Category: societe

  • Contournement d’Arles, le président de la CCI interpelle l’État

    Contournement d’Arles, le président de la CCI interpelle l’État

    Le contournement d’Arles revient sur le devant de la scène. Après 25 ans d’instruction par les services de l’État, le projet a été désavoué par la commission de l’enquête publique, le 28 février dernier. Dans son avis défavorable au classement de l’ouvrage en autoroute, celle-ci pointe les incertitudes budgétaires ainsi que le report du trafic sur les voies secondaires. Pour éviter tout enlisement, les acteurs économiques du territoire interpellent l’État dans un courrier que Stéphane Paglia a adressé au ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot.

    Le président de la CCI du Pays d’Arles appelle « à la saisine du Conseil d’État afin d’obtenir la déclaration d’utilité publique dans les délais légaux », pour ce projet qu’il estime être « d’intérêt national et européen », puisqu’il « contribuera au développement économique d’un territoire stratégique, à la croisée de l’axe rhodanien et de la zone industrialo-portuaire de Fos-Marseille », en assurant une « continuité autoroutière entre l’Italie et l’Espagne ».

    Concernant le dispositif de péage, envisagé en 2024 puis remis en cause car il pourrait engendrer un report de près de 10 000 véhicules par jour, dont 3 000 poids lourds, sur le réseau secondaire gratuit, il assure que « ces paramètres peuvent encore évoluer ».

    Pour Stéphane Paglia, « le renouvellement, dans les prochaines années, de plusieurs concessions autoroutières [telle qu’Escota, filiale de Vinci Autoroute, Ndlr] constitue pour l’État une véritable fenêtre d’opportunité : intégrer la réalisation du contournement autoroutier d’Arles dans un ensemble remis en concurrence, plutôt que d’en porter une concession autonome et isolée ». Une option qui permettrait, selon lui, de sécuriser « un montage financier robuste », d’inscrire l’infrastructure de 26 km dans une « logique de réseau » et de répartir « l’effort économique dans le temps, sans faire peser une charge excessive sur les usagers locaux ».

  • À Aubagne, une micro-ferme pour sensibiliser à la biodiversité

    À Aubagne, une micro-ferme pour sensibiliser à la biodiversité

    Une micro-ferme agroécologique et pédagogique, c’est le projet qu’a imaginé Florent Bonello, fondateur des Jouals. À travers cette ferme, une cueillette de fruits et de fleurs se réalise afin de sensibiliser et de faire découvrir la biodiversité locale dès le plus jeune âge. « Le but était de faire découvrir et d’enseigner l’agroécologie », explique Florent Bonello.

    Depuis son plus jeune âge, le natif de Marseille vit au contact de la nature. Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur en agroécologie, il a immédiatement imaginé un projet pédagogique autour de la biodiversité. Les visites auront lieu chaque samedi du mois de mai, de 14h à 16h. Pour le moment, elles se limiteront à la découverte du site, sans cueillette, les fruits et végétaux étant encore en pleine croissance.

    Un autre aspect important du projet concerne le financement. L’acte d’acquisition du terrain est en cours de finalisation et le fondateur des Jouals a lancé une campagne de parrainage, disponible jusqu’au 31 mai.

    Un appui majeur

    Les Agri’Culteurs, plateforme de financement spécialisée dans les projets agroécologiques, soutiennent le projet des Jouals. Pour financer les 657 arbres et arbustes, Florent Bonello a acté un partenariat avec la société qui a ouvert ses portes depuis plus d’un an maintenant. « Nous partons du principe que les agriculteurs ne peuvent pas porter seuls la charge de prendre soin de l’environnement », déclare Jeanne Bonnet, présidente de la plateforme les Agri’Culteurs. Une rencontre décisive pour Florent Bonello, qui a pleinement adhéré à la démarche. « Elle (Jeanne Bonnet) est venue directement sur le terrain et m’a orchestré un panel de médias avec des vidéos, des images et du son pour la communication des Jouals, c’était parfait », ajoute-t-il. Jeanne Bonnet complète : « Son idée de projet correspond totalement à nos valeurs. L’idée est de soutenir des agriculteurs engagés en allant les aider à trouver des financements. »

    À ce jour, 31 donateurs ont déjà contribué, et le projet continue de progresser. Florent Bonello espère voir ses végétaux pleinement développés d’ici septembre, tout en poursuivant son ambition pédagogique : « La sensibilisation par l’émerveillement, c’est la clé de la réussite. C’est même un spectacle pour les enfants », affirme-t-il.

    Campagne de parrainage sur le site lesarbri-culteurs.fr

  • Plein champ sur la culture des tomates sous serres

    Plein champ sur la culture des tomates sous serres

    Cela fait bien dix ans que Jean-Pierre Perez n’a pas mis les pieds dans la terre au boulot. Installé à la sortie de Saint-Rémy-de-Provence, cet agriculteur produit pourtant, sur 2,5 hectares, 800 tonnes de tomates par an, récoltées de mars à octobre. La raison ? Deux immenses serres de production hors-sol « high-tech », comme le reconnaît le producteur, 3e du nom au sein de cette société familiale créée par son grand-père dans les années 60. Treize variétés y poussent, sous l’œil de 40 salariés en période de récolte. « La tomate est le légume le plus consommé en France, 14 kg par an et par personne. Or, on importe une tomate sur deux contre encore une tomate sur trois avant-Covid, on a perdu 25% de souveraineté alimentaire », campe Jean-Pierre Perez, par ailleurs secrétaire adjoint de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône.

    « Si on ne se modernise pas, on meurt »

    Son rendement permettrait de nourrir l’équivalent de six fois la population de Saint-Rémy ou les deux tiers des Avignonnais. S’il vend à quelques grossistes locaux, sa production est en immense majorité destinée aux grandes surfaces, « là où sont les débouchés puisque 72% des fruits et légumes en France y sont achetés », note Jean-Pierre Perez. Il fait partie de la coopérative AOPn tomates et concombres (association d’organisations de producteurs nationale), réunissant quelque 400 agriculteurs en France que l’on retrouve sous la marque Les Paysans de Rougeline. Ce qui n’empêche pourtant pas le gaspillage. « L’an dernier, 300 palettes de tomates cerises de notre coopérative ont été jetées par la grande distribution », déplore-t-il. La faute à un prix de vente trop élevé, « le système de grande distribution appliquant toujours du x2 entre prix d’achat et de vente ».

    Mais, si la filière cherche à communiquer aujourd’hui, c’est pour mettre en avant son nouveau label Serres d’avenir, vanté comme durable et respectueux de l’environnement. « On a été souvent dénigré, avec des reportages à charge d’Elise Lucet [Cash investigation], mais ça commence à aller mieux, je suis ambassadeur aussi auprès de la Région pour montrer aux jeunes notre travail », expose Jean-Pierre Perez. « Le Français veut son iPhone, sa voiture électrique, mais souhaite toujours un agriculteur avec son chapeau de paille et ses bottes en plastique. Or, si on ne se modernise pas, on meurt au sens figuré comme au sens propre. »

    Très standardisées, boostées à la technologie et supposées moins riches nutritivement, les tomates hors sol sont effectivement loin de l’image d’Épinal d’un légume façonné dans la terre, chouchouté par le paysan. « Venez goûter à l’aveugle, vous verrez ou pas les différences, ce qui compte, c’est la qualité de la graine, si elle est mauvaise et qu’elle pousse en terre, la tomate ne sera pas bonne », se défend Jean-Pierre Perez, qui ne « cherche pas la surproduction, mais la qualité ». « En plein champ, mon grand-père mettait 98 traitements par an, qui polluaient la santé et les sols, aujourd’hui, ça fait 8 ans que je n’ai pas mis de pesticides », se targue-t-il.

    4,5 millions d’euros d’investissements

    L’agriculteur agit en bio contrôle « avec des bébêtes gentilles qui mangent des bébêtes méchantes », schématise-t-il. « Avec les serres, on est à l’abri des intempéries et des ravageurs extérieurs, mais on est obligé de recréer un environnement naturel avec, par exemple, des ruches d’un bourdon pollinisateur », expose l’exploitant, adhérent du syndicat FDSEA.

    Les puristes pourraient y voir la négation même du métier. « Tout est géré par ordinateur et relié sur mon téléphone avec des interventions pilotables à distance, mais rien ne remplace l’œil averti que m’a transmis mon grand-père pour savoir si la plante a soif ou pas », justifie Jean-Pierre Perez. Surtout, ce système a une forte vertu environnementale. « On consomme quatre fois moins d’eau qu’en terre avec aucune perte, du recyclage et des réponses adaptées en permanence », fait-il valoir.

    Si son père avait été précurseur dans les années 80 avec des premières serres en plastique puis en verre, le virage pris avec ses serres ultramodernes était un passage obligé pour sa survie. « Il y a 10 ans, avec mon épouse on perdait de l’argent, on s’est posé la question d’arrêter ou alors d’évoluer grandement et de s’adapter », se souvient-il. Un investissement colossal de 4,5 millions d’euros a donc été choisi pour pérenniser l’exploitation. « On vivote, parfois, on perd de l’argent, d’autres années on en gagne beaucoup, mais je crois à notre métier, à condition d’avancer », conclut Jean-Pierre Perez.

  • À Marseille, des écoliers explorent les vestiges de la Seconde Guerre mondiale

    À Marseille, des écoliers explorent les vestiges de la Seconde Guerre mondiale

    L’objectif des visites est d’ancrer les enfants dans la réalité de leur quartier, afin qu’ils comprennent comment s’est inscrite cette période dans l’architecture de la ville », note Margaux Rovere, enseignante passionnée d’histoire à l’école Hozier (Rep+), dans le quartier de la Joliette (2e).

    De la Vieille Charité jusqu’à l’Hôtel de ville, l’itinéraire s’est organisé autour des six bâtiments épargnés lors du dynamitage, par les nazis, de 1 500 bâtiments, en février 1943. Les enfants, âgés de 10 ans, ont pu constater le contraste entre bâtiments d’époque et constructions d’après-guerre. « On parle beaucoup de la Libération de Paris, mais rarement de la Libération de Marseille. Pareil pour la rafle du Vel d’Hiv, alors que la rafle du quartier Saint-Jean est rarement évoquée », déplore l’enseignante, petite-fille de résistant. Pourtant, la rafle du quartier Saint-Jean est l’épisode de la Seconde Guerre mondiale qui a le plus marqué les élèves de CM2. Du 22 et le 24 janvier 1943, environ 6 000 personnes sont arrêtées. 1 642 sont déportées, dont près de 800 juifs, après un passage par des camps d’internement comme celui de Fréjus.

    Une pédagogie active

    Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet proposé par l’association Le Grand Bain, dont l’objectif est de rapprocher des écoles de quartiers défavorisés avec celles de quartiers plus aisés pour favoriser la mixité sociale, les échanges et les rencontres entre enfants de milieux différents autour de thématiques communes. L’école « hors les murs » permet de capter l’attention des enfants, mais aussi de les rendre acteurs du territoire.

  • Le moustique tigre sous haute surveillance dans notre région

    Le moustique tigre sous haute surveillance dans notre région

    Devenu invité permanent de nos jardins ou de nos balcons, le moustique tigre reste surtout un vecteur important de maladies, transmettant aux humains les virus de la dengue, du zika et du chikungunya, rappelle l’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), qui a officiellement ouvert la saison de surveillance de la bestiole le 1er mai.

    Avec plus de 97% de la population de la région qui vit au contact de cet insecte, un nombre inédit de cas autochtones a été enregistré en 2025 en Paca. Entre début juin et début novembre, 450 cas de chikungunya et 16 cas de dengue ont été recensés, « répartis en 35 épisodes distincts de transmission, essentiellement dans les Alpes-Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône », précise l’ARS.

    Un suivi précis des cas

    Ce qui fait de Paca la région la plus touchée, avec près de 60% des cas identifiés en France. Un niveau important comme « jamais elle n’en avait connu », commente l’ARS, même si la tendance est à l’augmentation, depuis 2022.

    Raison pour laquelle la mobilisation des professionnels de santé, des collectivités et de la population demeure essentielle, « pour prévenir la transmission et limiter la prolifération de l’insecte ». D’autant que, suite à la hausse des températures et à l’allongement des journées, les larves sont actuellement en plein développement après avoir passé l’hiver sous la forme d’œufs. Et vont rapidement devenir des moustiques tigres adultes, capables de piquer.

    Pour lutter contre ce fléau, l’ARS recommande d’éliminer les petites réserves d’eau une fois par semaine, notamment les coupelles de plantes, de bâcher ou recouvrir d’une moustiquaire les réserves d’eau, de ranger à l’abri de la pluie tout ce qui peut en contenir, et de nettoyer les gouttières ainsi que de ramasser les déchets verts.

    Grillages et moustiquaires, vêtements couvrants et amples, répulsifs et ventilateurs à fond peuvent aussi permettre de profiter de son extérieur. En cas de symptômes, tels que la fièvre brutale, des douleurs articulaires ou musculaires, des maux de tête et une éruption cutanée, l’ARS recommande de consulter sans attendre son médecin traitant. Chaque cas de dengue, chikungunya ou zika confirmé devant être déclaré pour identifier les lieux de contamination éventuels.

  • Un voyage solidaire et agricole en Palestine

    Un voyage solidaire et agricole en Palestine

    Nicolas* et Juliette* ont raconté, jeudi soir, leur voyage en Cisjordanie, pendant lequel ils ont aidé des Palestiniens à produire sur leurs fermes. Ils ont évoqué leurs histoires et projeté leurs portraits, avec l’objectif de documenter l’avancée de la colonisation israélienne. Vivant tous deux dans une communauté agricole autogérée, ils ont pu échanger leurs savoirs avec les Palestiniens.

    Parmi eux, Bayan, une Palestinienne, professeure à l’université, qui « ne sait jamais combien de temps elle va mettre pour aller à l’université avec tous les checkpoints », et « qui a peur d’être tuée à chaque checkpoint », rapporte Juliette. « Dès qu’elle a une voiture israélienne derrière elle, elle est en panique. » Dans leurs fermes, les Palestiniens « ne peuvent pas utiliser de grosses machines, sinon, le bruit attirerait les colons, a-t-elle expliqué. Ils cultivent pour être autonomes de l’occupation et pouvoir manger leur propre production. »

    Nicolas a également relaté son voyage dans le village encerclé de colonies israéliennes, Al Mughayyir, où il s’est rendu avec ISM (International solidarity movement) pour faire de la « présence solidaire ». Il y a par exemple effectué des rondes pour éviter les attaques de colons pendant la nuit. « C’est l’un des endroits où la colonisation est la plus avancée en Cisjordanie », explique-t-il. « La colonisation prend plein de formes différentes, comme faire pâturer des moutons dans des vergers d’oliviers appartenant à des Palestiniens pour ruiner la récolte », relate-t-il. Il a également décrit les « jeunes des collines », ces enfants israéliens « qui ont des problèmes à l’école et qu’on envoie coloniser la Palestine ».

    *Les prénoms ont été changés

  • Repenser son mode de vie avec la permaculture

    Repenser son mode de vie avec la permaculture

    Sylvain Eymard et Marjolaine Bert sont tous deux coordinateurs du projet intitulé A(l)titude, programme de formation à la permaculture et aux « low-tech » soutenu par l’Union européenne. La semaine passée, ils ont proposé une visite du domicile de Sylvain pour donner un aperçu de ce à quoi ressemble un mode de vie inspiré par la permaculture et fondé sur l’usage des « low-tech ».

    Parmi ses différentes réalisations, Sylvain a notamment conçu un « rocket-stove » : un poêle qui, avec une faible combustion de bois, stocke et diffuse la chaleur progressivement, permettant de chauffer la maison durant toute une journée à partir d’une seule flambée. Cette invention s’inscrit dans un habitat pensé selon les principes de la permaculture. « En France, la permaculture est parfois connue comme une forme de jardinage un peu cool et écologique, mais c’est beaucoup plus large, explique Sylvain. L’idée c’est de repenser sa vie de manière à ce qu’elle soit sobre, soutenable, en réfléchissant aux choix que l’on fait pour avoir le moins d’impact possible. »

    Des usages pensés

    pour le contexte local

    En parallèle du volet permaculture, ce programme A(l)ltitude propose des ateliers low-tech, organisés par Marjolaine Bert, fondatrice de l’association EKO!. Les « low-tech » désignent des technologies à faible impact environnemental, qui privilégient le réemploi, la réparation et le recyclage des matériaux plutôt que leur consommation et leur mise au rebut. Souvent perçues comme difficiles d’accès, elles peuvent en réalité prendre la forme d’objets simples à fabriquer soi-même. Pour en attester, Marjolaine déballe un sac-banane fabriqué à partir d’une bouée percée, une batterie externe créée avec une batterie d’ordinateur, une mousse isolante conçue à partir de gilets de sauvetage ou encore un découpe-bouteille permettant de produire du fil plastique à partir de bouteilles vides. Autant de technologies peu coûteuses, réalisées lors d’ateliers menés notamment avec des personnes réfugiées.

    « Il n’y a pas une formule universelle, il s’agit de s’adapter au contexte, précise Marjolaine. Par exemple, quels sont les besoins du Briançonnais ? Il y a de gros besoins en chauffage. Maintenant, quelles sont les ressources locales ? Il y a de forts apports solaires. Alors pour faire se rencontrer les deux, on peut utiliser des chauffe-air solaires, cela permet de réduire l’usage du chauffage classique tout en profitant de l’énergie du soleil. »

    Il ne faut cependant pas considérer les « low-tech » et la permaculture comme un changement drastique de mode de vie, récusant toute technologie moderne. « Ces méthodes ne vont pas remplacer tout un autre système, mais venir en complémentarité, précise Marjolaine Bert. Un poêle à bois, on peut cuisiner dessus, mais en été, lorsqu’on ne chauffe pas, on peut avoir un four solaire. » Elle rappelle aussi que ces méthodes ne s’appliquent pas qu’aux personnes disposant d’une maison avec jardin : « Il y a plein de dispositifs de permaculture que l’on peut réaliser en vivant dans un studio en centre-ville, comme un four solaire sur son balcon, un compostage urbain… »

    Pour se former à ces deux approches complémentaires, les deux associations proposent un cycle de formation à Briançon, du 20 juin au 4 juillet, en présence de plusieurs intervenants formateurs en permaculture.

  • Un chant pétainiste diffusé lors des commémorations du 8-Mai

    Un chant pétainiste diffusé lors des commémorations du 8-Mai

    Comme l’a révélé vendredi soir la radio Ici Vaucluse dans une vidéo, ce chant à la gloire du chef du régime collaborationniste de Vichy a retenti, vendredi en fin d’après-midi, en marge des commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il a été diffusé par des haut-parleurs installés dans le centre-ville, au milieu d’autres morceaux liés à la Libération.

    « Diffusion accidentelle »

    Le maire RN Hervé de Lépinau, élu en mars à la tête de cette ville de quelque 33 000 habitants, dénonce une « manipulation politique ». Sur X, l’élu d’extrême droite affirme que « la commune de Carpentras n’est pas à l’origine de cette diffusion » et que « son prestataire, radio RTV FM, a reconnu être seule responsable », annonçant qu’« une plainte sera déposée du fait de cette action malveillante destinée à nuire ».

    Le prestataire, la radio locale RTV FM, a présenté « ses plus sincères excuses » après une « erreur musicale ». Dans un communiqué, elle précise qu’« une séquence musicale préenregistrée intitulée le bal de la libération » contenait « malencontreusement le titre “Maréchal nous voilà !” ». Elle insiste sur « une diffusion accidentelle, aussi brève qu’inappropriée », qui « ne reflète en rien le profond respect » porté à la mémoire des combattants. La radio souligne que « le maire, ses élus et le service événementiel ne sont aucunement responsables » et annonce renforcer « les procédures de vérification ».

    L’événement a suscité des réactions. Julien De Benito, secrétaire du PCF 84, souligne sur X : « À Carpentras, ville nouvellement administrée par le RN, ils diffusent “Maréchal nous voilà” dans les rues le 8-Mai ! Erreur du prestataire, nous dit le maire. Il y a que dans les villes RN que ce genre d’erreur a lieu… »

    « Étonnement, réprobations, colère, émotion, nous avons été nombreuses et nombreux à nous interroger sur cette indécence à glorifier Pétain (…) », note la section PCF de Carpentras, qui ajoute : « Il est évident que la responsabilité initiale en incombe aux plateformes qui véhiculent ce type de contenu (…). Elles devraient être sanctionnées sévèrement. » Sur X, le député LFI de Vaucluse, Raphaël Arnault, écrit : « “On a jamais essayé…” Le Vaucluse est infesté par l’extrême droite depuis des années. Voilà ce que ça donne quand ils se sentent bien installés. »

    L’UD CGT de Vaucluse dénonce « une insulte intolérable à la mémoire des combattants antifascistes » : « Une faute d’une gravité exceptionnelle, y compris si elle était “accidentelle” comme le prétend la mairie (…). La responsabilité politique est pleine et entière. »

    La Ligue des Droits de l’Homme d’Avignon-Orange-Carpentras exprime sa « stupeur » : « L’explication de la simple erreur interroge d’autant plus qu’une playlist de même nature aurait également été diffusée lors de la commémoration du 8-Mai à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales). Dès lors, la question n’est plus seulement celle d’un incident technique, mais bien de l’origine du contenu et de la validation de ces programmations musicales. »

  • Avec la Destinus AI Regatta, l’intelligence artificielle s’invite aux Toulon Provence Regatta

    Avec la Destinus AI Regatta, l’intelligence artificielle s’invite aux Toulon Provence Regatta

    Pour leur 3e année d’existence, les Toulon Provence Regatta ont de nouveau offert une démonstration de l’étendue de l’histoire maritime. Des dizaines de bateaux, des vaisseaux historiques aux engins plus contemporains, étaient présents dans la rade pendant quatre jours pour des régates, défilés et visites à bord, qui ont su ravir amateurs de voile comme novices. Une édition marquée par les 400 ans de la Marine nationale, mise en valeur pour l’occasion.

    Les entreprises à l’affût

    Mais la tradition a su laisser une place à la modernité, avec l’organisation de la première Destinus AI Regatta, samedi, dans l’anse du Lido, au Mourillon. Une compétition novatrice, première mondiale du genre, diffusée en direct streaming, qui a mis aux prises plus de 25 bateaux miniatures automatisés, contrôlés par IA, et développés par des étudiants et élèves de cinq écoles d’ingénieurs et de robotique. Le tout, avec trois formats de compétitions : deux courses classiques et un « battleboat », où (presque) tous les coups étaient permis pour franchir la ligne en premier.

    Parmi ces écoles, les benjamins de la compétition étaient les élèves de l’École des Robots de Toulon, qui forme des jeunes de 7 à 18 ans. « Dès 12 ans, on propose un cursus drones nautiques. L’objectif était de créer un robot sur un élément spécial qu’est l’eau », explique son président, Jean-Michel Moreira, qui a aussi enseigné à ses élèves des éléments pragmatiques. « Paradoxalement, peu d’enfants connaissaient bien la mer. Donc on leur apprend les nœuds marins, la signalisation, l’histoire maritime… » L’enseignant voit dans la compétition « un double-objectif pédagogique : concourir face aux écoles d’ingénieurs en tant que seule école composée de mineurs. Pendant un an, les enfants se sont entraînés, avec chaque semaine des objectifs et apprentissages. Ils créent, programment, testent. Si ça ne marche pas, comprendre pourquoi, réajuster, retester. C’est le cercle vertueux de la science ».

    Pour le sponsor Destinus, spécialiste des solutions aérospatiales et de défense, leader des drones de combats européens, c’est l’occasion « de se faire connaître auprès de la DGA, des autorités marines et d’échanger avec d’autres entreprises », note Anne-Pascale Guedon, directrice générale France. Elle y voit aussi un intérêt technique : « En Ukraine, il n’y a pas de points GPS en permanence, donc l’aspect GPS automatisé est intéressant », au même titre que « voir comment se comportent ces drones sur l’eau ». « Ça développe l’intelligence collective et la connaissance », ajoute Didier Goguenheim, directeur général de l’association Toulon Var Technologies (TVT), qui accompagne des entreprises innovantes. « Les drones auront beaucoup d’applications dans le futur. Il est important de solliciter des talents et de pouvoir les rencontrer. »

  • Une étincelle de magie pour les enfants hospitalisés

    Une étincelle de magie pour les enfants hospitalisés

    Dans sa chambre du 7e étage, Hugo regarde par la fenêtre. Quand Anthony et son lapin Perlimpinpin entrent dans la pièce, le petit garçon âgé de 3 ans n’y prête pas attention. « Il a été opéré hier et il y a eu quelques complications, il n’est pas au top de sa forme… », confie sa maman, Justine. Et puis, en bas, le ballet des camions de pompiers le captive. « Ça va être dur de faire concurrence », glisse-t-elle.

    30 hôpitaux partenaires

    et une tournée

    Il en faut plus pour que le magicien baisse les bras. Finalement, après quelques tours bien sentis, un sourire se dessine sur le visage d’Hugo. Les yeux du petit garçon s’écarquillent quand Anthony fait apparaître ses amis imaginaires Bouga et Camegume. Après une demi-heure passée au chevet du petit patient, sa mère réagit : « C’est super chouette, c’est hyper divertissant. Il était pas vraiment dedans et, finalement, ça l’a bien attrapé. Même moi, je me suis prise au jeu. Ça rend l’expérience de l’hôpital plus supportable et ça occupe parce que le temps peut vite être long. »

    Mission réussie pour le bénévole de l’association Magie à l’hôpital, qui a commencé à donner de son temps il y a sept ans pour « apporter une contribution pour les enfants malades ». Lui est « magicien attitré à Hyères ».

    Nicolas, salarié de la structure, explique : « On intervient dans 30 hôpitaux et services pédiatriques partenaires, 3 à 4 fois par mois. On a commencé une tournée de 50 dates en septembre 2025, avec notre Magi’bus, qui nous permet de nous rendre dans de nouveaux établissements comme celui de Martigues et d’y proposer des spectacles, ou d’aller de chambre en chambre dans le cas où les enfants ne peuvent pas sortir. » Avec un objectif : « Leur offrir des sourires. » « Et ça ne fonctionne pas que sur les enfants, même nous, en tant qu’adultes, on se prête au jeu », assure Justine. Magique !