Category: societe

  • À Gardanne, un pôle pour recycler les déchets plastiques

    À Gardanne, un pôle pour recycler les déchets plastiques

    Jusqu’ici le terrain face à Altéo était une friche. Jusqu’à ce que Stéphane et Christophe Testa, deux frères à la tête de MP Industrie, lancent le projet d’un Ecopôle, baptisé Molx, éponyme d’une carrière minière dans la zone d’Alvon, et doté d’une unité industrielle permettant la fabrication de Recyclène, matériau issu de déchets plastiques. Un matériau « assez lourd mais parfait pour être utilisé, et déplacé tous les jours, imputrescible, idéal pour les utilisations en extérieur, ne peut pas être peint », précise Christophe Testa. Le Recyclène, permet, par exemple, de fabriquer du mobilier urbain. Le projet Molx ambitionne, à moyen terme, « d’absorber la production de déchets ménagers plastiques de la commune de Gardanne à l’horizon 2035. On espère que ce projet soit reproductible et soit un morceau de la solution de la transition écologique et du problème des plastiques », estime Stéphane Testa, alors que ce mercredi, en présence des institutions et acteurs locaux partenaires du projet, validé par le PLUi en décembre 2025, celui-ci sera présenté en détail lors du lancement du chantier.

    Aligné avec à la transition

    « Ce sont 27 000m2 de foncier, c’est 8 000m2 de bâtiments qui vont être construits, ce sont une vingtaine de sociétés qui vont s’installer sur cette zone et la création d’une centaine d’emplois et d’utilisateurs sur la zone, développe Stéphane Testa. Au-delà de la construction et de la partie immobilière, ce qu’on voulait présenter est un écosystème autour des métiers de l’environnement, notamment autour du recyclage de plastique. On a pensé ce site comme une logique de filière avec au cœur de ce projet, la société MP Industries. » Le site, acquis en 2012, par l’EPF (établissement public foncier) a fait l’objet d’une convention d’intervention foncière à vocation économique en 2020 : décision prise conjointement avec le maire (LR) Hervé Granier et la Métropole. Fondée en 1998 à Gardanne, la société MP Industries est déjà installée sur un site industriel de Valabre, « peu adapté » au développement de l’industrie. Autour de l’activité principale de fabrication de Recyclène, 3 500m2 sont laissés disponibles pour des partenaires du projet, startups et PME (petites et moyennes entreprises) pour « qu’ils puissent travailler le produit Recyclène ». Activités de commerces et services, comme une micro-crèche, devraient sortir de terre. Pour Hervé Granier, maire (LR) de Gardanne, le projet « s’inscrit pleinement dans la priorité que nous portons pour Gardanne en matière d’environnement. Votre ambition de contribuer à faire de notre ville un territoire neutre en déchets plastiques à l’horizon de 5 à 7 ans à travers un Ecopole capable de traiter l’équivalent de déchets produits par la commune est à la fois concrète et inspirante ». Mathieu Gatineau, sous-préfet d’Aix-en-Provence, estime que « c’est un des premiers projets qui va s’installer ici, cela fait partie d’une dynamique qu’on veut ensemble instaurer pour le territoire de Gardanne et l’ancien bassin minier de Provence ». Il faudra attendre l’hiver 2026, avant que la première tranche du projet ne soit livrée.

  • En Vaucluse, les fermetures en école primaire ulcèrent

    En Vaucluse, les fermetures en école primaire ulcèrent

    Le soleil de plomb a fait briller les dizaines de casseroles en inox sorties ce mercredi 8 avril devant la direction académique de Vaucluse, à Avignon. Un peu plus d’une soixantaine de personnes s’étaient réunies pour manifester contre la fermeture prévue de 44 classes sur le département contre 19 ouvertures.

    Comme il y a une semaine tout pile, ce sont surtout des mères de famille qui étaient mobilisées aux côtés des syndicats. Et cette fois-ci, certaines sont venues avec leurs enfants, qui se sont donnés un malin plaisir à faire du bruit avec des ustensiles de cuisine. « La situation est déjà complexe et une fermeture est envisagée. Ils ne pensent pas à nos enfants », confie un parent d’élève de l’école Pierre de Coubertin, en extra-muros à Avignon. Situation similaire du côté de l’école Roland Scheppler, dans le quartier des Courtines, où est prévue la suppression d’une classe de grande section maternelle. « De nombreux enfants que l’on accueille sont des primo-arrivants avec des besoins spécifiques et pas forcément prévus dans les effectifs en avance. On accueille également des jeunes du foyer Pierre Valdo. On est totalement pris de court », glisse une enseignante dont le poste est potentiellement menacé par la mesure. « Les manifestations s’amplifient. Il ne faut rien lâcher. Nos écoles ne doivent pas être une variable d’ajustement pour toutes les finances publiques », lance, quelques mètres derrière, Blaise Laurent, membre du Snudi FO Vaucluse, tandis que des représentants du syndicat sont allés à la rencontre du directeur académique.

    « Travail rigoureux »

    Si une rencontre avec le préfet avait initialement été demandée par les représentants syndicaux de Force ouvrière, c’est donc finalement par le Dasen, Philippe Koszyk, qu’ils ont été reçus. Et ce, alors que la carte scolaire sera à nouveau votée ce jeudi 9 avril en CSA et une le soir avec les représentants de l’État et des différentes communes concernées par les mesures.

    Du côté du rectorat, on assure que la carte scolaire « fait l’objet d’un travail rigoureux, mené en concertation avec les collectivités locales ». Et que « les dotations sont fixées en fonction du contexte marqué par la baisse démographique ». Et que malgré cette baisse, « l’objectif reste bien d’améliorer l’encadrement, de renforcer l’inclusion et de réduire les inégalités territoriales ».

    Mobilisation dans le 04

    Les Mées. L’école maternelle sera fermée ce jeudi en raison d’un mouvement de grève contre la fermeture d’une classe. Une manifestation est prévue à 8h.

    Sisteron. Les parents d’élèves, les enseignants et le groupe d’union de la gauche Demain Sisteron appellent à un rassemblement ce jeudi à 16h30 contre le projet de fermeture de classe à l’école maternelle Delaplane.

    Digne. Les décisions finales de fermetures de classes seront prises ce jeudi en CDEN (conseil départemental de l’Education nationale). La carte scolaire sera alors actée. Un rassemblement est prévu devant la DSDEN.

    Lisa Défossez

  • L’Urssaf Paca pousse la lutte contre le travail dissimulé

    L’Urssaf Paca pousse la lutte contre le travail dissimulé

    « La lutte contre le travail dissimulé et toutes formes de fraude est la condition même du maintien de la pérennité de notre modèle social », rappelle Franck Barbe, directeur de l’Urssaf Paca à l’occasion de la présentation du bilan 2025.

    L’année a été particulièrement réussie avec un nouveau montant record de redressement. « Les résultats prouvent notre haut niveau de performance. Sur le travail dissimulé, on a atteint plus de 95 millions d’euros de redressement en Paca sur un total national de 1,5 milliard d’euros », expose Karine Mos, directrice juridique et contrôle. Pour rappel, l’Urssaf Paca a encaissé 38,37 milliards d’euros en 2025 de cotisations auprès de 762 756 usagers.

    « Nous avons renforcé nos ciblages en continuant à nous appuyer sur l’intelligence artificielle qui croise des masses de données et permet de mieux scorer les entreprises les plus à risques pour cibler nos contrôles », développe Karine Mos. « Les procédures de recouvrement des créances frauduleuses sont elles aussi optimisées pour éviter de laisser ces usagers organiser leur insolvabilité et récupérer au maximum les sommes puisque la mission principale de l’Urssaf est de financer le système de sécurité sociale français. »

    156 inspecteurs aidés

    de 30 contrôleurs

    C’est ainsi qu’en Paca, 156 inspecteurs spécialisés traquent la fraude, appuyés par 30 contrôleurs qui épluchent les documents. Parallèlement aux outils IA, le système s’appuie aussi sur un plan de contrôle aléatoire « de manière à respecter l’équité de traitement sur la totalité du territoire ». En 2025, 3 726 actions de lutte contre le travail dissimulé ont été engagées en Paca. 707 portaient sur des objectifs ciblés (367 employeurs et 340 travailleurs indépendants). 87% ont donné lieu à un redressement avec transmission au parquet et dépôt de plainte. On y trouve surtout les secteurs du BTP, de la sécurité privée et des métiers de bouche. 102 actions ont ensuite été exploitées par des officiers de police judiciaire et des inspecteurs du travail. 2 917 actions ont donné lieu à de la prévention et de la pédagogie.

    Les méthodes de fraude ne cessent d’évoluer. Il faut s’adapter aux plateformes numériques d’intermédiation et d’économie participative (meublés touristiques, aide à domicile, etc.). « Des procédures de fiabilisation sont engagées auprès des auto-entrepreneurs et des travailleurs indépendants. On croise les fichiers en comparant les chiffres d’affaires et les recettes déclarées à l’Urssaf et au fisc », détaille Pierre Donadey, directeur des relations usagers. Depuis 2023, 135 millions d’euros ont ainsi été récupérés via le guichet de régularisation.

  • À Aubagne, des parents de collégiens inquiets pour l’avenir de leurs enfants

    À Aubagne, des parents de collégiens inquiets pour l’avenir de leurs enfants

    « Vous vous rendez compte, pas de prof de français en sixième ? Et en troisième alors avec le brevet ? » Devant le collège Lou Garlaban, au Charrel à l’entrée d’Aubagne, ce sont des parents d’élèves inquiets qui brandissent des pancartes pour dénoncer le non-remplacement des enseignants. Un manque d’effectif qui touche un peu tous les établissements du département, de l’école au lycée, provoquant une série de rassemblements depuis plusieurs semaines.

    Dans ce collège de plus de 750 élèves, en pleine rénovation, classé en réseau d’éducation prioritaire, toutes les matières sont touchées témoignent les manifestants. « Sciences et vie de la terre, physique-chimie, musique… On a rencontré la principale, on a fait un courrier début mars, au recteur, à ce jour pas de réponse », assure Laurence, maman d’un élève de 4e. À ses côtés, Jadran Svrdlin, professeur des écoles, syndiqué à la CGT Educ’action et parent d’une collégienne, rappelle que le syndicat a demandé « depuis le 5 mars, date à laquelle le mouvement a commencé dans les lycées, une audience commune mais elle n’a pas été accordée ».

    Depuis deux ans, tous dénoncent une aggravation de la situation où les remplaçants, en nombre insuffisant, sont devenus « une variable d’ajustement ». « Ils font partie des effectifs et on voit moins les suppressions de poste jusqu’au moment où ça explose », témoigne Jadran, lui-même confronté au non-remplacement dans son école primaire de la Tourtelle. Concrètement à Aubagne deux fermetures de classes, à Beaudinard et au Pin Vert ont été actées pour trois ouvertures à Victor Hugo et Louise Michel, selon le décompte du 2 avril publié par le Snuipp 13.

    Venue « en soutien », Laurence Baussant, nouvellement élue de la majorité de gauche de Jean-Pierre Squillari, et surtout enseignante retraitée spécialisée auprès d’élèves en difficulté alors syndiquée FSU, en convient : « On nous dit qu’il y a une baisse de la démographie, c’est vrai, il y a moins d’enfants. »

    Une spirale infernale

    Mais « quand il y a une baisse drastique des postes, des emplois temps plein dans le premier et second degré, qu’il y a moins d’enseignants, et que l’attractivité du métier n’est pas non plus pour compenser, on en arrive à cette spirale infernale », analyse-t-elle. Si les conseillers municipaux ne peuvent pas agir directement, « on va relayer », promet-elle.

    Car il y a urgence. Des « solutions en interne » ont bien été trouvées mais « c’est déshabiller Pierre pour habiller Paul » déplore Laurence. Tous sont unanimes, pas question de remettre en cause l’implication des enseignants qui gagneraient à avoir « de la reconnaissance et de meilleures conditions de travail » mais ils s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants. « Il y a un problème d’égalité des chances. Ils sont dans une période compliquée, l’adolescence, où on leur en demande toujours plus. Et c’est difficile de leur dire “travaille à la maison”, l’école c’est pas ça », s’indigne Marlène, mère d’élève. Remerciant « les trois profs de français qui se sont portés volontaires » pour combler les trous, elle estime que « c’est une génération sacrifiée ». En attendant, les parents d’élèves aubagnais se coordonnent. Un nouveau rassemblement est prévu à 16h30 ce vendredi devant l’école de la Tourtelle.

    ET AUSSI

    La CGT reçue après l’agression de l’AESH

    Les personnels AESH (accompagnante d’élève en situation de handicap) et enseignants de l’école Kalliste, dans le 15e arrondissement de Marseille, étaient à la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN), ce mercredi, pour une audience avec le soutien de la CGT Éduc’Action 13. Une audience qui fait suite à l’agression d’une AESH par un élève à ladite école le 30 mars dernier, dans le 15e arrondissement de Marseille, et l’alerte sociale faite dans la foulée par la CGT Éduc’Action 13. « L’audience a mis en lumière une gestion institutionnelle jugée défaillante », relate l’organisation syndicale. Avant de développer : « L’élève en question, ayant déjà fréquenté six établissements, présente une dangerosité connue de l’institution. Pourtant, l’administration a maintenu son accompagnement par les AESH hors cadre réglementaire. » Et de conclure : « Les mesures d’urgence pour sécuriser le quotidien restent dérisoires face à la gravité des faits. »

    Situation critique au lycée de Salon-de-Provence

    Les élus du Snes-FSU font un bilan critique de la situation du Lycée Adam-de-Craponne, de Salon de Provence, avec « des dysfonctionnements structurels qui minent le lycée, où les conditions de travail, de sécurité et de santé sont gravement compromises », n’hésitent-ils pas à écrire. Et de lister : le surnombre d’élèves, une dotation globale horaire en baisse, le non-remplacement d’enseignant… Concernant les A ESH, « les personnels sont sous pression, et le droit des élèves bafoué », quant à la « santé mentale des personnels », il s’agit selon les représentants des enseignants et des agents, d’une « maltraitance institutionnelle ». Ils exigent une série de mesures concrètes pour mettre un terme à cette dégradation.

    Mobilisation dans le 04

    Les Mées. L’école maternelle sera fermée ce jeudi en raison d’un mouvement de grève contre la fermeture d’une classe. Une manifestation est prévue à 8h.

    Sisteron. Les parents d’élèves, les enseignants et le groupe d’union de la gauche Demain Sisteron appellent à un rassemblement ce jeudi à 16h30 contre le projet de fermeture de classe à l’école maternelle Delaplane.

    Digne. Les décisions finales de fermetures de classes seront prises ce jeudi en CDEN (conseil départemental de l’Education nationale). La carte scolaire sera alors actée. Un rassemblement est prévu devant la DSDEN.

    Lisa Défossez

  • Une tour menace de s’effondrer sur un village du Verdon

    Une tour menace de s’effondrer sur un village du Verdon

    Tout a commencé en 2022, lorsque les habitants et les élus du village sud alpin constatent « des vidanges sédimentaires sur les blocs », soutenant la tour construite au XIVe siècle, dans les failles rocheuses. « Cela nous alerte, nous intrigue. On s’aperçoit que ça a bougé à plusieurs endroits », se rappelle Laurence Dépieds, la maire (SE) de la commune. « Il y avait eu en 2022 un précédent avec la chute d’un pénitent aux Mées », ajoute l’édile.

    « Les signaux sont négatifs, on engage sans attendre une étude, un diagnostic précis qui va nous permettre d’y voir clair », explique-t-elle. Le diagnostic tombe début 2023, et conclut à un danger imminent dû à une bascule de la tour, résultat d’un « grand glissement de terrain, un mouvement majeur de plaques » qui provoque le mouvement de l’édifice, « fracturé, fissuré, éclaté ». À ce moment-là, « il faut prendre une décision, on ne sait pas si l’effondrement est pour tout de suite ou dans 10 ans, mais s’il y a un événement majeur du type pluie intense, sécheresse, tremblement de terre, ça ne résistera pas », s’alarme Laurence Dépieds.

    Des habitants évacués

    « En avril, il se met à pleuvoir tous les jours, ça dure, on se dit qu’on ne peut plus reculer donc on établit un périmètre d’effondrement de la tour qui nous permet de savoir quelles maisons on évacue », se rappelle la maire. « Cela a été très difficile pour les habitants, du jour au lendemain, je suis allée les voir pour leur dire de partir. » Pendant plus d’un an, ils sont relogés par la mairie.

    Comme solution de sécurisation d’urgence, deux contrefiches ont été installées « pour éviter un effondrement en cas de mouvement léger. Évidemment, si on a un tremblement de terre, ça ne retiendra pas la tour », regrette Laurence Dépieds. « On ne connaît pas le point de rupture, on ne sait pas jusqu’où la tour va supporter l’inclinaison et le mouvement de sol. » Des capteurs connectés ont également été installés pour détecter les mouvements des rochers et l’inclinaison de la tour. « On reçoit des alertes quand les seuils tolérés sont dépassés, une alarme sonne dans le village en cas d’alerte », explique l’édile. Elle constate chaque jour les mouvements de la tour, qui continue à s’incliner.

    « Il faut éviter tout mouvement. On a bloqué une rue sous la tour pour éviter que les passants causent des vibrations », précise Laurence Dépieds. Elle a reçu jeudi dernier les résultats de l’étude concernant les travaux de sécurisation définitive, qui devraient commencer en septembre ou octobre et coûter 1 million d’euros. Le village au petit budget a déjà recueilli 70 000 euros de la Fondation du patrimoine et espère d’autres subventions.

  • [Quoi de neuf] Fanette Bonnaric : « Une fois l’asile obtenu, se pose l’enjeu de l’intégration»

    [Quoi de neuf] Fanette Bonnaric : « Une fois l’asile obtenu, se pose l’enjeu de l’intégration»

    Louis Dupin : Quelles sont les missions de votre association Forum Réfugiés ?

    Fanette Bonnaric : Forum Réfugiés est une association dans un premier temps lyonnaise, qui s’est étendue sur différents territoires français (Paca, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes). Elle porte différents programmes pour les demandeurs d’asile. Les demandeurs d’asile sont les personnes qui déposent une demande d’asile en préfecture. Ces personnes vont être auditionnées à l’Ofpra, l’Office français pour les réfugiés et les apatrides. Et donc, pendant toute cette phase de demande d’asile, Forum Réfugiés porte différents programmes d’accompagnement pour ces publics sur différents territoires. Une fois l’asile obtenu pour certains -tout le monde ne l’obtient pas- se pose l’enjeu de l’intégration, à savoir reconstruire une vie sur le territoire français, trouver sa place dans cette nouvelle société.

    Olivier Nottale : Une fois toutes les difficultés administratives réglées, qu’est-ce qu’ils vont faire ?

    F.B. : Il est important de revenir un peu sur les définitions parce que le terme réfugié est souvent utilisé dans les médias comme synonyme du mot migrant. Pourtant, le terme réfugié correspond à une catégorie juridique qui est réglementée par la Convention de Genève. Donc nous, quand on parle de réfugiés, on parle de personnes qui ont déposé une demande d’asile et qui ont obtenu une réponse positive. Pour beaucoup, c’est la fin d’un voyage justement. Et avec nous commence un autre voyage, le voyage de la reconstruction et aussi de la confrontation avec la société française, avec son administration, avec son marché de l’emploi, avec son marché locatif. Et donc ce parcours n’est pas fini.

    Alors on porte plusieurs programmes. Notamment le programme Agir où les personnes qui sont prises en charge dans ce programme nous sont orientées par l’Office français pour l’intégration et l’immigration, une émanation de l’État. Effectivement, elles arrivent parfois quelques mois après avoir obtenu une protection, mais il n’y a pas encore eu toujours d’explicitation de tout ce que va être ce nouveau parcours d’intégration.

    O.N. : Et ces personnes
    ne se rendent pas compte de la difficulté qui
    les attendent…

    F.B. : Le parcours migratoire a été très long et très compliqué et douloureux. La demande d’asile a aussi pu prendre un certain temps, même si les délais se sont raccourcis. Mais c’est le temps de l’attente où les personnes ne savent pas si elles vont obtenir une protection. Donc c’est un temps qui est un peu suspendu hors du temps.

    Les personnes sont dans un statut ad hoc où il faut savoir que les six premiers mois après le dépôt d’une demande d’asile, les personnes n’ont pas le droit de travailler. Après ces six mois, l’accès au travail est entravé pour les demandeurs d’asile. Ils sont maintenus dans une situation d’oisiveté en attendant la réponse de l’Ofpra. Donc quand elles obtiennent la protection, elles se disent « c’est bon, je vais pouvoir travailler, je vais pouvoir trouver un logement ». Et effectivement, il y a toute une phase de déconstruction pour appréhender la réalité du marché de l’emploi, la réalité du logement. C’est parfois un moment de désenchantement pour ces personnes où souvent elles ont tenu pendant le parcours migratoire et pendant la demande d’asile.

    L.D. : Une autre partie du programme Agir est de coordonner tous les acteurs sur le terrain ?

    F.B. : Oui, parce que la question de l’intégration est une question très vaste. Il y a trois piliers dans nos programmes. Il y a l’accompagnement administratif et social. Les personnes doivent conduire un certain nombre de démarches pour être identifiées et reconnues par les administrations françaises. Elles doivent appréhender le fonctionnement de nos administrations qui sont très complexes et qui sont dématérialisées. Donc, lorsqu’on n’est pas forcément familier avec des démarches dématérialisées ou à l’aise avec la langue française, c’est un vrai enjeu. Il y a un deuxième volet, le logement et donc l’hébergement, et le troisième c’est l’insertion socioprofessionnelle. Donc ça mobilise de très nombreux acteurs et politiques publiques.

    O.N. : Vous parliez de la barrière de la langue. Quand on est un enfant, ça va vite. Mais c’est plus compliqué pour les adultes…

    F.B. : C’est beaucoup plus long parce que la perméabilité du cerveau, la plasticité n’est pas la même. Et puis les opportunités d’interaction aussi. Les enfants, ils ont cette chance d’être scolarisés, donc de baigner tous les jours dans le français. Pour les adultes, ça va être beaucoup plus compliqué parce que souvent, quand les personnes parlent peu le français, le marché de l’emploi va être très peu accessible. On socialise beaucoup au travail, mais c’est compliqué de trouver un travail quand on parle peu le français, même si c’est possible, mais c’est plus complexe. L’enjeu est aussi de vraiment créer des interactions entre des espaces d’échange, où les personnes peuvent se confronter à la société française en dehors des administrations ou des travailleurs sociaux qui les accompagnent.

    Retrouvez l’émission en cliquant sur le lien.

  • Bientôt un nouveau supermarché coopératif à Montpellier

    Bientôt un nouveau supermarché coopératif à Montpellier

    « J’habite dans les quartiers du nord de Montpellier. Si tu as envie d’avoir un supermarché avec des produits de qualités, à des prix accessibles, qui s’engage pour les agriculteurs sans rémunérer des actionnaires, ça n’existe pas. » C’est à partir de ce constat que Mathieu Boucon, riverain à Boutonnet et coopérateur du supermarché la Cagette dans le quartier Clémenceau, a eu l’idée, avec Pauline Fournis, également coopératrice et habitante des Beaux-Arts, de lancer le projet d’un supermarché coopératif, Le Cabas.

    C’est ainsi que les deux Montpelliérains commencent à plancher sur les bases de leur projet. « Nous nous sommes rapprochés de la Cagette, qui nous a aidé à monter notre site web*, créer un formulaire en novembre dernier. Puis nous avons commencé à contacter les gens. Grâce au bouche à oreille, nous sommes 175 personnes », poursuit Mathieu Boucon. Le principe est simple et veut reprendre le même système mis en place à la Cagette. Chaque coopérateur donne trois heures de son mois pour travailler au magasin. En échange, les coûts sont réduits et les coopérateurs sont les seuls décisionnaires et propriétaires.

    Étape par étape

    Une seconde réunion a été organisée début février où les statuts de l’association ont été déposés. Mais les porteurs du projet ne veulent pas mettre la charrue avant les bœufs. Première étape, « nous allons lancer un groupement d’achat afin de faire une seule commande par mois auprès d’un grossiste. Ce qui nous permettra de voir comment on travaille ensemble, tester les logiciels, constituer une trésorerie », énumère Mathieu Boucon.

    Ensuite, une fois le nombre de coopérateurs suffisants, est prévu de trouver un local de petite taille proposant une offre limitée. Une phase de test avant de se lancer dans le grand bain. « A terme, l’objectif est de trouver un local de 800m² dont 400m² de vente de manière à avoir une gamme complète et faire toutes ses courses », souligne Mathieu Boucon. Le Cabas s’adresserait à tous les riverains, sans condition de ressources.

    Un projet qui a de beaux jours devant lui à condition d’avoir suffisament de bras. Pour attirer les curieux, est prévue au cinéma l’Utopia la projection du documentaire Food Coop de Tom Boothe, suivant le modèle d’un supermarché coopératif, le 29 avril.

  • À Gardanne, ils se mobilisent contre la loi Yadan

    À Gardanne, ils se mobilisent contre la loi Yadan

    Visant à « lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », la loi Yadan, qui doit être présentée à l’Assemblée nationale le 16 avril, suscite des oppositions. Ce mardi 7 avril, à l’appel du PCF de Gardanne, le Collectif Aixois en soutien au peuple palestinien et libanais (SAP) a organisé une veillée pour la Palestine, et manifestait, à cette occasion, son opposition au texte. Un moment « solennel », assure Morgan Hamdan, coresponsable du SAP, alors que les prises de paroles sur la loi Yadan et le « génocide à Gaza et sur les massacres au Liban par les forces d’occupation israéliennes », se sont succédées. Selon les militants PCF sur place, une soixantaine de personnes ont participé au rassemblement. À cette occasion Morgan Hamdan rappelle qu’une lettre ouverte, cosignée, entre autres, par le SAP, les Jeunes communistes des Bouches-du-Rhône, les Jeunes insoumis d’Aix, l’Union étudiante Aix-Marseille et l’association France Palestine Solidarité, appellent Marc Pena (PS), député des Bouches-du-Rhône, à voter contre cette loi qui « cherche à faire taire la critique d’un état génocidaire et apartheidaire au moment précis ou ce débat est le plus nécessaire », indique cette lettre.

  • Le marché des producteurs et des artisans locaux de retour à Ferrières

    Le marché des producteurs et des artisans locaux de retour à Ferrières

    Les beaux jours reviennent, le marché avec. Ce mardi 7 avril, une dizaine de stands se sont installés sur la place Jean-Jaurès à partir de 16h pour une nouvelle saison foraine qui s’achèvera dans six mois, le 29 septembre. Les habitants pourront trouver des fruits et des légumes, des plantes pépinières, des bijoux, des fromages ou encore des madeleines. Pour Jérémy, qui vend les pâtisseries proustiennes concoctées par sa femme Julie à Gardanne, cette édition est une première. « On a monté notre entreprise en décembre, j’espère que ce rendez-vous hebdomadaire permettra aux habitants de nous découvrir ! » confie-t-il. Venue saluer les producteurs et artisans locaux pour leur souhaiter la bienvenue, la nouvelle adjointe de quartier Marceline Zéphir (PCF) explique : « C’est aussi une manière pour nous de redynamiser cette place, ça fait partie de la politique d’attractivité : les façades des bâtiments autour ont été rénovées grâce à l’opération Martigues en couleurs, on a acquis le commerce qui faisait le coin, on est en réflexion sur ce qu’on va en faire… C’est un tout. »

    Une production agricole de qualité

    Bernard Thoron, chevrier du Rove, est aussi là pour animer le quartier malgré le « changement des habitudes alimentaires des gens qui rend parfois le marché sinistre, parce qu’il y a plus de producteurs que d’acheteurs ». « Je viens parce que j’aime Martigues, je voudrais qu’on se rende compte qu’il y a aussi une production agricole de qualité, on a une AOP ici, on a quand même de la ressource et des super produits. Faut les mettre en avant. »

  • Riez mobilisé contre une fermeture de classe

    Riez mobilisé contre une fermeture de classe

    Les parents d’élèves et les instituteurs se sont mobilisés mardi à Riez contre ce qu’ils décrivent comme « une fermeture de classe déguisée » à l’école primaire du village. Ils ont appris jeudi la volonté de transférer un instituteur de l’école primaire à l’école maternelle, ce qui engendrerait selon eux une fermeture de classe. « Au lieu d’embaucher quelqu’un, de créer un poste, ils veulent déplacer un instituteur pour ouvrir une classe en maternelle. Nous, on demande à ce qu’une classe soit ouverte, sans toucher de poste au primaire », explique Sabrina Versini, déléguée des parents d’élèves et membre de l’association À hauteur d’enfants, à l’origine de la mobilisation.

    Des classes à triple niveau

    Cette volonté de création de classe en maternelle est due au fait que le nombre d’enfants accueillis y augmentera à la rentrée prochaine, alors même qu’une classe y a déjà été fermée à la dernière rentrée. Alors que les classes sont déjà « à double niveau » en primaire, les parents craignent qu’elles passent « à trois niveaux » avec le départ d’un instituteur. « Ça lèse les enfants qui sont en difficulté, ça oblige les enseignants à avoir moins de temps pour s’occuper de ces enfants qui ont besoin de plus d’attention », regrette Sabrina Versini.

    Le maire de la commune, Marc Cellai (SE), était présent pour soutenir la mobilisation, demandant lui aussi la création d’un poste et d’une nouvelle classe à l’école maternelle. Actuellement, une seule classe y regroupe les trois niveaux, et la maîtresse doit aussi faire directrice. « Il fallait que je prenne la décision en 24 heures, pendant ma prise de fonction. Donc en fait c’est une décision qui était latente. On a attendu les élections pour être dans l’urgence », déplore le maire.

    « Comme on sait que les décisions peuvent être prises sans concertation des principaux intéressés, on préfère prévenir et faire ce qu’il faut pour que ça n’arrive pas », explique Laurette Fontin, elle aussi déléguée des parents d’élèves et membre de l’association.

    Les parents d’élèves seront reçus par l’inspecteur à Digne-les-Bains vendredi à 9h.