Category: societe

  • Rassemblés devant le tribunal jeudi pour « La Marseillaise »

    Rassemblés devant le tribunal jeudi pour « La Marseillaise »

    Dans une plainte dont s’est saisie une magistrate, Alexandre Allegret-Pilot, député d’extrême droite du Gard, accuse notre journal de diffamation. En cause : deux articles, l’un sur ses tweets tellement outranciers que son compte avait été désactivé par la plateforme X et l’autre sur la validation lorsqu’il était haut fonctionnaire à Bercy d’une aide publique à une entreprise privée pas encore créée.

    Ce jeudi, Léo Purguette, directeur de publication et Tristan Arnaud, rédacteur, se rendront donc au tribunal pour se défendre.

    En soutien, notre journal, les Amis de La Marseillaise et le syndicat CGT des personnels de La Marseillaise appellent à se rassembler à 9h30 précises devant le tribunal situé 6 rue Autran (Marseille, 6e).

    Dès la notification de la plainte de nombreux soutiens individuels et collectifs s’étaient exprimés, notamment de la part d’organisations syndicales et de clubs de la presse de la région.

    Côté lecteurs, une pétition a été lancée à l’occasion du festival Terres de Résistance à Martigues par les Amis de La Marseillaise. Elle est désormais en ligne (lire ci-contre) où elle a recueilli en quelques jours plus de 400 signatures.

    « Nous l’avons également fait signer en nombre en marge de la manifestation du 18 septembre », rapporte Frédéric Boffi, membre de l’association, révolté par la situation.

    Après des menaces de mort contre son président Léo Purguette, le journal est traîné en justice par ceux qui s’inspirent des idées du Rassemblement National (les mêmes que nous avons combattus durant les heures sombres de l’histoire du pays).C’est tout simplement la démocratie qui est attaquée. Le titre La Marseillaise est né pendant l’occupation nazie et a toujours porté le combat pour la paix, la liberté et la démocratie. C’est cela que les fascistes veulent faire tomber. Nous sommes de fervents partisans de la liberté d’expression du pluralisme de la presse pour que la liberté puisse vivre. Nous créons ce comité de soutien et appelons toutes les femmes et tous les hommes épris de justice et de démocratie à manifester leur soutien au journal La Marseillaise et à la liberté de la presse en signant cet appel.

  • Rassemblés devant le tribunal jeudi pour « La Marseillaise »

    Dans une plainte dont s’est saisie une magistrate, Alexandre Allegret-Pilot, député d’extrême droite du Gard, accuse notre journal de diffamation. En cause : deux articles, l’un sur ses tweets tellement outranciers que son compte avait été désactivé par la plateforme X et l’autre sur la validation lorsqu’il était haut fonctionnaire à Bercy d’une aide publique à une entreprise privée pas encore créée.

    Ce jeudi, Léo Purguette, directeur de publication et Tristan Arnaud, rédacteur, se rendront donc au tribunal pour se défendre.

    En soutien, notre journal, les Amis de La Marseillaise et le syndicat CGT des personnels de La Marseillaise appellent à se rassembler à 9h30 précises devant le tribunal situé 6 rue Autran (Marseille, 6e).

    Dès la notification de la plainte de nombreux soutiens individuels et collectifs s’étaient exprimés, notamment de la part d’organisations syndicales et de clubs de la presse de la région.

    Côté lecteurs, une pétition a été lancée à l’occasion du festival Terres de Résistance à Martigues par les Amis de La Marseillaise. Elle est désormais en ligne (lire ci-contre) où elle a recueilli en quelques jours plus de 400 signatures.

    « Nous l’avons également fait signer en nombre en marge de la manifestation du 18 septembre », rapporte Frédéric Boffi, membre de l’association, révolté par la situation.

    Après des menaces de mort contre son président Léo Purguette, le journal est traîné en justice par ceux qui s’inspirent des idées du Rassemblement National (les mêmes que nous avons combattus durant les heures sombres de l’histoire du pays).C’est tout simplement la démocratie qui est attaquée. Le titre La Marseillaise est né pendant l’occupation nazie et a toujours porté le combat pour la paix, la liberté et la démocratie. C’est cela que les fascistes veulent faire tomber. Nous sommes de fervents partisans de la liberté d’expression du pluralisme de la presse pour que la liberté puisse vivre. Nous créons ce comité de soutien et appelons toutes les femmes et tous les hommes épris de justice et de démocratie à manifester leur soutien au journal La Marseillaise et à la liberté de la presse en signant cet appel.

  • Toulon. Un village pour informeret débattre

    Toulon. Un village pour informeret débattre

    La CGT a toujours été pour la paix entre les peuples », rappelle Richard Roméo-Giberti, le secrétaire général de l’UD varoise. Un engagement sans faille contre la guerre qui prend encore hélas cette année une importance capitale au regard de « la situation génocidaire en Palestine », insiste-t-il. Le village pour la paix dressé ce dimanche matin sur la place d’Armes à Toulon est là pour mettre en avant l’urgence de « s’occuper des questions qui sont en rapport à la chose militaire ». Ce qui rejoint les revendications de la CGT avec le Pôle public national de Défense. C’est-à-dire du contrôle de la vente des armes par les représentants de la nation.

    « J’ai été embauché à l’arsenal dans les années 80 par le ministère de la Défense. Je travaillais pour la défense de mon pays », intervient à ses côtés Didier Quattropani (CGT Arsenal). Or, ajoute-t-il c’est devenu depuis quelque temps, le ministère des Armées. Un changement d’intitulé pas si anodin que ça parce que ça se traduit dans les faits par une tout autre logique, déplore le syndicaliste, « avec un budget basé sur l’export ». « Et ça, pour nous, c’est contre-nature, parce que quand on fait de l’export d’armes, on sait très bien que malheureusement, un jour ou l’autre, ceux à qui on importe, ils vont s’en servir », conclut-il.

    « La paix, ce n’est pas un état qui se définirait par l’absence de guerre mais un objectif qui passe forcément par la justice », rappelle Éric Brune pour la Fédération nationale des Travailleurs de l’État.

    Parmi les stands présents, celui aussi de Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (Visa), un combat qui s’inscrit tout naturellement, explique Pascal Brun, dans la Journée internationale pour la paix dans le monde. « L’antifascisme, c’est lutter contre les différences, contre la haine, contre les nationalismes qui sont la plupart du temps à l’origine des guerres », rappelle-t-il

  • À la Margeray, deux familles au milieu des travaux

    À la Margeray, deux familles au milieu des travaux

    De sérieuses fissures zèbrent la façade arrière de l’immeuble Lambert-Meï sur toute sa hauteur. Des capteurs y ont été apposés pour en mesurer l’évolution. « Elles sont profondes, ça traverse jusque dans le salon, précise Manuel Rodriguez, locataire d’un des logements les plus impactés, on a alerté il y a plus de trois ans. Il a fallu qu’on signale le problème sur Histologe pour avoir une réaction du bailleur. »

    Des travaux ont démarré le 15 septembre. Mais dans le bloc de huit appartements, deux familles sont encore dans leur logement, en proie aux vibrations, aux poussières, au bruit et à l’angoisse. Devant les engins qui ont commencé à creuser une tranchée en pied d’immeuble, elles ont accroché une banderole « pour être relogées le temps des travaux, conformément à nos demandes », explique Brahim Kherraz.

    « On ne sait pas combien de temps ça va durer… quatre mois, croit savoir un ouvrier. Mais vu comme les murs ont bougé, c’est du lourd », craint Manuel Rodriguez. Le retraité qui souffre d’une santé très fragile, sous respirateur avec difficultés à se déplacer, suite à une rupture d’anévrisme et qui nécessite des soins réguliers, déplore la situation de blocage : « J’ai demandé un logement à proximité pour assurer le suivi médical avec mon médecin traitant et mon infirmière, mais j’ai obtenu trois propositions pour le même logement dans l’immeuble plus bas qui était squatté, une à Saint-André, dans le 15e et une au 5e étage vers la Timone. » Pour la seconde famille, les propositions n’ont pas paru plus acceptables : « On a demandé le 13e ou le 14e. On a eu une proposition aux Oliviers A. Or il n’est pas question que mes enfants soient exposés aux tensions de la cité », regrette également Brahim Kherraz.

    Sur le site, aucun affichage en lien avec le chantier. En soutien aux locataires, Rachida Tir, membre de la CSF, confirme : « Ils ne disposent d’aucune information officielle. Une seule des propositions a fait l’objet d’un recommandé, le reste ce sont des mails. Nous interpellons HMP, mais nous n’obtenons rien en retour. Le sentiment de mépris de leur bailleur à leur égard est réellement justifié. » La militante associative a tenté d’autres voies sans succès. « Je suis remontée jusqu’à l’élue de la mairie de secteur Hayat Atia, qui n’a rien trouvé dans les documents d’urbanisme. »

    Il faut en effet aller piocher dans un extrait du registre des délibérations du bureau de la Métropole Aix-Marseille-Provence pour dénicher un document administratif du 22 février 2024, relatif à cette « opération d’un montant de 1 853 760 euros financée par un emprunt d’un montant total de 1 483 000 euros proposé par la Caisse des dépôts et consignations » qui est destiné « à financer une opération de réhabilitation de 85 logements locatifs sociaux » de la Margeray. Elle porte « sur la rénovation du bâti et la rénovation énergétique. Les travaux prévus sur cette résidence concernent le renforcement des fondations par micropieux, la reprise des fissures, la rénovation de la façade et des appartements ».

    Du côté de l’office public HLM, que nous avons contacté, on précise : « Il n’y a pas d’obligation d’affichage pour ce type de travaux. Des études géotechniques ont montré que l’extrémité du bâtiment s’est affaissée. » La durée totale de l’opération est estimée à « trois mois pour un sol porteur sain et trois mois pour le traitement des façades et des intérieurs ». Quant à la nécessité d’évacuer les locataires sauf deux : « Des propositions ont été faites, dont certaines sur site. Toutes ont été refusées. Nous n’avons pour l’heure rien qui corresponde à leurs desiderata », tranche l’office.

    « Il y a du mépris à l’égard de ces locataires »

  • Une vague orageuse intense provoque des perturbations dans la région

    Une vague orageuse intense provoque des perturbations dans la région

    Comme annoncé, une vague orageuse intense a touché la région, dimanche soir. Les départements des Bouches-du-Rhône, du Var et du Vaucluse étaient placés par Météo France en vigilance orange pluies-inondations, mais aussi orage, jusqu’à ce lundi matin.

    Dès l’après-midi, plusieurs quartiers de Marseille ont vu leurs rues inondées, comme au niveau du Vieux-Port ou dans le 13e arrondissement, par exemple. Des scènes similaires ont été observées à Cassis, où des trombes d’eau se sont également abattues. Des inondations ont touché Plan-de-Campagne ou encore Salon. Une dizaine de vols en direction et en provenance de l’aéroport Marseille-Provence, à Marignane, ont été perturbés. « 99 mm d’eau ont été relevés en trois heures à Eyragues », a précisé Météo-France.

    Dans le Vaucluse, la circulation des trains a été interrompue de Miramas vers Avignon, Avignon-Tarascon et dans les deux sens entre Avignon et Avignon TGV. Sur les communes d’Avignon, Morières et de Vedène, 115 mm de cumuls de pluie ont été relevés avec des chutes d’arbres recensées. Plusieurs foyers ont été privés d’électricité à Avignon, Carpentras, Sarrians, a précisé la préfecture de Vaucluse.

    Les pompiers de ces deux départements sont aussi fortement mobilisés, principalement sur des missions de reconnaissance et de pompage d’habitations inondées.

  • Un court-métrage conjugue art et mémoire du Camp des Milles

    Un court-métrage conjugue art et mémoire du Camp des Milles

    Vingt minutes. Si peu de temps pour raconter le lourd passé du Camp des Milles, d’où 2 000 juifs ont été déportés, dont des enfants, sous l’autorité de Pétain. Pour la première fois, un court-métrage, réalisé par Sébastien Nourian, 28 ans, et produit par les équipes de Sina Films dont il est cofondateur, a été tourné sur les lieux. Dévoilé en avant-première lundi 15 septembre à la Manufacture en présence d’élus locaux et de représentants d’associations, l’œuvre capture ce qui a pu être la terreur d’enfants déportés au travers du jeu de Léo et Max Garcia, jeunes acteurs choisis pour incarner Isaac et Joseph.

    Au travers d’un genre bien spécifique, celui de l’épouvante-horreur, Sébastien Nourian livre une fiction qui a pour vocation de stimuler la conscience du public sur les conséquences extrêmes des mécanismes de haine qui gangrènent une société. Un sujet mêlé au scénario fictif dans lequel deux jeunes frères, en visite au Camp des Milles, explorent les lieux en s’adonnant à une partie de cache-cache. Lorsque Joseph disparaît, Isaac se retrouve propulsé en 1942. Rapidement, les images en noir et blanc de déportation, de biens dépouillés, de cris jalonnent une scène de course-poursuite entre le jeune garçon et un SS.

    « Capter l’attention »

    « Le genre ici n’est pas une supercherie esthétique : on cherche à faire sursauter le spectateur. Ce n’est pas un sursaut purement d’effroi, mais éthique. Ce genre semblait être la forme cinématographique la plus adaptée à cela, explique Sébastien Nourian. D’autant plus que le film a vocation à être diffusé dans les établissements scolaires. Il faut pouvoir capter l’attention des jeunes générations en leur offrant un spectacle qui va les saisir au niveau des émotions. C’est peut-être par l’émotion qu’on va les ramener au discours sur la citoyenneté, le vivre-ensemble. Plus par la théorie. »

    L’idée du court-métrage a, elle aussi, été pensée pour s’adapter au jeune public, au-delà de sa diffusion prochaine dans des festivals « nationaux et internationaux », promet le réalisateur. Derrière la façade culturelle du projet se dresse surtout l’enjeu « d’éveiller » le spectateur. Un travail de recherche en lien avec le Camp des Milles a permis de respecter, plan par plan, une réalité historique. Doublé de rencontres régulières avec Denise Toros-Marter, résistante et ancienne déportée, qui prête sa voix en ouverture et clôture du court-métrage. Invitée pour l’avant-première, elle n’a pu se déplacer pour des raisons de santé.

    « L’art permet de toucher quelques personnes et de les éveiller à des thématiques auxquelles ils n’auraient pas pensé avant », estime Sébastien Nourian. Mêler « Art et mémoire » est un thème qui a d’ailleurs été débattu en fin de projection.

  • La lecture mise à l’honneur dans le quartier de la Serinette

    La lecture mise à l’honneur dans le quartier de la Serinette

    « La lecture ça fait partie des stimulations indispensables parce que, pour l’enfant, ça organise le temps, la temporalité », explique le pédopsychiatre toulonnais Marcel Rufo. Il précise : « Au début, la prise en charge du corps concerne l’espace, puis rapidement il faut passer à la lecture et au livre, au conte, après avoir chanté les histoires pour s’endormir, les sérénades. »

    Invité d’honneur du CIL, l’auteur de l’ouvrage Être parent – pour les Nuls (First Editions) a tout de suite captivé l’auditoire réuni sur la place Béguin, pour cette première édition de la fête de la lecture organisée par le CIL de la Serinette – la Barre – les Amoureux.

    Son président, Romain Turpin, a mis en avant, lors de sa prise de parole, sa passion pour la lecture, qu’il souhaite partager avec le plus grand nombre. Il a souligné combien « elle enrichit notre culture personnelle, développe l’esprit critique et élargit nos horizons ». Une invitation, poursuit-il, à voir le monde sous un autre angle, à questionner nos certitudes et à rêver plus grand.

    De « ce trésor qui se multiplie quand on le partage », la maire de Toulon, Josée Massi (SE), en parle aussi avec ferveur : « C’est le meilleur ami de l’homme après le chien. Celui qui est le plus fidèle. Celui que vous pouvez abandonner. Vous y revenez quand vous voulez, il vous attend, il est là. » Un attachement que l’on retrouve dans la gestion de la ville par l’ancienne professeure toujours pédagogue, avec notamment l’installation de boîtes à livres dans toutes les écoles et aux quatre coins du Port du Levant. « On a six médiathèques, mais les lecteurs, il faut continuer à aller les chercher partout, comme ici dans les quartiers », conclut-elle.

    Parmi les auteurs présents, Virginie Peyre, qui poursuit sa lutte contre les violences sexuelles sur mineurs, avec son dernier livre Chut, c’est un secret (Peyre point), outil de sensibilisation contre l’inceste accessible au plus grand nombre.

    Une belle manifestation qui a attiré beaucoup de monde et éveillé les consciences de manière saine et constructive.

  • [Science] « Les flamants roses camarguais ont un comportement migrateur unique »

    [Science] « Les flamants roses camarguais ont un comportement migrateur unique »

    Sébastien Roques :Non c’est assez unique. En général, au sein d’une espèce d’oiseaux migrateurs, il peut exister des populations au nord qui migrent en hiver tandis que les populations plus au sud ne migrent pas. Mais ces populations sont séparées. Les flamants roses de Camargue sont une même population au sein de laquelle les comportements diffèrent. C’est très intéressant pour étudier les effets de la migration.

    Sait-on pourquoi ils ont ces comportements différents ?

    S.R. : Nous avons encore du mal à l’expliquer. Normalement la migration s’explique par les conditions météo : si elles deviennent trop difficiles en hiver, les oiseaux migrent vers le sud. Si elles sont clémentes, ils restent. Mais en Camargue, les flamants roses sont soumis aux mêmes conditions. Pourtant certains partent et d’autres restent. Peut-être est-ce un comportement héréditaire. Il nous faudrait l’étudier via de la génétique et des liens parent-jeune.

    Avec le réchauffement climatique, les flamants roses camarguais vont-ils arrêter de migrer ?

    S.R. : C’est aussi une chose que nous aimerions déterminer : comment la proportion de résidents et de migrateurs pourrait évoluer à l’avenir. L’hypothèse voudrait que les résidents prennent le dessus car non seulement les hivers sont plus doux en Camargue, mais les conditions environnementales dans les zones d’hivernage sont aussi plus variables avec des sécheresses ou des pluies intenses.

  • [Science] Chez les flamants roses, la revanche des migrateurs

    [Science] Chez les flamants roses, la revanche des migrateurs

    C’est comme si les flamants roses qui ne migrent pas en hiver –dits « résidents »- payaient plus tard leurs excès de jeunesse. Jeunes adultes, ils profitent de la vie : ils meurent moins et se reproduisent plus. Mais quand ils deviennent vieux, les effets de l’âge se font vite sentir et leur capacité à se reproduire diminue rapidement. À l’inverse, leurs congénères migrateurs connaissent une mortalité plus élevée et peinent à se reproduire au début de leur vie d’adulte, mais ils conservent plus longtemps leurs capacités physiques et reproductives. « C’est la première fois qu’est montré l’impact de la migration sur le vieillissement », indique Sébastien Roques, aujourd’hui chercheur CNRS au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier et coauteur d’une étude parue dans Pnas sur les flamants roses camarguais qu’il a initiée il y a quelques années à la Tour du Valat (Arles).

    De quoi alimenter l’idée que les comportements et les choix des individus influencent la façon de vieillir. « Les preuves s’accumulent depuis plusieurs années. Notre étude ajoute une pierre à cet édifice », souligne Sébastien Roques. Au-delà de l’intérêt théorique concernant la compréhension des facteurs qui influencent la façon de vieillir des animaux –humains compris-, il y a aussi un intérêt en termes de conservation : « Dans un contexte de changement climatique, comprendre ce qui influence la survie et la reproduction nous aide à anticiper le futur et l’évolution des populations », ajoute le chercheur.

    Histoires de vie

    Parce que le flamant rose vit longtemps –parfois jusqu’à 50 ans-, étudier son vieillissement nécessite un suivi sur le temps long. « La Tour du Valat effectue pour cela un suivi unique », pointe Sébastien Roques. Depuis 1977 –et encore aujourd’hui-, certains nouveaux-nés sur les sites de nidification en Camargue sont bagués et leurs allées et venues autour du bassin méditerranéen sont scrutées par le personnel de la Tour du Valat et des bénévoles. « Nous créons ainsi des histoires de vie », résume le chercheur.

    Pour expliquer ces différences de vieillissement entre flamants roses résidents et migrateurs, les scientifiques évoquent le coût du voyage : « Migrer est risqué, insiste Sébastien Roques. Les migrateurs sont confrontés à des conditions environnementales variées qui augmentent les risques de mortalité. » Quant aux résidents, l’investissement important en première partie de vie pour survivre et se reproduire se paye peut-être en seconde partie. « Investir dans la survie et la reproduction nécessite d’importantes dépenses énergétiques qui accélèrent le vieillissement cellulaire », ajoute le chercheur. Il est également possible que les migrateurs qui parviennent à un âge avancé malgré des conditions de vie difficile soient les plus robustes. « La qualité des individus peut effectivement jouer », confie-t-il.

  • Le moustique tigre sévit toujours en Occitanie

    Le moustique tigre sévit toujours en Occitanie

    Chaque été, les cas de chikungunya, dengue, zika et désormais de West Nile (fièvre du Nil occidental) augmentent en Occitanie.

    Si pour le West Nile (deux cas autochtones ont été détectés dans l’Hérault, à Florensac et Agde) le virus est porté par des moustiques de genre culex, l’augmentation des autres virus est due à la prolifération du moustique tigre. En vigilance jusqu’au 30 novembre, l’Agence régionale de santé (ARS) rappelle que le moustique tigre continue de sévir et appelle donc à rester prudent en continuant de vider tous les contenants d’eau où il pourrait pondre et à consulter son médecin en cas de symptômes.

    Car cet été, il a été particulièrement actif. Ainsi sur les 145 cas de chikungunya recensés en Occitanie, 46 sont d’origine autochtone. Et tous ces cas ont été trouvés dans le Gard (24) et l’Hérault (22). Après un premier cas identifié à Bernis dans le Gard en juin, 10 ont été confirmés à Poulx. Ce foyer en a engendré un second à Caveirac où 11 cas se sont ajoutés. Deux autres cas ont été identifiés en août à Milhaud puis à Nîmes. « La surveillance dans le Gard concerne aussi la commune de Saint-André-de-Majencoules. Trois cas autochtones identifiés dans l’Hérault auraient pu être contaminés dans cette commune. Des investigations sont actuellement en cours », précise l’ARS.

    En effet, trois cas ont été recensés à Candillargues sur des personnes qui se sont ensuite rendues dans le Gard. Dans l’Hérault, Prades-le-Lez (1), Castries (14) et Mauguio (4) ont été les communes concernées par des cas autochtones de chikungunya. Le département a également été touché par un cas autochtone de dengue à Beaulieu qui s’ajoute aux trois autres détectés en Occitanie (Lot, Pyrénées-Orientales et Haute-Garonne).