Category: societe

  • Un policier mis en examen pour viol sur une touriste

    Un policier mis en examen pour viol sur une touriste

    Le 10 septembre dernier, « une touriste anglaise de 37 ans, en vacances dans le Sud de la France déposait plainte au commissariat de La Ciotat. Elle dénonçait des faits de viol commis dans la nuit du 9 au 10 septembre par un policier alors qu’elle était transportée dans un véhicule de police au commissariat de La Ciotat pour ivresse publique manifeste », indique le parquet de Marseille, dans un long communiqué très circonstancié. Appelé par les responsables d’un hôtel, l’équipage de policiers aubagnais a embarqué la touriste pour la conduire au commissariat de La Ciotat. « La plaignante indiquait, qu’alors qu’elle était menottée sur la banquette arrière du véhicule encadrée par deux policiers, l’un des deux l’aurait embrassée sur le visage et pénétrée digitalement », est-il précisé. Au lendemain de la plainte, le parquet de Marseille a ouvert une enquête en flagrance confiée à l’IGPN.

    Les trois policiers de l’équipage de secours qui avaient effectué ce transport étaient interpellés et placés en garde à vue le lendemain, et déférés deux jours plus tard devant un juge d’instruction.

    « L’un des policiers était mis en examen pour viol et agression sexuelle par personne abusant de l’autorité que lui conférait sa fonction », une circonstance potentiellement aggravante, et a été « placé en détention provisoire », stipule le parquet. Un deuxième policier, a été mis en examen pour « abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité physique d’une personne. Il a été placé sous contrôle judiciaire », indique le parquet de Marseille. Tandis que le troisième policier a été placé sous le statut de témoin assisté. Quant à la plaignante, elle a été prise en charge par une association d’aide aux victimes, est-il indiqué dans le communiqué.

  • Une ligne de covoiturage entre Toulon et Cuers

    Une ligne de covoiturage entre Toulon et Cuers

    Une nouvelle solution pour les trajets du quotidien. Ce mercredi était inaugurée, à Solliès-Pont, sur l’aire des Terrins, la nouvelle ligne « Zou ! Covoit’ », reliant Toulon à Cuers, via sept communes et 18 arrêts. Un service développé par ces dernières avec l’État, la Métropole TPM, le Département, sous l’égide de la Région Sud et de l’entreprise Ecov, spécialisée dans le covoiturage. Le Fonds Vert a financé la moitié du projet tandis que la Région a versé 2,7 millions d’euros.

    L’objectif de cette ligne, « la plus longue de France » souligne Thomas Matagne, fondateur d’Ecov, est de lutter contre l’autosolisme, c’est-à-dire l’usage de la voiture sans autre passager, dans les trajets du quotidien. « Elle représente 81% des déplacements, son taux de remplissage moyen pour aller au travail est d’1,07 personne », détaille Thomas Matagne.

    Service sans réservation

    Le principe : le passager se rend près d’un des 18 arrêts de la ligne et indique sa destination via une application. L’information s’affiche alors sur le panneau situé à l’arrêt et dans l’application des conducteurs géolocalisés sur ce trajet. L’un d’eux s’arrête et prend en charge le passager. Si aucun ne passe, une garantie départ est déclenchée après 15 minutes aux heures de pointe avec une autre solution (bus ou taxi). De leur côté, avant de prendre la route, les conducteurs indiquent leur trajet. Après avoir reçu l’info, ils récupèrent leurs passagers aux arrêts sélectionnés. Aucune réservation n’est nécessaire, le service est gratuit jusqu’aux vacances de la Toussaint et sera ensuite intégré au service Zou ! (abonnements ou tickets unitaires).

    Depuis son lancement le 23 juin, le service recense 1 668 inscrits pour 3 082 trajets proposés. Encore en deçà de ce qui est espéré, mais il s’agit désormais d’« obtenir des conducteurs qu’ils acceptent de devenir passagers, confier leur trajet et leur journée à quelqu’un d’autre. Cela se construit par la confiance, en les citoyens et en le service », appuie Thomas Matagne. « Le changement de comportement est essentiel. C’est une affaire d’acceptation collective et individuelle. Il faut que nous embarquions tout le monde, y compris les élus », abonde Jean-Pierre Serrus, vice-président (Ren.) de la Région en charge des transports.

  • « Les agriculteurs ne m’insultent pas, ils me demandent de l’aide »

    « Les agriculteurs ne m’insultent pas, ils me demandent de l’aide »

    La Marseillaise : Vous êtes agroclimatologue. Pouvez-vous rappeler votre parcours et ce qui vous a conduit à ce métier ?

    Serge Zaka : Je suis docteur en agroclimatologie. Mon travail, c’est d’étudier l’impact du climat à long terme sur l’agriculture, mais aussi celui de la météo à court terme : la canicule de la semaine, le gel tardif, la grêle. Ce qui me passionne, c’est de rendre ces phénomènes compréhensibles pour tous. Sur les réseaux sociaux, je vulgarise avec des chiffres, des graphiques, sans exagération. C’est cette visibilité qui m’a fait connaître… mais qui m’expose aussi aux attaques.

    Depuis plusieurs années,
    vous êtes pris pour cible sur les réseaux sociaux. Comment vivez-vous ce harcèlement ?

    S.Z. : Il y a eu plusieurs étapes. Au début, ce n’était que des moqueries. Puis les canicules, l’élection de Donald Trump et, plus récemment, le rachat de Twitter, ont libéré une violence énorme. On parle de centaines, parfois de milliers de messages par jour. 99% relèvent d’insultes ou de dérision, mais 1% sont hors-la-loi : menaces de mort, de viol, racisme, incitations au suicide. Parfois, ce sont même des mails ou des messages que je reçois directement. Je travaille avec la gendarmerie et le ministère de l’Intérieur pour signaler ces contenus. Car au-delà du moral, il y a un risque physique : un jour, certains pourraient passer à l’acte.

    Pourquoi ces discours climatosceptiques trouvent-ils encore un écho ?

    S.Z. : En réalité, ils sont minoritaires dans la société. Beaucoup de comptes sont automatisés, des « bots » qui visent à décrédibiliser la parole scientifique. Derrière, on trouve des entreprises, parfois même des États. Ceux qui relayent ces contenus se voient comme des sauveurs de la vérité, mais n’apportent aucun argument scientifique. Ils sont très bruyants, très organisés, surtout à l’extrême droite, mais peu nombreux. Dans la vraie vie, la majorité des citoyens et des agriculteurs constatent bien les effets du changement climatique.

    Face à cette violence, avez-vous songé à vous taire ?

    S.Z. : Non. Leur objectif est de nous faire taire, je fais donc l’inverse. Je réponds rarement, mais toujours factuellement, avec des données locales, des graphiques, en ciblant des leaders d’opinion, comme les élus ou les personnalités médiatiques. Les insultes ne résistent pas aux faits. Cette méthode attire beaucoup de jeunes qui apprécient de voir un scientifique confronter un discours mensonger. Et chaque fois que je démonte une intox, je gagne en visibilité. C’est un moyen de retourner la situation à notre avantage. Cela dit, il faut distinguer : l’humour et la dérision sont utiles, mais les menaces graves, elles, ne doivent pas être banalisées.

    Vous êtes en contact direct avec le monde agricole. Que vous disent les agriculteurs ?

    S.Z. : Contrairement à ce que prétendent mes détracteurs, les agriculteurs ne me voient pas comme un ennemi. Bien au contraire. Une preuve de plus qu’ils n’agissent pas réellement dans l’intérêt de ceux qu’ils prétendent défendre. J’ai conseillé ou formé plus de 15 000 d’entre eux l’an dernier. Beaucoup m’écrivent, parfois désespérés, pour comprendre comment s’adapter. Certains envisagent même de quitter leur région pour continuer à produire ailleurs. Mon rôle, c’est de leur montrer qu’il existe des solutions : changer de variétés, modifier les dates de semis, investir dans des protections. Mais cela demande des moyens et une stratégie nationale. Nous avons besoin d’un véritable plan Marshall pour l’agriculture face au climat.

    Quel est, selon vous, le mot d’ordre pour l’avenir ?

    S.Z. : Anticiper. C’est le mot d’ordre. On peut s’adapter si on comprend les risques et si on investit dès maintenant. C’est tout le sens de mes travaux et des outils que je développe, comme agroclimatologie.fr, qui propose gratuitement des données précises aux agriculteurs. Plus on aura de données fiables, plus on coupera court à la désinformation. Je consacre ma vie à ça, par passion, pas pour l’argent. Et je crois qu’à terme, les faits l’emporteront sur les discours. Mais il faut que l’État, l’Europe et la société tout entière soutiennent réellement les agriculteurs dans cette transition.

    Propos recueillis par Axel Jolidon

  • Mobilisés pour les familles d’accueil en psychiatrie

    Mobilisés pour les familles d’accueil en psychiatrie

    Ils sont une cinquantaine à s’être rassemblés dans le hall de l’administration de l’hôpital Édouard-Toulouse, ce mardi midi, pour demander le maintien du service d’accueil familial thérapeutique (AFT). à l’appel de la CGT et FO, familles d’accueil, patients et personnels soignants ont fait irruption lors du comité social et économique (CSE) pour témoigner de l’utilité de ce service.

    Créé dans les années 90, ce dispositif permet à des patients atteints de troubles psychiatriques stables d’être hébergés en famille. L’un des membres doit être agréé par l’hôpital et devient donc salarié de la structure. Un service qui permet à quinze patients, accueillis dans huit familles, d’éviter l’hospitalisation.

    En juin dernier, lors d’un CSE, le directeur de l’hôpital, Thomas Acquier, avait annoncé vouloir utiliser les 750 000 euros de ce service pour financer l’unité de remédiation cognitive et évaluation. Une décision qui laisserait donc sur la touche les huit personnes en CDI, et les quinze patients accueillis. « La plupart des patients sont âgés et il n’y a pas de service géronto-psychiatrique. Beaucoup vont donc aller dans des Ehpad qui ne sont pas adaptés. Ils risquent de faire des décompensations psychotiques et donc revenir après à l’hôpital, alors qu’ils étaient stables », craint Pierre-Edouard Thiebaud, représentant CGT de l’hôpital.

    Quatre familles et deux patients ont témoigné ce mardi, devant le directeur, pour insister sur la nécessité d’un tel service, alors que sa fermeture était à l’ordre du jour. FO, qui a demandé que le sujet soit retiré de l’ordre du jour pour gagner du temps, a refusé de siéger au CSE. La CGT et SUD ont voté contre la fermeture du service, mais le directeur ne s’est pas démonté. « Il se cache derrière le choix des médecins, affirme Olivier Boyer, secrétaire général FO d’Edouard-Toulouse. Mais on sait qu’il n’y a pas eu de vote. Notre prochaine action sera d’interpeller les médecins », affirme-t-il.

    Une pétition pour le maintien des AFT a déjà rassemblé 250 signatures.

  • Se mobiliser pour Octobre rose et vaincre la maladie

    Se mobiliser pour Octobre rose et vaincre la maladie

    « Nous sommes 14e sur 17 régions en termes de dépistage organisé », lance Valérie Giacomazzi pour la Région Sud rappelant être particulièrement impliquée par son métier d’infirmière et au contact quotidien de cette maladie. Et de rassurer : « C’est un problème qui nous concerne tous, de ce fait, la Région continuera à être aux cotés des organismes de santé pour combattre cette maladie. » La représentante de l’ARS, Eléna Nerriere confirme : « Nous sommes très engagés dans ces missions de dépistage car les besoins et constats sont très alarmants dans notre région. C’est important d’avoir des temps forts pour pouvoir marquer les esprits. » Du côté de l’assurance maladie, Gilles Guash assure que devant de tels chiffres « une reprise des invitations pour les femmes concernées, avec une relance au bout de 6 mois a été organisée depuis l’an passé. Par mail, par message ou par courrier, tout est fait pour maximiser la chance de bien arriver ». Pas de doute, « il est très important de faire rentrer la culture du dépistage depuis le plus bas âge », abonde Ysabelle Paoletti de la CPAM13. C’est donc un maillage avec de nombreux acteurs qui œuvrent de concert pour pouvoir développer les dépistages et faire reculer la maladie.

    Brigitte Séradour est la présidente du Centre régional de coordination des dépistages des cancers Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur (CRCDC Sud Paca). Elle est missionnée par le ministère de la Santé, pour organiser les programmes de dépistage des cancers du sein, colorectal et du col de l’utérus. Depuis plus de 30 ans, la radiologue a pour objectif de développer et renforcer le dépistage organisé tous les 2 ans, chez les femmes de 50 à 74 ans. Pour elle, le combat du dépistage se mène à la fois sur le front de l’imagerie mais aussi sur celui de la santé publique. « En 2024, le taux de participation au dépistage était de 34,3% en Paca, un chiffre en deçà de la moyenne nationale. Il est urgent de renforcer l’information et de faciliter l’accès au dépistage pour toutes les femmes », pose-t-elle en préambule de son intervention. L’objectif est de dépasser les 70% comme des pays européens dont l’Espagne et l’Italie. « C’est la 2e cause de cancer dans le monde avec 2,3 millions de cas en 2022 et 660 000 décès. C’est le 1er cancer féminin avec plus de 61 000 nouveaux cas en France en 2023 », poursuit la radiologue. Et de préciser : « Les Bouches-du-Rhône sont les plus dépistés de France mais les femmes se moquent du système. Elles ne rentrent pas dans le cadre du dépistage organisé et ne bénéficient donc pas de la seconde lecture. » C’est-à-dire ? « En clair, dans les années 80, au début du programme, on avait 15% de cancers en plus, maintenant nous ne sommes plus qu’à 5% rattrapés par la seconde lecture. »

    Le dépistage organisé permet aussi d’avoir des statistiques, on peut comparer l’évolution. Il y a aussi de bonnes nouvelles, comme l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA). « Si elle ne peut remplacer l’humain, elle s’interpose entre la 1ère et la 2e lecture offrant ainsi un rôle d’aide à la détection. Les 1er résultats seront présentés en octobre 2025. Et les définitifs en 2027 », annonce le directeur Patrice Heid du CRCDC Sud Paca.

    octobreroseconnecte.fr/2025/

  • Quatre jours pour cultiver la paix en proximité

    Quatre jours pour cultiver la paix en proximité

    « C’est dans la tête des hommes que naissent les guerres, donc c’est dans la tête des hommes qu’il faut insuffler l’idée de paix », affirme Élisabeth Grand, présidente du Mouvement de la paix de Martigues. L’association, en partenariat avec plusieurs directions de la Ville, les centres sociaux, le collège Marcel Pagnol et d’autres organisations, propose à partir de ce mercredi l’événement « Fêtons la paix ».

    La paix commence par le vivre-ensemble

    Plusieurs activités attendent les enfants dans le jardin de Ferrières, de 14h à 19h, comme des ateliers créatifs et ludiques, une visite virtuelle d’un musée, une exposition d’œuvres réalisées par les élèves de la commune, des exercices sportifs, une démonstration de danse de l’école Mistral ou encore un défilé de mode organisé par l’association Afro Safari. La remise des récompenses pour le concours photographique « La paix dans ma ville » aura lieu à 17h30 avant un discours et des chants d’une chorale intergénérationnelle.

    Vendredi, le cinéma La Cascade diffusera le film d’animation de Jimmy Murakami Quand souffle le vent à 18h30, avant des échanges sur la thématique des risques nucléaires. Dimanche sera quant à lui marqué par la régate de la paix.

    « Ça peut paraître futile, mais rien n’est plus important que de parler de paix quand la guerre fait rage partout, assure Élisabeth Grand. Et la paix ça commence par le vivre-ensemble, le dialogue à petite échelle. Et ça commence dès le plus jeune âge, avec l’éducation et la culture. Un enfant qui va à l’école ou au sport dans un climat de diversité s’éloigne de l’intolérance. »

  • « On déplace le problème de la Rocade ailleurs »

    « On déplace le problème de la Rocade ailleurs »

    La Marseillaise : Qu’attendez-vous du comité de suivi de ce mercredi 17 septembre avec les représentants de la mairie mais aussi de la préfecture de Vaucluse ?

    Jean-Yves Astouin : On attend que le préfet tienne compte de nos doléances et qu’il fasse un audit plus précis, notamment avec les entreprises qui utilisent cet axe, ce que la mairie d’Avignon n’a pas fait. On demande qu’un tour de table complet soit organisé pour élaborer un véritable projet de contournement d’Avignon, car, pour moi, le projet de Liaison Est-Ouest n’est plus d’actualité. Et quelque chose d’autre que de devoir se rendre jusqu’à Orange et revenir pour aller en Courtines, où se trouve la plateforme rail-route permettant de charger des conteneurs par voie ferrée, alors qu’il n’y a que deux kilomètres à parcourir. Ce n’est pas par gaieté de cœur que l’on envoie nos chauffeurs sur la rocade. Mais depuis 2013 et l’arrêt de la LEO, rien n’a été fait pour améliorer la situation, ce qui a mené à celle d’aujourd’hui.

    Une première réunion s’est tenue le 8 décembre dernier. Les représentants de votre syndicat ainsi que d’autres organisations l’ont quitté. Pourquoi ?

    J.-Y.A. : En arrivant à cette réunion que l’on pensait être une réunion d’information, on a été accueillis par un personnel technique. Ce qui veut dire que le projet avait été validé sans que l’on soit au courant. Donc, lorsque l’on a compris que l’on ne tenait pas compte de nos informations et que la décision était prise, on a décidé de partir. Et certaines entreprises menacent aujourd’hui de s’installer ailleurs si cette décision se confirme.

    La municipalité explique avoir pris cette décision pour améliorer la qualité de vie des habitants de la Rocade. Comprenez-vous ces arguments ?

    J.-Y.A. : On estime que les véhicules de plus de 38 tonnes représentent plus ou moins 5% du trafic sur l’axe. Je fais souvent la comparaison avec un paquet de cigarettes : si l’on fume 18 cigarettes par jour au lieu de 20, on a quand même de grandes chances d’avoir un cancer. Et je pense également que l’on déplace le problème ailleurs. Car si des entreprises décident de ne plus utiliser la plateforme rail-route de Courtines à cause de cela, plus de camions passeront par la route. Ce mode de transport permet d’économiser 90 000 tonnes de CO2 par an. Des zones comme celle de Valence seront plus fréquentées et donc plus impactées par la pollution.

    Qu’attendez-vous désormais ?

    J.-Y.A. : Il faut trouver une solution à long terme, car pour nous, cela ne peut pas rester en l’état. Pourquoi ne pas envisager une déviation par le privé, comme autour de Marseille ? Je préfère payer 5 euros et arriver en 5 minutes à destination que mettre 45 minutes à cause des bouchons. Ou encore déplacer la gare dans un endroit moins enclavé qu’actuellement.

  • Le titanesque déménagement des archives départementales

    Le titanesque déménagement des archives départementales

    Les couloirs étroits du Palais des Papes se vident petit à petit des milliers de documents des archives départementales dont le déménagement vient de débuter en direction de leur nouvelle maison, en l’occurrence le nouveau bâtiment construit tout récemment, Memento, situé à l’Agroparc à Avignon.

    Plus de 28 kilomètres de documents notariaux, de dons, d’archives communales ou hospitalières, conservés là depuis 1880, qui ont parfois plus de 250 ans, sont ainsi déménagés consciencieusement jusqu’en octobre 2026. « Le passé est en route vers son avenir », philosophe pour l’occasion Dominique Santoni, présidente (LR) du département de Vaucluse. Car le Palais des Papes, bien qu’étant un lieu chargé d’histoire, n’est plus adapté à conserver dans de bonnes conditions ces documents. Entre températures et taux d’humidité différents selon les étages et les salles, la difficulté d’accès de certaines zones étroites ou plusieurs étages à monter sans ascenseur, le temps de déménager est venu.

    L’équipe de l’entreprise Avizo, qui s’occupe de transférer les documents, a notamment dû s’adapter en créant une rampe spéciale pour charger leurs camions ainsi que des « jeannettes » (surnom donné aux armoires roulantes dans lesquelles sont chargés les documents) plus petites et moins larges afin de passer dans tous les endroits. « On est agréablement surpris du site. Mais c’est vrai que c’est un environnement très, très complexe. Mais on a un an pour faire cela dans de bonnes conditions », concède, tout en poussant un chariot, Stéphane Ohouo, technicien contremaître chez Avizo. « Les premiers documents que l’on envoie sont les plus consultés afin que les recherches continuent là-bas », confie Christine Martella, cheffe de service des archives.

    Travail minutieux

    Arrivé du côté du très moderne Memento, le travail des équipes de déménagement, mais aussi des archivistes, est loin d’être fini. À son arrivée, chaque jeannette est envoyée en quarantaine ou à l’isolement, s’il y a un doute sur l’origine du document, avant d’être minutieusement dépoussiérée à l’aide d’aspirateurs. Une salle de numérisation a également été installée sur place pour rendre les documents consultables à distance.

    Puis ceux-ci seront déposés dans l’une des 20 nouvelles salles de l’un des quatre niveaux du bâtiment, dans des conditions uniformisées de 25 degrés et environ 50% d’humidité. Chacune d’entre elles peut accueillir 1 600 mètres linéaires de documents. « On a essayé de faire en sorte que les documents les plus consultés soient à proximité des ascenseurs pour marcher le moins possible », glisse Guillaume Chauvet, archiviste et responsable des publics. En parallèle, de grands espaces de lecture aménagés pour la consultation sont à disposition. « Le but est également que ce soit accessible au public. On souhaite que ces documents soient mieux valorisés », précise Jean-Philippe Lallemand, responsable du site Memento.

  • « Nîmes sait se réinventer » pour la feria

    « Nîmes sait se réinventer » pour la feria

    La rentrée passée, Nîmes s’apprête à vibrer de nouveau au rythme de la fête. Du jeudi 18 au dimanche 21 septembre, la Feria des Vendanges 2025 promet quatre jours où traditions taurines et grands rendez-vous festifs se mêleront dans toute la ville. C’est une personnalité bien connue des Nîmois qui ouvrira officiellement les festivités : l’ancienne ministre Georgina Dufoix prononcera le traditionnel Brindis au Temple de Diane, le jeudi à 12h30. Ce discours poétique, habituellement confié à une figure extérieure, donnera cette année une tonalité locale au lancement de la feria.

    Dans les arènes, l’afición sera servie par une programmation de haut vol. Le vendredi, place à une corrida Carmen inédite, mise en scène avec décors et scénographie. Le samedi, la billetterie affiche déjà une forte demande pour la course réunissant José María Manzanares, Roca Rey et Aarón Palacio, qui prendra l’alternative. Le dimanche, une novillada et une corrida mixte viendront clore la saison taurine. Hors des arènes, la tradition camarguaise sera mise à l’honneur avec cinq abrivados, dont la grande finale du concours prévue jeudi soir sur le boulevard Victor-Hugo, avec 120 chevaux et 11 manades. Samedi et dimanche, d’autres abrivados animeront l’avenue Jean-Jaurès et la rue de la République.

    La musique, elle, s’invitera partout en ville. Vendredi à 20h, plus de 300 musiciens ouvriront la grande parade des musiques de rue, partant de la Maison Carrée pour rejoindre les arènes dans un joyeux cortège. Le samedi soir, le parvis des arènes se transformera en scène géante avec un concert gratuit mêlant légendes du disco : Boney M et Imagination, précédés par de jeunes talents locaux. Les spectacles équestres aux Jardins de la Fontaine, le marché artisanal sur l’Esplanade et le Ban des Vendanges, défilé folklorique programmé dimanche à 15 h, viendront compléter un programme riche, pensé pour séduire aussi bien les passionnés que les curieux.

  • « La Méditerranée est capable de faire naître des monstres météorologiques »

    « La Méditerranée est capable de faire naître des monstres météorologiques »

    « C’est un changement de posture que nous avons initié depuis 2020. Il consiste à assumer pleinement le fait que nous sommes un territoire à risques, donc à sortir de l’image du Montpellier carte postale. Le risque principal étant que le citoyen n’est pas assez préparé », estime Sébastien Cote. Comme chaque année à la fin du mois d’août, période charnière entre la saison des feux et celle, à venir, des épisodes méditerranéens, l’adjoint à la protection de la population et à la tranquillité publique a réuni les partenaires locaux de la collectivité pour une conférence de presse de sensibilisation au risque pluie-inondation qui s’annonce.

    « À Montpellier, nous avons chaque année 50 000 personnes qui changent de lieu d’habitation : 25 000 qui arrivent, avec une image de la Méditerranée qui est celle de la carte postale ; et 25 000 Montpelliérains qui changent d’habitation au sein de la ville, sans, le plus souvent, s’informer suffisamment sur le nouveau territoire sur lequel ils s’installent », explique Sébastien Cote. Or en seulement quelques heures, des précipitations équivalentes à plusieurs mois peuvent s’abattre, provoquant, à certains endroits, des inondations par débordements de cours d’eau, des crues torrentielles ou un ruissellement pluvial. Il y a 10 ans, en 2015, deux personnes étaient décédées à Montpellier.

    Ces épisodes méditerranéens sont rendus propices par la température élevée de la mer, qui constitue leur carburant. « Le 26 août, sur l’ensemble du bassin méditerranéen, on était, en valeur médiane, près de 30 degrés. Soit plus que le record de 29,6 degrés relevé l’année dernière à la même période », indique Alix Roumagnac, expert en risques météorologiques et président de la société Predict Services. « Le dôme de chaleur qui nous touche reste bloqué sur la Méditerranée pendant quasiment tout l’été. C’est une vraie cocotte-minute. Donc quand une dépression arrive là-dessus, elle s’alimente en énergie. La Méditerranée est capable de faire naître des monstres météorologiques », insiste-t-il.

    Des outils pour anticiper

    Seule façon d’en contenir les conséquences : connaître ce risque, s’y être préparé et observer scrupuleusement les consignes de sécurité. En effet, l’épisode Méditerranée survenu en octobre dernier à Valencia, en Espagne, a fait 200 victimes alors même que le territoire avait été placé en vigilance rouge. « L’événement avait été identifié. Malgré ce, les gens ont continué à vivre normalement, à circuler, à aller faire des courses dans des grands magasins en zone inondable, magasins qui leur ont dit d’aller chercher leurs véhicules garés dans les parkings en sous-sols… autant de choses inverses à ce qu’il faut faire », souligne Alix Roumagnac.

    « Il faut savoir que 75% des décès ont lieu en vigilance orange », ajoute Sébastien Cote, selon lequel « 82% des Français se disent pas assez préparés à faire face à une catastrophe ». D’où l’importance, insiste-t-il, de « l’acculturation au risque. C’est la clé. Les citoyens doivent être les acteurs de leur propre sécurité. Notre travail de collectivité, c’est de mettre leur disposition le plus d’outils possible pour anticiper ce qui va arriver. Car je ne sais pas quand ça va arriver, mais ça va arriver. L’an dernier, c’est tombé sur Valencia, mais ça peut tomber sur Montpellier. »

    Chaque citoyen peut ainsi, sur l’onglet dédié aux risques majeurs du site internet de la Ville, connaître les risques et menaces auxquels il est exposé au plus près de son lieu de vie ou de travail, grâce à une cartographie interactive. Un guide pratique des risques majeurs est également disponible dans les principaux équipements de la collectivité (mairiesde proximité, maisons pour tous, médiathèques…). La Ville propose également un service gratuit de téléalerte par SMS et/ou par mail*. « Hélas, seuls 5 600 Montpelliérains sont inscrits », déplore Sébastien Cote.

    La collectivité a également créé, en 2021, une réserve citoyenne qui compte aujourd’hui 64 volontaires bénévoles formés par le Sdis et la Croix rouge. Ils sont chargés de mener des actions de sensibilisation et peuvent intervenir en appui des services sollicités en cas d’événement exceptionnel.

    À noter également que la Croix rouge recommande à chacun de constituer un kit d’urgence pour être autonome durant les 72 premières heures de la crise, comprenant notamment des médicaments, du matériel de première nécessité (comme une lampe de poche ou des bougies, le principal risque étant la coupure d’électricité), une copie de ses papiers d’identité, quelques vêtements ainsi que des bouteilles d’eau et des denrées non périssables.

    * montpellier.fr/telealerte