Category: societe

  • La paix se bâtit dans le débat et la diversité avec la CGT le 18 septembre à Toulon

    La paix se bâtit dans le débat et la diversité avec la CGT le 18 septembre à Toulon

    Cette année, l’initiative de la CGT, qui avait permis au mois d’avril d’ouvrir le débat en pointant les dérives, tant dans les discours que dans les faits, visant à la militarisation des esprits, revient la semaine prochaine avec le soutien d’autres forces progressistes syndicales, politiques et associatives. Le rendez-vous est fixé au 18 septembre à partir de 17h30 sur la place d’Armes.

    « On a décidé de réunir cette fois tous ceux qui partagent nos valeurs sur le sujet et qui vont essayer, j’espère, de construire une maison commune autour de la paix et contre l’extrême droite, explique le secrétaire général de l’Union départementale CGT, Richard Roméo Giberti. La situation impose d’essayer de nous organiser pour faire face au rouleau compresseur médiatique et politique déployé en face. »

    Un événement ancré dans une brûlante actualité, insiste-t-il, puisque « jamais, depuis la Seconde Guerre mondiale, autant de conflits armés n’ont simultanément ensanglanté la planète ».

    Une exigence politique sociale et humaine

    Face à cette réalité, pas question de se résigner et d’accepter sans réagir la normalisation de la guerre. Les organisations réaffirment donc que « la paix n’est pas une utopie, mais une exigence politique, sociale et humaine qui se construit, s’organise et se défend ». L’occasion de mettre sur le devant de la scène un sujet de société dont il est urgent de s’emparer et de débattre. « L’extrême droite, avec son positionnement nationaliste et xénophobe, ne peut qu’exacerber les tensions à l’international. Ce qui s’aggrave avec la mise en place du protectionnisme et l’augmentation des budgets militaires », met en garde Pascal Brun, pour l’organisation Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (Visa).

    « L’école de la République a pour objectif de former des citoyens libres et éclairés, capables d’esprit critique. Elle n’a pas vocation à devenir un lieu de promotion des objectifs militaires de recrutement », insiste Alain Tournay, dirigeant de la FSU dans le Var. Il dénonce notamment la proposition de loi du député du Calvados Christophe Blanchet (MoDem), examinée à l’Assemblée en mars, visant à renforcer l’enseignement des questions de défense nationale chez les élèves de collège et de lycée. Et d’ajouter : « Nous continuons de dénoncer l’entrisme de l’Armée dans tous les établissements scolaires et nous nous opposons à toute forme d’embrigadement de la jeunesse ».

    Même son de cloche pour Zoé Desmoulins (Solidaires), qui insiste sur l’importance, à ses yeux, de « refuser les dispositifs qui militarisent nos classes, comme le port de l’uniforme, la levée du drapeau ou le chant de La Marseillaise tous ensemble, qui sont des symboles de militarisation de la jeunesse ». Des symboles prisés par l’extrême droite. Un seul et même combat, donc.

  • Les meilleurs apprentis de France à la pépinière Derbez ce week-end

    Les meilleurs apprentis de France à la pépinière Derbez ce week-end

    Ils incarnent déjà l’excellence dans leur domaine. Samedi et dimanche, 35 talentueux jardiniers et paysagistes en herbe du pays vont s’affronter à la pépinière Derbez, à Gassin, dans le cadre de la finale nationale du concours « Un des meilleurs apprentis de France », organisé par la Société nationale des meilleurs ouvriers de France. Un défi de prestige au cours duquel ils devront concevoir et vitaliser des jardins, en associant imagination, technique, précision et maîtrise des gestes professionnels. Leurs créations seront ensuite soumises à un jury composé de professionnels reconnus.

    Démonstrations de MOF

    En parallèle du concours seront également proposées des démonstrations réalisées par une quinzaine de Meilleurs Ouvriers de France (MOF) dans différents domaines : jardinerie, paysagisme mais aussi ébénisterie, bijouterie, couture, céramique, restauration de tapis ou encore lunetterie. L’accès à la pépinière est gratuit.

  • Des collégiens à la découverte de l’info à La Ciotat

    Des collégiens à la découverte de l’info à La Ciotat

    Accueillie par Élisabeth Édouard, la principale du collège Alice-Guy, ce jeudi à La Ciotat, Martine Vassal (DVD) constate l’ampleur de la rénovation de l’établissement : un investissement du conseil départemental de près de 14 millions d’euros d’investissements, a notamment permis la création d’une salle polyvalente, la réhabilitation des bâtiments et l’amélioration de leur isolation thermique. L’établissement abrite un « micro-collège » destiné aux élèves décrocheurs. L’occasion pour Martine Vassal de rappeler son soutien au dispositif.

    C’est déjà l’heure de la distribution des ordinateurs. Dans les yeux des 6es, c’est un peu Noël en septembre. « C’est un matériel d’une valeur de 600 euros, il faut en prendre soin », insiste Martine Vassal tout en présentant la carte « CJeune » qui contient 150 euros, destinée à financer une licence sportive, à acheter des livres ou des places de spectacle. « Elle sera rechargée chaque année jusqu’à vos 25 ans », annonce la présidente du conseil départemental. « C’est vieux 25 ans non ? », interroge-t-elle les 6es, dans un sourire. « Non, vieux c’est 40 ans », répond un élève.

    Hilarité garantie chez les élus présents : le maire de La Ciotat, Alexandre Doriol (DVD), Béatrice Bonfillon-Chiavassa, maire de Fuveau et conseillère départementale chargée des collèges et son homologue de Ceyreste et conseiller départemental, Patrick Ghigonetto… lui-même ancien élève de l’établissement « l’année dernière », plaisante Martine Vassal.

    À leurs côtés, le président de La Marseillaise, Léo Purguette, représente le club de la presse pour évoquer le prix « Collégiens 13 info ». Mais avant que l’échange ne s’engage, une question brûle les lèvres d’un jeune ciotaden : « Est-ce que dans La Marseillaise vous parlez de l’OM ? ». « Oui, presque tous les jours on parle de l’OM : les matches, les supporters, le mercato… Donc en ce moment on parle du club et on le critique aussi… », indique Léo Purguette.

    Martine Vassal saisit le ballon rond au bond : « il n’y a pas que l’OM que La Marseillaise critique… mais c’est la liberté de la presse, c’est ce que vous allez découvrir ».

    Citoyens en devenir

    L’échange se poursuit au CDI où est installé un grand portrait de Christophe Gleizes. « C’est l’un de nos confrères qui est injustement détenu en Algérie pour avoir simplement exercé sa profession », explique le président de notre titre aux collégiens en rappelant que le club de la presse exige sa libération et que son portrait a été placé sur la façade des Archives départementales pour qu’on ne l’oublie pas.

    « La liberté de la presse, le pluralisme, sont indispensables à la démocratie. Au collège, vous ne venez pas simplement étudier pour avoir un métier plus tard, vous êtes des citoyens en devenir », insiste Léo Purguette, convaincu que la meilleure manière d’être immunisé contre les fakes news, c’est de participer soi-même à la fabrique de l’info. C’est dans cet esprit que le collège Alice-Guy va concourir aux côtés de 17 autres établissements des Bouches-du-Rhône au prix « Collégiens 13 info » avec son journal Le Petit Ciotaden mais aussi une émission de radio rendue possible par la remise du matériel nécessaire par le conseil départemental.

  • Quand Ernest Pignon-Ernest inondait les rues de Martigues tous azimuts

    Quand Ernest Pignon-Ernest inondait les rues de Martigues tous azimuts

    Quand on déambule dans les rues de Martigues, le nom d’Ernest Pignon-Ernest défile régulièrement sous nos pas. Accolées, des flèches indiquent la direction du musée Ziem. C’est là que le 21 mai dernier, l’artiste pionnier du street-art est venu dévoiler une carte blanche. Ou plutôt revenu, puisqu’il y avait déjà signé une fresque en 1982, toujours visible dans les escaliers de l’établissement. « C’était une demande de la conservatrice de l’époque, Joëlle Pijaudier, raconte Gaëlle Culiolu, médiatrice culturelle pour la municipalité. C’est assez exceptionnel d’avoir une œuvre pérenne d’Ernest Pignon-Ernest, il n’y en a que deux ou trois en France. »

    Inspiré par Martigues, petite commune de pêcheurs alors en plein développement industriel, l’artiste en tire quatre éléments qu’il peint sur le mur du musée et qu’il décline grâce au procédé de la sérigraphie. « Ce sont toujours des dessins à l’échelle 1, donc à taille réelle », détaille Gaëlle Culiolu. En 1982, quasiment du jour au lendemain et sans communication, la ville est inondée de ces collages : environ 600 d’entre eux sont placardés dans tous les quartiers, mais aussi du côté des usines de Lavéra.

    Attirer le regard

    Un portrait de Florence, l’une des modèles phare d’Ernest Pignon-Ernest, enceinte et assise, symbolise le renouveau. « Depuis les années 1970, la population de Martigues augmente énormément grâce au développement de l’industrie, contextualise Charlotte Aurientis, chargée des publics au service art histoire et archéologie de la Ville. On assiste à un étalement urbain, et le centre-ville ancien est un peu moins attrayant. Les logements sont resserrés, vieillots… En 1977, la municipalité lance un grand plan de résorption de l’habitat insalubre. Il y a énormément de travaux, c’est 16 ans où la ville est en pleine mutation. » Ernest Pignon-Ernest appose la réinterprétation de Florence dans ces espaces en pleine renaissance.

    Il affiche également une grand-mère provençale archétypale, appelée la Martégale, directement inspirée de L’Arlésienne, un portrait réaliste du XIXe siècle peint par Pierre Jean. Elle incarne l’aspect « traditionnel » de Martigues. Sur des photos d’époque, on la voit sur les quais de l’Île, derrière des pêcheurs ou des femmes, comme si elle faisait partie du décor. Un retraité témoigne : « À l’époque, ma femme allait de Ferrières à Jonquières pour travailler. Elle passait devant 5 ou 6 collages. Régulièrement, elle entendait des passants saluer les œuvres. Par inadvertance, parce qu’on aurait dit que les personnages existaient ». C’était bien le but de l’artiste. « Selon ses propres termes, il va positionner ses images là où elles se glissent comme des évidences, relate Charlotte Orientis. Il pousse les gens à regarder différemment des paysages du quotidien. »

    Parfois, Ernest Pignon-Ernest cherche plutôt à marquer un contraste. Il place souvent son troisième élément, Prométhée, sur des ouvrages innovants et massifs du paysage martégal : au pied du viaduc, sur les cheminées du complexe pétro-chimique…

    « Il représente Prométhée loin de l’imagerie antique habituelle, souligne la chargée de public. Son interprétation, plus moderne, est tirée de la photo de Philippe Halsman, où l’on voit Oppenheimer en train de sauter. Pignon-Ernest l’interprète soit comme un envol, soit comme une chute. » Chacun y voit ce qu’il veut, le tout reste de s’interroger.

  • Le Marché du Soleil est parti en fumée

    Le Marché du Soleil est parti en fumée

    « Ça fait mal au cœur, ce n’est pas possible… ». Le poing serré, Djil Benz, président de l’association des commerçants du Marché du Soleil, contemple le va-et-vient des marins pompiers de Marseille devant ce qu’il reste du bazar emblématique de la cité phocéenne, ce jeudi matin.

    Car 2 300 m2 du Marché du Soleil ont été ravagés par un incendie qui s’est déclaré dans la nuit, aux alentours de 2h20 du matin. « C’est quasiment l’entièreté du marché qui a été détruite », commente Sylvie Odier, procureure adjointe du parquet de Marseille, sur place plus tard dans la matinée. Heureusement, on ne décompte « pas de blessé » ni d’hospitalisation pour les 71 personnes évacuées. L’intervention « rapide » et massive du Bataillon des marins-pompiers de Marseille, avec plus de 30 engins et de 100 militaires présents, a permis d’éviter que le feu ne se propage aux bâtiments adjacents et immeubles d’habitations environnants. Une grande partie des toits du Marché du Soleil s’est d’ailleurs effondrée.

    « Vers 2h20, un homme vêtu de blanc a été aperçu en train d’escalader le Marché. Quelques minutes après, l’incendie s’est déclaré. Attisé par le vent, le feu s’est rapidement propagé mais grâce au travail des marins-pompiers, il a pu être maîtrisé tôt ce matin », explique la procureure adjointe. L’homme en question a été aperçu « par un témoin » et n’a pas été interpellé à l’heure où nous écrivons ces lignes. Reste qu’aux alentours des 10h30, « les opérations de mises en sécurité sont encore en cours » mais le feu est fixé et maîtrisé. « La division de la criminalité territoriale est chargée de l’enquête ouverte en flagrant délit des chefs de destruction par moyen dangereux ». De quoi laisser supposer que c’est bien la piste criminelle pour un « incendie volontaire » qui s’impose du côté des enquêteurs à ce stade.

    Trois jours après la décision de fermeture

    D’autant que le timing interroge puisque la fermeture définitive, de même que la condamnation du gérant, Georges Dahan, et d’une douzaine de personnes ont été prononcées par le tribunal correctionnel de Marseille, seulement 3 jours plus tôt. Le gérant était visé notamment pour des faits de « détention, production, vente de marchandise contrefaisante » et « blanchiment ». Un jugement que les protagonistes de l’affaire contestent, plusieurs appels à l’encontre de cette décision ont été lancés.

    Quoi qu’il en soit, cet incendie laisse tout un quartier en émoi. « Depuis plusieurs mois, nous demandions au gérant de sécuriser réellement le site. Des voyous étaient déjà rentrés par un autre côté pour prendre de la marchandise. Mais personne n’a rien fait. Les magasins étaient encore pleins de marchandises, on n’avait pas eu le temps de tout vider ! », déplore Djil Benz. Aux alentours des 17h, les évacués n’avaient pas pu réintégrer leurs logements et les marins-pompiers étaient encore sur les lieux pour une opération de noyage.

  • [Entretien] Vincent Hérissé : « Le rapport de Marseille avec la drogue est ancien »

    [Entretien] Vincent Hérissé : « Le rapport de Marseille avec la drogue est ancien »

    La Marseillaise : Le trafic de drogue à Marseille a déjà été beaucoup traité. Pourquoi avoir décidé de faire un documentaire sur ce sujet ?

    Vincent Hérissé : L’idée, c’était aussi de décadrer le regard pour essayer de comprendre comment on en était arrivés là, en plongeant un petit peu dans le passé, en remontant à l’origine de tout ça. Il y a, effectivement, beaucoup de littérature et de reportages produits sur ce qui se passe aujourd’hui. Et moi, j’avais envie un petit peu de comprendre comment Marseille est devenue ce qu’elle est aujourd’hui. De fil en aiguille, je suis remonté jusqu’au début du XXe siècle, donc dans les années 1920, qui sont, on va dire, le point de départ de la présence de la drogue à Marseille. L’intention de la série c’était aussi de faire une sorte de portrait de Marseille, mais vue au travers de ce prisme, de la présence de la drogue dans la ville.

    Et aussi de rappeler que la violence que l’on connaît aujourd’hui a déjà existé dans
    le passé
     ?

    V.H. : Absolument. Quand j’ai commencé à creuser le sujet, je me suis rendu compte que l’année 2023 a été une année paroxysmique au niveau de la violence. Mais je me suis aussi rendu compte que Marseille avait déjà connu des périodes d’extrême violence en lien avec le trafic de drogue : les années 80. Dans la série, il y a donc un épisode consacré à ces années, où on est sortis de la French Connection [réseau d’exportation d’héroïne vers les États-Unis. ndlr]. On a déclaré qu’on avait gagné la guerre contre la drogue et qu’on avait réussi à battre ce réseau, mais ce n’était pas tout à fait vrai. Au début des années 80, il y a l’assassinat du juge Michel à Marseille par un groupe de trafiquants, car il avait commencé à nouveau à découvrir et démanteler plusieurs laboratoires d’héroïne. C’était la preuve que le trafic continuait et qu’il s’était réorganisé. Et ces années ont été terribles. Notamment en 1986, où il n’y a eu qu’un mort de moins que lors de l’année 2023. Donc on se rend compte que ce qui a été terrible il y a quelques années, Marseille l’avait déjà connu par le passé, mais l’a relativement oublié. Les gens ne se souviennent pas de cette période qui a été extrêmement violente avec déjà des victimes collatérales.

    Pourquoi c’était important de faire ce retour dans le passé ?

    V.H. : Je trouvais ça intéressant de raconter que le narcotrafic n’est pas né comme ça spontanément, de rien. Le rapport de Marseille avec la drogue, il est ancien. Il s’explique par un tas de choses. Le port colonial d’abord, puis les différentes vagues de migration de communautés très pauvres notamment les Corses, et les Italiens du Sud. Et enfin, le trafic commercial qui était très important au début du siècle et après la guerre. Ces éléments expliquent pourquoi Marseille a tenu cette place si importante dans le trafic de drogue, notamment au moment de la French connection. Mais c’est aussi ce qui explique, comment ce trafic s’est développé. C’est cette histoire que je trouvais importante à raconter pour arriver à comprendre comment on en arrive à cette situation sidérante.

    Une situation qui aurait été
    sous-estimée
     ?

    V.H. : C’est ce que l’on montre dans les deux derniers épisodes. Elle a été volontairement sous-estimée, tolérée, on peut le dire comme ça, pendant très longtemps. Jusqu’à ce que ça explose quand il y a eu des morts. Lorsqu’en 2010 deux adolescents sont rafalés sur un point de deal, dont un jeune de 15 ans qui en est mort et un gamin de 11 ans qui en réchappe. D’un seul coup, tout le monde se précipite sur Marseille et on semble découvrir qu’il y a un problème. Sauf qu’à ce moment-là, c’est déjà trop tard, le trafic est trop ancré, et ça génère déjà énormément d’argent.

  • Un quart des Français se disent « précaires »

    Un quart des Français se disent « précaires »

    Dans la cour de l’antenne du Secours populaire de la Blancarde, les chaises ne désemplissent pas. Ce jeudi matin, ils sont une dizaine à attendre leur tour pour récupérer un paquet d’aide alimentaire. Une fois par mois, les personnes accompagnées par l’association viennent récupérer ici des paquets de pâtes, de l’huile, des conserves, des packs de laits et de la farine.

    Une aide de plus en plus essentielle pour un nombre grandissant de personnes. C’est ce que révèlent les résultats du baromètre annuel du Secours populaire réalisé avec Ipsos sur la perception de la précarité en France publié ce jeudi. Alors qu’en 2025, 20% des sondés se déclaraient en précarité, ils sont 26% à se considérer comme tel cette année.

    Cette tendance, Monique Lerouet, responsable bénévole de l’antenne, la ressent. « On a des nouveaux inscrits presque tous les jours », explique-t-elle. Sa structure prend en charge les habitants des 4e, 5e, 6e et 12e arrondissements de Marseille qui en ont besoin. Si leur inscription est valable pour 6 mois : « la plupart viennent beaucoup plus longtemps. Certains viennent depuis plusieurs années », explique la responsable.

    Une précarité qui croît mais qui se transforme aussi. Les catégories autrefois épargnées commencent à se tourner vers le secours populaire pour remplir leurs placards. « Il y a de plus en plus de retraités, remarque la bénévole. Beaucoup ont de petites retraites et si ils sont seuls, ils ne s’en sortent pas… »

    Se serrer la ceinture

    Amar est de ceux-là. À 69 ans, il est accompagné depuis deux ans par le Secours populaire. « Je viens pour récupérer de la nourriture, et parfois je vais prendre des affaires aux vestiaires, raconte-t-il. Je me serre la ceinture et j’essaie de faire avec ce que j’ai, mais j’ai une petite pension ». Les retraités ne sont pas les seuls touchés par cette précarisation. D’après le baromètre de l’association, 40 % des travailleurs déclarent ne pas gagner assez pour recouvrir tous leurs frais. Des travailleurs précaires que voit aussi passer la responsable du centre. « C’est là que l’on voit qu’il y a quelque chose qui cloche. Ceux qui se lèvent tous les matins pour aller travailler ne devraient pas avoir du mal à subvenir à leurs besoins », se désole-t-elle.

    Précarité énergétique

    Et l’augmentation du coût de l’énergie et la mauvaise isolation des logements rajoutent à ces difficultés financières. Selon le baromètre d’Ipsos, ils seraient 79% à considérer que leur facture énergétique est un poids dans leurs dépenses. Pour essayer de soulager les foyers qu’il accompagne, le Secours populaire a développé un partenariat avec l’association aubagnaise Geres.

    Présents ce jeudi à la Blancarde, les bénévoles expliquent les petites actions que les personnes peuvent réaliser pour réduire leur facture. « On propose aussi des visites pour mettre en place des petits dispositifs, explique un bénévole présent. Cela fait deux, trois ans que l’on installe également des brasseurs d’air. » Des actions de plus en plus précieuses, avec les étés qui risquent d’être de plus en plus chauds, et le coût de l’énergie qui ne cesse d’augmenter.

    420

    C’est le nombre moyen de familles accompagnées par mois à l’antenne du Secours populaire de la Blancarde qui couvre les 4e, 5e, 6e et 12e.

  • La requête des liquidateurs de Fibre Excellence déboutée

    La requête des liquidateurs de Fibre Excellence déboutée

    Après avoir ignoré quatre arrêtés pris en urgence et deux réquisitions, c’est à une attaque des institutions et des salariés, que l’avocat des liquidateurs judiciaires s’est attelé devant le juge des référés liberté. En face les représentants des services de la préfecture et le chef du service prévention des risques à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement Paca n’ont eu qu’à aligner les faits.

    « Arrêter une usine c’est compliqué, il ne s’agit pas juste d’appuyer sur un bouton », a assuré sans ciller l’avocat de Realtec, qui montrait pourtant un empressement exceptionnel à vouloir couper l’électricité, le jour où les contrats des salariés de Fibre Excellence ont pris fin. Un des liquidateurs, Alix Brenac, avait déjà mis la pression pour couper les fours de la fonderie SAM dans l’Aveyron pour les mêmes raisons d’économies d’énergie. « On a retrouvé le site plus pollué après sa liquidation », a souligné Romain Delmon, secrétaire général de la préfecture.

    Bénie l’eau de la Ville !

    Pour la partie demanderesse, c’est « la vétusté des tuyaux » et « l’usage anarchique du réseau » qui a conduit à un diagnostic préconisant « d’utiliser des moyens externes et ça fonctionne très bien ». Là encore, dès les premiers jours, des incidents ont été signalés par les ex-ouvriers sur le site qui alertent contre le risque d’incendie et de pollution. Il en voulait pour preuve « on a remis en place la défense incendie », « il suffit de se connecter sur le réseau d’eau municipal » car « la station dépuration ne sert à rien ». Le maire et la population apprécieront.

    Les ex-salariés ont aussi apprécié : « je ne connais pas leurs compétences, je ne sais pas s’ils vont obéir aux instructions, je ne vais pas les payer 7 500 euros brut en CDI », a estimé Me Galardo. « Vous en avez quand même embauché quelques-uns… » a objecté le juge. « Oui. Mais je fais ce que je veux ». C’est ainsi en effet que les liquidateurs ont procédé tout au long de cette opération de fermeture du site Séveso. Ce qui a poussé le préfet Jacques Witkowski à prendre autant de mesures. Avant de quitter la barre, Me Galardo s’entêtait encore : « Je vais déposer deux plaintes en pénal contre le préfet ».

    L’UD CGT 13 et la CGT Fibre Excellence Provence qui ont relevé des rejets de près de 400 m3 d’eau contaminée dans le Rhône ont demandé que des analyses soient réalisées en urgence. Du côté de l’UD FO 13, on s’aligne sur la nationalisation temporaire proposée par la présidente de région Occitanie Carole Delga pour préserver l’emploi et la filière.

  • Un parrainage solidaire à Montpellier contre la précarité et l’isolement des étudiants

    Un parrainage solidaire à Montpellier contre la précarité et l’isolement des étudiants

    Montpellier compte près de 80 000 étudiants. Derrière les chiffres du dynamisme universitaire se cache une réalité beaucoup plus sombre : on estime qu’un étudiant sur cinq vit dans la précarité, « soit environ 16 000 jeunes contraints de subsister avec un reste à vivre inférieur à 100 euros par mois », illustre Philippe Vernay, délégué bénévole de l’association 1 Cabas pour 1 Étudiant à Montpellier.

    Une détresse financière qui entraîne, bien souvent, « un isolement social, car ces jeunes privés de ressources ne peuvent pas participer à toutes les activités que font d’autres étudiants », explique-t-il. Pour tenter de joindre les deux bouts, « ils travaillent, souvent dans le cadre de missions d’intérim et la plupart du temps le week-end, au détriment de leur scolarité ».

    Pour leur venir en aide, l’association 1 Cabas pour 1 Étudiant, née à Lyon en 2021 et structurée en délégation officielle à Montpellier depuis avril 2025, propose une réponse concrète : le parrainage. « La particularité de notre action, c’est que nous traitons les deux volets : l’achat d’un cabas de nourriture de temps en temps et la création d’un lien social », poursuit le délégué montpelliérain. Concrètement, parrains et marraines accompagnent les jeunes pour faire les courses, les conseillent pour varier leur alimentation et partagent avec eux les bons plans locaux. 1 Cabas pour 1 Étudiant a par exemple noué un partenariat avec le Rayon 34, l’épicerie solidaire de l’Université Paul-Valéry, « qui permet aux étudiants d’acheter des denrées à seulement 15% du prix du marché ». Mais le cœur du dispositif reste l’humain. Ancienne directrice d’école à la retraite, Françoise marraine, depuis février, une étudiante d’origine béninoise de 22 ans : « La première fois qu’on s’est rencontrées, je lui avais donné rendez-vous sur la place de la Comédie. Elle était à Montpellier depuis un mois et elle ne la connaissait pas ! Elle était complètement repliée sur elle-même, elle avait peur de tout. L’arrivée en France a été un petit choc culturel. Elle a eu besoin d’être accompagnée pour comprendre comment ça fonctionne. On échange sur toutes sortes de sujets », confie Françoise.

    « Un engagement valorisant et concret »

    « Quand elle vient manger à la maison, je fais la cuisine avec elle, je lui apprends à faire certains plats simples et pas chers. On l’emmène également à des concerts gratuits, pour lui montrer qu’on peut sortir, qu’au-delà des études et de la survie, on peut vivre. » Michel, un autre parrain bénévole, partage lui aussi des activités avec son filleul : randonnée, balade à vélo, après-midi à la plage, visite culturelle au Pont du Gard… L’objectif étant également d’élargir le cercle relationnel de ces jeunes en leur faisant rencontrer l’entourage des parrains et marraines.

    L’étude d’impact 2026 réalisée par l’association* confirme les vertus de ce parrainage solidaire : « Plus de 90% des jeunes déclarent se sentir moins seuls, manger plus souvent à leur faim, avoir un meilleur moral au quotidien ainsi que le sentiment de mieux tenir le coup face à la pression universitaire », rapporte Philippe Vernay. La force du dispositif repose sur cette relation personnalisée, où chaque binôme avance à son rythme, sans programme imposé. L’engagement demandé est avant tout moral, avec une durée minimale d’une année scolaire pour éviter toute rupture brutale pour le jeune. La structure propose un accompagnement solide depuis son siège lyonnais : une visioconférence présentant l’association est proposée en amont de chaque inscription et « si on a des questions, on peut téléphoner ou envoyer un mail. Il y a également régulièrement des forums de discussion entre parrains-marraines », témoigne Françoise.

    Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues : les retraités sont nombreux, mais des actifs s’engagent également. Depuis son déploiement à Montpellier, l’association a déjà permis de concrétiser 90 parrainages. Si 25 binômes sont restés actifs tout au long de la période estivale, l’urgence est aujourd’hui au recrutement. « On sait qu’à la rentrée, 30 à 40 étudiants vont s’inscrire », estime Philippe Vernay. « L’idée est de convaincre qu’on est sur un engagement valorisant, concret, qu’on fait à son rythme, en fonction de ses moyens et de ses disponibilités. C’est aussi une façon de rendre un peu ce qu’on a pu avoir, ou ce dont on a fait bénéficier nos enfants… Un petit retour d’ascenseur face à une précarité qui augmente. »

    * Auprès de 271 étudiants parrainés et 161 parrains et marraines

  • Actoral questionne les racines et les identités à Marseille

    Actoral questionne les racines et les identités à Marseille

    Depuis un quart de siècle, le festival Actoral fait entrer en collision théâtre, danse, musique, arts plastiques, littérature et cinéma à Marseille. Autant de disciplines qui continuent d’irriguer sa 26e édition, présentée mercredi à la presse dans les nouveaux locaux de l’association et centre culturel qui en est aux manettes, Montévidéo, au 45, rue d’Aubagne. Dotés d’une jauge d’une centaine de places assises, des lieux qui accueilleront certaines propositions de son festival phare comme Pédilove, performance de l’artiste marseillaise John Deneveuve ou encore Khalil Khalil, hommage chorégraphique et autobiographique de Khalil Albatran à « son frère mort en martyr pendant la première intifada palestinienne en 1989 ». Pour Hubert Colas, « la mémoire familiale et des origines », mais aussi « la réaction des artistes face au capitalisme » constituent les traits saillants de cette mouture du festival qu’il dirige.

    Actoral, 26e du nom, s’élancera officiellement le 23 septembre au Théâtre des Calanques avec Synthetic/Artefact. Créée par le chorégraphe Tiran Willemse, un monde futuriste animé par des poupées, qu’elles soient « vaudoues » ou bien « plus occidentales, type Barbie », campe Hubert Colas. Une friction de miniatures pour « réparer ce que l’Europe a fait à l’Afrique. Aujourd’hui, la nouvelle génération d’artistes découvre qu’il y a une censure intérieure, malgré elle, qui s’est établie au fil des années à cause du politique. Ils se disent que l’image de la société qui leur est renvoyée n’est pas conforme à ce qu’ils sont en réalité », souligne-t-il. Adèle Haenel sera ainsi l’une des invités de renom de cette édition, elle qui viendra présenter à la Friche Belle de Mai Voir clair avec Monique Wittig, faisant résonner de manière dramaturgique la pensée de cette pionnière du Mouvement de libération des femmes ayant aussi fait partie des « Gouines rouges ».

    Une île et un bunker

    Parmi ses autres marques de fabrique, Actoral est aussi « un temps fort autour d’artistes qui viennent des arts visuels et vont vers la performance », rappelle Hubert Colas. Parmi ceux-ci, Geneviève Matthieu qui « invoque une île étrange où les repères vacillent par la poésie, l’entraînement physique, musique et chant » dans Danse prophétique à l’île bizarre, au Théâtre des Bernardines. Au Fonds régional d’art contemporain (Frac Paca), Gaëtan Rusquet inondera quant à lui l’espace de ballons de baudruche dans un geste sculptural. Des diversités esthétiques qui ne sauraient faire oublier la prédominance de la question sociale sur nos identités, comme pourra le suggérer Bunker de Marion Siéfert et Matthieu Bareyre. Visible à la Friche Belle de Mai, « l’histoire d’un PDG d’un groupe pétrochimique qui vit enfermé avec sa fille dans un bunker », illustrant « la volonté séparatiste de cette caste désolidarisée du sort commun », estime Hubert Colas.