Category: societe

  • Des dizaines de familles roms dans la tourmente d’évacuations expéditives

    Des dizaines de familles roms dans la tourmente d’évacuations expéditives

    Lundi matin, c’est un campement vide que les forces de l’ordre ont trouvé face à l’aéroport. « Les familles sont parties d’elles-mêmes pour éviter la confrontation. La police est venue les avertir, vendredi, de l’expulsion programmée ce 6 octobre, soit trois jours avant la décision du juge de l’exécution », déplore Marc Durand, membre d’Assoropa, dont l’avocate avait saisi le Jex (juge de l’exécution), avec une décision attendue le 9 octobre.

    Sans solution après leur expulsion, le 8 avril dernier, d’un terrain situé sur le plateau de l’Arbois, les familles, près de 200 personnes dont une soixantaine d’enfants, s’étaient repliées sur une parcelle entre l’aéroport et la ville. Cette dernière est « en cours d’aménagement par la SPLA pour le compte de la Métropole, dans le cadre de cap-horizon », précisait Loïc Gachon (PS), maire de Vitrolles. La SPLA (société publique locale d’aménagement) a promptement réagi en saisissant la justice pour l’évacuation du site.

    Or, le jugement rendu en référé, le 20 juin, ordonnant une expulsion immédiate, est contesté par l’Assoropa. Elle dénonce « un procès sans contradictoire ». Les familles affirment n’avoir jamais reçu l’assignation de l’huissier. L’association assure avoir appris « l’existence du procès et son résultat que nettement plus tard, hors délais pour faire appel. Nous sommes face à un déni de justice… ». Pire, précise Marc Durand : « Nous avions l’intention d’aller au tribunal administratif pour attaquer le préfet qui a fait donner aux roms un avis d’expulsion comme si rien ne s’était passé. Après accord oral avec l’avocate de la partie adverse, elle a contacté la SPLA pour suspendre sa demande d’expulsion, en échange de quoi nous n’allions pas au TA. » Mais cela n’a pas eu lieu.

    Déscolarisation

    Les associatifs attendent un traitement plus respectueux des droits des familles en novembre. D’ici là, les familles sont plongées encore plus profondément dans la précarité. Les dossiers d’inscription des enfants dans les écoles sont restés sans réponse de la part des services municipaux de Vitrolles. « Or, lors du procès, un point essentiel de défense est la scolarisation des enfants », regrette Marc Durand. Et quid du comité de pilotage mis en place en 2022 par le sous-préfet d’Aix avec les collectivités et les partenaires sociaux ?

  • Des dizaines de familles roms dans la tourmente d’évacuations expéditives

    Lundi matin, c’est un campement vide que les forces de l’ordre ont trouvé face à l’aéroport. « Les familles sont parties d’elles-mêmes pour éviter la confrontation. La police est venue les avertir, vendredi, de l’expulsion programmée ce 6 octobre, soit trois jours avant la décision du juge de l’exécution », déplore Marc Durand, membre d’Assoropa, dont l’avocate avait saisi le Jex (juge de l’exécution), avec une décision attendue le 9 octobre.

    Sans solution après leur expulsion, le 8 avril dernier, d’un terrain situé sur le plateau de l’Arbois, les familles, près de 200 personnes dont une soixantaine d’enfants, s’étaient repliées sur une parcelle entre l’aéroport et la ville. Cette dernière est « en cours d’aménagement par la SPLA pour le compte de la Métropole, dans le cadre de cap-horizon », précisait Loïc Gachon (PS), maire de Vitrolles. La SPLA (société publique locale d’aménagement) a promptement réagi en saisissant la justice pour l’évacuation du site.

    Or, le jugement rendu en référé, le 20 juin, ordonnant une expulsion immédiate, est contesté par l’Assoropa. Elle dénonce « un procès sans contradictoire ». Les familles affirment n’avoir jamais reçu l’assignation de l’huissier. L’association assure avoir appris « l’existence du procès et son résultat que nettement plus tard, hors délais pour faire appel. Nous sommes face à un déni de justice… ». Pire, précise Marc Durand : « Nous avions l’intention d’aller au tribunal administratif pour attaquer le préfet qui a fait donner aux roms un avis d’expulsion comme si rien ne s’était passé. Après accord oral avec l’avocate de la partie adverse, elle a contacté la SPLA pour suspendre sa demande d’expulsion, en échange de quoi nous n’allions pas au TA. » Mais cela n’a pas eu lieu.

    Déscolarisation

    Les associatifs attendent un traitement plus respectueux des droits des familles en novembre. D’ici là, les familles sont plongées encore plus profondément dans la précarité. Les dossiers d’inscription des enfants dans les écoles sont restés sans réponse de la part des services municipaux de Vitrolles. « Or, lors du procès, un point essentiel de défense est la scolarisation des enfants », regrette Marc Durand. Et quid du comité de pilotage mis en place en 2022 par le sous-préfet d’Aix avec les collectivités et les partenaires sociaux ?

  • Le RC Toulon à la rencontre des enfants hospitalisés

    Des étoiles dans les yeux, des ballons dans les mains. Ce lundi, les jeunes patients du service pédiatrique de l’hôpital Sainte-Musse ont reçu la visite de cinq rugbymen du RC Toulon. Et pas des moindres : les internationaux français Baptiste Serin, Danny Priso et Antoine Fritsch, l’international écossais Ben White et la légende néo-zélandaise Ma’a Nonu, double champion du monde 2011 et 2015.

    Pendant près d’1h30, ils ont fait découvrir le ballon ovale à une petite dizaine de bambins, à travers de petits exercices d’initiation qui ont laissé des sourires indélébiles sur les visages « d’enfants qui ne devraient pas être ici, car leur place n’est pas à l’hôpital, mais certains y sont obligés. Ça doit être dur pour eux et pour leurs parents, alors on essaie de venir dès que le club nous le propose », explique Baptiste Serin, venu transmettre sa légendaire science de la chistera et du jeu au pied. Mais là n’est pas la priorité : « Le rugby sert de levier, mais on ne vient pas dans l’optique de leur apprendre, mais pour partager, qu’ils voient qu’il y a des personnes un peu “connues” qui ont envie de vivre des moments sympas avec eux. »

    Ce genre de rencontre revêt un certain intérêt dans le processus de guérison des enfants, comme l’explique le docteur Paul Casha : « Le sport est indispensable au développement de l’enfant. On pourrait penser que l’hospitalisation est un frein à la pratique. La venue de joueurs, avec leur notoriété, peut être un bon encouragement pour les pratiques ultérieures, voire inciter certains à s’y mettre. Ça aide aussi pour le moral, le bienfait psychologique a un rôle important à jouer, pour avoir un environnement agréable et pas que des chambres avec des potences de perfusion. »

    Une journée portée par l’association Premiers de cordée, « qui propose des animations sportives pour les enfants à l’hôpital », explique Julia Conti, chargée de mission pour Premiers de cordée. « Cette semaine, nous sommes là dans le cadre de la semaine du sport à l’hôpital. L’idée est de s’adapter au lieu. Ce n’est pas la première fois que le RCT participe, donc ça donne une animation très naturelle et spontanée. Ce n’est que du plus, car les joueurs donnent de leur temps. De plus en plus de sportifs s’investissent chaque année. » La semaine se poursuit avec une animation badminton, mercredi après-midi, et une initiation au Qwan-Ki Do, un art martial aux influences asiatiques, créé à Toulon.

  • L’excellence nationale en compétition au parc Chanot

    Cette année, 70 lauréats défendront, devant près de 80 000 visiteurs, les couleurs de la région Paca dans la finale nationale de la plus grande compétition de savoir-faire professionnels. « En 2023, nous avons battu les Occitans et les Bourguignons », rappelle Renaud Muselier. C’est l’esprit combatif que le président (Ren) de la Région Sud accueille l’étape de ces « JO des métiers », qui doit conduire de jeunes talents à la finale mondiale qui se déroulera à Shanghai.

    Au-delà d’une vitrine de l’orientation et de la formation régionale, le show a pour objectif de « créer l’émulation, l’inspiration, chez tous les jeunes du territoire, précisait Renaud Muselier, c’est une opportunité unique de valoriser nos jeunes et de montrer que le Sud est une terre de réussite ». Dans un pays où « les diplômes sont très prédominants, complétait la présidente de Worldskills France, Florence Poivrey, notre mission est d’être des passeurs, des facilitateurs. Quand des ponts sont offerts ça donne des ailes ».

    Saïd Soumaila, qui a décroché le titre de champion d’Europe en 2023 dans la catégorie cuisine, en témoigne : « Je viens d’un milieu modeste et quand on manque de confiance en soi, être coaché, être reboosté par une équipe ça vous porte, c’est le truc en plus qui fait qu’on a envie de se dépasser, d’aller plus loin. » À 26 ans, le jeune chef est aujourd’hui gérant du restaurant Quai des saveurs à Avignon. « Un challenge, confie-t-il, car cette expérience a aussi changé ma perception du travail avec l’envie de voir plus loin que les fourneaux en cuisine ».

    Lors de ces trois journées d’épreuves où ils seront 800 à confronter leur maîtrise et leur savoir-faire, il faudra aux compétiteurs convoquer toute la préparation technique dont ils ont bénéficié. « Les professionnels qui sont impliqués à nos côtés nous transmettent leurs connaissances mais aussi leur passion », explique Thomas Zglinski, 33 ans, champion du monde 2013 en section maintenance aéronautique. « Il y a toute une préparation mentale, de gestion du stress, un tempérament qu’on conserve tout au long de sa carrière. Cela permet aux sociétés d’évoluer et de grandir à travers ces jeunes talents » précise l’Istréen qui a intégré les équipes de Dassault aviation.

    Créer des vocations

    Autant d’exemples qui ont inspiré les nouveaux candidats. Sorti du bac avec une mention très bien, Théo Moni qui a intégré le lycée hôtelier de Marseille et s’est inscrit au concours, prend attache avec Saïd. « Déjà ce concours a poussé les formateurs à me donner plus de tâches et de défis. Maintenant j’espère qu’il va m’ouvrir des portes et m’aider à développer ma capacité à m’adapter…et à transmettre à mon tour », espère le jeune cuisinier. L’excellence, c’est aussi « beaucoup d’émotion », indique Marie Florence Bulteau-Rambaud, vice-présidente de la Région et de Worldskills France depuis 2019, invite vivement à « assister à la compétition, ça se vit ! ». Nouveauté de cette édition, la fusion d’Abilympics France avec Worldskills France le 1er juillet 2024 découle sur la participation d’une quarantaine de candidats handicapés.

  • L’excellence nationale en compétition au parc Chanot

    L’excellence nationale en compétition au parc Chanot

    Cette année, 70 lauréats défendront, devant près de 80 000 visiteurs, les couleurs de la région Paca dans la finale nationale de la plus grande compétition de savoir-faire professionnels. « En 2023, nous avons battu les Occitans et les Bourguignons », rappelle Renaud Muselier. C’est l’esprit combatif que le président (Ren) de la Région Sud accueille l’étape de ces « JO des métiers », qui doit conduire de jeunes talents à la finale mondiale qui se déroulera à Shanghai.

    Au-delà d’une vitrine de l’orientation et de la formation régionale, le show a pour objectif de « créer l’émulation, l’inspiration, chez tous les jeunes du territoire, précisait Renaud Muselier, c’est une opportunité unique de valoriser nos jeunes et de montrer que le Sud est une terre de réussite ». Dans un pays où « les diplômes sont très prédominants, complétait la présidente de Worldskills France, Florence Poivrey, notre mission est d’être des passeurs, des facilitateurs. Quand des ponts sont offerts ça donne des ailes ».

    Saïd Soumaila, qui a décroché le titre de champion d’Europe en 2023 dans la catégorie cuisine, en témoigne : « Je viens d’un milieu modeste et quand on manque de confiance en soi, être coaché, être reboosté par une équipe ça vous porte, c’est le truc en plus qui fait qu’on a envie de se dépasser, d’aller plus loin. » À 26 ans, le jeune chef est aujourd’hui gérant du restaurant Quai des saveurs à Avignon. « Un challenge, confie-t-il, car cette expérience a aussi changé ma perception du travail avec l’envie de voir plus loin que les fourneaux en cuisine ».

    Lors de ces trois journées d’épreuves où ils seront 800 à confronter leur maîtrise et leur savoir-faire, il faudra aux compétiteurs convoquer toute la préparation technique dont ils ont bénéficié. « Les professionnels qui sont impliqués à nos côtés nous transmettent leurs connaissances mais aussi leur passion », explique Thomas Zglinski, 33 ans, champion du monde 2013 en section maintenance aéronautique. « Il y a toute une préparation mentale, de gestion du stress, un tempérament qu’on conserve tout au long de sa carrière. Cela permet aux sociétés d’évoluer et de grandir à travers ces jeunes talents » précise l’Istréen qui a intégré les équipes de Dassault aviation.

    Créer des vocations

    Autant d’exemples qui ont inspiré les nouveaux candidats. Sorti du bac avec une mention très bien, Théo Moni qui a intégré le lycée hôtelier de Marseille et s’est inscrit au concours, prend attache avec Saïd. « Déjà ce concours a poussé les formateurs à me donner plus de tâches et de défis. Maintenant j’espère qu’il va m’ouvrir des portes et m’aider à développer ma capacité à m’adapter…et à transmettre à mon tour », espère le jeune cuisinier. L’excellence, c’est aussi « beaucoup d’émotion », indique Marie Florence Bulteau-Rambaud, vice-présidente de la Région et de Worldskills France depuis 2019, invite vivement à « assister à la compétition, ça se vit ! ». Nouveauté de cette édition, la fusion d’Abilympics France avec Worldskills France le 1er juillet 2024 découle sur la participation d’une quarantaine de candidats handicapés.

  • La Banque alimentaire cherche des bénévoles pour sa grande collecte

    La grande récolte dans les supermarchés, c’est 10% de ce que nous distribuons à l’année. » Devant des membres de la Banque alimentaire, bénévoles, associations et entreprises, Joseph Arakel, président de la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône, rappelle l’importance de cet événement. Ce lundi, une centaine de personnes se sont réunies dans la salle d’honneur du Département, à Marseille, pour lancer l’organisation de ces collectes de dons dans les supermarchés, du 28 au 30 novembre. Face à l’augmentation de la précarité et des besoins, le président espère mobiliser de nombreux de bénévoles pour récolter plus de nourriture.

    Des dons nécessaires dans un contexte où l’insécurité alimentaire explose. Dans les Bouches-du-Rhône, 107 000 personnes ont recours à l’aide alimentaire, soit 5,3% de la population du département, d’après les chiffres de la Banque alimentaire. L’association permet d’approvisionner 188 associations qui s’occupent de la redistribution. Des associations qui viennent prêter main-forte pour ces trois jours de collecte. « C’est grâce à cet organisme que l’on peut fournir des paniers aux personnes dans le besoin, donc on se doit d’aider », explique Nathalie Dumas, bénévole à la Croix Rouge d’Aubagne.

    Le nombre de bénévoles est, pour le moment, insuffisant pour atteindre les objectifs du président de la banque alimentaire : 200 tonnes de plus que l’année dernière, où déjà 400 tonnes de denrées avaient été données dans le département. « Il y a une baisse des dons liée à l’augmentation de la précarité et donc des besoins, explique Alexis Lada, chef d’exploitation. C’est pour cela que l’on a besoin de plus de monde pour récolter plus de dons. ».

    « 360 commerces, dans toutes les Bouches-du-Rhône, ont donné leur accord, mais il faut que l’on trouve des bénévoles », insiste Julie Caseville, salariée de la Banque alimentaire en charge de la grande collecte. « Pour l’instant, nous sommes à 40% d’inscription. Mais on est optimiste et on espère avoir assez de bénévoles pour que les 360 magasins participent à la récolte », sourit-elle.

    Mail : ba130.collecte@
    banquealimentaire.org

  • La Banque alimentaire cherche des bénévoles pour sa grande collecte

    La Banque alimentaire cherche des bénévoles pour sa grande collecte

    La grande récolte dans les supermarchés, c’est 10% de ce que nous distribuons à l’année. » Devant des membres de la Banque alimentaire, bénévoles, associations et entreprises, Joseph Arakel, président de la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône, rappelle l’importance de cet événement. Ce lundi, une centaine de personnes se sont réunies dans la salle d’honneur du Département, à Marseille, pour lancer l’organisation de ces collectes de dons dans les supermarchés, du 28 au 30 novembre. Face à l’augmentation de la précarité et des besoins, le président espère mobiliser de nombreux de bénévoles pour récolter plus de nourriture.

    Des dons nécessaires dans un contexte où l’insécurité alimentaire explose. Dans les Bouches-du-Rhône, 107 000 personnes ont recours à l’aide alimentaire, soit 5,3% de la population du département, d’après les chiffres de la Banque alimentaire. L’association permet d’approvisionner 188 associations qui s’occupent de la redistribution. Des associations qui viennent prêter main-forte pour ces trois jours de collecte. « C’est grâce à cet organisme que l’on peut fournir des paniers aux personnes dans le besoin, donc on se doit d’aider », explique Nathalie Dumas, bénévole à la Croix Rouge d’Aubagne.

    Le nombre de bénévoles est, pour le moment, insuffisant pour atteindre les objectifs du président de la banque alimentaire : 200 tonnes de plus que l’année dernière, où déjà 400 tonnes de denrées avaient été données dans le département. « Il y a une baisse des dons liée à l’augmentation de la précarité et donc des besoins, explique Alexis Lada, chef d’exploitation. C’est pour cela que l’on a besoin de plus de monde pour récolter plus de dons. ».

    « 360 commerces, dans toutes les Bouches-du-Rhône, ont donné leur accord, mais il faut que l’on trouve des bénévoles », insiste Julie Caseville, salariée de la Banque alimentaire en charge de la grande collecte. « Pour l’instant, nous sommes à 40% d’inscription. Mais on est optimiste et on espère avoir assez de bénévoles pour que les 360 magasins participent à la récolte », sourit-elle.

    Mail : ba130.collecte@
    banquealimentaire.org

  • #DisMoiPourquoi les baleines ont-elles des bosses ?  

    #DisMoiPourquoi les baleines ont-elles des bosses ?  

    Toutes les baleines ne possèdent pas de bosses ! La baleine à bosses est, je crois, la seule à en avoir, ou au moins à avoir un nom qui la désigne comme telle ! Son nom viendrait de la bosse sur laquelle est placée sa nageoire dorsale, mais aussi de son dos très courbé quand elle plonge avant de sortir sa queue. Elle possède aussi de nombreuses excroissances sur la tête, qui sont en fait des “tubercules” contenant un poil sensible aux vibrations. »

    Christophe Lejeusne. Enseignant-chercheur à l’Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie marine et continentale (CNRS, IRD).

  • La police municipale s’emmêle les pinceaux

    La police municipale s’emmêle les pinceaux

    La police municipale de Béziers irait-elle trop loin ? Sous la houlette du maire d’extrême droite Robert Ménard, les agents outrepassent parfois les compétences de leurs missions et exercent celles de leurs collègues de la nationale. Or ils ne sont pas formés et des dérapages peuvent arriver. Dernier exemple en date ? L’annulation, pure et simple, d’une procédure visant un Biterrois de 23 ans par le tribunal de Béziers, le 11 septembre.

    Les faits remontent à juin dernier. Deux policiers municipaux procèdent à des contrôles de véhicule, en pleine nuit, à pied. C’est à ce moment que le jeune homme arrive à leur hauteur. « Ils étaient avec des lampes torches dans un champ. Mon client, assez jeune, prend peur, accélère 5 mètres avant de comprendre qu’il a affaire à des policiers donc il s’arrête », rembobine Me Solène Mangin, avocate du Biterrois. Il n’en fallait pas plus pour que les forces de l’ordre considèrent cette action comme un refus d’obtempérer et interpellent l’homme. De la drogue est trouvée dans la voiture. Placé d’abord en garde à vue, le jeune sera transféré en détention provisoire dans l’attente de son jugement. À l’issue de la première audience, ce dernier est placé sous contrôle judiciaire.

    Un vide juridique ?

    Problème : au moment des faits, les deux agents se situent sur la commune de Maraussan, qui relève de la compétence de la brigade de gendarmerie de Cazouls-lès-Béziers. « Ce n’était pas à Béziers, donc les policiers n’avaient aucune raison de se trouver à cet endroit. Ils ne pouvaient non plus procéder à des contrôles de véhicules. De plus, entre le moment où mon client est interpellé et le moment où il est présenté à un officier de police judiciaire [OPJ, Ndlr] au commissariat de Béziers, il se passe 1h30. Selon eux, ce délai est expliqué car les agents attendaient le renfort de la BAC et de la police nationale. Mais ce n’est pas vrai. La police nationale et la BAC n’ont pas du tout été contactées. Donc il n’y a aucune raison à ce délai irraisonnable », reprend l’avocate.

    Le tribunal a donc décidé d’annuler toute cette procédure, tâchée d’irrégularités. En effet, les missions de la police municipale sont différenciées de celles de la nationale. Placé sous l’autorité du maire, le policier municipal est un agent territorial qui obéit aux arrêtés pris par la commune. Ses principales missions concernent la sûreté, la salubrité et la tranquillité publique. À la différence de la nationale, un policier municipal n’est pas un OPJ – il est officier adjoint – et donc ne peut procéder aux placements en garde à vue, aux fouilles corporelles, aux contrôles d’identité, etc.

    Sauf qu’une brèche peut conduire à ce genre de situation. « Actuellement, la compétence de base de la police municipale est de l’ordre de la circulation. Pour l’instant, ils n’ont aucun autre pouvoir. Mais ils se basent sur l’article 73 du code de procédure pénale qui donne à tout un chacun le pouvoir d’interpeller quand il y a un crime ou un délit flagrant et de le conduire à un OPJ le plus proche. Mais ils ne sont régis par aucun texte », insiste l’avocate. Cela laisse ainsi à chacun la libre interprétation d’un « délit flagrant » pouvant mener à quelques dérapages ou bavures. Un besoin de légiférer s’impose.

    « Les policiers n’avaient aucune raison de se retrouver à Maraussan »

  • La police municipale s’emmêle les pinceaux

    La police municipale de Béziers irait-elle trop loin ? Sous la houlette du maire d’extrême droite Robert Ménard, les agents outrepassent parfois les compétences de leurs missions et exercent celles de leurs collègues de la nationale. Or ils ne sont pas formés et des dérapages peuvent arriver. Dernier exemple en date ? L’annulation, pure et simple, d’une procédure visant un Biterrois de 23 ans par le tribunal de Béziers, le 11 septembre.

    Les faits remontent à juin dernier. Deux policiers municipaux procèdent à des contrôles de véhicule, en pleine nuit, à pied. C’est à ce moment que le jeune homme arrive à leur hauteur. « Ils étaient avec des lampes torches dans un champ. Mon client, assez jeune, prend peur, accélère 5 mètres avant de comprendre qu’il a affaire à des policiers donc il s’arrête », rembobine Me Solène Mangin, avocate du Biterrois. Il n’en fallait pas plus pour que les forces de l’ordre considèrent cette action comme un refus d’obtempérer et interpellent l’homme. De la drogue est trouvée dans la voiture. Placé d’abord en garde à vue, le jeune sera transféré en détention provisoire dans l’attente de son jugement. À l’issue de la première audience, ce dernier est placé sous contrôle judiciaire.

    Un vide juridique ?

    Problème : au moment des faits, les deux agents se situent sur la commune de Maraussan, qui relève de la compétence de la brigade de gendarmerie de Cazouls-lès-Béziers. « Ce n’était pas à Béziers, donc les policiers n’avaient aucune raison de se trouver à cet endroit. Ils ne pouvaient non plus procéder à des contrôles de véhicules. De plus, entre le moment où mon client est interpellé et le moment où il est présenté à un officier de police judiciaire [OPJ, Ndlr] au commissariat de Béziers, il se passe 1h30. Selon eux, ce délai est expliqué car les agents attendaient le renfort de la BAC et de la police nationale. Mais ce n’est pas vrai. La police nationale et la BAC n’ont pas du tout été contactées. Donc il n’y a aucune raison à ce délai irraisonnable », reprend l’avocate.

    Le tribunal a donc décidé d’annuler toute cette procédure, tâchée d’irrégularités. En effet, les missions de la police municipale sont différenciées de celles de la nationale. Placé sous l’autorité du maire, le policier municipal est un agent territorial qui obéit aux arrêtés pris par la commune. Ses principales missions concernent la sûreté, la salubrité et la tranquillité publique. À la différence de la nationale, un policier municipal n’est pas un OPJ – il est officier adjoint – et donc ne peut procéder aux placements en garde à vue, aux fouilles corporelles, aux contrôles d’identité, etc.

    Sauf qu’une brèche peut conduire à ce genre de situation. « Actuellement, la compétence de base de la police municipale est de l’ordre de la circulation. Pour l’instant, ils n’ont aucun autre pouvoir. Mais ils se basent sur l’article 73 du code de procédure pénale qui donne à tout un chacun le pouvoir d’interpeller quand il y a un crime ou un délit flagrant et de le conduire à un OPJ le plus proche. Mais ils ne sont régis par aucun texte », insiste l’avocate. Cela laisse ainsi à chacun la libre interprétation d’un « délit flagrant » pouvant mener à quelques dérapages ou bavures. Un besoin de légiférer s’impose.

    « Les policiers n’avaient aucune raison de se retrouver à Maraussan »