Category: societe

  • Plus d’habitats ou de connectivité ? Vers la fin d’une controverse en écologie

    Plus d’habitats ou de connectivité ? Vers la fin d’une controverse en écologie

    Folsomia candida aime vivre au milieu des feuilles d’arbres en décomposition. Et pour cause, ce petit arthropode se nourrit des champignons qui y poussent. À l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (Marseille), Cécile Albert en a placés dans des petits récipients avec tout ce qu’il leur faut. Avec sa doctorante, la chercheuse CNRS voulait observer s’ils parvenaient à atteindre d’autres petites poches d’habitat favorable à quelques centimètres. Mais pour cela, il leur fallait arpenter un milieu plus ou moins hostile : du tissu bien lisse où il est facile de se déplacer, de la toile de cerf-volant avec de l’électricité statique ou encore de la feutrine avec des fibres dans tous les sens. « L’accessibilité des habitats favorables -qui dépend de la distance à parcourir et de la perméabilité du milieu- est un facteur clé de la survie des populations », résume la chercheuse, dernière autrice d’un article paru dans Ecography.

    L’étude s’inscrit dans le projet européen Scaled qui vise à clore une controverse en écologie sur l’impact de la fragmentation des habitats sur la biodiversité. « Deux camps s’affrontent », assure Cécile Albert. Pour favoriser la biodiversité, certains pensent que seule la quantité d’habitats naturels compte, qu’il faut en restaurer et ne pas en perdre. D’autres pensent que les pertes en quantité peuvent être compensées en connectant mieux les habitats fragmentés qui subsistent.

    Visions différentes

    « Nos résultats indiquent que les deux importent », souligne Cécile Albert. Car si l’expérience en laboratoire montre que l’accessibilité des habitats favorise la survie des populations, une autre expérience à plus grande échelle a montré autre chose. Il s’agissait d’observer des araignées et autres scarabées dans la plaine de la Crau (Bouches-du-Rhône). L’arrangement spatial de l’habitat n’a eu aucun effet. « Mais la quantité jouait un rôle important », pointe la chercheuse. Une dernière partie du projet sur l’écureuil roux tend à montrer qu’il existe probablement une interaction entre quantité d’habitats et fragmentation. Les résultats sont en cours d’analyse.

    « La vraie question ne serait donc pas de savoir ce qui est le plus important mais dans quelles conditions favoriser l’un ou l’autre », résume la chercheuse pour qui la controverse viendrait du point de départ et de la vision de chacun des camps. « Ceux qui donnent de l’importance à la connectivité ont une approche théorique qui se focalise sur les flux d’individus entre habitats, pointe-t-elle. Ceux qui pensent avant tout à la quantité d’habitats viennent de l’écologie des paysages et ont une approche plus empirique. La notion d’accessibilité des habitats pourrait faire le pont entre les deux points de vue. » Le projet Scaled prend fin cette année. Et peut-être avec lui une controverse qui dure depuis les années 1970.

  • [La recette du Vieux-Port] Ceviche de Sar

    [La recette du Vieux-Port] Ceviche de Sar

    Cette semaine, c’est un plat estival de poisson cru qui est sur la table. Le sar extra-frais, présent sur le Vieux-Port, a donné l’idée à Nino et Anna de proposer cette recette de Nouvelle-Zélande. « Après avoir découpé le poisson en filet, il suffit de le faire mariner une bonne heure, dans du lait de coco, avec des feuilles de citron kaffir, de la coriandre fraîche, un peu de jus de citron vert, et une pincée de piment oiseau ou de Cayenne », détaille Nino. Noailles est une véritable caverne d’Ali Baba pour les autres ingrédients. Un peu de sauce poisson façon Vietnamienne et c’est tout bon !

  • La barre de céréales « diététique » façon Portos

    La barre de céréales « diététique » façon Portos

    Au bout d’un labyrinthe souterrain dans les sous-sols de la Villa M, avoisinant le célèbre parc Borély, des petites mains s’activent en cuisine pour donner « un petit plaisir » aux futurs participants de la première édition de la Villa M Run Santé.

    À la tête de la petite brigade, Michel Portos, cuisinier aux deux étoiles Michelin sur le torse, enchaîne les plaques confectionnées pour l’occasion. En quelques heures seulement, le chef marseillais a réalisé près de 600 barres de céréales dites « diététiques ». « C’est une barre maison, avec des produits sains, voire bio pour l’essentiel », indique le cofondateur et associé du restaurant bistronomique Les Jardins du Cloître, dans le 13e arrondissement. « L’idée est de partir sur une recette très simple que tout un chacun peut réaliser chez soi. Si on commence à faire quelque chose de très technique, les gens vont nous dire “c’est super, mais comment le refaire ?” », raconte-t-il, en insistant sur le fait que le but de la cuisine est de « partager une recette ».

    Pour cette préparation de barres de céréales, il n’y a pas besoin d’être un as des fourneaux pour la réaliser : du miel, du beurre de cacahuètes, que l’on vient mélanger avec des flocons d’avoine, des cranberries, des raisins secs, des abricots, du chocolat et des graines de lin. « On fait d’abord chauffer le miel avec le beurre de cacahuètes. On verse ça sur la préparation, on mélange, puis on met ça sur une plaque au four, agrémenté de quelques pépites de chocolats. Enfin, on cuit ça au four 20 minutes à 170 degrés. Et le tour est joué. Il n’y a ni conservateurs, ni colorants, ça ne peut pas être plus sain. C’est le meilleur moyen pour se ravitailler après la course », souligne Michel Portos, conscient qu’une barre de céréales va pouvoir compenser l’énergie que l’on a dépensée lors d’un effort physique. Le sucre naturel, notamment apporté par le miel, permet de reconstituer notre réserve de glycogène (partie du corps qui stocke le sucre nécessaire à l’organisme).

    En moins d’une heure chrono

    Mais attention : trop de sucre tue le sucre, surtout dans les produits industriels. « J’en ai mangé comme tout le monde, mais il y a quatre fois plus de sucre dans ces barres que dans celles que je viens de faire », indique le chef cuisinier soucieux depuis près de 20 ans de cuisiner des plats « sans beurre et sans crème ». « Il n’y a rien de dingue, mais faut s’y atteler un peu », prévient le chef Portos, qui estime entre 30 et 45 minutes la confection de ses barres de céréales.

    Ces dernières peuvent tenir 48 à 72 heures, avant qu’elles ne perdent en croustillant et en texture. « Si le gars court tous les dimanches, il faut qu’il fasse ça le samedi. Ça lui prend moins d’une heure de temps et il a une barre énergétique prête à emploi », ajoute le Marseillais, qui conseille de laisser d’abord reposer la plaque au réfrigérateur avant de couper la préparation en barres. Ainsi, Michel Portos prouve que l’on peut associer la gourmandise à la bonne santé.

  • [Travailleur de demain] Lola Brochot, ou l’art du carrelage

    [Travailleur de demain] Lola Brochot, ou l’art du carrelage

    Multiplier les cordes de son arc pour assurer la pérennité de sa future entreprise. C’est la stratégie que Lola Brochot, 22 ans, a choisi de suivre. Et la jeune fille a visiblement été inspirée car c’est à son tempérament prudent qu’elle doit la découverte de sa « véritable voie ». Héritière d’un certain goût pour le manuel, avec une marraine carreleuse, un oncle menuisier et un beau-père maçon, Lola l’a su « dès la 6e », elle est faite pour travailler avec ses mains. C’est suivant cette première intuition qu’elle s’engage, en arrivant au lycée, en bac pro menuiserie. Elle poursuit cette voie après le secondaire, d’abord avec un CAP menuiserie, puis un second, en ébénisterie à la Chambre des métiers d’Avignon. Alors âgée de 19 ans, elle sait ce qu’elle vise : créer sa propre enseigne. « Je n’aime pas vraiment recevoir des ordres et j’ai beaucoup de mal quand je dois travailler avec des gens que je juge pas assez organisés, martèle-t-elle. Je veux que s’il y a quelque chose dans ma journée qui ne va pas, si le travail n’avance pas , je ne puisse m’en prendre qu’à moi-même. » Et d’ajouter : « Bon et c’est vrai qu’au niveau financier, c’est plus intéressant ! ». Mais Lola sent qu’il lui manque un peu d’expérience. « Je me suis dit que c’était bien d’engranger encore quelques compétences, retrace-t-elle. Donc je suis partie en CAP carrelage, je me disais qu’au pire, ce n’était qu’un an. Et finalement, ça m’a énormément plu ! ». De quoi se lancer dans un brevet professionnel (BP), dont elle s’apprête à valider la première année, en parallèle de son alternance chez E.M carrelage, à Ménerbes (84), dans l’entreprise de… sa marraine.

    Sociable et créative

    Ce qui lui plaît dans son travail : réussir à mener jusqu’au bout un projet porteur de sa propre esthétique. « C’est de l’art, en soi ! », s’émerveille la jeune fille. « On fait des trucs tellement magnifiques. C’est différent de la menuiserie, c’est un travail vraiment précis », poursuit-elle, enthousiaste. Au quotidien, elle travaille avec des architectes, « ce qui est chouette car ils portent souvent de beaux projets mais ils n’ont pas toujours conscience de la faisabilité pratique », note-t-elle. Mais aussi directement avec les clients. « Je crois que c’est ce que je préfère, car j’aime bien avoir un lien direct avec les personnes. D’autant que les gens sont souvent très contents de ce qu’on fait, ils adorent notre travail et c’est toujours bien d’entendre leur retour », détaille-t-elle.

    Sa fibre créative, Lola l’exprime au travail donc, mais aussi et surtout à son Centre de formation d’apprentis (CFA), où ses professeurs lui laissent beaucoup de liberté. « Avec l’autre fille de ma formation – tous les autres sont des garçons –, on est vraiment très motivées et mon prof l’a vu, donc il nous laisse faire un peu ce qu’on veut », se réjouit-elle. « La dernière fois, on s’amusait, on a fait le Mont Ventoux en carrelage, se souvient-elle. Là, il nous a demandé de reproduire sa voiture, c’est vraiment de l’art ! » Encore un an d’alternance et Lola devrait se jeter à l’eau, avec sa propre activité de carrelage-menuiserie.

  • [Kallisté] Un parfum de Bonifacio dans votre cuisine

    [Kallisté] Un parfum de Bonifacio dans votre cuisine

    Certains d’entre vous auront peut-être bientôt la chance de découvrir ou retrouver la Corse, ses terrasses ensoleillées, ses paysages entre mer et montagne et ses saveurs estivales : qu’ils n’hésitent pas, au détour d’un restaurant, à goûter cette spécialité emblématique du sud de l’île. Pour les autres, rien n’empêche de faire entrer un peu de Corse à la maison avec une recette simple, généreuse et pleine de soleil : les aubergines à la bonifacienne.

    Venue de l’extrême sud de l’île, cette spécialité typique de Bonifacio raconte à elle seule une certaine idée de la cuisine corse : une cuisine familiale, sincère, profondément méditerranéenne, qui sait transformer des ingrédients simples en plats savoureux. À l’image de nombreuses recettes insulaires, elle puise dans ce que la terre offre de meilleur à la belle saison et dans ce savoir-faire transmis de génération en génération, où chaque famille apporte sa petite touche.

    Une recette facile à faire et ensoleillée

    Pour 4 personnes, comptez 4 aubergines, 100 g de mie de pain, 100 à 150 g de fromage râpé ou de tome corse, 2 gousses d’ail, un bouquet de persil, quelques cuillères de sauce tomate, un filet d’huile d’olive, du sel et du poivre. Le principe est simple : on coupe les aubergines en deux, on récupère leur chair après l’avoir attendrie, puis on la mélange à la mie de pain, à l’ail, au persil et au fromage avant de regarnir les coques, d’ajouter un peu de sauce tomate et de laisser gratiner doucement au four entre 25 et 30 minutes à 180 degrés jusqu’à obtenir un plat fondant, parfumé et résolument ensoleillé.

    Alors, que ce soit sur une terrasse bonifacienne face à la mer ou simplement autour de votre table, cette recette a tout pour rappeler que les plus beaux voyages commencent parfois dans l’assiette

    À tavula !

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Les origines de la grève de 1947

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Les origines de la grève de 1947

    Le lendemain, un communiqué du bureau confédéral protesta contre les hausses abusives dont le gouvernement portait l’entière responsabilité. La confédération demandait la révision totale des arrêtés illégaux, l’application des accords CGT-patronat. Cette affirmation s’accompagnait de dures dénonciations du gouvernement et du Parti socialiste.

    La polémique entre le PC et la CGT, d’une part, et le Parti socialiste de l’autre s’amplifiait. Le vote des socialistes au conseil municipal, les problèmes internationaux : autant de points qui nous divisaient de plus en plus.

    Le 6 novembre dans Le Provençal, Francis Leenhardt appela à la libération du syndicalisme. Il dénonçait les slogans qui engageaient « le mouvement syndical dans une croisade hystérique contre les alliés américains ». Le lendemain, dans Rouge Midi, je répliquai durement en traitant Leenhardt de valet de Truman : « C’est vous et vos complices du gouvernement qui êtes responsables de la situation dans laquelle se trouve le pays, vous essayez de porter des coups contre la CGT, ce n’est pas possible, de nombreux travailleurs socialistes participent à nos combats. » En même temps, à Paris, les travailleurs réclamaient des augmentations de salaires. La police les matraqua causant de nombreux blessés.

    Un cheminot communiste succomba à ses blessures. Rouge Midi du 8 novembre 1947 accusa à la Une : « Ramadier-Depreux assassins ! ». Les grèves devenaient de plus en plus nombreuses. À Paris, la grève des services publics fit tache d’huile. Dans tout le pays, se multipliaient les dénonciations de la politique du gouvernement, les revendications salariales, la lutte pour la défense de la République et contre le fascisme qui relevait la tête. Il y eut au départ l’augmentation du tarif des tramways. Mais nous avons très rapidement élargi un mouvement où s’exprimaient tout le mécontentement et les rancunes accumulés depuis trois ans dans le cœur et dans l’esprit de tous les travailleurs français. Nous avions lié la question de l’augmentation des tramways aux revendications du comité confédéral national et à l’indemnité prévisionnelle d’attente de 20%.

    C’est la municipalité RPF qui avait décidé, le 4 novembre, une hausse de 42% sur les tramways et autobus, en application du décret du ministre socialiste Jules Moch, ministre des travaux publics et qui, tout au long de sa carrière, a montré sa haine de la classe ouvrière.

    À Marseille, les travailleurs le traitaient de « Jules Moch, la matraque ». Le 6 novembre, l’Union départementale protesta contre cette augmentation, conséquence de l’arrivée à la mairie des RPF de Vernejoul, Carlini et Multedo, de la magouille municipale de Defferre, du soutien du préfet Moyon, de la décision de Jules Moch, affublé d’un conseiller municipal MRP, Chazeaux.

    à suivre la semaine prochaine…

  • À Marseille, une rétention administrative qui a beaucoup de la prison

    À Marseille, une rétention administrative qui a beaucoup de la prison

    Tout autour du centre de rétention administratif (CRA) de Marseille, sur le boulevard des Peintures (14e), les barbelés sont flambant neufs. Installés il y a quelques mois, ils donnent au bâtiment un aspect de maison d’arrêt. à l’occasion de la publication du rapport national de la Cimade sur les conditions en CRA, publié le 19 mai, les sénateurs Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (Écologiste), accompagnés du député (PS) Laurent Lhardit, ont fait valoir leur droit de visite, ce vendredi. C’est d’abord au tribunal, accolé au centre, que se sont retrouvés les parlementaires.

    Menottés pour aller du CRA au tribunal, ce sont pourtant des retenus, et non des détenus, qui comparaissent tous les jours devant le juge des libertés pour savoir si leur rétention sera renouvelée, à la demande de la préfecture. Leur maintien en rétention est censé n’être que transitoire et administratif, en attente d’un renvoi dans un autre pays. Pourtant, seul un sur cinq est effectivement éloigné, d’après le rapport de la Cimade. Pour Marie-Arlette Carlotti, la situation est kafkaïenne : « La procédure est inefficace. Et puis dans ces CRA, on mélange tout : personnes sans-papiers, petits délinquants, ça n’a pas de sens. »

    « Double peine »

    Car entre ces murs bien fermés, certains n’y ont comme faute que celle d’être illégalement sur le territoire et d’avoir été contrôlés. Si d’autres ont été condamnés pour des faits de délinquance, ils ont pour la plupart déjà effectué leur peine de prison. « C’est donc la double peine », se désole un bénévole de la Cimade. Si leur enfermement est censé être purement administratif la cheffe du centre, reconnaît pourtant « avoir les mêmes problématiques qu’en maison d’arrêt ».

    Le centre est divisé en cinq parties distinctes. Les déplacements des retenus ne sont libres qu’au sein d’une de ces zones composées d’une salle télé, de chambres, d’une cour, dont on ne voit le ciel qu’à travers des grillages et d’un petit espace avec une table de ping-pong. Dans les chambres, qu’ils ne peuvent pas fermer, il y a peu de place pour ranger ses affaires : deux lits simples et un cordon pour étendre sa serviette font office de mobilier. Sur les murs, des traces noires témoignent de la crasse accumulée.

    Manque d’activités

    Dans le reste du centre, infirmerie, réfectoire, distributeurs automatiques, ou encore salle commune avec une console de jeux, ne sont accessibles qu’à certaines heures et accompagnés d’une escorte. Et au manque de liberté s’ajoute le manque d’activités. « On organise des choses, mais ils ne peuvent pas être trop nombreux », affirme la fonctionnaire.

    Une oisiveté que l’incertitude sur la date de sortie rend parfois plus difficile à supporter. Car, ici, on peut rester entre 4 et 90 jours suivant les demandes de renouvellement du préfet. à Marseille, d’après le rapport de la Cimade, les retenus restent en moyenne 45,6 jours, contre 33,4 au niveau national. Une durée qui a doublé par rapport à 2016 et qui risque de s’allonger encore. Mercredi 20 mai, le Sénat a voté en faveur d’une proposition de loi permettant l’allongement de la rétention administrative de 90 à 210 jours, pour les personnes présentant des risques de radicalisation.

  • Un tournoi de foot inter-foyers aux Saints-Anges à Marseille pour les enfants placés

    Un tournoi de foot inter-foyers aux Saints-Anges à Marseille pour les enfants placés

    L’opération de cette journée où sont attendus près de 200 enfants placés dans des foyers par décision de justice vise deux objectifs : « offrir une parenthèse de joie, de partage et de convivialité, loin du quotidien parfois difficile qu’ils traversent », explique Corinne Aïache une des responsables de Sourire et partage. La journée sera par ailleurs dédiée à une jeune fille atteinte d’une maladie rare.

    Fondée il y a trois ans par des anciens enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) devenus des éducateurs ou des professionnels engagés, l’association œuvre à l’amélioration du quotidien de ces minots et organise des collectes de dons pour organiser des fêtes et des repas de Noël. Ce printemps c’est autour d’un ballon rond que les enfants seront réunis. Avec une invitée d’honneur : « cette édition aura également une dimension particulière puisque la jeune Eva, âgée de 11 ans, donnera le coup d’envoi du tournoi, précise la secrétaire de Sourire et partage, nous accompagnons Eva et sa maman dans leur combat contre la maladie de Blount, une maladie génétique extrêmement rare qui touche seulement quelques dizaines de personnes en France ».

    Au programme : matches de foot, animations, tombola, buvette, surprises et la présence de personnalités venues soutenir discrètement cette initiative solidaire et partager un moment privilégié avec les enfants. Parmi eux, Joshua Guilavogui, joueur international et parrain de l’association.

  • Marseille : danser pour lisser les différences à l’école primaire

    Marseille : danser pour lisser les différences à l’école primaire

    Au théâtre de la Sucrière, ce vendredi après-midi, les gradins se remplissent d’enfants. Dans les coulisses, l’excitation et le stress commencent à monter. Les jeunes danseurs de l’école de la Visitation s’apprêtent à donner leur première représentation publique, devant toute leur école. Parmi eux, cinq enfants atteints de handicap mental. Ce spectacle marque la fin d’un programme intense de six mois, porté par Nadège Béglé et Ombline d’Avezac de la fondation « Culture pour l’enfance ». « Notre mission est d’amener la culture dans les milieux prioritaires », explique Nadège Béglé, déléguée générale de la fondation, basée à Paris. « Pour la première édition de ce programme, nous voulions que les enfants de la classe Ulis et les élèves de CM2 travaillent ensemble autour de la pratique de la danse. Le travail corporel permet de lisser les différences. »

    Il est temps pour les minots de se lancer sur scène et le stress laisse vite place à l’énergie collective. Sur le plateau, trois danseurs de la Cie. Shonen, qui ont accompagné les élèves durant les six derniers mois, les guident sans trahir leur spontanéité.

    Un moment émouvant pour Cynthia, accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH). Elle suit au quotidien le jeune Adam, atteint d’autisme. « La danse a vraiment aidé Adam a s’épanouir. Voir son sourire aujourd’hui, c’est la plus belle des récompenses », lance-t-elle.

    L’art pour se libérer

    Pour les danseurs de la Cie. Shonen, qui travaille régulièrement avec des jeunes publics, cette représentation marque la fin d’un processus. « Trois fois par mois, on a dansé avec les enfants, forcément on a créé des liens forts », explique Pauline, danseuse professionnelle. « On a vu des enfants se déployer. » Jean-Marc Coppola, nouveau maire communiste des 15-16 et ancien adjoint à la culture de la mairie de Marseille se réjouit d’avoir accueilli ce spectacle. « Cet événement est dans la continuité du programme d’éducation artistique et culturelle que j’ai mené pendant six ans à la mairie. L’art donne aux enfants les premiers atouts pour être libre », explique l’édile. Un programme similaire, de théâtre, est en cours avec une classe de la Viste. Une représentation publique aura lieu le jeudi 4 juin au théâtre de la Criée à 18h30.