Category: societe

  • A Toulon, le projet de plan de mobilité métropolitain fait réagir

    A Toulon, le projet de plan de mobilité métropolitain fait réagir

    Les déclarations d’intention sont toujours des plus vertueuses en matière de mobilité comme du reste. Ici, il s’agit dans les textes de mettre en avant le renforcement de la cohésion sociale en permettant à chacun de se déplacer en sécurité sur tout le territoire. Et cela en réduisant l’empreinte environnementale et l’impact sur la santé des transports. Difficile en effet, de ne pas adhérer à ces priorités.

    Ainsi, le nouveau plan de mobilité se fixe pour objectif en 2035 de parvenir à 43% de modes actifs, c’est-à-dire d’un recours à la marche à pied et au vélo, contre 37% aujourd’hui.

    Et pour ce qui est des transports en commun, il est question de passer de 7% seulement, aujourd’hui, à 12%.

    Concernant la part modale des transports individuels motorisés qui est de 56% actuellement, la Métropole TPM veut s’employer à la faire chuter de 11 points pour atteindre 45% dans une décennie.

    Pour y parvenir le plan d’actions prévoit de « donner aux transports collectifs le pouvoir de concurrencer l’autosolisme », c’est-à-dire l’usage individuel de son véhicule. Ce qui va supposer de les rendre beaucoup plus attractifs. La question est de savoir si le Bus à haut niveau de service (BHNS) dont la première ligne est attendue pour 2029 seulement aura cette capacité, en sachant qu’il ne sera pas en site propre sur une bonne partie du trajet.

    Le BHNS peut-il suffire ?

    Autre bonne volonté mise en avant, celle « de faire évoluer le partage de l’espace public en mettant les mobilités actives au cœur des aménagements ». Là-dessus, même la situation a beaucoup évolué, à Toulon notamment, il reste encore beaucoup d’attentes de la part des associations et collectif qui militent pour l’essor de la pratique du vélo en sécurité depuis longtemps.

    En attendant la consultation et l’avis d’enquête publique pour une approbation de ce PDM pour la fin 2026, des voix se sont déjà élevées pour dire toute leur perplexité.

    Le conseiller métropolitain d’opposition de Toulon en Commun Philippe Leroy trouve, pour commencer, que les objectifs ne sont pas suffisamment ambitieux par rapport au retard pris par la collectivité, et rappelle que TPM est descendue à la 18e place, sur les 21 métropoles, en termes de fréquentation des transports en commun. Et qu’elle réussit en la matière 3 à 5 fois moins bien que Montpellier, Marseille et Nice.

    Pour le collectif tramway, le Bus à haut niveau de service ne pourra répondre aux besoins de la population. En particulier à cause du fait qu’il circulera sur au moins 30% de son trajet mêlé à la circulation automobile, en particulier à Saint-Jean-du-Var et à la Coupiane, « ce qui dégradera la vitesse commerciale et la régularité du service ». Contrairement à un tramway qui circule, lui, en totalité en site propre, et peut transporter beaucoup plus de voyageurs.

    Autre grief : une fin des travaux prévue en 2038, alors que les autres métropoles réalisent leurs lignes de BHNS en 3 ans en moyenne. Mais aussi « que les travaux déjà réalisés pour le tramway, d’un montant de 180 millions d’euros, ont permis de faire l’acquisition d’une grande partie du site propre ».

    Pour le collectif, le BHNS ne permettra donc pas de compenser l’augmentation de la population et fera stagner le niveau des transports en commun à moins de 10%, alors que les autres métropoles en sont à plus de 20%.

    Le débat sur le tramway est donc relancé.

  • Ces incendies urbains qui font la bascule

    Ces incendies urbains qui font la bascule

    Novembre 2019. Les riverains se souviennent encore d’immenses flammes noires léchant les façades de la brasserie des 2G. Le fleuron touristique d’Aix, érigé sur le cours Mirabeau, vient de brûler. Six ans plus tard, la cause de cet incendie n’est toujours pas connue. L’enquête est toujours en cours. « Il y avait une histoire commerciale et politique à cette époque. Le fond de commerce avait été mis en liquidation, il y a eu une vente au tribunal de commerce, le procureur a fait appel de l’achat donc retour au tribunal de commerce… Tout cela, entre avril et novembre 2019 », retrace Éric Hampartzoumian, propriétaire des murs du bâtiment depuis la fin des années 1990. Si la cause du sinistre reste mystérieuse, la métamorphose du bâtiment, elle, avance. Là où autrefois se tenaient les salles ornées de la brasserie, animées du ballet incessant de serveurs et de clients et les étalages de spiritueux, Éric Hampartzoumian a l’image claire de ce à quoi ressemblera l’espace, une fois les restaurations bouclées. « J’ai lu et relu les plans tellement de fois, je les connais par cœur », plaisante-t-il.

    Pour ceux qui auraient moins étudié le dossier, difficile à ce stade de visualiser le devenir des 1 300m2 carrés de surface de plancher, occupés par les truelles, les bâches et les allers retours d’ouvriers affairés aux restaurations. Même si déjà, les premiers indices prennent vie : Un immense escalier monumental, reliant les trois salles historiques de la brasserie aux premier et dernier étage a été recréé. « On l’a refait, il n’existait pas. On a retrouvé des emmarchement et recréé l’escalier en pierres », précise Éric Hampartzoumian. Des fenêtres âgées d’une centaine d’années ont été retrouvées et réouvertes, la toiture vitrée, plus tard teintée de vitraux, a été rénovée et cet été, à l’occasion de l’année dédiée au peintre Cezanne, les échafaudages côté rue Fabrot ont été démontés, révélant une partie des murs aux soins des mains de l’Atelier Renaissance. Les mêmes en charge des finitions de la marquise, longue de quinze mètres. « Les trois salles historiques du bas, les façades, la marquise et la toiture sont inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques », précise Éric Hampartzoumian. Pour conserver l’authenticité du lieu
    – condition sine qua non pour celui qui prend en charge le gros œuvres des travaux – la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) et les Architectes des bâtiments de France (ABF) ont leur mot à dire : notamment sur les choix de restaurations et d’agencements. Le devenir des pièces lui, n’est plus entre les mains d’Éric Hampartzoumian.

    L’âme restera conservée

    La raison ? La gérance sera attribuée au Château La Coste, dont le domaine viticole luxueux et centre d’art contemporain sont installés au Puy-Sainte-Réparade. « J’ai reçu plusieurs offres de grands groupes qui voulaient récupérer les lieux. Ils proposaient des prix colossaux mais qui n’ont rien à voir avec la restauration, retrace Éric Hampartzoumian. Je veux que ce lieu reste une brasserie. J’ai toujours connu les 2G et je ne me voyais pas la donner à n’importe qui. C’est devenu les Deux Garçons fin des années 1700. C’est une des plus vieilles brasseries de France. Tout le monde est passé par ici : de Cezanne à Belmondo. » Fin septembre 2023, Château La Coste se manifeste et après réunion « brève » avec son propriétaire, Paddy McKillen, la décision pour Éric Hampartzoumian est prise. « Ce qu’il m’a proposé me plait : une brasserie en bas, un restaurant au premier, six chambres de luxe au dernier étage, poursuit Éric Hampartzoumian. J’ai donné les plans de mon permis en 2023. Cette année au mois de juillet, ils m’ont expliqué déposer un permis modificatif. Il y a un mois, j’ai consulté leur avant projet définitif : c’est vrai que c’est très beau. » Le lieu revient de loin. Si aujourd’hui l’immeuble est sécurisé, que sa colonne vertébrale reprends vie, les quelques semaines après incendies ont été un bouleversement teinté de son « lot de surprises ». « Sur les deux étages de l’Hôtel de Gantès, on ne voyait rien de cassé. Mais au rez-de-chaussée et premier étage il fallait tout refaire, retrace le propriétaire. On a aussi découvert que le mur de refend, qui tient l’immeuble, s’est lui tassé de 15 centimètres à cause de la chaleur en emmenant avec lui les planchers, la toiture… ça a tordu tout l’immeuble, il fallait tout refaire. » Mi-2027 pourrait être une échéance de livraison plausible pour Éric Hampartzoumian. Pour Château La Coste, cela pourrait être encore plus tôt. Et si le doute planait toujours : la brasserie conservera évidemment le nom des 2G. « Je me suis battu pour ça je ne vous dis pas comment. Si on enlève le nom, ce n’est plus le même endroit, rapporte le propriétaire. En 1930, sur une photo de Henry Ely, le bar s’appelait le Grand Café des deux garçons. J’ai donc déposé le Grand café des deux garçons. » Pour l’anecdote.

    Eva Bonnet-Gonnet

    « Je ne me voyais pas la donner à n’importe qui. C’est une des plus vieilles brasseries de France. »

  • On nage à l’intérieur jusqu’au 22 février au Port-Marchand

    On nage à l’intérieur jusqu’au 22 février au Port-Marchand

    Dans le contexte de sobriété énergétique qui s’impose à tout un chacun mais aussi à l’ensemble des collectivités territoriales, la Ville de Toulon a fait à nouveau le choix de fermer l’accès au bassin extérieur chauffé du stade nautique du Port-Marchand durant une partie de la période hivernale, ce dernier rouvrant le 22 février prochain.

    Économie énergétique

    Pour offrir à tous les usagers (scolaires, particuliers, associations et institutions) un service optimisé permettant de pratiquer la discipline de leur choix, les autres bassins couverts verront leur amplitude d’utilisation élargie.

    Il faut savoir que les eaux des piscines toulonnaises de Pins d’Alep, Léo-Lagrange et celle du bassin couvert du Port-Marchand sont chauffées par un système de récupération de la chaleur solaire grâce à des capteurs placés sur le toit des bâtiments. L’énergie économisée grâce à ce système est estimée à 20%.

    Pour mémoire, construit entre 1970 et 1972, le stade nautique du Port-Marchand, labellisé aujourd’hui Patrimoine du XXe siècle, s’inscrit alors dans un programme national lancé par le ministère de la Jeunesse, des sports et des loisirs suite aux résultats décevants des nageurs français aux Jeux olympiques de Mexico en 1968.

    Organisé autour d’un bassin olympique à ciel ouvert et d’un imposant plongeoir, entouré de gradins, le bâtiment surmonté à l’ouest d’une toiture en ailes d’oiseau, et percé en façade par de larges baies vitrées, abrite la piscine couverte.

  • Plus de 400 participants au grand loto de La Marseillaise

    Plus de 400 participants au grand loto de La Marseillaise

    Salle comble pour le traditionnel loto organisé par l’association « Ensemble pour La Marseillaise », 400 participants et amis du journal se sont retrouvés pour honorer le pluralisme de l’information dans une ambiance festive.

    Une célébration qui a commencé par quelques mots de Léo Purguette, président de La Marseillaise : « Je souhaite remercier les bénévoles qui ont rendus possible ce traditionnel loto de Noël », il poursuit : « L’existence de La Marseillaise, issue de la Résistance, est un défi de chaque instant, car notre journal n’est pas adossé aux puissances d’argent. » Pour dire l’importance d’une telle manifestation. Les participants ont pu aussi profiter d’une tombola au profit du Secours populaire, « cela fait quatre ans que nous venons au loto, notre association a toujours besoin d’argent pour acheter des denrées alimentaires ». Et aux deux bénévoles de poursuivre : « On soutient 180 familles, soit près de 500 personnes qui comptent sur nous. »

    De nombreux lots à gagner

    Le gros lot de cette année était un séjour pour deux personnes Baie de Rosas offert par Les Voyages Sabardu, de quoi réjouir les gagnants. L’après-midi de loto s’est déroulé en sept tours, parmi les lots on retrouve des paniers garnis, une télé ou encore des appareils ménagers.

    C’est Sylviane Chiarello, bénévole pour « Ensemble pour La Marseillaise » qui donne le coup d’envoi, premier tour du boulier, c’est le numéro 6, et ils s’enchaînent. « C’est important que je sois là parce que La Marseillaise fait qu’il y a du pluralisme dans l’information », estime Jeanine, une des participantes.

    Et les parties se sont poursuivies dans la joie et la bonne humeur.

  • L’Hôpital Privé de Provence innove en soin oncologique

    L’Hôpital Privé de Provence innove en soin oncologique

    L’hôpital Privé de Provence (HPP) est l’un des seuls en France à disposer de ce dispositif. Début novembre, l’établissement hospitalier s’est doté d’un pôle entier dédié à la rééducation oncologique. Ici, dans cet espace dessiné en quatre box, d’une superficie de 100 mètres carrés, ce sont une trentaine de patients par jours qui sont suivis et accompagnés dans le traitement des effets secondaires liés aux chimiothérapies et autres interventions endurées par les personnes atteintes de cancers. Exemple, la neuropathie. Les praticiens intégrés au pôle interviennent également jusque dans les services de chimiothérapie. « Pour faire simple, les soins permettent aux patients de garder une autonomie et une activité pendant leur soins. On dispose d’une salle de kinésithérapie et d’un matériel d’innovation plus technique qui permet de prendre en charge l’apparition de divers symptômes [liés aux effets secondaires des traitements, Ndlr.], très peu pris en charge jusqu’à présents », explique Pierre Lavignotte, 27 ans, masseur kinésithérapeute libéral au sein de l’HPP. Lui est à l’origine du projet. Au nom d’une société dont il poursuit la création, soutenu par la direction, il a investi près de 100 000 euros dans le matériel nécessaire. Parmi les thérapies de pointe intégrées au pôle : la photobiomodulation, thérapie laser aux propriétés antalgiques, cicatrisantes, anti-inflammatoires et l’endermologie pour réduire, entre autres, les lymphœdèmes, améliorer la mobilité et réduire tensions et de douleurs. « Il n’y avait quasiment aucune prise en charge, a part médicamenteuse sur les neuropathies, poursuit Pierre Lavignotte. On traitait le symptôme, pas la cause de perte de sensibilité. En intervenant rapidement on permet d’éviter cette dégradation parfois permanente. » En janvier, une quatrième kinésithérapeute rejoindra l’équipe.

  • La réquisition de médecins à la dernière minute fait débat

    La réquisition de médecins à la dernière minute fait débat

    Du 25 décembre au 4 janvier, 17 médecins libéraux ont été désignés pour assurer des gardes à Aubagne, La Ciotat et Martigues. La préfecture sur sollicitation de l’Agence régionale de santé (ARS) Paca, a pris cette décision afin de maintenir la continuité des soins pendant les fêtes et de limiter la saturation des urgences hospitalières. L’ARS précise aux médias que « les praticiens ont été sélectionnés parmi ceux qui n’avaient pris aucune ligne de garde sur l’année ». Les Bouches-du-Rhône est le seul département de l’Hexagone où plus de la moitié des créneaux de permanence des soins ambulatoires restent vacants faute de volontaires, ce qui a rendu nécessaire le recours à des réquisitions.

    Ces gardes couvrent des plages horaires étendues allant de la journée complète à la soirée uniquement, et permettant de traiter en priorité les patients orientés par le Samu, évitant ainsi des passages inutiles aux urgences. Olivier Reilhes, directeur de la santé publique et environnementale de l’ARS Paca, rappelait dans nos colonnes que la semaine dernière, « 2 000 passages aux urgences pour états grippaux et un peu moins de 500 hospitalisations » ont été recensés.

    Une décision contestée

    Si cette mesure a été jugée indispensable par les autorités sanitaires, certains médecins contestent sa mise en œuvre. Le Dr Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre, explique que la principale critique concerne la temporalité de la décision : « On a attendu le dernier moment pour la faire. Les tableaux de garde sont connus depuis six mois, et il arrive rarement qu’il y ait quelques dates vacantes. Normalement, quand il y a personne, la réquisition tombe bien plus tôt. »

    Malgré ces critiques, la réquisition permet de garantir la continuité des soins pendant les fêtes. Elle est particulièrement nécessaire alors même que les urgences se trouvent déjà fortement sollicitées, notamment en raison de la circulation intense de la grippe et de la bronchiolite.

  • De la catastrophe des Nouvelles Galeries naît le bataillon des marins pompiers

    De la catastrophe des Nouvelles Galeries naît le bataillon des marins pompiers

    Marseille frappée en plein cœur ! Des victimes et des décombres ! La ville en deuil ! L’impuissance des hommes devant la fureur déchaînée des éléments ! » Dans son édition du 29 octobre 1938, Le Petit Provençal multiplie les points d’exclamation. La veille, un incendie d’une rare violence a pris dans le salon de thé des Nouvelles Galeries, au deuxième étage du bâtiment qui fait l’angle entre la rue Scotto et la Canebière, à 14h25. En moins de 15 minutes, c’est le brasier.

    Dépassés, les sapeurs pompiers marseillais, 400 pour un million d’habitants, ne disposent que de 5 autopompes « dont trois démodées peu maniables, d’un rendement nul et pas de transports rapides pour les hommes », la seule voiture avec échelle « n’arrivait pas au-delà du deuxième étage », décrit l’envoyé spécial de Paris-Soir qui pointe l’incurie des services incendies dès le lendemain de la catastrophe. Pire, ils n’ont jamais fait « d’exercice d’ensemble ou d’éducation contre le feu ». Leur capitaine par intérim blessé, le manque de pression d’eau, la foule de badauds que la garde mobile peine à maîtriser, leur compliquent la tâche. L’Amiral Muselier demande le renfort des marins pompiers de Toulon, des hommes viennent prêter main forte de Tarascon, d’Aix, Salon, Avignon, Lyon.

    « Qui commande ici ? »

    Dans la panique, clientes et personnels mourront asphyxiés ou piétinés. D’autres se jetteront par les fenêtres. Le mistral qui souffle en rafales propulse le feu de l’autre côté de l’avenue, le toit de l’hôtel Noailles s’embrase, « heureusement presque vide » note Paris Soir, car l’établissement accueille Édouard Daladier, président du Conseil et des ministres, pour le 35e congrès du Parti républicain, radical et radical socialiste au parc Chanot. Avec le président de l’Assemblée nationale et maire de Lyon, Édouard Herriot, et le ministre de l’Intérieur, Albert Sarraut, il assiste aux opérations de sauvetage. Et s’indigne : « Qui commande ici ? Il n’y a-t-il donc pas de chef, pas un homme pour diriger ? »

    L’incendie ne sera maîtrisé que le lendemain à 7h. On déplore 73 morts. L’origine du feu est accidentelle a tranché le parquet de Marseille. Il aurait pris au premier étage, où se trouvaient de nombreuses bouteilles d’oxygène liquide et « trouvé un aliment exceptionnel dans les toiles goudronnées qui recouvraient les échafaudages », des travaux de réfection… du système incendie étant en cours.

    La sanction tombe dès le 31 octobre, Albert Sarraut annonce l’étatisation du corps des marins pompiers. Dans son discours lors des obsèques des victimes, le 14 novembre, il appelle à une « réponse droite et claire » à la « défaillance de l’acte des hommes dans la prévision du péril et dans les moyens du combat livré à son attaque », dans une ville qui a besoin « d’hygiène physique et morale » indique le Petit Provençal. En janvier 1939, Marseille est mise sous tutelle, le 29 juillet, un décret-loi va donner naissance au bataillon dont une caserne occupe désormais une partie du site où s’est déroulé le drame.

  • Coup de jeune pour la Mosquée Missiri

    Coup de jeune pour la Mosquée Missiri

    Elle détonne dans une commune aux mains du RN depuis 2014. Construite par les tirailleurs sénégalais – dans le but de vaincre le mal du pays – entre 1928 et 1930 au camp militaire de Caïs, qui accueillait des troupes coloniales africaines, en périphérie de Fréjus, la Mosquée Missiri est une réplique de la Grande Mosquée de Djenné, au Mali. Elle est l’une des premières construites sur le sol français par les soldats africains venus libérer la France des nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, demeurant non seulement un témoignage de la participation décisive de ces derniers, mais aussi une preuve de fraternité entre les peuples et du respect de la pratique de la foi. « La Missiri n’était pas à proprement parler un lieu de prière, mais un lieu de vie, pensé pour accompagner ces soldats dans une période de transition. C’est un lieu singulier, à la croisée des cultures et des mémoires. Sa valeur tient autant à son architecture qu’au récit humain qu’elle porte », souligne ainsi Pierre Excoffon, directeur de l’archéologie et du patrimoine de la ville.

    Classée monument historique en 1987

    Basé sur un niveau, de plan carré, l’édifice de 22 000 m² est recouvert d’ocre rouge. Les tours d’angle sont ornées de pointes en béton armé – pour résister au climat européen –, rappels des poutres en bois renforçant la construction, en terre, du modèle africain. Le toit est garni d’une terrasse, et l’intérieur de peintures murales inachevées.

    Inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1987, elle a été cédée par le ministère de la Défense à la ville de Fréjus en 2019. Elle connaît actuellement une cure de jouvence, alors qu’elle était fermée au public depuis 2020. Une première phase de travaux a débuté en novembre. Elle porte sur la stabilisation de l’édifice : reprise des fondations, restauration des façades, traitement du plancher haut et gestion des eaux pluviales. Aux abords, les premières interventions concernent les cases, totems, termitières et le square sacré. Une seconde phase, prévue fin 2026, portera sur la restitution des décors et l’aménagement des abords en vue d’une ouverture au public en 2027. L’ensemble comprendra aussi un parcours paysager et des dispositifs didactiques. Au total, les travaux auront coûté 1,8 million d’euros, financés par la Ville, la Région et le ministère de la Culture.

  • L’agence régionale de santé appelle à ne pas engorger les urgences

    L’agence régionale de santé appelle à ne pas engorger les urgences

    Pendant les fêtes, si vous avez besoin d’un médecin, suivez le bon chemin. » Une manière polie de l’Agence régionale de santé (ARS) d’inciter la population à ne pas engorger les urgences, en cette période d’épidémie de grippe.

    « Les services des urgences en France et dans notre région voient chaque année leur nombre de patients augmenter de manière continue, en particulier à l’approche des fêtes, période durant laquelle les épidémies hivernales cohabitent », indique l’ARS dans un communiqué. Et d’insister : les urgences « doivent être prioritairement réservées aux situations les plus graves ».

    Pour assurer la continuité des soins, un dispositif est mis en place précise-t-elle avec la mobilisation des médecins généralistes en ville, l’ouverture des maisons médicales de garde, le renforcement des moyens de l’aide médicale urgente et une coordination assurée par le Centre 15.

    La bronchiolite stable

    La semaine dernière, l’activité pour grippe aux urgences a continué à augmenter, avec plus de 2 000 passages enregistrés dans la région, conduisant à près de 450 hospitalisations. La vaccination associée aux gestes barrières, demeurant l’une des armes les plus efficaces de protection rappelle l’ARS. Côté bronchiolite, qui touche particulièrement les enfants, la région est en phase épidémique depuis quatre semaines et l’activité des urgences concernant les enfants de moins d’un an se stabilise, à un niveau inférieur à celui observé à la même période l’an dernier.

  • Laurent Lamy : « La radioastronomie prend de l’ampleur en France, y compris à Marseille »

    Laurent Lamy : « La radioastronomie prend de l’ampleur en France, y compris à Marseille »

    La Marseillaise : La première détection d’une éruption stellaire hors de notre système solaire a été faite grâce à la radioastronomie. Est-ce une forme commune d’astronomie ?

    Laurent Lamy : Oui, elle étudie le spectre radio des ondes lumineuses et est composée de deux familles, en fonction des fréquences observées. Les basses fréquences – qui ont permis cette première détection  sont étudiées en France depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, avec le développement des radars et des télécommunications. Les rayonnements radio à basse fréquence du soleil et des planètes sont étudiés depuis les années 1950. Cette thématique prend de l’ampleur aujourd’hui en France, y compris à Marseille.

    Pourquoi ?

    L.L. : Car la France est partenaire de l’Observatoire Square Kilometer Array (SKAO) : un radiotélescope ultime en construction. Il observera dans une large bande de fréquences : entre 50 mégahertz (MHz) et plusieurs gigahertz. La partie basse fréquence – de 50 à 350 MHz – réalisera des relevés très sensibles pour détecter plus d’étoiles et faire de la physique comparée avec un grand nombre d’objets. Les travaux que nous menons aujourd’hui préparent l’arrivée de SKAO.

    Que signifie radiotélescope « ultime » ?

    L.L. : SKAO sera un radiotélescope géant de taille inégalée. Il est peu probable que nous arrivions à faire mieux. Depuis des décennies, nous progressons vers des radiotélescopes de plus en plus sensibles et nous découvrons à chaque fois de nouvelles choses. Mais faire mieux que SKAO sera technologiquement difficile et trop coûteux.