Category: societe

  • À Aix, les clubs sportifs gardent le cap malgré les incertitudes

    À Aix, les clubs sportifs gardent le cap malgré les incertitudes

    « C’est pour qui l’inscription, pour le loulou ? » « Il est déjà prêt et en tenue ! », lance une mère dans la file d’attente du stand des Golgoths 13. Parmi les centaines de chapiteaux blancs installés sur la pelouse du complexe sportif du Val de l’Arc, où se tenait ce samedi 5 septembre la 27e édition du Salon des sports, réunissant le public et les associations sportives de la ville, le club aixois de basket enregistre les inscriptions et présente ses calendriers. « Il y a une corrélation entre la fréquentation des clubs et les derniers JO, observe Max, directeur sportif des Golgoths 13. Il y a un impact sur le nombre d’inscrits. C’est le cas notamment pour le club de basket. »

    Un peu plus loin, l’association du Club handisport aixois interpelle les passants, flyers étalés sur la table. « Je dois dire que notre club se porte bien ! On est l’un des meilleurs clubs français en natation et en tennis de table, on est plutôt bien soutenus, estime Azzedine Mzouri, directeur sportif. Au niveau du Département, de la Région, la Ville, on n’est pas mal lotis. Même si l’on sait que ça va aller de pire en pire. Il va falloir qu’on compense, qu’on essaie de voir. »

    273 structures

    Pour l’instant, l’heure est surtout à la promotion des valeurs « de partage », conclut le sportif. Au club d’Escrime Pays d’Aix (EPA), on estime « que le cas est différent, on est un sport de niche », décrit Camille Leprince, président de l’EPA. Il ajoute : « On survit aux modes passagères, c’est là, c’est ancré. On a un savoir-faire exceptionnel. »

    Entre deux visites de stands, Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix, qui a inauguré l’événement, rappelle les distinctions obtenues par la ville, le label Terre de Jeux 2024 et le titre de Ville européenne du sport 2024 : « C’est très important d’être regardé de cette manière-là, parce que ça attire évidemment les subventions – les temps sont complexes et le seront encore plus demain – mais c’est aussi une fierté pour tout le monde associatif que la ville soit qualifiée de cette manière. » L’élue qualifie Aix de « ville d’excellence sportive ». Hervé Liberman, adjoint aux sports, met en avant « l’engouement » pour la pratique du sport dans la capitale de Provence : 273 clubs sportifs, pour 60 disciplines et 35 000 licenciés, un chiffre « qu’on maintient ». La Ville indique consacrer aux associations sportives un budget de 3,2 millions d’euros en fonctionnement et de 810 000 euros en investissement. Sur le terrain du Salon étaient aussi présents des élus de l’opposition municipale de gauche, dont le député Marc Pena (PS). Ils appellent « la mairie à rouvrir une Maison des associations ».

  • À Marseille, la réouverture d’un portail retisse les liens du quartier des Chutes-Lavie

    À Marseille, la réouverture d’un portail retisse les liens du quartier des Chutes-Lavie

    Un petit portail, symbole d’un quartier divisé, a été rouvert ce vendredi 4 septembre. C’est donc une grande victoire, celle d’une mobilisation citoyenne.

    Des riverains, privés d’accès aux équipements municipaux et entravés dans leurs déplacements vers les commerces et écoles, ont ferraillé durant des années. Soutenu par la mairie du secteur, par la Ville, et après un remaniement politique à la tête du bailleur social, leur combat a fini par l’emporter sur les intérêts privés et le repli. Une poignée de copropriétaires d’une ancienne cité-jardin HLM avait revendiqué le droit de fermer une rue, privée de droit, mais d’usage public, au prétexte d’insécurité.

    « Nous n’ouvrons pas seulement un portail, nous tournons une nouvelle page pour le quartier. Dans une société qui se divise, où les discours de haine et de rejet se banalisent, ouvrir est un choix politique. Un portail ne doit jamais devenir une frontière. C’est une bataille gagnée. Face à ceux qui veulent nous dresser les uns contre les autres, nous faisons le choix du rassemblement plutôt que de la division », s’est félicité Didier Jau, maire écologiste du Printemps marseillais dans les 4-5.

    Le renouveau des Chutes

    Poussant au bout la carte de la mobilité douce et inclusive, le maire précise : « Nous allons maintenant porter la question de la mise en accessibilité du site, pour que les personnes à mobilité réduite, les parents avec poussette et, plus largement, toutes celles et ceux qui rencontrent des difficultés de déplacement puissent pleinement profiter des accès désormais ouverts. »

    Pour Nathalie Prost, habitante et conseillère d’arrondissements déléguée aux Chutes-Lavie, cette réouverture constitue « une victoire pour tous ». Enfant du quartier, elle annonce « fêter ce renouveau pour le quartier. Nous nous retrouverons pour faire de cette réouverture un grand moment de rassemblement, avec la plus grande fête jamais organisée aux Chutes-Lavie. Une fête à l’image de ce que nous voulons pour le quartier : un quartier ouvert, vivant et rassemblé ».

    On dénombrait une centaine de résidences privées à Marseille dans les années 90, elles sont près de 1 900 aujourd’hui. Le droit de passage a succombé au droit de propriété. Aux Chutes-Lavie, avec la population solidaire et le politique jouant collectif, la liberté est au bout de la rue.

  • La pression reprend pour la loi contre les violences sexuelles

    La pression reprend pour la loi contre les violences sexuelles

    En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, plusieurs rendez-vous sont annoncés à 19h, à l’initiative de la Coalition féministe et enfantiste pour une loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles. À Marseille, les participants sont appelés à se réunir devant le palais de justice, place Monthyon, aux côtés de Femmes solidaires, du Collectif 13 Droits des femmes et d’autres organisations engagées. À Aix-en-Provence, le rassemblement est prévu devant le tribunal judiciaire, boulevard Carnot, notamment avec le Collectif 8 Mars. À Toulon, rendez-vous est donné devant le palais de justice, place Gabriel-Péri, à l’appel d’associations locales, syndicats ou partis (PCF 83…).

    Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité des manifestations organisées depuis le début de l’été dans le sillage de l’affaire Lyhanna, collégienne retrouvée morte après avoir été violée. Ces rassemblements dénoncent les défaillances pointées dans ce dossier et appellent les pouvoirs publics à prendre des mesures concrètes pour mieux protéger les femmes et les enfants.

    « On va suivre les débats »

    La date du 7 septembre n’a pas été choisie au hasard. Une proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles entame ce lundi son parcours législatif avant son arrivée, début octobre, devant le Parlement. « Je suis motivée pour qu’on aille au bout des débats et qu’on parvienne à adopter un texte (…) qui corresponde aux attentes des associations féministes et enfantistes et de la société », a déclaré la députée Céline Thiébault-Martinez, à l’origine de ce texte soutenu par 240 députés issus de huit groupes politiques hors RN, LFI et UDR. L’élue socialiste avait, fin 2025, rédigé une première version en s’inspirant de 140 propositions d’associations. Après l’avis du Conseil d’état, le texte a été ramené à 69 articles.

    L’objectif est de couvrir toute la chaîne des violences : repérage, prévention, accompagnement, justice, réparation et suivi des auteurs et des victimes. L’article 5 crée des juridictions spécialisées dans les violences sexuelles et intrafamiliales avec des tribunaux correctionnels et des cours d’assises dédiés.

    à partir de lundi, une commission spéciale entendra ministres et associations avant l’examen des amendements. La discussion en séance publique, attendue le 28 septembre, a été repoussée à début octobre. Annick Karsenty, présidente de Femmes Solidaires Marseille, une des 150 associations de la coalition féministe et enfantiste, se veut vigilante : « Des travaux ont été menés par des députés, cet été, sur le texte. On va suivre les débats qui arriveront à l’Assemblée dans un mois. Des propositions faites par les féministes doivent être reprises. On verra la position du gouvernement. »

  • Le dynamisme associatif célébré au cœur de tous les secteurs à Marseille

    Le dynamisme associatif célébré au cœur de tous les secteurs à Marseille

    Le forum des associations a pris, en cette rentrée 2026, une nouvelle forme. Jusqu’à présent, l’événement Vivacité regroupait les associatifs de tous les quartiers de Marseille sur le Vieux-Port. La Ville a désormais opté pour un événement de proximité, avec des rendez-vous par secteur, échelonnés sur le mois. Parmi les ouvertures du bal, le stade Vallier a vu affluer un public nombreux.

    « On arrivait vite à un millier d’associations, cette formule nous permet d’accueillir le double de participants », précise Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire en charge de la vie associative. Et sous les parasols, les habitants des 4e et 5e arrondissements arrivent « à la pêche aux informations dès la rentrée, pour voir quelles activités je pourrais proposer à mes enfants », indique Ismène, qui passe des stands sportifs au secteur enfance-famille. Même démarche pour Olivier, père d’un petit Félix qui montre un intérêt certain pour la musique : « Mais il faut encore que je trouve le moyen de concilier ces heures d’apprentissage avec mon emploi du temps, donc la proximité, c’est un critère qui prime. »

    Pour les associatifs, les avis sont encore mitigés. « On est plus près de notre public », apprécie-t-on à l’association humanitaire Unadev. Patrick Delpicchia, responsable départemental des Auxiliaires des aveugles, regrette pour sa part : « On va devoir se démultiplier. Mais le vrai souci, c’est qu’on manque de bénévoles. » Un des objectifs de la fête, rappelle Didier Jau, le maire du secteur, est de « soutenir le bénévolat, sans lequel la vie de quartier décline ».

    Recherche de bénévoles

    Les élus sont venus à la rencontre des associations : « Dans un contexte national de restrictions financières publiques, Marseille maintiendra un haut niveau de subventions. » Par ailleurs, ils souhaitent épauler les structures confrontées à la difficulté de trouver des locaux. « Sous forme d’un engagement partenarial », précise Yannick Ohanessian.

    Du côté de la Fédération française de natation, Franck, responsable de Marseille Dolfin, qui compte une centaine d’adhérents et s’est hissé au 13e rang Club élite de France, plaide pour davantage d’équipements et structures : « On a connu un mieux sur les piscines, mais les créneaux horaires très tardifs sont difficilement accessibles aux petits. » Un apprentissage essentiel au regard du nombre encore trop élevé de noyades.

    La fête est donc aussi l’occasion de découvrir de nouvelles activités. Yanis, Amine et Sajid, venus faire des démonstrations de MMA pour la Team Evolution, ont testé leur aptitude au billard : « C’est intéressant et, comme le MMA, il y a concentration, précision, stratégie. »

  • Violences dans le périscolaire : 13 animateurs suspendus à Marseille

    Violences dans le périscolaire : 13 animateurs suspendus à Marseille

    Après le scandale qui a secoué la capitale, les alertes sur les violences sexuelles dans le périscolaire concernent cette fois Marseille. Dans une enquête diffusée vendredi, la cellule d’investigation de Radio France révèle que 13 animateurs ont été suspendus en 2025 après des violences dans les écoles et centre d’animation de la ville, tandis qu’une vingtaine d’enquêtes internes ont aussi été lancées. Face à cette situation, une pétition a été lancée, avec plus de 500 signatures, appelant à créer un collectif Me Too écoles, alors que les parents déplorent l’absence d’interlocuteur unique face aux situations auxquelles ont été confrontés leurs enfants. « Quand il se passe quelque chose avec un agent, de suite il est mis à pied de manière conservatoire », assure l’adjointe (Place publique) à l’éducation Pascaline Lécorché. Insuffisant, pour l’opposition. À gauche, LFI appelle la municipalité à reprendre en régie le périscolaire pour « garantir un contrôle des équipes ». À droite, le président des LR 13 Ludovic Perney réclame un audit et un délai maximal entre le signalement et la saisie du parquet, tandis que le collectif Une Génération pour Marseille réitère ses revendications formulées à la veille de la rentrée scolaire avec la publication d’un protocole unique de traitement des violences, l’ouverture d’un canal de signalement pour les parents, l’obligation pour les structures du périscolaire de fournir les casiers judiciaires des animateurs et la garantie d’un accompagnement psychologique et une aide juridique pour les victimes. « La Ville de Marseille propose d’ores et déjà un accompagnement psychologique et une aide juridique aux familles », explique la municipalité qui indique qu’après la mise en place de formations depuis 2023 et d’un mail pour les signalements l’année dernière, des « cartes réflexes » ont été diffusées cet été pour aider les professionnels à mieux réagir.

  • Top départ pour les forums des associations

    Top départ pour les forums des associations

    Vivacités est mort, vive Les rendez-vous des associations ! Après 17 éditions réussies, le traditionnel événement qui regroupait plusieurs centaines de structures associatives sur le Vieux-Port de Marseille évolue pour cette année 2026. Une véritable révolution pour les associations, puisque cette grande fête devient, pour la première fois, une myriade de rendez-vous décentralisés dans tous les arrondissements et étalés sur un mois, du 5 au 28 septembre.

    « On est dans une approche beaucoup plus globale qu’auparavant. Après un an de consultation et les États Généraux des associations, nous avons pris des engagements concrets. La mise en place de ces rendez-vous de la vie associative en est la concrétisation », explique Nora Primus, directrice de la vie associative et du lien social à la Ville de Marseille. Et le terme « d’approche plus globale » n’est pas galvaudé. La Ville propose pas moins de huit forums, soit un par secteur (lire encadré ci-contre), mais aussi d’autres rendez-vous à destination des acteurs associatifs directement comme des soirées portes ouvertes des Maisons des Associations.

    De quoi porter l’ensemble des événements à plus d’une quinzaine sur un mois. Et surtout de quoi améliorer « le maillage territorial » et le lien avec les habitants : « En étant directement sur les territoires, on espère que cela va avoir une retombée directe pour les associations et leurs publics, que cela suscite l’envie de plus de bénévolat », développe-t-elle.

    La Ville table d’ailleurs sur plus de 8 000 participants, contre 3 400 auparavant. « On essaie d’imaginer une autre façon de travailler collectivement à l’élaboration d’une vision pour la vie associative. On a besoin de se réinventer, de bousculer nos pratiques », abonde Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire en charge de la vie associative, ce vendredi soir, lors d’une une table ronde intitulée « Coopérer pour transformer les quartiers », qui faisait office de soirée de lancement.

    L’élu entend notamment s’attaquer aux besoins d’engagement des associations : « Comment on tisse du lien social avec nos concitoyens qui ont besoin des associations ? L’engagement, le bénévolat, ce sont des sujets qui doivent nous interpeller. » Justement, une large part des forums sera consacrée à cette problématique : « À chaque forum, les collègues de la division bénévolat animeront ce qu’on appelle la fresque du bénévolat, pour casser les idées reçues, les craintes et les peurs autour du bénévolat », conclut Nora Primus. Top départ, ce samedi pour trois secteurs de Marseille.

    « L’engagement, le bénévolat,
    ce sont
    des sujets qui doivent nous interpeller »

  • Opération de solidarité avec les étudiants à Emmaüs

    Opération de solidarité avec les étudiants à Emmaüs

    C’est en centaine que se chiffre le nombre d’étudiants qui viennent chez nous. Par éthique parfois, pour le dressing à 1 euro toute l’année, mais par nécessité pour la majorité d’entre eux », explique Nouara Bernou une des trois responsables d’Emmaüs Pointe-Rouge. Alors il est devenu une évidence que ce mois leur serait consacré, ce sera leur mois solidaire. « Moitié prix sur la vaisselle, les meubles, les matelas… » donne-t-elle pour exemple.

    Du côté d’Emmaüs Saint-Marcel, la solidarité est identique. Maxi-remise sur les meubles, les livres, et la vaisselle. « En plus le 1er samedi du mois, nous organisons une vente à thème “Jean et tenue militaire” avec une sorte de vide-grenier géant à tout petits prix dans la cour. Il y aura aussi des matelas neufs, des jeux de société, des petits luminaires, des rideaux, du linge de maison, des coussins… Et on espère aussi beaucoup d’ambiance », lance joyeusement Hami Kahia-Tani responsable à Saint-Marcel.

    La précarité ne cesse d’augmenter et touche désormais de nombreuses couches sociales. « On ne sait jamais ce qu’on va trouver et l’ambiance est toujours super sympa » résume une jeune dame à la Pointe-Rouge, les bras chargés de babioles. Vêtements, linge de maison, ceinture, hommes, femme, enfant, le dressing à 1 euro est clairement incitatif. Le concept fripier a pris un coup de jeune, le linge est propre et en bon état à prix imbattable.

    Suivre la mode

    Du côté de Saint-Marcel, on constate aussi une augmentation du public étudiant. « On les reconnaît, ils arrivent vers 15h, ils ne sont jamais pressés », livre Elizabeth bénévole depuis 15 ans à la communauté du 11e. Spécialisée sur le rayon textile, elle ne chôme pas pour installer au mieux la vente « Jean et tenue militaire ». Les rayons homme et femme sont distincts. Chaque article comporte une étiquette en couleur avec son prix allant de 5 euros jusqu’à 12 euros pour un jean entièrement neuf. Il y a aussi des sweats, des blousons, des tee-shirt et des shorts.

    « En fait je donne un thème pour chaque mois. Je prends soin de trier et de ranger les plus belles pièces toute l’année en prévision de chaque vente », explique Camélia la responsable textile avec un sourire malicieux. Elle a mis en place tout un procès qui permet un tel stock le jour venu. Hami, le responsable répond du tac au tac « je l’avais bien dit, nous sommes la ligue 1 du textile à Saint-Marcel ». Camélia de son côté continue son œuvre : « les saisons changent, nos vêtements aussi. La plus belle récompense est de voir repartir les gens heureux ». Il est vrai qu’ici pour moins de 15 euros, on peut repartir habillé à la mode de pied en cap. Imbattable.

    Emmaüs Pointe-Rouge.
    110 Trav. Parangon, 13008. Samedi : 10h–13h, 15h–17h
    .

    Emmaüs Saint-Marcel.
    46 Bd de la Cartonnerie, 13011. Samedi : 09h–12h, 14h–18h.

  • Selon l’Unsa, 48% des profs préoccupés par leur salaire

    Selon l’Unsa, 48% des profs préoccupés par leur salaire

    Trois chiffres parmi les 45 000 réponses des personnels sondés sont particulièrement révélateurs de l’état d’esprit de cette rentrée : « Ils sont 14% de plus qu’en 2024 à penser d’abord au salaire, 71% ne ressentent ni respect ni reconnaissance de leur travail et seuls 0,3% se disent confiants en l’avenir du système éducatif », relève Franck Delétraz, secrétaire départemental SE-Unsa et Unsa éducation.

    Si le salaire arrive en tête des sujets de préoccupation des enseignants, c’est que leur pouvoir d’achat a terriblement dégringolé. « La moitié des enseignants perçoit moins de 2 000 euros par mois. Dans les années 80 leur revenu moyen était de 2,3 fois le Smic, aujourd’hui il le dépasse à peine ». C’est sans compter la rémunération des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) « qui peinent à en vivre ». Sur les 16 000 élèves nécessitant un accompagnement dans les Bouches-du-Rhône, 7 000 restent en attente. Par ailleurs, « plutôt que fermer des classes, la baisse démographique pourrait être une opportunité pour renforcer la brigade de remplacements ». En somme, « on n’assiste pas à un rejet de l’école, mais à celui des conditions de travail et d’enseignement », résume Franck Delétraz.

    Adresse aux candidats

    Des résultats qui « en disent long sur les politiques menées », estime le syndicat, qui souhaite accompagner « dans le dialogue » la réforme de la formation mais « reste vigilant quant aux moyens de sa mise en œuvre ». Enfin, « après 10 ans de macronie, 91% des personnels considèrent qu’ils n’ont pas été entendus et demandent une vraie méthode de consultation ». C’est, avec l’exigence « d’une revalorisation salariale pour tous par la grille indiciaire et un statut éducation nationale pour les contractuels et AESH », ainsi que d’une « carte scolaire qui ne soit pas prétexte à une baisse budgétaire », un des points sur lesquels L’Unsa interpelle les candidats à la présidentielle, à l’exception de l’extrême droite.

  • À Avignon, les assos rattrapées par le lasso des finances municipales

    À Avignon, les assos rattrapées par le lasso des finances municipales

    Tout ne sera plus gratuit à Avignon », prévenait il y a une semaine le maire Olivier Galzi (DVD) pour préparer les esprits à la cure de rigueur des finances municipales. Ce dimanche, il invite pourtant la population à un « rendez-vous gratuit et incontournable de la rentrée », le forum des associations. Quelque 310 structures sont attendues sur la Barthelasse, entre les allées Roig, la Maison du parc et le centre de loisirs, de 10h30 à 18h.

    « Soutenir cette dynamique constitue une priorité pour la nouvelle municipalité : celle d’une ville qui accompagne ses forces vives, encourage les initiatives », appuie la Ville. De quoi certainement faire s’étrangler ou rire jaune bon nombre d’associations qui, en juin dernier en conseil municipal, ont vu leurs subventions être rabotées. Le maire estime que l’ex-majorité Helle (PS) a été trop généreuse, consacrant 10 millions d’euros par an. Précisons que sur quelque 2 000 associations au total, seules un peu plus de 10% sont subventionnées, la majorité d’entre elles ne demandant pas de subsides. Sans compter l’aide matérielle avec le prêt de locaux, estimés à 4 millions d’euros. Là aussi, la municipalité envisage de revoir la politique tarifaire et de réclamer une participation financière au cas par cas.

    Des « clés pour diversifier vos finances »

    « On aime les associations mais on ne peut pas donner de l’argent qu’on n’a pas, si ce n’est pas -10% aujourd’hui, dans deux ans ce sera -100% pour tout le monde », se justifiait Olivier Galzi lors du conseil municipal de juin. Ce dimanche au forum, on ne retrouvera plus l’Avignon volley-ball (AVB), club liquidé en juillet après plus de 60 ans d’existence dont la moitié passée dans des divisions professionnelles. En difficulté, le club avait vu en juin la Ville refuser de verser la seconde partie de la subvention annuelle, soit 115 000 euros. Depuis, un nouveau club Avignon volley Provence s’est constitué et sera présent au forum.

    Fin juin, Laurent Rochut, adjoint au spectacle vivant, avançait une baisse moyenne de 10% de subventions, mais avec des disparités, certaines étant plus amputées que d’autres, quand des associations, à l’inverse, étaient davantage subventionnées comme le Frames festival. Dans l’opposition, Anne Gagniard (PS) et Rémy Blanc (PCF) avaient fustigé la brutalité de ces décisions et l’absence de critères. « On l’a appris par voie de presse et nous n’avons toujours pas d’explications », déplore Julie Charrier, directrice du Parcours de l’art, festival d’art contemporain dont la 32e édition se tient du 16 au 25 octobre. L’association sera bien présente au forum malgré une subvention amputée de 7 000 euros, tombée à 15 000 euros. « Sur notre stand, on relaiera un appel à soutien avec une cagnotte », expose Julie Charrier, très inquiète sur la pérennité de ce festival considéré comme le second d’Avignon , « qui reçoit des scolaires et se déroule ensuite pendant les vacances permettant d’en faire un événement d’attractivité touristique ». Un rendez-vous avec Violeta Lukic, adjointe à l’industrie culturelle, est normalement prévu le 15 septembre « pour trouver des solutions face à cette sanction ». Et de faire remarquer que le Département a, lui, fait passer sa subvention de 5 000 à 7 000 euros.

    Preuve supplémentaire que les associations vont devoir se serrer la ceinture et rivaliser de débrouillardise, le forum organise l’après-midi une agora intitulée : « Et si on parlait budget et com’ sans s’ennuyer ? ». L’Aprova 84 (association de promotion de la vie associative de Vaucluse) animera ce rendez-vous pour « résoudre vos problèmes de communication » et livrer « des clés pour diversifier vos finances ».