Category: societe

  • [Tribune] À Marseille, la dignité humaine doit rester au cœur du projet de ville

    [Tribune] À Marseille, la dignité humaine doit rester au cœur du projet de ville

    Dans le contexte des élections municipales à Marseille, le Secours Catholique souhaite rappeler le sens de son engagement dans la cité.

    Notre association est non partisane. Elle ne soutient aucun candidat ni aucune liste. Cette indépendance est essentielle : elle garantit la confiance que nous accordent les personnes que nous rencontrons et accompagnons.

    Mais être non partisan ne signifie pas être silencieux face aux réalités sociales. Parce que nous sommes présents chaque jour auprès des personnes en situation de précarité, nous sommes aussi témoins des difficultés qu’elles rencontrent pour vivre dignement dans la ville. À ce titre, nous assumons pleinement notre rôle d’acteur de la vie démocratique et sociale.

    À Marseille, nos bénévoles rencontrent des familles confrontées à des logements indignes, des personnes isolées, des travailleurs pauvres, des jeunes qui cherchent leur place. Derrière ces situations, il y a des visages, des histoires, mais aussi une aspiration simple et légitime : pouvoir vivre dignement là où l’on habite.

    Ces réalités nous rappellent une évidence : la pauvreté n’est pas une fatalité individuelle. Elle est aussi liée à des choix collectifs, à des politiques publiques, à la manière dont une ville organise l’accès au logement, aux services publics, aux transports ou encore aux droits.

    Dans plusieurs quartiers de Marseille, les difficultés sociales se cumulent et s’installent dans la durée. Face à ces situations, la lutte contre la précarité ne peut pas être une question secondaire. Elle doit rester une priorité constante de l’action publique locale.

    Mais au-delà des politiques municipales, certains principes qui fondent notre pacte social doivent être rappelés avec force.

    Le principe d’hébergement inconditionnel des personnes en situation de détresse est l’un d’eux. Il affirme qu’aucune personne ne devrait être laissée à la rue en raison de son statut administratif, de sa nationalité ou de sa situation personnelle.

    De la même manière, la mise à l’abri et la protection des enfants isolés doivent rester une priorité absolue. Aucun enfant ne devrait se retrouver sans protection ni accompagnement, quelles que soient son origine, sa nationalité ou son ancienneté de présence sur le territoire.

    Ces principes ne sont pas des options. Ils sont au cœur de ce qui fonde notre société : le respect de la dignité humaine.

    Les élections municipales sont un moment important pour débattre collectivement de l’avenir de la ville. Fidèle à sa mission et à son indépendance, le Secours Catholique continuera à interpeller les responsables publics et à porter la parole des personnes en situation de précarité. Car une ville se juge à la manière dont elle traite les plus fragiles.

    À Marseille comme ailleurs, construire une ville qui n’abandonne personne n’est pas seulement un objectif social : c’est un choix profondément politique.

  • [Tribune] Empêchons l’extrême droite de s’emparer de nos mairies

    [Tribune] Empêchons l’extrême droite de s’emparer de nos mairies

    Au soir de ce premier tour des élections municipales, les scores des listes d’extrême droite sont très élevés dans notre département.

    Dans de nombreuses communes, le risque de voir l’extrême droite accéder aux responsabilités municipales est réel.

    Pour nos organisations syndicales, faire barrage à l’extrême droite, c’est d’abord répondre concrètement aux besoins de la population : faire le choix de politiques sociales volontaristes, investir dans les services publics, mener des politiques écologiques ambitieuses et renforcer la démocratie sociale.

    Partout où elle accède au pouvoir local, l’extrême droite s’en prend aux contre-pouvoirs, aux solidarités et aux libertés associatives et syndicales.

    Nos organisations savent comment se traduit l’arrivée de l’extrême droite aux commandes de mairies :

    – Droit syndical bafoué,

    – Remise en cause des subventions et pressions sur les associations,

    – Droits des femmes attaqués,

    – Politiques écologiques et climatiques abandonnées,

    – Solidarités et vivre-ensemble patiemment détruits…

    Face à cette situation,

    la mobilisation citoyenne

    est indispensable

    Nous appelons l’ensemble des citoyens et citoyennes à se mobiliser massivement au second tour. Nous appelons les forces politiques à faire preuve de responsabilité afin d’empêcher l’accession de l’extrême droite à la tête d’une seule commune des Bouches-du-Rhône.

  • Un plan dans l’Hérault pour lutter contre les violences faites aux femmes

    Un plan dans l’Hérault pour lutter contre les violences faites aux femmes

    C’est un fléau qui ne semble pas reculer. Malgré une sensibilisation et une médiatisation plus importantes, les violences faites aux femmes persistent dans notre société. Année après année, les chiffres continuent d’augmenter. L’année 2024 ne déroge pas à la règle : les violences sexuelles enregistrées en France ont progressé de 7%, les viols et tentatives de viol, de 9%. « Dans l’Hérault, nous nous inscrivons dans la tendance nationale d’une stabilisation des plaintes pour violences conjugales et d’une augmentation des violences sexuelles », soupire Chantal Mauchet, préfète héraultaise.

    Pour pallier la situation, la préfecture, le Conseil départemental et les procureurs de Montpellier et de Béziers ont signé, le 6 mars, le premier plan départemental de lutte contre les violences faites aux femmes pour la période 2026-2029. « Ce plan fixe un cap et formalise un partenariat riche. Nous avons pour responsabilité de mieux diagnostiquer et objectiver les violences faites aux femmes afin que nos politiques publiques soient pleinement adaptées aux besoins », poursuit Chantal Mauchet. Concrètement, ce plan prévoit une meilleure coopération entre les partenaires institutionnels en s’articulant autour de six axes : l’hébergement d’urgence, la formation et la prévention, le suivi des enfants victimes de violences, la lutte contre l’exploitation sexuelle, une meilleure communication et enfin l’objectivation des violences grâce à l’Observatoire des violences faites aux femmes de l’Hérault. En somme, pas de nouveau dispositif mais une amplification de l’existant grâce à une meilleure synergie.

    Judiciarisation des faits

    Notamment sur l’hébergement d’urgence. « Le nombre de places a plus que doublé depuis 2019, il y en a 137, voire 170 avec les places dans les hôtels. Nous voulons aller plus loin en intégrant les dimensions d’insertion professionnelle car les enjeux d’autonomie financière et de reprise de confiance en soi demeurent centraux », souligne la préfète. À cela s’ajoutent les deux Maisons des femmes -à Montpellier et Béziers- et un troisième établissement de ce type serait à l’étude en milieu rural, probablement dans les Hauts cantons héraultais.

    Surtout, les signataires insistent sur la judiciarisation des faits. « Cela constitue une étape essentielle sur le chemin de la reconnaissance et de la réparation pour les victimes », fait valoir Chantal Mauchet. En 2024, dans l’Hérault, 1 533 personnes ont été condamnées dans ce cadre.

    « Le traitement des violences conjugales est une priorité de notre politique pénale. En 2025, sur les 800 affaires poursuivables, il y a eu 300 poursuites et 220 déferrements. Les autres procédures ont fait l’objet de mesures alternatives. C’est une justice du quotidien qui est appliquée pour traiter au mieux ces faits d’une grande gravité », soutient Thierry Lescouarc’h, procureur de la République du tribunal judiciaire de Montpellier. Et de lister deux priorités : le renforcement de la protection des victimes, passant par des délais d’audience resserrés ainsi que l’utilisation d’outils comme les téléphones grave danger et les bracelets anti-rapprochement. « Notre seconde priorité concerne les enfants. Ce ne sont pas seulement des témoins mais des victimes à part entière. Cela implique de systématiser la prise en charge de l’intérêt de l’enfant, notamment concernant l’exercice de l’autorité parentale », indique Thierry Lescouarc’h.

    Un premier plan triennal qui en amènera d’autres. Mais tous le reconnaissaient, le chemin à parcourir est encore long. « La lutte contre les violences faites aux femmes est l’affaire de tous. »

  • Sciences Po Aix à l’épreuve du climat

    Sciences Po Aix à l’épreuve du climat

    Mars 2026, l’Institut d’études politiques (IEP) d’Aix-en-Provence célèbre ses 70 ans. Et pour ouvrir l’année universitaire, Alessia Lefébure, qui entame sa première année à la tête de l’institution, présente ce lundi la ligne de conduite de Sciences Po Aix pour l’année à venir. Année au cours de laquelle l’établissement s’attache à renforcer son engagement en termes de « développement durable, de la responsabilité sociétale et de l’engagement collectif ». À ses côtés, pour une conférence face aux étudiants, Marine Braud, fondatrice de la société de conseil Alameda, autrice du livre Qui aurait pu prédire ? et ancienne conseillère écologie au cabinet d’Élisabeth Borne, alors au ministère de la Transition écologique. « Sciences Po en général, a pour mission principale de former à partir de la recherche en sciences humaines et sociales des gens qui vont prendre des postes à responsabilité dans tous les secteurs d’activité qu’ils soient privés ou publics, contextualise Alessia Lefébure, d’ailleurs première femme à la tête de Sciences Po. On considère que l’enjeu de la transition écologique est un enjeu majeur et transversal. Au moment de cet anniversaire, au moment où je prends mon poste, on l’inscrit de façon encore plus lisible, plus volontariste, plus affirmée, comme ligne de fond qui va orienter tout ce que l’on fait, dans la formation, dans la recherche et dans la gestion de l’établissement. » Les « festivités », de ce 70e anniversaire, vont durer 12 mois, jalonnés de rendez-vous, d’invitations de « figures inspirantes », et une demande d’adhésion au label DD and RS. Entre autres. « J’étais sur ces bancs il y a 20 ans, les décideurs publics et privés que je rencontre aujourd’hui ont le même logiciel, dans lequel la transition écologique rentre difficilement. Un logiciel de croissance, où les symboles de réussite ne sont pas forcément bons pour la planète, explique Marine Braud. Je trouve ça très bien que mon école se pose ces questions-là, jusque dans la question des enseignements. » En toile de fond donc, former « différemment » les prochains décideurs. « En invitant des personnes [comme Marine Braud], on contre-attaque en montrant qu’on peut être quelqu’un qui réussit, en adoptant un mode de vie différent. On propose des alternatives, ce sera à eux de choisir », estime Alessia Lefébure.

  • Du neuf dans d’anciens taudis de la Coutellerie

    Du neuf dans d’anciens taudis de la Coutellerie

    Un ancien hôtel meublé misérable et en péril depuis des décennies vient d’être réhabilité par la Société française d’habitat économique (SFHE), une filiale du groupe Arcade. Les 10 chambres d’origine du 27, rue Coutellerie (1er) ont été transformées en 5 logements de type T2.

    « Il s’agit de logements locatifs intermédiaires (LLI), des logements à loyers réglementés à des tarifs inférieurs au prix du marché. À la Coutellerie, les loyers seront 15 à 20% en deçà du prix du marché, afin de permettre l’accès à un logement abordable au plus grand nombre, dans un secteur particulièrement tendu », détaille le bailleur social.

    L’immeuble de 5 étages avec une façade en 4 fenêtres, est la propriété de SFHE depuis 1995, année de sa mise en péril. En janvier 1994, c’était un hôtel meublé très dégradé, propriété du groupe Amhôtel, que la commission de sécurité avait déclaré non conforme aux règles de sécurité, alertant sur son instabilité structurelle, ses infiltrations d’eau. Un an plus tard, le 3 février 1995, les toilettes d’une chambre au 2e étage cédaient, laissant sa locataire « accrochée à son lavabo, les pieds dans le vide », écrit Le Provençal. « La sécurité des occupants est gravement menacée », diagnostique un architecte, justifiant l’arrêté du 24 février 1995 qui ordonne l’évacuation, donnant un délai d’un mois aux occupants pour partir, laissés sans proposition de relogement, ce qui témoigne de ce qu’était la gestion des risques avant même la prise de fonction de Jean-Claude Gaudin. Le Provençal se faisait l’écho du sort de la locataire sinistrée qui en avril se maintenait avec son ami dans la même chambre semi-effondrée tout en s’acquittant de 1 300 francs de loyer.

    Un foyer pour femmes isolées jusqu’en 2014

    L’immeuble est ensuite devenu un foyer pour femmes isolées. En janvier 2014, l’immeuble est frappé d’un péril non imminent. Le foyer ferme. Après une quasi-décennie d’abandon et devant « l’aggravation des désordres constructifs », la Ville a relancé en décembre 2023 le dossier, menaçant de travaux d’office. D’où la lourde opération de confortement structurel finalement engagée qui a permis en octobre 2025 de prononcer la mainlevée de tous les arrêtés de mise en sécurité.

    « Nous avons engagé une opération ambitieuse pour sécuriser durablement le bâtiment, préserver sa structure existante et recréer de nouveaux logements confortables et spacieux », explique-t-on chez SFHE. Le sauvetage de l’immeuble représente 1,9 million d’euros d’investissement. « C’était une opération lourde qui a nécessité une purge complète des planchers avant d’entreprendre une restructuration plus cohérente des 10 studios en 5 logements », décrit Sofian Sahraoui, chargé d’opération chez SFHE. « Cela a pris du temps et deux études structurelles car il fallait vraiment être minutieux et ne pas prendre de risque sur du bâti ancien. On a utilisé des matériaux qui n’alourdissent pas l’immeuble. D’où le choix de poutres Nailweb qui associent l’aluminium et le bois. C’est un beau projet qui s’achève. » L’aménagement intérieur est quasi fini. La façade a été totalement refaite, magnifiant le balcon et sa ferronnerie possiblement du XVIIIe. L’arrivée des locataires est prévue en mai.

    Le 27, rue Coutellerie n’a jamais cessé durant un siècle d’accueillir une population modeste. Ses « garnis » ont nourri la chronique locale. A défilé au 27, rue Coutellerie toute une population modeste et laborieuse, exerçant des petits métiers, serveur, marin de passage, tricoteuse, repasseuse, brodeuse, femme de ménage, etc. Madame Renée, « une vraie voyante venue de Paris » y faisait en 1906 commerce de ses prédictions. En 1916, la police y cueille un marin chinois, « contrebandier d’opium ». En 1934, l’hôtel meublé est tenu par la veuve Marie Mabile. Pour l’anecdote, Le Petit Provençal du 28 novembre 1897 y avait interviewé dans sa chambre un marin de la Pénitentiaire qui surveillait dans une chaloupe les abords de l’île du Salut où est alors détenu le capitaine Dreyfus.

    Une nouvelle page se tourne pour cet immeuble sauvé qui va retrouver une vie, et soulagé 5 locataires dans la difficile quête d’un logement à Marseille.

  • Alerte sécurité à la savonnerie du Fer à cheval

    Alerte sécurité à la savonnerie du Fer à cheval

    La savonnerie du Fer à Cheval, fondée en 1856 prône une fabrication authentique et traditionnelle. Fêtant ses 170 ans cette année, le bâtiment, classé monument historique, peut toutefois présenter certaines contraintes en matière de sécurité industrielle, notamment pour la modernisation des installations. L’inspection du 12 novembre 2025, destinée à vérifier le respect des dispositions de l’arrêté préfectoral de mise en demeure du 30 juin 2023, a révélé de nouveaux manquements sécuritaires. Le Q18, à savoir le compte rendu de vérification des installations électriques, conclut que « l’installation électrique peut entraîner des risques d’incendie ou d’explosion ». Le chargé de la bonne application du droit de l’environnement, a relevé que « 12 extincteurs et 4 robinets d’incendie armés (RIA) [étaient] non satisfaisants ».

    L’inspection constate également des faits inquiétants liés « à un stockage de soude fuyard et la rétention maçonnée associée est également fuyarde ». En bref, la soude utilisée pour fabriquer le fameux savon de Marseille fuit. Problème : le produit est corrosif et dangereux. Le bac de rétention, censé servir de protection en cas de fuite de soude, est lui aussi fissuré.

    Aussi, le préfet des Bouches-du-Rhône a mis « l’entreprise en demeure de se mettre en conformité avec les normes de sécurité demandées, dans un délai de deux mois », en vertu des dispositions de l’article L.171-8 du Code de l’environnement, Contacté, les communicants de l’entreprise expliquent « ne pas être au courant de cet arrêté » et mettent la faute sur « la vétusté du bâtiment qui a 170 ans ».

  • Une nouvelle saison de menus insolites et populaires

    Une nouvelle saison de menus insolites et populaires

    À l’occasion de la première édition du Sirha Méditerranée, Provence Tourisme a présenté la programmation de Marseille Provence Gastronomie 2026, ouverte sur le territoire.

    Le public pourra retrouver l’un des événements phares des sept éditions précédentes du Marseille Provence Gastronomie : les dîners insolites. Organisés du 1er au 31 juillet à travers le territoire des Bouches-du-Rhône, ils seront une nouvelle fois placés sous la direction artistique d’Emmanuel Perrodin. Une vingtaine de repas sont prévus afin d’« offrir une réelle expérience culturelle et gustative », comme le décrit Isabelle Brénond, directrice générale de Provence Tourisme. Comme les années précédentes, les tarifs devraient se situer entre 80 et 100 euros. Chaque dîner proposera un menu en cinq plats, boissons comprises, mettant à l’honneur les chefs et les produits locaux du département.

    Deux street food festival au programme

    Autre temps fort : l’organisation de deux street food festivals. Le premier se tiendra à Aix-en-Provence, au parc Jourdan, les 18, 19 et 20 juin. Le second aura lieu à Marseille, sur l’esplanade de la Major, les 10, 11 et 12 septembre. D’après le succès des éditions précédentes, l’événement devrait attirer plusieurs milliers de personnes chaque soir, de 17h à minuit. L’entrée restera gratuite afin de permettre au public de partager la gastronomie locale autour de grandes tablées et de DJ sets, avec des produits issus du savoir-faire du territoire.

    Parmi les nouveautés de cette édition figure le « banquet bouillabaisse » prévu le 9 septembre, à la veille du street food festival de Marseille. Préparé par plusieurs chefs locaux, ce grand dîner réunira près de 400 convives de 18h à 23h. Les tarifs n’ont pas encore été communiqués mais la présidente de Provence Tourisme souhaite rendre cet événement « le plus accessible possible ».

    Des expériences originales

    Autre expérience originale : un dîner olfactif organisé à Istres le 29 mai, pouvant accueillir jusqu’à 120 personnes sur réservation. Ce repas s’inscrit dans le cadre des Rencontres parfumées 2026 et mêlera senteurs et saveurs le temps d’une soirée.

    L’événement met également en avant son engagement environnemental. Désormais certifié ISO 20121, un label qui atteste d’une gestion durable d’événements, Provence Tourisme souhaite « approfondir encore plus son engagement de durabilité », assure Isabelle Brénond. « Nous voulons sensibiliser les partenaires sur ces sujets afin qu’ils s’engagent à leur tour. » Les organisateurs encouragent notamment l’utilisation de vaisselle réutilisable, le tri des déchets et la valorisation des produits locaux. Des actions de sensibilisation et des animations pédagogiques seront aussi proposées afin d’impliquer le public et les partenaires dans cette démarche écologique.

    Pour tout renseignement et réservation : https://mpgastronomie.fr

  • Grande journée de mobilisation dans les lycées contre l’austérité

    Grande journée de mobilisation dans les lycées contre l’austérité

    Depuis le 5 mars, des lycées marseillais s’activent suite aux annonces début février de la baisse des moyens attribués par le rectorat de l’académie d’Aix-Marseille, pour préparer la rentrée 2026. Alors que les personnels éducatifs et les lycéens en lutte ont décidé de reconduire le mouvement le 17 mars, l’intersyndicale de l’éducation des Bouches-du-Rhône (FSU, CGT Éduc’action, SUD Éduc, FO-Fnec, Sgen-CFDT) annonce « soutenir leur mobilisation et appelle à une journée de grève et de mobilisation départementale dans tous les établissements ».

    Une mobilisation d’ampleur attendue

    Le 17 mars, Marthe Bonifay, professeure de lettres et histoire au lycée Denis-Diderot (13e) et CGT Éduc’action, s’attend à « un mouvement massif ». « Nous avons rarement vu autant de professeurs mobilisés, affirme-t-elle, avec presque une soixantaine d’entre nous présents à la réunion d’information syndicale en cette veille de grève. » Même chose dans les autres établissements qui se soulèvent depuis deux semaines. À Marseille, les lycées Saint-Charles (1er), Victor-Hugo (3e), Nelson-Mandela (12e) et Antonin-Artaud (13e) ont connu des blocages et des grèves depuis le 5 mars. Les enseignants du lycée Mongrand (6e) déclarent que plus de 90% des professeurs étaient en grève le 10 mars.

    Pour encourager à rejoindre le mouvement, « un travail de sensibilisation a été conduit », explique Maria Ignacio, enseignante au lycée Antonin-Artaud (13e) et membre du Snes-FSU 13. Elle raconte qu’une « assemblée générale des établissements en lutte s’est réunie le 10 mars pour décider collectivement des actions », mais aussi que « des temps de discussion avec les élèves et parents d’élèves sont organisés pour éclairer les raisons de la mobilisation ». À l’initiative du Mouvement des parents d’élèves 13 (MPE13) une réunion d’information s’est d’ailleurs tenue au lycée Montgrand lundi soir.

    Le 17, un rassemblement est prévu à 11h aux Réformés à Marseille, avant de se rendre à la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN), où une demande d’audience a été déposée par les syndicats. Une AG des personnels en lutte se tiendra ensuite à la Bourse du travail à 14h.

    Faire converger les luttes

    Le mouvement de colère a démarré quand l’annonce des dotations horaires globales (DHG) pour la rentrée 2026, qui déterminent les heures d’enseignement dans les établissements, a révélé des réductions considérables dans de nombreux lycées du département. « On accuse le coup d’années successives de restrictions budgétaires qui obligent à une gestion de la misère. On demande simplement des moyens à hauteur des besoins, pour préserver le service public de l’éducation », fulmine Marthe Bonifay. « Et les élèves comprennent parfaitement les enjeux, ils savent qu’ils vont en payer les frais. » Le lycée Diderot était de nouveau bloqué par les lycéens ce lundi. Elle conclut : « Face à la stratégie de division du rectorat qui cherche à nous mettre en compétition pour la distribution des heures, nous appelons à un mouvement de convergence de la lutte. » Une nouvelle journée de grève a déjà été annoncée par les syndicats le 26 mars, à l’échelle nationale cette fois-ci.

  • Transfert forcé des demandeurs d’asile

    Transfert forcé des demandeurs d’asile

    Ils ont fui la guerre, les conflits armés, la persécution, la torture, la prison, ont été placés dans un centre d’accueil de Sisteron, et vont devoir encore déménager sous la contrainte. 51 demandeurs d’asile vont être transférés au centre d’accueil de Digne-les-Bains, celui de Sisteron devant fermer ses portes entre avril et juin. Pour l’association qui leur vient en aide, Solidarité Réfugiés Sisteron, il n’y a pas de doute : « C’est une question d’argent et d’économies. » À Digne-les-Bains, ils seront hébergés dans un centre où se trouvent déjà plus de 130 autres demandeurs d’asile, dans des chambres partagées, dans un ancien hôpital, avec des conditions bien moins confortables.

    « L’impression

    d’être un objet »

    Les deux anciens travailleurs sociaux du centre d’accueil n’avaient déjà pas été remplacés à leur départ, laissant un avenir incertain pour le site, sur lequel il ne reste plus qu’une seule travailleuse sociale pour les 51 demandeurs d’asile. « On est consternés. On a travaillé pour les intégrer. Trois familles ont des enfants scolarisés à Sisteron », regrette André Bach, le président de l’association Solidarité Réfugiés Sisteron. Une famille rwandaise vient notamment d’arriver dans le centre de Sisteron il y a à peine trois semaines, et va déjà devoir repartir. D’autres viennent d’Afghanistan, de Syrie, du Bangladesh, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria ou encore du Soudan.

    « Cela les affecte tous. Certains sont déjà dans une situation très instable. D’autres sont là depuis un moment et ont pris leurs marques », déplore Michèle Giamarchi, qui leur donne des cours de français. « Ils ont déjà l’angoisse liée à leur statut, et on les fait déménager, changer d’intervenant social. » La première chose dont ils se sont inquiétés quand ils ont appris leur transfert, c’est les cours de français. À Digne, ils n’auront qu’un seul cours par semaine, alors qu’ils en ont actuellement cinq, grâce à l’association Solidarité Réfugiés Sisteron. « Il y en a un qui m’a dit “j’ai l’impression d’être un objet” », relate Michèle Giamarchi.

    Ce centre d’accueil avait été ouvert au moment du démantèlement de la jungle de Calais. Deux cars remplis de demandeurs d’asile étaient alors arrivés à Sisteron.

  • Comparutions immédiates : « une justice d’abattage » ?

    Comparutions immédiates : « une justice d’abattage » ?

    Chaque soir à 20h, du 11 au 14 mars, le théâtre Jean-Claude Carrière, situé au Domaine d’O, propose une représentation de la pièce de théâtre Léviathan, mise en scène par Lorraine de Sagazan. Fruit de nombreuses rencontres avec avocats, magistrats, victimes et détenus, ce spectacle s’intéresse aux lacunes de la justice institutionnelle, et en particulier aux comparutions immédiates. « Cette procédure simplifiée et expéditive, qui est une exception française, juge l’auteur présumé d’une infraction à sa sortie de garde à vue. Publique et durant en moyenne moins de trente minutes, elle est de plus en plus répandue et favorise largement l’incarcération puisque 70% des peines prononcées correspondent à des peines de prison ferme », indique Lorraine de Sagazan dans la note d’intention de son spectacle.

    Un spectacle auquel s’associe, dans le cadre d’un partenariat national, la Ligue des droits de l’Homme (LDH). En amont de la dernière représentation, samedi 14 mars, la section locale de Montpellier organise donc, de 16h à 18h au théâtre Jean-Claude Carrière, une table ronde sur le sujet.

    « Prime à l’accusation »

    Se succéderont un avocat, un magistrat ainsi que des représentants du Spip (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) et d’une association, Wake Up Café, qui vient en aide à cette structure officielle. L’avocat montpelliérain membre de la LDH Jean-Jacques Gandini animera cet échange, en amont duquel il a assisté à quatre audiences de comparutions immédiates au tribunal correctionnel de Montpellier.

    Le caractère expéditif de cette procédure, désormais massivement appliquée dans le cadre des mobilisations sociales (Gilets jaunes, réforme des retraites, émeutes dans les quartiers populaires), réduit les droits de la défense. « C’est est un moyen pour évacuer les flux. C’est une justice d’abattage, un peu caricaturale, où la prime est donnée à l’accusation et où la défense a une part congrue », résume Jean-Jacques Gandini. Qui pointe également le côté discriminant de cette procédure : « Les gens qui passent en comparution immédiate sont pratiquement tous issus des classes sociales défavorisées, avec des revenus très faibles quand ce ne sont pas des SDF. Il y a aussi pas mal d’étrangers, car précaires eux aussi. »