L’objectif des visites est d’ancrer les enfants dans la réalité de leur quartier, afin qu’ils comprennent comment s’est inscrite cette période dans l’architecture de la ville », note Margaux Rovere, enseignante passionnée d’histoire à l’école Hozier (Rep+), dans le quartier de la Joliette (2e).
De la Vieille Charité jusqu’à l’Hôtel de ville, l’itinéraire s’est organisé autour des six bâtiments épargnés lors du dynamitage, par les nazis, de 1 500 bâtiments, en février 1943. Les enfants, âgés de 10 ans, ont pu constater le contraste entre bâtiments d’époque et constructions d’après-guerre. « On parle beaucoup de la Libération de Paris, mais rarement de la Libération de Marseille. Pareil pour la rafle du Vel d’Hiv, alors que la rafle du quartier Saint-Jean est rarement évoquée », déplore l’enseignante, petite-fille de résistant. Pourtant, la rafle du quartier Saint-Jean est l’épisode de la Seconde Guerre mondiale qui a le plus marqué les élèves de CM2. Du 22 et le 24 janvier 1943, environ 6 000 personnes sont arrêtées. 1 642 sont déportées, dont près de 800 juifs, après un passage par des camps d’internement comme celui de Fréjus.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet proposé par l’association Le Grand Bain, dont l’objectif est de rapprocher des écoles de quartiers défavorisés avec celles de quartiers plus aisés pour favoriser la mixité sociale, les échanges et les rencontres entre enfants de milieux différents autour de thématiques communes. L’école « hors les murs » permet de capter l’attention des enfants, mais aussi de les rendre acteurs du territoire.

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