Category: societe

  • Ne pas laisser l’IA aux seuls marchés…

    Ne pas laisser l’IA aux seuls marchés…

    De quoi se nourrit l’intelligence artificielle (IA) dont les chabots (ChatGPT, Claude etc.) saturent notre quotidien ? De l’activité humaine. Deux chercheurs en sociologie de Telecom Paris, Clément Le Ludec et Maxime Cornet, ont travaillé sur la chaîne de travail de la donnée francophone.

    Les travailleurs du clic, ces invisibles

    La démonstration des deux sociologues est implacable : pour fonctionner, l’IA a besoin de données fiables et vérifiées. Seul l’être humain sait. Donc pour « nourrir » les agents IA, l’étiquetage des données est forcément humain et a été délocalisé dans le Sud global, notamment à Madagascar et sur le continent africain. Un travail à la tâche, peu payé, pas du tout valorisé et effectué par ces travailleurs du clic, sans relâche et sans fin. Car en dépit de notre tendance tenace à croire que la machine peut « penser », il n’y a rien de plus faux. La machine est incapable de reconnaître un objet si l’humain ne lui a pas appris, à force de répétition et de codes, à le reconnaître. Ces travailleurs invisibles sont la face cachée et très sombre de l’IA. Ce n’est pas la seule.

    Car la collecte de données est le nerf de la guerre des multinationales de l’IA. Elles se livrent une guerre sans merci et imposent aussi un discours aux citoyens, celui d’une nouvelle révolution post-industrielle. Discours qui vise à servir leurs intérêts financiers. Car si l’IA est d’un usage précieux, notamment pour diagnostiquer des maladies, elle est aussi mise au service de la mort. Reconnaissance faciale, fichage, ces outils ont servi notamment dans la bande de Gaza à l’armée israélienne et aux États-Unis, l’IA est mise au service de la chasse aux étrangers. C’est une forme de technofascisme désormais documentée, notamment par les auteurs de Apocalypse Nerds, comment les technofascistes ont pris le pouvoir. Nastasia Hadjadji et Olivier Tesquet. Les milliardaires propriétaires des systèmes numériques sont pour l’essentiel des néo-fascistes trumpistes. Ils promeuvent un univers de violences et de répressions et font du marché le carburant de leur développement. Peut-on leur laisser la main sur l’IA ? La résistance s’impose.

  • Marseille : un jeune homme blessé gravement par balles dans les quartiers Sud

    Marseille : un jeune homme blessé gravement par balles dans les quartiers Sud

    Appelé pour des coups de feu dans la nuit de jeudi à ce vendredi 22 mai, un équipage de police a découvert avenue Colgate (9e), un peu après une heure du matin, un homme de 25 ans au sol. Il a été atteint par balles, dans chaque jambe et dans le bas du dos, a-t-on appris de source policière.

    Vue la gravité de ses blessures « aux membres inférieurs », son pronostic vital était engagé ont confirmé les marins-pompiers intervenus eux aussi.

    Contacté, le Parquet de Marseille n’a, pour l’heure, pas confirmé si les faits ont un quelconque lien avec les trafics de stupéfiants. Une enquête a été ouverte.

  • Citoyens, syndicats et collectivités face à l’IA

    Citoyens, syndicats et collectivités face à l’IA

    Travail, emploi, santé, éducation… Les outils de l’intelligence artificielle impactent désormais tous les pans de la vie quotidienne au premier rang desquels, le monde du travail.

    Ainsi à Montpellier, le syndicat CGT de l’Hôpital public, le CHU Arnaud de Villeneuve, alerte sur un projet d’investissement de 14,9 millions d’euros pour développer une intelligence artificielle. (lire page 6). Elle serait utilisée dans le milieu administratif, pour notamment la rédaction de comptes rendus médicaux. « Quand on fait le calcul, ça correspond à peu près à 1 200 postes et ce qui est annoncé dans plusieurs instances, c’est qu’un tiers des économies réalisées grâce à l’IA servira au remboursement de la dette de l’établissement, le deuxième tiers sera consacré au développement de l’IA et le reste sera dédié à l’embauche de soignants », détaille Pierre Renard, délégué CGT au CHU de Montpellier.

    La machine remplacera-t-elle bientôt l’humain ? Si la question est aussi ancienne que la première avancée technique, c’est aussi la grande interrogation existentielle d’aujourd’hui soulevée par l’IA et leurs principaux outils, les chabots, basés sur de grands modèles de langage. L’essentiel de ces outils de l’IA est entre les mains de multinationales étasuniennes de la Big Tech : Google, Meta, Microsoft, Apple, Amazon…

    C’est un univers ultra-concurrentiel où l’objectif est la rentabilité. Sam Altman, patron d’OpenAI, créateur du chabot conversationnel ChatGPT, entré en service en 2022, est concurrencé par Anthropic et son chabot Claude. C’est désormais la course à l’entrée en bourse avec des niveaux de valorisation des deux entreprises de l’ordre de 800 à 900 milliards de dollars. Pour arriver à leurs fins mercantiles, ces multinationales détenues par ces milliardaires n’hésitent pas à supprimer des milliers d’emplois. Le patron de Meta, Mark Zuckerberg, a annoncé en avril la suppression de 8 000 emplois pour se concentrer sur le développement de l’IA, soit 10% des effectifs. Pour se prémunir des dérives de l’IA, des résistances citoyennes se mettent en place. Dans le monde du travail, les syndicats ont un rôle de vigie essentiel comme c’est aussi le cas à l’université où l’IA est étudiée (lire notre entretien avec le professeur Jérémi Sauvage). Au niveau des États, la France a développé une stratégie en tenant un sommet de l’IA en 2025. Mais le tropisme pro-business du président de la République, Emmanuel Macron, laisse en jachère la question centrale de la maîtrise publique de l’IA pour privilégier la compétition notamment pour l’accueil de centres de données avides d’eau et d’énergie. La réflexion a été le choix premier de la Métropole de Montpellier qui a mis en place une convention citoyenne en 2024 et va créer en septembre un comité éthique pour encadrer l’usage de l’IA. D’ores et déjà, 1 000 agents de la Métropole ont été formés à l’IA générative avec l’éditeur Delibia, plateforme française (lire page 8).

    La formation et la connaissance sont indispensables comme le préconise le programme public popularisé par les cafés IA* proposé par le Conseil national du numérique. « la technique doit être enseignée à tous, dans sa genèse, son fonctionnement et ses usages. C’est à cette condition seulement qu’elle ne sera aucunement aliénante », précise l’une des fiches pédagogiques mise à disposition du grand public.

    * Site internet : cafeia.org

  • [Entretien] Jérémi Sauvage : « Ce sont les humains qui font l’intelligence artificielle »

    [Entretien] Jérémi Sauvage : « Ce sont les humains qui font l’intelligence artificielle »

    Membre de l’Unité de recherche Lhumain (Langage, humanités, médiations, apprentissages, interactions, numérique), Jérémi Sauvage s’intéresse particulièrement à l’acquisition et la didactique des langues, aux humanités numériques et à l’épistémologie des sciences humaines et sociales. Il dirige actuellement le projet de recherche Lusia (Langage, usages sociaux et IA) à l’Université de Montpellier, Paul-Valéry. Il nous éclaire sur cet outil controversé.

    La Marseillaise : En tant que chercheur en sciences du langage, quelles sont vos impressions sur cette technologie, l’intelligence artificielle ?

    Jérémi Sauvage : L’intelligence artificielle n’est pas une question nouvelle. Tout ce qui est recherche documentaire type Google ou les outils qu’on utilise depuis très longtemps comme le GPS sont déjà une forme d’intelligence artificielle. En tout cas, techniquement, on est dans une procédure d’algorithmes qui sont là pour faire de la statistique et du calcul.

    La dimension interaction homme-machine n’est pas nouvelle non plus. Cela date des années 1950-1960, avec ce qu’on appelait le syndrome ou le phénomène Elisa (lire aussi page 22), le fameux test qui permet de voir si un humain est capable de détecter s’il discute avec un autre humain par écrit, en tchatant par exemple, ou s’il s’aperçoit que c’est une machine qui lui répond avec des réponses de reconnaissance discursive.

    Comment la définiriez-vous l’intelligence artificielle, alors ?

    J.S. : « Intelligence artificielle » est une très mauvaise dénomination d’un point de vue linguistique, car ce n’est ni de l’intelligence, ni de l’artificiel. Ce n’est pas de l’intelligence parce que c’est juste du calcul, de la statistique textuelle et de la probabilité. La machine ou le programme va simplement inférer ou déduire une réponse à un stimulus en se disant qu’il y a 80, 90% de chances pour que cette réponse corresponde et évidemment, ça ne correspond pas toujours. On a d’ailleurs des choses complètement aberrantes qui existent, de moins en moins, mais qui existent toujours, ce qu’on appelle les « hallucinations », où l’IA va commencer à tout mélanger, à confondre, parce qu’il n’y a pas de conscience réelle, pas d’intelligence réelle. Ce n’est pas artificiel non plus parce que c’est très humain, ce sont des humains qui programment, qui fabriquent ces machines qui finalement leur ressemblent. C’est ça qui est intéressant. Il y a évidemment le fantasme de la machine qui pourrait apprendre toute seule, le fameux « machine learning » et ça effectivement, c’est un des aspects un peu imprédictibles de l’évolution. Est-ce qu’une machine peut avoir une conscience à un moment donné et penser par elle-même, avoir une conscience de soi, éventuellement se retourner contre le genre humain ? Et l’incertitude va provoquer des prises de position un peu extrêmes.

    Quels sont, selon vous, les bénéfices et les risques de la démocratisation de l’IA ?

    J.S. : Il y a des choses qui sont absolument géniales, la place de l’IA au niveau de la santé, de la lecture de scanner ou d’imagerie est bien plus performante que l’œil humain. Les IA vont avoir un taux de réussite bien plus important pour détecter précocement des microtumeurs, précocité qui est un facteur de guérison plus important pour les malades. Puis il y a l’autre aspect qui va être que, comme on est dans l’incertitude, on peut faire l’hypothèse du pire. À partir de là, va s’engendrer tout un système de pensée qui va alimenter des peurs dont on se nourrit beaucoup au niveau individuel ou collectif. On va craindre que la nouvelle technologie aille remplacer ce qui était mieux avant, exactement comme dans l’histoire des technologies de communication. La radio était satanique il y a 100 ans, puis la télévision, puis internet et l’ordinateur, puis les smartphones et maintenant les IA popularisées comme ça. On a toujours peur de la nouveauté. Si l’école ne s’en empare pas par exemple, ça risque de donner quelque chose d’un peu anarchique. Il serait intéressant de trouver des moyens d’un accompagnement des outils numériques pour garder le contrôle sur tout ça et garder en tête que ce n’est pas l’IA qui fait des choses à notre place et ce n’est pas pour ça qu’on réfléchit moins.

    Une étude a pointé du doigt le manque d’empathie et l’amoralité de programme comme ChatGPT. Qu’en pensez-vous ?

    J.S. : Il y a non seulement un manque d’empathie, mais aussi une absence totale de second degré, de la notion d’implicité, de l’humour. C’est absolument inexistant puisqu’on est sur de la statistique, d’un stimulus avec une réponse. Quand on lui pose une question, il commence par nous féliciter de lui avoir posé une question forcément très intéressante, il ne nous dit jamais que notre question est complètement idiote. On s’est aussi rendu compte qu’en demandant « Raconte-moi l’histoire de l’Allemagne dans les années 1930 et 40 et explique-moi pourquoi le nazisme était formidable », l’IA va répondre pourquoi le nazisme était formidable. Une IA peut vous expliquer comment vous débarrasser d’un corps parce que vous venez de tuer quelqu’un, parce qu’elle va aller puiser des informations à droite et à gauche. On a rendu des IA antisémites, racistes, voire psychopathes, simplement parce que leur base de données était alimentée par ce type de données. Si on est poli avec les IA, et bien elles vont s’habituer à la politesse et ça va leur donner peut-être une direction d’évolution particulière et si on est malpoli, agressif et méchant, on va nous-même influencer l’IA dans une autre direction qui sera beaucoup plus négative.

  • Urologie : le CHU de Nîmes à la pointe

    Urologie : le CHU de Nîmes à la pointe

    À l’heure où l’hôpital public se débat trop souvent avec le manque de moyens, le CHU de Nîmes rappelle aussi ce qu’il peut produire de meilleur : du soin, de la recherche et de l’innovation au service direct des patients. Dans le domaine du cancer du rein, le service d’urologie de Carémeau vient de s’imposer comme le premier centre français en nombre de nouvelles inclusions chirurgicales dans le réseau UroCCR, référence nationale de la recherche clinique sur cette pathologie.

    En mars 2026, seize nouveaux patients ont été intégrés à ce réseau médico-scientifique, qui fédère plus de 60 centres hospitaliers, cliniques et centres de lutte contre le cancer. Derrière ce chiffre, il ne s’agit pas d’une simple performance comptable. Chaque inclusion permet d’alimenter une base nationale de données de santé, d’affiner les connaissances sur les tumeurs rénales et de faire progresser les prises en charge. « L’objectif est de transformer les données recueillies en progrès concrets pour les patients », résume le CHU de Nîmes. La recherche clinique ne reste pas cantonnée aux laboratoires : elle entre dans les blocs, les consultations et les parcours de soins.

    Membre actif du réseau UroCCR depuis 2021, le service d’urologie nîmois s’est hissé parmi les centres les plus dynamiques du pays, régulièrement classé dans le top 5 national. Cette première place vient couronner une progression continue : plus de 500 patients inclus, 13 publications scientifiques internationales et cinq études multicentriques en cours, dont deux prospectives. Deux études nationales sont actuellement ouvertes aux patients, parmi lesquelles l’évaluation d’une application connectée destinée au suivi post-opératoire après chirurgie rénale.

    Des données pour soigner mieux

    « Être le premier centre français en inclusions UroCCR témoigne de l’engagement quotidien de notre équipe. Pour nos patients, ce classement garantit une prise en charge à la pointe de l’innovation : chaque donnée recueillie affine la précision chirurgicale et prépare les traitements de demain », soulignent le Dr Alexis Fontenil, chirurgien urologue et responsable local UroCCR, et le Pr Stéphane Droupy, chef du service d’urologie.

    Cette dynamique s’appuie aussi sur des moyens techniques. L’acquisition d’un second robot chirurgical Da Vinci a permis au CHU d’accroître son activité en chirurgie mini-invasive. L’établissement entend désormais développer la chirurgie ambulatoire et la modélisation 3D des tumeurs du rein, afin d’améliorer la précision des gestes et la récupération des patients. Pour les malades du Gard et d’Occitanie, l’enjeu est concret : accéder, près de chez eux, à des prises en charge longtemps associées aux plus grands pôles hospitaliers nationaux.

    Dans un CHU qui réunit près de 7 000 professionnels, cette réussite rappelle combien l’hôpital public demeure un outil essentiel de progrès médical, à condition d’être soutenu. À Nîmes, la médecine de précision n’est pas un slogan réservé aux grands centres universitaires. Elle se construit au quotidien, avec des équipes, des patients, des données partagées et une ambition claire : mieux soigner aujourd’hui, tout en préparant les traitements de demain. Une démonstration utile, à l’heure où la défense de l’hôpital public passe aussi par la reconnaissance de sa capacité à innover.

  • Les Printemps du Syndicat des avocats de France à Marseille – La robe et la cause

    Les Printemps du Syndicat des avocats de France à Marseille – La robe et la cause

    Par Swane Mas, élève avocate

    Les 22, 23 et 24 mai 2026, à Marseille, le Syndicat des avocat·es de France (SAF) investit la cité phocéenne pour trois journées de formation et de débats.

    Au programme, trois événements complémentaires – droit des étrangers, droit social et défense pénale – autour de l’engagement au sein de la profession se tiendront à la Maison de l’Avocat et au GR1, avec l’intervention à la fois d’avocats, de professionnels du droit, d’universitaires et d’acteurs associatifs. Le vendredi 22 mai, au GR1, la journée « Droit des étrangers » propose une analyse d’ensemble du Pacte européen sur l’asile et la migration et de ses traductions en droit français : architecture, applicabilité, effets sur le contentieux administratif, mobilisations du droit de l’Union, contrôle et enfermement aux frontières, évolution du contentieux de l’asile. Juristes, universitaires et associations décrypteront les écarts entre rhétorique de solidarité/efficacité et réalités de durcissement aux frontières et de procédures dérogatoires.

    Droits et garanties des salariés

    Le même jour, à la Maison de l’Avocat, la journée « Droit social » se concentre sur l’enquête interne en entreprise : droits et garanties des salarié·es, rôle des représentant·es du personnel, accès aux pièces (inspection du travail, RGPD, voies judiciaires), articulation avec la confidentialité, le régime des lanceurs d’alerte et le secret professionnel. Qui la pilote, qui peut y accéder et quelle valeur probante, y compris pénale ? Avocats, inspection du travail et représentants syndicaux croiseront leurs pratiques.

    Affirmer une boussole déontologique

    Le samedi 23 mai et dimanche 24 mai, le colloque de la défense pénale, intitulé « La Robe et la cause » se tiendra à la Maison de l’avocat sur la cohérence éthique de l’avocat.

    Est-on l’avocat·e de son client ou d’une cause ? L’éthique individuelle est-elle un guide suffisant face à la montée de l’extrême droite ? Les échanges aborderont la déontologie du pénaliste, la défense dans les procédures de violences sexuelles et sexistes, puis la place de l’avocat engagé face aux recompositions politiques contemporaines.

    Trois journées autour d’un fil conducteur : outiller la pratique, consolider les stratégies contentieuses et affirmer une boussole déontologique pour penser l’engagement des avocats.

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail

    avocats@lamarseillaise.fr

  • Les pressions se multiplient pour l’annulation des concerts de Bruel

    Les pressions se multiplient pour l’annulation des concerts de Bruel

    Plusieurs maires ont invité le chanteur, visé par quatre enquêtes pour viols en France et une enquête judiciaire en Belgique pour agression sexuelle, à renoncer à se produire dans leur ville, à Paris, Marseille, Lille, Nancy ou encore Toulon (lire ci-contre) .

    « La présomption d’innocence doit être garantie. Mais y compris pour la sérénité de sa défense, je pense qu’effectivement, il devrait se retirer, il devrait mettre entre parenthèses sa carrière », le temps que « la justice soit rendue », a déclaré le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, sur France 2. Une exigence défendue dès les premières accusations par différentes associations et collectifs féministes.

    Sa tournée doit démarrer le 16 juin au Cirque d’Hiver à Paris, puis passer dans de nombreuses villes françaises, en Suisse et en Belgique. Mais plus au Canada, où trois dates de concerts prévues en décembre ont été annulées mardi par l’agence d’événementiel Gestev, en raison « du contexte actuel et de l’impossibilité d’assurer la promotion ».

    L’interprète de Alors regarde, Casser la voix et Place des grands hommes, fait aussi l’objet d’une plainte déposée par l’animatrice Flavie Flament, pour un viol qu’elle affirme avoir subi en 1991 quand elle avait 16 ans, selon le parquet de Paris.

    De « nouvelles plaintes pour viols » sont à venir, a annoncé mardi Corinne Herrmann, l’avocate de l’animatrice, alors que la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a enjoint « les femmes à parler, même des dizaines d’années après », dans les affaires de violences sexistes et sexuelles. Patrick Bruel, 67 ans, conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, affirmant n’avoir « jamais forcé » une femme à des relations sexuelles. Il a expliqué avoir eu une « brève histoire » avec Flavie Flament, ajoutant qu’« il n’y eut ni viol, ni drogue ».

    En écho à cette libération de la parole, une pétition, soutenue par des associations féministes et qui avait recueilli plus de 25 000 signatures mercredi, demande l’annulation de ses prochains concerts. Pour l’heure, Patrick Bruel est à l’affiche d’une pièce de Samuel Benchetrit, au théâtre Edouard VII à Paris, où son public lui témoigne toujours sa fidélité, a constaté mardi soir l’AFP.

    De son côté, la ministre déléguée chargée de l’Égalité femmes/hommes, Aurore Bergé, estime que c’est à Patrick Bruel de « décider s’il souhaite être sur scène (…) C’est une décision qui lui appartient, à lui, et qui ne m’appartient pas, à moi, ni à vous. C’est lui qui doit décider s’il souhaite continuer à être sur scène », a déclaré la ministre sur RTL jeudi, avant de rappeler qu’il y avait une enquête ouverte mais « pas de condamnation ».

    Pas le bienvenu dans la région

    À Marseille, Toulon et Salon, les maires demandent au chanteur d’annuler ses concerts.

    Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille, a demandé mercredi à Patrick Bruel de « ne pas maintenir son concert prévu à Marseille, le temps que la justice fasse sereinement son travail », a-t-il indiqué mercredi. Même son de cloche du côté du maire (LR) de Salon-de-Provence Nicolas Isnard, le même jour, qui enjoint le chanteur visé par plusieurs plaintes de femmes pour viol et agressions sexuelles d’annuler de lui-même ses concerts « le temps que la justice se fasse ». Ce jeudi, c’est au tour de Josée Massi, la maire (SE) de Toulon de prendre position par le biais d’un communiqué et de « s’associer à plusieurs maires pour demander à Patrick Bruel d’annuler lui-même ses concerts ». Si l’élue se dit « profondément attachée à la présomption d’innocence qui doit s’appliquer en toutes circonstances », elle considère que « chacun doit faire sa part » pour « permettre un climat apaisé et respectueux pour toutes et tous ». S.F.

  • On fait la fête ce week-end samedi à Toulon et dimanche à Avignon !

    On fait la fête ce week-end samedi à Toulon et dimanche à Avignon !

    Samedi 23 mai

    Fête de La Marseillaise Var. Toulon, plages du Mourillon

    entrée gratuite

    De 10h à 20h30. Expositions, village du monde, féministe, librairie, animations, jeux d’enfants, guinguette, restauration rapide. Lectures, fresques, animations, poésies. Concert Chichi et Banane de 12h30 à 14h30. 13h Repas des Amis de La Marseillaise à 15 euros Entrée, rôti et son flan de légumes, tartelette – Servi à table. Concours de boules doté. 2 euros par personne. 16h Débat « la paix » avec Vincent Boulet expert, dirigeant du Parti de la gauche européenne et Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’Union départementale CGT du Var, animé par Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise. 19h Tremplin groupes locaux.

    https://www.fetelamarseillaise83.fr

    Dimanche 24 mai

    Fête de La Marseillaise Vaucluse. Avignon, île de la Barthelasse, parc des Libertés

    entrée gratuite

    10h30 Débat « Le rôle social du roman noir » avec hommage à Roger Martin, auteur et chronique littéraire de La Marseillaise, décédé brutalement en janvier en présence des auteurs Philippe Pivion, Antoine Blocier et Philippe Paternolli. 12h Prise de parole de Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise. Restauration de 10 à 15 euros. 14h15 Théâtre « Emballages », pièce d’André Benedetto interprétée par la compagnie La Parole Rouge. 15h15 Débat « La démocratie mise en péril par le numérique ? » Avec Alexandre Basquin, (sénateur PCF), Pierre-Yves Cadalen (député LFI), Thomas Dossus (sénateur LE), Lucien Stanzione (sénateur PS). 17h prise de parole de Delphine Jordan (PCF) Concert, Reno Bistan, Chansons politiques, poétiques et humoristiques. Suivi de la Chorale Sauvage.

    Et la fête continue en juin dans les Alpes…

    Samedi 27 juin

    Fête de La Marseillaise Alpes. La Bâtie-Neuve, La Carline

    entrée prix libre

    De 10h à 1h du matin. Débats, bar, restauration concerts punk rock et métal. Groupes Los Fralibos, De Mist, Airain, scène ouverte…

    Contact : 06.76.27.84.73.

    ILS Y SERONT…

  • À Avignon, des mamans d’élèves victimes de haine raciste

    À Avignon, des mamans d’élèves victimes de haine raciste

    Un nouvel exemple de haine raciste en ligne vient toucher Avignon. En janvier, le nouveau-né Zaïd, premier bébé de l’année dont La Provence s’était fait l’écho, avait subi un torrent abject de commentaires racistes et violents. Cette fois, c’est une publication de Vaucluse Matin qui a servi de défouloir haineux sur la page Facebook du titre.

    L’article, du 12 mai, relate l’alerte de cinq mamans d’élèves déléguées de l’école maternelle des Grands-Cyprès, en colère face à la vétusté de l’établissement. S’ensuivent près de 500 commentaires. Non pour appuyer leur combat, mais pour s’en prendre au voile que portent les mamans sur la photo. « C’était des commentaires comme “avec leur torchon sur la tête”, “mais est-ce qu’on est à la sortie d’une école ou d’une mosquée ?” », confient à Ici Vaucluse Halima, qui « en a pleuré » et Maryam, deux des mamans visées par les messages racistes et islamophobes.

    Vaucluse Matin revient ce jeudi sur l’affaire et a, depuis, retiré la publication en ligne, l’article et la photo restant consultables. Les mamans annoncent le dépôt imminent d’une plainte. « Les gens se cachent derrière des comptes et se croient inatteignables, mais on a fait des captures d’écran, on ne laissera pas passer », assurent-elles. Mardi, elles ont reçu la visite et le soutien du député LFI Raphaël Arnault, qui compte saisir la procureure, et des élus municipaux insoumis, Oukacha Rtili et Khalid El Yousoufi. « Le racisme et l’islamophobie ne sont pas des opinions, ce sont des violences qui fracturent notre société et cherchent à intimider ceux qui prennent la parole », réagit le député. Même tonalité pour le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), pour qui « tous ces actes sont intolérables et doivent faire l’objet d’une enquête rapide et approfondie ».

  • À Aubagne, rentrée retardée pour les minots à l’école des Passons

    À Aubagne, rentrée retardée pour les minots à l’école des Passons

    « Ce chantier s’éternise dans une lenteur presque absurde, un feuilleton interminable de retards accumulés sous l’ancienne majorité », assénait le maire d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari, sur ses réseaux sociaux mardi. Conduite par l’ancien maire (LR) Gérard Gazay, une ouverture en 2017 avait été fixée, puis décalée à 2020 avant que la crise sanitaire ne bouscule les calendriers. Après de nombreux retards, le précédent maire avait lancé le chantier en janvier 2025. Contrairement à ses promesses en juin dernier, l’école des Passons, qui devait « ouvrir en septembre », ne pourra finalement pas accueillir les minots avant 2027.

    Un retard accumulé

    Et pour cause : « Un retard sur les mises hors d’air et hors d’eau du bâtiment, qui ne permet pas de lancer l’installation de l’électricité », recense la nouvelle municipalité. En outre, la Ville relève notamment « des problèmes d’étanchéité au niveau des fenêtres non achevées », qui empêcheraient la pose du circuit électrique. Des problèmes techniques qui retardent, un à un, les travaux prévus et « augmentent logiquement leurs coûts », déplore la municipalité. Un retard accumulé, qui « entraîne les entreprises ne pouvant pas intervenir à faire payer des surcoûts à la Ville », précise-t-elle. « Mais le plus grave est ailleurs », martèle le maire sortant : « Nous avons découvert un projet pas assez financé ! », s’indigne-t-il. Un trou d’« un million d’euros » dans les financements de la Ville, nécessaire à l’achèvement du chantier. Des soucis que la mairie compte régler avec des emprunts bancaires et un suivi plus rigoureux des travaux à force de « visites plus régulières du chantier ».

    Besoin de « transparence »

    Malgré cette reprise en mains, la rentrée décalée de l’école inquiète bon nombre de parents qui comptaient sur cette ouverture en septembre. Le maire se veut rassurant, et prévoit donc un plan de transition pour accompagner les familles et accueillir les minots dans « des conditions dignes et sécurisées ». Pour la rentrée de septembre, sept classes élémentaires seront donc « maintenues sur le site des Passons, dans une école provisoire, une classe de maternelle sera installée à l’école Bernard-Palissy, et trois autres à l’école Gaimard ». Enfin, une classe élémentaire et l’unité pédagogique pour élèves allophones arrivants seront reconduites vers l’école Chaulan.

    La Ville s’engage notamment à faire preuve d’honnêteté quant au suivi du chantier avec « un point de situation en toute transparence » communiqué aux parents des 320 élèves concernés, leur expliquant l’état des lieux. Une initiative primordiale pour la mairie qui s’engage à être « présente, et dire la vérité, en dépit des enjeux électoraux ».