Category: societe

  • Une mère se jette du 13e étage de son immeuble à Toulon avec trois de ses enfants

    Une mère se jette du 13e étage de son immeuble à Toulon avec trois de ses enfants

    Triste », « dramatique », « horrible ». Les mots n’étaient pas assez forts, mercredi matin, pour les habitants de la cité Pontcarral, à l’ouest de Toulon. La macabre découverte du corps d’une femme de 38 ans et de trois de ses sept enfants, âgés de 3, 4 et 6 ans, au pied d’un immeuble, a plongé le quartier dans la stupeur la plus totale.

    Selon les premiers éléments de l’enquête, ouverte pour « meurtres par ascendant » par le parquet de Toulon, cette mère de famille isolée se serait jetée d’elle-même de son appartement situé au 13e étage, avec ses trois enfants, aux alentours de 5h du matin. Celle-ci présentait « des symptômes psychiatriques et dépressifs, ce qui reste à confirmer », indiquait le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, qui s’est rendu tôt sur place, en compagnie du préfet, de la Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) et de la maire, Josée Massi, précisant également qu’« aucun élément ne permet pour le moment d’impliquer l’intervention d’un tiers dans ce drame ».

    « Il n’y a plus de place

    en psychiatrie »

    La famille était inconnue du Parquet et aucun signalement n’avait été réalisé concernant d’éventuelles difficultés sociales. Les corps feront l’objet d’une autopsie à l’Institut médico-légal de Marseille dans les prochains jours, ainsi que d’expertises toxicologiques. En attendant davantage d’informations sur les circonstances du drame, et au regard de ces premiers éléments, le sujet était au cœur de toutes les discussions à Pontcarral, ce mercredi. « On ne sait pas ce qu’il se passait dans la vie de cette dame. C’est horrible, mais on ne peut pas juger », commente un habitant.

    « Ce drame montre la difficulté de la situation. Il n’y a plus de place en psychiatrie et on les met en prison au lieu de les soigner », s’indigne un père de famille, qui s’interroge sur les conditions de vie au sein du foyer : « Cette femme était seule : où est le père ? Comment peut-on abandonner sa famille ? »

    Selon le Parquet, les trois enfants aînés de la fratrie sont nés d’un premier père, les quatre derniers d’un second. Par ailleurs, les quatre aînés ont été pris en charge « par les autorités compétentes et bénéficient d’un soutien psychologique », ajoute Raphaël Balland.

  • La reconquête agricole, c’est tout droit Entre vignes et Coudon

    La reconquête agricole, c’est tout droit Entre vignes et Coudon

    C’est au Domaine Kennel, à Pierrefeu, que s’est tenue la semaine passée la conférence de presse de la 9e édition Entre vignes et Coudon, qui va se dérouler le 29 mai sur la place de la Liberté, à La Farlède. Une manifestation conviviale qui permet à la Ville de réaffirmer « son engagement en faveur d’une alimentation de qualité, du soutien aux producteurs locaux et d’un cadre de vie harmonieux, où se conjuguent respect de la nature, vitalité du territoire et convivialité ».

    «Quand on a lancé cette manifestation, on ne s’attendait pas à rencontrer ce succès », reconnaît le maire de La Farlède, Yves Palmiéri. Même si, dès le départ, tous les ingrédients étaient là pour que la mayonnaise prenne. En particulier cette envie de se retrouver et de passer un bon moment autour d’un verre, d’une belle assiette en savourant les produits du terroir.

    Pour des produits frais

    et locaux

    Un rendez-vous gourmand qui offre aussi à la commune la possibilité de mettre en avant la politique volontariste menée pour favoriser les circuits courts. Notamment en permettant à de jeunes agriculteurs de s’installer. La reconquête des terres en friche par la Ville permet de leur faire en effet profiter de conditions avantageuses. Et l’opération porte déjà ses fruits.

    Dans un département soumis à une énorme pression foncière qui fait disparaître les terres agraires ou les rend inaccessibles, l’initiative mérite d’être saluée. Et prouve que des outils existent pour favoriser des projets vertueux économiquement et environnementalement responsables.

    C’est à ce prix qu’on peut entre vignes et Coudon, par exemple, déguster des produits frais et locaux.

  • On fait la fête ce week-end samedi à Toulon et dimanche à Avignon !

    On fait la fête ce week-end samedi à Toulon et dimanche à Avignon !

    Samedi 23 mai

    Fête de La Marseillaise Var. Toulon, plages du Mourillon

    entrée gratuite

    De 10h à 20h30. Expositions, village du monde, féministe, librairie, animations, jeux d’enfants, guinguette, restauration rapide. Lectures, fresques, animations, poésies. Concerts Chichi et Banane de 12h30 à 14h30. 13h Repas des Amis de La Marseillaise à 15 euros Entrée, rôti et son flan de légumes, tartelette – Servi à table. Concours de boules doté. 2 euros par personne. 16h Débat « la paix » avec Vincent Boulet expert, dirigeant du Parti de la gauche européenne et Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’Union départementale CGT du Var, animé par Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise. 19h Tremplin groupes locaux.

    https://www.fetelamarseillaise83.fr

    Dimanche 24 mai

    Fête de La Marseillaise Vaucluse. Avignon, île de la Barthelasse, parc des Libertés

    entrée gratuite

    10h30 Débat « Le rôle social du roman noir » avec hommage à Roger Martin, auteur et
    chronique littéraire de La Marseillaise, décédé brutalement en janvier en présence des auteurs Philippe Pivion, Antoine Blocier et Philippe Paternolli. 12h Prise de parole de Léo Purguette, président
    et directeur éditorial de La Marseillaise. Restauration de 10 à 15 euros. 14h15 Théâtre « Emballages », pièce d’André Benedetto interprétée par la compagnie La Parole Rouge. 15h15 Débat « La démocratie mise en péril par le numérique ? » Avec Alexandre Basquin, (sénateur PCF), Pierre-Yves Cadalen (député LFI), Thomas Dossus (sénateur LE), Lucien Stanzione (sénateur PS). 17h prise de parole de Delphine Jordan (PCF) Concert, Reno Bistan, Chansons politiques, poétiques et humoristiques. Suivi de la Chorale Sauvage.

    Et la fête continue en juin dans
    les Alpes…

    Samedi 27 juin

    Fête de La Marseillaise Alpes. La Bâtie-Neuve,

    La Carline

    entrée prix libre

    De 10h à 1h du matin. Débats, bar, restauration concerts punk rock et métal. Groupes Los Fralibos, De Mist, Airain, scène ouverte…

    Contact : 06.76.27.84.73.

  • Erilia et le préfet ratent leurs expulsions « pour l’exemple »

    Erilia et le préfet ratent leurs expulsions « pour l’exemple »

    Les juges ont débouté le bailleur social qui voulait « faire un exemple » (notre édition du 9 mars 2026) en expulsant deux familles de la cité La Castellane (15e) sur le fondement de la loi Narcotrafic de juin 2025. Entendant les arguments de Me Marilou Poisot et Me Sofien Dridi, le tribunal a estimé que la condamnation pour trafic de stupéfiants de ces deux enfants majeurs, qui par ailleurs n’habitent plus la cité, ne suffisait pas car la « proximité suffisante » des faits troublant la jouissance d’autrui avec le logement n’étant pas démontré par Erilia. Les juges se sont appuyés sur une réserve d’interprétation du Conseil constitutionnel.

    Un fils majeur avait été condamné comme « ravitailleur » d’un réseau. Il avait été interpellé quittant la cité en voiture avec un sac contenant 1,2 kg de résine et 632 gr de coke. « Pour autant, dit le jugement, la commission de ces infractions ne saurait à elle seule, suffire à établir la réalité des manquements graves à l’obligation contractuelle du locataire d’user paisiblement du bien donné à bail. » Le bailleur doit établir que les faits ont été commis dans le même ensemble immobilier à une proximité suffisante du logement dont il est demandé l’expulsion de la famille.

    S’agissant de l’autre famille, si l’enfant majeur a été condamné à trois reprises pour trafic de stupéfiants : la première se rapporte à des faits commis cité Consolat à 3 km de là. Pour la seconde, le majeur se trouvait place des Bartavelles à 400m de logement sans que soit précisé où était le point de deal. S’agissant de la 3e condamnation pour des faits de trafic dans La Castellane, Erilia n’apporte pas davantage de précision sur la distance entre le lieu de commission des faits et le logement de la famille.

  • Après la chute de Sibell, les chips d’Allauch en danger

    Après la chute de Sibell, les chips d’Allauch en danger

    Allez, c’est du gras. Mais on essaie d’être le plus authentique possible. Les pommes de terre et l’huile oléagineuse sont françaises », lançait Patrick Llerena, lauréat du prix de la commune, en 2022. Labellisé par deux fois « fabriqué à Allauch », le paquet de chips transparent estampillé du logo du moulin et des collines est connu et apprécié par bon nombre pour son ancrage local et son goût authentique, de l’avis de tous. Une belle histoire de reprise familiale.

    Aujourd’hui c’est l’entreprise et ses neuf salariés qui sont toujours dans l’attente d’un repreneur, deux mois après l’annonce de la liquidation. Selon nos confrères de La Provence, le maire Lionel de Cala se dit prêt « à accompagner la famille en espérant une reprise de l’activité prochaine ».

    Authentique ou chimique

    Comme un mauvais scénario dans une région où l’apéro est un véritable art de vivre, les chips Sibell, fabriquées à Aubagne, avaient elles aussi tiré le rideau en août 2022, après un redressement judiciaire laissant 149 salariés sur le carreau. L’augmentation du prix des matières premières, notamment l’huile de tournesol, avait été évoquée alors pour expliquer la faillite de l’entreprise.

    À la vue des rayons de chips chez les distributeurs, on ne peut que s’interroger. Barbecue, chèvre au piment d’Espelette, poulet braisé ou fromage du Jura : les saveurs prendront-elles le pas sur l’authentique ? Les chips d’Allauch pourront-elles résister à l’attrait des produits ultra-transformés, pourtant régulièrement pointés du doigt par les organismes de santé ?

  • Un distributeur de seringues stériles installé à l’hôpital de Gap

    Un distributeur de seringues stériles installé à l’hôpital de Gap

    Adossé à l’entrée du Centre d’information et de dépistage de l’hôpital de Gap (CeGIDD), se trouve désormais un distributeur-échangeur de seringues usagées. L’usage de l’automate est simple : on dépose une seringue usagée, on récupère un jeton que l’on insère ensuite et un kit contenant deux seringues gratuites est alors délivré. Les jetons peuvent également être obtenus dans les locaux du Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (Caarud), du Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), aux urgences de l’hôpital ou dans les pharmacies partenaires.

    Ce recours direct à un automate permet de faciliter l’accès à du matériel stérile et d’éviter ainsi l’échange ou l’abandon de seringues usagées sur la voie publique. « Ce dispositif peut sembler simple dans sa forme, mais il représente en fait un enjeu de santé publique, de dignité humaine et de responsabilité collective », explique Christel-Aurore Machado, directrice de la délégation départementale de l’Agence régionale de santé (ARS). « Ce n’est ni une incitation, ni une banalisation de l’usage de drogues. Nous savons que l’usage de seringues diminue le risque de contracter des maladies et l’usage de drogues ne s’arrête pas une fois les structures fermées. C’est un dispositif pragmatique, complété par tout un système d’accompagnement. Notre responsabilité est, au-delà des postures idéologiques, d’apporter une réponse efficace, évaluée et humaine, ce qu’est cet automate. »

    On compte aujourd’hui près de 1 500 dispositifs de ce type en France. L’accès à du matériel de soins stérile pour les usagers de drogues est un principe de la politique dite « de réduction des risques », née dans les années 1980, notamment face à l’épidémie de VIH. Une approche qui a fait ses preuves dans la diminution des contaminations et qui est désormais bien intégrée par le ministère de la Santé depuis la loi de 2004 relative à la politique de santé publique.

    Un premier pas vers

    un suivi médico-social

    L’automate permet une distribution 24h/24, lorsque les associations et les pharmacies sont fermées, et évite d’engorger les urgences. Au-delà de ce seul dispositif, l’objectif est de permettre un usage anonyme et autonome, souvent demandé par les usagers, tout en ouvrant la porte à un large éventail de prises en charge. « Il y a des personnes qui n’osent pas venir aux urgences, qui ont peur de perturber ou de se mêler au public, explique Justin Pommerole, du Caarud de Gap. Ça permet un certain anonymat pour celles et ceux qui le souhaitent, mais, en même temps, il y a un autocollant avec l’adresse du Caarud, du CSAPA, où ils peuvent trouver un accompagnement. » Ensuite, la prise en charge proposée est adaptée aux besoins de la personne, du sanitaire au social, comme l’explique Caroline Siard, chef de service du CSAPA 05 : « Une personne peut venir dans un premier temps pour prendre du matériel stérile puis ensuite être accueillie à l’hôpital et être orientée vers des structures qui proposent un suivi social, de l’ouverture de droit à de l’aide à l’accès au logement… La distribution de matériel est un premier point d’accroche. »

  • Le Département met à l’honneur les vins de Cassis

    Le Département met à l’honneur les vins de Cassis

    Les vins de Cassis, ce sont dix domaines familiaux et 220 hectares pour une production annuelle environnant un million de bouteilles. Après avoir célébré le vin à l’occasion des 90 ans de l’appellation, Lisa Genovesi ouvre, ce mardi 19 mai, les portes du domaine familial. Lors de l’échange, le savoir-faire local est mis en avant. « Les vins de Cassis, c’est une communauté d’une nouvelle génération de vignerons soudés », explique Lisa Genovesi.

    La viticultrice définit son vin comme « un produit de terroir gourmand ». Aux côtés des autres domaines, les dix domaines œuvrent à promouvoir un savoir-faire caractéristique de la région. « Terre, mer et vin ont toujours été liés sur ce territoire », raconte-t-elle. Selon Lisa Genovesi et ses collègues, le vin est aussi un « levier de promotion d’une culture provençale ». Les vignerons promeuvent « les danses folkloriques et l’usage de la langue provençale » dans la région.

    Malgré la crise du secteur à l’échelle nationale, Lisa Genovesi affirme : « On s’en sort, on va ni mal, ni bien. Puis chacun sa stratégie, soit on fait avec, soit on s’adapte. » La principale problématique de la région proviendrait des variations climatiques intenses, de la baisse de consommation et de la maladie de la flavescence dorée. Les échanges sont restés assez vagues sur les problématiques propres au territoire, bien qu’Hervé Garnier mentionne certains arrachages qu’il considère comme « un véritable échec ».

    « 136 000 euros alloués

    au secteur »

    Dans un contexte en crise où la consommation a baissé de 3% selon l’élu, il n’est pas question de changer les habitudes. « Afin de conserver l’appellation, on respecte un cahier des charges très strict. On veut garder l’essence de notre produit et on n’a jamais cédé sur l’identité de notre appellation », insiste la viticultrice.

    Une prise de position permise grâce au soutien incontestable du Département. Hervé Granier, déléguée à la viticulture, réaffirme ce lien : « On veut soutenir les viticulteurs. Au total, ce sont 136 000 euros alloués au secteur. »

  • [Procès Félix Bingui] Mohamed H. , un « Pirate » qui la joue profil bas

    [Procès Félix Bingui] Mohamed H. , un « Pirate » qui la joue profil bas

    Casier, parcours professionnel, personnel… À la barre de la 7e chambre du tribunal correctionnel de Marseille, ce mardi 19 mai, deuxième jour de procès du clan Yoda, les co-prévenus défilent, sous le feu des questions de la présidente qui tente d’en savoir plus sur leur profil. Après Félix Bingui, présenté par les enquêteurs comme le chef de la bande la veille, et qui a consciencieusement nié en bloc toute implication dans le narcotrafic, est venu le tour de Mohamed H., dit le « Pirate » présumé bras droit du « Chat », qui aurait été en charge du ravitaillement en cannabis du réseau.

    Il fait plus que profil bas, rendant ses réponses inaudibles malgré les demandes réitérées de la présidente de hausser le ton et de parler dans le micro. À 33 ans, mis en examen pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment d’un délit de trafic de stupéfiant, il comptabilise neuf mentions à un casier judiciaire démarré en 2012, avant de passer en cours d’assises trois ans plus tard. Aujourd’hui au RSA, papa d’un petit de 3 ans qu’il n’a pu reconnaître, il tente de justifier ses allers-retours en Algérie, à Dubaï, en Thaïlande durant le temps de l’enquête, menée de 2021 à 2023.

    Un discours

    de circonstance ?

    S’il a traversé la Méditerranée, c’est en raison de sa séparation avec sa compagne et pour suivre une formation « sur la promotion immobilière. » Mais « cela n’existe pas en France ? Vous vivez de quoi à Oran ? », questionne la présidente, qui s’inquiète de savoir comment il se logeait sur place. « J’avais peu de moyens, mais des économies et puis aussi [le gain de] paris sportifs », lui lance-t-il. De quoi financer aussi des séjours au ski. « Il y a beaucoup de gens qui ont des économies monsieur dans ce dossier, vous avez les justificatifs de ces gains ? » rétorque la présidente, face à un prévenu bien en peine de lui répondre.

    Dubaï, où il a pourtant le titre de résident confirme-t-il, c’était au départ pour un mois de vacances. Avant de trouver un emploi de serveur par le biais d’un ami. Où alors c’est pour y faire des escales, dans le cadre de vacances en Thaïlande. Mais il en est revenu après avoir « réfléchi 6 mois », déplorant le niveau du loyer.

    Confus, dans un chuchotement, il évoque la gestion de magasins, la vente de cigarettes, des activités de taxi, dit miser sur son BEP carrosserie obtenu à l’âge de 18 ans, qu’il n’a pas terminé faute de stage pratique pour l’avenir.

    « En France, je souhaite assumer pleinement mon rôle de père », balance-t-il devant une présidente dubitative. Ses demandes de levée des obligations de contrôle judiciaire, refusées, et de pouvoir retourner dans les Bouches-du-Rhône, c’est pour « mon fils », insiste-t-il. « Ce n’est pas de circonstance ce discours-là ? Cela a beaucoup évolué dans le temps », constate-la présidente. Sur son parcours judiciaire, il se dit influencé. « J’étais mineur, j’ai eu de mauvaises fréquentations, mais j’ai essayé de trouver du travail », avance-t-il.

    Quand le procureur lui demande des précisions sur son rôle éventuel dans une affaire en date de 2010, dans laquelle Félix Bingui a été désigné notamment comme numéro 2 de la bande des Carmes, il réfute avoir été ravitailleur, assurant que ce dernier était son ami du point de vente. Son avocat, Gaëtan Poitevin, en rajoute une couche : « On essaie de vous associer à ce dossier où cette affaire ne serait que la continuité de la bande des Carmes et un trafic généralisé. »

    Et d’insister sur la bonne volonté de son client qui, après une consommation de cannabis importante, ne fume plus. Il faudra attendre les débats sur le fond de l’affaire, prévus pour la fin de semaine prochaine le concernant, pour rentrer dans le vif du sujet…

  • Jardin des Lices : Toulon plante le décor et cultive l’espace public

    Jardin des Lices : Toulon plante le décor et cultive l’espace public

    Pour faire face au changement climatique, à la pollution et à la densification urbaine, les villes doivent aujourd’hui faire le choix de réintroduire la nature dans leurs espaces publics. Autrement dit : davantage de végétation, d’espaces verts et de biodiversité. Une volonté politique salutaire pour l’environnement, la santé et la qualité de vie des habitants, qui anime Toulon avec ses 85 parcs et jardins intra-muros.

    C’est ce qu’en substance est venue rappeler, mardi matin, la maire sans étiquette de Toulon, Josée Massi, lors de l’inauguration de l’agrandissement de 10 000 m2 du jardin des Lices.

    Un espace de partage également, puisqu’entre pinède et massifs méditerranéens, les publics peuvent profiter entre autres de jeux inclusifs – dont un tourniquet accessible en fauteuil ou poussette -, d’agrès sportifs et d’une piste cyclable.

    Pour mémoire, la renaturation des lieux a été rendue possible grâce à la démolition de six bâtiments municipaux vétustes à la place desquels ont été plantés 390 arbres, 3 200 m² de massifs végétalisés et 1 500 m² de prairie.

    À noter également, un parcours d’activité et de découverte de la biodiversité. La première magistrate a d’ailleurs salué les associations engagées dans la démarche : la LPO, Chercheurs en herbe, ainsi que Martinets d’ici et d’ailleurs. Un cheminement initiatique qui ne présente que des vertus, souligne-t-elle, puisqu’« on aime ce qui nous émerveille et on protège ce que l’on aime ».

    Pour une ville

    plus résiliente

    Et de poursuivre : « L’extension des Lices s’inscrit dans une vision plus large, celle d’un arc vert reliant la gare à la porte d’Italie, une continuité écologique qui structure la ville et améliore durablement notre cadre de vie. » Avec ici, « un parc qui ressemble à Toulon, pour tous, vivant, familial, sportif et où chacun trouve sa place ».

    Aux abords, les parkings ont également été désimperméabilisés pour améliorer l’infiltration des eaux pluviales et un éclairage LED à faible impact sur la faune a été installé.

    « Ce parc est un symbole de la ville que nous voulons construire ensemble. Une ville où la nature infiltre harmonieusement l’urbain », insiste Josée Massi.

    Une réalisation qui s’inscrit dans la dynamique par celle du jardin Alexandre 1er, entièrement repensé dans le cadre du quartier Chalucet en 2020, aujourd’hui labellisé Jardin remarquable. Et le parc de la Loubière, créé, lui, sur une ancienne friche industrielle.

    Josée Massi conclut : « Chers Toulonnais, ce parc est le vôtre. Je vous invite à vous l’approprier, à le faire vivre et à le respecter. Et continuons, ensemble, à construire une ville où la nature a toute sa place. »

    Le président du Département, Jean-Louis Masson (LR), reconnaît « qu’il y a eu un tournant dans la société ». « Peut-être qu’il y a quelques années on aurait fait des immeubles or, aujourd’hui, on remet en place des espaces verts », ajoute-t-il.

    Pour le secrétaire général de la préfecture, Lucien Guidicelli, cette inauguration illustre l’ambition de Toulon : « Vous voulez rendre votre ville, Madame le maire, plus agréable à vivre, plus résiliente et plus adaptée aux défis climatiques. Et je crois que tout le monde s’accorde à dire que ce nouvel espace de nature est une réalisation exemplaire par la place accordée au végétal, à la biodiversité, aux mobilités douces, aux sports, ainsi qu’à l’inclusion. »

    De quoi donner envie de venir y flâner et rêver à un monde plus juste, plus vert et plus durable, capable de relever le défi de l’adaptation au changement climatique.

  • [Laëtitia R.] Une famille brisée face à un homme décrit comme violent

    [Laëtitia R.] Une famille brisée face à un homme décrit comme violent

    « Depuis qu’il est incarcéré, j’ai avancé dans ma vie, j’ai des projets, j’attends juste qu’il soit condamné. Je me suis rendu compte que j’allais beaucoup mieux depuis qu’il n’était plus là », a témoigné à la barre le fils de Guillaume B., désormais âgé de 17 ans, au deuxième jour du procès. « C’est quelqu’un de violent et d’impulsif, il avait une emprise sur nous, on pouvait rien dire, rien faire. Dire non face à cet homme, c’est impossible », a-t-il témoigné. « J’entendais des cris, des bruits sourds, des pleurs. Ils faisaient en sorte de pas nous alerter parce qu’ils savaient qu’on pouvait parler. On voyait souvent des marques sur le corps de Laëtitia, des bleus. Au fur et à mesure, ça se dégradait, il était de plus en plus dans le contrôle », a précisé l’adolescent.

    Consciente des accès de violence de celui qui était alors son partenaire, Laëtitia R. refusait de le laisser seul avec ses enfants et tentait de les protéger. Même après avoir eu le courage de prendre son propre appartement pour vivre loin de lui, elle revenait le week-end pour veiller sur eux. « Elle était tellement inquiète qu’elle préférait être présente pour nous protéger, même si pour elle, c’était très compliqué de revenir », a expliqué le fils de Guillaume B. L’accusé avait perdu la garde de ses enfants suite à une enquête sociale, lancée suite à plusieurs signalements, dont l’un en raison de la volonté de son fils de « mourir » dès ses 7 ans. Il refusait les soins à ses enfants, dont l’un polyhandicapé, selon l’enquête sociale, ainsi que selon son ex-femme et mère de deux de ses enfants. Cette dernière a décrit à la barre les chantages au suicide, les menaces au fusil de chasse et au couteau qu’elle a subies même enceinte. Elle a expliqué que leur rupture était notamment due au fait qu’il avait voulu « l’offrir à d’autres hommes ».

    Jonathan, ami de Guillaume B., a raconté la manière dont ce dernier avait insisté pour lui faire une « surprise » lors d’une soirée arrosée et avait forcé Laëtitia R. à lui faire une fellation. « Il était très insistant. J’ai honte. J’étais très gêné. Ni elle, ni moi n’en avaient envie », a-t-il avoué. « Je savais qu’il aimait les filles soumises. Il me montrait des vidéos en live où il demandait à une fille de marquer joyeux anniversaire sur son pubis  », a-t-il témoigné. Également voisin du couple, il a dit avoir augmenté le son de sa télévision lorsqu’il entendait les cris de douleurs de Laëtitia R. « Quand on entend des cris de femme de douleur, on augmente la télé, c’est normal ça ? », l’a questionné la présidente. « Beaucoup de personnes n’ont rien dit et on aurait dû le faire, j’ai honte de ça aussi », a regretté l’homme.

    « Si on peut tirer une leçon de cette affaire, c’est qu’on a tous collectivement tendance à fermer les yeux, à se dire, comme ça a été dit par certains témoins : “ça ne me regarde pas”. Peut-être que ça devrait nous alerter et qu’on se dise tous, la prochaine fois, que ça ne coûte pas grand-chose de passer un petit coup de fil à la police pour être sûr et que ces histoires nous regardent tous parce que, si on ne fait rien, on laisse faire des choses qui sont absolument terribles », a réagi l’avocat de Laëtitia R., à la sortie de l’audience. « Tous les gens qui ont eu le malheur d’être à son contact racontent la même histoire : un homme tyrannique, violent, impulsif, et chacun est venu dire à son tour comment il avait, à un moment ou à un autre, vécu une situation d’emprise dans laquelle il a été enfermé par la violence et les menaces de cet homme », a-t-il conclu.

    Des lésions traumatiques

    Une experte gastro-entérologue saisie par le juge d’instruction a ensuite détaillé les lésions subies par Laëtitia R. « Les anomalies sont marquées pour une femme de son âge. Elle a une incontinence sévère quasi complète », a-t-elle expliqué. Les échographies « éliminent l’impact des accouchements de Laëtitia sur ces lésions » et confirment leur origine traumatique, a avancé la médecin. Répondant aux questions de l’avocat de Laëtitia, l’experte a reconnu des « mutilations » et une « infirmité permanente ».

    La défense a tenu à commander et à lire un rapport établi par un autre médecin gynécologue retraité, n’ayant jamais rencontré Laëtitia, et « contestant formellement » les conclusions de l’experte. Selon lui, il est impossible de faire le lien entre les lésions subies par Laëtitia et un potentiel traumatisme ou des violences sexuelles. « Les causes possibles sont multiples », affirme-t-il dans son rapport lu par la présidente, accusant l’experte de « surinterpréter les symptômes » et de « s’orienter vers la validation du récit de la victime sans recherche d’autre cause ». Cette dernière a maintenu sa version, lançant que « les lésions de l’anus sont exceptionnelles dans la sexualité consentie » et que « cette lésion ne peut pas être d’autre origine que traumatique ».