Category: societe

  • La RN202 fermée pendant deux mois, les commerces inquiets

    La RN202 fermée pendant deux mois, les commerces inquiets

    En visite sur le chantier en cours d’installation mercredi, la préfète Isabelle Tomatis a écouté les inquiétudes des maires des communes affectées et expliqué l’importance des travaux de sécurisation de la route nationale, qui sera fermée pendant deux mois et demi, entre Saint-Julien-du-Verdon et Vergons.

    « L’impact économique sur les commerces est catastrophique », regrette le maire de Vergons, Martial Joubert. Dans son village, le restaurant, dépendant du passage sur la route, a dû fermer pour deux mois et demi et mettre huit personnes au chômage technique. « En protestation, les habitants voulaient arrêter le Tour de France Femmes, qui passait par ici, avec des banderoles. Il a fallu faire de la diplomatie », se rappelle l’édile. « Cela nous impacte aussi, il y a déjà eu un début de saison difficile et cela vient s’ajouter », abonde le maire de Saint-Julien-du-Verdon, Thierry Collomp.

    La préfecture le martèle avoir fait de son mieux pour faire des concessions et satisfaire les besoins des entreprises locales, tout en garantissant la sécurité des usagers de la route.

    Une pause méridienne

    Elle a notamment mis en place une pause méridienne, qui permet aux deux entreprises locales de BTP et de biscottes de se faire livrer, d’expédier et de transporter du matériel. De 12h à 14h, ainsi qu’avant 8h30, après 17h et le week-end, les véhicules peuvent circuler. « Des efforts ont été faits à l’issue de la concertation », insiste la préfète.

    La préfecture tente également de mettre en place un remboursement pour les restaurateurs et commerces affectés.

    Si les maires des communes alentour ont essuyé des critiques sur le montant des travaux, 8 millions au total, et 1,5 million pour cette année, la préfète le martèle : « La sécurité n’a pas de prix » et les travaux de sécurisation sont « indispensables ». En visitant le chantier, en cours d’installation mercredi, elle le constate elle-même en levant la tête vers la roche : « Cela peut nous tomber dessus à tout moment, on comprend immédiatement le danger. »

    La préfecture et la Direction interdépartementale des routes Méditerranée (Dirmed) espèrent que les travaux, qui avancent petit à petit chaque année, avec des contraintes de temps importantes, s’achèvent d’ici 2028. Il est impossible d’intervenir sur la route pendant la période touristique, en hiver ou au printemps, pour respecter la biodiversité.

    Un drone passe toutes les semaines pour surveiller l’évolution et vérifier si les écrans, positionnés pour récupérer les chutes de pierres, sont endommagés. Les écrans pare-pierres installés à cet endroit sont « les plus importants de toute la France », selon la Dirmed.

  • Des vélos et des trottinettes sont en libre-service à Gap

    Des vélos et des trottinettes sont en libre-service à Gap

    Reconnaissables de loin à leur couleur bleu ciel et leur panier accroché au guidon, les nouveaux vélos à assistance électrique promis par la municipalité sont arrivés fin août dans les rues gapençaises. L’objectif : offrir aux habitants « une alternative à la voiture pour les déplacements en ville ».

    Les trottinettes électriques font quant à elles leur grand retour. Déployées dans un premier temps il y a quatre ans au centre-ville par l’entreprise Bird, elles avaient ensuite disparu de la circulation en 2025, suite à la fin du contrat. Bird revendiquait 943 utilisateurs réguliers et 178 trajets par jour, en moyenne, en 2024.

    Sécurité avant tout

    Souhaitant poursuivre sur cette lancée, la Ville avait lancé, en mai dernier, un appel à manifestation d’intérêt, remporté par la société ZYP. 120 trottinettes (150 en été) et 50 vélos sont disponibles sur cinquante emplacements, situés aussi bien au centre-ville qu’en périphérie. Les trottinettes sont utilisables uniquement de mi-mars à mi-novembre et les vélos toute l’année.

    « Nous tenons à ce que ces modes de transport de micro-mobilité s’intègrent au mieux aux autres moyens de déplacement, tout en veillant particulièrement à la sécurité des piétons », a communiqué la Ville de Gap. Elle rappelle que des limitations de vitesse sont imposées par l’application en fonction des lieux où circule le véhicule : 25 km/h maximum de manière générale, 6 km/h maximum en centre-ville, et arrêt du véhicule s’il se trouve hors de la ville. Géolocalisé, il adaptera automatiquement sa vitesse. Certaines zones de Gap sont même interdites d’accès.

    Pour limiter les inquiétudes liées à la sécurité, plusieurs consignes ont été données : « Interdiction de circuler sur les trottoirs, de tenir un téléphone en main, de porter des écouteurs et d’être à plusieurs sur la trottinette ou le vélo ». Les mineurs n’ont par ailleurs pas le droit d’utiliser le service. Le port du casque n’est pas obligatoire, mais vivement recommandé.

    Ces nouveaux moyens de transport viennent compléter l’offre de bus gérée par la Communauté d’agglomération Gap Tallard Durance. Ces cars sont gratuits, mais les vélos et trottinettes ne le sont pas. Sans l’abonnement, il faut débourser 25 centimes pour une minute de trajet à vélo et 20 centimes en trottinette. Sans compter les frais de réservation et de déverrouillage qui s’élèvent à 1,90 euro pour un vélo et 1,60 euro pour une trottinette. Il est également nécessaire de disposer d’un smartphone, car le paiement et la réservation se font uniquement via l’application ZYP.

    Si les vélos se développent à Gap, encore faut-il que la ville soit adaptée. En 2025, le baromètre vélo, une étude nationale de la Fédération française des usagers de la bicyclette, pilotée à Gap en partie par l’association locale Mobil’idées, attribuait à la commune la note globale de 2,86 sur 6. L’étude qualifie Gap de ville « plutôt défavorable » à la pratique du vélo, sur des critères de confort, de sécurité ou encore de facilité de stationnement. Reste à voir si la mise en place de ces vélos fera augmenter la note pour la prochaine édition du baromètre.

    Agathe Di Lenardo

  • Les coûts écologiques et financiers de nos poubelles

    Les coûts écologiques et financiers de nos poubelles

    Pendant longtemps, la question des ordures ménagères s’est résumée à la mise en équation de leur production avec la collecte, le transport et l’« élimination ». Sauf que derrière chaque poubelle se cache une chaîne de coûts considérable pour la collectivité et, in fine, pour les contribuables. Sans parler du coût environnemental. Avec, en parallèle, beaucoup de profits pour les acteurs privés qui gèrent le secteur.

    Une réalité qui vient se rappeler depuis quelques jours aux habitants de la Dracénie Provence Verdon agglomération (DPVa), qui découvrent la hausse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. La section du PCF monte au créneau en pointant les responsabilités politiques de cette augmentation de 30% qui vient grever encore un peu plus le budget des ménages, les amputant en moyenne de 150 euros supplémentaires.

    « Cette pression fiscale qui s’exerce indistinctement sur toute la population s’explique par une gestion des déchets catastrophique par l’agglomération », dénonce la secrétaire de section Hélène Blanc, en mettant en avant le manque d’anticipation de la fin du traitement des déchets au Vallon des Pins à Bagnols-en-Forêt. « Le fiasco du projet de Pôle de transition environnementale (PTE) a également coûté du temps et de l’argent », ajoute-t-elle.

    Profits colossaux

    Une double peine pour les administrés qui ont vu, dans le même temps, « le service d’enlèvement des ordures ménagères se dégrader considérablement ». Avec, entre autres, la mise en place des points d’apport volontaire, qui oblige certains usagers à parcourir jusqu’à 1 km pour déposer leurs déchets. Une contrainte lourde pour les personnes âgées et à mobilité réduite. « Ce qui a pour conséquence une augmentation des dépôts sauvages portant atteinte à l’environnement », insiste le PCF. Tout cela étant le résultat « des politiques libérales des gouvernements macronistes », qui ont drastiquement diminué les dotations aux collectivités.

    Et pendant ce temps, le groupe Pizzorno Environnement a vu, lui, ses bénéfices passer entre 2015 et 2025 de 5,2 millions à 23,5 millions. « Cela signifie que les usagers du service public financent le capital », s’indignent les communistes.

    Ils demandent la mise en place d’une réelle stratégie de réduction des déchets, l’implantation sur le territoire d’un site industriel pour leur traitement, ainsi que la création d’un service de collecte en régie intercommunale, dès l’échéance du marché public de services en 2032.

  • [Tribune] Madame la ministre de la Culture, Madame Catherine Pégard…

    [Tribune] Madame la ministre de la Culture, Madame Catherine Pégard…

    Par cette lettre ouverte, nous souhaitons réaffirmer nos revendications concernant l’attribution des financements publics à la distribution de la presse votés lors des différentes lois de Finances.

    En effet, nous nous satisfaisons que le législateur soutienne la presse et sa distribution, pilier incontournable du pluralisme et donc de notre démocratie.

    Cependant, ces aides publiques ne sont pas accordées à tous les échelons de la distribution de la presse et plusieurs maillons n’en perçoivent aucun ruissellement.

    Le contenu de la loi est pourtant clair et définit la distribution de la presse de la sortie des imprimeries jusque chez les marchands de journaux. Malgré cette volonté du législateur, les coopératives Oyé Distribution et CPMM (dépositaires de niveau 2) en charge de la livraison du dernier KM, en sont donc exclues.

    Au contraire elles sont confrontées au refus des administrations (ministère de la Culture et ARCEP notamment) et des messageries (MLP et France Messagerie) de les intégrer dans le dispositif d’attribution. La messagerie MLP porte néanmoins l’idée dans ses préconisations aux états généraux de l’information que les montants issus de la péréquation puissent irriguer en partie les dépositaires.

    Cette posture générale des pouvoirs publics, des organes de régulation et des coopératives d’éditeurs met en danger la pérennité des activités de CPMM et Oyé Distribution et fait peser une menace à très court terme sur les emplois et la distribution de la presse.

    Nous revendiquons l’attribution immédiate « de la cote part » des financements publics de 2026, en augmentation de 4 millions par rapport à 2025, pour les coopératives Oyé et CPMM.

    Nous revendiquons que dans la loi de Finance 2027, le fléchage des aides publiques à la distribution de la presse pour tous les échelons soit stipulé de façon explicite.

  • Le peintre Gilbert Ganteaume honoré aujourd’hui à La Ciotat

    Le peintre Gilbert Ganteaume honoré aujourd’hui à La Ciotat

    Figure emblématique de La Ciotat, l’artiste Gilbert Ganteaume, décédé dans la nuit de vendredi à samedi dernier, est honoré ce jeudi par la Ville. « Il laisse derrière lui une œuvre d’une grande richesse, qui continuera de témoigner durablement de son talent et de son attachement à La Ciotat. Son triptyque, réalisé pour l’église Notre-Dame de l’Assomption, comme son monument dédié aux victimes de l’amiante, constituent autant d’œuvres majeures qui s’inscrivent désormais dans le patrimoine et la mémoire de notre ville », souligne la mairie de La Ciotat.

    L’hommage se tient ce soir à 19h à la Chapelle des Pénitents Bleus, le lieu de sa dernière exposition organisée par l’association Ganteaume, Artiste de la Matière (GAM). Ses obsèques auront lieu vendredi 4 septembre à 10h en l’église Notre-Dame de La Ciotat, devant son célèbre triptyque.

    Apprenti à 14 ans

    Gilbert Ganteaume est né dans la cité ouvrière de La Ciotat en 1932. Il entre au chantier naval comme apprenti, à 14 ans, en 1946. « À cette époque, quand l’école était finie, les garçons allaient à l’école des chantiers. Leur chemin était tracé. En trois ans, on essayait de voir leurs capacités et dans quelle section on les mettait », racontait à La Marseillaise, le 14 août, la fille du peintre, Christiane Ganteaume. « Il est profondément épris de sa ville. C’est une des sources d’inspiration de ses peintures. Son œuvre est imprégnée de l’histoire de La Ciotat, sous l’angle des luttes sociales des habitants », expliquait Marc Le Chartier, secrétaire de l’association GAM.

  • À Aix, cette résidence mise sur l’égalité des chances et l’entraide

    À Aix, cette résidence mise sur l’égalité des chances et l’entraide

    Dans le hall de la résidence étudiante, un groupe de première année se masse timidement autour des plus expérimentés, étudiants de troisième année ou en master. Arrivés depuis lundi pour certains, ils sont 18 étudiants de première année à intégrer la première Résidence de la réussite du Crous d’Aix-Marseille, sur le site de l’Arc de Meyran.

    Au total, douze unités du même nom sont inaugurées cette année sur le territoire national, emboîtant le pas aux six autres déjà existantes. L’objectif de ces résidences spécifiques est de faciliter l’intégration dans l’enseignement supérieur des étudiants de première année, en particulier des boursiers, des jeunes en situation sociale précaire ou issus de quartiers prioritaires, de zones rurales ou encore des Outre-mer.

    L’ambition est claire : lutter contre l’isolement, un phénomène bien connu dans le monde étudiant. Le tout, via l’accompagnement d’un tuteur, étudiant plus âgé et volontaire pour guider les premières années dès leur arrivée et l’animation d’une coordinatrice de la Résidence de la réussite. À Aix, le schéma d’un tuteur pour deux élèves semble de mise. Huit tuteurs se sont pour le moment portés volontaires. « Les étudiants, particulièrement les étudiants de première année, lorsqu’ils arrivent dans leur nouvelle vie, loin de leurs parents, il y a un choc, une transition difficile à vivre en fonction de la distance des familles. Nous avons des étudiants internationaux, ultramarins… C’est important qu’il existe pour eux, dans leur résidence, une vie sociale la plus riche et la plus accompagnante possible, contextualise Bénédicte Durand, présidente du Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous), présente pour l’inauguration. Les résidences de la réussite assument une part d’accompagnement académique (…), mais elle assume surtout un collectif de solidarité. »

    Une dans chaque académie

    Inès-Lou est l’une des bénéficiaires du dispositif. L’étudiante, qui entame une double licence en droit et en lettres, a découvert cette unité en surfant sur le site du Crous. « être entourée est un grand privilège et permet de ne pas être trop jeté dans l’océan et avoir des repères », estime Inès-Lou. Manoë, qui entame une licence en psychologie, à lui entendu parler de la Résidence via son enseignante de lycée. « J’ai bien aimé le projet de tuteur, tutoré, quand on arrive en L1, on a souvent peur d’être seul », estime l’étudiant. D’ici 2028, le Cnous vise une résidence par académie.

  • Le festival Terres de résistance lance sa 23e édition

    Le festival Terres de résistance lance sa 23e édition

    Organisé depuis une vingtaine d’années par l’association des Amis de la fête, le festival propose cette année encore une programmation conjuguant militantisme et culture. Le rendez-vous, entièrement gratuit, est proposé dans le quartier de Ferrières, entre la Cour de l’Île et le jardin du Prieuré.

    Le lancement est prévu ce jeudi soir à la Cour de l’Île avec la projection du film Kneecap, sorti en 2024 et primé au festival Les Arcs et à Sundance. Ce long-métrage retrace l’histoire du groupe de hip-hop irlandais Kneecap et leur combat autour de la reconnaissance de la culture gaélique, en s’opposant à la domination britannique en Irlande du Nord. Un film « subversif, politique, drôle et vibrant », indique le festival dans sa présentation.

    Le festival continue le lendemain et jusqu’à dimanche au Jardin du Prieuré avec au programme des concerts, un village des associations, des débats et un banquet républicain animé par le duo K’alamité pour clôturer ces quatre jours festifs.

    « Extrême droite banalisée »

    La présidente de l’association des Amis de la fête Jeanine Incorvaïa, dans le document de présentation, envisage ce festival comme une occasion de « résister face aux coups de boutoir d’un libéralisme mondial dénué de toute humanité, (…). Résister à une extrême droite banalisée qui, avec l’appui de certains magnats de presse, tente de faire oublier ses racines mortifères, où discrimination et xénophobie nourrissent une haine toujours à l’œuvre (…). Résister à ce masculinisme émergent, machisme d’un autre âge (…) ».

    Le maire de Martigues Gaby Charroux (PCF) tient à saluer « l’engagement remarquable de l’association Les Amis de la Fête, de sa présidente, de l’ensemble des bénévoles, des partenaires, des artistes et des intervenants qui, par leur investissement, permettent à cette 23e édition de voir le jour ». Le maire sera présent dimanche à 12h pour un meeting aux côtés de la présidente de l’association et Laetitia Sabatier, secrétaire de la section PCF de Martigues.

    Simon Vukojevic

    Accès libre.
    Détails sur la page Facebook «
     Festival Terres de Résistance »

  • À Miramas, la rénovation urbaine de la Maille 1 entre dans le dur

    À Miramas, la rénovation urbaine de la Maille 1 entre dans le dur

    Mardi, l’école flambant neuve Olympe-de-Gouges a pris vie. Située proximité du plan d’eau Saint-Suspi, elle avait été inaugurée, en janvier dernier, après avoir obtenu le niveau or du label Bâtiment durable Méditerranée. « Les personnels s’habituent à la technologie de la géothermie, qui porte ses fruits ! confie le maire (DVG) Frédéric Vigouroux. La température à l’intérieur de l’établissement est de 24 degrés, tandis qu’elle avoisine les 32 degrés à l’extérieur. »

    Une semaine avant la rentrée, non loin de là, le bâtiment F du quartier de la Rousse II se faisait engloutir par les mâchoires d’une pelle mécanique de l’Établissement public d’aménagement et de développement (Epad) Ouest Provence. Démolie par grignotage, cette copropriété de huit logements avait en amont été rachetée par la Métropole. L’emprise libérée va permettre d’aérer le quartier et sera requalifiée dans la continuité de l’allée du Petit-Diable, avec la création d’une nouvelle liaison piétonne végétalisée.

    Démarré en 2016, l’Anru II (la Maille 1-Mercure) connaît actuellement un véritable coup d’accélérateur et devrait s’achever en 2029. « On a perdu deux ans avec le Covid », rappelle Frédéric Vigouroux, qui assure que, malgré ce retard, « toutes les opérations prévues dans le contrat sont engagées ». À partir de fin 2026, « c’est le gros chantier », prévient-il.

    Logements rénovés

    La reconstruction de la Maison du droit et du centre social Jean-Giono, dans le même immeuble, va démarrer, suivie de celle de l’école du même nom. Au nord, l’édification du centre médical est en cours, les fonds de commerces sont en train d’être commercialisés. Les espaces publics vont être repensés, près de 450 arbres vont être plantés, des jardins publics et potagers vont être créés.

    L’objectif est double : « À la fois de lutter contre le dérèglement climatique et les îlots de chaleur par l’isolation des logements et la végétalisation, mais aussi de désengorger et d’ouvrir les perspectives. On cherche la mixité sociale » avec la création de 250 logements en accession libre et en accession sociale après la destruction de l’ex-école Van-Gogh. Du côté de 13 Habitat, plus d’une centaine de logements vont être démolis et 442 logements doivent être réhabilités (isolation par l’extérieur, remplacement des menuiseries) d’ici 2028. « Les aménagements énergétiques prévus devraient entraîner une baisse significative des charges de chauffage, de l’ordre de 64% en moyenne », apprend le bailleur social.

    « Tout ça va se construire petit à petit comme un puzzle, évidemment ça fait un peu de bruit, ça occasionne des contraintes, mais on essaye d’y faire attention, précise Frédéric Vigouroux. La difficulté de ces travaux, c’est qu’ils ont lieu en plein cœur de la vie. »

  • À Montpellier, des étudiants « de plus en plus désemparés » pour trouver un toit

    À Montpellier, des étudiants « de plus en plus désemparés » pour trouver un toit

    Tous les ans, c’est le même casse-tête pour des jeunes de plus en plus précarisés : trouver un toit à se mettre sur la tête dans une ville, Montpellier, où quelque 80 000 étudiants prennent leurs quartiers. Malgré des semaines de recherches, ils sont nombreux toujours sans solution à l’approche de l’échéance. Les agences immobilières croulent sous les demandes et les budgets dont disposent les jeunes sont souvent bien maigres au regard des loyers pratiqués dans le parc locatif privé, par ailleurs saturé. Le public quant à lui, via les résidences universitaires du Crous, n’est en mesure d’accueillir que 10% des étudiants montpelliérains.

    Selon l’enquête annuelle du syndicat étudiant Unef publiée le 17 août, « le coût de la vie étudiante en 2026 a augmenté
    de 1,66% sur un an et de plus
    de 35% depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017
     ». Une augmentation due notamment, selon le syndicat, « à la hausse du prix des loyers : 627,11 euros en moyenne par mois dans le privé, soit +2,87% sur un an et +1,04% à 426,36 euros pour une résidence du Crous ». Le loyer représente ainsi une part énorme dans le budget de ces jeunes, dont beaucoup peinent, avec ce qui leur reste, à se nourrir. « Un sur deux ne mange pas à sa faim et un tiers déclarent avoir déjà sauté des repas faute de moyens », assure le Scum (Syndicat de
    combat universitaire de Montpellier), qui distribue environ 15 000 colis alimentaires aux étudiants précaires chaque année.

    « Ça remet en question leur projet d’études »

    Dans ce contexte particulièrement tendu, certains se tournent vers des associations susceptibles de les aider dans leurs recherches, comme Habitat jeunes Montpellier qui propose des solutions d’hébergement, de restauration et d’accompagnement pour les jeunes de 16 à 29 ans. « Nous avons 9 résidences à Montpellier et Pérols, qui représentent 350 logements au total », indique le directeur de la structure, Frédéric Adell. « Nous y logeons des jeunes qui ont trouvé leur premier emploi, des alternants, des apprentis, des jeunes en parcours d’insertion professionnelle ainsi que des étudiants. » Outre ces résidences Habitat Jeunes proposant de l’hébergement direct, la Boutique logement jeunes (BLJ)* dispense une aide à la recherche de logement. « On est en première ligne pour accueillir les jeunes de moins de 30 ans à la recherche de logement. Et effectivement, depuis le mois de juin, on voit beaucoup plus d’étudiants affluer, comme chaque année. Mais chaque année, on les voit de plus en plus désemparés, parfois jusqu’à pleurer », rapporte Alexandra Schild, responsable de la BLJ. « Dans un premier temps ils essaient de répondre à des offres sur internet, ils se rendent dans des agences immobilières, mais le parc privé est saturé. Donc ils essuient des refus : soit ils ne sont pas recontactés, soit ils cumulent les visites et ne sont jamais retenus. Surtout les jeunes qui n’ont pas des garants avec des conditions de ressources importantes. Ils se retrouvent alors dans des situations de désespoir, car ça remet en question leur projet d’études. Ils viennent de loin pour quelques jours dans l’espoir de trouver un appartement, et ils se rendent compte que c’est plus compliqué que prévu. »

    Selon la responsable de la BLJ, sur Montpellier, « le loyer d’un appartement de type studio se situe entre 500 et 550 euros. Et malgré le fait que nous soyons soumis à l’encadrement des loyers, certains propriétaires ne jouent pas le jeu », déplore-t-elle. « Il y a également des résidences privées avec services qui proposent des loyers de 600 à 750 euros, complètement inaccessibles pour certains jeunes », ajoute le directeur.

    Les étudiants qui se rendent à la BLJ se voient proposer d’assister à une réunion d’information** où leur sont présentés les dispositifs existants. « Car au-delà du privé, il y a des résidences temporaires, il y a le logement social, il y a des résidences étudiantes en dehors du Crous… L’idée, c’est de leur donner le maximum d’informations ainsi que des astuces pour éviter les arnaques, qui pullulent à cette époque. Une fois qu’ils ont assisté à cette réunion collective, ils peuvent participer à des ateliers numériques***, où on va les aider à monter des dossiers », explique Alexandra Schild. Une aide précieuse pour un public qui, souvent, cherche un logement pour la première fois. « Ils n’ont pas nécessairement les codes de la recherche et font face à une urgence. »

    * 3 bis rue de la Vieille, près des Halles Castellane, en centre-ville.

    **Les vendredis à 17h et un samedi sur deux à 10h.

    *** Les après-midi de 14h à 18h. Le tout sans rendez-vous.

  • Comment rapprocher les services publics des usagers les plus éloignés ?

    Comment rapprocher les services publics des usagers les plus éloignés ?

    En 2024, la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP) lançait un appel à manifestation d’intérêt visant à renforcer la connaissance des usagers éloignés du service public, pour leur en faciliter l’accès. Deux propositions étaient retenues : celle de l’université Rennes II et celle de l’université de Nîmes, intitulée ProCD (Proximité Confiance Distance).

    Cette dernière, restituée lors d’un colloque le 26 juin 2026 à Nîmes, s’est traduite sous la forme d’une enquête qualitative de 18 mois, menée sur deux territoires contrastés du Gard : le quartier Pissevin (QPV), en périphérie de Nîmes et la sous-préfecture rurale du Vigan, dans les Cévennes gardoises. Son originalité résidait notamment dans la mobilisation d’étudiants issus de Pissevin comme parties prenantes, afin d’avoir un accès privilégié au ressenti des habitants.

    « Nous avons réalisé 74 entretiens qualitatifs et 50 heures d’observations ethnographiques afin de mieux comprendre la relation des usagers avec leurs services publics », explique Marc Olivaux, directeur scientifique du projet ProCD. « Cela nous a permis d’analyser de nombreux éléments, dont certains corroborent nos intuitions initiales et d’autres sont assez surprenants. » Les chercheurs ont étudié les guichets France Services, qui regroupent différents services pour aider les usagers dans leurs démarches. Pilotés par l’État, ces guichets ont pour but de rapprocher le service public des citoyens, à moins de 20 ou 30 minutes de n’importe quel usager.

    « Nous avons observé que, pour être cohérent, ce maillage territorial ne peut pas se baser uniquement sur des périmètres géographiques ou administratifs, explique le chercheur. Parfois, une distance symbolique se révèle plus importante qu’une distance géographique. » L’étude démontre ainsi que pour les habitants du quartier de Pissevin, le guichet France Services le plus proche se trouve dans le quartier Valdegour. Or, ces deux quartiers sont en conflit territorial pour de nombreuses raisons, ce qui peut créer un effet repoussoir pour les usagers de Pissevin : « Ce type de distance, on ne peut pas le repérer sur une simple carte. »

    Effets pervers

    Parmi les autres éléments révélés par l’analyse, on trouve également l’impact de la dématérialisation des démarches administratives, qui ne semble pas avoir eu l’effet d’autonomisation des usagers qu’elle visait initialement. « La fracture numérique a pour conséquence de rendre certains usagers encore plus dépendants des services publics », déplore Marc Olivaux. « Pour accompagner la dématérialisation, l’État a mis en place des médiateurs numériques. Seulement, ces derniers sont voués à disparaître. » Une agente d’un guichet France Services a ainsi expliqué aux chercheurs que, comme les usagers ne reçoivent plus de courriers, ils sont parfois obligés de faire appel à ces médiateurs, notamment s’ils n’ont pas d’ordinateur. « La dématérialisation produit beaucoup d’effets pervers, poursuit le chercheur. Notamment la peur de se tromper et de ne pas pouvoir revenir en arrière. En ayant peur de perdre leur accès au droit, certains usagers vont donc préférer ne pas prendre le risque de faire les démarches. Un dispositif qui est censé rendre les gens autonomes crée ainsi du non-recours. Et ça, on peut s’en rendre compte uniquement en allant sur le terrain. »

    De leur analyse, les chercheurs de l’université de Nîmes tirent quatre axes d’amélioration : maintenir des alternatives humaines au tout-numérique ; adapter l’offre de proximité aux réalités territoriales ; améliorer la lisibilité du système d’accompagnement et prévenir les ruptures de parcours ; et enfin, reconnaître le travail relationnel des agents des services publics. Ces pistes de réflexion alimenteront le rapport actuellement en cours de rédaction, qui sera ensuite remis au délégué interministériel.