Category: societe

  • Un dimanche à deux urnes et des électeurs déboussolés

    Un dimanche à deux urnes et des électeurs déboussolés

    Deux électeurs piaffent à l’entrée de l’école Bernabo (15e), dont on peut rappeler que le flanc gauche conserve le vestige d’un bunker de l’occupant nazi qui verrouillait le chemin de la Madrague Ville en 1943. 83 ans plus tard, il est huit heures tapante quand le planton du bureau 1507 grimpe sur une chaise et hisse le drapeau tricolore. « Mais qu’est-ce qu’il fait, il dort le président ? » plaisante un électeur. « On ouvre dans cinq minutes dès que j’ai le feu vert ».

    497 bureaux de vote ont ouvert jusqu’à 20h pour accueillir 552 997 inscrits, 50 000 de plus qu’en 2020 avec un mode de scrutin qui a désarçonné, même en rabâchant aux électeurs les modalités du circuit à double urne. École élémentaire Arenc Bachas, (15e). 8h30. Une vingtaine de personnes ont déjà voté au bureau 1501. L’école en brique est particulièrement majestueuse. « Et vous n’avez pas vu la cour de l’école maternelle. Elle a été désimperméabilisée et végétalisée », glisse fièrement une ATSEM.

    À deux pas du Vieux-Port, le bureau 202 au centre d’animation, rue des Martégales, 2e, un préfabriqué posé sur les vestiges exceptionnels d’une villa gréco-romaine du Ve siècle avant notre ère. « 4% des 626 électeurs ont déjà voté à 9h », dit Gérard Azibi, le président du bureau, par ailleurs conseiller municipal en mairie de secteur qui s’attend à un dépouillement tardif. « La Marseillaise ? Vous avez l’air sympathique mais vous pouvez me montrez votre carte de presse ? » fronce une électrice avant de sourire : « On n’est pas du même bord mais presque. J’ai mis beaucoup d’énergie à m’inscrire et à venir voter. C’est plus direct pour voter pour le maire. Mais pourquoi ce n’est pas pareil pour la Métropole ? » interroge la sexagénaire.

    École élémentaire Grand Saint-Giniez, avenue de Mazargues : « Ah oui, bien sûr que c’est important de voter aujourd’hui même si on ne votait pas pareil qu’en 2020. Moi mon vote il est toujours le même et je ne vous dirai pas pour qui. Le scrutin pour Marseille est plus important pour mois car avec tous les problèmes qu’elle a, c’est une ville qui exige un bon maire », explique Delphine, quinquagénaire. Maison blanche, siège de la mairie de secteur des 9-10. Des assesseurs font comme partout œuvre de pédagogie pour répéter leurs explications sur le mode de scrutin. parfois il faut rattraper l’électeur dans le parc : « Eh Titi, reviens ! Tu n’as pas voté pour la mairie de secteur ! »

    « Je fais quoi ? Je le mets dans le PV et après ? »

    22% de participation à 11 heures au bureau 701 de l’école Madrague de Montredon, boulevard de la Verrerie, 8e, le plus au sud des bureaux de vote de Marseille. « Moi je le vois, tout part au vau-l’eau » grinche tout haut un électeur. « Mon dieu, ça fait une éternité que je suis pas revenu ici », sourit un nostalgique. « Ayé, A voté ! » s’écrit, jovial, un troisième. « Pour le résultat, ça sera peut-être une surprise. C’est ça la démocratie ! ». Midi, école Prado Plage, avenue du Commandant Rolland, 8e, sous la Cadenelle. Discrètement protégée par deux gardes du corps, la candidate Martine Vassal, visage fermé, fait une apparition en solitaire.

    Au bureau de vote 501, rue Chape (4e), petit moment de panique à 14h. Un électeur s’est trompé de file et a glissé dans l’urne de la mairie de secteur l’enveloppe destinée au vote pour la mairie centrale. Impossible de la récupérer. « Je fais quoi ? Je le mets dans le PV mais après ? » se demande un assesseur. « C’est compliqué pour nous aussi, c’est nouveau. » École élémentaire Bois Luzy, 12e : un écart notable de 35 électeurs à 16h sur les deux urnes du bureau de vote 1209. Certains, peut-être mal orientés, n’ont pas voté pour la mairie de secteur.

    Au Palais de la Bourse, c’est le grand calme au bureau 1399 dit dérogatoire car dédié essentiellement aux personnes détenues des cinq maisons d’arrêt des Bouches-du-Rhône et quelques Marseillais expatriés : 373 inscrits mais seulement 4 votants : 1,04% de participation à 18h quand les 140 Frioulais du bureau voisin étaient déjà 55% à avoir pris le bateau pour venir voter, l’urne par sécurité ne pouvant prendre la navette maritime.

    « Eh Titi, reviens ! Tu n’as pas voté pour la mairie de secteur ! »

  • Les élèves s’éduquent sur la protection des océans

    Les élèves s’éduquent sur la protection des océans

    Je ne suis pas prof aujourd’hui », répond Anne Mauffrey à une élève qui vient lui poser une question. La collégienne repart vers son groupe de camarades, quelques mètres plus loin sur la plage située sous le phare du Cap Couronne. Vendredi 13 mars, les CM2 de Carro et les 5e d’Henri Wallon ont participé à une journée d’exploration sur la Côte Bleue. Au programme : randonnée scientifique en bord de mer, observation de la biodiversité et identification des menaces pesant sur le littoral.

    L’enseignante de Sciences de la vie et de la terre à l’origine du projet, Anne Mauffrey, explique : « Ça se déroule ans le cadre de la participation de ma classe au concours pédagogique Oceano pour Tous, organisé par l’Institut océanographique de Monaco. Quand j’ai appris que la primaire bénéficiait d’une Aire marine éducative (AME), je me suis dit que c’était l’occasion de faire de la transmission de savoir ! »

    Des porteurs de parole

    Depuis 2020, cette zone de l’Anse d’Arnettes est « mise en valeur et protégée » par les élèves de classe de CM2 de Carro qui « repèrent les menaces qui pèsent sur elles », explique leur professeur Guillaume. Derrière, les enfants proposent des projets avec un principe : « Tout doit partir d’eux. »

    L’objectif de cette AME est simple : sensibiliser les jeunes à la question écologique. Et il est rempli. Mathilde et ses amies, toutes âgées de 10 ans, affirment : « On voudrait faire un sentier sous-marin, comme à Port-de-Bouc, pour mettre des panneaux qui donnent des informations sur les poissons et leur habitat. On a appris énormément de choses grâce à l’AME, sur la posidonie, le plancton, la chaîne alimentaire… Ça nous a donné envie de transmettre tout ce qu’on sait ! »

    Et ça commence ce vendredi, dans le cadre d’ateliers tantôt dirigés par les CM2, tantôt par les 5e. Pour Anne Mauffrey, les bénéfices de cette pédagogie sont nombreux : « Quand on met les enfants en position d’acteur, c’est là où ils se révèlent vraiment. Les fesses collées à la chaise toute la journée c’est bien, mais à un moment il faut transformer l’essai avec des projets, qui sont décloisonnés, où on mélange le français, les mathématiques, les sciences. Et surtout, on fait des élèves des porteurs de parole de la protection de mers et des océans. Chaque enfant a quelque chose à dire, peut nous aider sur ces grandes causes, et inversement ces grandes causes peuvent nous aider à sauver beaucoup de ces enfants. »

  • Atypique met en avant les fruits et légumes mal-aimés

    Atypique met en avant les fruits et légumes mal-aimés

    Les fruits et légumes qui ne correspondent pas aux standards de beauté, chez Atypique, c’est leur rayon. En compagnie de pommes, carottes et courges biscornus, le distributeur spécialisé dans les produits déclassés de saison et labellisés, est présent à la première édition de Sirha Méditerranée, du 15 au 17 mars au parc Chanot, le nouveau rendez-vous des professionnels de la restauration.

    Collaborant depuis 2024 avec plus de 50 producteurs locaux et 150 clients professionnels dans la région, Atypique souhaite s’implanter davantage et rencontrer les restaurateurs.

    L’histoire de ce grossiste commence par un constat. « Mes parents sont agriculteurs et avaient beaucoup de mal à commercialiser leurs fruits et légumes hors standard, donc ils les gaspillaient », explique Simon Charmette, 33 ans, un des cofondateurs.

    Acheter les invendus chez les producteurs, puis les vendre à des restaurations collectives et commerciales, le circuit est simple. Des produits destinés aux cantines scolaires, cantines d’entreprises, cafés, restaurants…

    45 tonnes de gaspillage évitées par mois

    Les produits sont de qualité même s’ils ne respectent pas les normes des grandes surfaces et sont avantageux par leur prix. « L’enjeu est de les aider à aller vers des produits de meilleure qualité, utilisables en cuisine, tout en respectant leur budget », indique Simon. Sur le territoire régional, ils « sauvent » chaque mois 45 tonnes de fruits et légumes du gaspillage.

    Ils travaillent avec des producteurs locaux de Châteaurenard, Aix-en-Provence et Toulon. « Nous valorisons ces produits pour apporter un complément de revenu aux producteurs qui les avaient gaspillés jusqu’à maintenant. »

  • Les jeunes ont rendez-vous avec le sport

    Les jeunes ont rendez-vous avec le sport

    Le Stade de Fontainieu accueillera les 150 jeunes des 14e et 15e arrondissements pour une journée de découvertes sportives, le 18 mars prochain. La nageuse multi-médaillée Marie Wattel, fondatrice de l’association Sport & partage, est sensible à la cause : « J’ai à cœur de partager ma passion pour le sport et rendre la pratique plus accessible aux jeunes », confie-t-elle. Dès 10h, des ateliers pluridisciplinaires – mêlant sport, culture et écoresponsabilité -sont proposés pour « faire découvrir différents sports aux enfants issus des quartiers prioritaires », résume l’athlète de l’équipe de France.

    Au programme : activités sportives, ateliers citoyens, animations pédagogiques et réalisation d’une fresque créative géante sur le thème du sport et du partage. Pour reprendre des forces, un pique-nique « Zéro Déchet » est prévu. Consciente que la pratique du sport est onéreuse, l’association prévoit « d’offrir du matériel sportif », selon son communiqué. Ainsi, chaque enfant aura l’occasion de repartir avec un kit sportif pour continuer de s’entraîner au quotidien.

    L’événement solidaire se veut « local, concret et accessible à tous », selon l’organisation. Le sport, un moteur que la nageuse Marie Wattel, qui a évolué au sein du Cercle des nageurs de Marseille (CNM), souhaite partager : « Le sport m’a énormément apporté. Aujourd’hui, je veux qu’il soit un levier d’opportunités pour les jeunes Marseillais. »

    Cérémonie d’ouverture à 9h30

    Stade de Fontainieu (13014)

  • Appel aux dons du foyer pour femmes

    Appel aux dons du foyer pour femmes

    Rénovation énergétique, transformation des chambres en studios équipés, plus d’autonomie pour les femmes hébergées… Tels sont les projets de l’association Habitat et Humanisme, qui appelle aux dons pour pouvoir réhabiliter son foyer d’accueil d’urgence pour les femmes et enfants victimes de violences. La rénovation est déjà financée à hauteur de 75%, et l’association compte sur les dons des particuliers et des mécènes pour les 25% restants. Elle appelle également les collectivités locales et notamment le Département à se mobiliser pour lui venir en aide. Les travaux sont prévus « pour le second semestre » et devraient coûter « 600 000 euros », explique Michel Mané, secrétaire d’Habitat et Humanisme Alpes Provence. Les objectifs sont d’améliorer l’accueil, l’accompagnement et la sécurité des femmes et enfants hébergés.

    Plus de dignité

    Dix-neuf femmes et enfants sont actuellement hébergés dans ce foyer d’urgence, qui les accueille pour quelques nuits ou quelques mois, selon leurs besoins. Le nom de la campagne de financement participatif, Digne avec elles, joue sur la polysémie du mot Digne, avec la ville de Digne-les-Bains et la dignité qu’elle permettrait d’apporter aux bénéficiaires.

    L’association Habitat et Humanisme a pour projet de permettre aux personnes les plus précaires de se loger avec des loyers sociaux, adaptés à leurs moyens.

  • [Travailleur de demain] Le sommelier Maxime Jayne raconte le vin

    [Travailleur de demain] Le sommelier Maxime Jayne raconte le vin

    Après plusieurs stages et une année passée à Chicago où il retient « surtout l’esprit du spectacle » de l’hôtellerie américaine, Maxime travaille au Pavillon Ledoyen auprès du chef Yannick Alléno, à Paris. Son équipe sommellerie est la seule à sillonner tous les étages du complexe hôtelier pour proposer les 1 500 références de vins. Des références qui changent régulièrement selon les vins sélectionnés pour « un travail de connaissances perpétuelles », décrit Maxime. Au quotidien, le sommelier conseille auprès de tous les profils de client : « Certains ont économisé pour s’offrir ce moment à leur anniversaire, d’autres viennent pour un dîner d’affaires, détaille le jeune homme, chaque personne à son histoire. Pour le vin, c’est pareil ! »

    Le vin, un moment de partage

    Une histoire qu’il transmet grâce aux rencontres avec les vignerons. Cette facette du métier, Maxime la fait vivre jusqu’à la table quand il conseille le vin. Lors d’un échange avec un vigneron, « il nous a dit qu’il n’aurait pas beaucoup de bouteilles parce que ces vignes étaient cramées. L’important c’est de garder le côté émotionnel et d’en faire part au client », se souvient-il. « C’est peut-être la dernière fois que vous aurez l’occasion de goûter ce vin », avait-il précisé à ses clients.

    Raconter mais aussi surprendre. Et même les fins connaisseurs, comme un grand chef sommelier venu à son restaurant lui demander un « syrah léger ». Jouant sur son savoir œnologique, Maxime en avait profité pour lui proposer « un syrah américain ». Connu pour être des vins « gras », le chef « s’était étonné de ce choix. Puis surpris par la correspondance exacte à sa demande », rapporte le jeune professionnel.

    Lorsqu’il se promène en ville, Maxime remarque « ces moments de partage » autour d’un verre de vin. Et quand sa famille lui demande conseil, il revêt l’habit de sommelier pour désigner le plus approprié de sa cave varoise. « Une bonne bouteille pour une planche de fromage, ou pour une planche de fruits de mer, pour savourer ce verre entre amis sous le soleil », imagine-t-il.

    Titré Meilleur jeune sommelier de France en 2024, Maxime Jayne désigne la sociabilité, la curiosité mais surtout l’humilité comme étant les grandes qualités du métier. Dans ce domaine prestigieux qu’est la « sommellerie, on ne sauve pas des vies. On raconte juste une histoire. Je m’en rends bien compte : ma mère est infirmière. Il faut savoir prendre du recul », relativise le jeune homme. Son ascension est lancée sur la route du vin. Tout en gérant les contraintes de temps, Maxime a deux objectifs : ouvrir sa propre cave à vin et profiter de sa vie de famille.

  • [ «Mars Bleu», le colon passé au crible 1/3] Un dépistage peu ragoûtant mais qui sauve des vies

    [ «Mars Bleu», le colon passé au crible 1/3] Un dépistage peu ragoûtant mais qui sauve des vies

    Le cancer du côlon est la deuxième ou la troisième cause de décès en France aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Le docteur Caillol, chef du service de gastro-entérologie au sein de l’Insititut Paoli-Calmettes exerce depuis 2005 et est spécialisé dans les diagnostics et l’endoscopie, un service à part entière au sein de l’IPC. « La coloscopie n’est pas un acte anodin, il présente des risques de complication qui sont faibles mais qui existent et ça coûte cher. C’est pourquoi la sécurité sociale et le gouvernement ont décidé de mettre en place ce que l’on appelle le FIT (Fecal Immuno Test) qui est un dépistage organisé que l’on propose au grand public sans antécédent familial et à partir de 50 ans », explique le professionnel.Ce dépistage réalisable chez soi grâce à un prélèvement de selles, sera suivi en cas de suspicion de polype, d’une coloscopie. « On cherche dans ce test la présence de sang dans les selles. S’il y en a c’est un argument pour dire qu’il y a potentiellement une lésion qui saigne dans le côlon. C’est un examen très simple et sans douleur même s’il est peu ragoûtant », sourit le docteur. « Pour ce qui est de la coloscopie, il est primordial de préciser que le patient doit être bien préparé pour que l’on observe les muqueuses du côlon correctement. Grâce à la vidéo haute définition et l’utilisation de l’IA qui ne fatigue jamais, on a la possibilité aujourd’hui de détecter avec précision la présence de polypes même minimes. »

    Viande, attention à la surconsommation
  • Le sommet de la pyramide de la DZ Mafia interpellé

    Le sommet de la pyramide de la DZ Mafia interpellé

    C’est une opération « inédite », souligne ce samedi matin le procureur de la République de Marseille Nicolas Bessone. Plus de 900 gendarmes ont été mobilisés depuis ce lundi 9 mars pour interpeller 42 personnes soupçonnées d’appartenir à la DZ Mafia. Une « attaque de la structure » décrivait-il, qui pour la première fois met en œuvre la nouvelle qualification d’association mafieuse créée par la loi narcotrafic. Parmi eux, « ce que l’on peut désigner comme le triumvirat de la DZ Mafia » explique le colonel Olivier Leblanc, commandant de la section de recherche de Marseille, indiquant qu’a aussi été ciblé « un échantillonnage de chefs de points de deal, de lieutenants, de logisticiens, prêts noms, investisseurs et blanchisseurs ». Quatre millions d’euros ont également été saisis, sous forme de numéraire, de cryptomonnaies, douze biens immobiliers, dix-huit véhicules. « Quand dans les quartiers nord les camions-plateau ont enlevé les véhicules de luxe dans lesquels les trafiquants se pavanaient, il y a eu un soulagement, les gendarmes ont entendu des personnes qui leur disaient merci », confie Nicolas Bessone.

    Féminisation des réseaux

    Au total, 26 personnes ont été mises en examen des chefs de groupement criminel, blanchiment aggravé et participation à une organisation criminelle, dont 15 ont été placées en détention provisoire. « La DZ Mafia n’est pas une construction policière ou journalistique : certains de ses membres entendus dans cette procédure reconnaissent son existence et y appartenir », tient à souligner le procureur de la République en pointant son origine marseillaise : 20 des personnes déférées viennent des Bouches-du-Rhône.

    Il met aussi en avant l’âge moyen des personnes déferrées, de 28 ans. « Ce n’est pas nos jeunes adolescents qui sont utilisés par le réseau, souvent maltraité comme de la chair à canon. Ce sont des personnes d’un âge plus avancé, ce qui démontre qu’on arrive au cœur de la structure de la DZ Mafia », explique-t-il. Cinq des mis en examen étaient déjà incarcérées, mais surtout, six autres étaient totalement inconnues de la justice.

    Preuve de la féminisation de ces réseaux, neuf des vingt-six personnes déférées sont des femmes. « Elles peuvent avoir le rôle de relais pour sortir des informations, des rôles de logisticiennes dans les vecteurs de blanchiment », explique Nicolas Bessone. Il décrit les méthodes utilisées pour communiquer dans les quartiers haute sécurité, à l’occasion des parloirs, par messages codés sur la téléphonie légale, sur une ligne présentée comme celle d’un avocat, aujourd’hui mis en examen, ou par son ordinateur.

    Deux rappeurs interpellés

    Le blanchiment des profits « considérables » du narcotrafic a aussi été au cœur de l’enquête, avec plus de 900 comptes bancaires analysés, une centaine de personnes impliquées identifiées. « Selon les propres déclarations des personnes mises en examen, les cadres dirigeants dégagent par personne chaque mois un bénéfice net de 300 000 euros, illustre le procureur de la République. Ces sommes ne sont pas flambées, mais réinvesties ou blanchies. » C’était le cas au travers des réseaux sophistiqués mis à jour avec la saisie de 55 kg d’or en lien avec les mafias italiennes en septembre dernier, à travers aussi des sociétés locales de location de voitures de luxe, ou encore à travers le label de rap « Youleuh Records », « un relais publicitaire pour la franchise auprès de la population pénale notamment », explique Nicolas Bessone. Deux rappeurs sont mis en examen, KITKVT placé en détention provisoire et Dika. « Cette vague d’interpellation n’est qu’un début, annonce-t-il. Avec le matériel probatoire accumulé, nous allons remonter les circuits de blanchiment plus sophistiqués. » Même si le commandant de la section de recherche reconnaît : « Il serait bien présomptueux de dire que c’est la fin. De nombreux coups ont été portés à la DZ Mafia, c’est un coup supplémentaire. »

  • Le croissant « Morning Flaky », avocat mariné et œuf

    Le croissant « Morning Flaky », avocat mariné et œuf

    Il vous faudra :

    – Un croissant de chez Maison Léon

    – Un pot de mascarpone

    – Un œuf,

    – Un citron bio de préférence,

    – Une échalote et un concombre

    – Un 1/2 avocat

    – Sel, poivre et huile d’olive

    Des viennoiseries charnues

    Pour commencer cette recette, nous vous conseillons d’aller chercher vos croissants chez Maison Léon, des viennoiseries charnues, authentiques et savoureuses réalisées à base de levain de seigle et de beurre Isigny AOP ce qui donne une belle couleur à la mie.

    Vient maintenant le moment de préparer la garniture pour votre croissant. Pour cela déposez le mascarpone dans un saladier, ciselez finalement l’échalote et le concombre que vous viendrez incorporer à la crème. Mélangez soigneusement et zestez très généreusement le citron. Réservez-le pour en extraire le jus plus tard. Ajoutez du sel et du poivre ou un mélange cinq baies si vous voulez suivre la recette dans le détail et réservez.

    Des saveurs puissantes
    et fraîches

    Coupez ensuite votre avocat en deux et ôtez la chair de l’une des moitiés à la cuillère en faisant attention de la garder entière. Coupez ensuite très finement en tranches dans le sens de la longueur. Au plus les tranches sont fines au plus la marinade sera rapide et goûteuse. Une fois qu’il est entièrement coupé, faites un éventail avec la surface plane de votre couteau. Ajoutez un beau filet d’huile d’olive, assaisonnez et le jus de votre citron. Laissez de côté à température ambiante pendant une vingtaine de minutes. Réalisez un œuf au plat en mettant un peu d’huile d’olive dans une poêle que vous faites bien chauffer. Baissez ensuite le feu au minimum et couvrez une minute avec un couvercle pour une cuisson parfaite du blanc en gardant un jaune coulant. Sel, poivre. Quand il est cuit, déposez l’œuf sur le restant de marinade réalisé précédemment pour l’avocat.

    Une fois que tout est prêt, coupez votre croissant dans le sens de la longueur au 3/4 et non pas en deux pour avoir une mie généreuse. étalez la crème tsatsiki généreusement, déposez ensuite l’avocat, l’œuf et rajoutez de la crème sur le chapeau. Fermez et dégustez !

  • [Science] Chez les enfants babouins, il y a de la jalousie dans l’air

    [Science] Chez les enfants babouins, il y a de la jalousie dans l’air

    Des babouins ont été suivis pendant des mois dans un parc de Namibie. En milieu naturel, donc. « C’est une force de l’étude », insiste la chercheuse. Un moment était particulièrement scruté : celui du toilettage des enfants par la mère. Les scientifiques observaient alors le comportement des frères et sœurs qui, souvent, s’approchaient et restaient là, à côté, l’air de rien. « C’est souvent très subtil, note Axelle Delaunay. Ce sont rarement des explosions de colère ou des agressions. » Même si les plus petits pouvaient faire des caprices. Dans un unique cas, une tentative de jeu avec le frère en cours de toilettage pour l’attirer ailleurs et prendre sa place a été observée.

    Favoritisme

    Comment être sûr qu’il s’agit de jalousie et non pas de recherche d’attention de la mère, du frère ou de la sœur ? « Un faisceau d’indices nous le laisse penser, résume Axelle Delaunay. Nous avons testé différentes hypothèses et ce que nous avons observé se rapproche plus du comportement attendu dans le cas de la jalousie. » D’abord, les enfants interfèrent plus avec leur mère quand elle est occupée à toiletter quelqu’un. « Ce n’est pas le meilleur moment s’ils veulent se faire toiletter ou jouer », glisse la chercheuse. De plus, ils ciblent plus volontiers les enfants de leur âge ou du même sexe. Enfin, le comportement avait deux fois plus de chances de perturber le toilettage que d’obtenir l’attention de la mère, du frère ou de la sœur. En résumé : « S’ils cherchent à se faire toiletter ou à jouer avec leur frère ou leur sœur, ça ne fonctionne pas du tout », s’amuse Axelle Delaunay.

    Un dernier élément fait pencher la balance en faveur de la jalousie : les frères et sœurs ciblent plus volontiers l’enfant favori. Car oui, le favoritisme semble exister chez le babouin : certaines mères passent plus de temps à toiletter certains de leurs enfants. « Cela n’avait jamais été vraiment montré », assure Axelle Delaunay, qui admet que l’idée ne lui était pas venue à l’esprit avant l’étude. « Nous l’avons constaté sur le terrain, indique-t-elle. Cela donne envie d’y revenir pour étudier ce phénomène plus en détail. »