Au milieu des neuf tonnelles qui abritent les œuvres des artisans, des petites tables et chaises sont mises à disposition du public par le bar-tabac Le Week-End. Un village au cœur de la ville. « On vient tous les matins pour boire le café, on habite à côté », dit Hervé, sa tasse à la main. Et de préciser : « Ce que j’aime ici, c’est l’ambiance provençale. » Sa compagne, Françoise, raconte qu’elle vient au marché depuis son enfance. Elle, aussi, est santonnière : « On salue nos collègues, l’ambiance est chaleureuse. »

    Le marché est ouvert tous les jours jusqu’au 23 août, de 10 à 19 heures, et les vendredis soir jusqu’à 21 heures. Entrée libre.

  • Le Muséum d’histoire naturelle d’Aix poursuit ses ateliers pédagogiques

    Le Muséum d’histoire naturelle d’Aix poursuit ses ateliers pédagogiques

    Bien que son site soit toujours fermé au public, le Muséum d’histoire naturelle poursuit ses activités spécialement conçues pour les périodes de vacances. Destinés notamment aux plus jeunes, ces ateliers pédagogiques se déroulent dans la salle Gassendi. Durant la saison estivale, les équipes du Muséum proposent une thématique centrée sur la paléontologie, étroitement liée à l’actualité locale. Les recherches scientifiques se poursuivent en effet dans la réserve naturelle de la Sainte-Victoire, tandis que le secteur des « Grands-Creux » est réputé pour abriter des vestiges d’œufs de dinosaures.

    Les participants pourront aussi découvrir les fossiles, mais aussi des sujets liés aux plantations, aux graines ou aux sculptures ancestrales. Les ateliers ont débuté le 6 juillet et se poursuivent à intervalles réguliers.

    Dès ce mardi 21 juillet, un atelier consacré aux chauves-souris est proposé afin de démystifier cet animal, autour duquel circulent de nombreuses croyances. Le surlendemain, jeudi 23 juillet, un rendez-vous dédié aux fossiles, réservé aux plus de 8 ans, permettra notamment d’apprendre à reconnaître les « vrais » fossiles et à mieux comprendre leur rôle dans l’histoire de la biodiversité. La semaine d’animations s’achèvera le vendredi 24 juillet avec un atelier consacré à la peinture pariétale. Une initiation aux techniques de la peinture rupestre est notamment au programme.

    Les activités proposées par le Muséum se poursuivront ensuite jusqu’au vendredi 31 juillet. Pour participer aux ateliers, une participation de 4,60 euros est demandée. Chaque séance dure environ deux heures.

    Réservations au 04.88.71.81.81.