Category: societe

  • À Digne, une commerçante démunie après sept dégâts des eaux

    À Digne, une commerçante démunie après sept dégâts des eaux

    « J’ai eu une grosse remise en question, je me suis demandé si je devais changer de métier » : Elisabeth Kestens, gérante de la boutique de lingerie Fleur de Peau, en plein centre-ville de Digne, a bien failli jeter l’éponge après des dégâts des eaux à la chaîne et un risque d’effondrement dans son local.

    Installée dans une boutique rue de l’Hubac depuis six ans, elle n’a eu cesse de découvrir de mauvaises surprises en ouvrant boutique au petit matin. Entre les voisins du dessus partant en vacances en laissant l’eau de leur douche couler, les fissures sur la façade causant un nouveau dégât des eaux et un incident de chauffe-eau, le sort s’est acharné sur cette pauvre commerçante. Elle a dû tirer rideau pendant plus d’un mois rien qu’en 2026 à cause de toutes ces mésaventures, ce qui représente une perte de chiffre d’affaires importante.

    « L’assurance me demande de mettre fin au contrat d’ici la fin de l’année et de quitter ce local, car il y a toujours un souci et je leur coûte beaucoup trop cher : ils ont dépensé plus de 31 000 euros pour mes dégâts ! » affirme la commerçante.

    En janvier, Elisabeth a dû fermer pendant dix jours durant une période cruciale, celle des soldes, à cause d’un risque d’effondrement dû à des poutres abîmées. « C’est un immeuble vétuste, avec de nombreux défauts structurels », reconnaît son syndic. « C’est un stress complet au quotidien. Je dois sans cesse changer de casquette et devenir gestionnaire de sinistres », déplore la commerçante, qui a dû faire appel à une psychologue pour l’accompagner dans ces moments difficiles. Elle espère trouver un moyen de quitter le local d’ici 2027, mais est « enfermée par un bail ficelé d’une manière qui l’empêche de partir » avant 2029.

    Contacté, l’administrateur judiciaire en charge du dossier a indiqué ne pas souhaiter répondre aux sollicitations de journalistes.

    « Autant de mésaventures pour la même personne »

    « C’est une copropriété occupée par des résidents qui ont des très petits budgets, donc les moyens financiers sont limités », explique le syndic, tout en reconnaissant « des désagréments certains » pour la commerçante. « L’assemblée générale décidera des moyens accordés », mais les rapports ont conclu à l’absence de danger et à des travaux à faire sur la toiture, ainsi que pour sécuriser le plancher.

    « C’est la première fois que je vois une situation aussi alambiquée, avec autant de mésaventures pour la même personne », regrette Jean-Pierre Pradalier, vice-président de la CCI en charge du commerce. La CCI accompagne Elisabeth aux côtés de la mairie, pour qui il est primordial de conserver les commerces du centre-ville déserté. « Elle serait dans son bon droit de quitter le local avant terme, mais elle est tenue d’y rester juridiquement parlant. Un bras de fer coûterait beaucoup d’argent pour une issue incertaine et trop tardive », explique le vice-président. La CCI est en train de voir si elle peut mettre en place une action juridique.

  • [Entretien] Christel-Aurore Machado, ARS : « Le moustique tigre s’installe et progresse sur le territoire »

    [Entretien] Christel-Aurore Machado, ARS : « Le moustique tigre s’installe et progresse sur le territoire »

    Pourquoi le moustique tigre
    est-il spécifiquement dangereux
     ?

    Christel-Aurore Machado : Ce n’est pas le moustique en lui-même qui est dangereux, mais sa capacité à incorporer et transmettre des virus. On peut dire qu’il est un vecteur qui transmet les maladies virales qui sont la dengue, le zika et le chikungunya. Elles ne circulent pas naturellement dans les Hautes-Alpes mais dans des pays tropicaux et ont été importées en France par des voyageurs, qui reviennent infectés par l’une de ces maladies. Si le moustique pique une de ces personnes infectées puis va piquer d’autres personnes, cela va répartir le virus.

    Où en est sa prolifération ?

    C.-A.M. : Le moustique tigre est un animal invasif qui s’installe et progresse sur le territoire. Au niveau des Hautes-Alpes, on a une trentaine de communes colonisées, du Val-Buech-Méouge jusqu’à l’Argentière-la-Bessée. Au-delà, il ne survit pas aux températures froides du Briançonnais. On a encore une majorité de communes qui ne sont pas infestées, mais c’est maintenant qu’il faut se mobiliser et réduire la population si l’on ne veut pas qu’il se répande dans les Hautes-Alpes. Pour ce qui est des virus qu’il transporte, pour cette année, les données de Santé Publique France donnent deux cas autochtones de dengue confirmés dans le Tarn et dans l’Hérault. Depuis le 1er mai, début de la surveillance renforcée, il y a eu en France 80 cas importés de Chikungunya, 231 cas importés de dengue et 8 de Zika.

    Comment l’empêcher de se répandre ?

    C.-A.M. : Le moustique ne se développe pas dans les lacs et les rivières mais dans des petites quantités d’eau stagnantes. Il faut éviter les soucoupes sous les pots de fleurs, les seaux et arrosoirs qui traînent, les récupérateurs d’eau laissés ouverts, les gouttières obstruées, bâches mal tendues, jouets laissés à l’extérieur… Il leur suffit de quelques centimètres d’eau pour pondre des centaines de larves. Le moustique a commencé à s’installer mais on peut encore agir efficacement. Notre but n’est pas d’inquiéter mais de faire mobiliser les gens car ils sont les premiers acteurs à pouvoir limiter durablement son implantation par des gestes simples.

  • Un incendie frappe un bâtiment de l’école des Grands Cyprès à Avignon

    Un incendie frappe un bâtiment de l’école des Grands Cyprès à Avignon

    Depuis l’angle de la rue Madame-de-Sévigné, à Avignon, ce mercredi 29 juillet au matin, on pouvait encore apercevoir quelques dizaines de pompiers s’affairer sur le toit d’un bâtiment en construction de l’école des Grands Cyprès, qui était en train de brûler. L’incendie, qui s’est déclaré dans la nuit autour de 2h30, a mobilisé une cinquantaine de personnes. Le feu a été maîtrisé dans l’après-midi, sans causer de dégâts aux structures voisines. Aucune victime n’est à déplorer.

    D’après le commandant Pailloux, qui dirige les opérations sur place, le feu aurait pris à l’arrière du bâtiment, au pied de l’un des pylônes en bois. « Au regard de sa conception, du cadrage en bois avec de l’isolant en paille compressée, c’est difficile à éteindre et c’est pour ça qu’on y est encore », poursuit le responsable.

    Sur place, les soldats du feu retirent, panneau par panneau, la toiture pour tenter d’accéder aux structures et surtout à cet isolant afin de le décompresser pour faciliter l’extinction.

    Si la municipalité confirme que l’origine du feu « devra être déterminée par l’enquête » et que la rentrée scolaire sera maintenue normalement, le maire, Olivier Galzi (DVD), assure sur son compte Facebook qu’il « semble être d’origine criminelle ». « Ceux qui ont déclenché cet incendie ont détruit un lieu qui devait servir à l’accueil des enfants du quartier et d’Avignon. Ils ont mis en danger la vie des pompiers et détourné leurs efforts alors que des incendies réclament des renforts dans d’autres endroits critiques », poursuit le premier édile. L’élu ajoute que la mairie va porter plainte contre X. Deux jours auparavant, les dortoirs de l’école maternelle ont été vandalisés.

    Retards en vue

    Le bâtiment était destiné à devenir la « Cité éducative » de l’école et à abriter les activités périscolaires. Mais il « ne pourra donc pas ouvrir comme prévu », confie Olivier Galzi. La municipalité précise dans un communiqué qu’elle « travaille d’ores et déjà à des solutions alternatives afin d’assurer la continuité des activités qui devaient y être organisées ». Derrière la rubalise de sécurité, Khalid El Yousoufi, conseiller municipal d’opposition (LFI), mais aussi enseignant de l’école des Grands Cyprès, affiche son désarroi. « La construction avait déjà du retard, donc on va encore en avoir pour un ou deux ans. Ce bâtiment devait surtout accueillir les élèves de la maternelle puis de l’élémentaire pour permettre des travaux dans les locaux, qui sont dans un état catastrophique », confie-t-il, aux côtés du député Raphaël Arnault (LFI). Aux abords de l’école, des parents d’élèves sont dans l’attente. « On devait bientôt avoir une nouvelle école. Mais je sens que ça va traîner encore longtemps », glisse une maman de deux enfants scolarisés dans l’établissement.

  • Quand les enfants vont apprendre à nager à l’Estaque

    Quand les enfants vont apprendre à nager à l’Estaque

    Difficile de rentrer dans l’eau à la base nautique de Corbières, mercredi matin. Qu’à cela ne tienne, le maître-nageur Adem Boukhedimi encourage les petits port-de-boucains pour leur troisième journée de stage d’apprentissage de la nage avec l’association Le grand bleu. « Allez on se motive, on met le ventre, puis la tête à l’eau ! » commande-t-il. La réponse est timide, « c’est un peu mou » se dit-il. Alors il se jette à l’eau et envoie de grosses vagues à l’aide de ses bras sur les enfants, qui en rient.

    « Ils sont encore dans leur cocon, il faut les réveiller dès le début », explique le maître-nageur, « si je suis mou, le cours sera mou. C’est très important l’animation, pour donner un côté ludique et faire aimer le fait d’avoir la tête dans l’eau » détaille-t-il. Pour cela, ce dernier leur fait jouer à cache-cache ou faire des bulles.

    2 500 enfants par an

    Ces enfants sont embarqués à la plage de Corbières pendant une semaine par les centres sociaux Fabien-Menot et Lucia-Tichadou, situés en quartiers prioritaires, ainsi que l’Association pour la jeunesse, l’éducation et le sport (Ajes) pour apprendre la nage. « On est entouré par la mer à Port-de-Bouc, les enfants adorent l’eau mais beaucoup ne savent pas nager », fait remarquer Nadia Djebar, animatrice de l’Ajes. Sans piscine en ville, celle de Fos en travaux, l’accès est compliqué. « Les cours de natation coûtent cher, 250 euros par enfant à l’année et le travail ne laisse pas toujours le temps de les emmener », poursuit l’animatrice. Le stage est quant à lui compris dans l’adhésion des enfants aux centres sociaux.

    Malak, jeune de 11 ans du centre Menot sur la Presqu’île, estime qu’elle sait déjà nager, « c’est mon frère qui m’a appris » avance-t-elle, mais « pas à la perfection ». à la fin de la semaine, elle devra passer l’examen savoir-nager du ministère des Sports comme la cinquantaine de minots embarqués à Corbières. « C’est important d’apprendre à nager car comme ça, on se fait pas moquer de pas savoir », estime Malak, et « si on est dans un bateau et qu’on tombe, au moins on va pas se noyer », complète celle qui va d’ailleurs deux fois par semaine à la plage, aux Aigues Douces.

    Les éventuels recalés seront repêchés en septembre. « On ne va pas les perdre après avoir fait une semaine », dans l’eau, assure Brahim Timricht, fondateur de l’association. Mais il ne s’agit pas juste de réussir un examen. « Après la nage, on propose le sauvetage côtier. C’est pour nous la prolongation de la natation : une fois que t’as appris à nager t’apprends à sauver ». Le grand bleu revendique apprendre la nage à 2 500 enfants chaque année.

  • À Marseille, plusieurs dizaines de familles menacées d’expulsion

    À Marseille, plusieurs dizaines de familles menacées d’expulsion

    « On est fatigués d’être expulsés chaque année. Nos enfants, ils sont fâchés parce que bientôt, ils vont recommencer l’école. » Réunis ce mardi soir, hommes, femmes et enfants sont inquiets. Installés depuis un peu moins de deux ans sur la friche de l’ex-usine Procida, route de la Valentine (11e), ils craignent d’être évacués au cœur de l’été.

    Le camp de 250 personnes est sous le coup d’une ordonnance d’expulsion en date du 24 décembre 2025, explique leur avocat Me Borie, portée par le propriétaire des lieux, Retail Prodev. Une filiale du groupe Frey, spécialisée dans le développement de centres commerciaux. Pour mémoire, l’entrepreneur imaginait implanter là, fin 2024, un vaste centre de logistique, au grand dam des habitants, dénonçant un afflux de poids lourds dans un quartier déjà saturé. Ces derniers imaginant plutôt de laisser la place à un espace vert alors que coule l’Huveaune non loin, ce genre d’équipement étant réduit comme peau de chagrin dans le secteur. La Ville de Marseille refusera finalement de délivrer le permis de construire quelques mois plus tard.

    Solidarité à tous les étages

    Aux côtés des familles roms, des représentants de la CGT Interim, de la Confédération générale du logement, des riverains, des membres d’ATD Quart Monde, Michel Pruvost (PCF), conseiller d’arrondissement des 11e et 12e arrondissements, et Jean-Marc Guéris, animateur du groupe d’action La Penne insoumise. « Nous sommes là si vous avez besoin d’aide », assure ce dernier. De son côté, l’élu communiste, accompagné de Jean-Pierre Breda, secrétaire de la section PCF du 11e, estime que tout le monde doit rester « tant qu’il n’y a pas de solutions de relogement » et indique avoir « fait remonter le problème » à la mairie centrale. « Le jour où vous devrez quitter ce camp, c’est avec des alternatives, pour pouvoir être relogés, et notamment pour que les enfants, qui sont scolarisés, gardent une stabilité », insiste-t-il.

    Un squat à Saint-Just en 2020, une évacuation « brutale » à Maison Blanche en 2021, une destruction de lieu de vie à la Barasse en 2022, puis en 2023 et 2024 à la Madrague, à la Cabucelle… Laurent Sapin, riverain, revient sur les expulsions à répétition qui bouleversent le quotidien de familles dont les parents travaillent et dont les enfants sont inscrits dans les établissements scolaires alentours, comme en attestent les certificats remis ce jour-là à Me Borie. Certains petits ont un parcours brillant, précise Agnès, qui anime avec ATD Quart Monde des ateliers livres tous les samedis.

    « Un recours a été déposé auprès de la cour d’appel d’Aix-en-Provence », ajoute l’avocat, une audience étant prévue en février 2027. D’ici là, il espère une sortie négociée, pour permettre aux enfants de suivre une année scolaire complète.

  • La Ville de Marseille dégaine l’astreinte contre un kiosque en tôle

    La Ville de Marseille dégaine l’astreinte contre un kiosque en tôle

    Un kiosque alimentaire installé sur la nouvelle place Castellane rénovée n’est pas conforme à la déclaration préalable autorisée en 2024. L’installation commandée par le commerçant Michel Sultan est de style radicalement moderne, de la tôle métallique jugée sans allure aux yeux de certains.

    Il y a plus d’un an, un procès-verbal avait dressé un constat d’infraction. « Le kiosque mis en place ne s’harmonise pas avec les kiosques de style haussmannien présents sur la place Castellane reconnue comme un lieu emblématique par le Site patrimonial remarquable et dont la fontaine est inscrite au titre des Monuments historiques », énonce l’arrêté municipal de mise en demeure du 25 juin 2026, qui exige sa remise en conformité dans un délai de six mois sous astreinte de 200 euros par jour de retard. Un montant lourd qui doit suffire à convaincre de s’exécuter. Le respect du Site patrimonial remarquable est en réalité une problématique forte à Marseille, en particulier sur les places publiques à fort enjeu patrimonial.

    « Je me suis fait avoir », explique à La Marseillaise Michel Sultan, le gérant, qui assure de sa bonne foi. Plutôt que de louer un kiosque à la Métropole pour environ 400 euros par mois, il a préféré être propriétaire du sien. « Pour faire simple, j’ai pris un ferronnier marseillais, mais il ne m’a pas fait la frise et le dôme haussmanniens. Ça m’a coûté 56 000 euros quand même. En vrai, il n’y a qu’un seul ferronnier d’art, dans le nord de la France, qui fait le kiosque haussmannien. Il faut dire qu’il a déposé le brevet », nous dit-il.

    Depuis quelques jours les mesures ont été prises et la commande passée. Le commerçant nous assure de sa volonté de se mettre en règle. Il dit aussi comprendre les autorités : « C’est logique, ils veulent faire un bel endroit vu l’argent qu’ils ont mis pour rénover la place ».

    « Tendance bobo végé »

    Pour l’heure, la Ville a édité une autorisation provisoire d’occupation du domaine public pour le kiosque. L’emplacement n’est pas donné. Il dit s’acquitter de 3 800 euros tous les six mois de redevance d’occupation à la Métropole pour poser ses tables et ses chaises. « Avant, j’étais de l’autre côté de la place. Quand je me suis déplacé ici, je voulais faire quelque chose dans la tendance bobo végé et en harmonie avec la place. Pas un kebab quoi. Je m’attendais à ce que ça marche mieux, mais ça va prendre, j’en suis sûr. »

    La requalification de la place Castellane a magnifié l’espace public piétonnisé. La fontaine Cantini a été remise en eau et inscrite, en novembre 2023, au titre des Monuments historiques. L’espace entre le bassin et les grilles a été végétalisé et l’ensemble est mis en lumière. Actuellement, la fontaine est cerclée d’une clôture girondine en bois, les grilles et les vases étant partis à la restauration. Les groupes sculpturaux réalisés par les meilleurs artistes marseillais de l’époque sont en triste état. Rien n’est programmé pour eux.

  • La prévention, l’autre front contre les incendies

    La prévention, l’autre front contre les incendies

    Avant les dégâts humains et matériels causés par les flammes – contre lesquelles les pompiers luttent toujours en Gironde notamment – les autorités misent sur la prévention. Parmi les acteurs de la sensibilisation et aux comportements à adopter pour limiter les feux dans les massifs qui composent notre région, les jeunes de la garde régionale forestière. Polos et short kaki, rangers au pied, ils sont quatorze, répartis en patrouille, à arpenter le grand site Concors Sainte-Victoire. Souvent étudiants, ils sont intégrés au plan « Guerre du Feu », lancé en 2018 par la Région. Cette année, ils sont au total 250 gardes régionaux forestiers à être déployés sur 23 territoires locaux. Ce mercredi matin, rendez-vous à l’entrée du barrage de Bimont, départ d’un des principaux axes empruntés par les randonneurs pour rejoindre la Sainte-Victoire. Rosalie, Manuel et Nils, déjà en poste, s’attellent à la sensibilisation des premiers touristes en promenade.

    « Une dizaine de départs de feu repérée et maîtrisée »

    Prévenir, rappeler les « bons gestes » à adopter dans les massifs est l’une des missions principales de ces jeunes, engagés de juin à septembre pour aider à la prévention incendie. Ils sont un appui au dispositif de surveillance interservice existant. L’équipe est rejointe par Sophie Joissains, vice-présidente de la Région et maire (UDI) d’Aix, et Arnaud Mercier, président du grand site Concors Sainte-Victoire et maire (DVD) de Venelles, venus prendre le pouls du terrain. « À ce jour, 40 millions d’euros ont été alloués à ce plan [Guerre du feu] et aujourd’hui nous avons renfloué notre équipe de garde régionale forestière au grand site Sainte Victoire », rappelle Sophie Joissains. En 2026, 1,4 million d’euros sont alloués par la Région, à la GRF. La lutte contre les incendies est une « priorité » pour la Région, rappelle l’élue, les effectifs de la GRF pourraient être augmentés « autant que de besoin ». Sur le terrain, la sensibilisation commence dès le kiosque, à l’entrée du barrage. Dans les massifs, des binômes circulent dans des véhicules récupérés le matin même sur le site de Beaurecueil. « Il y a parfois des personnes têtues, confie Rosalie, qui intègre la GRF pour la première fois. Mais globalement, le public est compréhensif. On informe des lois. Nous, on ne pourra rien faire, mais on collabore avec la police et les gendarmes. On les informe aussi du montant des amendes, des patrouilles régulières… Ça les résigne, normalement. » En cas de danger repéré, les membres de la patrouille ont un contact direct avec les pompiers. Sophie Herete, directrice des espaces naturels et grand sites de France à la Métropole rappelle qu’une « dizaine de [départs] de feux depuis début juillet, autour de Sainte-Victoire » ont été recensés. « Nous avons réussi à tous les maîtriser. » « Mais notre mission va au-delà de la prévention incendie, on est là pour assurer la sécurité globale des gens », précise Manuel, qui revient pour une deuxième année. Et s’il reste encore du travail pour la GRF, « la plupart des gens sont consciencieux, au courant des réglementations et sont à même de repérer chez d’autres des comportements à risque. Dans la région, on a une conscience collective par rapport au risque du feu de forêt », estime Nils qui lui aussi, renouvelle son engagement. Arnaud Mercier rappelle d’ailleurs que le grand site Sainte-Victoire, qui fait partie d’un réseau national, est d’ailleurs « une référence nationale », en termes de prévention incendie.

    EN CHIFFRES

    400

    Le nombre d’hectares brûlés dans les Bouches-du-Rhône, depuis le début de l’été. Le département est l’un des plus exposés au risque de feu de forêt en France, dû aux fortes chaleurs, au vent, à la sécheresse végétale ainsi qu’au dérèglement climatique. 40% de la surface du département est positionnée sur des massifs forestiers.

    90 %

    Parmi les départs d’incendies, 90% sont d’origine humaine. Dans les Bouches-du-Rhône, 30% de ces départs sont liés à des travaux, notamment à la non-application de la réglementation. Entre autres, la présence d’un extincteur est obligatoire, tout comme le débroussaillement d’un chantier situé à moins de 200 mètres d’une forêt.

    9

    C’est le nombre de forestiers de l’ONF, actifs pour la mission spécifique d’entretien du massif forestier dans les Bouches-du-Rhône. Des effectifs très réduits. En presque 20 ans, l’Office a perdu quatre agents sur ce territoire, alors que la superficie de forêts à entretenir a augmenté de 8 000 ha. Une réduction des postes à l’image de la tendance nationale.

    54

    Pour assurer les missions d’extinction des incendies et assister les équipes sur place, les Bouches-du-Rhône, l’ONF et les sapeurs-pompiers disposent de 54 véhicules de soutien aux intervenants (VSI). Dès qu’un départ de feu est déclaré, le véhicule arrive sur le lieu de l’incendie entre cinq et dix minutes après l’alerte.

  • [C’est l’été] Visite en scène à Caromb

    [C’est l’été] Visite en scène à Caromb

    Guidés par deux passeuses d’histoire, Lisa et Mélanie, vous traverserez récits oubliés, croyances populaires et légendes rurales. Ici, l’histoire se raconte aussi au féminin car en Provence, la sorcière est partout.
    À travers leurs chants envoûtants, elles dévoilent des savoirs anciens : plantes, cycles de la nature, secrets de l’au-delà.

    À partir de 21h. Gratuit. RDV donné sur le parking du chemin du Paty.

  • Un suspect incarcéré pour une dizaine de départs de feu dans le Var

    Un suspect incarcéré pour une dizaine de départs de feu dans le Var

    Il « est soupçonné d’être à l’origine d’une dizaine de mises à feu », a déclaré le colonel Grégory Goumain, commandant de la gendarmerie du Var, lors d’une conférence de presse à Pontevès d’où sont dirigées les opérations de lutte contre le sinistre en cours.

    Si « la piste volontaire est écartée pour l’incendie principal », qui dévore depuis le 21 juillet le massif du Gros Bessillon, l’homme est « soupçonné d’être à l’origine d’une reprise de feu au sud » du brasier, a-t-il ajouté.

    Il est poursuivi pour des départs de feu commis entre le 19 et le 24 juillet sur les communes de Brignoles, Cabasse et Vins-sur-Caramy, qui ont « entraîné la destruction de plusieurs hectares de maquis et de forêt », selon un communiqué des gendarmes.

    Cet homme de 23 ans, sans emploi, s’était installé dans la région depuis un mois et ne présentait pas d’antécédent judiciaire lié à ce type de fait, a encore précisé Grégory Goumain.

    Arrêté à son domicile grâce à des renseignements et à l’exploitation d’images de vidéoprotection, il avait été placé en garde en vue, samedi.

  • Les trottinettes électriques mises au pas à Nîmes

    Les trottinettes électriques mises au pas à Nîmes

    Dans les rues étroites de l’Écusson nîmois, le sifflement électrique devra désormais céder la place au bruit des pas. Par un arrêté pris le 8 juillet, la municipalité durcit les règles applicables aux trottinettes électriques, gyropodes, monoroues et autres engins de déplacement personnel motorisés (EDPM). Une réponse aux plaintes de piétons et de commerçants, régulièrement confrontés aux slaloms entre les terrasses et les passants.

    La circulation n’est pas interdite dans tout le centre-ville, mais les usagers doivent descendre de leur engin et le pousser à la main dans les secteurs les plus fréquentés : rues piétonnes de l’Écusson, mail de l’Esplanade, avenue Feuchères, abords de l’Hôtel de Ville et de la Maison Carrée. Les trottoirs restent interdits.

    Le casque pour tous

    Autre changement majeur : le casque homologué devient obligatoire sur l’ensemble de la commune, pistes cyclables comprises. Les règles nationales demeurent : avoir au moins 14 ans, circuler seul, ne pas dépasser 25 km/h et être assuré. Sur plusieurs grands axes limités à plus de 50 km/h, les EDPM devront également rester sur les pistes cyclables. La Ville justifie ce tour de vis par la multiplication des usages et des comportements dangereux. « Nous voulons la protection des Nîmois et le partage apaisé de l’espace public », défend Nicolas Nadal, adjoint à la sécurité.

    Vendredi 17 juillet, policiers municipaux et élus ont arpenté le centre ancien, rappelant le casque aux uns et invitant les autres à mettre pied à terre. Tout l’été, la prévention doit primer, avec des opérations régulières, des stands et une nouvelle signalisation. Mais ensuite, le message changera de ton : circuler dans une zone interdite ou sans casque pourra coûter 150 euros. Entre nouvelles mobilités et droit de marcher sans crainte, la Ville tente de dessiner une ligne de partage. Dans le cœur de Nîmes, elle passera désormais par le pied à terre.