Category: societe

  • Plus de 300 séances de sport gratuites pour les seniors marseillais

    Plus de 300 séances de sport gratuites pour les seniors marseillais

    C’est une nouvelle saison de sport qui démarre pour les seniors. La 11e édition du dispositif « Sport santé séniors », un programme d’activité physique proposé gratuitement à un millier de personnes chaque année, a été lancée ce mardi 23 septembre au stade nautique Florence Arthaud (8e). Nouveauté de cette édition : l’ouverture du dispositif à partir de 60 ans (contre 65 pour les éditions précédentes).

    Chaque semaine, les sportifs pourront se retrouver sur l’un des 9 sites de pratique mis à disposition par la Ville de Marseille pour 1h30 de mouvement à l’air libre. Au programme : renforcement musculaire, danse, jeux de coordination, ou encore exercices d’équilibre. « Les activités, encadrées par des coachs formés au sport adapté, sont conçues pour faire travailler l’entièreté des muscles, mais aussi pour développer l’expression du corps et la mémoire », explique Aurélien Saujat, membre de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT), qui intervient dans ce dispositif depuis 2015.

    Un rendez-vous social

    Au-delà de la pratique sportive, cette initiative portée par la Ville a pour vocation de lutter contre l’isolement des personnes âgées. « Rester jeune, ce n’est pas seulement rester souple dans ses articulations, c’est aussi maintenir un lien social », souligne Hervé Menchon, adjoint au maire présent lors de la journée d’ouverture. Pour Marie-Hélène et Marc, qui fréquentent le dispositif depuis des années, c’est mission accomplie. « C’est un moment convivial, nous avons rencontré des copains », raconte le couple.

    Information et inscription auprès d’Allô Mairie.

  • Des pilleurs présumés de palourdes devant le tribunal

    Des pilleurs présumés de palourdes devant le tribunal

    Ils étaient sept et une société à devoir se justifier d’une « pêche illicite » de palourdes, mais aussi pour « travail dissimulé en bande organisée » et « mise sur le marché de denrées préjudiciables à la santé » et « blanchiment ». Entre 2022 et 2024, ce sont près de 24 tonnes de coquillages d’une valeur marchande estimée d’environ 576 000 euros que le groupe a récoltées illégalement sur les pourtours de l’Étang de Berre. La totalité du butin, elle, est estimée à une valeur entre 600 000 et 700 000 euros. D’un côté, Jean-Michel et Séverine Z., époux dirigeants d’une société héraultaise, « Cap Horn », détenteurs d’un étal aux halles de Sète. De l’autre, des pêcheurs suspectés d’avoir exercé sans licence et au-delà des normes et périodes imposées.

    Une vaste enquête de la gendarmerie maritime, ouverte en février 2023, a notamment permis de faire le lien entre les deux parties. Motivée par le constat de l’intensification de la pêche dans l’Étang de Berre, donc de la suspicion de pêcheurs illégaux, l’enquête débouche en novembre 2024 par l’arrestation de 25 personnes. À cette heure, ce sont 28 personnes qui sont poursuivies. Rendus plusieurs fois sur les lieux, les gendarmes repèrent à plusieurs reprises des véhicules chargés de plusieurs dizaines de kilos de marchandises.

    Pêcheurs désargentés

    En octobre 2024, l’épouse, présidente de la société Cap Horn, est photographiée en pleine vente de palourdes, disposées sur un étal, en pleine période d’interdiction préfectorale de pêche de palourdes. C’est finalement une mise sur écoute et une géolocalisation dans le cadre de l’enquête qui permet de faire le lien entre les dirigeants de la société et les pêcheurs illicites. Cap Horn rachetait à hauteur de 6,50 euros au kilo le butin de particuliers ni déclarés, ni homologués, pour les revendre 10 euros le kilo à des restaurateurs sans que leur origine ne soit mentionnée. « On l’a connu sur la plage, explique Mercedes C., l’une des pêcheuses présumées, admettant par ailleurs que le butin pouvait atteindre les 40kg jour. Je savais que 2 kilos par jour étaient autorisés [pour les pêcheurs amateurs, en période autorisée, Ndlr.]… mais j’étais dans le besoin. »

    Des coups de pression

    À la barre, chacun des cinq pêcheurs amateurs dépeint une situation de grande précarité. Pour certains un RSA, des nécessités… « On savait qu’il ne refuserait pas », souligne Me Ludovic Dupatureaux, avocat d’un des prévenus, insistant sur le profil de son client bénéficiaire de l’aide handicapée, ne sachant ni lire ni écrire et « ne roulant pas sur l’or », Jean-Michel Z. lui, assure « qu’il n’y avait pas d’aspect pécunier ». « Mon client (…) reconnaît avoir commis quelques irrégularités dans la façon de fonctionner, provoquées par une conjoncture économique à laquelle il a fallu qu’il résiste. Il conteste faire partie d’une organisation structurée dans laquelle les gens travaillent pour lui », appuie son avocat Me Jean-Marc Darrigade. Une certaine autorité de Jean-Michel Z. sur les pêcheurs a également été pointée par le tribunal. « Dis-leur d’arrêter de faire les feignasses, il nous faut 300 kilos », lit dans un des échanges entre Gaby C, pêcheur et Jean-Michel Z. « Je les encourageais à travailler (…) La relation que j’ai avec eux est celle de collègues », assure le dirigeant de société. Les parties civiles insistent-elles, sur l’impact écologique. Me Josée Israël pour le Comité régional des pêches réclame 10 000 euros de préjudice d’image et 50 000 euros pour les dommages écologiques. Me Isabelle Vergnoux pour la FNE Paca, l’Aspas, et la LPO demande 20 000 euros pour chaque association.

    Le parquet de son côté requiert pour les pêcheurs des jours-amendes allant de 50 à 100 euros, des interdictions d’activités liées à la pêche et des restrictions d’accès aux plages du Jaï et de Chateauneuf-les-Martigues jusqu’à plusieurs années. Pour les dirigeants de Cap Horn : deux ans de prison avec sursis probatoire, dissolution de la société, confiscation de la saisie des comptes de celle-ci et indemnisation des parties civiles. Le délibéré sera rendu le 18 novembre.

  • Incendie, délinquance, routes… l’État fait son bilan estival

    Incendie, délinquance, routes… l’État fait son bilan estival

    Au crépuscule de la saison estivale, l’heure est au bilan pour les services d’État décentralisés du Var. « Nous avions plusieurs enjeux : un exercice de transparence et de volume sur les contrôles, et des sanctions effectives et rapides », retrace le Préfet, Simon Babre. Et ses exigences ont été satisfaites sur plusieurs plans.

    Tout d’abord, celui de la sécurité routière. Le nombre de morts sur la route reste stable : 12 décès contre 11 l’été passé. « On est à 44 décès sur les routes cette année » note la directrice de cabinet du Préfet, Joséphine Guigliano-Boutonnet, mettant en exergue que ce chiffre correspond à la moyenne en cours (5,5 décès sur les routes par mois). Plus de 28 000 contrôles ont été effectués (environ 4 000 stupéfiants, 17 000 alcoolémies et 7 000 excès de vitesse), pour 657 suspensions de permis, soit une augmentation de 37% par rapport à 2024, dont 24,6% liés à l’alcool, 90,5% liés aux stupéfiants…

    En ce qui concerne ces derniers, 950 amendes ont été infligées. Les services des douanes annoncent par ailleurs la saisie de 198kg, dont 34kg de cannabis et 158kg de cocaïne, substance « en plein développement dans le Var » alertent-ils. Le tabac de contrebande n’est pas en reste avec 391kg saisis.

    La délinquance recule

    Si la délinquance routière a malheureusement progressé, celle du quotidien, elle, connaît un net recul selon la préfecture : entre autres,
    -4,24% de délinquance sur la voie publique, -21,12% de cambriolages, dont -37% à Toulon, -18% de vols avec violence,
    -9,7% des atteintes aux biens, -15% des violences sexuelles ou encore de -42,5% d’atteintes à l’environnement. « Ce sont de vrais résultats sur des faits qui ont l’été comme période propice », se satisfait le Préfet. Autre invité estival malencontreux : les feux de forêts. 183 incendies ont été relevés, pour 152 hectares brûlés. Une nette augmentation par rapport à l’an dernier (65 hectares), maîtrisée grâce à des moyens renforcés : 26 151 interventions des sapeurs-pompiers, quatre hélicoptères bombardiers d’eau (deux en 2024) pour 900 largages. Des renforts de départements voisins ont été mobilisés à hauteur de 12 journées. La carte d’accès aux massifs cessera d’ailleurs ses mises à jour le 29 septembre. En mer, 57 personnes ont été convoquées pour comportements dangereux suite à des contrôles, avec à la clé des suspensions de permis. On déplore 114 victimes de noyades, avec 9 décès après réanimation. 112 416 appels au Smur ont été décomptés (pour 2 153 sorties), et 1 812 appels par jour au Samu.

    Enfin, sur l’aspect sanitaire et environnemental, un cas de dengue a été relevé à Sanary et 71 cas de chikungunya. Au sujet de l’eau, 2 360 prélèvements ont été effectués en piscines (85% conformes), 2 650 en sites naturels (98% conformes). Des alertes renforcées ont été émises à la mi-août sur les zones Siagne, Arc Amont et Huveaune Amont. Le Gapeau, placé en alerte sécheresse, s’est quant à lui renfloué grâce aux récentes pluies et va voir les restrictions levées.

  • Ces millions issus des trafics de drogue transformés en or

    Ces millions issus des trafics de drogue transformés en or

    Fin décembre 2024, l’enquête débute à Milan, autour d’une une importante organisation criminelle spécialisée en blanchiment d’argent. Un vaste réseau international, décrivent les enquêteurs, piloté par des individus kosovars et moyen-orientaux qui centralisaient en Italie des sommes de numéraires très conséquentes, avant de les convertir en or et de les exporter sous cette forme vers le Kosovo puis la Turquie. La récupération du numéraire en France et son transport vers l’Italie étaient assurés par des équipes composées de Syriens et de Maghrébins utilisant des voitures avec des caches aménagées très sophistiquées. Ces collectes, dont le montant total pour la période d’octobre 2024 à août 2025 était estimé à plus de 30 millions d’euros, avaient lieu chaque semaine, principalement à Marseille et ses environs, mais aussi à Lyon, paris et en Italie.

    Une équipe commune d’enquête était créée pour l’occasion entre la France et l’Italie, pour découvrir l’origine des dons. Les investigations menées en France révélaient un réseau de collectes composé de nombreuses personnes, ayant effectué les remises d’argent aux Syriens. Certaines d’entre elles, connues notamment pour trafic de produits stupéfiants apparaissaient comme étant directement liées à la DZ Mafia marseillaise.

    Lors d’un premier coup de filet, le 7 septembre, sept personnes ont été interpellées lors d’une opération déclenchée suite à la détection d’un convoi entre l’Italie et l’Espagne. Les perquisitions effectuées permettaient de saisir 55 kg d’or 24 carats sous la forme de 55 lingots de 1 kilo et de plus de 2 400 000 euros en espèces, pour un montant total de huit millions d’euros. Ces sept personnes étaient mises en examen des chefs de blanchiment aggravé de stupéfiants, association de malfaiteurs en vue de la préparation de délits punis de 10 ans d’emprisonnement et placées en détention provisoire.

    Ce 23 septembre 2025, en lien avec le parquet anti-Mafia de Milan, une seconde opération était lancée à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône (Vitrolles, Marignane, Martigues et Berre-l’Étang), ainsi qu’en Italie. Huit personnes étaient interpellées et placées en garde à vue sur le territoire français, ainsi qu’une neuvième en Italie. Les dix-sept perquisitions réalisées amenaient à la découverte de 219 000 euros en numéraire, de 5 véhicules et de nombreux éléments de maroquinerie et de joaillerie de luxe. Dans le même temps, côté italien, 4 personnes étaient interpellées et de nombreuses saisies réalisées.

  • Déserts cherchent médecins moyennant 200 euros par jour

    Déserts cherchent médecins moyennant 200 euros par jour

    La situation est trop sérieuse pour être tournée à la dérision. Mais voir l’Agence régionale de santé (ARS) lancer un appel à l’aide, presque désespéré, pour trouver des médecins généralistes, et « compter sur la presse régionale », en dit long sur la faillite de notre système de santé. Comme dans de nombreux coins de France, le Vaucluse est particulièrement touché par une démographie médicale en net repli (lire ci-contre).

    En avril, le Premier ministre annonçait le lancement d’un Pacte de lutte contre les déserts médicaux, dont le dispositif « Un médecin près de chez vous ». L’idée ? Instaurer une mission de solidarité en incitant les praticiens libéraux à consulter dans les zones les plus tendues, moyennant une indemnité de 200 euros par jour. Trois territoires vauclusiens ont été retenus parmi les 151 au niveau national : le plateau de Sault, l’enclave des Papes et Rhône Lez Provence (Bollène). Prévue pour démarrer en septembre, la mesure s’affiche désormais à partir du 6 octobre. « On est dans le flou, je ne vois pas trop comment ça peut fonctionner dès octobre, d’autant plus que le formulaire de volontariat ne nous est pas encore parvenu », doute Bernard Arbomont, président du conseil de l’ordre des médecins de Vaucluse. N’importe quel médecin en activité ou à la retraite depuis moins de 3 ans est éligible. « Les volontaires pourront se faire remplacer dans leur propre cabinet, car si c’est pour qu’ils le ferment pendant ce temps-là, cela revient à déplacer le désert médical », précise le Dr Arbomont.

    Des concertations ont eu lieu avec la Préfecture, les différentes communautés professionnelles de santé ou les collectivités. Pour l’heure, aucun médecin volontaire à l’horizon. « On est prêts à en accueillir dans nos centres de santé, quand il y a de bonnes initiatives d’où qu’elles viennent, il faut qu’elles voient le jour », appuie Dominique Santoni. La présidente LR du Département réfute toute concurrence avec son plan santé qui, depuis trois ans, vise à recruter et salarier des médecins généralistes. Rappelons qu’il y a un an et demi, acteurs politiques et sanitaires, ont lancé Vaucluse santé attractivité, visant à draguer les médecins et faciliter leurs démarches.

    Encore 5 ans de pénurie ?

    Max Raspail, maire (DVG) de Blauvac et président de la communauté de communes Ventoux sud, fait partie des trois territoires retenus. Depuis le début de l’année, il peine pourtant à attirer un médecin dans la nouvelle maison médicale construite sur le hameau de Saint-Estève. « Lors du dernier conseil municipal, on a voté une délibération pour faire appel à un chasseur de têtes et attirer un docteur », expose-t-il. Le cabinet dispose déjà « d’un kiné, d’un ostéopathe et il y a un appartement de 90m2 avec terrasse pour se loger », insiste Max Raspail. Si Blauvac n’a jamais eu de médecin, les habitants se tournaient jusque-là vers les villages voisins de Mazan ou Malemort. « Mais il y a eu des départs à la retraite, il faut aller à Carpentras, c’est compliqué. On aura beau faire 1 000 efforts, on ne va pas inventer l’eau chaude : la réalité, c’est qu’on manque de médecins », diagnostique le maire. Avant que la fin du numerus clausus se fasse sentir, « on a encore bien 5 années difficiles devant nous », conclut Bernard Arbomont.

  • Des origamis pour rendre hommage aux victimes d’Hiroshima

    Des origamis pour rendre hommage aux victimes d’Hiroshima

    « Nous avons envoyé 1 000 grues à Hiroshima en juillet pour le 80e anniversaire de l’explosion des bombes nucléaires au Japon », explique Françoise Caubin, présidente du comité du pays d’Apt du mouvement de la paix. Ce samedi 27 septembre, de 12h30 à 14h, place Jean Jaurès à Apt, des grues en origami investiront l’espace pour clôturer cet événement. Musiques et lectures sont également prévues. « Au Japon, une légende veut que si l’on plie 1 000 grues, alors les souhaits peuvent être exaucés », raconte la présidente du mouvement de la paix. De ce mythe, une campagne internationale est née pour commémorer les 80 ans de l’explosion des bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki. « Pour que nos vœux de paix se réalisent », affirme Françoise Caubin. C’est à ce projet que s’est allié le mouvement de la paix du pays d’Apt.

    Depuis le mois de mai, une quinzaine d’associations ou médiathèques ont participé, en organisant des ateliers d’origami. « De nombreux acteurs d’éducation populaire ont été très contents de participer à cette campagne. Parce que par les ateliers d’origami qui se sont déroulés partout dans le pays d’Apt, ils ont pu faire de l’éducation à la paix », développe la présidente. Ce samedi, pour accompagner les grues, de nombreux textes seront lus pour rappeler l’importance de la paix en présence de tous les partenaires et les associations qui ont participé.

  • Il y a 120 ans, quand Einstein fondait la physique moderne

    Il y a 120 ans, quand Einstein fondait la physique moderne

    C’est en 1905 qu’Albert Einstein, alors simple employé du bureau des brevets de Berne, publie quatre articles qui vont transformer à jamais notre compréhension du monde : le mouvement brownien, l’effet photoélectrique, la relativité restreinte et l’équivalence masse-énergie (E=MC2). Vingt ans après sa thèse, et marqué par l’année internationale de la physique en 2005, Boris Chenaud s’est emparé de ce moment fondateur. Avec 1905, l’année miraculeuse d’Einstein, il livre un récit clair, sans équations, destiné au grand public. « Le but du jeu, explique-t-il, c’est de se faire comprendre. » Pas question pour l’enseignant-chercheur montpelliérain d’enfermer Einstein dans un jargon mathématique.

    Contrairement à l’image d’un génie isolé, Einstein s’inscrit dans un réseau fertile. « À Berne, il était bien entouré », rappelle Boris Chenaud. À 26 ans, plein de créativité, le jeune savant nourrit ses intuitions au sein d’un cercle d’amis physiciens et philosophes, porté par une effervescence intellectuelle intense. L’auteur explore les concepts qui ont façonné la physique moderne et continuent de structurer la recherche actuelle. Il insiste aussi sur l’écho contemporain de ces découvertes, de l’énergie nucléaire aux débats philosophiques sur la nature de l’univers. Avec ce livre, Boris Chenaud poursuit une mission de diffusion des savoirs qu’il mène depuis des années à l’université de Montpellier et dans des conférences grand public. La prochaine aura lieu le 12 octobre à Saint-Gély-du-Fesc. Pour lui, les sciences ne sont pas un domaine austère mais « une aventure pleine de rebondissements », dont il faut aussi interroger les applications et leurs conséquences collectives.

    * « 1905, l’année miraculeuse d’Einstein », Édition Maison Jaune (19€).

  • Des cumuls de pluie record à Toulon et au Castellet

    Des cumuls de pluie record à Toulon et au Castellet

    Déclenchée à 16h dimanche, la vigilance orange orages, pluie et inondation s’est achevée lundi à 3h du matin. Entre temps, les importants cumuls d’eau tombés sur le Var, notamment sur le littoral, ont provoqué de sérieux dégâts. 50 000 foyers ont été privés d’électricité, dont 15 000 sur le secteur Six-Fours – Sanary. Il n’y en avait plus que 1300 lundi midi. Entre 20h et minuit, le SDIS 83 a traité plus de 500 appels et réalisé 300 reconnaissances, 165 interventions, 6 sauvetages (véhicules immergés) et 72 mises en sécurité. 105 engins ont été mobilisés en plus de l’hélicoptère de reconnaissance Dragon 06. Aucune victime n’est heureusement à déplorer.

    Procédure de catastrophe naturelle enclenchée

    Parmi les villes les plus touchées, Toulon, où on recense 122 mm de pluie, dont 90 mm en une heure, un record. Le quartier du Pont de Las a particulièrement souffert, avec des centaines de logements et caves inondés et des voitures immergées. L’école des Œillets, seul établissement touché, rouvrira ses portes jeudi. Le rez-de-chaussée du centre Mayol n’a pas pu ouvrir, de nombreuses boutiques ayant subi des dégâts.

    Dans la même zone, le match entre le RC Toulon et La Rochelle a dû être annulé, malgré la décision originelle de la Préfecture de le maintenir. Les 13 000 supporters présents au stade Mayol ont été évacués sans incident, mais non sans colère : « La Préfecture nous a rassuré quant aux conditions de sécurité, alors que le match aurait dû être annulé bien avant,. C’est de l’inconscience et de la mise en danger de la vie d’autrui ! », pestait notamment Frédéric, venu de Draguignan, ville plutôt épargnée, à l’image du centre-Var dans son ensemble. Au total, six secteurs ont fait l’objet, tout au long de la journée, d’opérations de recherche, d’assistance et de pompage sur les communes de La Garde (où le plafond de l’EHPAD du Mas de Senes s’est effondré) – La Valette ; La Seyne – Ollioules ; Saint-Cyr – Evenos – Le Beausset ; Sanary – Six-Fours ; Toulon et Toulon Ouest. Plusieurs communes ont ainsi déclenché le plan communal de sauvegarde (Toulon, La Farlède, La Valette-du-Var, La Garde).

    Le Haut-Var et le massif de la Sainte-Baume ont aussi subi d’importants cumuls, avec 136 mm à Signes, 95 mm à Saint-Maximin et 96 mm à Varages. Mais c’est au Castellet qu’on a déploré les plus fortes quantités de pluie, avec 148 mm, dont 127 mm en trois heures, records absolus. Le réseau de défense incendie est notamment impacté.

    En conséquence, le préfet a décidé d’enclencher la procédure accélérée de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ce lundi.

  • Le Vaucluse se prépare face aux épisodes pluvieux répétés

    Le Vaucluse se prépare face aux épisodes pluvieux répétés

    L’arrière d’une voiture dépassant de quelques dizaines de centimètres de l’eau du parking inondé de Caumont-sur-Durance aura servi d’illustration des comportements à ne pas avoir en cas de fortes pluies, ce lundi 22 septembre.

    En effet, la préfecture de Vaucluse a tenu, en milieu d’après-midi, une conférence afin de lancer la campagne de prévention contre les pluies intenses, avec une période propice aux épisodes méditerranéens. Hasard du calendrier, celle-ci s’est donc déroulée au lendemain d’intempéries records sur la commune vauclusienne, avec pas moins de 133 millimètres d’eau tombés en une nuit. Si les Caumontois, hormis le conducteur du véhicule submergé, s’en sont majoritairement bien sortis « car on était bien préparés et on a appris à se gérer, car on a l’habitude », témoigne le premier édile, Claude Morel, ce ne fut pas le cas de tout le département. S’il n’y a pas eu de victimes, le Sdis de Vaucluse a en effet dénombré 260 interventions et 540 appels en lien avec le phénomène orageux, contre 140 coups de fil quotidiens en temps normal. Cent soixante-dix pompiers ont été mobilisés, et il y a eu deux interventions suite à des impacts de foudre, dont une personne qui a dû être hospitalisée. Deux mille six cents foyers ont été privés d’électricité et le campus Hannah Arendt de l’université d’Avignon, en centre-ville, est resté fermé ce lundi.

    En ce 33e anniversaire des inondations qui ont tué 46 personnes à Vaison-la-Romaine après des pluies diluviennes, le préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, a ainsi « fait le vœu de développer la culture du risque auprès de nos concitoyens pour adopter les bons comportements afin que chacun puisse assurer sa sécurité et éviter que de tels événements se reproduisent ». Des inondations qui laissent des dégâts et dont on tient désormais compte. « Il y a de toute façon un problème d’urbanisme. C’est pour ça qu’il y a des plans de prévention du risque inondation qui limitent l’urbanisation aujourd’hui, qui imposent, quand on est dans des zones inondables de basse fréquence, de limiter les constructions, voire même, dans des secteurs qui ont été sinistrés, de ne pas reconstruire du tout. Aujourd’hui, dans la préparation à long terme, il faut repenser la ville pour qu’elle s’adapte à ce genre de phénomènes et, en particulier dans le Vaucluse, limiter les constructions en zone inondable. Ce sont des messages que l’on doit faire passer, car j’ai encore énormément de demandes », pousse le représentant de l’État. En Vaucluse, 225 000 personnes, soit 42% des habitants, vivent en zone inondable.

    Et ces épisodes de pluies intenses sont amenés à se répéter de plus en plus fréquemment.

    Épisodes fréquents

    Face à ces épisodes « deux fois plus nombreux et 12% plus intenses qu’en 1960 », précise Météo-France, les pompiers indiquent qu’il y a trois étapes pour se comporter de façon adaptée à cette situation. Tout d’abord, anticiper : en garant son véhicule en hauteur à la veille d’un épisode orageux, en préparant des réserves de nourriture pour 72 heures et du matériel de soin chez soi, tout en identifiant les personnes vulnérables. Puis se protéger en restant à l’abri chez soi ou chez des voisins si ceux-ci sont en hauteur. Enfin, se tenir informé des consignes de sécurité, car si l’eau est descendue, le danger persiste, notamment par rapport à l’électricité.

    « Il faut repenser
    la ville pour qu’elle s’adapte à ce genre de phénomènes »

  • À l’Estaque, murs effondrés, torrents de boues et bois calcinés

    À l’Estaque, murs effondrés, torrents de boues et bois calcinés

    « Cette fois c’est vraiment un carnage ! » L’énorme incendie du 8 juillet avait épargné une partie du Pôle Nord, structure culturelle du 16e arrondissement. « Le local où on avait remisé tout le matériel s’est rempli de boues. C’est arrivé extrêmement vite, ça coulait de partout », explique Toon, en plein écopage.

    Le torrent a traversé la route. Le mur qui jouxte les voies ferrées de la gare a « littéralement explosé sous la pression, vers 19h » témoigne également Thomas. « Le niveau est monté à 1,20m. Les trains sont restés bloqués par les pierres et la boue que la force de la vague a traînées sur les rails », complète un expert en ouvrage de SNCF réseau venu évaluer les dégâts. Montée Bovis, les habitants déblaient la chaussée d’une masse de terre, de bois brûlé et de briques alors que des agents de la Seramm remplacent une plaque de bouche d’égouts embarquée par le flux. « C’est le mur une dizaine de mètres plus haut qui a cédé. Un véritable tsunami est entré dans ma maison », détaille Salah. En désignant l’avaloir bouché, devant les vestiges brûlés d’une autre villa, il s’interroge : « On est tous responsables, collectivement, propriétaires et collectivités. Est-ce qu’on a fait les entretiens nécessaires ? Et avec l’incendie qui a ravagé la végétation, il n’y a plus rien qui retient, tout a dévalé des collines. »

    Revoir les équipements

    Chemin du Marinier, autre zone particulièrement sinistrée par l’incendie, les ruissellements ont charrié d’énormes morceaux de bitume jusque sous le tunnel. Les voitures contournent prudemment la chaussée éclatée d’où surgit la fonte des canalisations. Des tronçons de bois ont été dégagés sur les côtés. Dominique s’est équipée pour filer la main à un couple de retraités dont la cour et la maison sont pleines de boues. Elle maintient difficilement sa colère : « On avait alerté sur les risques avec les pluies dès le lendemain des feux. Mais voilà, on va encore se débrouiller avec nos assurances. » En bas du vallon, des odeurs de suies et d’humidité émanent d’une épaisse mare noire qui couvre le chemin de la Nerthe. Au numéro neuf, un tas de terre a été déblayé de la maison à l’intérieur de laquelle Lamia et Joseph s’épuisent à écoper 60 cm de boue depuis 3 heures du matin. « Tout est foutu », désespère le retraité. Au rond-point de Saumaty, un bout de colline s’est effondré a laissé béante une canalisation en béton. Habitante du quartier et élue municipale, Lydia Frentzel estime « l’urbanisation accélérée sans que les réseaux d’eaux et routiers soient adaptés. Il faut arrêter de construire et prévoir un plan d’action pour les écoulements ».